Le Saviez-Vous ► Expertise médico-légale au Québec


Parmi mes passions telles que l’archéologie, l’astronomie et autres, il y a aussi la science médico-légale. Ce billet avait été écrit en 2014 lors des 100 ans d’expertise médico-légale au Québec, plus précisément à Montréal. C’est d’ailleurs l’un des laboratoires les plus complets en Amérique du Nord. C’est un endroit qu’on peut résoudre le mystère d’un décès, d’un crime … Le seul hic, est l’odeur qui règne dans la salle d’autopsie
Nuage

 

Expertise médico-légale au Québec

 

 

Ce laboratoire a été fondé par le Dr Wilfrid Derome le 26 juin 1914, et a occupé jusqu’en 1969 des locaux dans le Vieux-Montréal, rue Saint-Vincent. Il constitue aujourd’hui une unité autonome au sein du ministère de la Sécurité publique, située au siège social de la Sûreté du Québec, rue Parthenais. Il est l’un des laboratoires les plus complets en son genre en Amérique du Nord.

Le Laboratoire possède trois salles d’autopsie qui sont attenantes à la morgue, qui peut contenir jusqu’à 135 corps. Entre 650 et 700 autopsies sont pratiquées ici tous les ans. Il reçoit la majorité des cas de morts violentes ou suspectes au Québec. Les causes de mortalité sont identifiées dans 95 % des cas.

Une autopsie dure en moyenne une heure. Dans des cas extrêmes, où il y a putréfaction et démembrement, elle peut s’étendre sur plusieurs jours. C’est une procédure invasive où tous les organes du torse et du crâne sont retirés et examinés. Les organes (dont le cerveau) sont mis dans un sac et placés dans le ventre. Si le corps était exposable avant l’autopsie, il le sera après celle-ci. La salle sert aussi à passer le corps et la dentition aux rayons X.

Même après plus de cinq ans comme médecin légiste, le Dr Yann Dazé peut encore sentir l’odeur de putréfaction qui règne au sous-sol, où sont situées les salles d’autopsie et la morgue.

« Ça ne sent pas la boulangerie », lance-t-il.

L’odeur est beaucoup plus proche de celle émanant des égouts. C’est d’ailleurs où vont les eaux après le lavage, si nécessaire, du corps.

Quelques échantillons d’organes prélevés durant l’autopsie sont envoyés pour être analysés. Ils sont coulés dans la paraffine afin d’en faire des tranches extrêmement minces. En haut à droite, on voit de fines tranches d’un morceau de coeur.

Le Laboratoire compte environ 150 employés, dont une soixantaine sont affectés à la division Biologie.

Grâce à l’analyse des taches de sang, on peut aider les enquêteurs à déterminer le déroulement d’un acte criminel. Les spécialistes du laboratoire s’occupent aussi de l’analyse des échantillons de sang prélevés sur la scène de crime. Chaque année, 1000 individus sont ajoutés à la Banque nationale de données génétiques par l’équipe québécoise.

Un photographe professionnel produit des photos et des vidéos de qualité pour aider aux enquêtes et au dépôt d’éléments de preuve en cour. Il fait aussi du traitement d’images et de l’infographie.

À l’aide de microscopes, il devient possible de déterminer si une personne a tenté d’imiter l’écriture d’une autre. Des ralentissements dans le trait vont trahir les individus malintentionnés. Toute cette analyse se fait à l’oeil par des spécialistes.

Avec des appareils sophistiqués, il est possible de déceler les différentes techniques encore utilisées par des faussaires. Dans ce cas-ci, pour un chèque altéré et pour un numéro de téléphone caché.

La fin de la guerre des motards a fait passer le nombre annuel d’enquêtes de la section Incendies et explosions de 100 à 40. L’essence est utilisée dans 90 % des incendies d’origine criminelle.

Dans le secteur de la balistique, on reçoit pour analyse entre 2000 et 2500 armes à feu par année. On y compare des douilles pour les associer à des armes à feu. Ce travail se fait à l’oeil. Un robot numérise les douilles, mais seul un humain peut confirmer une correspondance entre deux douilles. Le Laboratoire a 4000 armes à feu saisies aux fins de comparaison.

Avec les informations de Louis-André Bertrand et de Jacques Bissonnet. (Photos : Louis-André Bertrand)

http://ici.radio-canada.ca

La police américaine suit les mouches à la trace


Généralement, les insectes donnent plusieurs informations lors d’un décès suspect. Mais les mouches, plus spécifiquement les mouches à viande, les premières arrivées sur un corps qui se décomposent, pourraient fausser les indices sur une scène de crimes
Nuage

La police américaine suit les mouches à la trace

mouche

David Rivers, professeur de biologie à l’université Loyola à Baltimore, veut isoler une enzyme spécifique à l’estomac des mouches pour ne plus confondre goutte de sang humain et goutte de sang digérée par les diptères.

