Le Saviez-Vous ► La Roumanie, paradis des sorcières


La Roumanie est le seul pays à reconnaître officiellement la profession de sorcière en Europe. Faut dire que le fisc s’en est mêlé pour qu’elles puissent payer leurs impôts et taxes. L’Église orthodoxe n’arrive pas a interdire ce genre de pratique et cela va même jusqu’à inclure certaines pratiques pour éviter que les prêtres soient chassé du patelin
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La Roumanie, paradis des sorcières

 

Bucarest, Bratara Buzea (au centre) invoque les forces du mal. Le but? Débarrasser une épouse délaissée de la rivale qui convoite son mari.

GEORGE POPESCU/EST&OST POUR L’EXPRESS

De notre envoyé spécial Charles Haquet, avec Iulia Badea-Guéritée,

Ici, on ne les brûle plus, on les adule. Jeteuses de sorts, désenvoûteuses ou liseuses d’avenir ont pignon sur rue en Roumanie. Quand toute une tradition de croyances populaires se transforme en business florissant.

Et soudain, la vieille sorcière brandit son balai enflammé vers la voûte céleste en invoquant les forces du mal.

« Que cette créature connaisse les tourments éternels et que son âme pourrisse en enfer! » crie-t-elle, tandis que des braises incandescentes retombent en pluie sur elle.

Cette scène n’a pas lieu à Salem ou au pays d’Oz, mais à Bucarest. 

Depuis plus de trente ans, Bratara Buzea reçoit dans son coquet pavillon des amoureux transis, des conjoints en quête de vengeance ou des politiciens ambitieux. Elle jette des sorts, prononce des malédictions et libère les âmes ensorcelées. Ce soir, une épouse délaissée est venue lui demander de chasser la rivale qui convoite son mari. 

Tout à l’heure, Bratara se rendra à la rivière pour y capturer une libellule, qu’elle placera dans un pot de miel. L’insecte, englué, sera neutralisé… comme l’indésirable. Hier, c’était un vieil homme atteint d’épilepsie. Comme remède, Bratara lui a prescrit neuf grains de poivre, des brins de cerfeuil et un coeur de pigeon « à manger palpitant, un soir de pleine lune ». 

Le sujet pourrait prêter à rire, mais ici, en Roumanie, l’affaire est sérieuse. A Bucarest, 4 habitants sur 10 consultent une sorcière « de façon régulière ou occasionnelle », selon une enquête menée l’an dernier par Vintila Mihailescu, directeur du laboratoire de sociologie à l’Ecole nationale d’études politiques et administratives.

 « Ce chiffre, très élevé, s’explique par la montée du sentiment d’insécurité lié à la crise économique, analyse cet anthropologue. Même dans les milieux aisés, les Roumains ont peur de l’avenir, alors ils vont voir des sorcières pour se rassurer. »

200000 euros pour briser le sortilège jeté par sa belle-mère

Bien sûr, personne ne l’avoue. On ne peut quand même pas reconnaître que l’on croit à ces fadaises. Rien qu’à Bucarest, pourtant, des centaines de « praticiennes », souvent d’origine gitane, offrent leurs services occultes avec un sens consommé du marketing. Site Internet, page Facebook, tarifs dégressifs: « Sorcières Inc. » se porte bien. 

Pays très croyant, la Roumanie compte 18000 églises, soit quatre fois plus que d'écoles. Et pourtant, la sorcellerie y prospère.

Pays très croyant, la Roumanie compte 18000 églises, soit quatre fois plus que d’écoles. Et pourtant, la sorcellerie y prospère.

GEORGE POPESCU/EST&OST POUR L’EXPRESS

Et si la plupart se contentent, contre quelques euros, de lire l’avenir dans des cartes de tarot, d’autres s’enrichissent en se constituant une clientèle haut de gamme. Oana Zavoranu en sait quelque chose. Cette star roumaine du petit écran aurait versé plus de 200000 euros à une « désenvoûteuse », à la fin de 2011, afin de briser le sort que lui aurait jeté sa belle-mère. Mais que peut la magie contre une belle-mère? Déçue des piètres résultats, Oana Zavoranu a voulu se faire rembourser. En vain. Portée devant les tribunaux, l’histoire a fait les gros titres des journaux à sensation. Elle a aussi attiré l’attention du fisc. Pourquoi les sorcières ne paient-elles pas de taxes? Pour cela, il fallait leur donner un statut. C’est chose faite. 

Depuis janvier 2012, les sorcières figurent au Classeur des occupations de Roumanie, rubrique 516 – Services à la personne -, sous l’intitulé « Travailleurs décrivant le passé et prévoyant les événements futurs ». Aujourd’hui, la Roumanie est certainement le seul pays d’Europe à reconnaître officiellement la profession de sorcière.

