Quatre tonnes de déchets repêchés sur 750 mètres à Lachine


Plusieurs villes  lance la grande corvée sur différents sites. Comme à Lachine au Québec, des bénévoles se retroussent les manches et nettoient les berges et dans le fleuve Saint-Laurent. C’est une façon de faire des gestes concrets pour l’environnement et aussi pour prendre conscience ce que nous jetons dans la nature et qui sont là depuis des décennies.
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Quatre tonnes de déchets repêchés sur 750 mètres à Lachine

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Durant 24 heures, des plongeurs et des marcheurs ont uni leurs efforts et se sont relayés pour effectuer une grande corvée de nettoyage. Sur la photo : cette moto avait été volée en 1992…

Une moto, des vélos, une table, des mégots, des pneus, des pneus et encore des pneus… Samedi et hier, les 200 bénévoles et organisateurs de « 24 heures pour mon fleuve » ont sorti du Saint-Laurent et retiré de ses berges plus de quatre tonnes de déchets. L’objectif était d’une tonne ; il a été largement dépassé. Un résultat mêlant fierté et désarroi.

AUDREY RUEL-MANSEAU
LA PRESSE

L’Opération Nettoyage 360° se tenait à Lachine de midi samedi à midi hier. Durant 24 heures, des plongeurs et des marcheurs ont uni leurs efforts et se sont relayés pour effectuer une grande corvée de nettoyage.

« Durant les 24 heures, on avait ajusté nos horaires pour qu’il y ait toujours quelqu’un sous l’eau. On a tous plongé avec des rotations », a expliqué la plongeuse Nathalie Lasselin, partenaire de l’événement.

Plongeurs et marcheurs ont ratissé un secteur d’environ 750 mètres, entre le quai de Lachine et la Marina d’escale. Plus de 150 bénévoles terrain ont répondu à l’appel du GRAME, organisateur de l’événement, en plus d’une soixantaine de plongeurs qui se sont joints à l’équipe dirigée par Mme Lasselin, exploratrice et cinéaste sous-marin.

« C’était comme une grande chasse au trésor. À la minute qu’on entre sous l’eau, on a envie de trouver quelque chose, on cherche à tâtons, raconte-t-elle. La visibilité dans le fleuve était de quatre à cinq pieds. Et les deux plongeurs qui ont sorti la moto, c’était leur fierté de la fin de semaine. »

Une moto entière, volée en 2012, a été extirpée du fleuve. Une voiture était aussi dans l’eau.

« On a sorti la moto avec les plongeurs et des ballons de levage, puis il y avait des gars en dehors de l’eau qui la tiraient avec des cordes. C’était pesant ! raconte Jonathan Théorêt, directeur du GRAME. L’auto, on va la sortir plus tard parce qu’elle se trouve à proximité de la prise d’eau potable de la ville. Alors, on veut être certains de faire les choses correctement. »

Une soixantaine de pneus

Au fond du fleuve, les plongeurs ont aussi trouvé de nombreux vélos. Plus d’une soixantaine de pneus – 

« Il y en avait des très vieux, mais il y en avait aussi datant de la dernière décennie », de dire M. Théorêt –, une table à pique-nique, des barrières appartenant à la Ville et un nombre incalculable de canettes, de bouteilles, de verres à café… Sur les berges, les mégots de cigarette ont remporté le triste titre du déchet le plus représenté. Les organisateurs les ont réunis dans une boîte de plexiglas laissée à la vue des passants.

« Les gens étaient dégoûtés ! J’ose croire que des fumeurs se sont sentis mal », a raconté M. Théorêt.

« Le chiffre final, c’est 4126 kg, précise Mme Lasselin. Effectivement, c’est beaucoup plus que ce qu’on pensait. On est très contents, mais en même temps, on sait pertinemment qu’il en reste encore. Et on se dit que c’est énorme, ce qu’on peut retrouver sur 750 mètres », témoigne la plongeuse associée à l’événement, qui soulignait du même coup le premier anniversaire de sa traversée sous-marine de la zone métropolitaine du fleuve Saint-Laurent.

