Le Saviez-Vous ► Comment élucider un meurtre commis il y a 1 400 ans ?


La professeure Sue Black est une anthropologue judiciaire très reconnue. Elle exerce au Royaume-Uni. J’ai vu quelques reportages à la télévision sur des énigmes du passé qu’elle et son équipe ont résolue à la manière de la série. J’avoue que l’anthropologie et la science médico-légale me passionne. Comprendre ce qui s’est passé, dans un passé proche ou lointain. Des indices sur un corps humain, l’entourage, l’environnement et l’histoire qui entourent un squelette est palpitant
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Comment élucider un meurtre commis il y a 1 400 ans ?

 

Le professeur Sue Black est une légende vivante de l’anthropologie judiciaire. En examinant de vieux os, elle reconstitue des crimes commis il y a des siècles

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par  Nolwenn Jaumouillé

« Oh ! Mon Picte ! Qu’il est beau… il est merveilleux ! » s’exclame Sue Black, hilare.

Le fameux Picte devant lequel l’anthropologue judiciaire écossaise s’extasie, qu’elle et son équipe ont baptisé « Rosemarkie Man », est en réalité un squelette récemment découvert dans les Highlands. Il a été retrouvé dans une des grottes marines dont sont truffées les côtes de cette partie de l’Écosse, lors d’une fouille archéologique menée par le professeur Steven Birch. Utilisées pendant des milliers d’années par des êtres humains, l’équipe était venue explorer l’une des cavités, connue pour être la salle des forgerons d’une ancienne tribu picte. Sans surprise, les archéologues y ont trouvé toutes sortes de morceaux de métal. Mais le dernier jour des recherches s’est soldé par une trouvaille inattendue : les chercheurs ont déterré des ossements, qu’ils ont d’abord associé à un chevreuil avant de s’apercevoir qu’ils avaient sans aucun doute mis au jour un squelette humain.

Procédure habituelle, la police une fois contactée s’est adressée au Center for Anatomy and Human Identification de l’université de Dundee (CAHID), que dirige la captivante Sue Black.

« J’ai pu leur dire tout de suite que ces os étaient anciens, très anciens. »

Les autorités se sont alors retirées de l’affaire, mais les archéologues, eux, brûlaient d’en savoir plus.

« L’homme avait été brutalement mis à mort, avant d’être entreposé ici avec considération, selon la tradition picte – les bras croisés », décrit Steven Birch.

En travaillant comme s’il s’agissait d’une affaire médico-légale, l’équipe de Sue Black a ainsi pu déterminer que le visage et le crâne de cet homme ayant vécu entre 430 et 630 ap. J.-C. avaient été fracturés avec une extrême violence. Son collègue Chris Rynn, responsable des identifications et reconstitutions faciales, a pris tous les fragments du squelette et les a replacés ensemble en 3D sur l’ordinateur afin de lui reconstruire ce magnifique visage qui a conquis le grand public.

L’université du Dundee, en Écosse, est particulièrement réputée pour son centre de recherche dédié à l’anthropologie judiciaire. Un champ d’études qui consiste à tirer le plus d’informations possibles en analysant un corps ou un squelette non identifié ou mort dans des circonstances floues. Peu développée jusque dans les années 1990, elle a connu depuis un essor considérable et son apport à la justice comme à l’Histoire lui vaut d’être désormais reconnue à part entière. Pour autant, si élucider des crimes historiques peut sembler fascinant, difficile d’imaginer un enfant rêver de devenir anthropologue judiciaire.

CAHID

Et en effet, drôlement vivante pour quelqu’un qui passe ses journées à s’occuper des morts, le Pr Black part d’un grand éclat de rire lorsqu’on lui pose la question. « Pas vraiment », confie-t-elle. Mais tout a commencé lorsqu’elle avait 12 ans, et qu’elle travaillait chaque samedi dans une boucherie. Une expérience qui l’a très tôt habituée « à travailler avec des muscles, des os, du sang… ce genre de choses ». À l’université, Sue Black a choisi d’étudier la biologie, jusqu’à ce qu’en troisième année, elle ait l’opportunité de se spécialiser en anatomie.

« Or, l’anatomie est tout simplement la boucherie appliquée aux humains : des muscles, des os, du sang, tout pareil. Je me suis tout de suite sentie très à l’aise ! » souligne avec humour cette femme avenante de 56 ans à la chevelure rousse et frisée.

