Inondations en Australie: l’armée en renfort, des crocodiles en ville


Alors que chez moi, en janvier, il faisait très froid, l’Australie a cuit au soleil. Maintenant, c’est le tour des pluies et des moussons. C’est tellement intense que les gens pourraient se retrouver nez à nez avec un crocodile nageant à travers les rues inondées.
Nuage

 

Inondations en Australie: l’armée en renfort, des crocodiles en ville

 

Près de 20 000 habitations risquent d'être inondées si... (PHOTO REUTERS)

Près de 20 000 habitations risquent d’être inondées si les pluies persistent.

 

Agence France-Presse
Cairns

L’armée australienne a été déployée dans certaines zones du nord-est du pays en raison d’inondations exceptionnelles qui n’arrivent que « tous les cent ans », alors que des crocodiles ont été repérés dans des rues submergées.

Les militaires ont ainsi déployé des véhicules amphibies lundi pour aller récupérer des habitants équipés de lampes frontales qui étaient perchés sur le toit de leur maison, alors qu’un déluge s’abattait sur l’État du Queensland.

Le nord tropical de l’immense île-continent est habitué en cette saison aux pluies de mousson. Mais les précipitations des derniers jours sont largement supérieures aux normales, notamment dans la ville côtière de Townsville.

Les autorités ont été contraintes dimanche d’ouvrir les vannes contre les inondations, libérant des torrents d’eau.

Le Townsville Bulletin a rapporté que des crocodiles marins avaient été repérés dans des rues inondées.

De telles précipitations, « ce n’est pas un événement qui survient tous les 20 ans, c’est un événement qui survient tous les 100 ans », avait déclaré samedi la première ministre du Queensland, Annastacia Palaszczuk.

Le Bureau australien de la météorologie avait mis en garde dimanche contre de nouvelles pluies et le risque de tornades et de vents violents dans les jours à venir.  Près de 20 000 habitations risquent d’être inondées si les pluies persistent, selon le Bureau. Écoles et tribunaux sont demeurés fermés lundi.

Selon les météorologues, un système de mousson à déplacement très lent stationnait au-dessus du nord du Queensland, et certaines zones devraient recevoir l’équivalent de plus d’une année de pluviométrie, avant une amélioration.

La région reçoit en moyenne 2000 millimètres de pluie chaque année, mais certaines villes pourraient dépasser ce seuil en seulement quelques jours.

L’Australie venait de connaître son mois de janvier le plus chaud jamais enregistré, qui a aggravé la sécheresse qui frappe l’intérieur de l’est et du sud du pays et alimenté les incendies de forêt.

Les chaleurs brûlantes ne sont pas rares durant l’été austral. Mais d’après les experts, le changement climatique a provoqué la hausse des températures, sur terre comme en mer, ce qui augmente le nombre de journées extrêmement chaudes et les risques d’incendies.

https://www.lapresse.ca/

La forêt amazonienne déclenche sa propre pluie


La forêt amazonienne a une particularité extraordinaire, et montre l’importance de préserver cette forêt pour le bien de l’environnement. Il n’y a pas juste, les océans, les vents qui font la pluies, les arbres amazonienne savent faire leur propre pluie au moment opportun. Reste à voir, si ce phénomène se produit ailleurs comme au Congo
Nuage

 

La forêt amazonienne déclenche sa propre pluie

 

Guyane

Humidité dans le parc amazonien de Guyane.

JOBARD/COEURS DE NATURE/SIPA

Par Loïc Chauveau

Une équipe américaine vient de résoudre un des mystères de la météo amazonienne : pourquoi les pluies débutent deux mois avant que le système de vent ne puisse apporter l’eau de la mer sur la forêt? Réponse : ce sont les arbres qui font pleuvoir.

MOUSSON. La météo amazonienne est bien plus complexe que la simple alternance des saisons sèches et humides qui prévaut dans la bande intertropicale. Il pleut en effet de décembre à mai, puis il fait soleil de juin à septembre. Mais entre septembre et décembre, s’intercale une période intermédiaire où il pleut alors que les conditions ne s’y prêtent pas. En effet, durant ces mois, le système de vent ne permet pas encore aux nuages formés au-dessus de l’océan de venir arroser le massif amazonien selon le principe de la mousson.