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Des bélugas adoptent un narval égaré dans le Saint-Laurent


Un narval très loin de sa patrie, a été adopté par des bélugas et vit exactement comme eux.
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Des bélugas adoptent un narval égaré dans le Saint-Laurent

 

Une vidéo du narval en compagnie de sa... (PHOTO AFP)

Une vidéo du narval en compagnie de sa nouvelle famille a permis de mieux comprendre la dynamique du groupe. La population de bélugas du Saint-Laurent est officiellement considérée en voie de disparition.

PHOTO AFP

Agence France-Presse
Ottawa

 

Un narval solitaire, nageant à des milliers de kilomètres de son habitat habituel dans Saint-Laurent, s’est trouvé une improbable famille d’adoption au sein d’un groupe de bélugas du fleuve Saint-Laurent, selon une ONG québécoise oeuvrant à la préservation des mammifères marins.

Le jeune narval – identifiable par sa défense et ses taches grises – a été filmé par des biologistes au cours de l’été, nageant au milieu d’une dizaine de bélugas, une petite baleine blanche.

Les bélugas l’ont totalement accepté, car autant le narval que ces derniers nagent à la surface de l’eau en se frottant les uns aux autres et en exhibant leurs organes génitaux, a déclaré Robert Michaud, directeur du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) de Tadoussac, à 215 km au nord-est de Québec.

«Il a trouvé des copains», a dit ce biologiste. «Et ils le traitent comme s’il était l’un des leurs».

Les narvals vivent dans les eaux de l’Arctique, d’où le caractère exceptionnel de la présence de ce spécimen à des milliers de kilomètres de son habitat.

Le jeune narval a été vu pour la première fois avec les bélugas en 2016 et à nouveau en 2017. Une vidéo du narval en compagnie de sa nouvelle famille a finalement été tournée en juillet par les chercheurs du GREMM, grâce à un drone, ce qui leur a permis de mieux comprendre la dynamique du groupe.

La population de bélugas du Saint-Laurent est la plus méridionale de l’espèce dans le monde et est officiellement considérée en voie de disparition.

Alors que les habitats du béluga et du narval se chevauchent dans une partie de l’Arctique et que ces deux espèces sont étroitement liées, il est rare de les voir interagir entre eux.

Les jeunes baleines ont tendance à errer et lorsqu’elles sont incapables de retrouver les leurs, ces créatures très sociales tentent de se lier d’amitié avec des bouées ou des bateaux, au risque parfois de subir des blessures mortelles causées par des hélices.

Le jeune narval a été «chanceux» d’être accepté par les bélugas car ceux-ci «se retrouvent souvent dans des situations difficiles» en présence de cette espèce, a noté M. Michaud.

À cet âge, vers cinq ou six ans, les jeunes bélugas mâles socialisent et apprennent entre eux, nouant des liens qui les mèneront à l’âge adulte, ce que les narvals ne font pas.

«Pour que ce jeune narval puisse maintenant survivre, il a besoin de contact avec les autres, il a besoins de copains», selon M. Michaud.

«Il apprend, dans les faits, a être un béluga», note-t-il en riant.

«Comment ça va se passer? Les narvals et les bélugas vivent jusqu’à 60 ans. Ce sera donc une longue histoire à suivre. Restez à l’écoute».

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Possible découverte d’une épave de plus de 300 ans dans le secteur de Pointe-Lebel


On croit avoir trouvé le navire Ste-Anne, un navire français qui venait dans les colonies de la Nouvelle-France pour charger des fourrures, mais aurait sombré dans le Saint-Laurent
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Possible découverte d’une épave de plus de 300 ans dans le secteur de Pointe-Lebel

 

L'équipe d'archéologues et de plongeurs étudie l'épave présumée du navire Sainte-Anne dans le secteur de Pointe-Lebel.

L’équipe d’archéologues et de plongeurs étudie l’épave présumée du navire Sainte-Anne dans le secteur de Pointe-Lebel.    PHOTO : MATHIEU MERCIER GINGRAS

Des archéologues de l’Université de Montréal et des plongeurs de la Côte-Nord auraient découvert l’épave présumée du navire marchand Sainte-Anne, qui a coulé dans les eaux du Saint-Laurent en 1704. Des analyses seront effectuées cet été, dans le secteur de Pointe-Lebel, afin de déterminer s’il s’agit bien des vestiges de ce bateau.