KENNETH K. LAM/AP/SIPA

Un biologiste américain met au point un révélateur à usage de la police scientifique pour distinguer les traces de sang humain de celles, souvent identiques, laissées par les mouches sur les scènes de crime.

Le corps git au sol, une balle dans la poitrine. Les techniciens de la police scientifique procèdent aux relevés sur la scène de crime, notant les moindres indices, scrutant attentivement les traces de sang. Tout semble concorder : l’homme s’est suicidé, comme en atteste l’arme qu’il tient encore dans sa main et une lettre qu’il a laissé en évidence. Mais un détail intrigue les enquêteurs : à quoi correspondant ces éclats de sang relevés ça et là sur le sol et les murs, loin du cadavre ? Se pourrait-il qu’il s’agisse de projections de sang laissées par un éventuel assassin ? Ou de simples artefacts dus… au passage d’un essaim de mouches.

La question est moins anecdotique qu’il y parait. Pour preuve, David Rivers, professeur de biologie à l’université Loyola à Baltimore, a obtenu début décembre 2016 – selon le Journal de Baltimore qui rapporte l’information – un budget de 154 000 dollars du ministère américain de la Justice pour mettre au point, en deux ans, un spray qui puisse faire la différence très rapidement sur la scène de crime. Objectif du chercheur : isoler une enzyme spécifique à l’estomac des mouches pour ne plus confondre goutte de sang humain et… goutte de sang digérée par les diptères.

Une habituée des scènes de crime

Les insectes intéressent depuis longtemps les spécialistes de la police scientifique, qui sont désormais capables de reconstituer approximativement le jour de la mort en fonction des cohortes qui se succèdent sur les cadavres. Parmi eux, la mouche – et particulièrement la mouche à viande – conserve un statut très particulier. D’abord parce qu’elle est la première à être attirée, très rapidement, par les chairs en décomposition qu’elle peut détecter à plusieurs kilomètres à la ronde et aussi parce qu’elle peut s’infiltrer habilement dans de nombreux locaux, même ceux que l’on pourrait penser hermétiquement clos. En outre, son comportement est tout à fait spécifique en raison de la façon dont elle digère : ne pouvant absorber d’éléments solides, elle régurgite sur la nourriture des enzymes présents dans son estomac afin que ceux-ci la pré-digèrent partiellement. Ce qui lui permet de l’aspirer ensuite par la trompe. En outre, pendant qu’elle se nourrit, la mouche régurgite souvent une partie de son repas précédent qui se mélange au sang présent…

Autant de fluides qui peuvent donc semer la pagaille sur une scène de crime !

« Ces petites marques ressemblent en effet beaucoup à ce que nous appelons des éclaboussures d’impact », explique ainsi Steven O’Dell, directeur du laboratoire de criminalité de la police de Baltimore.

Ces éclaboussures d’impact sont la forme (elliptique ou ronde) que prennent les gouttes de sang lorsqu’elles frappent le sol, forme à partir de laquelle les policiers peuvent déduire l’origine et la force de l’impact.

« Cela pourrait nous amener à une conclusion erronée, en estimant par exemple que la version d’un témoin est incorrecte par rapport à ce que nous constatons sur le terrain… alors qu’il s’agit en fait d’une erreur d’interprétation des données. »

David Rivers a d’ores et déjà mené des tests concluants à partir de dix espèces de mouches communes. Mais il reste encore des dizaines d’autres à tester avant de finaliser la mise au point d’un « révélateur à traces de mouches » efficace.

http://www.sciencesetavenir.fr/

Des scènes de crime virtuelles au tribunal


Cela peut être intéressant, voir très utile pour avoir une meilleur idée en temps que juré lors d’un procès.
Nuage

 

Des scènes de crime virtuelles au tribunal

 

Test d'un casque HTC Vive à la Staffordshire University. Jon Thorne Photography/Staffordshire University

Test d’un casque HTC Vive à la Staffordshire University. Jon Thorne Photography/Staffordshire University

L’université anglaise du Staffordshire travaille à des reconstitutions en 3D virtuelle utilisables lors de procès, à destination des jurés.

