Le Saviez-Vous ► Comment le stylo-bille a tué l’écriture cursive


Au temps qu’on écrivait avec une plume, il parait que l’écriture cursive allait de pair, mais la venue du stylo à bille a changer la façon dont nous écrivons. Pour ma part, j’écris à moitié manuscrite et moitié cursive.
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Comment le stylo-bille a tué l’écriture cursive

 

Un stylo à bille | Nikk via Flickr CC License by

Un stylo à bille | Nikk via Flickr CC License by

Repéré par Léa Polverini

Repéré sur The Atlantic

Nos façons d’écrire évoluent avec le temps: elles sont conditionnées par les outils que nous utilisons.

L’entreprise Bic en fait régulièrement un argument de vente: les stylos aident à préserver l’écriture manuscrite, évidence bonne à rappeler. Le stylo à bille pourtant, derrière ses allures démocratiques et traditionnelles, pourrait bien être à l’origine du déclin de l’écriture cursive.

Son usage généralisé est relativement récent dans l’histoire de l’écriture manuscrite. En 1888, un tanneur américain, John Loud, brevète la première version du stylo à bille. Lacunaire, elle devient vite caduque, et d’autres brevets se succèdent à sa suite. Il faudra attendre 1938 pour que le journaliste hongrois László Bíró, aujourd’hui considéré comme l’inventeur du stylo-bille que nous connaissons, dépose son propre brevet.

Une nouvelle vedette dans le monde de l’écriture

La réussite de László Bíró tient au type d’encre que lui et son frère Georg élaborent: une encre épaisse à séchage rapide, inspirée de celle utilisée pour les impressions de journaux dans les presses de l’époque. À terme, ils modifient également le design du stylo, afin que celui-ci ne fuie pas –ou moins.

Les hommes d’affaires ne tardent pas à flairer le marché. En France, l’industriel Marcel Bich rachète les droits du brevet, et bâtit sa fortune en commercialisant le produit à bas coût.

«Quand il arrive sur le marché en 1946, un stylo à bille se vend autour de 10$, ce qui correspond environ à 100$ aujourd’hui. La concurrence a fait baisser le prix de façon constante, mais la stratégie de Bich l’a tiré à ras du sol. Quand le Bic Cristal s’attaque aux marchés américains en 1959, le prix était tombé à 19 centimes le stylo. Aujourd’hui, le Cristal se vend à peu près au même prix, en dépit de l’inflation», écrit Josh Giesbrecht dans The Atlantic.

C’est un succès mondial. Le stylo à bille offre dès lors un outil de longue durée, à bas coût, et qui permet de remédier aux inconvénients du stylo à plume: plus de bavures importunes causées par une main maladroite, moins de fuites, moins fragile… la seule contrepartie, ce sera une pression supplémentaire de la main, pour appuyer la bille sur le papier. Peu à peu, l’apparition du stylo-bille allait modifier l’expérience physique de l’écriture.

Le faux procès du numérique

Dans son livre Apprenez à mieux écrire, Rosemary Sassoon relevait pour sa part que si le stylo-plume a naturellement tendance à produire une écriture attachée par la fluidité de l’encre, le stylo-bille, qui nécessite une pression plus forte et un angle de tenue plus haut et plus douloureux à long terme, pousse davantage aux lettres séparées.

L’idée la plus souvent convoquée pour expliquer le déclin de l’écriture cursive est pourtant l’arrivée des ordinateurs: ayant pris l’habitude du clavier et de son écriture tapuscrite, nous serions amenés à écrire de moins en moins, et l’écriture détachée aurait progressivement pris le pas sur l’attachée.

Cependant, comme le remarque Giesbrecht, «la technologie numérique n’a véritablement décollé que lorsque le stylo à plume avait déjà entamé son déclin, et le style à bille sa montée en puissance. Le style à bille est devenu populaire à peu près au même moment que les ordinateurs centraux. Les articles sur le déclin de l’écriture manuscrite remontent au moins aux années 1960 –bien après la machine à écrire, mais une décennie entière avant l’avènement de l’ordinateur à la maison».

