Nigeria : des malades mentaux enchaînés et maltraités



Il y a des pays qu’ils ne sont vraiment pas bons d’être différents. L’ignorance de la compréhension des maladies mentales dans des pays comme le Nigeria entraînant de la maltraitance fait par des personnes qui n’ont pas les compétences pour soigner les patients. Malheureusement, des personnes se retrouvent enchaîner dans un périmètre restreint. Certains les affamés ou les fouettés, ou encore, ils n’ont pas accès à l’hygiène la plus élémentaire qui soit.
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Nigeria : des malades mentaux enchaînés et maltraités

PHOTO EMINA CERIMOVIC, FOURNIE PAR HUMAN RIGHTS WATCH

Un homme atteint de maladie mentale est enchaîné au plancher dans un établissement de Kano, dans le nord du Nigeria.

Un rapport de Human Rights Watch lève le voile sur les sévices subis dans les « centres de réadaptation » du pays.

MARC THIBODEAU
LA PRESSE

Des milliers de personnes souffrant de maladie mentale sont enchaînées et détenues contre leur gré au Nigeria par des intervenants mal qualifiés qui leur imposent, en guise de traitement, de « terribles » sévices.

Human Rights Watch (HRW) sonne l’alarme à ce sujet dans un nouveau rapport qui épingle tant les institutions psychiatriques de l’État africain que les « centres de réadaptation » tenus par des organisations islamiques ou chrétiennes ou des adeptes de médecine traditionnelle.

« Les gens souffrant de problèmes de santé mentale devraient être soutenus avec des services efficaces dans leur communauté plutôt que d’être enchaînés et maltraités », relève une chercheuse de l’organisation, Emina Cerimovic, qui a observé la problématique à l’échelle du pays.

Dans bien des régions, les personnes sont obligées de se tourner vers des établissements aux pratiques condamnables, faute de mieux.

« Il n’y a souvent pas d’autre option. Plusieurs des communautés que j’ai visitées n’ont même pas d’accès facile à un médecin ou à une infirmière », relève Mme Cerimovic en entrevue.

Les risques de mauvais traitements sont amplifiés par une mauvaise compréhension de la nature des maladies mentales, qui sont encore trop souvent vues par les familles comme le résultat de forces surnaturelles ou de mauvais esprits.

Retenus pendant des années

Pas moins de 27 des 28 établissements visités par Human Rights Watch utilisaient des chaînes pour immobiliser les personnes détenues, qui sont parfois emmenées de leur domicile à la demande des familles et retenues pendant des mois, voire des années.

Parmi les personnes enchaînées identifiées durant la recherche figurait un enfant de 10 ans et un vieillard de 86 ans. Normalement, l’une des chevilles est liée par une chaîne à un objet lourd inamovible, comme un lit, un arbre ou une voiture.

PHOTO ROBIN HAMMOND, FOURNIE PAR HUMAN RIGHTS WATCH

Un homme atteint de maladie mentale est enchaîné dans un centre de réadaptation d’Ibadan, au Nigeria.

Dans un centre de médecine traditionnelle près de la capitale, Abuja, Human Rights Watch a découvert le cas d’une femme qui était enchaînée à moitié nue à un arbre depuis trois semaines.

Elle était « incapable de bouger et devait conséquemment manger, uriner et déféquer à l’endroit où elle était assise », souligne le rapport.

Dans un établissement étatique du sud du pays, l’organisation a appris que le personnel laissait les personnes détenues seules, enchaînées sur leur lit, toutes les nuits, un unique gardien demeurant sur place.

« Les patients reçoivent des lampes de poche pour utiliser la nuit », a indiqué une responsable.

L’utilisation de chaînes est susceptible de causer de graves blessures et peut provoquer d’intenses sentiments de détresse psychologique.

Une femme de 35 ans enchaînée pendant 10 mois dans un centre religieux de Kano, dans le nord du pays, a indiqué que le traitement était éprouvant.

Ça vous donne envie de vous suicider… Peu importe comment vous vous sentiez en arrivant, votre état va se détériorer. Une patiente de 35 ans

Privés de nourriture

Dans certains établissements catholiques, les personnes détenues étaient régulièrement privées de nourriture, à des fins punitives ou thérapeutiques.

