Pourquoi on ne distingue pas toujours sa droite de sa gauche


Une question bête, mais cela est plus important que l’on croie. Bien sûr, nous savons si nous sommes droitiers ou gauchers, mais faire la différence au moment de stress, de bruits et autres distractions peut avoir de graves conséquences
Nuage

 

Pourquoi on ne distingue pas toujours sa droite de sa gauche

 

Quand on ne sait pas différencier chat gauche de chat droite | yomo 13 via Flickr CC License by

Quand on ne sait pas différencier chat gauche de chat droite | yomo 13 via Flickr CC License by

Gerard Gormley

Différencier sa gauche de sa droite semble être immédiat pour la plupart d’entre nous. Néanmoins une frange de la population éprouve des difficultés. Cela peut avoir de lourdes conséquences.

Avez-vous déjà eu du mal à distinguer votre droite de votre gauche? Par exemple, vous êtes en plein cours de conduite et l’instructeur vous demande de tourner à gauche et là, vous réfléchissez pour savoir dans quelle direction aller. Si cela vous est déjà arrivé, sachez que vous n’êtes pas seul, une part importante de la population connaît cette difficulté.

Distinguer sa droite de sa gauche est une action neuropsychologique complexe impliquant plusieurs fonctions neurologiques sophistiquées comme la capacité à intégrer des informations sensorielles et visuelles mais également celles du langage et de la mémoire. Pour certaines personnes, c’est une seconde nature mais pour d’autres un challenge considérable. Vous pouvez sur ce site (en anglais) réaliser un test pour voir comment vous vous en sortez.

Un cas pratique dans le domaine de la santé: quand un docteur ou un infirmier se tient devant un patient, leur côté droit fait face au côté gauche du patient. Ainsi, distinguer correctement la droite de la gauche mobilise la capacité de l’aire visuospatiale du cerveau à effectuer une rotation mentale des images.

Du loupé à l’erreur catastrophique

Ce n’est pas vraiment la fin du monde si vous prenez la mauvaise direction lors d’un voyage en voiture, en revanche, beaucoup d’autres situations peuvent avoir des conséquences bien plus graves. Certaines des erreurs les plus tragiques en médecine: quand une chirurgie a été réalisée sur le mauvais côté du corps d’un patient, retirer le mauvais rein ou amputer la mauvaise jambe. Malgré les systèmes de surveillance et de vérification pour minimiser ces risques, lorsqu’ils arrivent, l’erreur humaine en est bien souvent la cause.

L’erreur est une caractéristique inhérente au comportement humain. Parfois, nous nous trompons, simplement. Mais les problèmes de gauche et de droite pourraient être bien plus qu’un souci passager. Des indices suggèrent que ce problème toucherait majoritairement les femmes. La littérature scientifique indique en effet une meilleure fonction cérébrale visuospatiale chez les hommes.

Effet de distraction

Fait curieux: avoir un problème à distinguer sa droite de sa gauche n’arrive jamais lorsque nous sommes seuls. Les hôpitaux et autres lieux de soins sont des environnements de travail complexes et stressants. Les docteurs sont souvent distraits pendant qu’ils travaillent, parce qu’ils doivent répondre au téléphone, parce qu’ils entendent les bips des moniteurs cardiaques, ainsi que des collègues et des patients posant des questions. L’environnement clinique est très éprouvant.

Dans le cadre de nos travaux publiés dans le journal scientifique Medical Education, nous avons étudié l’impact de ces gênes sur des étudiants en médecine et leur capacité à distinguer la droite de la gauche. Nous les avons soumis au bruit ambiant normal d’un service de médecine puis nous les avons dérangés avec des questions médicales.

Nos découvertes furent saisissantes. Même le bruit de fond suffisait pour faire se tromper certains étudiants lorsqu’ils devaient faire leur choix droite-gauche. En leur posant des questions en même temps, l’impact était encore plus important. «L’effet de distraction» était le plus élevé pour les étudiantes âgées.

La capacité à déterminer sa propre capacité à distinguer la droite de la gauche était également peu performante. Ainsi, beaucoup d’étudiants pensaient être bon mais, une fois mesurés objectivement, ce n’était pas le cas.

Trucs et astuces

Les personnes éprouvant des difficultés à distinguer la droite de la gauche développent en général leurs propres trucs et astuces, par exemple ils placent leur pouce et leur index gauche à angle droit et vérifient qu’ils forment un L. Ces techniques sont néanmoins faillibles et ne fonctionnent pas dans tous les cas de figure.

Dans le domaine de la santé, l’éducation, dès la première année de médecine, doit faire comprendre aux étudiants les difficultés qu’ils pourraient avoir à prendre ces décisions et l’impact que peuvent avoir les distractions auxquelles ils seront soumis. Des stratégies doivent être développées pour réduire les situations de risque et rendre conscients les étudiants ainsi que les professeurs que certaines personnes sont plus enclines à avoir des problèmes de gauche et de droite.

