Le Saviez-Vous ► La fabuleuse histoire de l’Encyclopédie


La première encyclopédie est apparue à partir de 1751, il y est réuni tout le savoir de l’époque. Pour sortir de l’ignorance, il a fallu faire face à l’hostilité de l’Église. L’interdiction de vente, mit à l’index, brûler et enfin éditer l’oeuvre complète.
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La fabuleuse histoire de l’Encyclopédie

Isabelle Bernier

Historienne


Le Ier juillet 1751 paraît le premier volume de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. C’est le début d’une aventure éditoriale sans précédent qui va bousculer les idées reçues en France et dans toute l’Europe. La production de dictionnaires et de grands ouvrages littéraires caractérise le siècle des Lumières. L’Encyclopédie en est l’ouvrage le plus représentatif, à une époque où un nouvel esprit philosophique se constitue, basé sur l’amour de la science et la tolérance.

En octobre 1750, un Prospectus présente le projet de Diderot pour convaincre d’éventuels souscripteurs de participer à son financement ; quatre mille personnes vont répondre à l’appel. L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers, veut décrire de manière la plus complète possible, les arts, les sciences et les métiers de son époque. Au XVIIIe siècle, les arts désignent toutes les activités humaines : le travail manuel, le travail des machines (les « arts mécaniques »), le travail de l’esprit (les arts dits « libéraux » comme l’astronomie, la musique, la logique…), les beaux-arts.

L'Encyclopédie, volume I, première page « A » ; contributeurs : Diderot et d'Alembert ; éditeurs : Briasson, David, Le Breton, Faulche, entre 1751 et 1765. © Wikimedia Commons, domaine public

L’Encyclopédie, volume I, première page « A » ; contributeurs : Diderot et d’Alembert ; éditeurs : Briasson, David, Le Breton, Faulche, entre 1751 et 1765. © Wikimedia Commons, domaine public

Le projet de Diderot

La diffusion à grande échelle de l’état des connaissances dans tous les domaines est une entreprise inédite et révolutionnaire. On n’a encore jamais mis à contribution dans le même ouvrage, les philosophes et les détenteurs d’un savoir scientifique et technique. L’Encyclopédie est une œuvre pédagogique à visée éducative : l’ouvrage procède à un recentrage des savoirs autour de l’Homme.


L’initiative du projet revient à l’écrivain et philosophe Denis Diderot (1713-1784) mais c’est une entreprise collective qui fait appel aux spécialistes de leur domaine : d’Alembert (qui a rédigé le Discours préliminaire en 1751) s’occupe des mathématiques, Bellin contribue à la géographie, Daubenton à la biologie, Rousseau à la musique et l’économie politique, Tronchin à la médecine… On trouve aussi Montesquieu, Voltaire, d’Holbach (chimie), Turgot, Forbonnais et Quesnay (économie), Berthoud (horlogerie), parmi plus de cent cinquante collaborateurs, techniciens et praticiens, liés aux activités productives de leur temps.

Portrait de Denis Diderot par Louis Michel Van Loo en 1767, musée du Louvre, peintures françaises. © 2004, Musée du Louvre, Angèle Dequier

Portrait de Denis Diderot par Louis Michel Van Loo en 1767, musée du Louvre, peintures françaises. © 2004, Musée du Louvre, Angèle Dequier

L’Encyclopédie est un dictionnaire raisonné qui utilise un classement par branche de savoir, l’ordre alphabétique et le système des renvois entre articles. Elle intègre les « arts mécaniques » au sein des connaissances : la description des arts et des métiers impulsée par Diderot, offre un inventaire des procédés de fabrication, des inventions techniques et même des secrets d’ateliers. Elle inclut une collection sans précédent de définitions ; Diderot devient le premier homme de lettres à considérer la technologie comme une partie de la littérature.

L’Encyclopédie propose onze volumes de planches, indispensables à la description des métiers. Les dessins et les gravures illustrent à merveille l’anatomie, l’histoire naturelle, les outils, les gestes du travail, la manufacture, bref tous les secteurs de la technique et de la production.

Exemple de planche de l'Encyclopédie : Papetterie, dans tome V, planche X, dessinateurs Goussier et Benard, 1767. © RMN-Grand Palais (Institut de France), Gérard Blot

Exemple de planche de l’Encyclopédie : Papetterie, dans tome V, planche X, dessinateurs Goussier et Benard, 1767. © RMN-Grand Palais (Institut de France), Gérard Blot

La censure

L’Encyclopédie est certainement l’ouvrage le plus surveillé et censuré de son temps et atteste de ce que représentent les Lumières : appétit de savoir, liberté de penser, nécessité de douter. Elle fournit donc un savoir mais aussi une critique du savoir véhiculé par les habitudes, les dogmes et les autorités. Ses prises de position audacieuses vont lui occasionner de nombreux ennuis qui débutent avec un article sur la Genèse.

