“Voisin de numéro”: le nouveau jeu simple (mais risqué) des internautes


Je me méfierais de ce genre de SMS. Je ne suis pas fan de ce genre de façon de connaître des gens. Déjà les réseaux sociaux sont parfois intrusifs, s’il faut en plus qu’on envoie des messages a des numéros ressemblant aux notre … On ne sait pas sur qui on va tomber et des mineurs risquent d’être embêté.
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“Voisin de numéro”: le nouveau jeu simple (mais risqué) des internautes

C’est le nouveau passe-temps des internautes: envoyer un message aux personnes qui ont le même numéro de téléphone que vous, à une exception près.

“Salut voisin de numéro”. Si vous avez reçu ce type de SMS ces dernières heures, c’est que quelqu’un cherche à faire votre connaissance. Lancé début août aux États-Unis, le concept “#numberneighbor” ou “#voisindenuméro” consiste à contacter un inconnu qui possède pratiquement le même numéro que vous. Seul le dernier chiffre est généralement changé.

Envoyer un tel message revient-il à jeter une bouteille à la mer? Pas vraiment. Le mystérieux destinataire répond assez souvent, à en croire les nombreuses captures d’écran partagées sur Twitter. Et les retours sont assez variés. Certains rentrent dans le jeu, en sympathisant avec l’émetteur du message. D’autres, pensant à un canular, sont beaucoup plus agressifs.

Le jeu ne semble pas dangereux à première vue, mais contacter un étranger peut comporter un risque, notamment pour les mineurs.

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L’étrange phénomène provoqué par notre usage excessif du smartphone


Certains jeunes sont touchés par un trouble du sommeil relié au smartphone. C’est le fait d’envoyer des textos incompréhensibles sans s’en souvenir le lendemain. Ce genre phénomène devrait alerter l’utilisateur d’éloigner leur téléphone hors accès.
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L’étrange phénomène provoqué par notre usage excessif du smartphone

© getty.

D’après une récente étude, près de 25% des étudiants auraient déjà envoyé des SMS dans leur sommeil. Parmi ceux-ci, ils sont près de 72% à ne pas s’en souvenir du tout. Ce phénomène aurait fait son apparition à cause de notre usage démesuré du smartphone et toucherait plus particulièrement les jeunes.

Vous est-il déjà arrivé de découvrir que vous aviez envoyé un SMS alors que vous êtiez en train de dormir? Si oui, sachez que vous n’êtes pas seul. D’après une récente étude menée par des chercheurs de l’Université de Villanova, en Pennsylvanie, le fait d’envoyer des textos pendant son sommeil serait en hausse, en particulier chez les jeunes. Après avoir étudié les habitudes de 372 étudiants avec leur téléphone portable, ils ont en effet découvert que 25% d’entre eux avaient déjà envoyé des messages en dormant. Et parmi ceux-ci, 72% ont déclaré ne pas s’en souvenir. Mais rassurez-vous, contrairement aux messages envoyés lorsqu’on a bu un verre de trop, et qu’on fini généralement par regretter le lendemain matin, les SMS nocturnes consistent généralement en un charabia incompréhensible.

Un trouble du sommeil

Selon Angela, experte en sommeil chez Nectar Sleep, ce phénomène est une forme de « parasomnie », qui englobe un certain nombre de troubles du sommeil, comme le somnambulisme ou encore l’hyperphagie nocturne [manger dans son sommeil, NDLR] et qui survient pendant la phase de sommeil paradoxal », a-t-elle expliqué au site britannique Metro.

Son apparition serait principalement due à notre utilisation démesurée du smartphone. D’après une étude menée par la Mutualité libérale, près d’un adolescent sur deux se dit « accro » à son téléphone et aux réseaux sociaux

Conséquences néfastes

Le fait d’envoyer des messages noctures peut également avoir des conséquences sur la qualité de notre sommeil.

