Pourquoi notre cerveau ne se souvient-il pas de tout, pour toujours?


La mémoire a évolué de façon à emmagasiner des informations et d’en effacer d’autres. Si nous pouvions tout nous rappeler, cela serait un gros problème pour faire le triage. De plus, il y a beaucoup de souvenirs qui reviennent au besoin, quoique souvent déformés par le temps.
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Pourquoi notre cerveau ne se souvient-il pas de tout, pour toujours?

Et cette promenade, tu t'en souviens? | Soragrit Wongsa via Unsplash

Et cette promenade, tu t’en souviens? | Soragrit Wongsa via Unsplash

Quora — Traduit par Iris Engintalay

Il est conçu pour être efficace.


La réponse de Fabian van den Berg, neuropsychologue:

Si nous ne nous souvenons pas de tout de façon permanente, c’est pour éviter d’avoir une armée de petits Hulk dans la tête. En effet, si nous nous souvenions de tout, nous risquerions de devenir fous et de ne rien pouvoir faire.

Voilà ce que je vois presque tous les jours quand je travaille: mon bureau. Tout comme ma salle de bain ou ma cuisine, c’est quelque chose que je vois régulièrement dans le cadre de mon quotidien. Si nous nous souvenions de tout, nos têtes seraient remplies d’informations inutiles. Nous aurions des tonnes de souvenirs identiques de nous au réveil, en train de nous laver les dents, de préparer le petit déjeuner… et tout un tas de petits Hulk qui nous fixeraient pendant que nous travaillons! [Il serait temps que je fasse tourner mes super-héros…]

Notre cerveau a évolué de façon à être particulièrement efficace avec les souvenirs. Mais pas précis. Nous enregistrons les moments importants de certains événements, des choses dont nous pourrions avoir besoin ou qui sortent du lot. Tout ce qui n’est pas important disparaît, ce n’est pas stocké. Pendant la nuit, des vagues d’activité balaient notre cortex, éliminant tout ce qui n’a pas lieu d’être conservé en mémoire. Lorsque j’ai besoin de me souvenir, ces éléments sont restaurés et les trous sont comblés. Je n’ai pas besoin de créer un souvenir de mini Hulk à chaque fois; je peux partir du principe qu’il sera toujours là et l’ajouter à n’importe quel souvenir de mon bureau.

Les blancs sont remplis avec des informations adéquates et suffisamment bonnes. Couleurs, odeurs, plats et parfois des personnes ou des événements entiers sont ensuite ajoutés à nos souvenirs, car il semble logique que ces éléments soient présents, alors même qu’ils ne l’étaient pas au départ. Dans une certaine mesure, nos souvenirs sont ainsi faussés. Plus un souvenir est vieux, plus il est de mauvaise qualité.

Certains systèmes en place nous aident à nous souvenir, tandis que d’autres nous aident à oublier. Des informations importantes aujourd’hui risquent de perdre de leur importance avec le temps. À l’exception de la signification d’ADN, à savoir acide désoxyribonucléique, qui est restée gravée dans ma tête depuis le lycée (eh oui, le système n’est pas parfait). Votre réunion de vendredi est suffisamment importante pour être enregistrée, mais une fois qu’elle sera passée, elle perdra rapidement de sa valeur: son attribut «important» lui sera retiré et l’information s’effacera.

Le cerveau est conçu pour être efficace; tout emmagasiner serait contre-productif. Trop d’éléments de notre quotidien sont sans intérêt pour avoir une quelconque valeur. Si nous nous souvenions de tout, nous nous retrouverions coincé·es dans le passé, à ressasser nos souvenirs et à essayer de faire le tri. Se souvenir des choses importantes et inventer le reste est une bien meilleure façon de faire.

http://www.slate.fr/

Besoin de vous souvenir de quelque chose ? Dessinez-le !


Je trouve que cette méthode de virtualisation d’information à ne pas oublier très intéressante. Le dessin serait même efficace chez les jeunes, mais aussi chez les personnes âgées qui ont des troubles de mémoires liés à l’âge, à la maladie comme la démence, l’Alzheimer.
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Besoin de vous souvenir de quelque chose ? Dessinez-le !

