Les ragots sont inter­dits par la loi dans cette ville des Philip­pines


Dans une ville des Philippines, il faut y penser deux fois avant de lancer des rumeurs sans fondement. Si une personne est prise sur le fait, elle paie une amende de 500 pesos (35 $ canadiens) et un travail dans la communauté. Il parait qu’après une infraction, il n’a pas eu de récidiviste. Imaginer Donald Trump (ou tout homme  politique ) !!! Il renflouerait les caisses de la ville à lui seul.
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Les ragots sont inter­dits par la loi dans cette ville des Philip­pines

 

Crédits : Dee

par  Nicolas Prouillac

Dans la ville de Bina­lo­nan, à envi­ron trois heures au nord de Manille, il est désor­mais inter­dit par la loi de faire circu­ler des rumeurs, rappor­tait le Wall Street Jour­nal le 25 avril dernier. Les habi­tants de cette petite loca­lité des Philip­pines risquent de payer une amende s’ils font courir des bruits dans un lieu public.

Dans le quar­tier de Moreno, où la loi est entrée en vigueur dès 2017, les délinquants pris sur le fait ont écopé d’une amende de 500 pesos et d’un après-midi de TIG, qu’ils ont passé à collec­ter des détri­tus dans les rues de la ville.

« Nous n’avons pas eu de réci­di­viste », se féli­cite le président du conseil muni­ci­pal Jove­lyn Manaois. « Personne ne veut passer pour une commère. »

Cette mesure radi­cale a été mise en place par le maire Ramon Guico III afin d’aug­men­ter la produc­ti­vité des habi­tants de la ville. À première vue, l’idée est contre-intui­tive, mais Guico s’ap­puie sur une théo­rie qu’il juge impa­rable. D’après lui, les gens se laissent aller à parta­ger des ragots (ou chis­mis, comme on dit aux Philip­pines) durant l’été, quand les tempé­ra­tures atteignent des cimes cani­cu­laires. Ils se réunissent alors à l’ombre et discutent de tout et de rien, et parfois disent n’im­porte quoi.

« Quelle perte de temps », a confié Manaois au WSJ. « On s’ima­gine pour­tant que les gens ont mieux à faire. »

Et par mieux à faire, il veut dire travailler. Le maire insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’en­tra­ver la liberté d’ex­pres­sion des habi­tants, mais bien d’em­pê­cher que des conflits naissent autour d’his­toires d’argent, de rela­tions ou de proprié­tés sur la base de fausses rumeurs.

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Le Saviez-Vous ► Non, la tête de Walt Disney n’a pas été cryogénisée


Quand j’étais petite, bien avant Internet, on racontait que c’était tout le corps de Walt Disney qui avait été congelé et qu’il serait dégelé quand la science aurait trouvé un remède contre le cancer. Je trouvais cela bien étrange. Cette légende urbaine est toujours d’actualité et qu’il parait qu’avec la Reine des neiges, la prétendue cryogénisation de Walt Disney à refaite surface. Et comme on le sait, Internet est un endroit idéal pour continuer a propager des rumeurs.
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Non, la tête de Walt Disney n’a pas été cryogénisée

 

Walt and the seagull | Rian Castillo via Flickr CC License by

Repéré par Lucile Bellan

Repéré sur BBC

Mais l’histoire reste cependant fascinante.

 

Internet regorge de légendes urbaines qui persistent avec les décennies. Si certaines sont franchement terrifiantes, comme c’est le cas du récent Momo challenge, l’histoire de la cryogénisation de Walt Disney est en réalité plutôt sympathique. Selon la légende, le célèbre fondateur de l’empire aux grandes oreilles aurait été cryogénisé à son décès en décembre 1966… ou en tout cas sa tête, la seule partie de son corps qui aurait été conservée. Et c’est sous l’attraction Pirates des Caraïbes au parc Disneyland d’Anaheim en Californie que cette drôle de relique se trouverait aujourd’hui.

Parce que le personnage de Walt Disney lui-même est source de fantasmes et de théories plus ou moins fumeuses, l’auteur Marc Eliot a compilé cette légende et bien d’autres dans son livre Walt Disney, la face cachée du prince d’Hollywood, publié en 1993.

