Le Saviez-Vous ► Pourquoi déteste-t-on les roux?*


Je ne déteste pas les roux, d’autant plus que j’ai une bru rousse avec qui je m’entends bien. Je suis contre toute discrimination envers la couleur de peau, son origine, les croyances (en autant qu’elles soient pacifiques) la langue, envers des handicapés et bien entendu envers la couleur des cheveux. À vrai dire, je ne comprends pas que des stéréotypes puisse encore exister envers les roux, que des mouvements anti-roux soient actifs. Il faut vraiment être ignorant et stupide de détester une personne pour sa couleur de cheveux.
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Pourquoi déteste-t-on les roux?*

 

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Illustration Laurence Bentz pour Slate

Christophe-Cécil Garnier

Non, Slate ne déteste pas les roux. Notre nouvelle série «Pourquoi déteste-t-on les…?» recense les préjugés courants pour mieux les démonter.

Je n’ai pas vu beaucoup de roux durant ma jeunesse, mais il y a au moins un moment gravé dans mon esprit. Je devais avoir quinze ou seize ans et j’allais à un festival vendéen appelé La Septième Vague, qui se déroule dans la charmante et bucolique commune de Brétignolles-Sur-Mer.

Mon père m’emmenait en voiture avec une amie. En arrivant dans la ville, nous fûmes pris dans un petit embouteillage –ce qui, il faut le dire, constitue un événement en Vendée. Alors qu’on attendait patiemment, un groupe de jeunes nous a dépassés. Deux garçons, puis deux filles et en bout de groupe, un autre garçon, roux, qui transportait un pack de bières.

«- Oh, c’est pas très cool, nous sommes-nous vaguement insurgés mon amie et moi.

– Ça va, répliqua mon père. Dans l’Égypte Antique, ils l’auraient tué à la naissance. Donc il n’a pas à se plaindre.»

La remarque nous interpella, avant de nous faire éclater de rire. Cette amie, qui a rencontré mon père cette seule et unique fois, m’en reparle encore.

Défiance depuis l’Antiquité

Il faut dire qu’il est assez aisé de se moquer des roux, même si personne ne connaît vraiment l’origine des clichés à leur propos.

«On a des preuves de défiance à l’égard des roux et des rousses depuis qu’il y existe des traces écrites, explique Valérie André, auteure de Réflexions sur la question rousseet de La rousseur infamante. Depuis l’apparition de l’écriture, en fait. On a l’habitude de citer la phrase de l’Esprit des Lois de Montesquieu:

“On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, étaient d’une si grande conséquence, qu’ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains.”

En réalité, les égyptologues ont montré que c’était faux: les Égyptiens ne faisaient pas de sacrifices humains. Mais cela révèle une croyance très ancienne selon laquelle les roux sont maltraités».

Voilà, désolé Papa, la blague tombe à l’eau. Et il est inutile de blâmer Montesquieu pour cette fake news du XVIIIe siècle, l’ensemble du texte est une succession d’ironie pour dénoncer l’esclavage.

Une personne sans ascendant roux a 3% de chance de l’être, selon Valérie André, «quelle que soit l’ethnie» –et c’est important, nous y reviendrons.

La rousseur est due à la mélanine, les pigments responsables de la couleur de nos cheveux, de nos yeux ou de notre peau. Durant la gestation, deux types de mélanine sont synthétisés: la phéomélanine et l’eumélanine.

«Chez les roux, la synthèse reste bloquée aux phéomélanines. Celles-ci sont incapables de synthétiser des ultraviolets, ce qui explique que les roux sont plus sensibles aux coups de soleil, aux brûlures…», explique Valérie André, également chercheuse au FNRS, le CNRS belge.

Le phénomène est responsable de cette carnation«particulière des cheveux et des yeux, que l’espèce ressent très rapidement comme une sorte de dégradation, puisqu’il y a une rareté physiologique, continue la chercheuse.

On peut imaginer que dans les sociétés antiques, où l’on ne possèdait pas ces explications, il était totalement impensable d’avoir un enfant de cette teinte-là, dans un milieu où aucun ancêtre n’avait cette typologie».

Judas, le feu et la prostitution

Associez à cela une succession d’éléments qui, d’un point de vue extérieur et contemporain, frôlent l’acharnement du destin. Dans l’iconographie chrétienne, et principalement sur les vitraux, Judas est présenté comme roux –et sa traîtrise avec, alors qu’il n’existe aucune mention de sa couleur de cheveux dans les Évangiles.

Trahison de Judas recevant les trente deniers, maîtresse-vitre de l’église Saint-Ouen aux Iffs (Ille-et-Vilaine) | Via Wikimedia Commons

Dans la société occidentale, la rousseur devient rapidement associée au feu, «un élément dont on sait l’ambivalence qui l’entoure: il est capable d’une destruction complète, mais est aussi vital», note Valérie André.

 Sauf que dans l’imaginaire médiéval, le feu vient avec les démons; les personnes rousses se retrouvent ainsi associées au mal satanique.

En 1254, Saint Louis (Louis IX) publie même un édit stipulant que les prostituées doivent se teindre en roux, «couleur des feux de l’enfer et de la luxure», pour se distinguer des honnêtes femmes.

La construction de stéréotypes autour de la rousseur a été constante au fil de l’histoire, mais ils diffèrent en fonction du genre. Si certains, comme le fait de sentir «mauvais», s’appliquent aux deux, (avec parfois des explications vraiment capilotractées, comme ci-dessous), les rousses et les roux ne sont pas logés à la même enseigne –ou plutôt au même cliché.

Les femmes rousses sont présentées comme des femmes fatales, dangereuses et nymphomanes quand les hommes roux sont eux censés être laids, avec un sale caractère, hypocrites et «enclin aux crimes de sang», selon Valérie André.

«À ces croyances et bobards, on va vouloir donner un fond de rationalité et une assise très crédible aux préjugés. Au XIXesiècle, certains médecins italiens n’hésitent pas à écrire que les femmes rousses portent en elles le syndrôme de la prostitution.»

Une idée qui se retrouve chez les auteurs naturalistes, qui souhaitaient s’appuyer sur les sciences humaines et sociales dans leurs ouvrages. Chez Émile Zola, Nana, qui représente la prostitution dans les Rougon-Macquart, est rousse. Dans la nouvelle éponyme de Maupassant, Yvetteest destinée à devenir courtisane à cause de sa chevelure.

Des préjugés persistants

«Nous sommes dans un discours qui s’entretient de manière souvent fort inconsciente. Les gens véhiculent le préjugé, détaille Valérie André. On ne s’est pas beaucoup interrogé sur les origines de la question et on se retrouve avec un héritage ancestral, qui a eu tendance à muter. S’il y a une altération du préjugé, on se rend compte qu’il n’a pas disparu. Celui sur la sexualité des femmes rousses est utilisé dans la publicité pour les montrer séduisantes. Si c’est moins difficile à vivre aujourd’hui car la société est plus libérée, on n’en sort pas pour autant».

Une étude réalisée dans les années 1980 est détaillée dans l’ouvrage Le langage du corps et la communication corporelle de Marc-Alain Descamps. Si elle n’est conduite qu’auprès de quarante personnes, à qui l’on a demandé de juger une femme brune, une rousse et une blonde, les résultats collent parfaitement aux stéréotypes.

La rousse est considérée comme «traître à 95% et langoureuse à 92%».

Elle est également considérée comme la plus infidèle et la plus méchante. Dans une étude identique portant sur des modèles masculins, le roux est considéré comme le plus fidèle, «parce qu’il n’a pas beaucoup de choix».

Bien que ces clichés soient éculés, ils ont la vie dure. Pascal Sacleux a décidé de se lancer dans un travail photographique sur les roux en 2016. Ce photographe a commencé à y réfléchir après une chronique en 2014 de Fabienne Sintes, qui officiait alors sur France Info.

