Mon ordi mon meilleur ami


Comme dans toute chose, au début nombre d’entre nous ont eu une certaines dépendance a Internet .. quand ils ont commencé a communiqué via les forums, blog, Facebook, twitter, jeux, le chat etc .. mais généralement on s’aperçoit qu’après Internet la vie existe .. Alors d’autres cette dépendance viens envahir la vie réelle, de la maison au travail et sacrifiant bien des activités et loisirs
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Mon ordi mon meilleur ami

PAR MARTHE MARTEL  | PHOTO: ISTOCK

Quand notre ordinateur devient notre plus fidèle ami et qu’il n’y a plus de place pour rien d’autre, il y a lieu de se poser des questions, surtout si notre entourage se sent négligé. Pistes de réflexion.

Cybersexe, casinos virtuels, clavardage, courriels, achats en ligne… La dépendance à l’ordinateur peut prendre différentes formes et cacher plusieurs problèmes. Et parfois, il est difficile de faire la différence entre une personne qui apprécie tout simplement Internet et une autre pour qui son utilisation pose un réel problème. Pour le psychologue Michel Campbell, il n’y a aucun mal à naviguer chaque jour sur le Net si on continue à «nourrir» toutes les sphères de sa vie et si on peut se passer de l’ordinateur. Mais si la «vie virtuelle» affecte les relations sociales et familiales, le travail ou les revenus, il y a lieu de penser qu’on a une dépendance. 

En congé de maternité, Marie-Claude commence toujours sa journée en faisant le tour de ses blogues préférés et elle a même crée le sien, sur lequel elle écrit régulièrement. Elle y trouve du soutien dans son nouveau rôle de maman. Dans un tel cas, il n’y a rien à redire, mais pour Julie, c’est autre chose. Célibataire âgée de 35 ans, cette dernière s’est forgé un personnage virtuel et elle échange avec un homme qu’elle a connu sur un site de rencontres. Ils s’excitent mutuellement, et elle adore ce petit jeu. Mais voilà que, depuis quelque temps, elle vérifie ses messages de 20 à 30 fois par jour, même quand elle est au travail… Là, il y a vraiment un problème!

Ce qui caractérise une dépendance, c’est la souffrance qui l’accompagne.

«Il y a des gens pour qui l’ordinateur prend tellement de place qu’ils n’ont plus de qualité de vie; certains dépensent une fortune pour s’abonner à des sites, d’autres remplissent leurs cartes de crédit en jouant au casino virtuel… Ils ont des remords, ils présentent des symptômes de dépression et des signes physiques de détresse», souligne le psychologue Jean-Pierre Rochon, qui a créé un site Internet pour venir en aide aux cyberdépendants.   

Toutefois, comme les alcooliques, les cyberdépendants passent souvent par une phase de déni. C’est la réaction de leur entourage, victime de la situation, qui les amène alors à entreprendre une thérapie. Par exemple, Lucie, 40 ans, a décidé de consulter après que son conjoint l’a menacée de la quitter. Il lui reprochait de passer tout son temps sur le Net. Et lorsqu’elle a prétexté un surplus de travail pour ne pas participer à une escapade familiale afin de pouvoir répondre à ses courriels, ç’a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.  

Les accros du Net sont incapables de résister à l’appel de cette technologie qui les attire; ils consomment, puis se sentent coupables… et ils recommencent. Selon Jean-Pierre Rochon, les cyberdépendants ressentent la même excitation et ont les mêmes réactions biochimiques que les autres types de dépendants lorsqu’ils sont en contact avec «leur substance». Et si on les prive de celle-ci, ils présentent des symptômes de sevrage. Par exemple, quand Lucie a été privée de son ordinateur pendant une semaine parce qu’il était en panne, son conjoint lui a fait remarquer qu’elle était impatiente et agressive. Il arrive également que les cyberdépendants aient déjà eu d’autres dépendances.

«Ce sont des gens qui ont une tendance à être compulsifs», affirme Michel Campbell.