« Il n’y a pas de quoi être fier, soupire Nicola Filis, professeur de mathématiques dans une petite bourgade, près de Bucarest. Ces croyances ridicules donnent une mauvaise image de notre pays. Dommage que Descartes ne soit pas né chez nous… » 

 Mama Atena 66 ans, a reçu le don de sa grand-mère.

Mama Atena 66 ans, a reçu le don de sa grand-mère.

GEORGE POPESCU/EST&OST POUR L’EXPRESS

Le philosophe aurait eu fort à faire. En Roumanie, on ne badine pas avec les croyances. Pleurer durant la nuit du Nouvel An porte malheur… sauf si l’on a enfilé une culotte rouge. Une montre qui s’arrête après minuit annonce une mort prochaine. Quelques brins de romarin sous l’oreiller et l’on verra, en rêve, à quoi ressemble son futur conjoint. Mieux vaut enfin éviter de laver sa vaisselle à la Saint-Jean, sous peine d’attirer le deochi – le mauvais oeil. La terreur des Roumains. En 2009, le politicien Mircea Geoana, en course pour la présidence, s’était plaint d’avoir reçu des « attaques d’énergie négative » durant le débat télévisé qui l’opposait à son rival, Traian Basescu. Le deochi, forcément.

Pour 35 euros, Rodica Gheorghe l’éloigne définitivement. « Résultat infaillible », assure-t-elle. N’a-t-elle pas fini troisième au Concours international des sorcières, qui s’est tenu à Kiev, à la fin de 2011?

« Et cela, parmi 270 participants, et 12 finalistes venant d’Azerbaïdjan, du Zimbabwe ou de Russie », s’enorgueillit-elle.

Dans son bureau, des bougies allumées, un crâne humain et… un coffre-fort, encastré dans un mur vert amande.

« Voici ma mère, ajoute-t-elle, en montrant une photo en noir et blanc. Elle était la sorcière personnelle d’Elena Ceausescu, la femme du dictateur. » 

« Le don ne s’apprend pas dans les livres, il se transmet par les rêves »

 

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les communistes n’ont pas fait de chasse aux sorcières.

« Je n’ai jamais eu de problèmes avec eux, témoigne Mama Atena. Je recevais souvent des cadres du Parti. »

Vêtue d’une longue jupe festonnée de fils d’or et d’un tee-shirt barré des mots Frightening Nights, cette sorcière de 66 ans officie depuis plus d’un demi-siècle dans la ville de Maracineni, à une centaine de kilomètres au nord-est de Bucarest. 

La fille de Mama Bratara, Mihaela, a ouvert une page Facebook

La fille de Mama Bratara, Mihaela, a ouvert une page Facebook

GEORGE POPESCU/EST&OST POUR L’EXPRESS

« Je ne sais ni lire ni écrire, mais je n’en ai jamais eu besoin, dit-elle d’une voix forte. Ce don ne s’apprend pas dans les livres, il se transmet par les rêves. C’est comme ça que je l’ai reçu de ma grand-mère, avant qu’elle meure. »

Pour ramener les maris volages au bercail ou chasser le spleen, Mama Atena fait chauffer du métal à souder, elle le jette dans un bol d’eau, puis elle interprète la forme qu’il prend en se figeant.

Quand on lui demande si elle n’abuse pas de la crédulité de ses clients, elle roule des yeux terribles en dévoilant ses dents en or:

« Le médecin fait payer ses patients avant leur guérison, dit-elle. Moi, je ne demande de l’argent que lorsque le problème est résolu. »

Cette parade fait sourire Laurentiu, l’un de ses voisins.

« Elles tiennent toutes le même discours: elles ne veulent rien, mais il faut sans arrêt leur faire des cadeaux pour conjurer le mauvais sort. » 

Et si, vraiment, un client lui demande des comptes? Mama Atena montre le crucifix accroché au-dessus de sa tête:

« Je n’agis qu’avec l’aide de Dieu, c’est lui qui parle par ma bouche. »

Prêtre à l’église Udricani, à Bucarest, Constantin Patuleanu cache mal son agacement:

« Pour attirer les fidèles, les sorcières n’hésitent pas à invoquer Dieu et à s’approprier des objets de culte, dit-il. L’Eglise interdit formellement ces pratiques, mais elle n’a pas les moyens de les empêcher. »

Au-dessus de lui, comme pour appuyer ses dires, un tableau aux reflets cuivrés représente saint Ménas, martyr chrétien qui protège l’honnête homme des voleurs. 

Mama Bratara excelle dans la magie noire.

Mama Bratara excelle dans la magie noire.

GEORGE POPESCU/EST&OST POUR L’EXPRESS

« Les sorcières parodient Dieu pour faire prospérer leur commerce, ajoute-t-il. Elles arrivent à séduire les croyants qui cherchent des réponses à leurs états d’âme. Ils ont l’illusion qu’ils les obtiendront plus vite auprès de ces divinatrices qu’en se confiant à un prêtre, qui leur parlera de jeûne et de confession. »

Comment la sorcellerie a-t-elle prospéré dans un pays qui compte quatre fois plus d’églises que d’écoles? La foi s’accommoderait donc des boules de cristal?