SCHÉMA. Dans les films, on voit ce genre de scènes de procès : un avocat distribue aux jurés des photos des lieux du crime, d’un détail sur une pièce à conviction trouvés sur le terrain ou sollicite un expert pour expliquer un schéma sur les circonstances du drame. La Staffordshire University compte bien mettre fin à ce genre de pratique artisanale pour, à la place, faire entrer dans les tribunaux les procédés de réalité virtuelle. L’idée ? Littéralement immerger les jurés dans une scène de crime modélisée en 3D, en vision à 360° et photo-réaliste. Le projet associe le centre d’archéologie et le département de forensique et de criminologie de l’université et la société Advanced Laser Imaging, spécialiste du scan laser de scènes de crime.

MILLIMÈTRE.

« L’établissement bénéficie également d’un partenariat sur la forensique avec la police du Staffordshire si bien que nous pourrons collaborer avec eux pour tester nos méthodes sur des scènes de crime correspondants à des affaires réelles », explique Caroline Sturdy Colls, enseignante chercheuse en archéologie forensique (l’archéologie au service des enquêtes criminelles) qui mènera ces travaux avec le chercheur italien Dante Abate, expert en imagerie laser.

Observer une scène de crime sous tous les angles en préservant son intégrité

Les développements vont convoquer tout un éventail de techniques : drone, scan laser, photogrammétrie et méthodes issues de l’archéologie comme du jeu vidéo, le tout pour un rendu en haute définition dont la précision se situerait en deçà du millimètre.

« En tant qu’archéologue  forensique de formation, je suis très intéressée par la manière dont ces techniques peuvent permettre de détecter et enregistrer des sites d’inhumation ou des lieux cachés, continue Caroline Sturdy Colls. Le projet ne compte pas modéliser des corps mais enregistrer les preuves in situ et les restituer dans un environnement 3D. »

Dans ce cadre, les visiocasques de type Oculus Rift ou HTC Vive, qui ne s’appliquent qu’à une seule personne à la fois, ne sont que l’un des dispositifs d’immersion possibles (voir ici une démonstration vidéo succincte par la BBC).

LOGISTIQUE. En tout cas, l’intérêt de ce genre de projet est multiple. D’abord, s’épargner la logistique du transport de tout un jury sur place. Ensuite, permettre d’observer une scène de crime sous tous les angles, au plus près des détails, tout en en préservant l’intégrité. Sans compter que la simulation peut être conservée indéfiniment, enregistrée quelque part sur un serveur avec possibilité pour la « revisiter » autant de fois que nécessaire, en première instance, en appel, en cas de réouverture d’une affaire déjà jugée.

Bien sûr, chaque reconstitution virtuelle devra être validée officiellement par les autorités judiciaires. En la matière, il y aura une procédure à définir, d’autant que les chercheurs veulent rapidement travailler avec diverses forces de police du pays, avant de vraiment démarrer les simulations en mars 2017.

http://www.sciencesetavenir.fr/

Recherche concluante pour l’utilité des insectes dans la résolution de crimes


Ceux qui aiment les séries médico-légales savent que les insectes ont une grande importance dans cas de meutre pour donner un moment approximatif de la mort, mais quand la victime est mis dans un contenant, cela peut changer beaucoup de chose. Une étude menée au Canada et simultanément en Allemagne donne des outils qui aideront sûrement les techniciens en médico-légal
Nuage

 

Recherche concluante pour l’utilité des insectes dans la résolution de crimes

 

 

Insectes

Des insectes étudiés dans le cadre des expériences du professeur Moreau et de son équipe. Photo :  ICI Radio-Canada/Nicolas Steinbach

Un texte de Nicolas Steinbach

Les données recueillies par une équipe de l’Université de Moncton confirment l’utilité des insectes lors de l’étude de scènes de crimes par les services policiers.

L’expérience du professeur d’écologie Gaétan Moreau et de ses étudiants aura duré une centaine de jours cet été. Ils ont déposé 15 carcasses de porc dans des contenants de différentes tailles avec différents degrés d’étanchéité, soit des valises, des poubelles et des barils. Les chercheurs ont ensuite progressivement ouvert les contenants pour recueillir les populations d’insectes à l’intérieur et à l’extérieur des contenants.

L’étude est effectuée en collaboration avec l’Université de Francfort, en Allemagne. L’expérience du côté allemand a particulièrement porté sur les insectes à l’intérieur des contenants, tandis que l’équipe de l’Université de Moncton s’est surtout intéressée aux insectes qu’on retrouve à l’extérieur des contenants, ce qui révèle des données inédites.

On a établi différents groupes d’insectes pour différentes scènes de crimes impliquant des corps reposant dans des contenants. Cela a permis aussi à Gaétan Moreau et à son équipe de mieux établir le temps de colonisation par rapport à la durée et la température. Selon le professeur, les techniciens en identité judiciaire, en scènes des crimes, et les enquêteurs seront mieux préparés avec les données recueillies.