En février 1752, les Jésuites exigent la condamnation et l’interruption de la publication : le Conseil d’État du roi interdit de détenir les deux premiers volumes parus  Madame de Pompadour (maîtresse en titre de Louis XV) et Malesherbes, favorable à l’Encyclopédie et directeur de la Librairie (organe créé par Colbert, chargé d’octroyer des permissions et privilèges pour toutes les impressions réalisées en France), font lever l’interdiction et permettent la parution des cinq tomes suivants.

Exemple de planche de l'Encyclopédie : « Horlogerie, montre à équation, à secondes concentriques marquant les mois et leurs quantièmes », suite planche X, volume 22, Bibliothèque nationale de France. © gallica.bnf.fr/BnF

Exemple de planche de l’Encyclopédie : « Horlogerie, montre à équation, à secondes concentriques marquant les mois et leurs quantièmes », suite planche X, volume 22, Bibliothèque nationale de France. © gallica.bnf.fr/BnF

En 1757, les dévots attaquent les encyclopédistes coupables de critiquer la religion catholique : ils estiment que le but de l’Encyclopédie est d’ébranler le gouvernement et la religion. Le pape Clément XIII condamne l’ouvrage et le met à l’Index en mars 1759 : il demande aux catholiques de brûler les exemplaires en leur possession. À la même date, le Conseil du roi interdit la vente de l’Encyclopédie et exige le remboursement de tous les souscripteurs.

En septembre 1759, Malesherbes obtient du roi la permission de faire publier les volumes de planches ; ils vont paraître à partir de 1762. D’Alembert ayant renoncé à poursuivre l’aventure, les dix derniers tomes sont publiés clandestinement par Diderot en 1765 et les deux derniers volumes de planches illustrées paraissent en 1772. En vingt ans, vingt-huit volumes ont ainsi été publiés.

Dès le début des années 1770, Diderot reprend son activité d’écrivain car l’Encyclopédie est achevée. Cependant il ne publie aucun texte qui lui ferait courir de risques, en raison de ses positions sur l’athéisme, la colonisation… Certains de ses écrits ne seront connus qu’un siècle plus tard.

Exemple de planche de l'Encyclopédie : « Lutherie, instruments anciens et modernes, à cordes et à pincer », volume 2, Lutherie, planche III, dessinateur Benard, 1762. © gallica.bnf.fr/BnF

Exemple de planche de l’Encyclopédie : « Lutherie, instruments anciens et modernes, à cordes et à pincer », volume 2, Lutherie, planche III, dessinateur Benard, 1762. © gallica.bnf.fr/BnF

À savoir

Entre 1776 et 1780, est publié le Supplément à l’Encyclopédie, composé de quatre volumes de textes, d’un volume de planches et de deux volumes de tables. Diderot ne participe pas en tant que rédacteur à cette entreprise. L’ensemble des volumes de l’Encyclopédie plus le Supplément, constituent les trente-cinq volumes de l’édition dite « de Paris ».

L’Encyclopédie a occupé un millier d’ouvriers pendant plus de vingt-cinq ans. Près de soixante-douze mille articles ont été produits, Diderot en a composé plus de mille. Le prix d’achat de la première édition (in-folio) s’élève à 980 livres tournois, le salaire annuel moyen d’un ouvrier ou d’un domestique se situant autour de 300 livres. Le poids d’un volume est d’environ dix kilogrammes et son format proche du « A3 » actuel.

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Le Saviez-Vous ► Apollo 11 fut aussi un pas de géant technologique sur Terre


Quand on voit l’argent dépensé pour tout ce qui est en relation avec l’espace, on se demande si cela vaut vraiment la peine. Ce sont des sommes astronomiques qui y passent. Cependant, c’est grâce à l’exploration spatiale que la technologie est accessible aussi pour l’humanité, que ce soient les ordinateurs, les souliers de sports, des couvertures de survie …
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Apollo 11 fut aussi un pas de géant technologique sur Terre

Apollo 11 fut aussi un pas de géant technologique sur TerrePhoto: NASA/AFPL’astronaute américain Buzz Aldrin lors de la mission spatiale Apollo 11

La mission Apollo 11 du premier pas sur la Lune, dont le cinquantième anniversaire est célébré ce mois-ci, a catalysé de nombreuses percées scientifiques et technologiques.