« L’Eglise orthodoxe n’a jamais vraiment condamné les oracles, affirme l’anthropologue Vintila Mihailescu. 

Au coeur des Carpates, des « faiseuses de miracles »

C’est notamment vrai dans les villages, où les prêtres sont confrontés à des pratiques séculaires, qui s’apparentent à de la sorcellerie. S’ils ne les intègrent pas dans leur liturgie, ils risquent de se faire chasser.

 » Parmi ces rites préchrétiens, le « passage par la fenêtre ».

Lorsqu’un bébé est malade, on le passe trois fois de suite par une ouverture.

« Durant la cérémonie, on change le prénom de l’enfant pour que la maladie perde sa trace, poursuit-il. Souvent, les parents demandent au prêtre de bénir la fenêtre. S’il refuse, il est privé de sa légitimité. » 

Izabela participera au Congrès des sorcières, le 24 juin.

Izabela participera au Congrès des sorcières, le 24 juin.

GEORGE POPESCU/EST&OST POUR L’EXPRESS

Dans certaines contrées, les prêtres vont plus loin. Au coeur des Carpates, dans le fief de Dracula, on ne trouve pas de sorcières gitanes, mais des vieilles Roumaines qui se définissent plutôt comme des « enchanteresses ». Discrètes, elles ne se font pas payer, contrairement aux Roms. A Campofeni, petit bourg de 180 âmes, Maria Negut a travaillé toute sa vie dans une coopérative agricole. Le soir, elle devenait sorcière. Agée de 89 ans, elle continue de recevoir les villageois en détresse.

Quelques paroles, un sourire… Elle aurait pu être psy, finalement.

« On vient me voir de très loin, dit-elle. J’aimerais que ma fille m’aide, mais son travail ne lui en laisse pas le temps. Elle ne se souvient même pas des formules magiques que je lui ai apprises. Quand je disparaîtrai, ce savoir partira avec moi. »

Ici, pas de fioritures ou de mises en scène macabres. Dans sa cuisine, où règne une forte odeur de choux, des bombonnes sont entreposées.

« C’est ma réserve d’eau bénite, explique-t-elle.

Le prêtre Constantin Patuleanu, dans son église, à Bucarest, s'indigne de l'influence des sorcières: "Elles parodient Dieu pour faire prospérer leur commerce."

Le prêtre Constantin Patuleanu, dans son église, à Bucarest, s’indigne de l’influence des sorcières: « Elles parodient Dieu pour faire prospérer leur commerce. »

GEORGE POPESCU/EST&OST POUR L’EXPRESS

Je l’achète au pope, le jour de la Saint-Jean, et je la donne à boire à tous ceux qui ont été envoûtés.

 » Le prêtre le sait-il? « Oui, bien sûr, et ça ne lui pose pas de problème », affirme-t-elle.

Difficile de vérifier. Rares sont les prêtres qui acceptent d’évoquer ce sujet. Surnommé

« Petit Père », Ion Ghilencia, 71 ans, a bien voulu nous en dire plus. Installé près d’un poêle en céramique, devant un budinca cu branza,roboratif gâteau de pâtes arrosé de vin maison, ce pope chaleureux déplore les méthodes de ces « faiseuses de miracles »:

« Elles n’ont qu’un seul pouvoir, la parole, mais elles savent bien s’en servir, dit-il. Quand j’étais gamin, je voyais les filles de mon village défiler chez une sorcière. Elles voulaient savoir à quel âge elles se marieraient. Pour cela, elles se baignaient dans une drôle de mixture. Et moi, avec mes copains, on se rinçait l’oeil. » 

Le vin maison a un goût de tord-boyaux, mais il aide à la confidence. « Petit Père » finit par évoquer, à demi-mot, les dérives de ses frères.

 

« Certains prêtres acceptent, contre de l’argent, de prédire l’avenir. Ils demandent aux fidèles de faire le signe de la croix et d’ouvrir le Nouveau Testament au hasard, puis ils interprètent ce qu’ils voient. La lettrine est rouge? Heureux présage. Noire, beaucoup moins. » 

Poupées, figurines en chiffon... les accessoires qui permettent à Mama Bratara de jeter des sorts ou de libérer les âmes envoûtées.

Poupées, figurines en chiffon… les accessoires qui permettent à Mama Bratara de jeter des sorts ou de libérer les âmes envoûtées.