« La sonnerie ou la vibration du téléphone portable indiquant qu’un appel est arrivé réveille le dormeur qui répond instinctivement au message. Cette action peut se produire une ou plusieurs fois au cours du cycle du sommeil, affectant ainsi la qualité et la durée du sommeil de l’individu », peut-on lire ainsi dans le Journal of American College Health.

Comment l’éviter?

La seule solution pour éviter d’utiliser votre smartphone dans votre sommeil – et risquer d’envoyer n’importe quoi à votre boss – consiste évidemment à ne pas garder votre téléphone dans votre chambre. Si vraiment vous ne pouvez pas vous en passer, veillez alors à le déposer dans un endroit difficilement accessible depuis votre lit et à le mettre en silencieux ou en mode avion. De cette façon, vous ne risquerez pas d’être réveillé par une éventuelle sonnerie et de vous en emparer pour y répondre dans la foulée en mode pilotage automatique

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Vous effacez le numéro de téléphone de vos morts ? Eux n’y arrivent pas


Si vous garder le numéro de téléphone d’un disparu sur votre mobile, vous n’êtes pas les seuls. Moi, j’ai encore celui de ma mère qui est décédée et je sais bien que cela ne sert à rien et que si j’appellerai, ce serait probablement une autre personne. Elle n’est plus là un point c’est tout. Pourquoi on garde les numéros des morts virtuellement ? J’essaie de comprendre pour moi, et je pense que je ne l’accepte pas encore de la façon qu’elle est décédée et non sa mort elle-même
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Vous effacez le numéro de téléphone de vos morts ? Eux n’y arrivent pas

 

Pour entendre sa voix, pour éviter de le tuer une deuxième fois, ils conservent le numéro d’un proche décédé.

Par Emilie Brouze

Que faites-vous des numéros de vos morts ? Vous les effacez de la mémoire de votre téléphone ? Vous n’y touchez pas jusqu’à ce que le destin s’en charge (téléphone dérobé, données évaporées) ?

Sophie Calle, artiste plasticienne, interroge les visiteurs du Musée de la chasse et de la nature, à Paris. Son exposition s’ouvre sur le thème du deuil et de l’absence.

Quand son père, « Bob », cancérologue et collectionneur d’art, est mort au printemps 2015, elle a conservé son numéro. « Pas facile », de le retirer. Fâcheuse conséquence : dans une œuvre en forme de pierre tombale, elle écrit l’avoir un jour appelé par mégarde… Elle a raccroché aussitôt.

« Peu après, son portrait et son nom se sont affichés sur l’écran. Bob m’envoyait un message. »

De l’au-delà ? Le numéro de son père a visiblement été réattribué à un être vivant laconique. Sur son téléphone, trois lettres :

« C ki »

L’œuvre « C ki ? » de Sophie Calle, Paris, 2017. (Sophie Calle/ADAGP, Courtesy Perrotin)

Comme Sophie Calle, Emmeline, 30 ans, ne se résout pas à supprimer le numéro de son père, décédé en juillet 2012. L’étudiante infirmière a beau savoir que l’alignement de chiffres lui ayant appartenu n’est qu’un identifiant qui lui permettait d’entendre sa voix derrière un boîtier, le geste est inenvisageable.

C’est « irrationnel », admet-elle, d’autant qu’elle connaît encore cet alignement par cœur. Il y a une « idée un peu folle » derrière :

« Tant que je garde le numéro, le lien est maintenu. »

« Petite trace mémorielle »

Pour beaucoup de ceux qui ont répondu à notre appel à témoignages, l’action de suppression matérialise la perte, la séparation, l’éviction de leur monde.

« Cela me donnerait le sentiment de le supprimer volontairement et définitivement, d’entériner sa mort officiellement », développe Laetitia, 40 ans, journaliste, au sujet de son père, parti il y a trois ans et demi.