Un texte de Diana Gonzalez

Le projet de repérage et d’étude des épaves qui ont sombré dans le Saint-Laurent se poursuit pour une deuxième année d’affilée dans la Manicouagan. Cet été, la principale mission de l’équipe, en collaboration avec l’organisme régional Archéo-Mamu, sera de déterminer si l’une des épaves retrouvées est celle du Sainte-Anne.

C’est majeur. Si c’est une épave ancienne, c’est vraiment un important jalon du patrimoine québécois. Vincent Delmas, chercheur en archéologie de l’Université de Montréal

Des échantillons de bois d’une partie de la coque du navire, une structure de près de 20 mètres de long, seront analysés afin d’identifier l’origine de l’essence utilisée pour le construire.

« Si c’est une essence européenne, on pourrait peut-être confirmer qu’il s’agit du Sainte-Anne », explique le chercheur en archéologie de l’Université de Montréal et chargé du projet, Vincent Delmas.

Vue de l'épave présumée du navire marchand Sainte-Anne.

Vue de l’épave présumée du navire marchand Sainte-Anne.   PHOTO : MATHIEU MERCIER GINGRAS

Le navire Sainte-Anne jouait un rôle important dans le commerce triangulaire entre la France et ses colonies. Le Sainte-Anne se serait échoué près de Pointe-Paradis, dans le secteur de Pointe-Lebel, lorsqu’il transportait une cargaison de fourrure. Le navire français récupérait des marchandises en Nouvelle-France. Il effectuait aussi des voyages dans les Antilles.

Écoutez l’entrevue de François Guindon d’Archéo-Mamu et Vincent Delmas, chercheur en archéologie de l’Université de Montréal, à l’émission Boréale 138.

Des recherches seront aussi effectuées à Baie-Trinité et Pointe-aux-Anglais afin de documenter des épaves retrouvées dans ces secteurs.

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Microbilles dans le Saint-Laurent: l’infestation est sous-estimée


Les microbilles que l’on retrouve dans les fleuves, les océans sont de plus en plus en problème environnemental. Les produits tels cosmétiques, dentifrices, crème à barbe, etc, sont visés et certains ont pris des engagements pour éliminer ces microbilles dans leurs produits. Cependant, les microbilles sont présentes dans d’autres domaines industriels et rien ne semble être fait de ce côté
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Microbilles dans le Saint-Laurent: l’infestation est sous-estimée

 

Les microbilles de plastique, un composant très répandu... (Photo Thinkstock)

Les microbilles de plastique, un composant très répandu des produits cosmétiques, seront bannies d’ici 2018 des crèmes, savons et dentifrices vendus au Canada.

PHOTO THINKSTOCK

TRISTAN PÉLOQUIN

Elles sont parfaitement sphériques, à peine visibles à l’oeil nu, et elles pullulent dans le fonds du fleuve Saint-Laurent. Les microbilles de plastique, une composante très répandue dans les produits cosmétiques, seront bannies d’ici 2018 des crèmes, savons et dentifrices vendus au Canada. Mais le projet de règlement à l’étude aux Communes sera loin d’être suffisant, prédit le chercheur de McGill qui a été le premier à se pencher sur le problème.

Que dit le projet de règlement ?

À l’unanimité, les députés du Parlement ont voté pour que les microbilles de plastique soient inscrites sur la liste des substances toxiques d’Environnement Canada. Le projet de règlement, qui vient de franchir l’étape des consultations, ne vise pour le moment que les microbilles mesurant entre 1 micron et 5 millimètres et qui se retrouvent dans les produits de soins personnels, les cosmétiques, les produits naturels utilisés pour exfolier ou nettoyer et les médicaments en vente libre.

Dans quoi les trouve-t-on ?