«J’adorais ses chroniques le matin. Elle parlait de la mort deMickey Rooney, un acteur des années 1950. Elle commence à dire: “Petit, rondouillard, rouquin, et pourtant, il aura connu huit mariages et non des moindres”. Je me suis dit: “C’est du délire, pas elle, pas ça!”. On peut piocher dans l’inconscient collectif sur les roux et dire que “c’est notoire”, mais pas une journaliste. C’est sa responsabilité de véhiculer ou non ce genre d’idioties. Ça m’a blessé, vraiment. J’étais en colère».

Exemples de photos prises par Pascal Sacleux

Une «roussitude» à assumer

Le photographe, qui a longtemps suivi «les cultures noires, africaines, afro-américaines ou caribéennes», se dit alors qu’il va effectuer un «travail sur mes semblables, ma propre minorité». C’est en avril 2016 qu’il se rend compte qu’il tient quelque chose, alors qu’il prend en photo un enfant roux d’une famille d’amis:

«On parlait du fait d’être roux, de “roussitude”. Je n’aime pas trop les mots inventés comme “roucisme”, parfois utilisé pour parler de “racisme anti-roux”, mais celui-là me convient bien. Ça fait un parallèle avec la négritude [un courant littéraire et politique théorisé notamment par Sédar Senghor, ndlr]. Après l’avoir photographié, sa mère m’a dit que ce que je lui avais raconté allait l’aider dans son identité. Et là, j’ai eu un flash».

Le projet de Pascal Sacleux est bien accueilli; il photographie 128 personnes en un an, «en quadrillant le secteur Vitré – Saint-Malo – Nantes» –il vit en Bretagne. Très vite, on lui raconte «des histoires effrayantes» de harcèlement.

Lui n’a jamais eu de problème:

«J’ai toujours été plutôt bien dans ma peau, à part vers 17 ans, une période où l’on est vulnérable. Mais on ne m’a jamais harcelé. Je savais qu’être roux était un petit peu différent, mais je ne savais pas à quel point ça pouvait être un calvaire».

Pascal Sacleux a recueilli bon nombre de témoigagnes. Avant notre appel, il avait photographié sa 700epersonne. Après son exposition «Bretagne: Ornements de rousseur» à l’aéroport de Rennes, il photographie de plus en plus de monde, lors de week-ends: 70 personnes à Carhaix, 124 à Quimper et 159 à Saint-Brieuc. Un tel engouement l’a surpris:

«Je me suis dit qu’il y avait vraiment un truc. Les gens sortent de leur tanière pour venir se faire photographier, alors qu’on ne les entend pas, qu’on ne les connaît pas. Ils trouvent le courage de venir et de se poser devant un photographe inconnu parce qu’ils sont roux et veulent se montrer. Derrière, il y a une attente. On sent qu’ils ont pris cher dans l’enfance et leur jeunesse», détaille-t-il, le ton enjoué.

«Les roux comme les autres ont les cheveux qui changent. Certains n’osent pas m’approcher parce qu’ils ont les cheveux blancs.» | Pascal Sacleux

Ce travail a débouché sur un autre projet: la publication à venir d’un livre, en collaboration avec Élodie, blogueuse du site La Vie en rousse, et la documentariste Marie-Savine Colin.

L’ouvrage sera «un état des lieux de la condition des roux aujourd’hui en France. Des gens dont on se fout éperdument et dont on n’entend jamais parler».

Ou quand on en entend parler, c’est souvent pour perpétuer des clichés. En 2017, l’émission «Sept à Huit» accueillait le chanteur britannique Ed Sheeran. Remarque du journaliste Thierry Demai­zière:

«Vous êtes né roux, bègue, avec un problème de tympans et un problème de vision».

Une culture commune exclusivement visuelle

L’avènement des réseaux sociaux a eu un effet non négligeable sur les stéréotypes, selon Valérie André:

«Cela a permis de libérer une parole qui s’est sentie totalement à l’abri du politiquement correct. Si vous notez tous les préjugés qui touchent les roux et les remplacez par “noirs” ou “juifs”, vous vous retrouverez au tribunal pour incitation à la haine raciale. Avec les roux, on se l’autorise.»

La chercheuse note également une déferlante de groupes anti-roux sur Facebook, qui ont conduit à des débordements. L’un deux avait mis en place une «journée nationale des coups de pieds aux roux». Selon son créateur, l’évènement était censé être une blague s’inspirant d’un épisode de South Park –qui traitait pourtant, comme à son habitude, le sujet de façon juste et satirique; 5.000 membres ont adhérés et le «gag» a engendré des agressions.

«Ce qui est intéressant, pointe Valérie André, c’est que la rousseur n’est pas réservée à une partie de l’humanité. Elle peut se retrouver partout: chez les Africains, les Asiatiques, les Européens. Cela empêche au fond qu’il y ait une stigmatisation par ethnie, même si les comportements anti-roux appartiennent selon moi au racisme ordinaire».

Exemples de photos prises par Pascal Sacleux

«Je n’aime pas parler de racisme anti-roux, surenchérit Pascal Sacleux. Je préfère le terme de “discriminations”. On ne forme pas une communauté; c’est ça qui peut faire la différence. Les Afro-Américains aux États-Unis ont la même histoire, via l’esclavage. Nous, on n’a pas de héros roux; on ne peut pas tous se ranger derrière Ed Sheeran. Je suis admiratif des cultures afro-américaines: elles ont eu la démarche de se sortir des clichés, des stéréotypes et des discriminations. Les communautés noires ont des cultures communes, des langues, des histoires. Les roux pas du tout. Notre culture n’est que visuelle, c’est la seule chose qui nous rallie.»

En parlant de ralliement, Pascal Sacleux va organiser en 2018, près de Rennes, un festival pour les roux et rousses, «mais ouvert à tous», précise-t-il.

«Le maire prévoit 500 personnes, je lui ai dit que ça allait plutôt être 5.000!»

Tout en sachant que cela relève «de l’ordre du fantasme», le photographe aimerait qu’il soit «aussi politiquement incorrect de se moquer d’un roux que d’un noir, d’un Asiatique ou d’un handicapé».

Pour atteindre ce but, il n’y a pas trente-six solutions. Valérie André l’illustre avec une dernière anecdote, personnelle cette fois:

«Quand je suis passée une fois à la télé, une maquilleuse italienne m’a dit que sa sœur avait eu un enfant roux, et que leurs parents ne voulaient pas le voir. Ils auraient préféré un trisomique». Elle marque une pause. «Le roux ne se sent pas roux en tant que roux, mais dans le regard de l’autre. C’est ce regard qu’il faut changer.»

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Voici pourquoi les garçons ont besoin de plus de soutien affectif que les filles


La première année de vie d’un enfant est importante, on essaie tant bien que mal à passer à côté des stéréotypes pour offert toutes chances égales aux filles et aux garçons. Cependant, les garçons auraient pourtant plus besoin d’affection, d’attention que les filles. Cesser les clichés qu’un homme ne pleures pas, de se conduire en fillette etc .. Ils doivent comprendre leurs émotions pour mieux réagir socialement, car curieusement, leur cerveau serait plus fragile que les filles et c’est important de préserver leur santé mentale
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Voici pourquoi les garçons ont besoin de plus de soutien affectif que les filles

 

 

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Ils ne sont pas plus solides.

La littérature sur les stéréotypes entourant les questions de genre chez les enfants aborde plus souvent qu’autrement le fait que les filles aiment les poupées et les garçons, les camions. Mais qu’en est-il des autres différences?

Des études récentes et anciennes mettent en lumière les différences liées au genre dans le cerveau et son développement. Et ce sont ces recherches auxquelles nous devrions nous attarder quand vient le temps de comprendre le soutien affectif dont nos enfants, particulièrement les garçons, ont besoin.

Dans une étude publiée en 2000 et intitulée The Fragile Male, Sebastian Kraemer affirme que le cerveau des bébés garçons est plus fragile que celui des bébés filles. Même dans l’utérus, le cerveau des garçons est plus sensible à la dépression et au stress de la mère. Et à la naissance, le cerveau des garçons est en retard d’un bon six semaines sur celui des filles.