Une douzaine de personnes traitées dans un établissement islamique du nord du pays ont indiqué qu’elles avaient été fouettées en présentant des cicatrices sur leur corps.

Un membre du personnel a indiqué que les personnes souffrant de troubles mentaux qui causaient des problèmes devaient parfois être fouettées jusqu’à sept fois pour se tranquilliser.

Human Rights Watch a sollicité en vain des rencontres avec les ministères responsables pour faire part de ses recherches et aborder des pistes de solution.

Le président Muhammadu Buhari a déclaré en octobre, après la fermeture de deux établissements problématiques, qu’il ne tolérerait pas « l’existence de chambres de torture et de sévices au nom de la réadaptation ».

La déclaration d’intention est appréciable mais ne va pas assez loin, relève Mme Cerimovic, qui presse le gouvernement de « reconnaître l’ampleur réelle du problème » et de procéder rapidement à une enquête dans tous les établissements du pays pour faire cesser le recours aux chaînes.

La représentante de HRW relève que la problématique observée au Nigeria a déjà été constatée dans plusieurs autres pays asiatiques et africains comme l’Indonésie, le Ghana et le Soudan du Sud.

Une campagne de sensibilisation d’envergure est prévue, dit-elle, dans l’espoir de faire évoluer les pratiques de nombreux États.

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La triste réalité derrière les vidéos de chiens marchant sur leurs pattes arrières


Voir des chiens marcher sur leurs deux pattes arrières tout habillés est mignon ! Pourtant, ce ne sont pas des poupées et ils ne sont pas faits pour marcher sur deux pattes. La question qu’on doit se poser : comment ils sont entrainer ? Malheureusement, il semble que nombres de chiens subissent des sévices pour leur maitre puisse épater les gens et avoir les honneurs
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La triste réalité derrière les vidéos de chiens marchant sur leurs pattes arrières

Repéré par Robin Panfili

Repéré sur BuzzFeed, The Dodo

Des chiens sont maltraités et/ou forcés à marcher sur leurs pattes arrières pour le plus grand bonheur des internautes… qui ignorent souvent tout des coulisses de ce genre de vidéos virales.

Tout commence par une vidéo amusante, presque attendrissante. On y voit un chien, vêtu d’une combinaison et d’un sac à dos, arpenter une rue en sautillant sur ses deux pattes arrière. Dans cette vidéo, postée sur Twitter le 17 mai 2017 et repartagée des dizaines de milliers de fois, on entend également une voix, en mandarin, qui lance à l’animal: «Cours moins vite, attends-moi». Le chien obéit alors et se retourne.

Et voici la vidéo en question:

Entrez la légende de la vidéo ici

À première vue, rien d’alarmant. Le chien ne semble ni malheureux, ni en mauvaise santé. Pourtant, dans les faits, c’est à peu près l’inverse. Pour un chien, marcher ainsi n’a rien de naturel. Et, comme l’explique une enquête menée par l’édition américaine de BuzzFeed News, avant de pouvoir tenir aussi longtemps sur ses jambes pour amuser la galerie, le chien en question est souvent sujet à différentes formes de sévices et de maltraitance.

Pour creuser l’histoire et le parcours de ce petit chien habillé, BuzzFeed a cherché à remonter à la source originale de la vidéo. Sur le Vine chinois, Huoshan Video, comme sur l’équivalent chinois de Twitter, Weibo, le chien, «Smol Bean» de son nom, est une petite vedette d’internet. Sur un compte prétendument officiel, on l’aperçoit dans de nombreuses vidéos, dans différentes situations, en train de marcher sur ses deux pattes arrières. Les vidéos sont ensuite chapardées, repostées, dupliquées sur une multitude de comptes.

Contenu sensible

Un succès en rappelle un autre, que l’on a tous probablement déjà oublié. Il s’agissait alors d’une vidéo, très populaire (et déjà décriée) en décembre dernier, d’un chien, habillé d’un uniforme en laine, dans un hôpital. Mais, cette fois, plusieurs internautes ont décidé de réagir et de faire la lumière sur ce qui se cache derrière ce petit exploit. Une démarche qui a permis à l’auteure de l’enquête de découvrir les dramatiques coulisses de cette vidéo virale.