GEORGE POPESCU/EST&OST POUR L’EXPRESS

Pourquoi des prêtres se livrent-ils à ces pratiques? Se prennent-ils pour Arsenie Boca, ce maître spirituel du XXe siècle qui, parmi d’autres visions, avait prévu la chute du communisme? Editeur de recueils de magie,

Viorel Garbaciu tient peut-être la réponse: « L’Eglise orthodoxe roumaine est empêtrée dans des scandales financiers. La population a également critiqué le manque de compassion du clergé, après l’incendie d’une boîte de nuit, à Bucarest, en octobre 2015, qui a causé la mort d’une soixantaine de personnes. Enfin, la construction d’une gigantesque cathédrale, au coeur de Bucarest, suscite de nombreuses controverses, en raison de son coût prohibitif – plus de 100 millions d’euros. Résultat, les Roumains prennent leurs distances avec l’Eglise. »

Persécutées pendant des siècles par l’Eglise, condamnées au bûcher par centaines, les sorcières seraient-elles en train de prendre leur revanche? 

 

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Le Saviez-Vous ► Pourquoi le chat noir a-t-il presque toujours quelques poils blancs sous le cou ?


On sait que le chat noir avait mauvaise réputation au Moyen-Âge lors de la chasse aux sorcières. Il était souvent accusé par l’Église a brûlé sur bûcher. Les chats noirs ont presque disparu à cause de superstition. Les seuls qui pouvaient échapper à la mort, étaient ceux qui avaient quelques poils blancs, c’était un signe de l’ange ou le doigt de Dieu. On peut comprendre que la génétique a fait son chemin. Malheureusement, les chats sont redoutés, car les préjugés sont encore forts pour nombres de gens aujourd’hui
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Pourquoi le chat noir a-t-il presque toujours quelques poils blancs sous le cou ?

 

L’Histoire donne la clé de ce mystère, confirmée par la génétique.

Au Moyen Âge, en Europe et particulièrement en France très chrétienne, les chats noirs ont mauvaise réputation : sorciers compagnons des sorcières qu’ils accompagnent la nuit au Sabbat, ou diables incarnés en personne, ils sont condamnés par l’Église et les propriétaires, excommuniés. L’Inquisition (créée en 1233 par le pape Grégoire IX) se montre impitoyable et le peuple qui peine à survivre n’a pas notre sensibilité contemporaine.

Les procès d’animaux sont dans les mœurs du temps, mais le cas du chat est particulier. Il n’est pas jugé pour tel ou tel méfait, supposé ou réel. Symbolisant le Diable, il est fatalement criminel…Et haro sur le chat ! Tous les chats noirs sont visés. C’est quasiment un délit de sale gueule. Brûlée dans les bûchers, crucifiée aux portes des maisons, noyée par sacs entiers, la race a quasiment disparu.

Par miracle, quelques poils blancs sous le cou pouvaient sauver la bête : « marque de l’ange » ou « doigt de Dieu ». Une superstition valait même protection : arracher un poil blanc portait bonheur !

Voilà pourquoi la plupart de nos chats noirs ne sont pas tout noirs : descendants en même temps que rescapés de ce génocide, ils portent un discret médaillon blanc,souvenir d’une vieille et tragique histoire. 

La revanche du chat noir

Le chat noir prend sa revanche au XIXe siècle : son air diabolique fascine les auteurs, artistes peintres et graphistes. Cette singularité naturelle qui fit son malheur devient un atout aux yeux des romantiques. Hanté par le Chat noir, l’américain Edgar Poe en fait le héros de sa plus célèbre nouvelle, traduite en 1843 par Baudelaire – on n’imagine pas notre sombre poète épris d’un Angora blanc ou d’un Persan gris. Cependant que le Chat noir (dessiné par Steinlen) s’affiche à Montmartre, le soir…

Dans les années 1960, le marché du chat crée une nouvelle race qui annonce la couleur – noire de noir. Le Bombay, né aux USA d’un croisement réussi entre deux races, demeure peu connu en France et pas aussi populaire que les autres, Abyssin, Angora, Chartreux, Persan, Siamois…

Et dans les refuges, le chat noir (naturellement de gouttière) sera le dernier adopté, le premier euthanasié – comme si un solide préjugé courait encore.

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Le Saviez-Vous ► 8 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur les sorcières


Il aurait eu 110.000 sorciers, sorcières (surtout des femmes) qui ont été exécutés juste en Europe. On accusait de sorcellerie d’après des stéréotype, de vengeance, et autres. Au fil du temps, les femmes étaient considérées comme des sorcières celles qui contestaient le système patriarcal. Aujourd’hui, être une sorcière est une mode qui n’about pas au bûcher ou à la torture comme au Moyen-Âge
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8 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur les sorcières

Supplice de Anneken Hendriks, brûlée à Amsterdam en 1571 (Cl Roger-Viollet/CC)

On a voulu vous parler de ces femmes et de ces hommes qui ont été persécutés.

Par Emilie Brouze, Alice Marunani et Renée Greusard

 Il y en aurait eu 110.000 en Europe (voir plus bas) et ils furent persécutés. On avait envie de vous parler d’eux et plutôt d’elles, car c’est surtout une histoire de femmes et de la haine qu’elles ont inspirée.