En travaillant à son projet de fin d’études, elle s’est aperçue qu’elle n’avait aucune envie de travailler sur des rats et des souris, mais bien de se confronter à de véritables êtres humains, et d’apprendre à les identifier à partir de leur squelette.

« Je n’ai plus lâché le sujet depuis. »

Ce que Sue Black ne précise pas par modestie, c’est qu’elle a aujourd’hui acquis le statut de légende mondialement connue de ce champ de recherche encore peu développé il y a trois décennies, et mieux connu du grand public depuis les années 2000 grâce à la série Bones. Dans les années 1990 et 2000, la jeune femme a été envoyée avec une équipe pour le compte des Nations Unies au Kosovo puis en Sierra Leone, avec pour mission d’identifier les corps d’un certain nombre de victimes et de bourreaux. Des expériences « extrêmement douloureuses » qu’elle n’échangerait néanmoins pour rien au monde. En 2004, lors du terrible tsunami qui a ravagé Sumatra, elle a de nouveau été envoyée sur les lieux, et elle a plus récemment travaillé sur des cas de torture en Syrie.

Pr Sue Black
Crédits : Dundee University

Mais le quotidien de Sue Black prend racine à l’université de Dundee. Elle y dirige le CAHID, un des plus grands centres au monde consacré à ce domaine si spécifique, et y enseigne parallèlement la matière aux nouvelles générations d’anthropologues judiciaires. Quant à décortiquer des squelettes au nom de la justice – sa passion – :

« On ne sait jamais vraiment quand est-ce que le travail tombera, car on ne peut pas prédire quand il y aura des meurtres. »

 Deux fois par jour environ, la police contacte le centre pour lui demander si des os, que quelqu’un a retrouvé dans son jardin, ont une chance d’appartenir à un être humain. Chaque année, environ 600 cas de ce type leur parviennent du Royaume-Uni et de l’étranger.

Et « 99,8 % du temps, ce sont des restes d’animaux, probablement de leur barbecue ».

Plus rarement, ils s’agit d’un cadavre récent, en cours de décomposition, ou plus ancien, qui prend alors la forme d’un squelette.

« La majeure partie du temps, notre travail consiste à identifier des personnes décédées et d’en dire le plus possible sur leur mort à partir de leurs restes. La police n’a parfois pas encore retrouvé le corps, et nous intervenons aussi dans les phases de recherche : un crash d’avion ou des crimes de guerre, par exemple. »

À partir de là, les scientifiques de l’université de Dundee endossent le rôle d’experts qui leur donne une crédibilité certaine devant les tribunaux. C’est ainsi que Sue Black, spécialisée dans l’identification à partir des mains, a pu notamment aider au démantèlement de réseaux de pédophilie.

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Épidémie d’Ebola: «On est devant l’inconnu total»


Un virus démocratique !!! Le virus Ébola ne fait pas de distinction entre les l’âge et le sexe des gens. Mais, dans les pays en voie de développement, il est difficile de sensibiliser les gens pour mieux cerner ce virus. Il faut dire que Médecins sans Frontières fait un travail remarquable, et ce, malgré toutes les précautions peuvent aussi être contaminés
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Épidémie d’Ebola: «On est devant l’inconnu total»

 

Devant l'ampleur de l'épidémie d'Ebola, Médecins sans frontières... (PHOTO SAMUEL ARANDA, THE NEW YORK TIMES)

Devant l’ampleur de l’épidémie d’Ebola, Médecins sans frontières a lancé des appels à l’aide au cours des dernières semaines.

PHOTO SAMUEL ARANDA, THE NEW YORK TIMES

Ariane Lacoursière
La Presse

Le Dr Marc Forget est revenu, la semaine dernière, d’un séjour de sept semaines en Guinée, où il a soigné des patients atteints du virus Ebola avec des équipes de Médecins sans frontières. Plongé au coeur de «la plus grosse épidémie d’Ebola de l’histoire», qui a fait 670 morts jusqu’à maintenant, le médecin affirme que «nul ne sait quand tout va s’arrêter».

«On est devant l’inconnu total. L’épidémie est d’une telle magnitude qu’on ne sait pas ce qui va se passer.»

