Histoire de squelette, de sang et de… sucre


Le squelette est beaucoup plus actif ce que l’on pensait. D’abord, il réagit au sucre et dégage des hormones en guise de réaction. Maintenant, on croit qu’il pourrait par une hormone dans les os qui contrôlerait notre appétit .. Donc, des expériences à suivre
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Histoire de squelette, de sang et de… sucre

 

Julie Lacombe, chercheuse associée, Mathieu Ferron, directeur de... (Photo fournie par l'IRCM)

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Julie Lacombe, chercheuse associée, Mathieu Ferron, directeur de l’unité de recherche en physiologie intégrative et moléculaire de l’Institut de recherches cliniques de Montréal, et Omar Al Rifai, étudiant au doctorat

PHILIPPE MERCURE
La Presse

Votre squelette joue un rôle plus important que vous ne le pensez. Lorsque vous croquerez vos friandises, ce soir, vos os sécréteront des signaux chimiques qui vous aideront à en assimiler le sucre. Et une équipe de chercheurs montréalais vient d’élucider un mécanisme crucial du phénomène.

Photo d'un ostéoblaste, la cellule osseuse où est... (Photo fournie par l’IRCM) - image 1.0

 

Photo d’un ostéoblaste, la cellule osseuse où est produite l’ostéocalcine.

PHOTO FOURNIE PAR L’IRCM

Les scientifiques ont longtemps cru que notre squelette servait uniquement de charpente au corps. On savait toutefois que cette charpente pouvait être affectée par les hormones.

« Les femmes, après la ménopause, perdent de l’os parce qu’elles ont moins d’hormones sexuelles comme l’oestrogène », explique Mathieu Ferron, directeur de l’unité de recherche en physiologie intégrative et moléculaire de l’Institut de recherches cliniques de Montréal et professeur à l’Université de Montréal.

Il y a une dizaine d’années, des chercheurs ont lancé une hypothèse audacieuse. Et si les os, au lieu de se contenter de subir l’effet des hormones, en sécrétaient eux aussi ? L’idée venait du fait que la production d’hormones fonctionne souvent selon des boucles de rétroaction.

Les chercheurs ont vérifié. Et ils ont effectivement découvert des signaux chimiques émis par les os. Pour la médecine, le squelette venait de passer d’une structure passive à un ensemble d’organes actifs.

« Dans le domaine, on peut presque parler de révolution », commente Mathieu Ferron.

Des squelettes contre les bonbons

Le premier signal émis par les os à avoir été découvert est l’ostéocalcine. Cette hormone est sécrétée par les cellules qui fabriquent les os, les ostéoblastes, et joue un rôle crucial dans l’organisme : réguler le taux de sucre. L’ostéocalcine agit sur les cellules bêta du pancréas en les incitant à sécréter l’insuline qui fait diminuer le taux de glucose dans le sang. Lorsque vous vous gavez de bonbons après une collecte d’Halloween, votre squelette vous aide donc à faire baisser votre taux de sucre.

Des études ont même montré que les gens obèses qui ont moins d’ostéocalcine dans le sang ont plus de risques de développer le diabète de type 2.

« Ça ouvre de nouvelles pistes pour expliquer, et peut-être même éventuellement prévenir, ce type de diabète », dit Mathieu Ferron.

Un mystère de plus

Il restait cependant un mystère à résoudre. Lorsqu’elle est produite par les ostéoblastes, l’ostéocalcine reste liée aux os et s’y accumule. Puis, par un processus inconnu, elle devient active et est libérée dans le sang.

« On voulait comprendre comment l’ostéocalcine passe de cette forme inactive à sa forme active », résume le spécialiste.

En laboratoire, les chercheurs ont découvert que c’est un enzyme appelé furine qui fait le travail.

« La furine agit comme un ciseau moléculaire », explique Mathieu Ferron.