Sur le Net, Lucie avait son groupe de correspondants réguliers, dont deux hommes qu’elle affectionnait particulièrement. Elle aimait cette «amitié amoureuse» aux limites floues qu’elle entretenait.

«Pour la première fois depuis longtemps, je me sentais écoutée, admirée, désirée… Un de mes contacts m’envoyait même des poèmes. Je savais qu’il était marié, lui aussi, mais je me disais qu’on ne faisait de mal à personne», souligne Lucie, qui a finalement entrepris une thérapie.

Lucie refusait-elle de s’avouer que son couple battait de l’aile? Fuyait-elle la réalité? Est-elle dépendante affective? Internet lui donnait-il cette facilité à communiquer qui lui fait tant défaut dans la vie? Selon Michel Campbell, les situations pouvant mener à la cyberdépendance sont multiples.

«On retrouve chez les gens compulsifs un taux élevé de problèmes affectifs ainsi qu’un manque de confiance en soi et d’estime de soi», dit-il. 

Quant à Jean-Pierre Rochon, il pense que certaines personnes sont capables de se sortir seules d’une dépendance au Net, même si la plupart ont besoin d’une aide extérieure.

«La cyberdépendance, ça se traite. Toutefois, ça dépend du degré d’investissement de la personne qui vient en thérapie», dit-il.

Et son approche est différente selon qu’il s’agit d’un problème de cyberpornographie, de dépendance affective, de jeu compulsif, etc.

«Ce n’est pas un traitement simple, termine Michel Campbell. Il faut trouver quelqu’un qui a la formation nécessaire et qui sait comment traiter ce genre de problème.»

Sur son site Internet (www.psynternaute.com), Jean-Pierre Rochon énumère les signes diagnostiques de cyberdépendance. Si on répond à cinq critères pendant une période prolongée, on a probablement besoin d’aide professionnelle.

Êtes-vous cyberdépendant ?

  1. Préoccupation fréquente au sujet de notre comportement en rapport avec Internet;
  2. Intensité et durée des épisodes sur le Net plus importantes que souhaité;
  3. Tentatives répétées pour réduire, contrôler ou abandonner notre comportement virtuel;
  4. Temps important consacré à préparer les épisodes, à les entreprendre, ou à s’en remettre;
  5. Survenue fréquente d’épisodes de cyberdépendance au moment d’accomplir des obligations professionnelles, scolaires, familiales ou sociales;
  6. Activités sociales, professionnelles ou récréatives majeures sacrifiées;
  7. Perpétuation du comportement, même si on sait qu’il cause ou aggrave le problème;
  8. Besoin d’augmenter l’intensité ou la fréquence d’utilisation d’Internet pour obtenir l’effet désiré;
  9. Agitation ou irritabilité en cas d’impossibilité de s’adonner au comportement de cyberdépendance.

 

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Naître drogué de parents accros


Quand je pense qu’on voudrait légaliser les drogues, alors qu’il y a tellement de conséquences pour le corps et le cerveau. Imaginez les bébés qui dans l’utérus rentre en contact avec les drogues, alcool, cigarettes et médicaments .. c’est un début de vie bien difficile pour ce petit être.
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Naître drogué de parents accros

Naître drogué de parents accros

Leur corps minuscule s’est habitué à l’héroïne, aux médicaments antidouleur ou à la méthadone dans l’utérus de leur mère. À la naissance, lorsqu’ils en sont brutalement privés, c’est la souffrance.

Photo: Alain Roberge, La Presse

Marie-Claude Malboeuf
La Presse

Chaque année, au Québec, près d’une centaine de bébés doivent être sevrés parce qu’ils naissent drogués et sont en manque d’opiacés, révèlent les toutes dernières données de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

Leur corps minuscule s’est habitué à l’héroïne, aux médicaments antidouleur ou à la méthadone dans l’utérus de leur mère. À la naissance, lorsqu’ils en sont brutalement privés, c’est la souffrance. Après quelques jours, les bébés les plus touchés peuvent se mettre à trembler, à pousser des cris aigus, à vomir, à respirer péniblement, à s’agiter et à pleurer intensément dès qu’un bruit, une lueur ou un mouvement les perturbe. Certains symptômes peuvent mettre des semaines à disparaître.