Des études démontrent également que les garçons ont un plus haut taux de cortisol (l’hormone liée au stress) après une naissance traumatique où ils ont été séparés de leur mère ou si la personne qui s’occupe d’eux est négligente.

Sebastian Kraemer avance que le cerveau des filles a une longueur d’avance qui demeure tout au long de l’enfance, et que les garçons tirent de la patte sur plusieurs fronts.

Alors qu’ils grandissent, les garçons continuent à avoir la vie dure. Un manque de soutien affectif alors qu’ils sont bébés ne fait qu’aggraver la chose. Bien que les chercheurs ne s’entendent pas sur la question, on croit que les garçons courent plus de risques d’être dyslexiques et d’avoir des difficultés de lecture et de langage, ce qui rend l’apprentissage à l’école plus ardu. Les garçons sont aussi plus susceptibles de vivre des problèmes de comportement et sont de deux à trois fois plus enclins à être TDAH que les filles.

À l’âge adulte, les hommes canadiens sont trois fois plus susceptibles de s’enlever la vie que les femmes. Et bien que la dépression guette autant les femmes que les hommes, ces derniers montrent des signes différents qui sont souvent difficiles à déceler.

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S’il est clair que le genre affecte la structure du cerveau et son développement, celui-ci est aussi grandement influencé par les expériences de vie. Nous appelons ce phénomène neuroplasticité.

L’étude de Kraemer démontre que les parents couvent leurs bébés garçons moins que leurs bébés filles. Pourquoi? En partie parce que les garçons sont plus exigeants et que cela peut creuser un fossé entre le parent et l’enfant; chose qui n’aidera pas le garçon dans son cheminement.

«Les garçons ont tendance à être plus nerveux et démonstratifs et les mères font tout en leur pouvoir pour les calmer, note le chercheur. Les soins portés aux garçons sont habituellement plus compliqués et, par conséquent, les « erreurs » sont plus courantes, ce qui s’ajoute au déficit déjà présent avant la naissance. Comme le cerveau humain se développe surtout après la naissance, certains facteurs de stress précoces peuvent désavantager les garçons. Dans tous les cas, chez les garçons, le développement de l’attachement à une personne est plus affecté par l’indisponibilité, l’insensibilité et la dépression d’un parent.»

«À l’âge adulte, les hommes canadiens sont trois fois plus susceptibles de s’enlever la vie que les femmes. Et bien que la dépression guète autant les femmes que les hommes, ces derniers montrent des signes différents qui sont souvent difficiles à déceler.»

De plus, nous entretenons le stéréotype culturel voulant que les garçons soient plus durs et plus forts. Les parents procurent moins de soutien affectif aux garçons qu’aux filles, croyant qu’ils n’en ont pas besoin.

Ce sont ces stéréotypes masculinistes toxiques légués à l’enfance qui nuiront à nos garçons à l’âge adulte.

«Les jeunes garçons apprennent tôt qu’exprimer leurs sentiments est tabou. Cela cause des traumatismes qui affectent leurs relations entre eux et avec le sexe opposé», avait souligné à HuffPost Canada Jessica Raven, directrice de Collective Action for Safe Spaces.

Nos garçons sont donc doublement pénalisés : ils ont un cerveau plus vulnérable et reçoivent moins de soutien affectif de leurs parents. Ce sont ces différences dans la première année de vie qui font que les hommes sont plus aux prises avec des problèmes de santé mentale, aux dires de Kraemer.

Des chercheurs soulignent aussi que les hommes qui souscrivent aux normes genrées de la société, prescrites à la naissance, voient leur santé mentale affectée et ont moins tendance à chercher de l’aide, selon ce que rapporte CBC.

Le Dr Allan Schore, de UCLA, appuient les propos de Sebastian Kraemer. Dans son article All Our Sons: The Developmental Neurobiology and Neuroendocrinology of Boys at Risk, il affirme que «compte tenu de la maturation plus lente du cerveau masculin, l’attachement protecteur de la mère agit comme un régulateur pour la moitié droite du cerveau dans la première année de développement et est essentielle à l’optimisation du développement socioémotionnel des garçons».

Qu’est-ce que ce charabia scientifique veut dire pour les parents comme vous et moi qui doivent élever des garçons? Ce que le Dr Schore tente d’expliquer, c’est que les relations façonnent les humains et que les parents aident au développement des qualités émotionnelles de leurs enfants grâce à l’attention qu’ils leur portent.

Des relations empreintes d’amour, de confiance, de sensibilité et d’intimité aident l’enfant à comprendre et à démêler les émotions ainsi qu’à s’exprimer. Cela l’aide dans le développement de ses habiletés sociales. Il peut comprendre ses semblables, s’entendre avec les autres, s’occuper d’eux. Les garçons ont simplement besoin de plus d’aide que les filles à ce chapitre, surtout dans la première année de leur vie.

Dr Schore suggère des congés parentaux plus longs afin que les parents connectent sur une plus longue période de temps avec leurs enfants. Il faut cajoler, sourire, parler et jouer à la cachette avec nos bébés garçons!

Voici quelques conseils afin de vous assurer que nos garçons reçoivent le soutien affectif dont ils ont besoin :

Plutôt que de penser que les garçons ne montrent pas leurs émotions (ce qui est faux), reconnaissez le fait qu’ils ont de la difficulté à le faire et encouragez-les à s’ouvrir. Dites-leur que c’est normal de le faire. Écoutez-les.

Encouragez-les à porter attention aux émotions qu’ils vivent et créez un environnement où il est sans danger d’exprimer ses sentiments.

• Ne les faites jamais sentir coupables de s’ouvrir. Ne dites pas des choses du genre : «Les garçons ne pleurent pas», «Ne sois pas dramatique», «Cesse de faire ta fillette», «Comporte-toi comme un grand garçon.»

Enseignez-leur la régulation émotionnelle, et ce, sur le coup. Restez calme (sinon, vous ne transmettez pas la bonne énergie). Ne voyez pas leur comportement comme une attaque personnelle.

Reconnaissez que les garçons ont besoin de plus de soutien affectif que les filles.

Encore une fois, mieux vaut prévenir que guérir. La première année de vie est la plus importante pour le développement émotionnel du cerveau. Nos garçons en ont besoin afin de grandir heureux et en santé. Cajolez vos bébés garçons autant que possible!

Ce texte traduit de l’anglais a été publié sur HuffPost Canada.

http://quebec.huffingtonpost.ca

Le Saviez-Vous ► 8 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur les sorcières


Il aurait eu 110.000 sorciers, sorcières (surtout des femmes) qui ont été exécutés juste en Europe. On accusait de sorcellerie d’après des stéréotype, de vengeance, et autres. Au fil du temps, les femmes étaient considérées comme des sorcières celles qui contestaient le système patriarcal. Aujourd’hui, être une sorcière est une mode qui n’about pas au bûcher ou à la torture comme au Moyen-Âge
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8 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur les sorcières

Supplice de Anneken Hendriks, brûlée à Amsterdam en 1571 (Cl Roger-Viollet/CC)

On a voulu vous parler de ces femmes et de ces hommes qui ont été persécutés.

Par Emilie Brouze, Alice Marunani et Renée Greusard

 Il y en aurait eu 110.000 en Europe (voir plus bas) et ils furent persécutés. On avait envie de vous parler d’eux et plutôt d’elles, car c’est surtout une histoire de femmes et de la haine qu’elles ont inspirée.

1 On disait qu’elles embrassaient le cul du diable

Que reprochait-on aux prétendues sorcières ?

« Beaucoup de choses », répond Michel Porret, professeur d’histoire à l’université de Genève et auteur de « l’Ombre du diable » (éd. Georg, 2010).