Une étude publiée dans le Marine Pollution Bulletin révèle qu’on peut trouver de 137 000 à 2,8 millions de microbilles dans une bouteille de 150 ml d’exfoliant pour la peau. Selon un résumé scientifique réalisé par Environnement Canada, on en trouve dans les produits pour la douche et le bain, les nettoyants pour le visage, les crèmes, les désodorisants, les fonds de teinte, les vernis à ongles, les ombres et fards à paupières et à joues, les lotions pour le rasage, les produits moussants pour le bain, les colorants capillaires, les insectifuges, les dentifrices, les mascaras, les produits de soins pour bébés et les lotions solaires.

Ce que le règlement ne couvre pas

Les microbilles sont aussi utilisées dans plusieurs domaines industriels, qui ne sont pas couverts par le projet de règlement à l’étude. Elles servent de matériaux abrasifs pour le sablage et l’exploration pétrolière ou gazière. On les retrouve aussi dans les procédés d’impression de textiles et la fabrication de pièces moulées pour automobiles, ainsi que dans la conception d’antidérapants. Elles ont aussi une utilité en recherche biotechnologique et biomédicale. Le projet de règlement ignore aussi plus largement l’ensemble des microplastiques qu’on trouve dans l’environnement – fragments, résidus, granules et fibres, qui comptent pour une part importante des polluants trouvés dans les océans.

Où en a-t-on trouvé ?

Des chercheurs canadiens ont trouvé des microbilles dans les eaux des Grands Lacs et du Saint-Laurent.

« Puisque les microbilles flottent, on a longtemps cru qu’elles étaient convoyées par les rivières et les fleuves jusqu’à l’océan. Cette découverte en eau douce a été une grande surprise », affirme Anthony Riccciardi, biologiste à McGill.

Des chercheurs ont documenté leur présence dans les eaux autrichiennes du Danube, dans le golfe de Finlande près Saint-Pétersbourg et dans la région parisienne.

Autoréglementation ?

Depuis 2012, des dizaines d’entreprises, dont Clarins, Unilever, L’Oréal et Procter & Gamble ont annoncé le retrait progressif des microbilles de leurs produits. Certaines ont mis cet engagement en application immédiatement, d’autres, comme Procter & Gamble, promettent de le faire d’ici 2017. Tous les types de dentifrice Crest sont supposés en être exempts depuis février 2016. Nous avons néanmoins pu en trouver contenant des microbilles dans une pharmacie cette semaine. Au Canada, il n’est pas obligatoire d’indiquer sur les emballages si un produit contient des microbilles.

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Trois nouvelles épaves identifiées dans le Saint-Laurent


 

Le Saint-Laurent a été le théâtre de batailles navales lors de la Deuxième guerre Mondiale. Les Allemands attaquaient les bateaux qui passaient dans les eaux québécoises
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Trois nouvelles épaves identifiées dans le Saint-Laurent

 

En 2014, Samuel Côté a découvert une épave située au large de Sainte-Flavie. Il s'agit du Viking, qui a sombré en 1874.

En 2014, Samuel Côté a découvert une épave située au large de Sainte-Flavie. Il s’agit du Viking, qui a sombré en 1874. Photo :  Urbania TV

L’historien Samuel Côté et le Centre interdisciplinaire de développement en cartographie des océans (CIDCO) ont découvert trois épaves, au large du Cap-Gaspé, coulées par des sous-marins allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les navires grecs Mount Pindus et Mount Taygetus, ainsi que le navire canadien Oakton, ont été identifiés par l’équipe à une profondeur de 215 mètres et à environ 34 kilomètres de la côte. Les trois navires ont été coulés par le sous-marin allemand U-517, du commandant Paul Hartwig, au printemps 1942. Le sous-marin a tiré trois torpilles qui ont toutes touché leurs cibles ce jour-là. Un navire a finalement récupéré les 78 survivants des trois navires torpillés.

Depuis un mois, des missions en mer ont eu lieu pour cartographier les fonds marins à la recherche d’épaves de navires marchands coulés par les sous-marins allemands en 1942. Ces missions se sont déroulées au large de Cloridorme et du parc national Forillon. L’expédition en mer n’a toutefois pas permis d’identifier formellement les épaves des deux premiers navires torpillés de la Bataille du Saint-Laurent, soit le Nicoya et le Léto, coulés au large de Rivière-Madeleine.