La forme inactive de l’ostéocalcine comporte une partie de plus que sa forme active. La furine vient couper cette partie, activant ainsi l’hormone.

Pour vérifier l’effet de la furine sur un animal vivant, les scientifiques ont ensuite créé des souris mutantes qui manquent de cet enzyme. Résultat : les souris sans furine ont sécrété moins d’insuline et ont moins bien assimilé le glucose, confirmant le rôle crucial de l’enzyme.

La découverte a été publiée dans The Journal of Clinical Investigation. La fin de l’histoire ? Non. Mathieu Ferron soupçonne maintenant que nos os émettent une autre hormone qui gouvernerait… notre appétit, et il veut la déceler. Des os qui rendent gourmands ? Pas de doute, nos squelettes nous cachent plus de secrets qu’on ne le pensait.

http://www.lapresse.ca

En Chine, des « géants » vieux de 5.000 ans découverts


Des géants ont été retrouver en Chine, ils étaient plus grands que les Chinois d’aujourd’hui et plus grands que ceux en Europe de la même époque que les squelettes retrouvés. Avaient-ils un rang social plus élevé dû à les autres, c’est ce que pensent les archéologues ?
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En Chine, des « géants » vieux de 5.000 ans découverts

 

Jean-Luc Goudet
Journaliste

 

Des archéologues ont exhumé, en Chine, des squelettes d’hommes de 1,80 m, et même de 1,90 m, sur le site d’une opulente cité ayant prospéré il y a 5.000 ans. Cette haute taille était peut-être associée à un statut social élevé. On ne connaît pas la norme de l’époque mais, encore aujourd’hui, cette taille demeure supérieure à la moyenne chinoise.

Dans la province du Shandong, à l’est de la Chine, près de la capitale Jinan, il est coutume de dire que les Hommes sont plus grands qu’ailleurs. Le célèbre philosophe Confucius, originaire de cette région, avec 1,90 m, était considéré comme un grand homme, au sens figuré comme au sens propre. Aujourd’hui, la moyenne de cette province, pour les hommes, est de 1,753 m, contre 1,72 m pour l’ensemble de la Chine (chiffres de 2015).

C’est ce que précise l’agence de presse Xinhua dans un communiqué présentant une découverte archéologique originale : des tombes, datant de 5.000 ans, abritant des squelettes d’hommes dont plusieurs mesurent 1,80 m et le plus grand 1,90 m. Le site, fouillé depuis l’an dernier par une équipe de l’université du Shandong, appartient à la culture Longshan, d’abord décrite par des découvertes autour du fleuve Jaune, et que le communiqué situe au Néolithique tardif. À titre de comparaison, en Europe, les hommes de cette époque s’en tenaient à 1,65 m et les femmes à 1,50 m, d’après Michael Hermanussen.

L'un des squelettes retrouvés, avec ses parures et les poteries qui l'ont accompagné dans l'au-delà. Ce personnage devait bénéficier d'un statut social élevé. © Université du Shandong

L’un des squelettes retrouvés, avec ses parures et les poteries qui l’ont accompagné dans l’au-delà. Ce personnage devait bénéficier d’un statut social élevé. © Université du Shandong

Ces « géants » avaient peut-être un statut social privilégié

 

Le site découvert abrite 104 maisons, 205 tombes et 20 « fosses sacrificielles ». Autour de ce grand centre économique, qui a prospéré entre -5.000 et -4.500 ans, on cultivait le millet et on élevait des porcs. Les habitations disposaient de plusieurs chambres et d’une cuisine ; leurs habitants possédaient de belles poteries colorées et des objets de jade. Au même moment, dans la province du Shaanxi, loin à l’ouest, les Hommes fabriquaient de la bière en grandes quantités, en utilisant la fermentation du millet.

