Les ouragans jouent un rôle dans la sélection naturelle de lézards


Les catastrophes naturelles peuvent être une cause des sélections naturelles. Vous vous souvenez des ouragans Maria, Irma et Harvey qui ont ravagé les îles des Caraïbes et aussi la Floride, Louisiane, et le Texas ? Les lézards qui avaient 3 choses en communs ont pu survivre malgré la force du vent destructeur.
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Les ouragans jouent un rôle dans la sélection naturelle de lézards

Un lézard Anolis carolinensis.

Cette espèce de lézard est physiquement mieux adaptée à survivre à une catastrophe naturelle comme un ouragan, ont observé des chercheurs. Photo : iStock

Une espèce peut-elle évoluer afin de mieux survivre aux vents destructeurs des ouragans? C’est ce que croient des chercheurs après avoir constaté que certains membres d’une espèce de petits lézards des Caraïbes, dotés de caractéristiques précises, sont sortis indemnes du passage d’ouragans.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Jusqu’à maintenant, on croyait les ouragans trop destructeurs pour jouer un rôle dans la sélection naturelle. On estimait que la survie des animaux au passage de catastrophes naturelles était due non pas à l’adaptation, mais surtout à la chance. Un petit lézard des Caraïbes pourrait toutefois changer cette perception.

Et c’est par hasard qu’une équipe de chercheurs français et américains a fait cette découverte. Les résultats de leurs travaux ont été publiés dans la revue Nature.

À l’été 2017, l’équipe se trouvait aux îles Turks et Caicos, dans les Caraïbes, afin d’étudier des populations de lézards anolis, de petits lézards qui vivent dans les arbres.

Leur passage dans les îles Turks et Caicos coïncidait avec une saison des ouragans particulièrement active. D’août à octobre, plusieurs tempêtes, dont le trio Maria, Irma et Harvey, ont ravagé les îles des Caraïbes en plus de frapper la Louisiane, le Texas et la Floride.

Ces ouragans ont forcé les chercheurs à suspendre leurs travaux, mais après quelques mois, ils ont pu retourner sur place pour constater l’impact des tempêtes sur leurs lézards.

Bien que les vents de 200 km/h aient complètement changé le paysage, certains de leurs lézards étaient toujours là, bien vivants. Les chercheurs ont capturé une centaine de survivants pour les étudier.

Les lézards qui ont survécu avaient trois points en commun : de très longs doigts et des pattes arrière plus courtes, et les adultes étaient plus petits que la moyenne enregistrée avant l’ouragan.

Pour les chercheurs, il était possible que ces caractéristiques aient aidé les lézards à s’accrocher et à ne pas être emportés par les vents pendant l’ouragan, contrairement à de plus gros animaux.

Évolution extrême

Une sélection aussi rapide serait une surprise. L’évolution est un procédé extrêmement lent. Pour que la sélection naturelle entraîne une différence chez une espèce, il faut des centaines de milliers d’années, et même là, les différences peuvent être assez subtiles.

Des changements rapides dans l’environnement, tels que ceux provoqués par les changements climatiques, ne laissent pas à ce mécanisme le temps d’agir. Beaucoup d’animaux n’ont pas le temps de s’adapter et disparaissent.

Mais plusieurs animaux ont déjà certaines des qualités nécessaires pour survivre à un brusque changement d’environnement. Ultimement, l’espèce entière évoluera en fonction de ces caractéristiques.

Des lézards dans le vent

Les chercheurs ont par la suite voulu confirmer leur hypothèse en laboratoire.

Un à la fois, ils ont placé les lézards sur un bâton et ont simulé des vents d’ouragan avec une souffleuse à feuilles. En filmant leurs cobayes au ralenti, les chercheurs ont pu observer comment les animaux réagissaient et ont pu déterminer si leurs attributs favorisaient leur survie lors de grands vents.

Par précaution, un filet avait aussi été installé pour empêcher les lézards de se blesser.

Les chercheurs ont pu constater que, soumis à de forts vents, les animaux se plaçaient face aux rafales et s’accrochaient solidement au bâton. Mais, chez certains lézards, les pattes arrière perdaient ensuite leur emprise et ils étaient alors emportés par le vent.

Les scientifiques ont remarqué que les lézards qui avaient de plus longs doigts et de plus petites pattes arrière parvenaient à s’accrocher de manière beaucoup plus efficace que les autres et pouvaient ainsi résister aux vents.

Si ces traits passent à la génération suivante, on aura alors une preuve de la sélection naturelle par ouragans.

Autre exemple

Ce ne serait toutefois pas la première fois que des événements soudains entraînent des changements chez les animaux. Un cas classique, observé à Londres au 18e siècle, a été causé par de la suie provenant de la combustion du charbon.

