«SPOTTED STM» Souriez, vous êtes photographié!


Ce n’est pas juste les écoles qui font usage des spotted, le métro de Montréal aussi … et il semble que nous soyons loin de l’origine de ce projet. Les gens préfèrent sous l’anonymat rire des autres. Je crois que cette mode ne devrait pas être sur le web, car c’est la grande porte pour l’intimidation
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«SPOTTED STM» Souriez, vous êtes photographié!

 

PHOTO CYNTHIA LAFLAMME / AGENCE QMI

EWAN SAUVES / AGENCE QMI

Usagers du métro de Montréal, méfiance : sans le savoir, vous pourriez être en ce moment même la risée du Web sur le réseau social Facebook.

Plus de 26 000 mentions «J’aime», des centaines de messages envoyés quotidiennement, des commentaires par milliers : il n’y a pas de doute, le phénomène «Spotted» s’est emparé de la Société de transport de Montréal (STM).

Véritable succès sur Facebook, Spotted: STM invite les personnes se déplaçant par métro et par autobus à transmettre, incognito, un mot d’amour à celui ou celle qui a fait battre leur cœur, l’instant d’un regard.

Pourtant, la page semble avoir changé de vocation. Depuis quelques semaines, on y retrouve des photos par dizaines, mettant en vedette les utilisateurs du métro dans des situations cocasses. Sur de nombreuses images, il est même possible de voir le visage de la personne.

«Quand on publie des photos, il faut nécessairement avoir l’autorisation des personnes, a indiqué Pierre Trudel, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal et expert en droit des technologies de l’information. La seule exception est s’il s’agit d’un évènement d’intérêt public, par exemple un accident ou une manifestation, puisque les gens s’attendent à être vus.»

M. Trudel a rappelé l’affaire du photographe Gilbert Duclos qui, en 1988, avait pris le cliché d’une jeune femme publiée dans la revue Vice-Versa. Dix ans plus tard, la Cour suprême du Canada avait tranché : il est illégal de faire paraître l’image de quelqu’un sans son consentement.

Selon le professeur de droit, les usagers qui se retrouvent sans le vouloir sur la Toile ont la possibilité de se rendre devant les tribunaux. «C’est un risque possible.»

Intimidation virtuelle

Le journal 24 h est entré en contact avec l’administrateur de la page Spotted: STM. Celui-ci, qui a préféré garder l’anonymat, a admis qu’il s’agit d’un sujet délicat.

«Des milliers d’internautes regardent ces photos, alors je dois faire attention à ce que je publie, a-t-il expliqué. Quand je tombe sur une photo qui expose la face d’une personne, je me sens obligé de la censurer.»

Tous les portraits sont envoyés par des internautes, a-t-il précisé, mais il se réserve le droit de mettre en ligne ceux qui sont «intéressants» et non «insultants».

Pour le patrouilleur du net et l’expert des réseaux sociaux, Dominic Arpin, cette page Facebook peut facilement mener à l’intimidation, un fléau 2.0 de plus en plus grandissant.

«Ça se fait en plus dans l’anonymat le plus total, donc il n’y a pas de conséquences, a déploré Dominic Arpin. C’est un des travers des médias sociaux et ça prend cette tournure-là à cause de la nature humaine, qui est propice à ridiculiser les plus faibles.»

La STM a réagi, en expliquant simplement qu’elle n’était pas responsable de défendre les droits civils de ses clients.

«Le réseau du métro est un lieu public où il y a plein de monde et c’est la responsabilité de chacun de s’assurer de faire respecter ses droits», a mentionné la porte-parole de la STM, Isabelle Tremblay.

http://www.journaldemontreal.com

Phénomène Facebook à l’école: du mot doux à l’intimidation


Les Spotteds, sont des pages Facebook d’une école, secondaire, Cegep ou Université dont des messages dont des personnes anonymes passent des messages .. dont la plupart ont des propos inoffensifs mais quelques peu enfantin mais d’autres peuvent être carrément blessant et intimidant .. Je pense que la direction des écoles font devoir regarder d’un peu plus près les commentaires pour éviter les débordements .. sauf que l’anonymat apportent quelques problèmes pour mieux réagir
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Phénomène Facebook à l’école: du mot doux à l’intimidation

 

Les pages Spotted ont été créées pour déclarer... (Image tirée de Facebook)

Les pages Spotted ont été créées pour déclarer anonymement et humoristiquement sa flamme à un ou une inconnue de son école, mais les pratiques dérivent parfois vers l’insulte, voire l’intimidation. Le personnel des écoles est aussi touché.

IMAGE TIRÉE DE FACEBOOK

OLIVIER PARENT

Le Soleil

(Québec) Un nouveau phénomène né sur Facebook frappe les écoles du Québec : les pages «Spotted». Elles se veulent un moyen humoristique – et anonyme – de déclarer sa flamme à un inconnu, mais deviennent parfois un terreau pour la cyberintimidation et les propos disgracieux. La Fédération des cégeps s’y est même préparée.

De Montréal à Québec, en passant par Saguenay et l’Abitibi, les pages Spotted pullulent depuis quelques semaines, voire quelques jours. Le but : inviter les gens fréquentant un lieu, le plus souvent une institution scolaire, à soumettre leurs mots doux à un inconnu qu’ils ont croisé dans l’espoir qu’il se reconnaisse, et ce, de manière anonyme. L’administrateur de la page – que l’on soupçonne être un étudiant – publie les déclarations qui lui plaisent, en agissant lui aussi sous le couvert de l’anonymat.