Comme les personnes à risque ne pensent pas avoir de problème, la possibilité de tester cette capacité devrait être offerte aux étudiants à travers des tests psychométriques en ligne, par exemple. Cela pourrait pousser certaines personnes connaissant leur problème à agir avec encore plus de vigilance.

The ConversationMinimiser les distractions est également particulièrement important dans beaucoup de domaines. Par exemple, pendant les phases critiques d’un vol, les pilotes d’avion doivent suspendre toute conversation non essentielle afin d’éviter toute distraction inutile. Ces stratégies pourraient particulièrement bien s’adapter au domaine de la santé.

http://www.slate.fr/

Elle vit avec un trou dans le cerveau de la taille d’un citron


Imaginer avoir eu des problèmes toute votre vie, d’évaluer la distance, de reconnaitre un endroit qui devrait être familier, et ne pas être ne mesure de lire l’heure et qu’enfin, vous avez la réponse. Une réponse stupéfiante d’un trou dans le cerveau
Nuage

 

Elle vit avec un trou dans le cerveau de la taille d’un citron

 

Les cas de personnes vivant avec une partie du cerveau manquante sont extrêmement rares. ©APA / Science Photo Library / AFP

Les cas de personnes vivant avec une partie du cerveau manquante sont extrêmement rares. ©APA / Science Photo Library / AFP

Par Hugo Jalinière

Lors d’une IRM, une jeune américaine a découvert à l’âge de 26 ans qu’il lui manquait une partie conséquente du cerveau, expliquant des difficultés dont elle souffre depuis sa naissance.

« Mon histoire est atypique. » Pour ne pas dire saisissante. Cole Cohen, une américaine originaire de l’Oregon a vécu jusqu’à ses 26 ans sans se douter que son cerveau présentait une incroyable singularité : un trou de la taille d’un citron et empli de liquide céphalo-rachidien. Elle publie ce mardi 19 mai 2015 son histoire « atypique » dans un livre, Head Case : My Brain and Other Wonders,dont le New York Post relaie certains passages.

Elle raconte ainsi avoir toujours rencontré des problèmes pour nombre de gestes quotidiens. Si elle n’a absolument aucun problème de compréhension du langage que ce soit à l’oral ou à l’écrit, lire une horloge à aiguilles, évaluer les distances ou prendre une direction clairement indiquée lui sont des gestes quasiment impossibles. Et les cours de mathématiques sont pour elle un calvaire. Des problèmes qui vont conduire à lui diagnostiquer un trouble du déficit de l’attention pour lequel elle sera traitée pendant des années. Sauf que…

En 2007, face aux difficultés qu’elle rencontre dans sa vie quotidienne, elle se rend chez un ergothérapeute qui lui recommande de passer une IRM. Le 17 juin, elle consulte avec ses parents un neurologue, le Dr Volt. Dans son livre, Cole Cohen raconte cette scène incroyable :

« Le Dr Volt est derrière son bureau. Son écran d’ordinateur tourné vers nous. Je ne comprends pas l’image qu’il me montre. C’est une coupe de cerveau en noir et blanc que je présume être le mien, avec une tache d’encre noire de la forme d’un cœur distordu. Je me dis que c’est une tache sur le film, beaucoup trop grande pour être réelle. » Jusqu’à ce que le Dr Volt prenne la parole : « Donc, ceci est votre cerveau… et ça – il pointe de son stylo la tache noire – c’est un trou. » Incrédule, la jeune femme lui pose la question qui s’impose : de quelle taille est ce trou ? « À peu près la taille d’un citron. Ou disons celle d’un petit poing ? Comme celui d’un enfant de dix ans ? »

Quand l’appréhension de l’espace fait défaut

« Abasourdie » par cette annonce, la jeune femme comprend enfin pourquoi elle n’est jamais parvenue à évaluer la distance à laquelle se trouvaient les voitures au moment de traverser une route ; pourquoi à chaque passage à son épicerie de quartier, elle se sentait perdue comme si tout était à chaque fois réorganisé. Pourquoi les aiguilles d’une montre n’ont jamais eu aucun sens pour elle. Pourquoi elle n’a jamais pu apprendre à conduire. Car le lobe pariétal de son cerveau qui devrait se trouver à la place du fameux trou est notamment impliqué dans l’information sensorielle, l’appréhension de l’espace, la compréhension des nombres ou encore le sens de l’orientation. 

Cole Cohen raconte d’ailleurs que même avec l’aide d’un GPS, il est impossible pour elle de se diriger.

« Si l’application me dit ‘allez à gauche’ ou ‘allez à droite’, je sais que j’ai 50% de chance de me diriger du bon côté », et 50% du mauvais.

D’autres cas de parties manquantes dans le cerveau ont déjà été rapportés mais ils sont extrêmement rare. Surtout, la plupart du temps, ces conditions anatomiques ne sont découvertes qu’au décès des patients, lors de l’autopsie. Ainsi de cette Chinoise qui a découvert à 24 ans qu’il lui manquait tout le cervelet. Une histoire tout à fait stupéfiante récemment relayée par Sciences et Avenir.

http://www.sciencesetavenir.fr/