«Walt a raté sa chance»

Bob Nelson, fondateur de la California Cryogenics Society en 1966, a révélé au Los Angeles Times les coulisses de cette rumeur:

«Nombreux sont ceux qui pensent qu’il l’était, et que le corps est stocké au froid dans son sous-sol. La vérité, c’est que Walt a raté sa chance. Il ne l’a jamais spécifié par écrit, et lorsqu’il est mort la famille a refusé, préférant la crémation. J’ai moi-même vu ses cendres. Elles sont à Forest Lawn. Deux semaines plus tard, nous congelions le premier homme. Si Disney avait été le premier, cela aurait fait les gros titres du monde entier et aurait donné un sérieux coup de pouce à la cryonie. Mais c’est ainsi.»

Même si l’idée du milliardaire conservé dans la glace pour être décongelé dans le futur est plaisante, il est donc peu probable que Walt Disney ait fait cryogéniser son corps ou sa tête. Des documents officiels confirment que l’homme d’affaires a subi une crémation après sa mort. Et sa propre fille Diane a effectué la délcaration suivante en 1972:

«Il n’y a absolument aucune forme de vérité derrière la rumeur qui veut que mon père, Walt Disney, ait été congelé. Je doute même que mon père avait seulement entendu parler de cryogénisation».

Cette rumeur persistante continue toutefois de faire son chemin. Et la sortie du film La reine des neiges a bien réveillé l’histoire. Une nouvelle rumeur, évoquée par la très sérieuse BBC, voudrait que La Reine des neiges, dont le titre anglais Frozen signifie congelé, se nomme ainsi pour que les occurrences de recherches sur internet du film «effacent» en quelque sorte les sources qui évoquent la rumeur initiale de cryogénisation de Walt Disney. Mais Internet n’oublie rien et malgré le succès de La Reine des Neiges, dont une suite est prévue pour le 22 novembre prochain, il se trouvera toujours une personne pour se demander si Walt Disney, tout ou en partie, a été congelé ou pas.

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Le Saviez-Vous ► Le café déshydrate-t-il?


Une autre croyance populaire qui vient de passer au crible. Si le café est diurétique, il n’est pas déshydratant.
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Le café déshydrate-t-il?

 

PEOPLEIMAGES VIA GETTY IMAGES

Boire du café contribuerait à la déshydratation en faisant uriner plus souvent ?

Boire du café contribuerait à la déshydratation en faisant uriner plus souvent ? Cette croyance a la vie dure… mais est contestée par les faits, constatent le Détecteur de rumeurs et Extenso.

L’origine de la rumeur

D’où vient cette rumeur ? La réponse ne fait pas l’unanimité, mais l’une de ses sources « scientifiques » souvent citée est une recherche de 1928 qui avait conclu que la consommation de café envoyait plus souvent les hommes aux toilettes… après avoir étudié trois hommes pendant deux mois.

Les faits

Des études se sont à nouveau intéressées à la question dans les années 1990, dans un contexte sportif : sachant que la caféine entraîne une hausse de la performance, ce gain ne serait-il pas annulé par la déshydratation — puisqu’un sportif déshydraté risque d’être moins « performant » ? Les conclusions, depuis, sont négatives (notamment dans cette méta-analyse de 2007) : la consommation de boissons, caféinées ou non caféinées, résulte chez un individu moyen en la même quantité d’urine produite. Du moins — selon ces mêmes études — tant que la consommation de caféine demeure sous les 225 mg par jour, soit l’équivalent de deux tasses de café. Ou l’équivalent de la caféine contenue dans cinq à six tasses de thé, ou quatre à cinq canettes de boissons gazeuses de type cola.

Autrement dit, ces boissons caféinées — auxquelles on pourrait ajouter les boissons énergisantes et le lait au chocolat — contribuent à l’hydratation quotidienne du corps, comme l’eau.

Toutefois, chez certaines personnes, la caféine devient effectivement un diurétique, c’est-à-dire une substance qui augmente la production d’urine, lorsque sa consommation quotidienne se situe entre 240 mg et 640 mg. Par contre, même dans ces cas où il y a augmentation de la production d’urine, rien ne permet de conclure que l’individu est en train de se déshydrater !

Selon les critères de Santé Canada, une consommation d’environ 300 mg de caféine par jour pour une « femme en âge de procréer » et de 400 mg pour les autres adultes, est considérée modérée. La clinique Mayo mentionne pour sa part 400 mg, sans faire de distinctions entre hommes et femmes.

Verdict

Vous pouvez boire votre tasse de café matinale en paix : une consommation raisonnable de caféine n’entraîne pas plus de déshydratation que la quantité équivalente d’eau.