Pour Apollo, la Nasa a construit la plus puissante fusée de l’histoire, la Saturn V, développée par l’équipe d’ingénieurs du transfuge nazi Wernher von Braun.

Mais grâce aux crédits généreux accordés par le Congrès américain, de l’ordre de 150G$ US d’aujourd’hui pour les trois premiers programmes de vols habités, la Nasa et l’industrie spatiale ont produit des innovations importantes.

«Apollo fut un laboratoire pour tenter de résoudre les gigantesques problèmes d’ingénierie auxquels nous nous heurtions», dit à l’AFP Brian Odom, historien au centre spatial Marshall de la Nasa.

En voici plusieurs exemples.

Révolution informatique

Jusqu’aux années 1960, les ordinateurs remplissaient des pièces entières et étaient composés de milliers de tubes à vide, très gourmands en énergie.

Tout a changé avec l’arrivée des disques durs de type «solid state» et de transistors rendant possible une miniaturisation suffisante pour être embarqués dans un véhicule spatial.

«Les fusées devaient fournir une très forte poussée, mais il fallait aussi réduire la masse et augmenter la puissance à bord pour l’informatique», dit G. Scott Hubbard, ancien directeur du centre de recherche Ames de la Nasa, près de San Francisco.

Cette évolution était déjà en route avant Apollo, mais c’est ce programme qui a accéléré l’avènement de cette nouvelle informatique… et, in fine, de la Silicon Valley.

Purificateur d’eau

La Nasa a développé un petit appareil de purification d’eau, pesant 255 milligrammes et tenant dans la main. Il purifiait l’eau en relâchant des ions argent, sans chlore.

La technologie a ensuite été adoptée pour tuer les microbes dans les systèmes collectifs de distribution d’eau.

Repas lyophilisés 

Un autre problème des voyages spatiaux est qu’il fallait conserver la nourriture sans réfrigérateur, qui prennent trop de place et consomment de l’énergie.

Les chercheurs de la Nasa ont donc perfectionné une technique appelée lyophilisation: la déshydratation à très basse température d’aliments, afin d’en garder la forme et les nutriments mais sans eau, avec une masse grandement réduite. Des emballages empêchaient l’humidité et l’oxygène de les pénétrer.

IRM

Des techniques d’analyse numérique d’images développées par un centre de la Nasa pour améliorer les images de la surface de la Lune ont trouvé des applications dans d’autres domaines, et notamment en médecine, dans les techniques d’imagerie CT-scan et IRM.

Des bottes lunaires aux baskets 

Les bottes de Neil Armstrong et des astronautes ayant foulé le sol lunaire étaient fabriquées dans des matériaux dont certains ont franchi le pas vers le monde des baskets.

Un ingénieur d’Apollo, Al Gross, est notamment parvenu à compenser l’usure des milieux des semelles de chaussures athlétiques en réutilisant les techniques d’absorption des chocs des bottes spatiales, selon un numéro du magazine Spinoff de la Nasa en 1991.

Couvertures de survie

Les couvertures de survie utilisées aujourd’hui par les premiers secours dans le monde entier ont été inventées par la Nasa, pour protéger les astronautes et leurs instruments de vol des rayons solaires et éviter la surchauffe.

Elles sont très simples, composées d’un film de plastique doublé d’un film d’aluminium très fin, reflétant les rayons infrarouges.

Outils sans fil 

Les astronautes d’Apollo avaient une mission géologique: forer le sol lunaire pour récupérer des échantillons de roche, jusqu’à trois mètres de profondeur.

Black & Decker a développé un algorithme afin d’optimiser le moteur de la perceuse et réduire la consommation d’énergie… Une technologie appliquée plus tard dans les aspirateurs sans fil.

Combinaisons

L’espace est un endroit extrême, avec de terribles variations de températures, entre le froid du vide spatial et les milliers de degrés subis par la capsule pendant la rentrée atmosphérique, sans compter les radiations solaires.

L’armée américaine et la Nasa ont développé une fibre appelé PBI (polybenzimidazole synthétique) dans les années 1950 et 1960, qui a fini par être adoptée par les pompiers dans les années 1970.

Pour l’historien de la Nasa Brian Odom, c’est un exemple parmi d’autres du rôle moteur de l’État américain.

 «Aucune entreprise n’aurait pu le faire», dit-il. «Mais c’était ça, Apollo. Et le programme spatial continue à le faire aujourd’hui».

Retour sur investissement? 