 

image de l'article principal

par Brice Louvet, rédacteur scientifique

Si vous avez besoin de vous souvenir de quelque chose, dessinez-le. C’est du moins la conclusion d’une étude menée auprès de personnes âgées. Les techniques de visualisation impliqueraient en effet davantage de régions cérébrales en lien avec la mémoire.

L’étude ciblait ici les personnes âgées (plus de 80 ans), mais des moins de 20 ans étaient également impliqués. Le résultat est le même : pour se souvenir de quelque chose, il est préférable de le dessiner plutôt que de l’écrire. Une étude qui pourrait permettre de faciliter un peu la vie des personnes souffrant de troubles de la mémoire inhérents à la vieillesse, de la maladie d’Alzheimer ou de démence. Et que ceux qui ne savent pas dessiner se rassurent, pas besoin d’être un artiste pour mettre votre cerveau “de votre côté”. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Current Directions in Psychological Science.

Dessiner pour se souvenir

Dans le cadre de cette étude, des chercheurs de l’Université de Waterloo, au Canada, on fait passer différents tests de mémoire à 48 participants. La moitié était âgée d’environ 20 ans et l’autre moitié d’environ 80 ans. Placé devant une série de mots, chaque participant devait soit les écrire, soit dessiner ce qu’ils représentaient.

La seconde partie du test visait à évaluer le nombre de mots retenus par chaque participant. Entre les deux tests, les volontaires ont été invités à écouter différents sons. L’idée consistait à perturber le processus de mémorisation. Au final, il en est alors ressorti que les mots les plus “retenus” étaient ceux dont les représentations avaient été dessinées. Et ce quel que soit le groupe de participants (jeunes ou plus âgés). Les plus jeunes ont eu tout de même plus de facilités à retenir les mots qui avaient été écrits. Mais pour les plus âgés, c’est clairement le dessin qui fonctionne.

Un moyen d’aider les personnes atteintes de démence

« Dessiner des images est vraiment une tâche simple, et qui peut facilement être mise en œuvre dans la vie quotidienne pour améliorer la mémoire, explique Melissa Meade, principale auteure de l’étude. Par exemple, dessiner une image de certains produits d’épicerie que vous devez acheter plus tard. Ou bien dessiner le repas que vous prévoyez de préparer. Dessiner fera en sorte que ces informations seront mémorisées beaucoup plus longtemps que si elles avaient été écrites. Nous sommes vraiment encouragés par ces résultats, poursuit-elle, et cherchons des moyens de les utiliser pour aider les personnes atteintes de démence, confrontées à un déclin rapide de la mémoire et de la fonction du langage ».

Pourquoi le dessin paraît-il plus efficace ? Pour les chercheurs, le simple fait de dessiner implique plusieurs manières de se représenter une même information : visuelle, spatiale, ou encore verbale. Davantage de régions cérébrales actives dans le stockage de la mémoire seraient donc impliquées, favorisant ainsi nos capacités à nous rappeler de telle ou telle information.

Source

https://sciencepost.fr/

Les hommes et femmes ne se rappellent pas de la douleur de la même manière


On dit que la femme est plus sensible à la douleur, mais en comparaison aux hommes elles ne gardent pas le même souvenir qu’eux. Une chance, sinon, on ne voudrait pas revivre l’accouchement plusieurs fois. Enfin, c’est surtout pour la douleur chronique que cette étude peut-être intéressante pour mieux cibler les traitements.
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Les hommes et femmes ne se rappellent pas de la douleur de la même manière

 

Les hommes et les femmes ne se rappelleraient pas de leur douleur passée de la... (Photo fournie par Getty Images)

PHOTO FOURNIE PAR GETTY IMAGES

 

STÉPHANIE MARIN
La Presse Canadienne
Montréal

Les hommes et les femmes ne se rappelleraient pas de leur douleur passée de la même manière, et l’anticipation de la douleur rend les mâles plus sensibles aux prochaines expériences douloureuses similaires, révèle une récente étude dirigée par des chercheurs basés à Montréal et Toronto.