« Il y a un symbole qui échappe à ma raison. Le laisser dans un coin de la mémoire de mon iPhone, voir apparaître parfois son nom dans la liste de mes contacts, c’est une façon de le laisser exister un peu, une petite trace mémorielle me donnant l’illusion que je peux toujours le joindre. »

Ce serait le « tuer une deuxième fois », opine Marie, 32 ans.

Jérôme (un pseudo) imagine que son ancienne petite amie, qui s’est suicidée il y a quelques années, lui en voudrait si elle le voyait, de là où elle se trouve, supprimer son numéro. Il se sentirait coupable, également :

 « Ce serait comme l’effacer de ma mémoire. »

S’il est récemment parvenu à se séparer d’un pull qui lui appartenait, il garde encore son « 06 ».

« Pourquoi l’effacer ? »

Isabelle, 47 ans, juriste en entreprise, nous retourne la question : pourquoi effacerait-elle le numéro de son mari, décédé il y a sept ans ? 

« En général, ce sont les numéros des ‘indésirables’ que l’on efface. Parfois je regarde la liste de mes contacts et j’efface aussi ceux dont le nom n’évoque plus aucun souvenir pour moi. Mon mari n’est pas un ‘indésirable’. Mon mari est encore tellement présent dans mon souvenir. Alors pourquoi l’effacer ? »

Elle le garde près d’elle, de la même façon que l’on conserve des photos, des lettres ou une alliance. Isabelle précise que cela ne l’a pas empêchée de faire son deuil.

Le téléphone symbolise aussi le lien avec la voix, « la première chose qui s’efface de la mémoire », note Isabelle.

Julien paie encore l’abonnement du téléphone de sa compagne, décédée il y a près de trois ans. Il ne peut pas concevoir que son numéro revienne à quelqu’un d’autre et il veut pouvoir appeler de temps en temps son répondeur, pour entendre encore le son de sa voix.

Lien virtuel

Le téléphone, c’est un numéro personnel, une pièce de l’identité. « Une extension de la personne », formule une interviewée.

« Il nous lie virtuellement à la personne en question », ajoute Laura, 24 ans.

« Les rares fois où je me suis dit ‘tiens, je vais faire un tri dans mon répertoire’, ça c’est soldé à garder les morts et effacer les vivants », résume Marijke, 25 ans, étudiante en sciences du langage.

« Impossible de le faire, il y avait comme un blocage physique plus qu’émotionnel. »

Marijke dit que le numéro de ses proches décédés est « un code à travers lequel un contact était possible sans qu’ils soient, eux, matérialisés ».

Pour certains, cette possibilité de connexion immatérielle donne à la conservation du numéro un geste quasi mystique.

« Si jamais mon mari me rappelait, je serai là pour lui répondre… », écrit Isabelle.

Comme s’il n’était pas mort

Conserver le numéro d’un proche peut aussi être une « tentative de faire comme si le mort n’était pas mort », pour reprendre les mots du sociologue Tanguy Châtel.

C’est en substance ce qu’écrit une lectrice, en conclusion de son message et du « 06 » d’un amour de lycée, décédé :

« Il me manque terriblement et pourtant il vit au travers de ce numéro. Comme si un jour il allait revenir. »

Les outils numériques offrent à l’angoisse universelle de la disparition une compensation virtuelle. Les notifications Facebook ou la présence d’un numéro dans un répertoire peuvent rendre plus réaliste encore le mirage dont parle Tanguy Châtel dans « Télérama » :

« Pendant un temps, les endeuillés savent que la personne est décédée, mais une partie d’eux-mêmes veut croire qu’elle est encore vivante. »

Certains des endeuillés interviewés admettent d’ailleurs n’être pas encore arrivés au bout des cinq phases du deuil (le déni, la colère, la négociation, la dépression, l’acceptation).

Bien que son ventre se tord quand elle tombe sur son nom, Isabelle, 43 ans, n’arrive pas à effacer le numéro de son compagnon, décédé brutalement à l’automne 2016. L’effacer, ce serait le faire disparaître une seconde fois ; elle s’y refuse.