Il n’y a aucun doute que le retour sur investissement, pour l’économie américaine, est positif. Mais ce serait une erreur de n’appréhender l’impact de la recherche spatiale qu’en termes économiques, dit Casey Dreier, de l’organisation The Planetary Society.

«C’était avant tout une démonstration des capacités technologiques et organisationnelles, un message envoyé par les États-Unis non seulement à l’Union soviétique, mais aussi aux pays qui venaient d’être décolonisés après la chute des pouvoirs européens» et devaient choisir entre capitalisme et communisme, dit-il.

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Le Saviez-Vous ► Godzilla, le monstre fictif qui représente nos craintes bien réelles


Avec le nouveau film de Godzilla, des chercheurs se sont intéressés au personnage fictif par son évolution depuis sa création en 1954. Cette année-là, le Japon a voulu relier ce monstre de la crainte de l’arme nucléaire. À cette époque, il mesurait 50 mètre et celui de 2019 mesure maintenant 120 mètre. Au cours des années les craintes on évoluer aussi et Godzilla semble représenter les peurs qui étrangement semblent aussi aller dans le même sens des dépenses militaires pas juste pour la guerre, la sécurité alimentaire, le manque d’eau et provoque l’instabilité mondiale. Enfin, bien des films de catastrophes représentent souvent des craintes, comme les changements climatiques, les séismes, volcan, contagion etc ..
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Godzilla, le monstre fictif qui représente nos craintes bien réelles


On voit le monstre « Gojira » en train de dévorer un train, dans une ville.

Image tirée du premier film, « Gojira », de 1954. Photo: Toho Company Ltd

Renaud Manuguerra-Gagné

Au cours de ses 65 ans de règne sur nos écrans, Godzilla, roi des monstres cinématographiques, a plus que doublé de taille. Cette croissance exceptionnelle s’explique par de meilleurs effets spéciaux et une industrie qui en demande toujours plus; mais pour certains chercheurs, un autre élément influerait sur la taille du monstre : notre angoisse collective!

Godzilla est l’un des monstres les plus connus du cinéma, ayant paru dans 35 films depuis 1954, ainsi que dans plusieurs bandes dessinées, mangas et séries télévisées.

L’apparence du monstre a subi bien des transformations au cours de ses décennies d’existence, mais peu importe son format, il est toujours resté synonyme de destruction à grande échelle.

Le personnage est aussi parvenu à maintenir une présence quasi constante dans la culture populaire, tandis que bien d’autres monstres du cinéma des années 50 ont sombré dans l’oubli.

Pour deux chercheurs du Dartmouth College, une université américaine, la fascination qu’exerce encore aujourd’hui ce personnage n’est pas uniquement due à notre amour des films-catastrophes ou à la qualité – variable – des histoires qui y sont racontées.

Ce qui a commencé par une discussion amusante à propos du nouveau film Godzilla : roi des monstres a rapidement évolué en une analyse sérieuse, parue il y a quelques jours dans la revue Science(Nouvelle fenêtre).

Pour ces chercheurs, si Godzilla maintient l’attention du public, c’est parce que sa forme et surtout sa taille évoluent en réponse à l’angoisse collective ressentie par l’humanité au moment de la parution d’un de ces films.

Frise dessinée qui montre l'évolution de la taille de Godzilla.L’évolution de la taille de Godzilla au fil des ans. Photo : N. CARY/SCIENCE

Un monstre créé par un drame réel

Dès sa conception en 1954, Godzilla se voulait une métaphore de la crainte de l’arme nucléaire. Sa première apparition était une réponse directe à un grave accident qui a secoué la population japonaise en 1954.

Le monde était alors en pleine guerre froide : les États-Unis et l’Union soviétique étaient dans une course pour concevoir et tester de nouvelles armes nucléaires. Pour les Américains, l’un des plus importants lieux de test était l’atoll de Bikini, un archipel au milieu de l’océan Pacifique.

Le 1er mars 1954, les Américains y ont fait exploser leur plus puissante arme atomique, une bombe à hydrogène nommée « Castle Bravo ». Selon leurs calculs, l’explosion devait avoir une puissance équivalente à 6 mégatonnes de TNT, et une région de 150 000 kilomètres carrés autour de l’emplacement de test avait été interdite d’accès.

Or, la bombe s’est avérée plus puissante que prévu, explosant avec une force de 15 mégatonnes de TNT, 6000 fois plus puissante que les bombes qui ont frappé Hiroshima ou Nagasaki en 1945.