Les chercheurs notent que les tombes les plus vastes abritent les hommes les plus grands. Ils en concluent qu’une forte stature conférait peut-être un statut social élevé. Cette prospérité semble s’être arrêtée subitement. C’est du moins la conclusion des archéologues qui ont remarqué des saccages sur les ossements et les objets retrouvés dans six tombes, qui ont eu lieu peu après l’enterrement. La scène évoque un pillage après un conflit armé entre deux communautés.

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Le Saviez-Vous ► 3000 squelettes exhumés en plein coeur de Londres


En 2013 à Londres, un cimetière vieux de 450 ans fait remonter à la surface son histoire, d’un asile psychiatrique. Des gens ont été enterrés qui dans la réalité était une fosse commune pour les patients et certaines personnes qu’on voulait faire disparaitre
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3000 squelettes exhumés en plein coeur de Londres


(Source)

En août 2013, alors que des travaux étaient entrepris à Londres à la station ferroviaire de Liverpool Street, un ancien cimetière, vieux de 450 ans, a refait surface. Il s’agissait d’un cimetière pour les patients du premier asile psychiatrique de l’Histoire, celui de Bedlam. Les travaux d’exhumation des squelettes, dont des témoins de la peste du 17e siècle, viennent enfin de commencer…

Un asile à la triste réputation


Photo: William Hogarth, A Rake’s Progress, 1735
(Source)

Dans l’histoire anglaise, Bedlam est resté synonyme de folie. Connu officiellement sous le nom de Bethlem Royal Hospital, cet asile a été fondé en 1247 sous le règne d’Henry III, et était dès le départ destiné à loger ceux qu’on considérait comme des « fous » à l’époque. En opération pendant 600 ans, son nom a changé pour Bedlam (cafouillage, folie) et plusieurs histoires de traitements sordides y ont été associées. L’institution pouvait même être visitée par les curieux, en échange de quelques pièces de monnaie.

Un cimetière des 16e-18e siècles


(Source)

Le cimetière découvert en plein cœur du quartier des affaires de Londres en 2013 a été utilisé par l’institution entre les années 1569 et 1738. Il s’agit davantage d’une fosse commune (environ 3000 squelettes s’y trouvent) que d’un véritable cimetière, puisqu’on y inhumait sans cérémonie les gens sans famille, ceux dont la famille ne pouvait se permettre un enterrement religieux ou occasionnellement des opposants politiques qu’on souhaitait faire oublier.

Des squelettes témoins de la peste du 17e siècle


(Source)

C’est aussi dans ce cimetière qu’ont été inhumées plusieurs victimes d’un épisode meurtrier de peste bubonique en Angleterre en 1665-1666, dont on commémorera le 350e anniversaire cette année. Un épisode historique qui a effectivement marqué l’histoire anglaise, puisque près de 100 000 personnes seraient mortes de la funeste maladie à Londres seulement pendant l’épidémie. L’étude des squelettes permettra d’en apprendre davantage sur cette peste et ses impacts sur le corps humain.

D’autres découvertes sur le site


Photo: Pièce de monnaie de l’empereur romain Hadrien
(Source)

Les fouilles dans ce secteur ont également permis la découverte de milliers d’artéfacts, dont certains du Moyen Âge et de l’époque romaine, notamment plusieurs pièces de monnaie encore en très bon état.

Les travaux d’exhumation des prochains mois risquent de nous en apprendre encore davantage sur l’histoire de ce site situé en plein cœur de Londres!
À suivre!


 

Spécialisée en histoire ancienne, Evelyne Ferron

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Une nouvelle vie pour le cheval gris de Napoléon


On entend souvent les histoires des hommes ou femmes qui ont fait l’histoire, et rarement des animaux qui les accompagnaient. Napoléon ne fait pas d’exception ou presque, car on sait l’histoire de son cheval Marengo
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Une nouvelle vie pour le cheval gris de Napoléon

 

© National Army Museum.

