Découverte incroyable d’un petit crustacé vieux 430 millions d’années


Ce petit crustacé a demeuré intact autant la carapace que ses parties molles malgré ses 430 millions d’années. Cette préservation extraordinaire est peut-être aux cendres volcaniques …
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Découverte incroyable d’un petit crustacé vieux 430 millions d’années

 

crustacé découverte 430 millions fossile

Un petit crustacé vieux de 430 millions d’années retrouvé quasiment intact. Crédit: Anna33 / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 2.5

par Brice Louvet

Une équipe de chercheurs annonce la découverte, au Royaume-Uni, d’un petit crustacé fossilisé dans des roches vieilles de 430 millions d’années. Même les tissus mous ont été préservés

 Les détails de l’étude sont publiés dans les Biology Letters.

Imaginez il y a 430 millions d’années, un petit crustacé de quelques millimètres de long seulement, parent des crabes et crevettes modernes, en train d’évoluer dans les eaux qui couvraient à cette époque le sud de l’Angleterre. Une éruption volcanique, quelque part dans le monde, éclate alors soudainement, projetant dans l’atmosphère des tonnes de cendres volcaniques. Certaines viendront alors s’échouer en mer, pour finalement venir s’enfoncer vers le fond, piégeant notre petit crustacé, retrouvé 430 millions d’années plus tard.

Carapace et tissus mous

Ce pourrait être le scénario subit par ce petit ostracode (Spiricopia aurita, ou « souffle de vie »). Autre surprise : outre sa carapace, les chercheurs expliquent avoir également retrouvé ses membres, ses yeux, ses intestins et ses branchies. Extraire des parties molles datant de cette époque est extrêmement rare, voilà de quoi nous donner un aperçu assez détaillé, par exemple, du système respiratoire de l’animal.

Celui-ci comprendrait cinq paires de lamelles branchiales dotées de canaux véhiculant l’hémolymphe (équivalent du sang chez les invertébrés). Les chercheurs soupçonnent alors la présence d’un cœur qui, si c’est le cas, aurait donc évolué chez les représentants de ce groupe commun de micro-crustacés il y a au moins 430 millions d’années.

ostracode

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Crédits : Biology Letters, November 2018, Volume 14, issue 11

Une découverte rare

« Il s’agit d’une découverte passionnante et rare, dans laquelle les parties molles de l’animal sont préservées ainsi que sa coquille (…), ce qui nous donne un aperçu fascinant de la paléobiologie de l’animal et nous fournit ici des informations sur les systèmes organiques et les activités métaboliques associées dans un groupe très répandu d’arthropodes fossiles et vivants », explique David Siveter, du département de géographie, géologie et environnement de l’Université de Leicester.

À cette époque (le Silurien), le continent Gondwana était situé plus au sud, les autres continents se rapprochaient pour commencer la formation d’un second supercontinent. Dans ces eaux (de la future Angleterre), ce petit crustacé partageait probablement les lieux avec d’autres membres de son espèce, mais aussi plusieurs anciens poissons, tels que Pteraspis ou Cephalaspis.

Source

https://sciencepost.fr

L’île d’Anticosti dévoile le secret d’une extinction massive


Il fut une époque lors du super continent, le Gondwana, il y a eu une explosion de la biodiversité, il y a 540 millions d’années, puis les changements climatiques à cause de grande perte d’oxygène aux océans, ce qui a provoqué une extinction massive, d’autres suivront des millions d’années plus tard. Ce qui nous montre ce qu’il risque d’arriver avec les changements climatiques qui vont s’aggravant dans les années à venir
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L’île d’Anticosti dévoile le secret d’une extinction massive

 

La bande grise de roc nu correspond à... (Photo fournie par l'Université d'Ottawa)

La bande grise de roc nu correspond à l’ordovicien et la bande brune avec de la végétation, à la fin de l’ordovicien.

PHOTO FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA

 

MATHIEU PERREAULT
La Presse

Un géologue de l’Université d’Ottawa a trouvé à l’île d’Anticosti la preuve que le manque d’oxygène dans les mers il y a 445 millions d’années avait entraîné la grande extinction de la fin de l’ordovicien, quand 85 % des espèces vivantes sont mortes. Il a utilisé une technique novatrice d’analyse des traces d’uranium dans le roc.

Anticosti

PHOTO FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA

UNE HYPOTHÈSE ÉCARTÉE

Deux hypothèses s’affrontaient pour expliquer la grande extinction de la fin de l’ordovicien, avant le silurien, voilà 445 millions d’années : le manque d’oxygène dans les océans et une grande glaciation qui a vu la majeure partie des continents recouverte par la glace.