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Le Saviez-Vous ► L’Australie n’existe pas (et autres conspirations géographiques faciles)


Je n’arrive pas à croire que des gens sont si ignorant et vont être adepte à ce qu’on appelle la conspiration géographique. Est-ce une blague ? Qu’est-ce qui est pire, qu’on croit que la Terre est plate ou que l’Australie n’existe pas ?
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L’Australie n’existe pas (et autres conspirations géographiques faciles)

 

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Ce qu’ils appellent des «kangourous» | Mark Ralston / AFP

Repéré sur The Guardian

Repéré par Léa Polverini

On nous ment.

Les kangourous? Avec leur poche ventrale, leur allure de vélociraptor mignon et leurs grandes oreilles? Qui a sérieusement pu croire à leur existence? Et que leur pays soit, comme de par hasard, le seul au monde où l’on puisse retrouver des «bilbys» (ou «rats à long nez»), des «wombats» («à nez poilu») et des «kookaburras» (à gros bec) qui se bidonnent comme des tordus tout à la fois? Vous plaisantez? Australie pays de légende: l’Australie, ça n’existe pas.

Une invention des Britanniques

La théorie a émergé, une fois n’est pas coutume, sur Reddit, début 2017. Depuis, elle fait des retours épisodiques sur la toile, mettant en scène des affrontements entre conspirationnistes farouches qui défendent l’idée que le pays des koalas (et, au passage, d’une bagatelle de 24,13 millions d’habitants) est en vérité une invention de l’Angleterre lui ayant permis de tuer des centaines de milliers de prisonniers plutôt que de les envoyer dans «un pays à l’autre bout du globe», et Australiens fâchés d’être mis en doute dans leur existence même.

Aussi exceptionnelle que puisse sembler l’Australie (on y trouve aussi des ornithorynques), elle n’est pourtant pas la seule victime d’élucubrations géographico-complotistes éructées à tour de bras par de fins limiers autoproclamés.

La Finlande par exemple, fut en son temps –2015, Reddit encore– un terreau fertile pour théories saugrenues. Ce pays entre la Suède et la Russie? Rien de plus qu’une fiction conçue pour couvrir une colonie de pêche japonaise permettant l’exportation de sushis vers le Japon via le transsibérien, ce dernier ayant été construit spécialement pour cette route du poisson (la ligne a été ouverte en 1916, soit un an avant l’indépendance de la supposée Finlande: coïncidence?), et les sushis étant déguisés en cargaisons de «produits Nokia» (la plus grosse compagnie finlandaise, dont le Japon est aussi le plus gros importateur: coïncidence?).

Et puis, après tout, «aucun pays réel ne pourrait accorder autant d’importance prioritaire à l’éducation, aux soins de santé, à l’égalité des sexes, au taux d’alphabétisation, à la stabilité nationale, et être le gouvernement le moins corrompu au monde, avec une liberté de la presse. C’est un concept conçu pour que les pays et les gens y aspirent».

De la blague locale au mème intergalactique

Même chanson pour le Molise, cette charmante région de l’Italie du sud, ou encore l’Acre, dans la région Nord du Brésil, dont les blagues des locaux ont peu à peu donné naissance aux rumeurs les plus inspirées.

Le comique de répétition ne vieillit pas, puisque, comme le rappelle le Guardian, déjà en 1993, des utilisateurs allemands d’Usenet, un réseau de forums, faisaient tourner un canular qui a gagné ses lettres de noblesse sous l’appellation du «complot de Bielefeld». La ville industrielle de Rhénanie-du-Nord-Westphalie était supposée être une pure construction concertée de la CIA, du Mossad et, éventuellement, d’extraterrestres dirigés par un certain Ashtar Sheran aux longs cheveux blonds. Censé tourner en dérision la théorie du complot, le hoax est devenu national voire international, et a tranquillement traversé les décennies, jusqu’à Angela Merkel qui y faisait encore un clin d’œil en 2012.

«La beauté des memes est qu’ils sont malléables et que chacun peut avoir sa propre interprétation des choses et s’impliquer dans la blague, racontait l’écrivaine Mollie Goodfellow au Guardian. Je pense que cela dit que nous aimons tous faire partie de la blague, surtout en ligne, où souvent peuvent se former différentes cliques et sous-groupes.»