Le médecin Marc Forget, qui travaille normalement dans le Grand Nord québécois et pour plusieurs projets humanitaires, a affronté pour la première fois le virus Ebola sur le terrain au cours des dernières semaines. En Guinée, il a constaté l’ampleur de l’épidémie. En plus de ce pays, le Liberia et la Sierra Leone sont touchés. Un cas a même été enregistré en fin de semaine à Lagos, au Nigeria, ce qui fait craindre une recrudescence. Un médecin du Liberia est mort dimanche, et un médecin et une infirmière américains ont contracté la maladie.

Devant l’ampleur de l’épidémie, Médecins sans frontières a lancé des appels à l’aide au cours des dernières semaines.

«On aimerait que d’autres organisations viennent nous aider sur le terrain. Après le tsunami en Indonésie, 3000 ONG s’étaient déplacées. Mais là, on est pas mal seuls sur le terrain», note le Dr Forget.

Il reconnaît toutefois que le virus Ebola «fait peur», ce qui pourrait expliquer la frilosité des organisations d’aide.

Premier contact

«Au départ, la maladie est non spécifique. Elle ressemble à une grippe. Puis, le virus se multiplie. Tellement que plusieurs patients ont des atteintes neurologiques. Ils deviennent confus. La plupart meurent d’un choc ou d’une atteinte neurologique sévère», explique-t-il.

Marc Forget... (Image tirée d'une vidéo de Médecins Sans frontières) - image 2.0

Marc Forget

Image tirée d’une vidéo de Médecins Sans frontières

Il n’existe pas de traitement pour la maladie.

«On donne des antibiotiques, des vitamines, des solutés, en espérant que le système immunitaire du patient finira par prendre le dessus», affirme le Dr Forget.

Il mentionne également que le virus est «démocratique» et touche autant les jeunes que les vieux, les hommes que les femmes.

«Le virus génère beaucoup d’insécurité et de peur. Où j’étais, en Guinée, il y a plusieurs villages de 150 habitants qui sont tous isolés. Chaque fois qu’on arrivait dans un village, il fallait expliquer ce que l’on faisait et sensibiliser la population. On perdait beaucoup de temps. Il y a un réel besoin de sensibilisation de masse», note-t-il.

Mais comme l’explique le Dr Forget, l’épidémie touche des pays pauvres, aux ressources limitées, qui ne peuvent mettre en place des systèmes d’information efficaces en peu de temps.

Durant son séjour en Guinée, le Dr Forget reconnaît qu’il a eu peur. Surtout cette journée où il a commencé à se sentir malade.

«J’espérais que je ne l’avais pas. Mais j’ai toujours suivi les protocoles. On a une façon de s’habiller. Une façon de se déshabiller. On se fait tellement asperger de chlore à longueur de journée qu’on finit par sentir la piscine. J’étais bien protégé.»

Le Dr Forget prévoit une autre mission avec Médecins sans frontières à l’automne, vraisemblablement encore auprès de patients atteints de l’Ebola.

Danger pour le Canada?

 

Le printemps dernier, le cas d’un voyageur arrivé en Saskatchewan et qu’on croyait atteint de l’Ebola a fait la manchette au Canada. Ce cas s’est finalement avéré négatif.

Questionné à savoir si le virus pourrait apparaître ici, le Dr Marc Forget se fait rassurant.

« Avec les transports aujourd’hui, il y a bien entendu des risques de voir arriver un voyageur infecté. Mais la qualité des services de santé publique canadiens mettrait rapidement fin à la maladie. Le virus ne saute pas sur les gens. Il faut être en contact avec des fluides corporels. La population pourrait être sensibilisée rapidement et les gens infectés, rapidement isolés. »

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L’épidémie d’Ebola «hors de contrôle» selon MSF


Alors que l’homme soit avancé en technologie, en armée, que les hommes qui gouvernent le monde sont puissants, ils ne peuvent pourtant rien devant ce qui est plus petit qu’une fourmi, Les virus narguent les scientifiques en attente de trouver un antidote contre des épidémies
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L’épidémie d’Ebola «hors de contrôle» selon MSF

 

Selon des bilans pour les trois pays communiqués... (PHOTO CELLOU BINANI, ARCHIVES AFP)

Selon des bilans pour les trois pays communiqués lundi par l’Organisation mondiale de la Santé, la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia ont enregistré depuis le début de l’année 567 cas de fièvre hémorragique.