Les scientifiques ont constaté depuis longtemps l’accumulation d’humidité dans l’atmosphère à l’automne, mais sans pouvoir dire d’où elle venait. Tout ce qu’ils pouvaient affirmer, c’est que ces pluies –plus modestes que celles d’hiver– coïncidaient avec la croissance des feuilles des arbres et donc correspondaient à un accroissement de la photosynthèse. La pluie pouvait donc provenir d’une augmentation de l’évapotranspiration, les plantes relâchant de l’humidité lors de leur photosynthèse. Rong Fu, une climatologue de l’Université de Californie Los Angeles (UCLA), vient de confirmer cette hypothèse dans un article des PNAS.

Ce sont les végétaux qui commandent l’ouverture de la saison des pluies

DEUTERIUM. La chercheuse a eu pour cela l’idée d’utiliser l’imagerie satellite fournie par le satellite de la Nasa Aura, dédié à l’étude de la chimie de l’atmosphère de la Terre. Ce qu’a révélé cet engin spatial, c’est que l’humidité qui provient des océans tend à être plus légère que la vapeur d’eau relâchée dans l’air par les plantes. A cela une explication simple: durant l’évaporation, les molécules d’eau provenant de l’océan se débarrassent de leur deutérium, un isotope naturel de l’hydrogène composé d’un proton et d’un neutron. En revanche, lors de leur transpiration, les plantes pompent l’eau du sol et la rejettent dans l’atmosphère sans changer sa composition isotopique. Le satellite Aura a pu ainsi montrer que l’humidité d’automne s’accumulant au-dessus de la forêt tropicale avait une haute teneur en deutérium bien supérieure à celle provenant des océans. Et ce contenu en deutérium était à son maximum à la fin de la saison sèche, pendant le redémarrage de la végétation. Plus de doute: ces pluies sont bien provoquées par les arbres!

Cette découverte ouvre une grande perspective et ajoute un élément à un débat ancien. Celui autour des interactions entre les plantes et le cycle de l’eau. La végétation ne serait pas seulement le réceptacle passif des précipitations mais aurait aussi un rôle actif dans leur régulation. C’est en tout cas prouvé pour l’Amazonie et le projet de l’équipe de Rong Fu c’est de vérifier dans les prochains mois si le même phénomène est constaté au-dessus de la forêt du bassin du Congo en Afrique.

La perspective, c’est celle du rôle des plantes sur le climat. Elles ne serviraient pas seulement à stocker le carbone, mais pourraient avoir un rôle dans la machinerie climatique. Ces pluies intermédiaires d’automne réchauffent en effet l’atmosphère, provoquant l’ascension d’un air devenu chaud. C’est ce qui provoquerait l’inversion de la circulation des vents, apportant en décembre les pluies en provenance de l’Océan. Les plantes seraient en quelque sorte l’élément déclencheur d’une mousson dont elles ont besoin pour vivre. Cette avancée scientifique révèle donc une conséquence encore mal évaluée de la déforestation. Avec un couvert végétal diminué, les pluies deviennent plus rares, accentuant les sécheresses. Un effet de rétroaction redoutable pour les équilibres de la planète.

https://www.sciencesetavenir.fr/

Le Saviez-Vous ► Le baobab citerne de Madagascar


Le baobab est un arbre extraordinaire pour les gens du Madagascar lors des mois sans pluies. Il peut servir de citerne en faisant une cavité et le plus extraordinaire et unique pour un arbre, il ne meurt pas, il continue sa croissance
Nuage

 

Le baobab citerne de Madagascar

Les baobabs citernes de Madagascar peuvent stocker jusqu’à 9 m3 d’eau.

ZOOM

Les baobabs citernes de Madagascar peuvent stocker jusqu’à 9 m3 d’eau. / Cirad

Marie Verdier

Pour survivre à l’extrême sécheresse qui sévit dans le sud-ouest de Madagascar, les habitants évident les plus beaux baobabs pour les transformer en citernes. Lesquels ne meurent pas.

L’invention du baobab citerne à Madagascar remonterait aux années 1920-1930, lorsque sécheresse et famine exceptionnelles s’étaient abattues sur le pays mahafaly dans le sud-ouest de l’île. D’après l’anthropologue Minah Rafalimaro qui rédige une thèse sur cette pratique unique au monde, les habitants se sont inspirés de la nature : lorsqu’un baobab est frappé par la foudre, il ne meurt pas et conserve précieusement l’eau qui s’est engouffrée dans la cavité créée.

Une région sans eau d’avril à novembre

Les Mahafalys, pauvres parmi les plus pauvres, ont depuis lors pris l’habitude d’évider les troncs des plus beaux baobabs pour y stocker l’eau si rare de la saison des pluies. Dans cette région aride sans lac ni rivière, il ne tombe pas une goutte d’eau d’avril à novembre.