Les mères ne viennent pas toutes de la rue ou de milieux pauvres, même si c’est souvent le cas.

«J’ai accouché des avocates et des notaires qui prenaient de l’héroïne de façon récréative», rapporte l’obstétricien montréalais Samuel Harper, qui suit la majorité des héroïnomanes enceintes.

Dans son bureau du CLSC des Faubourgs, dans le quartier Centre-Sud, il suit aussi la grossesse d’un petit nombre de femmes incapables de se passer de médicaments antidouleur. Dérivés du pavot, comme l’héroïne, ils leur ont été prescrits à la suite d’une opération ou pour soulager de violents maux de dos, et les choses ont mal tourné.

En Ontario, dans les deux dernières années, la forte popularité de ces médicaments a fait augmenter de 38% le nombre de bébés qui ont nécessité un sevrage, constate l’ICIS. Au Québec, leur nombre a parallèlement baissé de 21% – une donnée surprenante puisque le nombre de Québécois consommateurs d’opiacés d’ordonnance a bondi de 182% depuis 2000, tandis que les dépenses du gouvernement pour le paiement de l’un d’eux (l’OXyContin) ont augmenté de 1280%.

Les toxicomanes québécoises sont peut-être plus prudentes que les autres durant leur grossesse.

«Malgré nos efforts, il est aussi possible que plusieurs femmes passent encore inaperçues, avance le Dr Harper. Celles qui fonctionnent bien n’éveillent pas les soupçons et peuvent avoir déjà quitté l’hôpital quand les premiers symptômes de sevrage se manifestent, après quelques jours.»

Des milliers de bébés touchés

Les patientes du Dr Harper accouchent pourtant au Centre des naissances du CHUM, qui se trouve à l’avant-garde pour le dépistage et l’accompagnement des mères toxicomanes. Le centre en a dépisté 111 en 2010-2011 (39 abusaient de cannabis, 29 de cocaïne, 22 d’opiacés, 15 d’alcool et 6 d’amphétamines), et sevré 19 bébés.

Ailleurs, l’ampleur du problème est encore plus difficile à cerner, même si le dépistage des femmes enceintes devrait être «systématique», selon le Plan d’action interministériel en toxicomanie 2006-2011. On y lit que 5% des Québécoises font une consommation abusive d’alcool durant leur grossesse et que, dans certains secteurs, 10% se droguent alors qu’elles attendent un bébé.

Les gynécologues doivent poser plus de questions et envoyer plus souvent leurs patientes aux travailleurs sociaux, car plusieurs d’entre elles ont le réflexe de minimiser les quantités qu’elles consomment», plaide l’infirmière-chef du service de néonatalogie de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, Patricia Geraldes.

L’an dernier, de 20 à 25 femmes accros à la cocaïne ou aux amphétamines ont accouché à son hôpital. Les femmes enceintes qui consomment du cannabis s’y comptent carrément par dizaines, mais elles ne sont pas nécessairement ciblées pour cette raison.

«On leur suggère quand même de fumer moins», indique la travailleuse sociale Maude Ménard.

Comme le tabac, le cannabis peut causer des retards de croissance. La cocaïne et les amphétamines aussi, en plus de provoquer chaque année des dizaines de naissances prématurées.

«À long terme, ces substances laissent même plus de traces dans le cerveau que les opiacés», affirme l’anesthésiologiste Édith Villeneuve, chef de la Clinique antidouleur du CHU Sainte-Justine.

Les bébés qui y ont été exposés restent hospitalisés jusqu’à ce que toute trace de drogue ait disparu de leur urine. Pour les soulager, il n’y a pas grand-chose à faire.