Les retombées de l’explosion ont largement dépassé la zone d’interdiction et ont exposé à de très fortes doses de radiations un bateau de pêcheurs japonais qui passait à proximité.

De retour au Japon, ces pêcheurs, qui avaient subi de multiples brûlures, ont tous reçu un diagnostic de syndrome d’irradiation aiguë. L’un des 24 membres de l’équipage en est mort, et les autres ont dû être hospitalisés pendant plusieurs mois.

L’histoire a fait le tour du Japon et rouvert les plaies collectives laissées par les deux bombes atomiques qui avaient frappé le pays neuf ans plus tôt.

Huit mois après l’incident, le film Gojira arrivait sur les écrans au Japon. On y présentait un monstre qui rejoignait la surface après les tests nucléaires américains et qui réduisait en cendres les villes japonaises, à la manière d’une bombe atomique.

Une analyse sérieuse d’un personnage fictif

En 1954, Godzilla faisait environ 50 mètres de haut. Dans le plus récent film, paru en 2019, le monstre fait 120 mètres de haut, soit plus du double de sa première incarnation.

Les chercheurs ont amorcé leur réflexion en évaluant la plausibilité biologique d’une telle croissance. Dans les films, Godzilla a toujours été dépeint comme une espèce inconnue de cératosaure, un dinosaure carnivore bipède de l’ère jurassique.

Une telle appartenance voudrait dire qu’il a peu évolué en presque 155 millions d’années. Puis, à partir de 1954, son corps a subi des transformations accélérées.

En comparant sa croissance à celle d’autres dinosaures de la période jurassique, les chercheurs ont calculé, à la blague, que Godzilla grandissait 30 fois plus rapidement que ne le feraient des espèces animales sauvages. Pour eux, cette croissance était donc due à une forte pression sélective, le résultat d’une menace externe le poussant à s’adapter.

La crainte d’une menace plus grande que nature

On voit Godzilla qui crache du feu vers le ciel.L’affiche du film de 2019 « Godzilla : roi des monstres » Photo : Warner Bros.

Bien que les chercheurs reconnaissent qu’une part des pressions sur ce personnage fictif vient de l’industrie du cinéma elle-même, ils ont voulu aller plus loin en observant les stress vécus par le public au cours de l’évolution du monstre.

Même s’il est difficile d’évaluer l’angoisse collective humaine avec précision, les chercheurs ont pu utiliser un équivalent facilement accessible : les dépenses militaires. Ils expliquent que, de tout temps, les investissements militaires de superpuissances comme les États-Unis reflétaient l’état des tensions politiques et sociales à travers le monde.

Ces investissements ne reflètent pas uniquement les conflits armés, comme les risques de guerre nucléaire ou les menaces du terrorisme. Dès 2003, un premier rapport du Pentagone associe les changements climatiques à un effet déstabilisant capable de modifier la sécurité alimentaire ou les ressources en eau. Depuis, d’autres directives et dépenses ont permis de s’y préparer.

En comparant la taille de Godzilla avec les dépenses militaires américaines, les chercheurs ont constaté une très forte corrélation entre les deux. Le monstre gagne en taille au cours de la période allant de 1954 aux années 1990, suivant le climat politique de la guerre froide. Il perd ensuite de sa masse pendant une brève période d’accalmie, puis reprend sa croissance accélérée avec une hausse de l’instabilité mondiale.

Pendant ce temps, le discours des personnages des films change, passant de la dénonciation de l’arme nucléaire à des réflexions sur les dommages environnementaux causés par l’humain, dans les plus récents films.

Pour les chercheurs, dans tous les cas, ce monstre représente une menace plus grande que nature, qui ne peut être affrontée qu’en mettant de côté nos différends et en travaillant ensemble pour le bien commun.

Cette fable permet à un monstre vieux de 65 ans de maintenir son règne sur nos écrans encore aujourd’hui.

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Le Saviez-Vous ► Science décalée : des physiciens établissent la recette de la parfaite pizza


L’Italie est reconnu pour ses pizzas. Il y a même des compétitions à chaque année, mais ce n’est pas toujours des Italiens qui remporte la victoire. Chacun a sa méthode pour la meilleure pizza. Ceci dit, même la science s’est intéressée à la pizza parfaite. Que ce soit la pâte, le fromage, le temps de cuisson. Pour y répondre, il y a eu la mathématique, la physique, et même l’anthropologie
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Science décalée : des physiciens établissent la recette de la parfaite pizza

Nathalie Mayer
Journaliste

Pour déguster une pizza parfaite, vous avez le choix. Prenez l’avion pour l’Italie et dénichez un pizzaiolo qui travaille sa pâte et sa garniture avec simplicité et amour, puis qui passe le tout au four à brique réfractaire. L’autre solution est de suivre les conseils de deux physiciens. Ils ont établi une équation qui garantit la cuisson parfaite de votre pizza, même dans un four électrique.