L’argument du sabbat est abondamment cité. Un argument théorique, car « jamais les femmes n’ont été arrêtées en flagrant délit. »

Maxime Gelly – Perbellini, historien spécialiste de la représentation des sorcières au Moyen Age, détaille :

« Il y a cette idée que des hommes et des femmes se réunissent la nuit sous l’ordre du diable et du démon afin de l’adorer et de commettre des crimes abominables. On dit qu’elles concoctent des recettes ignobles à base de graisse d’enfants, de cadavres ou qu’elles embrassaient le diable sur son derrière. »

Satan serait adoré dans ces assemblées nocturnes : le sabbat est l’église du mal, l’école de la débauche. La sorcière s’y rendrait de nuit, par voie aérienne, chevauchant parfois un balai, un animal noir voire le diable.

Lors des procès, on impute aux « sorcières » tous les malheurs biologiques : empoisonnements, stérilité, bétail tué, etc.

2 Des mecs aussi ont été accusés

« La sorcellerie n’était pas spécifique au sexe mais elle était liée au sexe », écrit Alison Rowlands, spécialiste de la chasse aux sorcières – qui culminera entre 1560-1570 et 1620-1630.

Durant la première période de cette chasse, à partir de 1420, les sorcières étaient surtout… des sorciers, explique Maxime Gelly – Perbellini.

« Les procès étaient peu nombreux et touchaient tous les milieux. »

La bascule du genre se fait en 1550. Là, le nombre de procès augmente significativement, les accusations de sorcellerie se démocratisent et surtout, se féminisent.

L’accusation devient une arme sexiste contre les femmes qui « remettaient en cause la vision patriarcale de la femme idéale », écrit Alison Rowlands.

« Avec un taux plausible de 48% des condamnations à mort sur 110.000 procès recensés en Europe (hors lynchages), les juges laïques font exécuter environ 60.000 à 70.000 sorcières et sorciers – 7 à 8 femmes sur 10 condamnés (Levack, 2001) », lit-on dans « Présumées coupables » (éd. Iconoclaste, 2017).

Maxime Gelly – Perbellini ajoute :

« La question de la sorcière embrasse celle des stéréotypes que l’on véhicule sur les femmes et plus globalement sur les personnes à la marge. Ces stéréotypes peuvent se rapprocher de ce qu’on dit sur les juifs ou les errants, par exemple. »

3 C’était vraiment hardcore

Contrairement à un voleur ou à un assassin, la sorcière n’a pas d’autre issue que la mort. La plupart des femmes accusées avouent sous la torture.

« Les procès de sorcellerie suivent la procédure inquisitoire validée par le quatrième concile du Latran (1215), qui abolit aussi l’ordalie : écriture, instruction secrète, recherche médico-légale de la marque satanique, torture pour l’aveu, exécution publique », lit-on dans « Présumées coupables ».

La seule preuve qu’on essaie de trouver dans les procès en sorcellerie est la griffe de Satan. Une marque invisible, dont on dit qu’elle a fait mourir l’endroit où la sorcière a été marquée.

« La marque a la particularité de ne pas être naturelle », explique Michel Porret.

On lit ainsi dans les interrogatoires la référence au sperme glacé de Satan, preuve de non-naturalité.

Une fois que le juge est convaincu de la culpabilité de la sorcière, celle-ci est dénudée et « rasée de tout poil ». Le corps de l’accusée subit ensuite une inspection avec une aiguille chirurgicale, à la recherche du point d’insensibilité. Très souvent on la trouve sous la forme d’un abcès, pustule, tache de vin, tumeur ou verrue.

Une fois les sorcières condamnées, la plupart sont brûlées, comme une neutralisation symbolique.

« Brûlée vive ou étranglée au préalable », précise Michel Porret.

4 Mais parfois, ça ne se finit pas si mal

De temps en temps, les femmes accusées de sorcellerie obtiennent une lettre de rémission. Maxime Gelly – Perbellini évoque, par exemple, le cas de l’empoisonneuse de La Rochelle en 1382.

Jehanne Gaigne, âgée de 18 ans, est l’épouse de Guillaume Cusse, charpentier et bourgeois de La Rochelle.

« Sous l’influence d’une autre femme réputée sorcière, appelée Arzene, elle aurait utilisé des envoûtements, des philtres et enfin du poison, du sulfure d’arsenic mêlé de verre pillé, sur son époux, sans pour autant réussir à le faire mourir.

Elle est accusée par le prévôt de La Rochelle pour sorcellerie et est condamnée à la prison, elle demande elle-même sa rémission au roi de France. »

Et l’historien de commenter :

« Derrière les images cocasses, cette lettre doit nous rappeler que le regard de l’historien ne doit pas s’arrêter à une vision stéréotypée d’un phénomène. Toutes les ‘sorcières’ ne sont pas menées au bûcher et que, plus que d’autres, cette accusation est au cœur de discours politiques, juridiques, idéologiques en constante tension. Le prévôt condamne pour affirmer sa justice ; la condamnée tente de minimiser sa responsabilité en se faisant elle-même victime du diable ; le roi, engagé à la fin du Moyen Age dans la structuration de l’ordre judiciaire, se montre timide à confirmer une condamnation qui ne repose sur aucun fondement criminel (pas de meurtre, pas de sang versé) et préfère laver Jehanne de ses accusations. »

5 Des figures féministes

« Après l’émergence des sciences humaines, post-soixante huitarde, on assiste à toute une reconstruction de la figure de la sorcière. On en fait une femme révoltée », confirme Michel Porret.

La figure autrefois maudite et crainte devient un symbole d’un rapport de domination et le symbole subversif de la révolte féminine.

En Italie, des féministes scandent :

« Tremblez, tremblez, les sorcières sont de retour » [‘Tremate, tremate, le streghe son tornate’]. »

La revue littéraire « Sorcières », fondée par Xavière Gauthier et à laquelle contribua Marguerite Duras ou Nancy Huston, est l’emblème de cette reconstruction.

La revue féministe, publiée de 1975 à 1981, est née dans le but de donner la parole aux femmes pour qu’elles puissent exprimer leur créativité et ainsi accompagner voire susciter l’émergence d’un mouvement de femmes créatrices. Une femme juchée sur un balai orne la couverture du premier numéro.

Pourquoi « sorcières » ? Dans un éditorial, Xavière Gauthier écrit :

« Parce qu’elles dansent. Elles dansent à la pleine lune. Femmes lunaires, lunatiques, atteintes – disent-ils – de folie périodique. Gonflées de révolte fulgurante, de colère bouillonnante, gonflées de désir, elles dansent sur la lande sauvage des danses sauvages.

Sauvages, comme l’homme blanc le dit des autres ethnies ; sauvages comme l’Etat et le syndicat le disent de certaines grèves, de certaines crèches. Elles dansent, sauvages et irrécupérables, comme le désir. »

6 La dernière sorcière d’Europe

Elle s’appelait Anna Göldi, elle était suisse et fut, en Europe, la dernière femme à être condamnée à mort pour sorcellerie. C’était en 1782. On lui a coupé la tête et puis on a enfoui son corps au pied de l’échafaud. 

Servante dans la famille d’un médecin, Anna a été accusée d’avoir empoisonné la fille de son patron à l’aide d’aiguilles magiques. Un article du « Monde » consacré à Anna Göldi raconte :

« Selon le récit fait plus tard au procès, des aiguilles sont à plusieurs reprises trouvées dans le bol de lait d’Annemiggeli, la seconde fille de la famille, âgée de 8 ans. Anna Göldi, qui fait office de gouvernante, est soupçonnée, puis finalement renvoyée. »

« Quelque temps après, la fillette tombe gravement malade, prise de violentes convulsions, d’une fièvre inexpliquée, d’accès de délire et de toux. La jeune Annemiggeli se met à vomir, presque chaque jour, des aiguilles dans des glaires mêlées de sang. Une centaine en tout. Certaines crises la laissent sourde et muette. »

Sous la torture, la servante finit par avouer ce crime. Pourquoi a-t-elle été accusée ? L’article du « Monde » dit, et cette résonance à l’actualité est troublante :

« Walter Hauser [un journaliste qui a enquêté sur l’affaire, NDLR] a retrouvé la trace – mais non le contenu – d’une plainte pour harcèlement sexuel déposée en décembre 1781 par Anna Göldi contre son employeur. Voilà qui aurait pu ruiner la réputation du bon docteur Tschudi qui, vraisemblablement, s’empressa d’allumer un contre-feu. »

7 La démonologie fut une science à la mode

La démonologie est l’étude des démons et des mauvais esprits. Il en existe dans toutes les religions, notamment dans la religion chrétienne. Le premier traité de démonologie imprimé est daté de la fin du XVe.