« On a une étude assez détaillée, assez complexe et qui amène quand même à des résultats assez clairs et qui est proactive. […] Si on ne fait pas attention, on pourrait perdre des informations qui sont cruciales pour régler un cas médico-légal. Par exemple, si on a eu un type de larves qui a été très abondant et que c’était imprévu sur les valises, si on approche cette valise-là , qu’on l’ouvre, les larves vont tout simplement se sauver. Ce sont des larves qui sont très timides, donc elles vont disparaître, on va perdre cette information-là et à ce moment-là notre capacité à déterminer le moment du décès vient de disparaître », explique le professeur Moreau.

Les données ont une portée internationale

Lors d’enquêtes sur des meurtres, il arrive de plus en plus que les policiers retrouvent le cadavre dissimulé dans une poubelle ou des valises. Il y a eu par exemple l’affaire Magnotta il y a quelques années. Des membres avaient été envoyés dans des valises et des boites à différents endroits.

Le fait que l’étude ait produit des données avec autant de répétitions sur une aussi longue période et sur deux continents est inédit, selon Gaétan Moreau.

« Les expérience faites sur plus d’un continent, ce n’est pas commun dans le médico-légal. En fait, ça ne se fait pas. Personne ne fait ça. Les gens vont généralement faire des données au niveau local. Là, on le voit quand on décidé de faire l’expérience à des endroits différents, on est capable de voir des similitudes assez importantes pour faire des conclusions, pour faire ce qu’on appelle de l’inférence, et ça, c’est quelque chose qui manque terriblement en cour. L’ensemble des conditions qu’on retrouve dans cette expérience en sciences médico-légales, c’est inédit », souligne le professeur Moreau.

Gaétan Moreau

Le professeur Gaétan Moreau et une étudiante examinent des échantillons d’insectes. Photo :  ICI Radio-Canada/Nicolas Steinbach

Des projets avec les services policiers

Gaétan Moreau et son équipe ont de plus en plus de rapprochements avec la GRC. Les expériences effectuées se retrouvent de plus en plus dans les bases de données des policiers. M. Moreau dit qu’il leur offre des outils, des modèles qui permettent d’établir des probabilités, d’être plus précis sur les intervalles de la mort.

Un premier entomologue médico-légal dans la GRC a été nommé en Alberta. Il s’agit de Jean-Philippe Michaud, un ancien étudiant de Gaétan Moreau. Avant, on devait souvent faire appel à des spécialistes qui viennent de l’extérieur du pays, ce qui donnait des résultats mitigés. Il n’y en pas encore en Atlantique parce qu’il s’y commet peu de crimes graves impliquant des corps dans des contenants, selon le professeur Moreau.

Il s’est développé une expertise unique dans le domaine de l’entomologie médico-légale à l’Université de Moncton. Ces travaux sont suivis dans le monde pour leur rigueur scientifique.

Dès janvier, l’Université de Moncton offrira un premier cours de biologie médico-légale. Gaétan Moreau explique qu’on veut développer et transmettre une expertise. Selon lui, le sujet suscite beaucoup d’intérêt chez les étudiants. Les expériences menées durant l’été vont faire partie du matériel du cours.

http://ici.radio-canada.ca/

Le pouvoir de l’ADN


L’ADN est un outil très utilisé en enquête criminelle, cependant, même si la génétique est un très fiable, il peut y arriver des erreurs d’interprétation, de manipulations ou autre, qui peuvent condamner à tort des personnes qui n’ont aucun rapport avec le crime. Les séries policières règlent des crimes en 60 minutes, mais en réalité, cela peut prendre beaucoup plus de temps, et l’ADN ne devrait pas être le seul moyen pour une accusation
Nuage

 

Le pouvoir de l’ADN

 

 

Érigée en preuve irréfutable dans les enquêtes, la molécule n’est peut-être pas aussi infaillible qu’on pourrait le penser

L’ADN, simple molécule enfouie dans le noyau de nos cellules, est devenu un outil puissant qui permet aujourd’hui de démasquer rapidement les criminels et d’innocenter des suspects, voire des condamnés à mort. Érigée en preuve irréfutable, l’ADN n’est toutefois pas aussi infaillible que plusieurs le croient. Il nous faut garder un oeil critique, croit la généticienne française Catherine Bourgain.

Depuis 1992, l’association Innocent Project aux États-Unis a réussi à faire innocenter 266 condamnés, dont 17 attendaient dans les couloirs de la mort, en leur permettant de bénéficier de tests ADN.

« L’ADN est un artisan de lutte contre la peine de mort », souligne Catherine Bourgain dans ADN superstar ou superflic ? publié aux éditions du Seuil.