Le squelette du cheval Marengo, cheval arabe baptisé d’après la victoire française à Marengo en 1800 et abandonné par Napoléon lors de la bataille de Waterloo en 1815, va bénéficier d’un travail de conservation et d’un nouvel assemblage en vue de son exposition au National Army Museum à Londres pour sa réouverture au printemps prochain, ont rapporté lundi The Guardian et la VRT.

© National Army Museum.

« L’une des raisons principales pour remonter le squelette est de faire ressembler le pauvre Marengo un peu plus à un cheval. La tête baissée et la position rigide des pattes le faisaient plus ressembler à une mule », explique Sophie Stathie, curatrice citée lundi par le Guardian. « C’était un animal remarquable et il mérite un meilleur sort », a-t-elle ajouté.

Le cheval, mort en 1831, a initialement été remonté -tant bien que mal- au London Hospital par un certain Willmott, à en croire une petite plaque en argent sur l’un de ses os.

Dans sa nouvelle posture, Marengo trouvera sa place parmi d’autres reliques de Waterloo, comme des armes et des uniformes.

 

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Le Saviez-Vous ► Une collection d’anciennes illustrations médicales


Les anciennes images médicales, un petit côté glauque, alors que la botanique et les animaux semblent un peu irréels
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Une collection d’anciennes illustrations médicales

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Squelettes de foetus – RUYSCH, Fredrik (1638-1731)

La Hagströmer Medico-Historical Library fondée en Suède pour préserver des ouvrages anciens sur l’histoire de la médecine a sur son site toute une collection de vieilles illustrations médicales, biologiques et naturalistes plus fantastiques les unes que les autres.

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Enfant louchant avec une capuche de correction – Bartisch, Georg (c. 1535-1606)

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Cellules nerveuses – GOLGI, Camillo (1843-1926)

 

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Naissance – SIEGEMUNDIN, Justine (1650-1705)

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Anémones de mer – AECKEL, Ernst (1834-1919)

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Magazine pour les amoureux des fleurs – PFEIFFER, August (1777-1842)

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BOURGERY, Jean-Baptiste (1797-1849)

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Chenille – LEDERMÜLLER, Martin Frobenius (1719-1769)

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Cellules nerveuses – RAMÓN Y CAJAL, Santiago (1852-1934)

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BARTISCH, Georg (c. 1535-1606)

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Microscope – LEDERMÜLLER, Martin Frobenius (1719-1769)

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Lymphe et vaisseaux sanguins dans la peau humaine – RETZIUS, Gustaf (1842–1919) & KEY, Axel (1832–1901)

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Soldat blessé – OTIS, George Alexander (1830-1881)

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Examen obstétrique – MAYGRIER, Jacques Pierre (1771-1835)

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Nausée

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ROQUES, Joseph (1771-1850)

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RUETE, Christian Georg Theodor (1810-1867)

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Georg Constantin d’Albanie – BÄRENSPRUNG, Friedrich Wilhelm Felix von (1822-1864) & HEBRA, Ferdinand von (1816-1880)

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Batraciens – HAECKEL, Ernst (1834-1919)

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Des couches de cellules dans l’embryon – HAECKEL, Ernst (1834-1919)

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Garçon avec éléphantiasis – ALIBERT, Jean Louis (1768–1837)

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Colibris – HAECKEL, Ernst (1834-1919)

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Ephélide Lentiforme – ALIBERT, Jean Louis (1766–1837)

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Muscles – BERRETTINI, Pietro da (1596-1669)

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Main mécanique artificielle – PARÉ, Ambroise (1510-1590)

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Plique multiforme – Jean Louis (1766–1837)

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Maladie mentale – ESQUIROL, Jean-Etienne-Dominique (1772-1840)

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Rhinoceros – GESNER, Konrad (1516-1565)

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Muscles – SPIEGEL, Adriaan van de (1578-1625)

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Squelette – ESTIENNE, Charles (1504–1564) & RIVIÈRE, Estienne de la (d. 1569)