La raison ? Les hommes se souviennent plus clairement que les femmes de la douleur qu’ils ont ressentie dans le passé.

Ce résultat a été une surprise pour les chercheurs car il est bien connu, disent-ils, que les femmes sont plus sensibles à la douleur que les hommes, et aussi qu’elles sont généralement plus stressées. Bref, de voir que les hommes réagissaient plus dans le cadre de l’étude a été une découverte étonnante pour eux.

Ces travaux ont été réalisés alors que les scientifiques croient de plus en plus que l’un des facteurs importants de la douleur chronique semble être le souvenir de la douleur antérieure.

L’équipe menée par des chercheurs de l’Université McGill à Montréal et de l’Université de Toronto a publié ses résultats jeudi dans la revue scientifique Current Biology.

Leur étude, menée sur des humains et des souris, suggère qu’il y aurait des variations, basées sur le sexe, de la façon dont l’on se souvient de la douleur.

Parce que les hommes se souvenaient plus de leur douleur passée, ils étaient plus stressés dans le cadre de l’étude, et hypersensibles à la douleur subséquente causée au même endroit où elle avait été ressentie la première fois. Les femmes – et les souris femelles – ne semblaient pas stressées par leurs expériences antérieures de douleur, a expliqué en entrevue téléphonique Jeffrey Mogil, professeur au département de psychologie de l’Université McGill et l’un des auteurs de la recherche.

Mais pour l’instant leurs découvertes sont limitées à un contexte où une douleur subséquente a été appliquée au même endroit que la première, dans un laps de temps relativement court. On ne parle donc pas d’une cheville cassée et d’un coup de poing au visage le mois suivant: il faudra plus de recherches pour extrapoler les résultats de cette façon.

Quant à l’intérêt de cette recherche, les chercheurs estiment que les résultats obtenus pourraient éventuellement aider à développer des traitements pour la douleur chronique, qui afflige de très nombreuses personnes. De plus, le fait de confirmer qu’il y a une autre différence entre les hommes et les femmes sur la façon de ressentir la douleur permettra de mieux cibler les soins à leur offrir.

https://www.lapresse.ca/

Le Saviez-Vous ► 7 catégories de tourisme noir


Peut-être vous êtes de ceux que les vacances ne riment pas avec plage. Le tourisme pour vous seraient plus relié à l’histoire. Il y a des sites à visiter qui donne des leçons à l’humanité, alors que d’autres, c’est carrément pour l’argent et non vraiment pour la cause. Tous ces lieux doivent  être marqué de  notre respect, des gens y vécut.
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7 catégories de tourisme noir

 

Voici sept endroits qui aident à saisir les différents types de tourisme noir.

Sites commémoratifs

Comme à Hiroshima, à Auschwitz ou à New York, ce sont des endroits où on met l’accent sur la mémoire des victimes, où leur histoire est honorée. Ce sont eux qui nous enseignent les leçons.

Catastrophes naturelles

Comme à Armero, à Pompéi ou à Fukushima (Colombie, Italie, Japon). Ces trois endroits ont subi les foudres de dame Nature et on y a préservé d’une quelconque façon les ruines et les souvenirs.

Mausolées

Ce sont des endroits liés directement aux rituels entourant la mort, avec des éléments solennels, comme les cimetières, ou d’autres qui présentent la mort sans fioritures, comme les Catacombes de Paris (où l’on retrouve plus de 6 millions de squelettes).

Champs de bataille

Des lieux de batailles sanglantes qui ont changé le cours de l’histoire et fauché la vie de milliers de soldats, comme à Gettysburg et à Waterloo. Plusieurs de ces sites reconstituent les batailles annuellement, comme c’est le cas pour se remémorer la Guerre civile américaine.

Génocides

Du musée commémoratif de Kigali, qui rappelle le génocide du Rwanda de 1994 et ses victimes, aux champs de la mort du Cambodge. Les sites de torture sont aussi englobés dans cette catégorie.

Scènes de meurtres

Du bâtiment Dakota, où John Lennon a été assassiné, à l’East End Street de Londres, où Jack l’éventreur a commis plusieurs de ses crimes.

