Magnotta Il bloguait abondamment sur son «extrême beauté»


Pas sur qu’il fait sourire bien des gens depuis qu’il est devenu un meurtrier, mais une chose certaine c’est que ce gars est vraiment arrogant dans ses propos. Une fierté vraiment mal placé
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Magnotta

Il bloguait abondamment sur son «extrême beauté»

 

Magnotta - Il bloguait abondamment sur son «extrême beauté»

 

Photo AFP / Archives

«Je suis un top model», c’est le titre du premier billet apparemment publié par Luka Magnotta en 2009 sur l’un de ses blogues. Il y parle essentiellement de son «extrême beauté», de la jalousie de sa famille et de ses amis à son endroit, ou encore de sa bisexualité, mais rien ne laisse entrevoir les crimes qu’il a présumément commis trois ans plus tard.

Celui qui sera alors nommé par la presse du monde entier «le dépeceur de Montréal» a mis frénétiquement en ligne 44 billets au total, largement agrémentés de photos de lui, entre le 23 juin et le 1er juillet de cette année-là. Il s’agit parfois de textes interminables mis en ligne à quelques minutes d’intervalles.

Le jeune homme, qui dit avoir 26 ans à l’époque, y dévoile son égocentrisme exacerbé et commente par exemple certaines photos de lui, comme ce cliché où il apparaît torse nu, un blouson de cuir sur l’épaule, et les yeux mi-clos. Il se trouve « extrêmement sexy » et estime que cela doit être dur à supporter pour les gens moches qui l’admirent. Il raconte que parfois, lorsqu’il se regarde dans le miroir, il n’en croit pas ses yeux tellement il est beau.

L’auteur signe la plupart de ses textes «Luka Magnotta» et explique entre autres que la vie d’un mannequin n’est pas aussi facile qu’on le croit, «que faire attention à son image et à son apparence est un travail difficile» parce que la notion de beauté est très personnelle. Il est question de sa beauté en permanence.

«Les gens me haïssent parce que je suis beau», écrit-il, expliquant que les gars sont intimidés parce qu’ils se sentent «forcément laid à [ses] côtés». Il raconte qu’il a bien essayé de s’enlaidir, mais sans succès, parce que «rien ne peut cacher [sa] beauté».

Il semble parfois s’énerver lorsqu’il écrit que ce n’est pas de sa faute s’il est beau, mais que «c’est la faute de dieu, parce que dieu l’aime plus que les autres».

«Tout le monde veut me connaître et coucher avec moi, mais ils devraient d’abord savoir que je ne suis pas une pute […], je suis un gars sexy, oui, mais je ne suis pas une salope et je suis fatigué de ces gens qui font tout pour avoir mon attention et mon corps», affirme-t-il.

Magnotta demande aussi à ses lecteurs d’admettre qu’ils l’aiment et leur intime de cesser d’être jaloux de lui. La jalousie de tous ceux qui l’entourent vis-à-vis de sa beauté plastique et de son intelligence semble d’ailleurs le hanter, puisqu’il y fait tout le temps allusion. Il affirme même que des gens utilisent des photos de lui sur les réseaux sociaux pour faire croire qu’ils sont beaux, et aussi qu’il y a des centaines de faux sites web qui parlent de lui.

Dans une série de billets sur ce qui ressemble à une déception amoureuse, il déplore que ses amis le déçoivent et assure que, de toute sa vie, il ne pourra plus jamais faire confiance à personne. Il évoque aussi un lourd passé, précisant qu’il a eu «de nombreux partenaires, des problèmes avec la justice et que [son] nom a été cité dans tous les médias».

Enfin, une citation interpelle tout particulièrement a posteriori, d’autant qu’elle est livrée sans explication ni justification :

«Personne ne comprendra jamais ce que j’ai dû traverser ces dernières années et ça ne sert à rien que je vous le dise, et je ne le raconterai jamais. Vous n’étiez pas à ma place», écrit-il.

De nombreux sujets font également l’objet d’un billet, comme son intérêt pour la marijuana, son somnambulisme, son incapacité à contenir ses érections dans les douches collectives, ses trois séances de manucure par jour qu’il compare à de l’automutilation, sa passion pour les habits de fourrure et son rêve de porter un manteau en peau de tigre, ses reproches à son petit ami qui ne veut pas sortir du placard, ou encore sa certitude que les personnes qui ont peur des gais sont des homosexuels refoulés, et sa critique des patrons qui surveillent leurs employés sur les réseaux sociaux en dehors des heures de travail.


Magnotta s’intéressait à la scientologie

Dans son blogue tenu au début de l’été 2009, Luka Rocco Magnotta évoque son intérêt pour la scientologie.

«Cela me dérange vraiment d’entendre constamment de fausses rumeurs selon lesquelles l’Église contrôle les esprits», écrit sur ce blogue publié sur estrip.org et découvert par le magazineThe Village Voice.

«Je n’ai expérimenté que des choses positives en allant à l’Église et cela a changé ma vie pour le mieux, affirme celui qui est soupçonné d’avoir tué et démembré son ancien amant en mai dernier. Je n’ai personne, pas de famille ou d’amis à qui je peux faire confiance et l’Église agit comme ma famille à chaque fois que j’y vais.»

Il raconte que lorsqu’il était enfant, il souhaitait souvent se faire adopter par la vedette de l’Église de Scientologie, Tom Cruise. Puis, il écrit : «dans le passé, j’ai fait des choses mauvaises, mais qui n’en a pas fait?» et assure que ce qu’il veut dans la vie, c’est «d’aider les autres.»

«Si je peux faire sourire quelqu’un, alors je sais que j’ai bien fait mon travail», ajoute-t-il.

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