1 On disait qu’elles embrassaient le cul du diable

Que reprochait-on aux prétendues sorcières ?

« Beaucoup de choses », répond Michel Porret, professeur d’histoire à l’université de Genève et auteur de « l’Ombre du diable » (éd. Georg, 2010).

L’argument du sabbat est abondamment cité. Un argument théorique, car « jamais les femmes n’ont été arrêtées en flagrant délit. »

Maxime Gelly – Perbellini, historien spécialiste de la représentation des sorcières au Moyen Age, détaille :

« Il y a cette idée que des hommes et des femmes se réunissent la nuit sous l’ordre du diable et du démon afin de l’adorer et de commettre des crimes abominables. On dit qu’elles concoctent des recettes ignobles à base de graisse d’enfants, de cadavres ou qu’elles embrassaient le diable sur son derrière. »

Satan serait adoré dans ces assemblées nocturnes : le sabbat est l’église du mal, l’école de la débauche. La sorcière s’y rendrait de nuit, par voie aérienne, chevauchant parfois un balai, un animal noir voire le diable.

Lors des procès, on impute aux « sorcières » tous les malheurs biologiques : empoisonnements, stérilité, bétail tué, etc.

2 Des mecs aussi ont été accusés

« La sorcellerie n’était pas spécifique au sexe mais elle était liée au sexe », écrit Alison Rowlands, spécialiste de la chasse aux sorcières – qui culminera entre 1560-1570 et 1620-1630.

Durant la première période de cette chasse, à partir de 1420, les sorcières étaient surtout… des sorciers, explique Maxime Gelly – Perbellini.

« Les procès étaient peu nombreux et touchaient tous les milieux. »

La bascule du genre se fait en 1550. Là, le nombre de procès augmente significativement, les accusations de sorcellerie se démocratisent et surtout, se féminisent.

L’accusation devient une arme sexiste contre les femmes qui « remettaient en cause la vision patriarcale de la femme idéale », écrit Alison Rowlands.

« Avec un taux plausible de 48% des condamnations à mort sur 110.000 procès recensés en Europe (hors lynchages), les juges laïques font exécuter environ 60.000 à 70.000 sorcières et sorciers – 7 à 8 femmes sur 10 condamnés (Levack, 2001) », lit-on dans « Présumées coupables » (éd. Iconoclaste, 2017).

Maxime Gelly – Perbellini ajoute :

« La question de la sorcière embrasse celle des stéréotypes que l’on véhicule sur les femmes et plus globalement sur les personnes à la marge. Ces stéréotypes peuvent se rapprocher de ce qu’on dit sur les juifs ou les errants, par exemple. »

3 C’était vraiment hardcore

Contrairement à un voleur ou à un assassin, la sorcière n’a pas d’autre issue que la mort. La plupart des femmes accusées avouent sous la torture.

« Les procès de sorcellerie suivent la procédure inquisitoire validée par le quatrième concile du Latran (1215), qui abolit aussi l’ordalie : écriture, instruction secrète, recherche médico-légale de la marque satanique, torture pour l’aveu, exécution publique », lit-on dans « Présumées coupables ».

La seule preuve qu’on essaie de trouver dans les procès en sorcellerie est la griffe de Satan. Une marque invisible, dont on dit qu’elle a fait mourir l’endroit où la sorcière a été marquée.

« La marque a la particularité de ne pas être naturelle », explique Michel Porret.

On lit ainsi dans les interrogatoires la référence au sperme glacé de Satan, preuve de non-naturalité.

Une fois que le juge est convaincu de la culpabilité de la sorcière, celle-ci est dénudée et « rasée de tout poil ». Le corps de l’accusée subit ensuite une inspection avec une aiguille chirurgicale, à la recherche du point d’insensibilité. Très souvent on la trouve sous la forme d’un abcès, pustule, tache de vin, tumeur ou verrue.

Une fois les sorcières condamnées, la plupart sont brûlées, comme une neutralisation symbolique.

« Brûlée vive ou étranglée au préalable », précise Michel Porret.

4 Mais parfois, ça ne se finit pas si mal

De temps en temps, les femmes accusées de sorcellerie obtiennent une lettre de rémission. Maxime Gelly – Perbellini évoque, par exemple, le cas de l’empoisonneuse de La Rochelle en 1382.

Jehanne Gaigne, âgée de 18 ans, est l’épouse de Guillaume Cusse, charpentier et bourgeois de La Rochelle.

« Sous l’influence d’une autre femme réputée sorcière, appelée Arzene, elle aurait utilisé des envoûtements, des philtres et enfin du poison, du sulfure d’arsenic mêlé de verre pillé, sur son époux, sans pour autant réussir à le faire mourir.