Ici, par exemple, la vidéo d’un chien [CONTENU SENSIBLE] en plein «entraînement», régulièrement menacé de coups s’il tente de retomber sur ses quatre pattes:

Entrez la légende de la vidéo ici

«Smol Bean» a-t-il, lui aussi, été violenté et maltraité pour apprendre à marcher de la sorte? Aucune preuve, ni vidéo, ne l’attestent. Les vidéos d’entraînement de son propriétaire montrent seulement «Smol Bean» obéir aux ordres qui lui sont donnés avant d’être récompensé de ses efforts par une friandise. L’enquête reste toutefois utile et nécessaire pour sensibiliser un grand public qui, de prime abord, ne peut vraiment savoir ce que peuvent cacher de telles vidéos.

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Pensionnats autochtones : faut-il détruire les témoignages des victimes ?


Personnellement, je ne crois pas qu’on devrait détruire ses archives, car cela fait partie de l’Histoire du Canada aussi noire, soit-elle. Il est important cette assimilation des Premières Nations a été fait non pas en douceur, mais par la force, mais bien sûr respecter la confidentialité des victimes
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Pensionnats autochtones : faut-il détruire les témoignages des victimes ?

 

De jeunes Autochtones à l'étude dans un pensionnat,... (Photo fournie, Bibliothèque et Archives Canada)

De jeunes Autochtones à l’étude dans un pensionnat, à une date non précisée.

PHOTO FOURNIE, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA

COLIN PERKEL
La Presse Canadienne
Toronto

 

Les récits déchirants d’Autochtones victimes des pensionnats fédéraux devraient-ils être détruits après 15 ans, puisqu’on leur avait promis la confidentialité? Ou devraient-ils être considérés comme des documents essentiels de l’histoire canadienne, et précieusement archivés?

La Cour suprême du Canada a accepté, jeudi, d’entendre l’appel du gouvernement fédéral et de la Commission de vérité et réconciliation, qui contestent deux décisions rendues en Ontario.

Les tribunaux de premières instances avaient alors tranché que les comptes rendus des témoignages très personnels, souvent troublants, livrés par des Autochtones dans leur réclamation pour recevoir une indemnisation devaient être détruits après une période de 15 ans, à moins que les intéressés ne donnent spécifiquement leur autorisation.

Ottawa a fait appel de ces jugements parce que d’un point de vue juridique, le dépositaire de ces documents doit respecter les diverses lois régissant les renseignements personnels, la protection de la vie privée, l’accès à l’information et les archives.

À la suite du règlement, en 2006, d’une action collective, quelque 30 000 survivants de pensionnats fédéraux pour Autochtones ont réclamé une indemnisation pour les mauvais traitements subis durant leur enfance – sévices physiques, sexuels et psychologiques. Or, les responsables de ce programme d’indemnisations plaident qu’on avait promis aux requérants la confidentialité concernant leur témoignage, à moins qu’ils ne renoncent eux-mêmes à ce droit.

Par contre, les comptes rendus des milliers de témoignages recueillis par la Commission de vérité et réconciliation du Canada sont quant à eux archivés au Centre national pour la vérité et réconciliation, à l’Université du Manitoba.

En avril dernier, la Cour d’appel de l’Ontario, dans un jugement partagé (2-1), a confirmé une décision de première instance: les documents de réclamations doivent être détruits après 15 ans, à moins que l’auteur du témoignage autorise sa conservation, au Centre national pour la vérité et réconciliation. La Cour d’appel a estimé que les témoignages ne peuvent être considérés comme des documents fédéraux, que le principe de confidentialité doit primer, et que la décision appartient aux seuls survivants.

Au cours du siècle dernier, environ 150 000 enfants des Premières Nations et des communautés inuites et métis au pays ont été emmenés de force dans des pensionnats fédéraux, habituellement tenus par des congrégations religieuses, dans le but avoué de les assimiler. Plusieurs y ont subi des sévices terribles.