Les cendres qui recouvraient les arbres ont favorisé la survie de papillons gris qui s’y camouflaient mieux que des papillons blancs, lesquels étaient plus facilement repérables par les oiseaux.

Les chercheurs franco-américains estiment que leurs travaux pourront aider les spécialistes à prévoir comment des écosystèmes pourraient s’adapter aux conditions extrêmes qui semblent de plus en plus fréquentes.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1115917/ouragans-selection-naturelle-lezards-caraibes

Nourrir les oiseaux aurait un impact sur leur évolution


La mutation des becs des oiseaux que l’on trouve dans nos jardins serait probablement due aux mangeoires pour ces oiseaux. Est-ce une bonne chose ? Au parc près de chez moi, on insiste pour ne pas nourrir les mésanges à causes de l’hiver, cependant, il semble que les nourris vivent plus longtemps
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Nourrir les oiseaux aurait un impact sur leur évolution

Nathalie Mayer

Journaliste

 

L’hiver approche et nous allons bientôt être tentés de nourrir les petits oiseaux de nos jardins. Bonne ou mauvaise idée ? Une étude nous apprend aujourd’hui que ce geste en apparence anodin modifierait l’évolution de leur bec.

Pour la première fois, une étude publiée dans Science met en évidence des différences génétiques entre des mésanges britanniques et des mésanges hollandaises. Les premières auraient des becs plus longs  que les secondes… Et, qui plus est, ces différences semblent s’être creusées depuis quelques années seulement.

L’ADN de quelque 3.000 oiseaux a été passé au crible. Les gènes présentant des mutations se trouvent être proches de ceux qui, chez l’être humain, codent pour la forme du visage. Des similitudes ont également été notées avec ceux identifiés suite à l’étude de Darwin sur la forme du bec des pinsons. De quoi laisser penser que la sélection naturelle est là aussi en marche.

Charles Darwin avait déjà observé des différences notamment de forme de bec entre espèces de pinson, liées à leurs pratiques alimentaires. © wolfgang_vogt, Pixabay, CC0 Creative Commons

Charles Darwin avait déjà observé des différences notamment de forme de bec entre espèces de pinson, liées à leurs pratiques alimentaires. © wolfgang_vogt, Pixabay, CC0 Creative Commons

La sélection naturelle influencée par l’Homme

Elle a agi sur un intervalle de temps étonnamment court. Entre 1970 et aujourd’hui, la longueur des becs des oiseaux britanniques a clairement augmenté. Ceux dont les becs sont les plus longs sont aussi ceux qui visitent le plus systématiquement les mangeoires posées par les Britanniques amoureux de petits oiseaux. Et ceux qui se reproduisent le plus facilement… sauf lorsqu’ils vivent aux Pays-Bas où ils sont moins nourris.

Un ensemble d’observations qui poussent les chercheurs à imaginer que la longueur des becs pourrait être liée au nourrissage des oiseaux de jardin, une pratique relativement récente et particulièrement populaire au Royaume-Uni. Sur l’île, les dépenses moyennes en graines et aux mangeoires sont le double de celles d’autres pays européens.

 

http://www.futura-sciences.com

Quelles sont les principales pathologies mentales du chat ?


Il y aurait de plus en plus des chats qui souffrent de maladies mentales, des coups de folie, le syndrome maniaco-dépressif. La cause ? L’être humain se mêle de la sélection naturelle faite par la mère quand elle abandonne certains chatons. De plus des signes de démence apparaissent par la vie plus longue que ses ancêtres grâce à la médecine animale qui s’est beaucoup améliorée
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Quelles sont les principales pathologies mentales du chat ?

 

chat fou

Comme l’Homme, le félin domestique peut souffrir de troubles mentaux.

Marie-Hélène Bonnet, comportementaliste du chat, lève le voile sur ces maladies et leurs origines.

La fin de la sélection naturelle, responsable de la folie féline ?

Au fil des dernières années, j’ai croisé quelques pathologies comportementales liées à des problèmes mentaux du chat. Chose qui était très rare autrefois, quand les chattes géraient seules leurs portées. A présent, avec l’aide des humains, les choses ont changé : les chats font en effet partie intégrante de notre quotidien, de nos foyers et nous les considérons avec respect et amour. Nous veillons donc à leur bien-être, nous anticipons leurs maladies, nous choisissons une alimentation adaptée et si Minette a des chatons, nous prenons soin d’eux.

D’ailleurs, si cette dernière en refuse un, nous le nourrissons, nous le soignons et nous ne tenons pas compte de son rejet : visiblement ce n’est pas une bonne maman d’écarter ainsi l’un de ses petits. C’est ainsi que l’instinct de la chatte n’est plus entendu… et que nous croisons parfois des chats atteints de folie avérée. Une maladie mentale irréversible, incontrôlable, dont l’issue est malheureusement souvent fatale.