Si l’on souhaite préserver l’écriture cursive, il s’agit moins de faire appel à une nostalgie de la lettrine face aux évolutions de la modernité, que de considérer les outils mêmes que nous employons, auxquels nos corps s’adaptent et qui sont susceptibles de modifier les formes de notre expression.

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ► Pourquoi y a-t-il un trou sur les capuchons de stylos à bille ?


 

Tout le monde connaît le stylo Bic, mais saviez-vous à quoi servent les trous ? Celui du capuchon est apparu, il y a une vingtaine d’années pour une raison bien particulière
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Pourquoi y a-t-il un trou sur les capuchons de stylos à bille ?

DES PETITS TROUS – Vous l’avez nerveusement mâchouillé, probablement perdu ou simplement ignoré pendant des années : le capuchon des stylos à bille renferme pourtant un mystère. Pourquoi donc est-il percé ?

► Les faits

Ils sont partout. Les stylos à bille ont changé le monde de l’écriture depuis leur commercialisation par l’entreprise Bic dans les années 1950. Aujourd’hui, ils traînent sur les bureaux, remplissent les placards de fournitures, se terrent dans les recoins de nos sacs… Et avec eux, un insondable mystère : à quoi sert ce trou au sommet des capuchons ?

► Pourquoi

La raison d’être de cette ouverture est bien moins évidente qu’il n’y paraît. Ni pour laisser « respirer » le stylo, ni pour la déco, ce trou est en réalité apparu sur les capuchons au début des années 1990. Et s’il existe, c’est pour une question de sécurité. Car oui, le capuchon est dangereux.

Suite à une série d’accidents, notamment concernant des enfants qui se sont étouffés en avalant ce bout de plastique pointu, une nouvelle norme (BS 7272-1) apparue en 1991 a rendu le capuchon percé obligatoire, explique le groupe Bic. En cas d’ingestion, ce trou permet en effet de laisser passer l’air dans la gorge de sa victime, et de limiter les risques de suffocation.

Encore des p’tits trous…

Les stylos à bille et les trous, c’est un peu une histoire d’amour. Si vous prenez votre stylo, et que vous vous penchez sur le tube en plastique. Encore… Encore… Plus près… Vers le centre… Voilà. Vous y trouverez un minuscule trou qui traverse la paroi. Celui-ci est toutefois de bien moins mauvais augures que son cousin sur capuchon.

La question de la semaine : pourquoi y a-t-il un trou sur les capuchons de stylos à bille ?

Photo : metronews

Il permet tout simplement à votre stylo « d’expirer » l’air de son réservoir. Pour être plus clair, lorsque l’encre sort du stylo, elle est remplacée (naturellement) par de l’air. Et ce petit trou permet d’évacuer cet air. Sans lui, l’air dilaté créerait un phénomène d’aspiration qui empêcherait l’encre de couler.

► Conclusion

Les capuchons de stylo à bille sont troués pour des raisons de sécurité. En cas d’ingestion involontaire du petit morceau de plastique, cette ouverture permet à l’air de circuler dans la gorge et d’éviter l’étouffement. Par ailleurs, un deuxième petit trou se cache sur le tube du stylo, qui lui, sert à faciliter la circulation de l’air dans le réservoir et garantir le bon écoulement de l’encre. La morale : ne sous-estimez jamais les petits trous.

http://www.metronews.fr/

Le Saviez-vous ► Fisher Space Pen Histoire – Les petits détails qui font de grandes choses


Quel lien avec les stylos à bille et Apollo 11 ? Si le concepteur du stylo a bille n’aurais pas eu l’idée de tester son produit dans l’espace, Apollo 11 n’aurait peut-être pas pu revenir sur Terre avec l’équipe de  Neil Armstrong
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Fisher Space Pen Histoire – Les petits détails qui font de grandes choses

 

En cherchant à améliorer l’encre des stylos à bille, Paul Fisher, un américain spécialise dans les roulements à bille des moteurs de bombardiers, était loin d’imaginer qu’il viendrait un jour au secours des astronautes. Et pourtant…

Années 45 : a la fin de la seconde guerre mondiale, Paul Fisher, qui voit le chiffre d’affaires de son usine péricliter, se lance, à la demande dune grande firme américaine, dans l’amélioration de la qualité de la bille des stylos. En effet les stylos billes ne sont guerres fiables. A cause de leurs cartouches : soit l’encre coule trop, soit elle sèche, soit elle fuit. Difficile dans le telles conditions de mener un travail à bien sans s’énerver !