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De l’ADN fait progresser une veille affaire d’agression sexuelle


L’ADN fut une des grandes avancées dans les affaires criminelles. Nombres de dossiers non classés datant de plusieurs années peuvent être mis a jours afin de confondre ceux qui ont commis des crimes abominables. Cela n’enlèvera pas les sévices qu’on subis les victimes, mais au moins un soulagement de savoir que la ou les personnes sont enfin arrêtées
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De l’ADN fait progresser une veille affaire d’agression sexuelle

 

Vingt-deux ans après qu'une fillette de 9 ans de la région de Toronto eut été... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

La Presse Canadienne
Toronto

Vingt-deux ans après qu’une fillette de 9 ans de la région de Toronto eut été attirée à l’extérieur de l’entrée de son immeuble et agressée sexuellement, un suspect a été arrêté, a annoncé la police vendredi.

Les enquêteurs affirment qu’après avoir frappé un mur pendant plus de deux décennies, la percée dans cette affaire est survenue en utilisant des échantillons d’ADN recueillis sur place à l’époque.

Shane Daniel Garry, âgé de 45 ans et originaire de Brampton, en Ontario, a été arrêté jeudi et s’est retrouvé sous le coup de deux accusations de kidnapping, deux de séquestration, d’agression sexuelle, de contacts sexuels et de menaces de sévices corporels, en plus de deux accusations d’abandon d’enfant âgé de moins de 10 ans.

La police a indiqué que Garry s’était présenté en cour vendredi. Les allégations contre lui n’ont pas encore été prouvées.

Selon le détective Ali Ansari, l’homme était « connu de la police », mais il n’a pas voulu donner plus de détails.

M. Ansari, qui travaille uniquement sur les affaires classées, a précisé que des percées dans les tests génétiques avaient permis aux enquêteurs d’avancer dans le dossier.

Selon la police, la fillette de 9 ans et sa soeur de 5 ans jouaient dans l’entrée de leur immeuble à logements, le 3 février 1991, lorsqu’un homme les aurait approchées et leur aurait demandé de l’aide pour trouver un endroit où casser la croûte.

Il est allégué que l’homme a demandé aux enfants de monter dans sa voiture, puis a laissé la plus jeune à un magasin avant d’emmener sa grande soeur dans un endroit reculé et de l’agresser sexuellement avant de l’abandonner dans un restaurant.

Aux dires de M. Ansari, les deux soeurs, maintenant âgées au début de la trentaine et dans la fin de la vingtaine, sont soulagées qu’une arrestation ait été effectuée après tant d’années.

Des photos de Garry prises entre décembre 1990 et janvier 1993 ainsi qu’un cliché actuel ont été publiées par les enquêteurs, qui ont dit croire qu’il pourrait y avoir d’autres victimes.

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Leurs enfants victimes d’abus Ces mères autruches qui ne dénoncent pas


Comment peut-on  se taire quand un enfant est abusé sexuellement par le conjoint .. comment une mère préfère se taire et ne pas protéger leur enfants ? Se fermer les yeux devant l’atrocité des sévices que des enfants subissent n’est-ce pas considéré comme complicité ?
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Leurs enfants victimes d’abus

Ces mères autruches qui ne dénoncent pas

TVA Nouvelles

Avez-vous entendu parler des mères autruches? Ce qualificatif décrit les mères qui préfèrent se mettre la tête dans le sable plutôt que d’affronter la réalité et tenter de changer la situation dont sont victimes leurs enfants.

Le phénomène a été mis en lumière lors des procès de pères ayant abusé de leurs enfants, au cours desquels des victimes ont témoigné que leur mère était au courant mais préférait fermer les yeux. TVA Nouvelles a rencontré deux victimes qui ont accepté de raconter leur histoire.

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Chantale Thibeault (Crédit: TVA Nouvelles)

Chantale Thibeault a subi de multiples sévices sexuels que lui a infligés son père dans la maison familiale alors qu’elle n’était qu’une enfant. Il y a deux semaines, 30 ans après le début des agressions, Noël Thibeault s’est retrouvé derrière les barreaux pour ce qu’il a fait subir à sa fille et à deux autres enfants.