À l’ère des fake news, il s’agit toutefois d’être rigoureux: quoi qu’en disent les mauvaises langues, la promenade du Corso qui mène chaque soir les Termolesi jusqu’au castello svevo di Termoli (l’un de ces monuments dudit Molise) suffirait à elle seule à prouver l’existence de l’Italie tout entière, quand une petite brise rafraîchit la côte aux dernières heures d’une fin de journée encore à demi ensoleillée.

Quant à l’Australie…​

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Le Saviez-Vous ► Un laboratoire américain aurait créé un hybride humain-chimpanzé il y a un siècle


À prendre avec un grain sel. Je doute vraiment qu’un humanzee aurait été créé surtout dans les années 1920, même si nous partageons avec les chimpanzés quelque chose comme 99% de notre ADN. Bref, je crois plus que c’est une rumeur qu’autre chose
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Un laboratoire américain aurait créé un hybride humain-chimpanzé il y a un siècle

 

Crédits : DR

 

par  Mehdi Karam

L’humanzee est un hybride entre le chimpanzé et l’humain tout aussi terrifiant qu’hypothétique.

Physiquement, il possède donc la morphologie d’un primate adulte avec des traits plus ou moins humanoïdes, et une faculté supérieure à celle de ses semblables à se tenir droit. Qu’on se le dise, l’humanzee (prononcer human-zée) a tout d’une lubie de savant fou, et met sur la table de sacrées questions d’éthique. Alors qu’on pensait une telle création impossible, des scientifiques auraient pourtant réussi à en créer le premier spécimen, dans les années 1920, prétend le psychologue américain Gordon Gallup, de l’université d’Albany, dans un entretien accordé au Sun. Sous le coup de la panique, ses créateurs, membres d’un obscur laboratoire de Floride, l’auraient tué sur le champ.

« Ils ont inséminé un chimpanzé femelle avec du sperme humain provenant d’un donneur non divulgué, et les chercheurs ont affirmé non seulement que la grossesse avait eu lieu mais qu’elle était arrivée à terme et avait donné lieu à une naissance », raconte le Pr Gallup face à la noirceur d’une telle expérience.

Ces détails, le professeur les a appris au cours des années 1970, de la bouche d’un grand professeur dont il tient à préserver l’anonymat. Si ses propos apparaissent ainsi comme conjecturaux, ils ont bon d’attirer de nouveau l’attention sur une rumeur datant d’il y a un siècle.

Quant à l’humanzee supposément créé, il n’aurait pas vécu longtemps.

Car « après quelques jours ou semaines, ils ont commencé à prendre en compte les implications morales d’une telle création et le nourrisson a été euthanasié », affirme le Dr Gallup.

Ce n’est pas la première fois que cet éminent scientifique aborde le sujet. En 2009, il avait déjà évoqué la même « source crédible » qui lui aurait confirmé l’authenticité de l’expérience avant de se rétracter, la même année. Reste à voir si cette fois-ci également, il se rétractera.

Sources : The Sun / Florida Times-Union

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Le Saviez-Vous ► La vitamine C prévient le rhume ? Faux


La vitamine C est importante pour la santé, cependant dire qu’elle agit préventivement contre le rhume n’est pas tout à fait vrai. Sauf, pour certains groupes spécifiques, mais pour les gens en général, prendre des suppléments de vitamine C est de l’argent dépenser pour pas-grand-chose
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La vitamine C prévient le rhume ? Faux

 

VITAMIN C

Agence Science-Presse  |  Par Le Détecteur de rumeurs

 

Voilà près de 50 ans qu’on vante les mérites de la vitamine C pour la prévention et le traitement des rhumes. Pourtant, la prise de suppléments d’acide ascorbique pour prévenir l’apparition d’un épisode de rhume semble tout à fait inutile… ou presque.

Origine de la rumeur

Peu de gens savent que cette croyance a été popularisée par Linus Pauling. Ce chimiste américain a remporté le Nobel dans son domaine en 1954, en plus de gagner un Nobel de la paix en 1962.

Mais c’est surtout en raison de ses propos controversés sur la vitamine C qu’on se souvient de Pauling aujourd’hui. Dès la fin des années 1960, le chimiste postule que pour maintenir une bonne santé, vivre plus longtemps et prévenir les maladies, il faut consommer des doses de vitamines C beaucoup plus grandes que les apports journaliers recommandés. Il ira jusqu’à prendre lui-même 18 000 mg de vitamine C par jour, soit 200 fois la dose recommandée de 90 mg !