Elle est accusée par le prévôt de La Rochelle pour sorcellerie et est condamnée à la prison, elle demande elle-même sa rémission au roi de France. »

Et l’historien de commenter :

« Derrière les images cocasses, cette lettre doit nous rappeler que le regard de l’historien ne doit pas s’arrêter à une vision stéréotypée d’un phénomène. Toutes les ‘sorcières’ ne sont pas menées au bûcher et que, plus que d’autres, cette accusation est au cœur de discours politiques, juridiques, idéologiques en constante tension. Le prévôt condamne pour affirmer sa justice ; la condamnée tente de minimiser sa responsabilité en se faisant elle-même victime du diable ; le roi, engagé à la fin du Moyen Age dans la structuration de l’ordre judiciaire, se montre timide à confirmer une condamnation qui ne repose sur aucun fondement criminel (pas de meurtre, pas de sang versé) et préfère laver Jehanne de ses accusations. »

5 Des figures féministes

« Après l’émergence des sciences humaines, post-soixante huitarde, on assiste à toute une reconstruction de la figure de la sorcière. On en fait une femme révoltée », confirme Michel Porret.

La figure autrefois maudite et crainte devient un symbole d’un rapport de domination et le symbole subversif de la révolte féminine.

En Italie, des féministes scandent :

« Tremblez, tremblez, les sorcières sont de retour » [‘Tremate, tremate, le streghe son tornate’]. »

La revue littéraire « Sorcières », fondée par Xavière Gauthier et à laquelle contribua Marguerite Duras ou Nancy Huston, est l’emblème de cette reconstruction.

La revue féministe, publiée de 1975 à 1981, est née dans le but de donner la parole aux femmes pour qu’elles puissent exprimer leur créativité et ainsi accompagner voire susciter l’émergence d’un mouvement de femmes créatrices. Une femme juchée sur un balai orne la couverture du premier numéro.

Pourquoi « sorcières » ? Dans un éditorial, Xavière Gauthier écrit :

« Parce qu’elles dansent. Elles dansent à la pleine lune. Femmes lunaires, lunatiques, atteintes – disent-ils – de folie périodique. Gonflées de révolte fulgurante, de colère bouillonnante, gonflées de désir, elles dansent sur la lande sauvage des danses sauvages.

Sauvages, comme l’homme blanc le dit des autres ethnies ; sauvages comme l’Etat et le syndicat le disent de certaines grèves, de certaines crèches. Elles dansent, sauvages et irrécupérables, comme le désir. »

6 La dernière sorcière d’Europe

Elle s’appelait Anna Göldi, elle était suisse et fut, en Europe, la dernière femme à être condamnée à mort pour sorcellerie. C’était en 1782. On lui a coupé la tête et puis on a enfoui son corps au pied de l’échafaud. 

Servante dans la famille d’un médecin, Anna a été accusée d’avoir empoisonné la fille de son patron à l’aide d’aiguilles magiques. Un article du « Monde » consacré à Anna Göldi raconte :

« Selon le récit fait plus tard au procès, des aiguilles sont à plusieurs reprises trouvées dans le bol de lait d’Annemiggeli, la seconde fille de la famille, âgée de 8 ans. Anna Göldi, qui fait office de gouvernante, est soupçonnée, puis finalement renvoyée. »

« Quelque temps après, la fillette tombe gravement malade, prise de violentes convulsions, d’une fièvre inexpliquée, d’accès de délire et de toux. La jeune Annemiggeli se met à vomir, presque chaque jour, des aiguilles dans des glaires mêlées de sang. Une centaine en tout. Certaines crises la laissent sourde et muette. »

Sous la torture, la servante finit par avouer ce crime. Pourquoi a-t-elle été accusée ? L’article du « Monde » dit, et cette résonance à l’actualité est troublante :

« Walter Hauser [un journaliste qui a enquêté sur l’affaire, NDLR] a retrouvé la trace – mais non le contenu – d’une plainte pour harcèlement sexuel déposée en décembre 1781 par Anna Göldi contre son employeur. Voilà qui aurait pu ruiner la réputation du bon docteur Tschudi qui, vraisemblablement, s’empressa d’allumer un contre-feu. »

7 La démonologie fut une science à la mode

La démonologie est l’étude des démons et des mauvais esprits. Il en existe dans toutes les religions, notamment dans la religion chrétienne. Le premier traité de démonologie imprimé est daté de la fin du XVe.

« Il va devenir un best-seller », raconte Michel Porret. « La matrice de toute une série d’autres traités de démonologie. »

Les démonologues sont un peu les théoriciens de la chasse aux sorcières.

8 Les sorcières sont de retour (pour combattre l’ordre établi)

La sorcellerie revient en force dans les milieux féministes et queer, comme le racontent Vice et Cheek Magazine. Quel meilleur symbole de liberté et de danger pour l’ordre établi ? La publication en 2012 du livre d’Anna Colin « Sorcières : pourchassées, assumées, puissantes, queer », signe l’arrivée de cette mode américaine en France.