PHOTO CELLOU BINANI, ARCHIVES AFP

Agence France-Presse
DAKAR

La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone comptent «60 foyers actifs» de fièvre hémorragique en grande partie due au virus Ebola, aujourd’hui «hors de contrôle» et qui menace de se propager à d’autres zones, a indiqué lundi l’ONG Médecins sans frontières (MSF).

Cette épidémie «est d’une ampleur sans précédent de par sa répartition géographique, de par le nombre de cas et le nombre de victimes», a affirmé MSF dans un communiqué reçu par l’AFP à Dakar.

«60 foyers actifs ont également été identifiés dans ces trois pays», a ajouté MSF, sans préciser la répartition géographique de ces foyers.

«L’épidémie est hors de contrôle. Avec l’apparition de nouveaux foyers en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, le risque d’une propagation à d’autres zones est aujourd’hui réel», a averti le docteur Bart Janssens, directeur des opérations de MSF.

Selon des bilans pour les trois pays communiqués lundi par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia ont enregistré depuis le début de l’année 567 cas de fièvre hémorragique, dont 385 ont été confirmés par des analyses comme étant dus au virus Ebola. On y dénombre 350 morts sur les 567 cas recensés, soit un taux de décès de près de 62%.

La Guinée, d’où la flambée est partie, est le pays le plus affecté avec 390 cas de fièvre (dont 267 mortels). Les analyses ont confirmé la présence d’Ebola dans 258 cas sur les 390. Parmi les zones les plus affectées, figurent Guéckédou, Macenta (sud) et Conakry, la capitale, ainsi que Telimélé, Boffa (ouest) et Kouroussa (est), d’après l’OMS.

De même source, la Sierra Leone a dénombré 136 cas de fièvre dont 58 mortels. 103 des 136 cas ont été confirmés comme étant dus à Ebola. L’épidémie affecte essentiellement les régions Kailahun et Kenema (est).

Depuis le 13 juin et jusqu’à nouvel ordre, les écoles du district de Kailahun sont fermées et les rassemblements publics interdits par le gouvernement.

Selon des résidents joints lundi par l’AFP dans ce district, la peur d’Ebola a poussé les populations à réduire leurs déplacements et éviter les contacts physiques au maximum.

Grâce à la campagne de sensibilisation, les habitants ont compris les risques et prennent des précautions individuelles, a indiqué Momodu Momoh, directeur d’école. Selon lui, beaucoup se promènent en permanence avec des solutions chlorées qu’ils utilisent comme désinfectant.

Au Liberia, selon l’OMS, il a été comptabilisé 41 cas (dont 24 mortels) de fièvre hémorragique et sur ce total, 25 ont été confirmés comme étant dus à l’Ebola. Les régions de Lofa (nord-ouest) et Montserrado (ouest), où est située la capitale Monrovia, font partie des régions les plus touchées. Des cas ont aussi été rapportés dans celles de Margibi (nord-ouest) et Nimba (nord).

Les humanitaires et autorités sanitaires ont expliqué faire face à un nouveau pic depuis fin mai, après avoir constaté une baisse des nouveaux cas entre avril et mai.

Selon MSF, «la recrudescence de cas d’Ebola en Afrique de l’Ouest est due à la mobilité de la population qui assiste à des funérailles où les mesures de contrôle de l’infection ne sont pas appliquées».

Le virus Ebola est hautement contagieux et mortel dans 25 à 90% des cas, selon l’OMS. Il se transmet à l’homme à partir d’animaux sauvages et se propage ensuite d’homme à homme. Il n’y a pas de vaccin ni de traitement spécifique contre la fièvre Ebola.

«La multiplication des zones touchées rend difficile la prise en charge des patients et le contrôle de l’épidémie», a affirmé MSF, qui compte «actuellement près de 300 travailleurs expatriés et nationaux» dans les trois pays où elle a pris en charge dans ses centres de traitement depuis mars «près de 470 patients dont 215 cas confirmés» d’Ebola selon son communiqué.

Elle ne peut plus envoyer des équipes sur les nouveaux foyers «qui nécessitent pourtant une prise en charge urgente», a dit l’ONG.

http://www.lapresse.ca/