« Lorsqu’il arrive trop tard pour innocenter, l’ADN peut encore servir à dénoncer les erreurs judiciaires », ajoute-t-elle avant de relater le cas de Claude Jones, condamné à mort pour le meurtre d’Allen Hilzendager par la justice du Texas, laquelle fondait son jugement sur une analyse de la structure microscopique d’un cheveu retrouvé près de la victime.

George Bush, alors gouverneur de l’État, refusa d’accorder à Jones, qui clamait son innocence, le délai de 30 jours nécessaire aux analyses d’ADN complémentaires, et ce dernier fut exécuté le 7 décembre 2000. Ce n’est qu’en 2010 qu’Innocent Projet obtint l’autorisation d’analyser l’ADN du cheveu, qui s’avère ne pas appartenir à Jones…

Plus près de chez nous, l’ADN a permis de retrouver l’auteur du meurtre de la comédienne Denise Morel, qui incarnait Dame Plume dans La ribouldingue, 23 ans après qu’elle eut été battue à mort et violée en 1984, à Montréal. Lors de son arrestation en 2007, Gaétan Bissonnette a dû fournir un échantillon de son ADN, qui s’est avéré identique à celui contenu dans des poils pubiens retrouvés sur la victime…

À Paris, une bijoutière s’est fait cambrioler par deux hommes qui l’ont torturée pour avoir le code secret de son coffre-fort. Avant de partir, un des deux cambrioleurs lui a fait un bisou, a raconté Mme Bourgain en entrevue lors de son passage à Montréal à l’invitation du Coeur des sciences de l’UQAM. Quand les policiers sont arrivés sur les lieux du méfait, ils ont prélevé des cellules à l’endroit où le bisou avait été donné. Quelques mois plus tard, le type s’est fait arrêter dans un autre cambriolage à Marseille. Quand on a versé son ADN dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), on a pu faire le lien avec le même ADN déposé lors du baiser.

Une preuve irréfutable ?

« On laisse partout de notre ADN, que ce soit sous forme de poils, de cheveux, de peaux mortes sur un mégot ou un chandail, ou encore de sperme. Du coup, on peut retrouver sur une scène de crime de l’ADN qui n’a absolument rien à voir avec l’affaire. Les gens qui ont une certaine habitude le savent et font extrêmement attention de ne pas laisser leurs traces, mais c’est quand même très difficile de prendre la bonne distance quand on a retrouvé de l’ADN sur une scène de crime, sachant que l’ADN jouit d’une image de preuve irréfutable », fait remarquer la chercheuse en génétique humaine et statistiques à l’INSERM, en France, avant de rappeler l’affaire du« Fantôme de Heilbronn

L’analyse de l’ADN retrouvé sur la scène du meurtre d’une policière en 2007, dans cette ville du sud-ouest de l’Allemagne, avait conduit la police à associer cet ADN avec celui prélevé dans les enquêtes d’une trentaine de crimes et délits différents, et à imputer ces derniers à une mystérieuse tueuse en série. En 2009, on découvrit que les empreintes génétiques de cette supposée criminelle correspondaient en fait à celles d’une employée de l’entreprise qui fournissait le matériel pour les prélèvements.

Selon Catherine Bourgain, la preuve ADN n’est pas infaillible compte tenu des possibilités de contamination au moment du recueil des échantillons biologiques, de leur transport vers le laboratoire et de leur traitement pour en isoler l’ADN.

« Il y a aussi toujours la possibilité d’erreurs de manipulation, d’étiquetage, de saisie des données. »

La généticienne souligne également le fait que l’empreinte génétique obtenue dépend aussi du « choix des outils statistiques utilisés » et du choix que l’on s’accorde dans leur interprétation. « On est toujours dans des probabilités parce que l’ADN ne parle pas. C’est toujours nous qui le faisons parler », dit-elle.

Catherine Bourgain s’interroge aussi sur la réelle utilité des grands fichiers d’empreintes génétiques dont se sont dotés une cinquantaine de pays dans le monde.

« Comme pour toute technologie, la question est de savoir quel est l’intérêt par rapport aux risques. Quels sont les risques associés à ces grandes bases de données par rapport au nombre de cas qui sont effectivement retrouvés grâce au fichier ? Ne suffit-il pas de comparer l’ADN des suspects potentiels avec l’ADN prélevé sur la scène du crime, sans passer par une base de données ? »

Ces questions ont été soulevées en Angleterre et un rapport d’enquête a conclu que ces grands fichiers risquent de« modifier la présomption d’innocence pour les individus qui sont dans le fichier

« L’ADN jouit d’un statut hors norme dans la pratique, de sorte que, si l’ADN retrouvé sur une scène de crime concorde avec celui d’une personne inscrite dans le fichier, c’est assez difficile d’aller contre », fait remarquer Mme Bourgain, tout en présentant un exemple récent d’assassinat avec cambriolage survenu aux États-Unis qui démontre les dangers d’une telle assomption.