«Quand il s’agit d’une substance qu’on ne trouve que dans la rue et qui a pu être mélangée à toutes sortes de choses, ses effets sont plus néfastes, et c’est impensable d’en donner à un bébé, même à toutes petites doses», précise la Dre Villeneuve. Elle se rabat donc, à l’occasion, sur des médicaments qui servent à réduire l’anxiété ou l’hyperactivité, ou encore à induire la somnolence.

On donne parfois de la caféine aux bébés exposés à la cocaïne, dit de son côté Patricia Geraldes. En général, les mères n’ont eu aucun suivi de grossesse. Elles arrivent à la salle d’accouchement en pleine crise, sans carte d’assurance maladie. Mais d’autres nous arrivent très adéquates. Elles sont organisées et n’ont pas l’air d’avoir consommé. On le découvre parce que le bébé ne va pas bien.»

Ces mères ont beau être moins démunies, la travailleuse sociale Maude Ménard s’en inquiète.

 «Gérer un emploi tout en consommant, c’est une chose; être parent, c’en est une autre, dit-elle. La fatigue fragilise. Sans compter qu’avoir un enfant, c’est très confrontant. Ça peut aggraver les problèmes.»

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Imiter Toronto et Vancouver

Depuis plus de 10 ans, le CHUM cherche à ouvrir un centre périnatal et familial en toxicomanie où les parents trouveraient tout sous le même toit: thérapies, diagnostics, soins médicaux, conseils éducatifs, dépistage, stimulation, gardiennage, etc.

Vancouver et Toronto ont déjà leur centre de suivi (Sheeway Project et Breaking the Cycle), et ils sont apparemment très efficaces.

«Si le bébé est stimulé après sa naissance, si on aide la mère à lui offrir de bonnes conditions de vie, il peut s’en tirer relativement bien. Même s’il a été exposé à la drogue, plusieurs effets se résorbent», souligne l’obstétricien Samuel Harper.

À Montréal, les parents doivent faire le tour de la ville pour obtenir les services dont ils ont besoin, se désole la travailleuse sociale Marielle Venne. Ce n’est pas très efficace. Souvent, ils n’osent pas tout dire à leur pédiatre, qui prescrit des examens inutiles.»

Déjà en 1999, le Comité permanent de lutte contre la toxicomanie a applaudi le projet du CHUM, mais le centre hospitalier est toujours à la recherche de partenaires pour le lancer.

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Le crack moins nocif que l’alcool

Au risque de choquer, le Dr Samuel Harper est catégorique:

«Ce qui est légal – le tabac et l’alcool en grande quantité – est pas mal plus dangereux pour le foetus que certaines drogues illicites.»

Et le gynécologue n’hésite pas à le dire aux héroïnomanes enceintes qu’il suit au CLSC des Faubourgs, en plein coeur du quartier Centre-Sud, à Montréal.

«J’aime mieux que mes patientes arrêtent la cigarette que la méthadone, dit-il. Et j’aime mieux qu’elles prennent un peu de crack chaque jour plutôt que de se soûler une fois par mois.»

À fortes doses, l’alcool peut avoir un effet dévastateur, rappelle le Dr Harper.

«À cet égard, on devrait aussi s’inquiéter pour la dame qui déprime à la maison, et qui va sans doute passer inaperçue parce qu’elle a de l’argent», dit-il.

Pendant la grossesse, le banal Advil est plus problématique que la morphine», affirme de son côté l’anesthésiologiste Édith Villeneuve, chef de la Clinique antidouleur du CHU Sainte-Justine.

Chaque année, elle y traite une dizaine de femmes enceintes qui ont remplacé l’héroïne par la méthadone, plus une dizaine d’autres qui ont besoin d’opiacés pour supporter des douleurs chroniques ou aiguës. Et ce n’est pas une attitude égoïste, dit-elle.

Ces patientes ne veulent rien prendre parce qu’elles trouvent ça atroce pour leur bébé. Mais les douleurs fortes peuvent déclencher des contractions et interrompre la grossesse. Le sevrage est préférable, car il est assez simple quand une femme n’a rien pris d’autre que des opiacés achetés à la pharmacie. La moitié des bébés n’en auront même pas besoin.»

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