Saviez-vous qu’il existe un championnat du monde de pizza ? Il se tient chaque année… en Italie, bien sûr ! Des centaines pizzaiolos d’une quarantaine de pays s’y affrontent pour décrocher le titre suprême et ce, dans différentes catégories. Et ce ne sont pas toujours des Italiens qui sont récompensés.

Ainsi, en 2016, c’est un français qui a été sacré dans la catégorie « classique » avec une pizza façon bouillabaisse. Audacieux ! En 2018, un autre français se distingue au palmarès, en catégorie « in teglia », comprenez « pizza rectangulaire », préparée dans un moule. Pour lui, le secret de la pizza parfaite, c’est la simplicité. Et beaucoup d’amour Rien que ça…

Pour d’autres, le secret de la pizza parfaite repose dans la pâte. Il semblerait, par exemple, que la qualité de l’eau utilisée pour la confectionner ait toute son importance. Une eau dure entraverait le processus de fermentation qui permet à la pâte de lever. Une eau douce donnerait une pâte molle et collante. En cas de doute, des chefs conseillent même d’employer plutôt du lait.

Selon des physiciens italiens, cette équation complexe donne le temps de cuisson parfait pour une pizza préparée au four classique. Ils préviennent qu’il est indispensable d’avoir une idée précise de la teneur en eau de la garniture. En effet, une pizza couverte de légumes aura besoin d’un temps de cuisson plus important, car elle retournera plus de chaleur par évaporation. © Andrey Varlamov et Andreas Glatz

    Selon des physiciens italiens, cette équation complexe donne le temps de cuisson parfait pour une pizza préparée au four classique. Ils préviennent qu’il est indispensable d’avoir une idée précise de la teneur en eau de la garniture. En effet, une pizza couverte de légumes aura besoin d’un temps de cuisson plus important, car elle retournera plus de chaleur par évaporation. © Andrey Varlamov et Andreas Glatz

    Les chercheurs s’intéressent de près à la pizza

    En 2014, des chercheurs s’étaient de leur côté posé une question qui semble tout aussi capitale : celle du fromage. Mozzarella, cheddar, colby, édam, emmental et provolone ont été passés au crible. Parmi les critères retenus par les chercheurs : l’élasticité, le goût, mais aussi la couleur après cuisson. Vous ne serez peut-être pas surpris d’apprendre que la mozzarella apparaît comme étant idéale. Mélangée avec du cheddar, le résultat est encore meilleur, le petit plus du second critère étant une affaire de goût.

    L’année précédente, une chaîne de pizzerias avait demandé à une mathématicienne d’étudier le rapport entre l’épaisseur de la pâte et la garniture. Elle avait pu établir une formule permettant de trouver la quantité idéale de garniture en fonction du diamètre de la pizza. Une formule qui attirait l’attention sur les risques d’une surcharge de garniture, susceptible de détremper la pâte.

    Aujourd’hui, ce sont deux physiciens et un anthropologue qui prennent la question de la pizza parfaite par le bout de la cuisson. Leur étalon : la pizza Margherita, telle qu’elle est préparée par les pizzaiolos italiens, dans un four en briques réfractaires. Car ce mode de cuisson, semble-t-il, permet une cuisson uniforme de la pizza. Dans l’idéal, pendant 2 minutes à 330 °C. Mais dans un four électrique, la donne change bien sûr. La conductivité thermique de nos plats en métal est en effet bien supérieure à celle des briques. Lois de la thermodynamique à l’appui, les chercheurs montrent toutefois qu’une pizza de qualité tout à fait satisfaisante peut être obtenue après une cuisson de 170 secondes à 230 °C.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Les champions du monde de pizza ne sont pas tous italiens.

  • La mozzarella est le meilleur des fromages à pizza. Le cheddar aussi ! 

  • En fonction du diamètre de la pizza, il existe une quantité idéale de garniture à prévoir.

  • Dans un four électrique, les pizzas doivent cuire un peu plus longtemps et à une température inférieure à celle d’un four à briques réfractaires.