« On a retrouvé de l’ADN sur la scène du crime et, quand on a consulté le fichier national, on est tombé sur une personne dont l’ADN concordait avec celui qui avait été prélevé. Cette personne a été arrêtée et mise en prison. Bien heureusement, on a poursuivi l’enquête et on s’est alors rendu compte qu’au moment des faits, cette personne était internée à l’hôpital pour une crise de démence : elle ne pouvait donc pas être sur les lieux du crime au moment de l’assassinat. On a alors mis en cause le brancardier qui avait été appelé pour prendre en charge la crise de démence, et qui avait contraint physiquement la personne en crise et l’avait conduite à l’hôpital. Ensuite, le brancardier était allé commettre son méfait. Mais comme il était porteur de l’ADN de la personne démente, il l’avait déposé de façon involontaire sur les lieux du crime », raconte la chercheuse.

Série télé et sens critique

Mme Bourgain s’inquiète de l’importance prise par l’analyse des empreintes génétiques dans les enquêtes policières.

« Les policiers qui sont formés à travailler avec de l’ADN ont plus tendance à investiguer les enquêtes où il y a de l’ADN par rapport à celles où il n’y en a pas. Les enquêtes criminelles dans lesquelles aucun ADN n’est identifié seraient plus facilement mises de côté dans un souci d’efficacité », indique-t-elle.

De plus, « les jurés qui sont habitués à voir des séries policières dans lesquelles tout est résolu facilement par l’ADN ont du coup tendance à considérer la preuve ADN avec un regard critique trop faible. […]

Cette image de science florissante et ultratechnologique a souvent des effets dévastateurs sur le sens critique, ajoute-t-elle.Il faut toujours rester prudent et vigilant. Il n’est pas question de bannir l’utilisation de l’ADN, mais simplement il faut connaître toutes ces histoires et garder notre sens critique. »

La Banque nationale de données génétiques du Canada

C’est en 2000 que le Canada s’est doté d’une banque de données génétiques dans le but d’aider les services de police à travers le pays à identifier les auteurs de crimes non résolus. La Banque nationale de don- nées génétiques (BNDG) est sous le contrôle du commissaire de la Gendarmerie royale du Canada. Elle est constituée de deux répertoires : un fichier de criminalistique, qui, le 30 avril dernier, comptait 106 532 profils génétiques et un fichier des condamnés, qui en comprenait 303 456, pour un total de 415 988 profils génétiques. La BNDG détient donc le profil génétique d’environ 1,2 % de la population canadienne.

Le fichier de criminalistique contient tous les profils génétiques associés aux substances corporelles qui ont été trouvées sur le lieu d’une infraction ou d’un crime.

Ce fichier est alimenté par trois laboratoires. Le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale de Montréal y dépose les informations génétiques provenant des scènes de crimes survenus au Québec. Le Centre of Forensic Sciences de Toronto fait de même en Ontario, et les Services de laboratoire judiciaire de la GRC couvrent les crimes perpétrés dans le reste du Canada. Une fois intégré à la BNDG à Ottawa, un profil génétique retrouvé sur une scène de crime dans une province est comparé aux profils génétiques associés aux autres dossiers présents dans le fichier de criminalistique afin de retrouver de possibles correspondances.

Le fichier des condamnés comprend quant à lui le profil génétique des personnes reconnues coupables d’infractions primaires (crimes graves contre la personne, parmi lesquels figurent les agressions sexuelles, la pornographie juvénile, les agressions armées, les homicides et les tentatives de meurtre ainsi que les vols qualifiés) et secondaires (harcèlement criminel, proférer des menaces, voies de fait). Les échantillons de tissus corporels (de sang, de salive ou de cheveux) prélevés sur les contrevenants sont envoyés à la BNDG à Ottawa, où on procède à une analyse génétique. Le profil génétique ainsi obtenu est ensuite déposé dans le fichier. Il est alors comparé avec les profils génétiques enregistrés dans le fichier de criminalistique. S’il s’avère identique à l’un d’entre eux, l’information est communiquée au laboratoire ayant fourni l’échantillon d’ADN prélevé sur la scène du crime, qui, après des vérifications d’usage, le transmet à son tour au service de police responsable du dossier.