Années 50 : Paul Fisher se penche donc sur le problème et se pique a jeu. Très vite, il découvre qu’en mettant un gaz – de l’azote – dans la cartouche, l’encre s’écoule quelle que soit la position du stylo. Puis grâce à un système de valves à la pointe, il parvient à en régulariser le débit. Finies les poches de veste auréolées par une tache disgracieuse. Par la suite Paul Fisher améliorera la qualité de l’encre en modifiant complètement, sa composition afin de la rendre quasi-solide, visqueuse, et insoluble dans l’eau.

Années 60 : la conquête de l’espace à commence et Paul Fisher s’interroge : son stylo-bille écrit par froid et chaleur extrêmes et cela quelle que soit la position de la pointe, mais comment réagirait-il dans l’espace ?

Pour se savoir il suffit de le faire tester. Paul Fisher contacte la NASA qui accepte de l’essayer. Il est vrai qu’a l’époque, les astronautes ont bien des problèmes pour pendre des notes en état d’apesanteur. Aucun stylo n’écrit. En 1968, le stylo de Paul Fisher s’envole donc avec Apollo VII. Le succès est immédiat : l’encre réagit bien. Dés lors, le stylo prend le nom de  » Fisher Space Pen « . Le stylo de l’espace est né, il ne quittera plus les astronautes.

21 Juillet 1969 : tous les habitants de la planète terre ont les yeux rivés sur les postes de télévision. Neil Armstrong, talonné par Edwin  » Buzz  » Aldrin, marche sur la lune. De retour dans le LEM les astronautes se préparent à revenir sur terre. Armstrong se rend alors compte qu’ils ne disposent plus que d’une faible quantité d’oxygène. Hors de question de rater la mise à feu. Il faut la réussir de Premier coup, sinon…

Alerte, Houston – siège des opérations en vol leur ordonne de laisser sur la lune tous les objets dont l’utilité n’est plus primordiale : Trousse à outils, Appareils – photo, nourriture, etc. Tout est abandonné sur la lune. Malheureusement à cause de l’exiguïté de module lunaire, en se retournant pour s’asseoir, Buzz Aldrin accroche la manette de mise à feu avec les tuyaux de sa combinaison et la casse nette. Catastrophe ! Impossible de réparer : la trousse à outils est sur la lune et, sous peine de perdre de l’oxygène, on ne peut pas rouvrir le LEM. Il faut trouver une solution rapidement.

A Houston, les ingénieurs s’installent devant la reproduction du LEM grandeur nature installé dans leurs locaux et simulent la panne à l’identique afin de trouver la solution. La tension monte, le silence devient pesant. Seul, un  » clic-clac  » incessant résonne. Machinalement nerveusement les spécialistes jouent avec le mécanisme de leur stylo de l’espace. Les minutes s’écoulent, l’angoisse se croît quand soudain un ingénieur ayant remarque le  » clic-clac  » se précipite sur le LEM met son stylo à la place de la manette de mise à feu et réussi le contact. Le résultat laisse bouche bée ses confères : Les monteurs se sont mis à vrombir.

Après plusieurs essais, il n’y a plus de doute : le stylo de l’espace, dont la gaine est en laiton peut remplacer la manette. Sans plus attendre la NASA contacte les astronautes et leur demande d’effectuer la même manoeuvre. Armstrong n’hésite pas et le LEM décolle. Apollo XI revient sur terre.

Cet épisode heureux et méconnu de la conquête spatiale américaine fut caché quelques années avant d’être dévoilé par John McLeish un des responsables des relations publiques de la NASA, et rapporté par Carl W. Ritter dans le journal  » The San Diego Union « .

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