La « maniaco-dépression » du chat, un mal ancré dans ses gènes

Nous rencontrons aussi de plus en plus souvent des chats qui passent d’un état euphorique, joueur, câlin… à un état de léthargie voire de semi-dépression sans raison apparente. Ces derniers reviennent d’ailleurs à un état euphorique en quelques jours, par cycles successifs, plus ou moins réguliers. La comparaison avec le syndrome maniaco-dépressif est alors inévitable. 

Les chats peuvent devenir très agressifs et, en quelques minutes, redevenir de doux chatons. C’est très perturbant pour les maîtres qui se remettent en question : qu’ont-ils mal fait ? Rien ! Ce n’est pas une réaction à leur mode de vie qui entraîne ces symptômes chez le chat, pas plus qu’une réaction à une éducation ou quoi que ce soit que nous aurions pu faire. C’est juste une question de génétique.

L’âge du chat, un facteur de sénilité 

Nos chats vivent également près de trois fois plus longtemps qu’il y a 40 ans. C’est formidable de pouvoir les avoir à nos côtés plus de 15 ans. Ceci est le résultat d’une alimentation adaptée à leurs besoins, de la vaccination, de la vermifugation et des visites chez le vétérinaire au moindre doute qui ont permis que nos compagnons restent avec nous aussi durablement. Un bonheur pour eux comme pour nous.

Toutefois la nature n’a pas eu le temps de s’adapter, et la sénilité du chat démarre toujours vers 7 ans. C’est, hélas, le prix à payer. Aussi il n’est pas rare de rencontrer des cas de chats souffrant de démence sénile : ils sont perdus et se mettent à miauler désespérément sans raisons apparentes. Ils demandent à manger devant une gamelle pleine. Ils demandent à sortir devant une porte déjà ouverte. Parfois Félix s’oublie hors litière. Ses nuits sont agitées et il miaule réveillant tout le monde. C’est angoissant on ne comprend pas ce qui se passe.

Les fleurs de Bach pour apaiser les troubles mentaux du chat

Toutes ces pathologies et d’autres encore surgissent subitement depuis quelques décennies. Mais quel est le rapport avec notre compassion et notre amour pour nos chats ? Bien souvent, en protégeant le chaton écarté par sa mère, nous supprimons la sélection naturelle que les animaux effectuent à la naissance des petits atteints de ces pathologies, et d’autres toutes aussi invisibles qui peuvent toucher les organes. Nous voulions bien faire et cela implique des conséquences parfois lourdes.

Nous n’imaginions pas que cela arriverait et que des pathologies d’humains auraient un équivalent chez nos compagnons. Les laisser mourir aurait été inhumain. C’est pourquoi la médecine vétérinaire fera certainement des progrès rapidement pour faciliter la vie de ces petits malades. Donc ne culpabilisez pas de faire preuve d’humanité. Sachez qu’en attendant ces progrès, on utilise les fleurs de Bach ou l’homéopathie pour les aider au mieux dans leur quotidien. Aussi, si votre compagnon relève de ces pathologies, n’hésitez pas à contacter votre comportementaliste rapidement !

Marie-Hélène Bonnet
Comportementaliste du chat

https://wamiz.com

L’urbanisation pousse des oiseaux au divorce


C’est triste une ville sans oiseaux ! Ne pas entendre leur chant en toutes saisons. Les animaux sont chassé de leur territoire pour agrandir les villes, alors que nous devrions avoir moyen de cohabiter
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L’urbanisation pousse des oiseaux au divorce

 

 Troglodyte en mal d'amour | wanderinggrrl via Flickr CC License by

Troglodyte en mal d’amour | wanderinggrrl via Flickr CC License by

Repéré par Peggy Sastre

Et certaines espèces peuvent perdre quasiment la moitié de leur vie fertile dans la manœuvre.

En banlieue, il n’y a pas que les couples humains qui se désespèrent. Selon une étude menée par cinq chercheurs en sciences de l’environnement de l’université de Washington, l’urbanisation pousse certains oiseaux au divorce et altère très sérieusement leur succès reproductif, vu qu’après leur déménagement, ils ont souvent bien du mal du monde à retrouver de nouveaux partenaires.

«Pour ces oiseaux, le développement des banlieues a un coût caché», explique John Marzluff, l’auteur principal de l’article synthétisant une dizaine d’années d’observations. «Nous les forçons à faire ce que la sélection naturelle n’aurait pas voulu pour eux».