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Choléra – BAUMGÄRTNER, Karl Heinrich (1798-1886)

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« Cupping »

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Des dizaines de squelettes menottés retrouvés à Athènes


L’histoire change-t-elle vraiment ? Dans le passé aussi, il y avait des exécutions en masse. Ce fut la découverte à Athènes en Grèce d’une nécropole de plusieurs squelettes enchaînés
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Des dizaines de squelettes menottés retrouvés à Athènes

 

 

Des archéologues grecs tentent de résoudre le mystère entourant la découverte récente de 80 squelettes, les poignets menottés par des chaînes en fer, certains alignés les uns derrière les autres, dans une fosse commune à Athènes.

REUTERS

D’après les archéologues, il s’agirait de gens ayant été victimes d’une exécution de masse. Mais les scientifiques cherchent toujours à savoir qui sont ces personnes assassinées, comment elles ont pu arriver dans la fosse commune et pourquoi elles ont été enterrées avec une certaine marque de respect.

La nécropole de Falyron Delta, où se trouvent les 80 squelettes, a été découverte pendant la construction d’un opéra et d’une bibliothèque entre le centre-ville d’Athènes et le port du Pirée. Elle daterait d’une période comprise entre le 8e et le 5e siècle avant Jésus-Christ.

Certains squelettes sont alignés, en partie recouverts de sable; d’autres sont empilés les uns sur les autres, bras et jambes emmêlés, mâchoires ouvertes. Nombre d’entre eux ont les bras au-dessus de leur tête.

« Ils ont été exécutés, tous de la même manière. Mais ils ont été enterrés avec respect », explique la Dre Stella Chryssoulaki, qui dirige les recherches, lors d’une visite du site archéologique. « Ils ont tous les mains attachées par des menottes et la plupart d’entre eux sont très, très jeunes et étaient en très bonne santé quand ils ont été exécutés », ajoute-t-elle.

Les squelettes découverts à Athènes.

Les squelettes découverts à Athènes.   PHOTO : ALKIS KONSTANTINIDIS / REUTER

Un coup d’État

Les scientifiques espèrent que les analyses d’ADN révéleront les causes exactes de la mort de ces gens, qui fut manifestement violente.

La disposition ordonnée des corps suggère que les victimes étaient plus que des esclaves ou de simples criminels de droit commun.

Selon l’hypothèse la plus probable, il s’agirait de partisans de Cylon, un noble Athénien et champion olympique, qui a tenté de mener un coup d’État à Athènes en 632 avant Jésus-Christ, avec l’aide de son beau-père, le tyran de Mégare.

Le putsch a échoué. Cylon a réussi à se cacher dans un temple de l’Acropole avant de s’enfuir, mais ses partisans ont tous été tués.

« C’est une période de grande violence pour la société athénienne, une période où les aristocrates, les nobles se battent entre eux pour le pouvoir », rappelle Stella Chryssoulaki.

Le cimetière contient au total 1500 corps, dont ceux de nourrissons, enterrés dans des pots en céramique, ou d’autres d’adultes, brûlés sur des bûchers ou enterrés dans des cercueils en pierre

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Teotihuacan : la femme au sourire de jade Par Bernadette Arnaud


Vous imaginez se faire enlever une dent pour mettre une pierre de jade, et creuser d’autres dents pour y déposer sur la façade d’autres pierres il y a 16 mille ans. Brrrr, cela fait froid dans le dos.
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Teotihuacan : la femme au sourire de jade

 

Crâne d'une femme ayant vécu il y a 1600 ans, découvert dans le quartier des "communautés étrangères" de la cité de Teotihuacan (Mexique), présentant des incrustations dentaires. Crédit: INAH / Aldo Diaz Avelar

Crâne d’une femme ayant vécu il y a 1600 ans, découvert dans le quartier des « communautés étrangères » de la cité de Teotihuacan (Mexique), présentant des incrustations dentaires. Crédit: INAH / Aldo Diaz Avelar

Par Bernadette Arnaud

Un squelette découvert dans les ruines de Teotihuacan, au Mexique, révèle des pratiques de mutilations dentaires.