La Bataille du Saint-Laurent, une histoire qui refait surface
Les U-Boat ont fait la loi dans le Saint-Laurent de mai à octobre 1942 et ont coulé 21 navires marchands qui devaient ravitailler l’Europe.
Deux cent cinquante personnes sont mortes noyées, dont des passagers du traversier Caribou qui reliait le Cap-Breton et Terre-Neuve.

L’historien Samuel Côté, surnommé le « chasseur d’épaves », souhaite faire connaître cet épisode méconnu de notre histoire, dont les 75 ans seront soulignés en 2017.

La municipalité de Grande-Vallée veut aussi créer un centre d’interprétation sur la Bataille du Saint-Laurent.

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Des visiteurs tropicaux dans le Saint-Laurent


Un poisson tropical dans les eaux du St-Laurent semble devenir un nouveau lieu de résidence pour le poisson-lune. Ce qui laisse suggérer que la température du St-Laurent augmente et donc une conséquence des changements climatiques
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Des visiteurs tropicaux dans le Saint-Laurent

 

Ce poisson-lune a été observé dans la baie... (PHOTO FOURNIE PAR LYNE MORISSETTE)

Ce poisson-lune a été observé dans la baie des Chaleurs par l’équipage du voilier RoterSand.

PHOTO FOURNIE PAR LYNE MORISSETTE

 

JOHANNE FOURNIER

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sainte-Luce) Les spécialistes des milieux marins et les pêcheurs s’entendent pour dire que le poisson-lune, qui vivait traditionnellement dans les eaux tropicales, migre de plus en plus vers le Saint-Laurent. Pour la spécialiste des mammifères marins et du fonctionnement des écosystèmes, Lyne Morissette, le phénomène est un indicateur du réchauffement de la planète.

Lors d’une récente mission scientifique sur le voilier RoterSand, la scientifique en a observé deux.

«On en a aperçu un dans la baie des Chaleurs, au large de Grande-Rivière, raconte Mme Morissette. On a vu un autre individu après, au large de Gaspé. C’était des adultes de près d’un mètre et demi et qui devaient peser une tonne. J’en avais déjà vu dans les Caraïbes, mais je n’en avais jamais vu ici, dans le golfe.

«C’est une chance, un hasard incroyable quand on est capables de l’apercevoir, s’étonne-t-elle encore. C’est parce qu’il est en mode repos quand il monte à la surface. C’est pas un animal peureux. Il n’est pas agile. Donc, on peut l’approcher pour l’observer. Ça a l’air d’un poisson blessé.»

Quand elle et les membres de son équipage ont aperçu la nageoire dorsale du poisson, aussi appelé «môle», ils ont cru, sur le coup, qu’il s’agissait d’un requin.

«Mais, on s’est vite aperçu qu’il nageait pas assez vite pour être un requin», relate la zoologiste.

Si le fait de pouvoir l’observer est un coup de chance, sa découverte dans les eaux du Saint-Laurent est de moins en moins rare.

«Il y en a de plus en plus», constate Lyne Morissette. La môle est un poisson qui a besoin d’un habitat dont la température est d’environ 12 °C. Or, s’il s’adapte à la température de l’eau du Saint-Laurent, la chercheuse fait un lien direct :

«L’eau se réchauffe et les poissons-lunes changent d’habitat, est-elle forcée de déduire. C’est inquiétant parce qu’avec les changements climatiques, ça cause un débalancement à tout l’écosystème. Notre milieu marin ne fait pas exception. Un écosystème, c’est un peu comme gérer un orchestre symphonique. Ce que ça sous-tend, c’est qu’il n’est pas là pour rien. Alors qu’il vit habituellement dans les eaux subtropicales, principalement dans la zone des Caraïbes, il fait le choix de remonter de plus en plus au nord.»

Sentiments partagés

À la surprise de cette rencontre inusitée s’ajoutent des sentiments partagés.