Mme Thibeault croit que sa mère est aussi coupable parce qu’elle ne l’a pas protégée, mais elle ne se sent pas prête à porter plainte.

«J’en ai assez de tout ça. Pour moi, c’est beaucoup, de faire ça contre mon père et tout ça. Et pour moi, dans le fond, de ne plus avoir de contacts avec elle, c’est assez», explique-t-elle.

Comportement punissable

De leur côté, Isabelle Brophy ainsi que son frère et sa soeur ont porté plainte contre leur mère, Reine-Aimée Martel, après que leur père, Réal Brophy, ait été condamné à six ans de prison pour les avoir agressés.

«Je pense que c’est par lâcheté et par déni qu’elle n’a pas regardé la situation en face», croit-elle, en insistant sur l’importance de dénoncer, pour ces enfants qui voient leur mère ne pas leur venir en aide.

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Isabelle Brophy (TVA Nouvelles)

«Je me suis souvent posé la question: qu’est-ce qui m’a fait le plus mal, est-ce que ce sont tous les sévices physiques et sexuels que j’ai subis de la part de mon beau-père, ou bien c’est le rejet de ma mère? Je vous dirais que je pense que c’est le rejet de ma mère, le fait qu’elle n’ait rien fait, le fait qu’elle m’ait abandonnée», confie Mme Brophy.

L’an dernier, la DPJ a retenu 11 284 signalements d’enfants où il y avait abus ou risque d’abus. Parmi ceux-ci, 8110 concernaient des sévices physiques et 3174, des sévices sexuels. Isabelle Brophy demeure convaincue que derrière ces signalements, il y a encore trop de mères qui font encore l’autruche.

«On reste comme peut-être avec l’impression que la mère est soumise, la mère ne peut pas rien faire, mais ma mère à moi aurait pu nous sauver et nous empêcher de tout vivre ça», regrette Mme Brophy, qui demeure convaincue que derrière tous ces signalements, il y a en a encore trop qui font l’autruche.

Reine-Aimée Martel a écopé d’une peine de 18 mois dans la collectivité.

Difficiles à condamner

 

Il n’est pas facile de porter des accusations et d’obtenir des condamnations contre ces mères qui ferment les yeux sur les agressions sexuelles dont sont victimes leurs enfants, mais c’est possible.

La juge à la retraite Andrée Ruffo croit qu’il s’agit d’un crime.

«Bien sûr que c’est un crime, d’être passif, d’être silencieux. On est complice de l’abus répété de nos enfants.»

Durant toutes ces années où elle a siégé au Tribunal de la jeunesse, Andrée Ruffo a vu passé de nombreuses mères autruches.

«Jamais les mères n’étaient accusées. Il faut les rendre responsables, redevables de la sécurité de leurs enfants. Il est grand temps qu’on les accuse» ajoute-t-elle.

Bataille difficile

 

C’est grâce à la ténacité de procureure comme Hélène Carl qu’on commence à voir davantage de mères au banc des accusés.

«C’est déjà difficile d’obtenir des verdicts de culpabilité pour les agresseurs, alors imaginez pour la mère qui s’est fermé les yeux.»

Elle a obtenu deux condamnations en plaidant l’article 21b du Code criminel, qui stipule qu’on participe à une infraction «si on accomplit où omet d’accomplir quelque chose en vue d’aider quelqu’un à commettre un crime».

«C’est important de savoir que le parent qui laisse son enfant se faire battre et qui n’agit pas est autant responsable et que ça peut entrainer des accusations au même titre que le parent, je souhaite que ça réveille des gens» explique la procureure de la Couronne.

Hubert Van Gijseghem, psychologue judiciaire, qualifie de pathétiques ces mères qui commettent le crime de ne pas protéger leurs enfants. À son avis, rien ne leur permet de plaider la non-responsabilité criminelle.

«Des mères très peu construites et qui sont prêtes à sacrifier leurs enfants sur l’autel de la perversion de leur conjoint ou de leur mari pour des raisons purement pragmatiques, c’est-à-dire pour ne pas perdre leur pourvoyeur» affirme le psychologue.

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