« On a vu que la chute de la quantité d’oxygène avait commencé avant la glaciation et s’était poursuivie après, alors il semble y avoir un stress environnemental lié à l’extinction pendant une longue période de temps », explique André Desrochers, géologue à l’Université d’Ottawa, qui travaille à Anticosti depuis 30 ans et est l’auteur principal de l’étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). « La baisse d’oxygène a eu lieu avant le maximum glaciaire. »

MESURER DES ATOMES

La technologie utilisée par le géologue d’Ottawa est née voilà 10 ans.

« On mesure des atomes d’uranium, dit M. Desrochers. Ce sont des quantités excessivement faibles, très difficiles à analyser en laboratoire. Nous avons calculé le rapport entre deux isotopes d’uranium [atomes d’uranium différant par le nombre de neutrons contenus dans le noyau], et avec ça, on voit un changement majeur qui ne peut s’expliquer que par une baisse de l’oxygène dissous dans les océans. On ne connaît pas la quantité d’oxygène dans l’atmosphère. »

EXPLOSION DE LA BIODIVERSITÉ

L’ordovicien, période géologique qui s’étend de 485 à 445 millions d’années avant notre ère, a connu une explosion sans précédent de la biodiversité.

« C’était surtout dans la mer. Il y avait beaucoup, beaucoup d’invertébrés, dit M. Desrochers. Sur la terre ferme, il y avait peu de végétation et elle était très clairsemée. La vie a commencé à se diversifier sur notre planète il y a 540 millions d’années. »

LE CO2 CAPTURÉ PAR L’ÉROSION

La glaciation de la fin de l’ordovicien est survenue avec la diminution de la quantité de dioxyde carbone (CO2), un gaz à effet de serre, dans l’atmosphère.

« À l’époque, il y avait de 10 à 15 fois plus de CO2 dans l’atmosphère qu’aujourd’hui », dit M. Desrochers, en entrevue alors qu’il se rend donner une formation aux guides du parc national de Mingan.

 « C’est probablement à cause de la formation des grandes chaînes de montagnes. L’érosion chimique des roches capture beaucoup de CO2. »

L’étendue de la glaciation était probablement comparable à celle d’il y a 20 000 ans.

« Il y avait un immense continent, le Gondwana, au pôle Sud. C’est là qu’avait lieu la glaciation. Ça correspond notamment à des terres qui se trouvent aujourd’hui au Maroc. J’y ai aussi travaillé et on voit une corrélation très nette entre la quantité de dépôts glaciaires et le niveau de la mer tel que mesuré à Anticosti. »

L’IMPACT DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Selon les calculs de M. Desrochers, à la fin de l’ordovicien, 15 % des fonds océaniques étaient « anoxiques », c’est-à-dire qu’il n’y avait pas d’oxygène dans l’eau.

« Maintenant, moins de 1 % des fonds océaniques sont anoxiques. Mais on sait qu’avec les changements climatiques, depuis 50 ans, les océans perdent leur oxygène. La quantité d’oxygène a baissé de 2 %. C’est en partie à cause de l’acidification et en partie à cause du réchauffement des eaux. »

96 % Proportion des espèces disparues lors de l’extinction de la fin du permien, voilà 251 millions d’années

76 % Proportion des espèces disparues lors de l’extinction de la fin du crétacé, voilà 66 millions d’années

75 % Proportion des espèces actuelles qui pourraient disparaître dans les prochains siècles à cause des changements climatiques

« UN SITE UNIQUE AU MONDE »

André Desrochers espère que sa découverte accélérera la désignation d’Anticosti comme site du patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

« Sur le plan géologique, Anticosti est assez intacte, contrairement à ce qui se passe sur le plan écologique, à cause de l’exploitation forestière. Alors on a de bonnes chances d’être choisi par l’UNESCO. On a un site unique au monde, parce qu’Anticosti était au fond d’une mer à l’équateur et pas trop profond, de sorte qu’il y avait beaucoup de sédimentation. Dans d’autres sites, le taux de sédimentation se faisait de 10 à 100 fois moins vite, si bien qu’on doit analyser la frontière entre l’ordovicien et le silurien sur seulement quelques mètres. Mais il faut prévoir la protection et la valorisation géologique quand même. »

La perspective d’une exploitation pétrolière pose-t-elle problème ?

« Je ne pense pas, les forages ont plutôt été dans le centre-sud de l’île. La frontière ordovicien-silurien se trouve plutôt à l’ouest, sur les falaises côtières. Et je pense qu’il est difficile de revenir en arrière au sujet de l’interdiction de l’exploitation pétrolière. Les sociétés ont été compensées assez largement. »

http://www.lapresse.ca/