Emballé, il publie en 1970 le livre Vitamin C and the Common Cold (La vitamine C et le rhume). Il y recommande de prendre 1000 mg par jour de vitamine C afin de diminuer le risque de contracter un rhume, d’en réduire sa durée et sa sévérité. C’est 11 fois la dose journalière recommandée.

Le livre de Pauling connaît un immense succès. Vers le milieu des années 1970, plus de 50 millions d’Américains suivent ses recommandations et les ventes de vitamine C quadruplent aux États-Unis. Les pharmaciens et les manufacturiers se félicitent de ce qu’ils appellent « L’effet Linus Pauling » sur leurs affaires, mais les scientifiques ne sont pas si enthousiastes. De nombreuses études menées en double-aveugle démontrent que la vitamine C n’a pas plus de valeur qu’un placebo pour combattre le rhume. Pauling refuse d’y croire et va même jusqu’à affirmer que des doses élevées de vitamine C prises au quotidien peuvent guérir le cancer. Mais ça, c’est une autre histoire et le Détecteur de rumeurs y reviendra dans un prochain texte.

Pauling était-il atteint de « Nobelite » un symptôme qui semble pousser certains lauréats à adopter des théories étranges et non scientifiques dans les années qui suivent l’attribution de ce prix ? Toujours est-il que l’entêtement de Linus Pauling lui fit perdre le respect de la communauté scientifique et le fit tomber dans l’oubli jusqu’à sa mort en 1994… des suites d’un cancer.

Autant d’épisodes de rhume

Mais qu’en est-il de la recherche sur la vitamine C et la prévention du rhume aujourd’hui ? Une méta-analyse du groupe Cochrane, publiée en 2013, s’est intéressée aux résultats de 29 études effectuées auprès de plus de 11 000 participants. Elle a démontré que la prise de vitamine C sur une base régulière n’est pas efficace pour prévenir le rhume chez l’humain. En d’autres mots, le nombre d’épisodes de rhume demeure le même, que l’on prenne ou non de la vitamine C.


Des rhumes qui durent à peine moins longtemps

Les résultats de l’analyse montrent que la prise régulière de suppléments de vitamine C diminuerait la durée du rhume de 8 % en moyenne chez les adultes et de 14 % en moyenne chez les enfants. La plupart des études ont obtenu ces résultats avec des doses de 1 000 mg par jour.

Cette diminution semble significative, mais il faut la mettre en perspective. On estime qu’un adulte connait 2 ou 3 épisodes de rhumes par année, pour une moyenne de 12 jours par an. Prendre 1 000 mg de vitamine C tous les jours réduirait donc le nombre moyen à 11 jours. Un enfant, pour sa part, serait malade 24 jours en moyenne au lieu de 28 jours. D’un point de vue pratique et économique, il semble donc peu raisonnable d’ingérer des mégadoses de vitamine C tout au long de l’année si les seuls effets bénéfiques anticipés sont de réduire chaque épisode de rhume de quelques heures.

Par ailleurs, la prise de vitamine C ne diminuerait pas la gravité des symptômes. En d’autres termes, on ne se sent pas moins malade.


Quelques exceptions

Des études ont toutefois démontré que la prise quotidienne de suppléments de vitamine C peut réduire les chances d’attraper un rhume chez certains groupes spécifiques de personnes, comme les soldats dans des environnements subarctiques, les skieurs et les marathoniens.

Verdict

Pour la population générale, la prise de suppléments de vitamine C dans le but de prévenir l’apparition d’un épisode de rhume ou de le guérir semble peu intéressante, voire tout à fait inutile.

– Eve Beaudin en collaboration avec Extenso

À savoir sur la vitamine C

– La dose journalière de vitamine C recommandée est de 90 mg pour les hommes et de 75 mg pour les femmes.

– Une alimentation équilibrée permet normalement de recevoir cette dose journalière.

– Les meilleures sources sont les fruits citrins (oranges, pamplemousses), les baies, les légumes comme les tomates, les pommes de terre, le brocoli, les épinards, etc. Pour des informations additionnelles à ce sujet, consultez ce document.

– Pour la population générale, les suppléments de vitamines C ne sont pas recommandés. Les grandes agences de santé publique ne recommandent pas non plus d’en prendre pour prévenir ou traiter un rhume.

– Notre organisme ne peut pas emmagasiner de la vitamine C. Le surplus ingéré se retrouve dans l’urine.