Teotihuacan, la cosmopolite… L’examen de la dépouille d’une femme vivant il y a 1600 ans dans cette cité préhispanique*, alors la plus grande métropole du Nouveau Monde (aujourd’hui au Mexique), a révélé des pratiques empruntées à des cultures situées plus au sud : un crâne déformé et des dents serties de pierres fines polies. Selon Jorge Archer Velasco, un des archéologues de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (INAH) impliqué dans cette étude présentée en juillet 2016,

le crâne de la « Dame de Tlailotlacan », – du nom du lieu où elle a été dégagée -, a « été allongé par compression très forte », une technique de déformation artificielle inconnue à Teotihuacan mais qui était courante dans l’aire Maya du sud-est du Mexique et en Amérique centrale. La sépulture, exhumée en 2014, se trouvait d’ailleurs à l’extrémité ouest de l’antique « cité des dieux » (son nom nahuatl), dans l’ancien secteur de « Tlailotlacan », celui « des gens des pays lointains ».

Une prothèse en pierre verte de jadéite à la place d’une dent inférieure

« Les fouilles archéologiques entreprises dès 2008 à Teotihuacan ont permis d’étudier les processus d’intégration des populations étrangères. Elles sont la manifestation du caractère cosmopolite qu’avait cette cité qui a  dû accueillir des populations d’origines variées, comme l’indiquent les découvertes d’enterrements de prestige, telles que la Dame de Tlailotlacan », ajoute Veronica Ortega, à l’origine du projet. Teotihuacan a en effet constitué un grand centre d’attraction pour différentes communautés attirées par le développement économique de la ville, ses échanges de biens et la construction de ses grands sanctuaires. 

Détail des incrustations dentaires de pyrite de fer et de jadéite Crédit : INAH/Aldo Diaz Avelar

La présence de pierres rondes de pyrite de fer incrustées dans les dents supérieures, ainsi qu’une prothèse en pierre verte de jadéite à la place d’une dent inférieure, sont en effet la preuve caractéristique de l’origine étrangère de cette femme. Chez certains peuples mésoaméricains, à l’instar des anciens Mayas de la région du Petén et du Belize, les dents pouvaient en effet être décorées de jade, de turquoise, de serpentine, ou d’hématite. Pour perforer la face vestibulaire des dents et y creuser les petites cavités cylindriques destinées à recevoir ces ornements, les « dentistes » de l’époque utilisaient une pierre dure, l’obsidienne, et du quartz en poudre comme abrasif. La pierre était ensuite fixée sur la dent à l’aide de résines naturelles. Si l’on en croit les recherches effectuées sur ces pratiques, les dents étaient percées sans que la pulpe ne soit touchée…

Teotihuacan a été le plus vaste centre urbain de Mésoamérique

Pour Stephen Houston, professeur d’archéologie à l’Université Brown, à Providence dans l’Etat de Rhodes-Island (Etats-Unis), ces parures dentaires avaient pour vocation de purifier le souffle et permettre l’expression de paroles élégantes. La bouche affichant le statut social, les dents remaniées étaient toujours disposées sur les parties visibles de la mâchoire. Les pierres auraient eu des vertus magiques et étaient censées assurer une protection divine à l’individu. D’autres types de mutilations dentaires étaient également pratiqués, parmi lesquelles le limage des dents en pointe ou le laquage et la teinture faite à l’aide de bitume ou d’extraits de cochenille. Ces pratiques auraient disparu peu après l’arrivée des Espagnols au 16e siècle.

L’analyse des pierres d’incrustation devrait être prochainement réalisée, pour tenter d’en connaître la provenance.

http://www.sciencesetavenir.fr/