« Il va devenir un best-seller », raconte Michel Porret. « La matrice de toute une série d’autres traités de démonologie. »

Les démonologues sont un peu les théoriciens de la chasse aux sorcières.

8 Les sorcières sont de retour (pour combattre l’ordre établi)

La sorcellerie revient en force dans les milieux féministes et queer, comme le racontent Vice et Cheek Magazine. Quel meilleur symbole de liberté et de danger pour l’ordre établi ? La publication en 2012 du livre d’Anna Colin « Sorcières : pourchassées, assumées, puissantes, queer », signe l’arrivée de cette mode américaine en France.

Un cortège de « sorcières », des féministes anarchistes de l’université Paris-VII s’est ainsi formé dans la manifestation contre la réforme du travail le 12 septembre dernier sous le nom de Witch Bloc, avec des slogans comme « Macron au chaudron ».

Des soirées queer et sorcellerie se lancent de partout, comme les événements Bitchcraft. La dernière Queerweek, grand événement queer parisien, proposait un atelier de confection de sortilèges.

Le mouvement est aussi porté par la mode du développement personnel et des thérapies alternatives. Jack Parker par exemple, blogueuse féministe, a lancé sa newsletter Witch, please ! où elle explique comment pratiquer la sorcellerie au quotidien (par exemple, en accrochant une branche d’eucalyptus dans sa douche ou en tirant le tarot). 

https://tempsreel.nouvelobs.com

Le Saviez-Vous ► 5 mythes sur la puberté


L’adolescence, bien des adultes, on oublié bien côtés de l’adolescence et pourtant, dans les grandes lignes c’est un peu la même chose
Nuage

 

5 mythes sur la puberté

 

Adolescents et adultes partagent quelques fausses idées et stéréotypes sur la période de la puberté et les changements qui l’accompagnent.

La puberté est un passage compliqué dans la vie de chaque personne. Les changements physiques et hormonaux, associés à une confusion et à un manque d’informations, sont la porte ouverte aux mythes sans fondement. Les adolescents préfèrent souvent demander conseil à des amis plutôt qu’à des adultes afin de mieux comprendre leur corps et leur sexualité. Résultat : les fausses idées n’arrêtent pas de circuler. Même constat pour les parents, qui nourrissent parfois des stéréotypes incorrects.

Les ados font la grasse matinée parce qu’ils sont paresseux. Vrai ou faux ?

FAUX. C’est un classique : les adolescents se couchent tard et dorment jusqu’au début de l’après-midi dès qu’ils sont en week-end ou en vacances. Mais ce comportement n’est pas forcément provoqué par de la paresse. Le cycle de sommeil de l’organisme se modifie pendant l’adolescence, rappelle le site Medical Daily. Il devient donc plus difficile de se coucher avant 23 heures. Et puisqu’un adolescent a besoin de 8 à 10 heures de sommeil, il récupère pendant la matinée.

Les ados font n’importe quoi à cause des hormones. Vrai ou faux ?

VRAI ET FAUX. Des études ont prouvé que les hormones ne sont pas les seules responsables du comportement des adolescents. Le cerveau se modifie rapidement, à partir de l’âge de 12 ans, et peut provoquer une modification des habitudes définie par les parents comme « du grand n’importe quoi ! »

La puberté commence avec les premières règles. Vrai ou faux ?

FAUX. Les premières règles se déclenchent entre 18 mois et deux ans après le début de la puberté. L’âge exact, généralement avant 13 ans, varie en fonction des personnes.

On ne tombe pas enceinte pendant les règles. Vrai ou faux ?

FAUX. Une grossesse est moins probable pendant le cycle menstruel, mais toujours possible. Les femmes sont fertiles pendant les jours qui précèdent et qui suivent l’ovulation, et la durée de vie du sperme peut jouer sur le risque de grossesse.

La malbouffe provoque de l’acné. Vrai ou faux ?

FAUX. De nombreuses personnes accusent les adolescents qui souffrent d’acné d’avoir abusé de sucreries ou d’aliments gras. Or, ce problème de peau est provoqué par l’augmentation de la production d’huile liée aux hormones. Mais une mauvaise alimentation reste néfaste pour la santé et pour l’aspect de la peau en général.

http://www.santemagazine.fr

Des fillettes de 6 ans croient que les hommes sont plus intelligents


Je ne me souviens pas au primaire avoir pensé que les garçons étaient plus intelligents que les filles. Peut-être est-ce le fait que ma mère avait son propre commerce et que papa travaillait de son côté sur la route pour une compagnie. Si nos petites filles se sentent nulles, il est important de les encourager pour qu’elles découvrent leur potentiel
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Des fillettes de 6 ans croient que les hommes sont plus intelligents

 

Un garçon et une fillette à l'école

Un garçon et une fillette à l’école Photo : iStock

Une femme peut-elle être très intelligente? Les fillettes commencent déjà à en douter à l’âge de 6 ou 7 ans, si l’on en croit une nouvelle étude américaine.

ASSOCIATED PRESS

Publiée jeudi dans la revue Science, l’étude suggère que des fillettes d’à peine 6 ans peuvent déjà être portées à croire que les hommes sont naturellement plus intelligents et plus doués que les femmes.

Les chercheurs croient que ce préjugé pourrait ainsi freiner l’élan de filles qui désirent mener des activités novatrices ou une ambitieuse carrière.

On connaissait déjà l’existence de ces stéréotypes dans la population adulte, mais l’étude semble montrer que le phénomène apparaît déjà à un très jeune âge, dès le début de l’école primaire, signale Andrei Cimpian, professeur agrégé au département de psychologie de l’Université de New York et coauteur de l’étude.

Les chercheurs ont d’abord raconté à 400 enfants de 5 à 7 ans l’histoire d’une personne très intelligente, et leur ont demandé ensuite de montrer cette personne parmi les photos de deux hommes et deux femmes, à l’allure comparable.

À 5 ans, les enfants ont tendance à choisir la personne de leur genre, mais à mesure qu’ils fréquentent l’école, le stéréotype sexiste commence à infuser chez les fillettes.

Dans une deuxième partie, les chercheurs présentaient aux enfants deux jeux : l’un pour les enfants vraiment intelligents, l’autre pour les enfants qui travaillent très fort.

À 5 ans, les enfants des deux genres réagissent de la même façon, mais à 6 et 7 ans, les fillettes choisissent moins souvent que les garçons pour le jeu qui exige de l’intelligence.

Les chercheurs ne sont pas sûrs des origines précises de ce préjugé : parents, enseignants, enfants, médias, tout le monde est soupçonné, admet le professeur Cimpian.

Mais selon lui, il faut prendre les mesures qui s’imposent afin de ne plus brimer les aspirations professionnelles légitimes des filles. À commencer par leur présenter des modèles de femmes qui ont réussi.

Rebecca S. Bigler, professeure de psychologie à l’Université du Texas à Austin, a salué le « travail remarquable » de l’équipe du professeur Cimpian.

Elle soutient aussi que les stéréotypes se développent au tout début de l’école primaire, lorsque les élèves sont exposés à de célèbres scientifiques, compositeurs ou écrivains, ces « génies de l’histoire » qui sont la plupart du temps des hommes.

« Il faut ensuite expliquer aux enfants que des lois ont été adoptées expressément pour empêcher les femmes de devenir ces génies de l’histoire et des dirigeantes », croit la professeure Bigler.

