60.000 antilopes décèdent mystérieusement au Kazahkstan


Les scientifiques pensent qu’une bactérie aurait causé les morts en masse des antilopes Saïga (Une espèce en danger), malgré que généralement, ils sont protégés contre cette bactérie, mais leur système immunitaire aurait été affaibli probablement dû à l’environnement
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60.000 antilopes décèdent mystérieusement au Kazahkstan

 

Les saïgas font partie des rares antilopes d'Asie et appartiennent à la liste des espèces menacées de l'International Union for the Conservation of Nature. © SIPA PRESS

Les saïgas font partie des rares antilopes d’Asie et appartiennent à la liste des espèces menacées de l’International Union for the Conservation of Nature. © SIPA PRESS

Par Louise Duclos

Un nouveau cas d’épidémie a eu lieu au Kazahkstan, touchant ainsi 60.000 antilopes saïgas. Ces espèces, déjà en voie d’extinction, sont en proies à une maladie dont le pathogène est encore inconnu.

ÉPIDÉMIE. Le cauchemar continue au Kazakhstan. Au mois de mai 2015, 120.000 antilopes Saïgas sont mortes dans des circonstances mystérieuses. Début septembre, des chercheurs rapportent que 60.000 de ces antilopes asiatiques sont tombées les unes à la suite des autres, sans raison, en l’espace de seulement 4 jours. C’est la découverte qu’ont fait le géoécologiste, Steffen Zuther, et ses collègues, lorsqu’ils se sont rendus dans le centre du Kazakhstan pour analyser le vêlage d’un troupeau de Saïgas. Comme des scientifiques en avaient fait l’hypothèse quelques mois plus tôt, la cause de leur mort est liée à une bactérie. Des échantillons de tissus de l’animal, relevés lors de l’autopsie, ont montré que la toxine produite par les bactéries du genre Pasteurella, et possiblement Clostridium, causait une perte de sang abondante dans la plupart des organes de l’antilope. Ces bactéries seraient donc responsables de la perte de la moitié des antilopes du pays, qu’on estimait à 257.000 en 2014. Cependant, rien n’est encore résolu. La bactérie de genre Pasteurellane devrait normalement pas avoir d’impact sur cette espèce, étant souvent présente dans les cavités buccales et nasales de l’animal. Excepté si l’antilope est touchée par une maladie auto-immune. Si leur système immunitaire est autant affaibli pour laisser passer une telle épidémie, c’est que l’environnement doit jouer, estiment les chercheurs.

Des facteurs environnementaux

La cause de cette épidémie pourrait être le fait d’un hiver rude, poursuivi par un printemps humide. L’abondance de végétaux et l’accumulation d’eau sur le sol, provoqués par un temps pareil, sont des facteurs de multiplication des bactéries. Effectivement, les morts en masse de cette espèce commencent au moment de la fin du printemps, tout comme leur vêlage. Lorsqu’elles se regroupent pour mettre bas, les saïgas sont en forte proximité, ce qui permet la transmission rapide de la maladie. De même, les pluies abondantes survenues en mai au Kazakhstan ont pu avoir une influence néfaste sur la qualité de l’herbe, ce qui explique la perte des 120.000 saïgas à cette période. Comme les facteurs écologiques doivent jouer sur la perte de ces antilopes rares, leur déclin est dangereux pour l’écosystèmes des steppes. En consommant l’herbe des steppes, les antilopes permettent de préserver la décomposition de ces plantes et ainsi le recyclage des éléments nutritifs. De même, leur présence est essentielle pour les prédateurs, vivant dans cet environnement.

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