L’addition est particulièrement salée pour les oiseaux chanteurs les plus farouches, à l’instar du troglodyte pacificus et de la grive à dos olive. Lorsque que les forêts qui constituent leur habitat sont transformées en immeubles et en lotissements, ces oiseaux majoritairement monogames doivent aller voir plus loin si le calme y est, en abandonnant au passage partenaire, nid et chances reproductives. Ce qui peut se révéler catastrophique pour certaines espèces, qui peuvent gâcher près de la moitié de leur vie fertile dans la manœuvre.

«Avec l’urbanisation, ces oiseaux s’en vont», ajoute Marzluff, «nous les obligeons à abandonner des endroits qu’ils avaient choisis pour aller autre part, ce qui les empêche souvent de retrouver un nouveau partenaire».

Une démarche qui aurait été totalement superflue s’ils avaient pu rester tranquillement chez eux.

http://www.slate.fr/

Davantage de bébés filles à Fukushima après le séisme


La vie utérine n’est pas simple quand des événements catastrophiques se passent a l’extérieur du ventre de la mère. Il va même avoir un certain changement sur la quantité de bébés garçons qu’aux bébés filles.
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Davantage de bébés filles à Fukushima après le séisme

© Claro Cortes / Reuters/REUTERS

Les fœtus de filles s’adapteraient mieux aux répercussions du stress maternel.

En stressant les futures mères, l’accident nucléaire a engendré une sélection naturelle des fœtus en faveur des filles.

Après la catastrophe nucléaire de Fukushima, l’inquiétude a naturellement porté sur la hausse attendue des cancers de la thyroïde et les séquelles psychologiques chez les habitants de la région. Ce qui n’était pas prévu en revanche, c’est que la catastrophe aurait une incidence sur le sexe des bébés à naître. Une étude publiée ce mois-ci dans l’American Journal of Human Biology révèle en effet une baisse sensible du nombre de nouveau-nés de sexe masculin qui serait liée au traumatisme psychologique de la mère.

L’équipe du professeur Ralph Catalano de l’université de Berkeley estime que le nombre de garçons nouveau-nés attendus après la catastrophe aurait diminué de 2,2%. Cela correspond à 2828 grossesses déclarées avant le drame qui n’ont jamais abouti à une naissance. Les chercheurs montrent en outre que les risques de complications, comme les fausses couches, sont plus fréquents chez les femmes qui ont été exposées au traumatisme au cours des 24 premières semaines de grossesse. On dénombre ainsi 651 pertes de fœtus masculins sur la zone à proximité immédiate de Fukushima sur la période allant de mars à décembre 2011 (le séisme et l’accident nucléaire qui a suivi ont eu lieu le 11 mars 2011). Le déclin y a été constant, à l’inverse du reste du pays où, même si des fausses couches ont été recensées, elles ne semblent pas davantage toucher les garçons.

Sélection naturelle

Ces résultats trouvent plusieurs échos, notamment en Italie. Après le séisme de L’Aquila en 2009, qui avait causé la mort de plus de 300 personnes, des chercheurs italiens ont montré dans le Scientific World Journal que le stress avait réduit le nombre de garçons à la naissance. Quelques mois après le séisme, en 2010, ils faisaient état de 38,3% de naissances de garçons contre 61,3% de naissances de filles. Avant le tremblement de terre, les proportions étaient de 48,9% pour les garçons et 51% pour les filles.

Ces études accréditent l’idée selon laquelle le stress maternel serait fortement défavorable aux fœtus garçons. Le stress agirait en effet sur l’hormone gonadotrophine chorionique (hCG), dont le niveau est étudié pour déterminer l’état de santé du fœtus lorsqu’il n’est pas encore visible par échographie. Une première étude du Pr Catalano, parue en 2008 dans Evolutionary Applications , enregistrait une corrélation très forte entre un taux bas de hCG et les fausses couches chez les femmes attendant des garçons en période de stress – ici, la crise économique de 2008 qui a conduit à de très nombreux licenciements aux États-Unis.

Mais pourquoi les fœtus de garçons seraient-ils plus sensibles à ce phénomène que ceux des filles?

Deux chercheuses de l’université de New York précisent ce phénomène de sélection naturelle dans une nouvelle étude, publiée en 2011 dans Human Reproduction . Les fœtus des deux sexes ne réagiraient pas de la même manière lorsque leur mère se retrouve dans une situation particulièrement stressante.

Le garçon, qui grandit plus vite et requiert plus d’énergie, peut se retrouver face à une situation où sa mère n’est pas en mesure de la lui fournir, en partie à cause du stress. Le fœtus ne s’adapte pas et peut mourir prématurément. De la même manière, l’organisme de la mère, pour prévenir une fatigue plus importante, peut générer une fausse couche.

Les chercheuses montrent que les fœtus de sexe féminin, en revanche, réagissent mieux en ralentissant spontanément leur croissance et en diminuant leurs demandes énergétiques.

http://sante.lefigaro.fr