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Le Saviez-Vous ► Au Moyen Âge, les médecines alternatives concurrençaient déjà la médecine scientifique


Faut croire qu’avec les siècles et la science médicale qui avance, il y a encore des croyances populaires, et des charlatans qui feront croire n’importe quoi au gens crédules qui espèrent guérir d’une maladie. Quoique certains domaine de la médecine alternative qui fonctionne.
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Au Moyen Âge, les médecines alternatives concurrençaient déjà la médecine scientifique


Médecin laissant couler le sang d'un patient. | Peter Isotalo via Wikimedia Commons

Médecin laissant couler le sang d’un patient. | Peter Isotalo via Wikimedia Commons

Estela Bonnaffoux et Nonfiction

Homéopathie, acupuncture, ostéopathie… des «fakemeds» dénoncées comme fausses médecines. Déjà à l’époque médiévale, les médecins étaient confrontés à des pratiques concurrentes.

Homéopathie, acupuncture, ostéopathie… ces médecines dites alternatives, complémentaires ou parallèles, sont depuis plusieurs mois dénoncées par des professionnel·les de santé, qui les qualifient de «FakeMeds», «fausses médecines». Ce débat n’est pas neuf: déjà à l’époque médiévale, les médecins étaient confrontés à des pratiques concurrentes. Comme aujourd’hui, elles avaient leurs partisans et leurs détracteurs.

La médecine: un moyen parmi d’autres

Au Moyen Âge, on ne fait pas nécessairement appel au médecin lorsqu’on tombe malade. Dans les zones rurales, on préfère souvent des soins qu’on pense plus efficaces, plus rapides ou plus économiques. On peut porter sur soi des talismans qui apportent la guérison, ou des amulettes qui protègent des maladies. La prière fait aussi partie des pratiques thérapeutiques: il est rare qu’on s’adresse directement à Dieu, mais on n’hésite pas à implorer différents saints, en fonction du martyre qu’ils ont subi. Parce qu’elle a réussi à s’extirper du ventre du dragon qui l’avait avalée, sainte Marguerite d’Antioche est ainsi associée aux accouchements.

Les malades se tournent aussi vers des guérisseurs et guérisseuses, souvent illettrées, mais qui ont acquis un savoir oral et empirique, fondé sur l’observation et l’expérience. Rebouteux qui redressent les os, bergers qui connaissent les plantes médicinales, femmes expérimentées qui accouchent leurs voisines… Le profil de ces soignant·es est extrêmement varié et leur pratique peu encadrée, malgré les ordonnances royales visant à la contrôler. De quoi agacer le médecin, qui avec l’essor des universités au XIIIe siècle, cherche de plus en plus à se définir comme un scientifique (vir scientificus).

Les médecins les détestent

Les textes expriment donc une certaine méfiance envers les individus qui n’ont pas reçu de formation médicale. Exemple avec les vetulae (littéralement les «petites vieilles») : détentrices de recettes pas si éloignées de nos remèdes de grand-mère, elles ressemblent quand même beaucoup à des sorcières, comme le suggère (pas très) subtilement Sebastian Brant dans sa Nef des fous (1494):

«Nous sommes si abusés que nous croyons le conseil d’une vieille et ses herbes cuites sur les rivages de la Thessalieplutôt que les bons médecins.»

Même constat chez Henri de Mondeville, chirurgien du XIVe siècle: le peuple est tellement crédule qu’il fait confiance au premier venu capable de s’improviser médecin. En effet, les charlatans qui se vantent de pouvoir tout guérir ne manquent pas. Certains sont dangereux: Grégoire de Tours (539-594) rapporte qu’un dénommé Didier étirait les membres de ses patients paralytiques jusqu’à ce que les malheureux soient «guéris ou morts»… D’autres paraissent plus inoffensifs, comme ces imposteurs décrits par le médecin Antonio Guaineri au début du XVesiècle:

«Ils affirment qu’à partir des urines non seulement ils savent si la femme est enceinte, mais encore si elle l’avait déjà été auparavant, combien d’enfants elle a, si elle a eu un autre mari, si son père et sa mère sont encore en vie, et bien d’autres affirmations de ce genre!»

Plus précis que nos tests de grossesse actuels… Plus sérieusement, les charlatans copient ici la marque de fabrique des médecins, l’uroscopie, c’est-à-dire l’observation des urines. C’était bien la peine de suivre tous ces cours à la fac de médecine.

Le savoir populaire, une «fakemed»?