Des concepteurs de jouets comme Mattel, créateur de la poupée Barbie, ont commencé à faire certains gestes afin de réduire les stéréotypes reliés au genre.

http://ici.radio-canada.ca/

L’âgisme est très répandu, mais toléré


L’âgisme, un nouveau mot dans mon vocabulaire … Est-ce un drame de vivre longtemps ? L’expérience acquise pendant toutes ces années ne peut-elle servir au plus jeune ? Pourtant, une personne âgée peut souffrir d’humiliation, de stéréotype, de maltraitance. Par qui ? Par sa propre famille, et même des gens travaillant auprès d’eux. On commence tout juste en parler
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L’âgisme est très répandu, mais toléré

 

Claude Bérubé

Essayiste, conférencier et blogueur

Savez-vous que l’âgisme est plus répandu et plus toléré que le racisme et le sexisme? Et pourtant, on en parle moins quoique plus dommageable socialement, mais encore plus pour les personnes âgées. L’âgisme est à la source de la maltraitance et de l’intimidation à leur égard. Que soit dans les CHLD, dans les familles ou au travail. Il est cause de détresse chez les aînés victimes qui ont tendance à se replier sur eux-mêmes à devenir anxieux.


Plus médiatisée fut la cause de Winston Mc Quade. Le lunettier Greiche et Scaff , dont il est porte-parole, a reçu des courriels négatifs à l’égard de l’âge de Winston âgé de 72 ans. Pourquoi une personne âgée ne pourrait-elle pas jouer ce rôle? Pour contrer les effets dévastateurs, les concepteurs de la réclame ont créé une stratégie publicitaire de rabais avantageux en relation avec l’âge. Stratégie publicitaire, il va sans dire, mais positivement si elle permet de médiatiser les méfaits de l’âgisme, pourquoi pas?

L’âgisme est insidieux. Il suffit d’accorder moins d’importance à l’opinion d’un travailleur âgé, de ridiculiser un autre pour sa maladresse face à l’ordinateur. Une attitude qui pousse vers la sortie et une retraite prématurée. Les préjugés, stéréotypes, fausses perceptions et attitudes attaquent l’estime de soi et constituent un manque de respect à leur endroit tout en étant une forme d’intimidation.

C’est dans les CHLD et les résidences semblables qu’on retrouve la maltraitance et l’intimidation. Comment peut-on choisir ce métier quand on n’aime pas les vieux en manque d’autonomie et vulnérables? Et c’est aussi au cœur des familles, chez les proches, qu’on les décèle. Il est si facile et fréquent d’abuser de ses parents. Un manque total de compassion. Le côté négatif de l’âme humaine.

Comme pour le racisme et le sexisme, il suffit de se considérer comme supérieur à l’autre. D’où est né l’esclavagisme qui existe encore de nos jours. L’âgisme consiste à déprécier quelqu’un en raison de son âge.

Le culte de la performance exige des aînés la «performance» physique alors que, l’expérience aidant, ils font les choses différemment.

Quand j’avais 40 ans, et que l’espérance de vie se situait autour de 70 ans, je voyais la soixantaine comme une vieillesse diminuée. Tasse-toi mon oncle! Je n’aspirais aucunement à atteindre cet âge qu’on disait vénérable. Loin de mes rêves! Aujourd’hui, l’espérance de vie tourne autour de 85 ans et la santé honore les vieux. Curieuse analogie, ce sont souvent les vieux eux-mêmes qui colportent des propos «âgistes» en se prétendant pas vieux, refusant de vieillir, faisant appel souvent à la chirurgie pour paraitre «plus jeune». Peut-être par nostalgie de leur trentaine et de leur quarantaine, les préjugés et les stéréotypes se perpétuent et s’entretiennent trop souvent par les personnes âgées elles-mêmes. Avec les démunis, elles se comportent souvent avec âgisme. Pourquoi leur parler comme à un enfant?

Le culte de la performance exige des aînés la «performance» physique alors que, l’expérience aidant, ils font les choses différemment. «Tasse-toi, le vieux! Laisse-nous la place». Dans toutes les civilisations, on fait appel au savoir, à l’expertise, à la sagesse et au mentorat de la vieillesse. Plusieurs entreprises réclament les services des retraités!

Félix Leclerc disait: «Ce n’est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne de vieilles pommes!»

et cet autre auteur dont j’ignore le nom: «On est vieux quand on a les réponses aux questions et que plus personne ne nous pose de questions»!

L’âgisme se retrouve aussi dans le discours général à l’égard de la vieillesse dont nous sommes tous les acteurs.

Tous les jours dans les médias, nous entendons des personnes qui prédisent l’apocalypse à cause du vieillissement de la population: explosion des services de santé, ralentissement économique, augmentation des taxes à cause des régimes de retraite, etc. Les aînés deviennent responsables des différentes difficultés économiques. Les aînés, les vieux, les personnes âgées sont présentés comme des boucs émissaires.

N’est-ce pas là un autre visage de l’âgisme? Malheureusement toléré!

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Pourquoi il ne faut jamais se moquer des personnes âgées


Vieillir n’est pas une maladie, c’est un cheminement normal qu’il faut prendre les années comme elles viennent. Cependant, il est dommage que les pays les plus riches soient moins respectueux face à l’âge avancé
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Pourquoi il ne faut jamais se moquer des personnes âgées

 

À l’occasion de la journée internationale des personnes âgées, samedi 1er octobre, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a tenu à dénoncer les discriminations dont sont victimes les seniors. Explications.

Ne plus faire de discrimination en fonction de l’âge

Se moquer de ses voisins ou de ses collègues, ce n’est jamais une bonne idée, mais selon l’OMS, se moquer des personnes âgées pourrait nuire à leur santé. Plus un pays est riche, moins les personnes âgées sont respectées, a ajouté l’Organisation mondiale de la Santé, en s’appuyant sur étude qu’elle avait réalisée sur les Valeurs Mondiales.

Selon ces travaux, 60 % des personnes interrogées dans 57 pays ont rapporté que les personnes âgées faisaient l’objet d’attitudes négatives de la part des autres personnes, toutes classes d’âges confondues.

« La plupart des gens n’ont pas du tout conscience des stéréotypes qu’ils ont à propos des personnes âgées », explique l’OMS dans un communiqué. « Mais à l’image du sexisme ou du racisme, il est possible de changer les normes sociales. Il est temps de cesser de définir les gens par leur âge. Cela produira des sociétés plus prospères, plus équitables et plus saines. »

Prendre soin de nos aînés

Selon l’OMS, une personne qui a une image négative de son vieillissement se remettra moins bien en cas de problème de santé. Les seniors en dépression ou qui se trouvent dans une situation d’isolement social vivraient même 7,5 années de moins que ceux qui acceptent joyeusement et sereinement de vieillir.

Mais comment éviter ces dépressions des seniors ? Les personnes âgées ne devraient plus être contraintes de prendre leur retraite, par exemple, avance l’OMS. Car cela suppose que chaque personne vieillit de la même manière, ce qui n’est pas le cas.

En 2050, le nombre de personnes de plus de 60 ans représentera 2 milliards de personnes à l’échelle mondiale.

« La société bénéficiera de cette population vieillissante si tout le monde vieillit plus sainement », explique Alana Officer, coordinatrice du vieillissement et qualité de vie OMS. « Mais pour cela, nous devons éradiquer les préjugés ».

http://www.passeportsante.net/

Quand les stéréotypes nous donnent la berlue


Les stéréotypes qui sont vraiment ancrés chez des personnes peuvent vraiment fausser leur perception chez les autres même si cela n’est pas vrai. Cela me semble donc évident, que l’éducation dès le jeune âge se doit donc faire attention à nos propres préjugés
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Quand les stéréotypes nous donnent la berlue

 

Stéréotype | Quinn Dombrowskivia Flickr CC License by

Stéréotype | Quinn Dombrowskivia Flickr CC License by

Repéré par Peggy Sastre

En moins d’une demi-seconde, les clichés peuvent modifier le système visuel de notre cerveau et nous faire croire qu’un individu est conforme à nos préjugés. Même si ce n’est pas vrai.

Les stéréotypes sont tellement puissants qu’ils peuvent modifier jusqu’au système visuel de notre cerveau et nous faire croire qu’un individu est conforme à nos préjugés –alors qu’en réalité, il ne l’est pas du tout. C’est l’une des conclusions pour le moins stupéfianted’une étude publiée le 2 mai dans la revue Nature Neuroscience.