Un millier de baobabs citernes ont été recensés sur le plateau mahafaly. Dans leur majestueux tronc qui peut atteindre plusieurs mètres de diamètre, ils peuvent stocker jusqu’à 9 m3 d’eau. Mais comment ces arbres ne meurent-ils pas alors que leur bois de piètre qualité, mou et spongieux, pourrit rapidement dès qu’il est coupé ?

Une croissance interne et externe du tronc de baobab

« C’est le seul arbre connu au monde qui pousse à la fois de manière centrifuge et centripète », s’étonne Pascal Danthu, spécialiste de biodiversité forestière au Centre international de recherche agronomique pour le développement (Cirad) à Madagascar.

« Les arbres grandissent d’ordinaire par cernes successifs, seule la partie externe, dite cambium, est vivante, explique-t-il. Le baobab a lui des cellules de cambia disséminées dans le bois qui se remobilisent pour former une écorce à l’intérieur du tronc dès lors que celui-ci est évidé. »

Les habitants ont bien compris empiriquement ce phénomène : ils attendent au moins six mois avant de remplir leur citerne naturelle, le temps que l’arbre cicatrise, que l’écorce interne se reforme pour garantir l’étanchéité de la cavité. L’arbre poursuit alors sa croissance interne au point que les habitants sont obligés tous les cinq ans de recreuser cette écorce au risque sinon que la cavité ne se referme.

http://www.la-croix.com/

L’impressionnante ruée vers la reproduction des crabes rouges de l’île Christmas menacée par le réchauffement climatique


Un phénomène durant la saison des pluies en Australie est sur le point de commencer. Les Rangers ont préparé le terrain pour éviter des incidents autant pour les automobiles que pour les crabes rouges qui seront en pleine migration. Malheureusement, avec les changements climatiques, leurs migrations seront avec les années plus difficiles pour eux
Nuage

 

L’impressionnante ruée vers la reproduction des crabes rouges de l’île Christmas menacée par le réchauffement climatique

 

Les crabes rouges | Photo Parks Australia

par Cécile Chalancon

Dans quelques jours, en principe les 18 et 19 décembre, devrait avoir lieu une scène extraordinaire et pourtant régulière sur l’île Christmas, en Australie : des milliers et des milliers de crabes rouges devraient déferler pour se reproduire. Attention les yeux, les images sont impressionnantes:

Les crabes sous un tunnel | Photo Australia Parks

Les femelles descendent la falaise | Photo Parks Australia

Les crabes arrivent | Photo Parks Australia

Chaque année, raconte Mother Jones, des «millions de crabes rouges adultes –d’abord les mâles, ensuite les femelles– détalent des forêts du centre de l’île Christmas, à travers l’île, pour rejoindre les plages de l’océan Indien. Leur but: organiser une sex party de crabes géante –pour s’accoupler et pondre».

Les bébés crabes | Photo Caitlyn Pink | Parks Australia

Ella Morton, d’Atlas Obscura, l’explique sur Slate.com :

«La plus grande partie de l’année, les crabes rouges (…) errent discrètement dans la forêt. Mais, dès que la saison des pluies arrive en octobre, les crabes (…) transforment le sol, l’herbe et les routes en un tapis rouge rampant

Les Rangers de Parks Australia ont installé des clôtures le long des routes, ainsi que des passages souterrains pour les protéger des voitures (et inversement): Mais ces crabes sont en danger, le réchauffement climatique les menace.

En effet, leur migration se fait à la saison des pluies, parce qu’ils sont fragiles et supportent mal la chaleur.

Selon une étude de l’université Princeton publiée en 2013, le cycle de reproduction des crabes est lié la quantité de pluie et au moment auquel cette pluie tombe. Une saison des pluies irrégulière pourrait être préjudiciable à ces animaux, et à tous ceux qui en dépendent. Leurs recherches ont montré que les crabes ne se lancent dans leur migration que s’il y a eu au moins 22 millimètres de précipitations. Or, avec le phénomène climatique El Niño, la sécheresse frappe de plus en plus l’océan Indien.

Cette année, les protecteurs de la faune de Parks Australia, qui s’occupent de l’île Christmas soulignent qu’il faisait encore très chaud et sec la semaine dernière, mais qu’une bonne pluie tombée durant le week-end devrait aider les femelles.

http://www.slate.fr