Parce qu’il voyageait beaucoup pour son travail, le couple communiquait énormément au téléphone, d’où l’affect particulier qui résonne autour de l’objet. Supprimer le numéro, ce serait perdre « une espèce de lien » qui les unit encore.

« C’est complètement irrationnel, c’est comme si le fait de ne pas effacer son numéro pouvait potentiellement me permettre de… rester en contact avec lui. »

Des s de regret

Quelques jours avant notre appel, Marie, 32 ans, en formation dans le social, discutait avec sa mère de la présence dans son téléphone du numéro de son père, emporté par un cancer il y a quatre ans. Elle est arrivée seule à la conclusion que son deuil n’était pas digéré.

Le ticket de livraison du bouquet de fleurs qu’il lui avait envoyé pour ses 20 ans a eu le temps de blanchir complètement. Le gilet râpé de son père n’est plus sur la chaise de la salle à manger – il est resté là des mois, telle une relique. Son numéro est lui toujours dans son répertoire :

« Cela me permet de rester dans l’illusion que je ne suis pas orpheline de père. »

Les quelques mois suivant les funérailles, « la période où les émotions sont à vif », Marie lui a envoyé des textos. Elle savait bien que le téléphone à clapet était rangé dans un panier-tiroir, chez ses parents, et pas dans la poche de son père« il ne l’a pas amené avec lui ». Elle a eu besoin de lui écrire :

« Je lui ai dit que c’était injuste, qu’il aurait pu plus se battre, qu’il nous avait laissés sans nous y préparer. Je lui envoyais des messages de regret également – notre relation était complexe. »

Puis la fréquence des messages s’est espacée. Elle n’en a plus envoyé (« l’au-delà n’a pas de réseau »).

« Putain, je t’aime ami »

Comme la jeune femme, Vincent a envoyé un dernier SMS à un ami qui s’est donné la mort en décembre 2016. Le réalisateur de 44 ans s’en veut de ne pas avoir pris le temps de l’appeler ou de le voir, les deux dernières années avant le suicide. Leur relation s’était « laissée aller ».

Une semaine après la cérémonie, Vincent lui a envoyé un long message, retrouvé au fond de son téléphone. Il n’en a jamais parlé à personne.

« Mec. Ami. Je ne m’y résous pas. Je t’écris après plus de deux ans mais il est trop tard. Je t’écris quand même. Parce qu’après, je vais enlever ce contact. […]
J’aimerais être vers toi, faire le con. Imiter Golum. Te parler de nouveaux projets musique. Te dire ‘pardon d’avoir tant tardé’. J’ai pourtant tellement pensé à toi. Mais je te savais là. A côté. […]
Putain de merde. Je t’aime ami. Dis à Prince que je pense à lui aussi et mets le au pop fm, je me réjouis de voir ce que ça donne. Rage profonde de ne pas t’avoir appelé.
Asta la vista bébé. vince. »

Un an s’est écoulé depuis ce SMS, Vincent n’est toujours pas arrivé à appuyer sur la touche « supprimer ».

Ça le rendait « trop vivant »

A l’inverse de Marie ou Vincent, ceux qui ont besoin de rayer un numéro parlent de la nécessité d’acter le décès. Pour se « protéger », Sandrine, 35 ans, a effacé le numéro et le profil Facebook de son père, quelques jours après son enterrement.

« Je ne supportais pas qu’il ait une vie ‘digitale’ alors qu’il n’était plus là. Je ne voulais plus voir apparaître son nom, ça le rendait justement trop ‘vivant’. »

Bryan, 20 ans, étudiant en école de commerce, a perdu il y a deux ans une amie dans des « conditions horribles » – elle a été tuée par son conjoint, qui s’est ensuite donné la mort. La première réaction de l’étudiant, quand il a appris le décès depuis Singapour, où il résidait, a été d’appeler et d’envoyer des messages à son amie, pour « vérifier par [lui-même] qu’elle n’était plus parmi nous ».