Prisons

Des sites les plus impénétrables, comme Alcatraz, jusqu’aux plus macabres et anciens, comme les cellules sombres et humides de Castillo de San Felipe, à Carthagène, en Colombie.

 

Par Luz Lancheros

Metro World News

http://journalmetro.com

Le Saviez-Vous ► 6 règles d’or pour que votre cerveau continue de fabriquer de nouveaux neurones


Vieillir ne veut pas dire que notre cerveau devient de plus en plus vieux. Même avec l’âge, le cerveau continu à produire des neurones. Il y a quand même des conditions qu’il faut respecter surtout à notre époque alors que sédentarité, la malbouffe, l’inondation d’informations etc, sont des obstacles à la prolifération de neurones.
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6 règles d’or pour que votre cerveau continue de fabriquer de nouveaux neurones

 

Cerveau : 6 règles d'or pour continuer à fabriquer des neurones

Représentation d’un neurone sur fond noir.

© SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Par Stéphane Desmichelle

Saviez-vous que, à n’importe quel âge, votre cerveau a le pouvoir de fabriquer en permanence de nouveaux neurones ? A condition de respecter quelques principes.

La production de nouveaux neurones ne s’arrête jamais. Des chercheurs ont observé que dans une région du cerveau impliquée dans la formation des souvenirs et la gestion des émotions – l’hippocampe -, les anciens neurones étaient remplacés par d’autres, fraîchement produits à partir de cellules souches. Et chacun de nous aurait ce potentiel, quel que soit notre âge. Rassurant. Sauf que, d’après le Pr Pierre-Marie Lledo, lors de la deuxième édition du colloque S3 Odéon, les expériences chez les souris ont montré que cette capacité pouvait diminuer, voire même disparaître (en cas de stress) selon l’environnement. Au contraire, dans un environnement adapté, la neurogenèse chez les rongeurs a été multipliée par trois en quelques semaines. Le directeur du département de neurosciences à l’institut Pasteur nous livre six principes à respecter pour conserver un cerveau jeune jusqu’à la fin de ses jours.

1. Fuir la routine

Le cerveau se nourrit du changement. En effet, la stimulation provoquée par le changement entraîne les cellules souches à produire de nouveaux neurones.

Il faut, selon Pierre-Marie Lledo, fuir la routine, « respecter la libido sciendi, c’est-à-dire la soif de comprendre et d’apprendre ».

2. Lutter contre l’infobésité

Le cerveau est malléable et l’information invite directement les circuits à se régénérer. En revanche, la question à se poser est : quelle information ? L’écosystème numérique dans lequel nous vivons entraîne une avalanche d’informations certes… Trop selon le médecin.

« L’information qui nous fait juste savoir est absolument délétère, et n’incite pas le cerveau à produire de nouveaux neurones. Bien au contraire, ce dernier, bombardé d’informations, est alors condamné à l’anxiété ».

Concrètement, il est indispensable de trier cette information : choisir l’utile, celle qui nous fait comprendre, et se débarrasser de la futile, celle qui nous fait juste savoir.

3. Bannir anxiolytiques et somnifères

L’objectif des anxiolytiques et des somnifères est d’empêcher le cerveau, celui qui cherche à comprendre, de fonctionner. Leur consommation permet de mettre le cerveau en « marche automatique ». Leur utilisation chronique est donc une entrave à la production de nouveaux neurones.

4. Bouger !

« Il nous faut lutter contre la sédentarité car la science nous dit que, en cas d’activité physique, les muscles produisent des susbtances chimiques (nommés facteurs trophiques) qui, par voie sanguine, viendront agir sur le cerveau et particulièrement sur la niche de cellules souches », explique le Pr Lledo.

Il existe donc une corrélation directe entre activité musculaire et production de nouveaux neurones. 

5. Cultiver l’altérité

Certaines parties de notre cerveau, que nous ne pouvons pas contrôler, ne sont engagées que lorsque ne nous sommes exposé à autrui.

 « C’est ce qu’on appelle globalement le cerveau social, ajoute le médecin. Plus vous allez cultiver votre altérité, et plus vous allez soigner votre cerveau car il sera enclin à produire plus de nouveaux neurones ».