– La dose maximum tolérable est de 2 000 mg. Au-delà de ce seuil, on peut avoir des nausées, des diarrhées, des troubles gastro-intestinaux ou développer des pierres aux reins.

L’astuce du Détecteur de rumeurs

Quand il s’agit de vérifier une information touchant à la recherche en santé, le Détecteur de rumeurs recommande le Groupe Cochrane, une organisation internationale, indépendante et à but non lucratif. Plus de 37 000 contributeurs dans plus de 130 pays élaborent les revues systématiques Cochrane sur les effets des traitements ou des interventions dans tous les domaines touchant à la santé. Elles constituent une des sources de données en santé les plus fiables. Des milliers de revues scientifiques sont disponibles en ligne dans la Bibliothèque Cochrane. Elles peuvent être consultées par les professionnels de la santé et par le grand public, mais seules les conclusions des analyses sont disponibles gratuitement.

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Le Saviez-Vous ►Les fausses informations ne sont pas nouvelles: elles ont conduit des juifs au bûcher au XVe siècle


2016 à été l’année qu’on a prise conscience que les fausses informations sur les réseaux sociaux ont marqué l’histoire. Avec l’invention de l’imprimerie, les rumeurs ont occasionné de nombreux meurtres d’innocents, Quoique cela a toujours existé que des gens préfèrent croire à des rumeurs et accusés des personnes, des ethnies que de chercher le fond des choses. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui
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Les fausses informations ne sont pas nouvelles: elles ont conduit des juifs au bûcher au XVe siècle

 

Une illustration du sacrifice de Saint-Simon, une fausse information selon laquelle des juifs auraient bu le sang d'un bébé chrétien | Hartmann Schedel's Weltchronik, 1493

Une illustration du sacrifice de Saint-Simon, une fausse information selon laquelle des juifs auraient bu le sang d’un bébé chrétien | Hartmann Schedel’s Weltchronik, 1493

Repéré par Emeline Amétis

L’histoire du meurtre de Saint-Simon est une fausse information qui a conduit à l’assassinat de nombreux juifs au XVe siècle.

Vous pensez le problème des fausses informations récent? Qu’il est en partie dû aux réseaux sociaux? Détrompez-vous, il existe depuis l’invention de l’imprimerie par Johannes Gutenberg en 1439, rapporte Politico Magazine.

Dejà en 1475, les fausses informations avaient des conséquences tragiques. Cette année-là en Italie, un enfant de 2 ans et demi est porté disparu dans la province de Trente. Le jour du dimanche de Pâques, le prêtre franscicain Bernardin de Feltre fait de cette disparition le sujet de son prêche: pour lui, c’est sûr, c’est la communauté juive qui a commandé le meurtre du petit Simonino pour célébrer la Pâque juive en buvant son sang. La rumeur se diffuse. Le prêtre en rajoute en clamant à qui veut l’entendre que le corps du petit garçon a été retrouvé dans la cave d’une famille juive. Le prince-évêque de la province, Johannes IV Hinderbach, prend alors la décision de faire arrêter et torturer tous les juifs de Trente. Quinze d’entre eux ont été jugés coupables et brûlés au bûcher.

«Cette histoire a inspiré des communautés environnantes à commettre des atrocités similaires», raconte Politico.

Une ferveur antisémite impossible à contrer

Si la papauté a reconnu que les accusations de Bernardin de Feltre étaient fausses, le prince-évêque, se sentant menacé, a continué à propager de fausses informations au sujet des juifs «buveurs de sang d’enfants chrétiens». Pour s’attirer la faveur du peuple, Johannes IV Hinderbach a canonisé le petit Simonino, devenu Saint-Simon, en lui attribuant des centaines de miracles.

La ferveur populaire pour ces thèses antisémites rendait l’intervention de la papauté impossible.

 «Aujourd’hui, ces fausses histoires de juifs « buveurs de sang » —qui remontent au XIIe siècle— sont reconnues comme faisant partie des fondements de l’antisémitisme par les historiens», souligne Politico.

La propagande nazie s’est d’ailleurs servi de ces rumeurs du XVe siècle.

«Ce qui est sans doute le plus terrifiant, c’est de constater la longévité et la puissance des fausses informations», regrette le site d’information. «Un site antisémite clame toujours que ces histoires de juifs « buveurs de sang » sont vraies. Certaines fausses informations ne meurent jamais.»

http://www.slate.fr/