Loin de son groupe d’amis, et de leur ville natale, « le téléphone était la seule chose qui [le] reliait plus ou moins à elle ». Bryan a supprimé son numéro en pleine nuit – à 4 heures du matin, 10 heures heure locale en France. L’enterrement était en train d’avoir lieu.

« Je savais qu’il fallait faire une coupure pour faire le deuil », explique-t-il.

Réincarnation (téléphonique)

Laetitia, qui conserve le numéro de son père défunt dans son téléphone, s’est souvent demandé qui pouvait bien avoir récupéré ses dix chiffres. Il n’existe pas d’obligation légale encadrant la ré-attribution d’une ligne après sa résiliation. En pratique (et quelle que soit la raison de la fin du contrat), les opérateurs l’attribuent à un nouvel abonné dans les trois à six mois qui suivent.

« Je me suis imaginé appeler pour entendre, en quelque sorte, la nouvelle voix de mon père », poursuit Laetitia. Qui est au bout du fil aujourd’hui ? Un ado prépubère ? Un éleveur de brebis ? Elle réfléchit :

« Quand on y pense, il y a quelque chose de l’ordre de la réincarnation. »

Le remplacement d’une voix familière par celle d’un inconnu horrifie Isabelle, 43 ans, qui n’a jamais effacé le numéro de son compagnon.

« Ce serait terrible de tomber sur quelqu’un d’autre. »

Elle imagine le choc qu’elle n’est pas prête à affronter :

« Ça non plus, ça ne lui appartient plus… »

« Un jour, je n’ai plus résisté »

Et puis il y a ceux qui un jour appellent, au risque de casser le « fantasme » du fantôme au bout de la ligne. Blandine, 42 ans, fonctionnaire, a « essayé de lutter » pour ne pas rappeler sa grand-mère adorée…

« Ne plus faire son numéro a été presque insupportable », décrit la quadragénaire, qui imagine encore la sonnerie retentir dans la maison de sa grand-mère et son vieux téléphone fixe faire « ding » au moment où elle décroche…

« Un jour, je n’ai plus résisté. »

« Bien que c’était stupide », elle a composé le numéro et une femme a répondu. Blandine lui a fait croire à une erreur, après avoir hésité à se confier. Elle n’a pas retenté d’entrer en contact avec sa grand-mère.

Grâce à un chatbot, elle parle à son ami mort

Amar (son prénom a été changé), 35 ans, commis de cuisine, a lui aussi composé le numéro de son père, toujours dans son téléphone. Presque un an s’était écoulé depuis l’enterrement. Chez ses parents, c’est comme si le temps s’était arrêté.

Amar était dans la voiture, à l’arrêt. Dehors, on entrait dans l’automne. « Spontanément, je l’ai appelé », dit-il – il se ressaisit et rectifie – « j’ai appelé ». Au loin, il a entendu un bip rassurant. « Tit tit tit tit. »

Personne au bout du fil.

A l’autre bout de la ligne, il y a des vivants qui ignorent que leur numéro apparaît dans le répertoire d’inconnus. Le vôtre s’y trouve peut-être. Aucun lien n’unit ces personnes, si ce n’est le hasard et une série de chiffres.

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"Tu as juste besoin de le faire." Les mots peuvent-ils tuer ?


Je ne voudrais pas être à la place du juge qui a prononcé la culpabilité de cette femme.  C’est un cas compliqué Bien sûr que les textos et SMS n’avaient pas aidé à ce jeune homme et l’a sans doute incité à se suicider, mais cette fille n’est pas non plus n’est pas mentalement stable. Ce garçon n’a vraiment pas eu l’aide de surmonter sa dépression .. Et son amie, n’a pas été un grand secours non plus
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« Tu as juste besoin de le faire. » Les mots peuvent-ils tuer ?

 

"Tu as juste besoin de le faire." Les mots peuvent-ils tuer ?