Un cortège de « sorcières », des féministes anarchistes de l’université Paris-VII s’est ainsi formé dans la manifestation contre la réforme du travail le 12 septembre dernier sous le nom de Witch Bloc, avec des slogans comme « Macron au chaudron ».

Des soirées queer et sorcellerie se lancent de partout, comme les événements Bitchcraft. La dernière Queerweek, grand événement queer parisien, proposait un atelier de confection de sortilèges.

Le mouvement est aussi porté par la mode du développement personnel et des thérapies alternatives. Jack Parker par exemple, blogueuse féministe, a lancé sa newsletter Witch, please ! où elle explique comment pratiquer la sorcellerie au quotidien (par exemple, en accrochant une branche d’eucalyptus dans sa douche ou en tirant le tarot). 

https://tempsreel.nouvelobs.com

Le Saviez-Vous ► Au XVIIᵉ siècle, les sorciers islandais portaient des grenouillères en peau humaine


Ce n’est pas quelque chose que j’aurais aimé porter. La magie noire peut avoir de bien « drôles » de rituel. Cela donne froid dans le dos
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Au XVIIᵉ siècle, les sorciers islandais portaient des grenouillères en peau humaine

Crédits : Eric Grundhauser

L’Islande du XVIIe siècle n’était pas très réjouissante. Entre pillages de pirates, catastrophes naturelles et un système de classe écrasant, il n’était pas rare que nombre d’habitants, privés d’espoir et d’éducation, se tournent vers la magie noire, rapporte le DailyMail.

Les rituels étaient réputés pour être particulièrement sordides. Le pantalon le plus macabre de tous les temps, fait en peau humaine, était supposé porter chance et amener la santé au sorcier qui le portait. Le rituel qui le précédait fait froid dans le dos. Un sorcier scellait un pacte avec un ami, attestant qu’à la mort de celui-ci, il aurait l’autorisation de découper sa peau à partir de la taille –mais seulement après que le corps fut enterré puis exhumé.

Une fois la peau des jambes méticuleusement arrachée, le pantalon – appelé nábrók – était enfilé et devait être porté nuit et jour. Il devenait alors impossible de dissocier la peau du porteur de celle du cadavre. Mais ce n’est pas fini.

Une pièce volée à une misérable veuve était placée au niveau scrotum, ainsi qu’un symbole magique dessiné sur un bout de papier. Tant que la pièce originale ne bougeait pas, le scrotum était censé miraculeusement produire des pièces jusqu’à la fin des temps. Ce pantalon « magique », unique en son genre, est exposé au musée de la Sorcellerie islandaise à Hólmavík. On ne sait pas s’il distribue toujours des pièces.

Source : DailyMail

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Le Saviez-Vous ► Au XVIᵉ siècle, ces gravures servaient à repousser les sorcières


Je plains cette époque où l’on craignait des forces maléfiques, de sorcières et magie noire. Croire qu’un symbole pouvait aider a chasser les mauvais esprits était sans doute une sorte de placébo
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Au XVIᵉ siècle, ces gravures servaient à repousser les sorcières

Crédits : Historic England

L’organisme gouvernemental Historic England s’est lancé dans une sorte de chasse aux sorcières.

À un détail près : la cible n’est pas humaine. Il s’agit de trouver, sur les murs d’Angleterre, des gravures ressemblant à des rosaces. Comme l’explique CNN, celles-ci dateraient du XVIe siècle (époque où la croyance en la magie noire et le surnaturel étaient communes) et on leur prêtait le pouvoir de repousser les sorcières ainsi que les mauvais esprits.

 

Pendant tout le XVIe siècle, ces gravures ont joué un rôle apotropaïque (qui détourne les puissances maléfiques). De nombreux murs et portes des villes en possédaient.

Dans un communiqué, Duncan Wilson, l’un des dirigeants d’Historic England, explique que « ces marques faisaient partie du quotidien de l’époque, ce qui les rendait, par la force des choses, invisibles. Et cette négligence a fait que les rapports les mentionnent peu. Aujourd’hui, nous avons besoin de l’aide du public pour toutes les recenser et mieux les comprendre. »

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Le Saviez-Vous ► «Le pain retourné», «le riz sur les mariés», «le parapluie dans la maison»… Savez-vous d’où viennent ces superstitions, vœux de chance et de malheur ?


On connait plusieurs superstitions que certains croient encore. Mais d’autres existent qui sont peut-être moins connues
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«Le pain retourné», «le riz sur les mariés», «le parapluie dans la maison»… Savez-vous d’où viennent ces superstitions, vœux de chance et de malheur ?

1. Que touchait-on au Moyen Age lorsque l’on « touchait du bois » ?

On touchait la croix du Christ. Toucher ce matériau était une façon de se protéger du malheur.

Deux millénaires avant notre ère, l’expression était employée chez les Perses pour invoquer Atar, génie du feu et symbole de protection des âmes.