On l’a compris, les médecins ne voient pas toujours d’un très bon œil ceux qui leur font concurrence. Mais ils ne rejettent pas en bloc les remèdes magiques ou populaires. C’est le cas de Gilbert l’Anglais au XIIIe siècle:

«La veille de la Saint Jean-Baptiste, un homme âgé d’au moins 20 ans doit, avant la troisième heure du jour, arracher avec la racine, d’abord la grande consoude, puis la petite consoude, tout en récitant trois fois le Notre Père. […] En silence, il doit tracer, avec leur sève, les mots suivants sur un parchemin: “Le seigneur a dit croissez † uehihoch † et multipliez-vous chabathay † et remplissez la terre amath”.»

Comble de l’efficacité, ce talisman permet même de choisir le sexe de son futur enfant! Vous voulez un garçon? Il suffit que Monsieur le porte pendant les galipettes. Et vice versa si on souhaite une fille.

Alors, méthode miracle? Pas du tout, selon Antonio Guaineri, qui reprend, pour la forme, le remède de Gilbert, «même s’il est complètement inefficace». Il admet malgré tout qu’il est possible qu’il fonctionne, à condition d’y croire (un peu notre effet placebo). Et le médecin italien d’ajouter plus loin que les malades peuvent bien se soigner à coup d’incantations si cela leur chante… mais qu’elles ne sont pas du ressort de l’homme de science. Troublant écho d’une querelle sans cesse réactivée et qui oppose différentes conceptions du soin.

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Le Saviez-Vous ► Un scientifique mettait déjà en garde contre le réchauffement climatique en… 1896


Un scientifique suédois était un visionnaire du futur, car il savait déjà en 1896 que le gaz à effet de serre aurait des conséquences désastreuses et nous serons face à des changements climatiques.
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Un scientifique mettait déjà en garde contre le réchauffement climatique en… 1896


Capture d’écran. © Twitter.

En 1896 déjà, un scientifique mettait en garde contre les probables effets néfastes des émissions de CO2, avance lundi le comité Nobel sur Twitter.

Svante Arrhenius fut le premier à quantifier la responsabilité du CO2 dans l’effet de serre, dans un article paru dans le Philosophical Magazine and Journal of Science. Il y faisait même des spéculations sur le fait que des variations de concentrations de CO2 dans l’atmosphère pourraient avoir une influence sur d’éventuels changements climatiques à long terme.

Svante Arrhenius (1859-1927) n’y détaille pas beaucoup plus le fait que brûler des combustibles fossiles aurait pour effet un réchauffement de la planète mais il était déjà conscient en 1896 que ces combustibles pouvaient potentiellement entraîner une émission significative de CO2.

Ce biologiste et chimiste suédois avait obtenu en 1903 le prix Nobel de Chimie pour ses travaux sur la théorie dissociative électrolytique.

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Mathématiques: le prix Abel attribué à une femme pour la première fois


Le prix Abel est un prix pour les mathématiques étant donné que cette science est absente du prix Nobel. Pour la première fois, c’est une femme qui a reçu le prix pour ses travaux.
Nuage

 

Mathématiques: le prix Abel attribué à une femme pour la première fois

 

Agence France-Presse
Oslo

Le prix Abel de mathématiques a récompensé pour la première fois mardi une femme, l’Américaine Karen Uhlenbeck, spécialiste des équations aux dérivées partielles, a annoncé l’Académie norvégienne des Sciences et Lettres.

« Karen Uhlenbeck reçoit le prix Abel 2019 pour son travail fondamental dans l’analyse géométrique et la théorie de jauge qui a radicalement modifié le paysage mathématique », a déclaré le président du comité Abel, Hans Munthe-Kaas.

« Ses théories ont révolutionné notre compréhension des surfaces minimales, telles que celles formées par des bulles de savon, et des problèmes de minimisation plus généraux en dimension supérieure », a-t-il fait valoir dans un communiqué.

Âgée de 76 ans, Karen Uhlenbeck est maître de recherche universitaire invitée à l’Université de Princeton ainsi que professeure associée à l’Institute for Advanced Study (IAS), aux États-Unis.

Cette native de Cleveland « a élaboré des outils et des méthodes d’analyse globale » qui font dorénavant partie de la boîte à outils de tout géomètre et analyste, a souligné l’Académie norvégienne des Sciences et Lettres.

Elle est également une figure de proue de l’égalité des sexes en sciences et en mathématiques.

Il s’agit de la première femme à recevoir le prix Abel, créé en 2003 par le gouvernement norvégien avec l’objectif de combler l’absence de prix Nobel de mathématiques. Il porte le nom d’un mathématicien norvégien, Niels Henrik Abel (1802-1829).

Doté de 6 millions de couronnes (620 000 euros), c’est l’une des plus prestigieuses distinctions au monde dans le domaine des mathématiques avec la médaille Fields, attribuée tous les quatre ans.

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