Une espèce de cerf-souris que l’on croyait disparue redécouverte au Vietnam


Un animal qu’on croyait disparus depuis 30 ans est réapparu au Viêtnam. C’est une bonne chose ces caméras que l’on cache pour étudier les animaux dans une zone.
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Une espèce de cerf-souris que l’on croyait disparue redécouverte au Vietnam

Par Léia Santacroce

Dans un article paru le 11 novembre dans la revue Nature ecology & evolution, des chercheurs assurent avoir vu ressurgir au Vietnam une espèce de petit ruminant qu’ils pensaient disparue : le chevrotain à dos d’argent. Direction la province de Gia Lai.

Considéré comme éteint pendant près de trente ans, le chevrotain à dos d’argent – Tragulus versicolor, endémique au Vietnam – a été aperçu à de multiples reprises en 2018 près de Nha Trang, viennent d’annoncer des scientifiques dans la revue Nature ecology & evolution.

« Chevrotain, nom masculin : mammifère ruminant des forêts équatoriales, très primitif », dixit le Larousse.

Gros comme un lapin, on l’appelle aussi « cerf-souris » bien qu’il n’ait ni cornes ni sabots. Victime de la chasse au collet (comme de nombreux animaux dans la région), le dernier chevrotain à dos argenté avait été repéré en 1990 au Vietnam. Grâce à des camera traps (pièges photographiques) posés par l’organisation Global Wildlife Conservation, il est désormais établi que la petite bête est toujours de ce monde.

Une seconde chance pour le chevrotain à dos d’argent ?

« A l’ère des extinctions massives, la confirmation de la survie d’espèces que l’on pensait disparues offre une précieuse seconde chance pour la sauvegarde de la biodiversité, écrivent les chercheurs dans leur article. Ici, nous apportons la preuve que le chevrotain à dos d’argent existe toujours à l’état sauvage, photos à l’appui, et préconisons des mesures de conservation immédiates. »

Reste à savoir si cette nouvelle étude permettra au menu mammifère de sortir de la catégorie « données insuffisantes » de la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).

« Nous exhortons les professionnels de la conservation à agir vite, plaident les auteurs. Sans quoi, il y a un risque que Tragulus versicolor soit à nouveau perdu. »

https://www.geo.fr

La vache propre n’existe pas, mais la science y travaille


Tout le long de l’article, je me disais qu’il serait nettement mieux de diminuer notre consommation de viande … Mais bon !! Les rots des vaches semblent très polluants et pour y remédier, certaines solutions sont proposées. Tant que ce soit des solutions naturelles, pas de problème, mais sinon, nous serions vraiment mieux de diminuer drastiquement notre propre pollution que nous avons créée artificiellement
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La vache propre n’existe pas, mais la science y travaille

 

Les industriels, comme Danone ou McKey - le fournisseur en steak haché de McDonald's - se montrent très intéressés à l'idée de "verdir" lait et viande rouge.

Les industriels, comme Danone ou McKey – le fournisseur en steak haché de McDonald’s – se montrent très intéressés à l’idée de « verdir » lait et viande rouge. © STEPHANE FRANCES / Only France

Par JASON WIELS

Alors que le gouvernement américain veut créer la vache du futur, moins polluante, les chercheurs français ont déjà une longueur d’avance sur le sujet.

Du pot d’échappement des voitures au panache grisâtre des cheminées d’usine, les sources de la pollution sont bien connues. Mais elles ne sont pas toutes aussi visibles. Par exemple, quand les vaches éructent. Oui, ça compte et même pour beaucoup, puisque nos amis les ruminants produisent entre 250 et 300 litres de méthane par jour, un gaz à l’effet radiatif vingt fois plus puissant que le CO2.

Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les flatulences des bovins qui sont en cause, mais bien leurs renvois :

« Les vaches ont toujours roté, mais elles font ça discrètement, à la différence de certains d’entre nous », s’amuse Michel Doreau, chercheur à l’Inra et spécialiste en nutrition animale. Si côté humain, « les gaz sortent par derrière », pour les ruminants, « un processus de fermentation produit le méthane dans le rumen, qui est directement relié à l’oesophage. Du coup, ça sort par le haut », explique le scientifique.

En cause, la flore microbienne des vaches, qui dégrade les glucides de la cellulose et de l’amidon – contenus dans le foin et les céréales – en créant du méthane. Ce gaz est donc a priori un sous-produit inévitable de leur processus de digestion.