Le phénomène Spotted aurait été créé à la fin 2012 par des étudiants britanniques qui voulaient se divertir pendant l’étude de leurs examens.

Au Québec, les cégeps et les universités sont les plus représentés lorsqu’on tape «Spotted» dans le moteur de recherche de Facebook. Les écoles secondaires commencent à se frayer un chemin, notamment au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Si la majorité des pages Spotted respectent la prémisse du «jeu», les écarts de conduite sont vite arrivés.

«Message à la fille en avant à droite dans le cours d’anthropo, j’pense que toute la classe est d’accord avec moi, FERME TA CALICE DE GUEULE», peut-on lire sur la page Spotted du Cégep Édouard-Montpetit de Longueuil, où les messages font davantage dans l’attaque personnelle que la déclaration d’amour humoristique.

«Message à un prof d’univers social le lundi : un déo ça s’achète batard!!!!», écrit un contributeur de Spotted : Cégep Garneau. Sur la page du Cégep Limoilou, un étudiant a soumis : «Au prof qui dit « WINK WINK WINK », sérieusement, prend tu de la poudre? [sic]»

Anonymat dévastateur

L’enseignante Chantale Potvin, auteure des Coulisses de l’intimidation, s’inquiète de ces attaques à peine voilées entre élèves et contre les professeurs.

«Il n’y a pas une école pire que l’autre. C’est le concept qui est mal compris. C’est le temps que ça arrête», lance la femme du Lac-Saint-Jean, qui dit avoir vu des collègues être ridiculisés sur ces pages Facebook.

Le spécialiste des médias sociaux Dominic Arpin croit que l’anonymat explique le succès du phénomène Spotted.

«Tu peux maintenant dire tout ce qui te passe par la tête, toutes les observations que tu fais à ton école, tu peux les partager à tous sans être identifié comme la personne qui les a soulevées. J’avais déjà de la misère avec les gens qui se cachent derrière des pseudonymes sur le Web, là, c’est rendu une coche plus loin», regrette l’animateur de VLOG.

Dominic Arpin croit que les dérapages surviennent du moment où l’administrateur de la page Spotted fait preuve de moins de discernement.

«C’est vraiment laissé à la discrétion de l’administrateur. C’est pour ça qu’il y a une grosse différence d’une page à l’autre», souligne-t-il.

Les publications des pages Spotted servent de «bougie d’allumage» aux commentaires des autres étudiants, analyse M. Arpin. «C’est sûr que dans les commentaires, t’es identifié, parce que tu écris en ton nom. Mais ça n’empêche pas les jeunes de se dire leurs quatre vérités.»

Préoccupation

La Fédération des cégeps s’est d’ailleurs préoccupée du phénomène dans les derniers jours. Les responsables des communications de chacun des collègues ont partagé entre eux des conseils pour réagir à la création d’une page Spotted à leur effigie.

«Plusieurs cégeps ont vécu ce phénomène-là», confirme la directrice des communications de la Fédération, Judith Laurier.

Elle indique que certains cégeps ont pris l’initiative d’écrire aux administrateurs de la page Spotted les concernant pour leur rappeler «les règles de bienséance».

«C’est souvent des étudiants qui sont sur ces pages-là, on pense que c’est juste une question de sensibilisation. Une fois qu’ils sont sensibilisés, ils sont en mesure de retirer les propos inappropriés», croit-elle.

Le Cégep de Lévis-Lauzon a adopté cette approche, jeudi, dès l’apparition de la page Spotted à son nom. Le directeur des affaires étudiantes et communautaires a fait parvenir les règlements du Cégep aux administrateurs anonymes. Ceux-ci les ont ensuite partagés aux internautes qui «aiment» leur page.

Les administrateurs ont indiqué au Soleil que l’avertissement du directeur était «le bienvenu», puisqu’ils avaient reçu «de nombreux messages disgracieux» en quelques heures à peine.

«Dans ces cas-là, nous renvoyons une réponse à la personne et nous lui expliquons les raisons pour lesquelles son message n’est pas retransmis sur la page», ajoutent-ils.

«On n’essaie pas de contrôler. Cependant, on a quand même un devoir de protéger les étudiants et le personnel du cégep. Aujourd’hui c’est Spotted, mais demain, ça pourrait être autre chose», fait valoir la responsable des communications du Cégep Lévis-Lauzon, Adèle Poulin-Charron.

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Quelques pages Spotted à Québec

– Université Laval : http://goo.gl/7cvfh (3650 J’aime)

– Cégep de Sainte-Foy : http://goo.gl/H7kwE (2336 J’aime)

– Cégep Garneau : http://goo.gl/YT8Fd (1450 J’aime)

– Cégep de Lévis-Lauzon : http://goo.gl/O2aIu (640 J’aime)

– Cégep Limoilou : http://goo.gl/0Yp2M (575 J’aime)

– Cégep Limoilou-Charlesbourg : http://goo.gl/PqSa1 (325 J’aime)

– École secondaire De Rochebelle : http://goo.gl/Yul7S (150 J’aime)

http://www.lapresse.ca