6. Soigner le microbiote

Très récemment, les neurosciences, associées avec la microbiologie, ont montré qu’il y a une flore intestinale qui communique en permanence avec notre cerveau. Notre régime alimentaire a donc un rôle important : la consommation de fibres, un régime varié, incitent à la prolifération de certaines espèces bactériennes concourant justement à la prolifération de neurones. A l’inverse, une nourriture peu variée, riche en sucres, en graisses, favorise la prolifération d’espèces bactériennes qui ne permettront plus aux cellules de produire de nouveaux neurones, quel que soit l’âge.

Et le Pr Lledo de conclure sur une maxime de Goethe : « Traiter les gens comme s’ils étaient ce qu’ils devraient être et vous les aiderez à devenir ce qu’ils peuvent être ».

A méditer…

https://www.sciencesetavenir.fr

Prendre des photos avec nos Smartphones change notre façon de se souvenir


Nos souvenirs sont faits images, d’émotions, de sensation face à un environnement. D’après des études sur la mémoire, la photo numérique nuirait à notre mémoire par l’absence des émotions et de l’environnement.
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Prendre des photos avec nos Smartphones change notre façon de se souvenir

 

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Time is an illusion | Michelle Robinson via Flickr CC License by

Repéré sur Vox

Repéré par Aurélie Rodrigues

Des chercheurs américains ont montré les conséquences des smartphones sur notre mémoire.

Une étude réalisée par Jason Chan, professeur en psychologie à l’université d’État de l’Iowa, montre que nos souvenirs sont comme des documents Word: nous pouvons les éditer, les réécrire ou même les supprimer. Mais aujourd’hui, l’utilisation de nos smartphones pour documenter nos vies ne serait pas sans conséquences sur notre mémoire.

Brian Resnick, journaliste scientifique à Vox, s’est penché sur la question. Pour se forger un souvenir durable, il faut prêter attention. Notre cerveau sera alors en mesure de capter tous les détails environnants: l’odeur d’un parfum, la caresse du vent sur notre peau ou encore la couleur flamboyante des feuilles en automne.

On prête moins attention au monde qui nous entoure

Une étude qui sera publiée en mai prochain dans la revue scientifique Journal of Experiment Social Psychology a voulu tester les conséquences du manque d’attention sur la mémoire. Les participants avaient pour mission de visiter le Stanford Memorial Church, une église située en plein coeur de l’université de Stanford en Californie. Certains d’entre eux devaient prendre des photos lors de la visite.

Une semaine plus tard, les participants ont été invités à répondre à un quiz. Résultat, les personnes chargées de prendre des photos ont obtenu un score inférieur: un peu moins de six réponses correctes sur dix contre sept pour les autres.

Emma Templeton, chercheuse en psychologie à l’université de Dartmouth et co-autrice de l’étude, explique que «les smartphones sont des distractions qui empêchent de prêter complètement attention au monde qui nous entoure».

Les auteurs de l’étude soupçonnent que le fait de prendre des photos n’est pas la seule emprise sur nos souvenirs. Par exemple, tweeter pendant un évènement, envoyer des textos ou prendre des notes peut aussi provoquer des trous de mémoires.

On se souvient en adoptant une perspective extérieure

Une autre étude rapportée par Vox montre toutefois que photographier améliore la mémoire visuelle. Cependant, les autres sens sont souvent laissés de côté. En conséquence, nos souvenirs ont tendance à être mono-sensoriels.

Faites le test: essayez de vous rappeler de la dernière photo que vous avez postée sur Instagram ou Facebook. Vous aurez tendance à la visualiser comme si vous étiez extérieur à la scène. Alixandra Barasch, experte en sciences cognitives, explique que c’est une conséquence directe du partage de nos images sur les réseaux sociaux.

«Cette perspective influe aussi sur notre façon de ressentir le souvenir en question. Les émotions associées sont souvent oubliées», précise-t-elle.

Emma Templeton souligne que les recherches sur l’influence des smartphones sur nos fonctions cognitives ne font que commencer –notamment à cause du fait que la technologie et notre façon de l’utiliser évoluent constamment.

http://www.slate.fr/