En 2011, les 19 millions de bovins que compte le cheptel français pesaient pour 75 % de nos émissions de méthane : deux tiers à cause de cette « fermentation entérique », et un tiers pour les déjections. Si on commence à retraiter les bouses dans des méthaniseurs pour produire du biogaz, les rots, eux, restent un problème inextricable. À tel point que les États-Unis, champions du boeuf aux hormones, ont décidé le mois dernier d’accélérer les recherches sur la « vache du futur ». Un plan d’action qui prévoit, entre autres, des compléments alimentaires, des tests ADN voire des poches de gaz en bandoulière pour réduire autant que possible les émissions des ruminants…

Tiens, voilà du bon foin

De notre côté de l’Atlantique, les Français ont déjà une petite longueur d’avance sur le sujet, tout comme les Australiens et les Néo-Zélandais, qui rencontrent les mêmes problèmes avec leurs moutons. Et les industriels, comme Danone ou McKey – le fournisseur en steaks hachés de McDonald’s -, se montrent très intéressés à l’idée de « verdir » lait et viande rouge.

Pour Michel Doreau, une des clés de la vache propre passe par son alimentation. Il suffit de substituer dans leur régime une partie des glucides – source du méthane – par des lipides :

« Ça marche avec des sources de graisse insaturée, comme les graines de lin, de colza ou de tournesol », expose le chercheur.

Selon lui, si tous les éleveurs nourrissaient leurs bêtes avec une part de ces plantes, les rejets en méthane pourraient chuter de 10 à 15 %. Il faudrait certes augmenter la production alimentaire nationale en fonction, mais comme les vaches sont souvent nourries avec du soja brésilien, au bilan carbone calamiteux à cause de la déforestation, l’agriculture française y gagnerait sur les deux plans.

Autre solution, les additifs alimentaires de type nitrate.

« On n’ose pas trop le recommander, car ce n’est pas politiquement correct. On connaît la pollution des sols par les nitrates, donc le donner à manger aux vaches, ça peut sembler… aberrant », confesse Michel Doreau.

Mais combinés à l’hydrogène dans le rumen, les nitrates pourraient prévenir la formation de méthane, en créant du CO2 – un « moindre mal » – et de l’ammoniac en petite quantité. « Ce qui n’est pas toxique, à condition de bien maîtriser les doses », conclut-il.

La génétique au secours du rot ?

Il n’y a pas que dans l’assiette que la science fait des progrès : la sélection génétique pourrait ouvrir des voies jusque-là laissées de côté. Gilles Renand, chercheur en génétique animale à l’Inra, planche sur le sujet depuis plusieurs années.

 « On sait qu’une partie des rejets est liée au génome de l’animal », constate-t-il.

 Grâce à une subvention de la région Centre, il va pouvoir analyser avec son équipe la « qualité » des émanations gastriques de 300 bovins pour les quatre prochaines années. But de l’opération : identifier dans l’ADN des bêtes des groupes de marqueurs génétiques qui influencent, à la baisse, le caractère « production de méthane ».

Si l’opération est un succès, alors des taureaux porteurs des bons gènes pourraient être privilégiés comme reproducteurs.

« Les effets seraient alors cumulatifs d’une génération à l’autre », précise le généticien, sans toutefois se livrer à un pronostic chiffré.

De plus, les agriculteurs cherchant avant tout des vaches robustes et productives, le critère « moins polluante » n’est pas forcément leur priorité.

« Le but, ce n’est pas non plus d’avoir des vaches identiques, ce serait triste et, de toute façon, il y a toujours une part d’aléatoire », relativise-t-il.

Le mythe de la vache pure et parfaite

Gilles Renand comme Michel Doreau sont d’ailleurs sceptiques sur les déclarations de certains de leurs collègues américains. L’un d’eux, Juan Tricarico, directeur du projet « Vache du futur », explique sans ciller au Financial Times viser l’avènement de la « vache sans problème ». De l’esbroufe pour les deux Français, qui résument leur pensée ainsi : une vache plus propre, oui, mais la vache parfaite, jamais ! Face aux problèmes engendrés par l’élevage à grande échelle, une dernière solution, évidente, serait simplement de consommer moins de viande rouge et de produits laitiers. Une mission difficile ? Au pays des 365 fromages et du steack-frites, la science de la vache propre a encore de beaux jours devant elle.

http://www.lepoint.fr/