Signée par Ryan M. Stolier et Jonathan B. Freeman, chercheurs en neurosciences de l’université de New York, elle rend compte de deux expériences menées auprès de 17 et de 26 participants. Dans la première, ces derniers voyaient passer sur un écran des visages conçus par ordinateur d’hommes et de femmes, blancs, noirs ou asiatiques, heureux ou énervés –soit 12 combinaisons au total– et devaient, en 500 millisecondes, choisir entre deux mots pour les caractériser (noir / blanc, heureux / en colère, homme / femme, etc.).

Pour signifier leur choix, ils devaient orienter une souris (l’accessoire informatique, pas la bestiole) vers l’un ou l’autre des deux termes. Et pendant tout ce temps, un IRM surveillait et enregistrait leur activité cérébrale, en se focalisant sur le gyrus fusiforme, une zone du cerveau connue pour s’occuper de la représentation des visages et de leur catégorisation sociale.

Biais inconscient

Résultat, qu’importe leur choix conscient et «raisonné», leur premier réflexe les portait quasi systématiquement vers la réponse la plus stéréotypée. Ainsi, les hommes en général, et les hommes noirs en particulier, étaient majoritairement considérés comme «en colère», même si leur vrai visage manifestait de la joie ou une émotion neutre.

Idem pour les visages de femmes, spontanément jugés comme heureux, même s’ils ne l’étaient objectivement pas. Les visages d’asiatiques, qu’importe leur vrai sexe, étaient quant à eux majoritairement et spontanément caractérisés comme féminins; à l’inverse, tous les visages noirs étaient tendanciellement jugés comme masculins.

Dans la seconde expérience, les chercheurs allaient confirmer que les biais inconscients exprimés par leurs cobayes correspondaient aux associations stéréotypiques les plus courantes aux États-Unis (les hommes sont agressifs, les noirs encore plus, les femmes sont douces, les asiatiques efféminés, etc..).

Représentation visuelle altérée

Et grâce à l’IRM, les scientifiques ont observé que de tels stéréotypes s’ancraient dans le système visuel du cerveau et, plus précisément –et conformément à leur hypothèse de départ– dans le gyrus fusiforme. Par exemple, l’activité neuronale générée par la vision d’un visage d’homme noir était, dans cette région cérébrale, tout à fait comparable à celle suscitée par des visages objectivement en colère. Ce qui signifie que le cerveau peut littéralement nous faire voir ce qui n’existe pas et que les stéréotypes (dans ce cas «les hommes noirs sont agressifs») peuvent totalement court-circuiter notre perception.

«Nos recherches tendent à prouver que les stéréotypes que nous avons intégrés peuvent systématiquement altérer la représentation visuelle que se fait le cerveau d’un visage, en distordant ce que nous voyons pour que cette perception soit plus conforme à nos attentes biaisées», résume Jonathan Freeman.

«Si les stéréotypes que nous avons acquis peuvent changer la manière dont nous analysons visuellement une personne, ce genre de stéréotypage visuel pourrait uniquement servir à renforcer, et peut-être exacerber, des préjugés préexistants», ajoute-t-il.

Selon le chercheur, cette étude pourrait servir à développer de meilleurs outils pour «réduire voire éliminer les biais inconscients» et souligne la nécessité «d’appréhender ces biais au niveau visuel».

Des préjugés qui surviennent dès le premier regard, bien avant que l’esprit critique se mette en branle, et «bien avant que nous ayons une chance de nous corriger ou de réguler notre comportement».

http://www.slate.fr/

Les garçons nuls en lecture : c’est dans la tête !


Dans le domaine de l’apprentissage à l’école, des stéréotypes seraient bien ancrés entre les garçons et les filles. Pourtant, la manière que peut être représenté le problème, dément ces stéréotypes.
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Les garçons nuls en lecture : c’est dans la tête !

 

© Shutterstock.com/Artizarus

Guillaume Jacquemont

 

En moyenne, les garçons obtiennent de bien moins bons résultats aux tests de lecture que les filles. Mais la différence disparaît quand on leur fait croire qu’il s’agit d’un jeu.

Vous pensez que les garçons sont moins forts que les filles en lecture  ? Eh bien, à force de l’entendre dire, ils ont fini par le devenir. C’est ce qu’on appelle la menace du stéréotype  : les croyances négatives sur les performances des filles et des garçons prennent valeur de prophétie autoréalisatrice. Une fois en situation de test, ils se comportent comme le prédit le stéréotype, paralysés par la crainte d’être aussi mauvais qu’on le croit.

C’est ce qu’ont montré Pascal Pansu, de l’université Grenoble-Alpes, et ses collègues… qui ont aussi trouvé le moyen d’inverser le phénomène  ! Ils ont soumis 80 enfants de 9 ans (filles et garçons) à un test intitulé «  la pipe et le rat  », consistant à repérer le plus de noms d’animaux possibles dans un texte de 486 mots, et ce en trois minutes. À une partie des enfants, ils ont présenté le test comme un exercice de lecture, et à d’autres comme un simple jeu qu’ils ont appelé «  la pêche aux animaux  ». Évidemment, les garçons qui se savaient testés se rappelaient, dans un coin de leur tête, cette vieille rengaine entendue un jour ou l’autre sur leurs capacités inférieures en lecture. Ils ont alors été moins performants que les filles – bien que des questionnaires annexes aient révélé une motivation identique. En revanche, les garçons qui croyaient se livrer à un jeu ont égalé leurs homologues féminines.

Voilà donc la preuve que les garçons sont aussi victimes de stéréotypes qui entravent leurs performances. Ce mécanisme était à ce jour bien identifié chez les filles avec les mathématiques. Anxiété, stress, rumination de pensées négatives («  tout le monde s’attend à ce que j’échoue  »), regard critique sur soi et autoévaluation permanente surchargeraient la mémoire de travail de l’enfant et dégraderaient ses résultats.

Compte tenu de tout cela, faut-il s’étonner des conclusions de la dernière enquête Pisa menée par l’OCDE, qui révèle un écart bien réel entre les deux sexes dans ces matières  ? Les garçons sont devant en mathématiques et les filles caracolent en tête en lecture (compétence incluant ici la capacité à comprendre et interpréter les textes) – à 15 ans, elles auraient même l’équivalent d’un an d’avance dans ce domaine  !

Si vous avez un fils qui apprend la lecture, essayez donc de présenter les exercices comme des jeux. Et dites-lui d’avoir confiance en lui, car les garçons sont capables de lire aussi bien que les filles : plus nous serons nombreux à le faire, plus le stéréotype sera fragilisé.

http://www.pourlascience.fr/

 


 

Éviter la dépression ménagère


Je crois qu’on a tous des moments qu’on pourra se reconnaître dans la dépression ménagère, car nos modèles sociales sont trop souvent irréalisable, car on nous montre la perfection et cette perfection est souvent éphémères que ce soit dans notre environnement immédiat ou sur notre propre personne
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Éviter la dépression ménagère

 

Bénédicte Régimont

Pourquoi parler de dépression ménagère? À certaines étapes de notre de notre vie, nous pouvons nous sentir totalement débordés par notre environnement immédiat. Le désordre s’accumule, on en a conscience mais il nous est impossible de réagir. Au contraire, la culpabilité nous envahit et on a l’envie de tout lâcher et de partir loin de la gestion prosaïque du quotidien qui nous ennuie et finit par nous envahir.

Pourquoi s’est-on laissé submerger comme ça alors que les médias nous montrent pléthore d’intérieurs impeccablement rangés, d’enfants souriants et de familles épanouies? Pourquoi les autres y arrivent-ils et pas moi?