Michelle Carter et son avocat, le 5 juin 2017, au tribunal (Taunton, Massachusetts) (Faith Ninivaggi/AP/SIPA)

Aux Etats-Unis, une jeune femme a été jugée coupable d’avoir poussé son petit-ami, par textos, au suicide.

 

Emilie Brouze

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Peut-on tuer avec des mots ? Ont-ils ce pouvoir-là ? Dans quelle mesure peut-on être jugé responsable d’un suicide ? Est-ce un homicide que de pousser quelqu’un, par des textos, à en finir ? Ces questions sont au cœur d’un procès qui s’est ouvert le 6 juin dernier dans le Massachusetts.

Michelle Carter, 20 ans, est accusée d’avoir poussé son ancien petit-ami dépressif à se tuer. Sur la base d’échanges de SMS et de conversations téléphoniques cités comme preuves pendant les audiences, elle encourt 20 ans de prison pour homicide involontaire – la provocation au suicide n’est pas inscrit dans la loi au Massachusetts (c’est le cas en France). 

« Tu dis toujours que tu vas le faire, mais tu ne franchis jamais le pas », lui avait-elle entre autres écrit, relate le Los Angeles Times.

« Gare ta voiture et assied-toi et ça prendra 20 minutes, environ. »

 

« Cette-fois c’est la bonne et tu es prêt. Tu as juste besoin de le faire. Tu ne peux plus continuer à vivre comme ça. »

 

Quand Conrad Roy III, 18 ans, est sorti du véhicule, déjà étourdi, et a appelé sa petite-amie pour lui dire qu’il avait peur, Michelle lui a demandé de retourner s’asseoir sur son siège et d’aller jusqu’au bout.

Le 12 juillet 2014, Conrad est mort intoxiqué au monoxyde de carbone dans l’habitacle de son véhicule, sur le parking d’un supermarché.

« Couple-écran »

 

Les deux adolescents se sont rencontrés en 2012, à l’occasion de vacances en Floride. C’est un « couple-écran » : bien qu’ils vivent à moins d’une heure de route l’un de l’autre, ils ne se sont rarement rencontrés (trois ou quatre fois en trois années) mais sont constamment en lien, sur Messenger ou par textos.

C’est un duo instable, chacun étant psychologiquement fragile. Michelle Carter a souffert d’anorexie et d’auto-mutilations. Conrad Roy III a maintes fois recherché sur Internet comment il pouvait se tuer et a tenté à plusieurs reprises de le faire. Il se décrit dans les moments noirs comme un « minuscule petite particule de cette planète » – « ma vie est une blague ».

En octobre 2012, quand sur Facebook Conrad dit à Michelle qu’il pense au suicide, cette dernière est choquée :

« Tu as encore tant de choses à vivre, s’il te plaît ne le fais pas. »

Deux ans plus tard, début juillet 2014, son attitude est tout autre : elle l’encourage à en finir. Lui dit qu’il est assez fort pour aller jusqu’au bout.

« Je crois que tes parents savent que tu ne vas pas  bien. Je ne suis pas en train de dire qu’ils veulent que tu le fasses mais je crois sincèrement qu’ils peuvent l’accepter. »

« Tout le monde sera triste pendant un temps mais ils vont s’en remettre et avancer. »

Michelle Carter n’a pas fait que l’accompagner/l’encourager, elle l’a également conseillé dans ses choix morbides :

« Pends-toi, jette-toi d’un bâtiment, poignarde-toi, il y a différentes façons de faire. »

« Je le tiens en vie »

Du 6 au 12 juillet 2014, la jeune fille a demandé 40 fois à son petit-ami s’il allait se suicider, a fait savoir le procureur. Elle était virtuellement présente quand il est passé à l’acte.

Pour le procureur, Michelle Carter a joué « un jeu malsain » avec la vie de Conrad. Voulait-elle attirer l’attention sur elle, endosser le rôle de la petite-amie en deuil, suscitant ainsi la sympathie ? C’est une des thèses évoquées au cours du procès.