2. Pourquoi fallait-il trinquer au Moyen Age « les yeux dans les yeux » ?

Pour éviter de se faire empoisonner. Il était courant à l’époque d’assassiner ses ennemis par empoisonnement. Aussi pour s’assurer de l’honnêteté de son compagnon de verre, on avait l’habitude de violemment entrechoquer sa chope contre la sienne, tout en ne le quittant pas du regard.

Si la chope avait contenu du poison, des gouttes se seraient alors déversées dans le contenant de l’hôte, l’obligeant à vérifier son verre et donc détourner le regard.

3. Que lançait-on à l’époque sur les mariés pour leur porter chance ? 

Des graines. Selon la tradition païenne, il était de coutume de lancer sur les mariés des graines, symbolisant la fertilité.

4. A quel siècle cessa-t-on de brûler des chats noirs, « représentations du diable »?

Le XVIIIe siècle. Jusqu’à cette époque, le chat noir était considéré comme le complice des sorcières et le symbole de Satan. Pour se protéger de ces animaux, les habitants n’hésitaient pas à les torturer et les brûler.

5. Quelle couleur ne faut-il pas porter sur la scène d’un théâtre?

Le vert. La couleur portait malheur pour trois raisons : Au Moyen Age, pour obtenir des étoffes vertes, il fallait utiliser de l’oxyde de cuivre, un composé toxique qui effrayait les comédiens qui revêtaient les habits à même la peau.

Le vert était aussi la couleur que portait le personnage de Judas dans La passion du Christ. Un rôle de traître que ne supportait pas le public, qui attendait alors l’acteur à la fin de la pièce pour le brutaliser.

Enfin, selon la légende, porter du vert serait une façon d’attirer le mauvais oeil sur soi. Molière étant mort en interprétant le Malade Imaginaire dans un costume vert. Sauf, que ce dernier n’est pas décédé sur scène mais quelques temps plus tard, vêtu d’une robe rouge.

6. D’où vient la superstition qui consiste à croire qu’il ne faut pas « ouvrir un parapluie chez soi » ?

De Londres. Au XVIIIe siècle, les parapluies à armatures métalliques apparaissent. Leurs systèmes d’ouverture, peu pratiques, provoquent souvent des accidents : des verres cassés, des bibelots éraflés… Ces mésaventures passèrent dans les croyances populaires comme l’arrivée prochaine d’un malheur.

7. De quoi « le pain retourné » est-il le synonyme  ?

La mort. Au Moyen Age, le boulanger avait coutume de réserver un morceau de pain au condamné à mort. Pour le reconnaître de toutes ses miches, il le plaçait ainsi à l’envers.

8. Quel chiffre porte malheur en Chine ?

Le 4. En chinois, le chiffre « quatre » et le mot « mort » se prononcent de la manière.

9. Quelle couleur faut-il éviter de porter en Espagne ?

Le jaune. Couleur de l’enfer pour certains, le jaune serait aussi pour d’autres, la couleur de Judas.

10. Qui « montrait du doigt » les gens au Moyen Age ?

Les sorcières. Selon les croyances populaires, les sorcières choisissaient leurs victimes en les montrant du doigt.

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Le Saviez-Vous ► La première sorcière volant sur un balai de l’histoire


La première sorcière sur un balai décrite dans une histoire est assez loin de celle qu’on connaît avec des verrues sur le nez et poils au menton couronné un chapeau pointu
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La première sorcière volant sur un balai de l’histoire

 

Du cinéma à la télévision en passant par la bande dessinée, la représentation de la sorcière volant sur son balai est complètement entrée dans la culture populaire mais son origine est en réalité très ancienne.

C’est en 1442 qu’une telle illustration est apparue pour la première fois, dans la marge d’un manuscrit de Martin Le Franc intitulé « Le Champion des dames ».

Les deux petits dessins montrent deux femmes, l’une s’envolant sur un bâton, l’autre sur un balai et se situent à côté d’un passage où Le Franc fait une aparté à propos de la sorcellerie au milieu d’un poème faisant l’éloge des femmes.

Leurs coiffes en feraient des membres de l’Église évangélique vaudoise qui acceptait les femmes comme prêtres, ce qui en faisait des hérétiques pour l’Église catholique.

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Le balai est devenu à la fois un symbole de leur émancipation des tâches ménagères dévolues aux femmes en s’envolant et par son aspect phallique de leur liberté sexuelle.
(Tout ça étant bien sur considéré comme une abomination.)

Étrangement, on doit la première référence écrite à quelqu’un volant sur un balai à un homme, Guillaume Edelin, qui a confessé ce « crime » en 1453.

Il y a encore une évolution du mythe dans la sorcière quelques années après, en 1456, avec l’apparition pour la première fois dans les écrits de Johannes Hartlieb d’un onguent hallucinogène dont elles recouvriraient le manche de façon à lui permettre de prendre les airs.

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