Les signes avant coureurs de la dépression ménagère

Au moment de glisser la clé dans la serrure, vous voici prise d’une angoisse. La gorge se noue, l’estomac gronde. La sérénité de se retrouver chez soi laisse place à une litanie de micro-angoisses. Prises séparément elles n’ont que peu d’impact, le lave-vaisselle encore rempli, le frigo vide, le linge non repassé, les jouets des enfants éparpillés… Après une journée de travail, vous n’avez pas envie de faire face à cela. Non, juste l’envie de retarder le moment fatidique, tourner les talons, trouver un échappatoire.

Un modèle de vie idéal

En fonction de l’âge, nous sommes confrontés à des modèles sociaux auxquels nous ne pouvons pas nous identifier. Temps, connaissance de soi, lâcher-prise sont indispensables quand on a tendance à se comparer à ce que les médias nous (sur)vendent. Vous n’êtes pas grande, châtain clair, se glissant aisément dans un petit 36, avec des enfants à la mèche impeccable. Votre intérieur n’est pas baigné de lumière du sud, votre cuisine ne fait pas 25m² et les placards ne s’ouvrent pas sur des étagères impeccablement ordonnées où tout est étiqueté? Non?

Alors bienvenue dans la vie réelle! Bienvenue dans votre vie! Celle qui peut vous offrir le confort et le plaisir au quotidien, loin de tout stéréotype.

Refuser la perfection

Lorsque l’on a une estime de soi dépréciée, on recherche l’apaisement dans la perfection. Un modèle nous fait rêver, nous le fantasmons et imaginons que tout se résoudra par magie une fois que l’on aura atteint ce graal. Face à l’ampleur de la tâche, la procrastination surgit sournoisement et vous fait douter:

«Ce n’est pas pour moi, je n’y arriverai pas». ou «Je le ferai à fond quand j’aurai le temps. Je ferai tout d’un coup, ça sera mieux.»

Cet envie de tout faire parfaitement nous prive d’objectifs intermédiaires dont le rôle est de nourrir notre autosatisfaction.

Si votre chambre est en désordre, vous pouvez attendre d’avoir le temps (difficile à évaluer) l’envie (qui s’amenuise) les ressources, la motivation… de vous en occuper.
OU, vous pouvez choisir de commencer par un petit pas. Ranger les chaussures dans leur placard.

En réalité cela ne prend que 2 minutes. Certes, le lit n’est toujours pas fait, le fauteuil est encore plein de linge… MAIS, vous avez enclenché le processus. Et cela suffit déjà à y voir plus clair.

La dépression ménagère apparaît quand l’idée de l’ampleur de la tâche nous submerge. Notre cerveau droit, sièges des émotions prend l’ascendant sur notre cerveau gauche relié à l’action concrète.

En résumé, si vous vous sentez débordés à la maison, ou même dans votre vie professionnelle. Apprenez à déconnecter votre cerveau droit pour moins penser et agissez.

Quand on a perdu l’envie

Si votre maison est source de stress et que le désordre vous angoisse, il sera toujours une bonne copine pour vous dire: Lance-toi, je ne comprends pas pourquoi tu n’y arrives pas, c’est si simple. La réalité est plus complexe. Ce n’est pas simple, parce que l’idée que l’on se fait de la tâche est disproportionnée par rapport à la réalité de l’action.

Quand on n’a pas envie de faire le repassage, on a l’impression que cela nous prendra 3 heures et il est plus simple de trouver un réconfort immédiat dans une action qui nous sollicite moins, comme faire une sieste dans le canapé. Une fuite qui ne résout rien, mais qui nous donne l’illusion immédiate d’un apaisement. Le retour à la réalité est tout aussi angoissant. Durant le sommeil, les lutins magiques ont oublié de ranger le linge, pire, ils en ont ajouté.

Déconnecter son cerveau droit, même pour 5 minutes peut vous apporter le meilleur des bienfaits. Voici quelques actions concrètes à réaliser sans pression et qui s’appuient sur des mantras du quotidien.

Si vous êtes fidèles de ce blogue, vous savez que je ne suis pas une fée du logis. Mais, jour après jour, je fais une foule de petits gestes que je ne ressens pas comme du ménage mais qui concourent à ce que ma maison soit toujours dans un ordre acceptable.

– Si cela prend moins de 5 minutes je le fais tout de suite

Cette petite phrase que je me répète comme un mantra me permet de me débarrasser des petites tâches qui monopolisent mon esprit et sollicitent plus d’énergie lorsque j’y pense 3 ou 4 fois par jour qu’à être réellement réalisées. Ce matin, j’ai remplacé une ampoule dans le couloir, le joint de la bonde du lavabo, rangé mes chaussures d’été.

– Je le fais bien ou je ne le fais pas

Ceci oblige à clôturer définitivement une tâche. Si par exemple je laisse traîner le matériel de bricolage après avoir remplacé le joint, je n’ai fait que déplacer une pensée parasite qui mute le «Il faut change le joint» en «il faut ranger les outils». Opération nulle.

Attention, cela ne doit pas renforcer votre recherche de perfection à travers la procrastination. Non, cela suppose que vous terminiez la tâche pour ne plus avoir à y penser.

– Ce qui est fait n’est plus à faire

Mon attention ne se monopolise pas sur l’action en elle-même, mais sur le résultat final. Si je pense au plaisir d’avoir un évier qui se vide normalement, je passe outre l’idée de mettre mes mains dans une accumulation de résidus.

Si je sais que je n’aurai plus à y penser, mon esprit se libère naturellement.

– Préparez-vous

Comme pour une recette où vous réunissez tous les ingrédients, vous pouvez préparer ce qui est nécessaire pour passer à l’action. Et ce ne doit pas être une excuse à l’inertie!
Faites une liste de ce qui vous est nécessaire pour mener à bien votre tâche.

Si je poursuis l’exemple du joint de lavabo: un joint, un desserre-joint, une bassine, un chiffon et du détergent pour nettoyer la bonde. Une fois que tout est réuni, je passe à l’action avec le sentiment que tout est fluide, je n’ai pas à me relever 3 fois parce qu’il me manque quelque chose.

– Associez les tâches entre elles.


Ranger le linge n’est pas une chose qui vous met en joie. Associez cette action avec une autre qui vous fait plaisir. Avant un café réconfortant, en écoutant de la musique que vous aimez, avant une promenade au grand air…

Le seul risque? Vous dire: je le ferai quand j’aurai pris mon café, cela me remotivera. Au contraire, avoir réalisé votre tâche vous permet de vous récompenser.

– Acceptez de ne pas tout maîtriser


Si une tâche ne relève pas de vos compétences, faites ce qu’il faut pour mobiliser quelqu’un dont c’est le métier. N’attendez pas inutilement. Rares sont les plombiers qui sonnent spontanément à votre porte.

Si vous décrochez votre téléphone, si vous sollicitez vos amis, vous êtes actifs au regard de la tâche. Vous ne la subissez plus.

– Soyez bienveillant envers vous-mêmes

En réalité, la seule pression est celle que l’on s’impose. Apprenez à lever le pied. À regarder votre intérieur avec le recul nécessaire pour qu’il ne vous envahisse plus.

Apprenez aussi à passer à l’action. Car la dépression ménagère commence par le manque d’envie, par les petites choses qui s’accumulent insidieusement.

– Refusez de tout faire d’un coup


QUI a dit que votre maison devait ressembler à une page de magazine?
Vous ne ressemblez pas à la fille de la couverture, vous savez que cette fille n’est pas réelle, il en est de même pour les intérieurs. Ils sont savamment mis en scène. Ce ne doit pas être votre modèle référent. Alors, inspirez-vous de ces magazines mais faites à votre envie, une chose après l’autre. Dans la sérénité et le plaisir de ce qui a été accompli. Demain est un autre jour.

Être fatigué, découragé, ne pas avoir envie font partie de la vie de tous les jours. Le burn-out survient quand on n’a pas écouté son corps, que l’on subit une pression sociale qui nous pousse à la perfection.

Utilisez la méthode du Kaizen (du petit pas), de la petite action qui ajoutée aux autres petites actions vous libérera l’esprit. Et qui sait… vous deviendrez peut-être adepte de la méditation ménagère. Si ce n’est pas le cas, faites-vous aider par un organisateur d’intérieur.

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