Les enquêteurs peuvent aussi fournir un échantillon d’ADN d’un suspect relié à un dossier d’agression sexuelle non résolu, dont des éléments biologiques ont déjà été versés dans le fichier de criminalistique. Si l’ADN du suspect s’avère identique à celui présent dans le fichier, il y aura procès et l’individu verra son profil génétique intégré au fichier des condamnés.

Les échantillons de tissus corporels et les résultats de l’analyse génétique doivent être détruits lorsque la personne visée n’est plus un suspect ou a été acquittée lors d’un procès en appel.

Au moment de la création de la BNDG, un Comité consultatif de la BNDG a été mis sur pied. Cet organisme indépendant est chargé de surveiller tous les aspects du processus de mise en oeuvre et les opérations de la Banque et d’en rendre compte chaque année au Commissaire de la GRC.

États-Unis, Royaume-Uni et France

Les États-Unis possèdent la plus grosse banque de données génétiques avec près de sept millions de profils, soit environ 2 % de la population américaine. Le fichier national du Royaume-Uni (le NDNAD) compte pour sa part cinq millions de profils, ce qui représente 8 % des habitants du pays. La banque existe depuis 1995. En France, le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) renferme pour sa part le profil génétique de plus de 2,5 millions de personnes, soit plus de 3 % de la population française.

http://www.ledevoir.com/

Le Saviez-Vous ► Quand les insectes aident à résoudre des crimes


Les insectes sont souvent des indices importants quand il y a une mort suspecte. On le voit dans les téléséries policières, mais pourtant cette observation d’insecte à déjà été fait il y a plusieurs siècles
Nuage

 

Quand les insectes aident à résoudre des crimes

Un crime est commis. L’enquête débute. Souvent, on a recours au maître-chien pour tenter de localiser le ou les suspects ou, à tout le moins, pour connaître la direction prise par le(s) malfaiteur(s). Mais saviez-vous que les insectes peuvent jouer un rôle déterminant dans la solution de crimes?

Eh oui! Et ce moyen n’est pas nouveau, loin de là. C’est en Chine que, pour la première fois, les insectes ont été utilisés pour résoudre un crime commis en 1247. Un travailleur des champs avait alors été retrouvé mort, visiblement tué à coups de faux. Les autorités ont demandé que les travailleurs déposent leur outil tranchant en plein soleil. Elles ont alors remarqué que les mouches étaient très attirées par l’une d’entre elles. Et son propriétaire a avoué le meurtre.

Quelque 600 ans plus tard, la découverte du cadavre momifié d’un bébé, dans les murs d’une maison, a remis les insectes au travail. C’était en 1855. En examinant le type d’insecte présent dans le corps, le pathologiste a conclu que la mort remontait à 1848, innocentant ainsi les nouveaux propriétaires de la maison et désignant les coupables, soit ceux qui avaient vendu la résidence.

Au Canada, le meurtre de Lynn Harper, en 1958, a été élucidé grâce aux parasites présents dans son estomac. Un ado de 14 ans, Steven Truscott, a été condamné pour le viol et l’assassinat de la jeune fille alors âgée de 12 ans.

Outre les insectes qui peuvent se retrouver sur ou dans le corps de la victime, la présence de cadavres d’insectes dans un environnement précis peut également résoudre un crime.

Ce fut le cas des frères Vincent soupçonnés d’avoir tué 5 personnes en Californie en 2004. Or, ces derniers affirmaient être en Ohio au moment des meurtres. Mais la présence de cadavres d’insectes sur la calandre du véhicule de location a prouvé, hors de tout doute, que les frères étaient bien dans l’Ouest américain : le type de mouche retrouvé sur le véhicule n’ayant jamais été observé dans l’Ohio.

Fascinant…

http://www.canald.com/

Le Saviez-Vous ► Top 10 des cambrioleurs les plus cons, les erreurs à ne pas commettre


Non, ce n’est pas des trucs pour devenir des bons cambrioleurs, mais plutôt ce qu’il ne faut pas faire. En tout cas, les bourdes de ces soi-disant cambrioleurs, vous ferons surement sourire. Pas sur, par contre, qu’ils en sont fier.
Nuage

 

Top 10 des cambrioleurs les plus cons, les erreurs à ne pas commettre

 

source photo : mugshotmuseum

Vous avez prévu d’arrondir vos fins de mois en cambriolant la mémé du coin ? Voici quelques petites erreurs à ne pas commettre si vous voulez éviter de finir au poste et de vous taper la honte du millénaire.