« Il n’a que moi et il a besoin de moi », écrit-elle en juin 2014 à une fille qu’elle admirait. Ajoutant que si elle le lâchait, il se tuerait probablement, « et ce serait de ma faute ».

« En gros, je le tiens en vie. »

A la barre, un psychiatre a parlé à son sujet de « transformation ». Quelques semaines avant l’issue fatale, l’adolescente qui était sous Prozac depuis ses 14 ans, a changé d’antidépresseur pour du Celexa. Témoignant pour sa défense, le médecin a souligné que de tels traitements pouvaient altérer le jugement, la compréhension ou l’empathie particulièrement chez un adolescent. Michelle Carter pensait-elle bien faire ?

L’avocat de la défense a souligné que le jeune homme avait des envies suicidaires avant de la rencontrer.

« C’était l’idée de Conrad Roy de se suicider, pas celle de Michelle. […] C’était un suicide — un triste et tragique suicide, pas un homicide. »

Peu après la mort de son petit-ami, elle a organisé une collecte de fonds sous la forme d’un tournoi de baseball au nom de Conrad Roy, rapporte le New York Times. La jeune femme dit aujourd’hui vouloir lutter contre le suicide.

« Même si je n’ai pas pu sauver la vie de mon petit-ami »,écrit-elle sur Facebook « je veux  sauver autant de vies que possible ». 

La juge Lawrence Moniz a rendu son verdict vendredi 16 juin : Michelle Carter a été jugée coupable de la mort de son petit-ami.

 

Emilie Brouze

Journaliste

http://tempsreel.nouvelobs.com

Dans la rue, il a les yeux rivés sur son téléphone, puis disparait


Cette pub est peut-être morbide, mais combien réaliste des dangers des téléphones portables même pour un piéton. Malheureusement, que ce soit pour le téléphone au volant ou pour les piétons, le message ne semble pas passer
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Dans la rue, il a les yeux rivés sur son téléphone, puis disparait

L’angoisse des appels téléphoniques est bien réelle, et elle se soigne


Avec tous les téléphones qui circulent dans le monde, on est loin de se douter que certaines personnes ne sont pas à l’aise des appels téléphoniques. Parler à une personne via ce téléphone développe un stress difficile à gérer. Ces personnes préfèrent les courriels, les réseaux sociaux et les SMS. Cela se guérit ! Je présume pour ces personnes doivent faire de gros efforts pour avancer
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L’angoisse des appels téléphoniques est bien réelle, et elle se soigne

 

President Barack Obama talks with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu | The Official White House Photostream via Wikimédia CC License by

President Barack Obama talks with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu | The Official White House Photostream via Wikimédia CC License by

Repéré par Vincent Manilève

Repéré sur Science of Us, Studio404

La popularisation des SMS et des mails a rendu cette épreuve encore plus compliquée pour certaines personnes

Pour quelqu’un qui n’est pas concerné par ce problème, l’anxiété au téléphone peut paraître étrange. Après tout, l’appareil devait permettre de vaincre l’angoisse de parler, en permettant de ne plus avoir à regarder l’autre dans les yeux. Et pourtant, cette angoisse existe belle et bien, et elle est beaucoup plus complexe qu’on ne le croit. L’année dernière, dans le cadre de l’émission Studio404 (à laquelle participe la rédactrice en chef adjointe de Slate.fr Mélissa Bounoua), le chroniqueur Fibre Tigre partageait ses propres angoissesquand il s’agissait d’appeler quelqu’un:

«Vous composez un numéro et vous attendez qu’on vous réponde ou non, chaque bip est un point de suspension, vous vous introduisez dans la vie de quelqu’un sans savoir si à cet instant il souhaite vous répondre. Cette “création d’instance IRL” forcée a un petit coté agressif, voire impoli.»