«Sur le coup, on est excités», décrit la chef de mission scientifique. «Mais, une fois qu’on revient à quai, qu’on regarde nos photos et nos vidéos, puis qu’on repense à ce qu’on a vu, ça nous amène à nous poser des questions.»

Pour Lyne Morissette, le réchauffement du Saint-Laurent n’est pas un mythe. En 2012, elle a étudié et noté la température à partir d’un même point dans l’estuaire, au large de Rimouski. Le thermomètre indiquait alors six degrés. Un an plus tard, la température avait monté à huit degrés.

«Pour un être humain, une variation de deux degrés, ça n’a pas vraiment de conséquences, fait-elle valoir. Mais deux degrés, c’est énorme pour un écosystème!»

Outre les changements climatiques, une autre cause possible de la présence accrue du poisson-lune dans le Saint-Laurent pourrait aussi s’expliquer par la prolifération des méduses, qui composent son alimentation principale. Pour la spécialiste du fonctionnement des écosystèmes, l’augmentation des méduses représente un autre indicateur des changements climatiques.

«Les méduses ont de moins en moins de prédateurs, observe Lyne Morissette. C’est pour ça qu’il y en a de plus en plus!»

Parmi ses prédateurs, on trouve les tortues marines, dont la population est en déclin.

La môle est le poisson osseux le plus lourd. Il peut atteindre un poids de 2000 kilogrammes et une taille de trois mètres. Il est appelé sunfish en anglais et «poisson-lune» en français.

«C’est drôle que, d’une langue à l’autre, il change d’astre», rigole Mme Morissette.

Peu importe comment on le nomme, une chose est certaine :

«C’est vraiment un drôle de poisson, laisse-t-elle tomber. Il ne ressemble à rien d’autre!»

AVEC LA COLLABORATION SPÉCIALE D’ANDRÉ BÉCU

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Mortalité des baleines : la réduction de vitesse des navires donne de bons résultats


Ce n’est pas encore une solution idéale pour minimiser la navigation sur le Saint-Laurent au Québec, mais au moins les mesures qui sont prises semblent porter des effets positifs, mais il y a encore beaucoup de choses qu’on pourrait faire.
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Mortalité des baleines : la réduction de vitesse des navires donne de bons résultats

 

Photo :  iStockPhoto

Les risques de collision entre les baleines et les navires ont diminué considérablement dans l’estuaire du Saint-Laurent. Une mesure volontaire adoptée en 2013 qui consiste à réduire la vitesse des bateaux dans certains secteurs a permis de réduire le taux de mortalité des mammifères marins.

Les zones d’alimentation des mammifères marins au large de Tadoussac ont été particulièrement ciblées. De nombreux navires marchands sillonnent ces eaux qui sont un passage obligé entre l’Atlantique et les Grands Lacs.

Ces navires heurtent parfois mortellement des rorquals. De là l’importance de réduire la vitesse de ces géants des mers.

« La vitesse moyenne était à 12,7 noeuds,et on a réussi à la réduire à 10.3. On est donc très très près de la cible de 10 nœuds », se réjouit Guy Cantin, chargé d’équipe à la conservation des Océans.

La réduction globale du risque est de 40 %, estime M. Cantin.

« C’est fragmentaire parce qu’on ne voit qu’une infime partie des collisions. La majorité passe inaperçue. Les animaux coulent, dérivent, on ne sait même pas qu’il y a eu collision », explique le chargé d’équipe.

Interdiction de passage

Des efforts sont également faits dans d’autres secteurs au nord du Saint-Laurent, notamment en aval des Escoumins. Les gestionnaires des océans souhaitent renforcer les mesures de protection du rorqual bleu qui fréquente cette partie du fleuve.

« Les navires empruntent encore la zone, idéalement, ils peuvent réduire la vitesse, mais on voudrait qu’il l’évite carrément », affirme Guy Cantin.

Les gestionnaires ont d’autres projets pour la survie des grandes baleines. Éventuellement, ils voudraient documenter davantage l’impact du bruit.

D’après les informations recueillies par Nicole Blackburn

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