Ne pas se cacher dans le congélo

Le conseil peu paraître con, et pourtant : c’est l’étrange réflexe qu’a eu un apprenti cambrioleur de 16 ans. Chopé en train de se remplir les poches dans un bar de Nevers en pleine nuit, le jeune homme s’est réfugié au sous-sol (il a vu trop de films d’horreur celui-là) dudit bar. Coincé dans une pièce sans issue, il a alors eu l’idée absolument géniale de se cacher dans le congélateur, derrière les surgelés. La police l’a rapidement retrouvé, coincé entre deux paquets de Findus et légèrement refroidi par son expérience.

Ne pas faire le mort

Pas tellement plus futé que notre ami de Nevers, un cambrioleur espagnol qui était en train de se remplir les poches dans une maison funéraire s’est dit que la meilleure façon d’échapper à la police était de faire le mort. Dans la mesure où il n’est pas parvenu à arrêter de respirer, il a rapidement été démasqué et a volé au trou comme prévu.

Ne pas faire de selfie

Tout fier d’avoir réussi à rentrer par effraction dans une maison de Rotherham, Ashley Keast a entré sa carte SIM dans le portable qui traînait sur la table basse, pris une jolie photo de lui dans le miroir du salon puis envoyé le tout à ses copains via WhatsApp. Sauf que voilà : ce pauvre Ashley s’est légèrement emmêlé les pinceaux et a envoyé le cliché à un collègue de sa victime, dont le numéro était encore enregistré dans le téléphone qu’il avait emprunté. Il a été condamné à 2 ans et 8 mois de prison en mars 2014.

selfie_2857740b

source photo : telegraph

Ne pas se foutre une mine

Parce qu’après on fait comme Lewis Ward qui, après avoir cambriolé une maison, est tranquillement rentré chez lui sans se rendre compte qu’il laissait les empreintes de pas dans la neige. Sympa, il a comme ça conduit la police jusqu’à chez lui, où il cuvait lamentablement.

Ne pas tirer (mais pousser) la porte

En janvier, le gérant d’un bar de Chicago a eu la mauvaise surprise de trouver sa serrure fracturée au petit matin, mais (ô surprise) rien n’avait été volé. En regardant les enregistrements de la caméra de surveillance, il s’est rendu compte que le malheureux qui avait essayé de le cambrioler n’avait pas lu la pancarte qui était sur la porte de son bar et qui indiquait « poussez pour ouvrir » et non tirez comme un bourrin pendant 20 minutes.

Ne pas écrire son nom sur la scène du crime

L’Anglais Peter Addison, 18 ans, n’est pas tout à fait ce que l’on appelle un as du crime. Venu dézinguer un camp de loisirs pour enfants, le jeune homme ne voulait pas que son fait de gloire tombe aux oubliettes. Du coup, il a écrit son nom sur un mur au feutre indélébile. Les flics n’ont pas eu trop de mal à le retrouver. « O,D,I,L, qu’est que ça peut bien vouloir dire ? »

Ne pas cacher des couteaux dans son fute

Parce que sinon vous allez mourir dans d’atroces souffrances comme ce cambrioleur du Michigan qui, après avoir volé pour 300 euros de couteaux de chasse, a eu la grande idée de les cacher dans son pantalon. En prenant la fuite, il est tombé et bim l’un des couteaux a atterri dans son estomac. Et dire qu’il n’aura même pas eu le temps de dépecer deux, trois lapins.

Ne pas engrainer maman dans l’affaire

En juillet 2012, Roy Mitchell, 22 ans et toutes ses dents, fait un petit tour en voiture avec sa maman quand il décide de se faire un peu de sous en allant braquer une station-service. Alors qu’il menace la pauvre caissière avec un gros flingue, sa mère qui avait aperçu la scène depuis sa voiture garée sur le parking de la station service entre dans la boutique et l’ordonne de poser son arme qui, au passage, s’est avérée être un pistolet en plastique. Grosse grosse humiliation.

Ne pas cambrioler une banque en dehors de ses heures d’ouverture

Bien décidé à s’en foutre plein les pognes, Christopher Allen Koch s’est pointé à la banque de Liberty, Citizens & Northern Bank, a midi moins vingt. Certain d’avoir le temps de se faire un petit casse-croûte, il a pris son temps et s’est décidé à passer à l’attaque à 12h01. Dommage, la banque avait fermé une minute plus tôt pour la pause déj et lui s’est retrouvé à la porte avec un casque de ski sur la tête et un gros gun dans les mains. Il a rapidement été interpellé.

Ne pas s’attaquer à plus fort que soi

Contrairement au brave garçon qui, en 2008, a eu la sage idée d’aller cambrioler une école d’arts martiaux où révisaient une petite dizaine de champions de karaté. Il va sans dire qu’il s’est fait violemment botter le fessier.

Le monde magique des gens vraiment très cons.