Et de nos jours, comme les outils de communication (réseaux sociaux, applications de chat, SMS,…) permettent d’éviter de plus en plus les contacts vocaux, les appels deviennent de plus en plus exceptionnels, et donc angoissants.

Pour y remédier, Science of Us a étudié le phénomène et tenté de trouver des solutions. Tout d’abord, il leur fallait comprendre pourquoi ce mal existe. On vient de le voir, les appels téléphoniques deviennent plus rares, à tel point qu’on oublie comment se comporter. Mais ce n’est pas tout. En temps normal, une large partie du langage passe par le corps, une donnée qui disparaît lors d’échanges uniquement vocaux. Il est donc impossible de savoir au téléphone ce que l’autre personne pense réellement, ce qui peut provoquer une source de stress. La situation s’aggrave quand l’appel se déroule à côté d’autres personnes.

Dans un open space par exemple, il est très facile de se sentir jugé si votre voix est la seule à briser le silence ambiant. L’on a alors tendance à trop se contrôler, ce qui peut «rendre une conversation encore plus bizarre, exacerbant les problèmes et les anxiétés qui vont avec».

Ne pas hésiter à se parler à soi-même avant un appel

De plus, explique le site, l’appel téléphonique est source de «pression temporelle».

Fibre Tigre expliquait ainsi à juste titre que «le téléphone est aussi le territoire de l’improvisation: contrairement à un message écrit, vous n’avez pas la possibilité de relire vos bêtises avant d’appuyer sur entrée. Elles sont dites, et puis tant pis  – heureusement que les paroles s’envolent…»

Pour y remédier, Science of Us conseille de s’imposer des appels car c’est en répétant une expérience angoissante que l’on parvient progressivement à la rendre inoffensive. En citant le professeur Alexander Queen de l’université de Tufts, un spécialiste des phénomènes d’anxiété, le site explique qu’il faut utiliser la technique de la «restructuration cognitive».

«Vous pouvez vous dire “Bon, pourquoi est-ce qu’ils répondraient au téléphone s’ils n’étaient pas disponibles pour parler?”»

Un autre professeur explique qu’il faut s’imposer des appels d’au moins cinq minutes avec des personnes désignées.

«Peut-être que vous devriez essayer de vous dire quelques mots à vous-même, à voix haute. Puis, quand il ne reste rien d’autre à faire que de composer le numéro, vous téléphonez.» 

http://www.slate.fr/

Elle discute par sms avec son ami mort


Je ne crois pas que cela soit une bonne chose de communiquer avec un avatar représentant une personne aimée, mais décédée, qu’utiliser des archives de conversation avec l’intelligence artificielle, n’aide pas à faire un deuil difficile
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Elle discute par sms avec son ami mort

 

Fantasme de l’immortalité ou dérive de l’intelligence artificielle?

La start-up américaine Luka travaille depuis quelques années sur l’intelligence artificielle et propose des services personnalisés à sa clientèle. Un jour, devant un épisode de Black Mirror, son CEO Eugenia Kuyda pense à son ami décédé et lui vient l’idée de reproduire le concept de la série: concevoir un avatar du défunt pour atténuer la souffrance du deuil, relate dans un article consacré L’Obs/Rue89

Conversation virtuelle

Elle récolte alors tous les sms, tous les courriels, tous les échanges avec son ami disparu et créé un « chatbot » de toutes pièces, soit une intelligence artificielle capable de dialoguer avec elle en s’inspirant des archives et du style développé tout au long de leurs années de communication. L’avatar de Roman Mazurenko prend vie, une étrange conversation à découvrir sur le site spécialisé The Verge.

Réflexion

L’expérience questionne avant tout le concept de la mort et l’incompréhension croissante de ce statut au sein de la société actuelle, sa non-acceptation à l’heure du monde ultraconnecté où les morts peuvent survivre virtuellement et donner l’illusion d’interagir d’outre-tombe. Une démarche qui ne facilite en rien le travail du deuil.

http://www.7sur7.be/