Les serpents plantent des fleurs en avalant des souris


Il existe 3 500 serpents connu dans le monde, et les serpents sont carnivores et à leur manière des jardiniers. Ceux qui doutent que le serpent ne soit pas important dans l’écosystème, voilà une des grandes utilités de cette bête si détestée. Quand ils mangent des rongeurs, souvent des graines se retrouvent sur ou dans leurs proies. Avec les excréments, les graines ont tout pour germer et dans des endroits plus loin que leur point d’origine
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Les serpents plantent des fleurs en avalant des souris

 

 

Marie-Céline Ray
Journaliste

Les serpents sont un peu jardinier… Ils participeraient à la dissémination des graines dans la nature. En effet, ces carnivores se nourrissent de rongeurs qui parfois transportent des graines dans des poches, les abajoues. Les graines peuvent être libérées dans les excréments et germer.

Les animaux transportent souvent des graines qui s’accrochent à leurs poils ou leurs plumes. Certains les avalent et les relâchent dans leurs excréments. Ce processus permet aux plantes de coloniser de nouveaux milieux. Les rongeurs, granivores, participent à ce phénomène car certains transportent des graines dans leurs abajoues, des poches situées autour de la cavité buccale. C’est le cas par exemple des géomys ou « gaufres » (gopher en anglais) ou de la souris à abajoues. Mais parfois les rongeurs se font dévorer par des prédateurs, comme des serpents.

Dans un article paru dans Proceedings of the royal society B, des chercheurs américains ont étudié 50 serpents à sonnette d’un muséum. Ils appartenaient à trois espèces différentes vivant dans des déserts et qui consommaient des rongeurs de la famille des Hétéromidés, des animaux qui transportent des graines. 45 serpents avaient des restes de rongeurs et 971 graines ont été récupérées dans leurs tubes digestifs.

Les graines survivent dans le tube digestif des serpents à sonnette

Comme les serpents sont des carnivores stricts, ils ne digèrent pas la cellulose et d’autres molécules végétales. Les graines sont donc moins abîmées que si elles étaient passées dans le tube digestif d’un omnivore. Et comme les serpents avalent leur nourriture sans la mâcher, les graines ne sont pas broyées. Certaines pouvaient même germer dans le côlon ! Le milieu nutritif riche présent dans les excréments favorise aussi la germination de la graine, dans ou en dehors de l’animal.

D’après les auteurs, un serpent à sonnette peut manger une vingtaine de rongeurs pendant la saison active qui dure 25 à 30 semaines ; les serpents peuvent parcourir deux kilomètres en quelques jours, une distance bien plus importante que celle que parcourent des rongeurs. Comme la digestion du serpent est longue, les graines ont plus de chances d’être relâchées loin dans la nature. Chez les 3.500 espèces de serpents connues, de nombreuses pourraient consommer des proies qui transportent des graines, signale un communiqué de l’université Cornell.

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L’extrême en vidéo : le renard plonge la tête la première dans la neige


Pourquoi le renard roux réussit à un peu plus de 70 % a capturer des rongeurs sous la neige alors qu’aucun indice n’indique que sa proie est là. ? On penche vers le champ magnétique de la terre, car le renard est toujours au nord quand il saute, avec une ouïe incomparable cela fait de lui un redoutable chasseur même en hiver sous la neige
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L’extrême en vidéo : le renard plonge la tête la première dans la neige

 

Par Delphine Bossy, Futura

 

Le renard roux en Amérique du Nord utilise uniquement la technique du mulotage pour chasser sous la neige. Elle consiste à identifier la position de la proie, et bondir pour percer, tête la première, la couche de neige. © Discovery, YouTube

Un désert blanc, sans vie apparente, et du silence. C’est le décor que rencontre le renard roux(Vulpes vulpes) d’Amérique du Nord durant tout l’hiver.

Les proies favorites de cet animal sont les rongeurs, bien souvent cachés sous un à cinq mètres de neige. S’il est rusé, le renard fait preuve de compétences absolument exceptionnelles pour les dénicher. Dans un silence glaçant, il bondit tel un léopard, plonge la tête la première dans la neige et s’extirpe avec aisance, rongeur en bouche. Le spectacle force l’admiration, et comment arrive-t-il à plonger avec une telle précision à l’endroit exact où la proie se cache sous cinq mètres de neige est encore quelque peu mystérieux.

 

La vidéo décryptée : le champ magnétique terrestre comme télémètre

Issues d’un documentaire paru sur la chaîne de télévision Discovery, ces images mettent en évidence l’étonnante habileté du canidé, véritable roi des neiges. À première vue, l’animal semble se concentrer et tendre l’oreille. Il est doté d’une ouïe extrêmement développée, qui lui permet d’identifier la position de ses proies. Ensuite, il bondit, en se courbant et sautant à pieds joints, caractéristiques d’une technique de chasse appelée « mulotage ». Ce saut, lui permet d’arriver en piqué sur sa proie, qui ne peut qu’être surprise puisqu’elle ne peut l’entendre surgir. En général, le rongeur, mordu à la nuque, est tué sur le coup.

Le renard roux entend mieux que n’importe quel mammifère terrestre à très basse fréquence. Il repère ses proies grâce aux sons qu’elles émettent en grattant la neige pour se frayer un chemin. Toutefois, cela n’explique pas comment il peut localiser l’endroit exact où se trouve sa proie. Cela n’explique pas non plus comment évalue-t-il la hauteur et le moment où il doit bondir. Si aujourd’hui quelques zones d’ombres persistent, les scientifiques sont sur une piste : le renard roux utiliserait le champ magnétique terrestre. En observant, durant deux ans, cette espèce en République Tchèque, Jaroslav Červený a analysé près de 600 sauts de mulotage, réalisés par 84 renards. Il a montré dans une étude publiée dans les Biology Lettersque les renards réussissent 73 % de leurs attaques lorsqu’elles sont dirigées vers le nord.

Une représentation schématique du « télémètre » du renard. Sur le panneau du haut, trois plans du paysage vu par le renard. Les étoiles jaunes montrent la position du rongeur, repérée par le son qu’il émet. Le panneau du milieu montre l’œil du renard, en fonction du paysage (panneau du haut) où il se trouve. Dans sa rétine, on montre la projection de la perception du son émis par le rongeur, la pente du champ magnétique (vecteur violet). Le panneau du bas associe le comportement du renard à sa position (panneau du haut) et à l’alignement du son de la proie et du champ magnétique dans son œil. Lorsque ces deux paramètres sont alignés, l’animal connaît la position de sa proie et bondit. © Jaroslav Červený et al., Biology Letters, 2011

Une représentation schématique du « télémètre » du renard. Sur le panneau du haut, trois plans du paysage vu par le renard. Les étoiles jaunes montrent la position du rongeur, repérée par le son qu’il émet. Le panneau du milieu montre l’œil du renard, en fonction du paysage (panneau du haut) où il se trouve. Dans sa rétine, on montre la projection de la perception du son émis par le rongeur, la pente du champ magnétique (vecteur violet). Le panneau du bas associe le comportement du renard à sa position (panneau du haut) et à l’alignement du son de la proie et du champ magnétique dans son œil. Lorsque ces deux paramètres sont alignés, l’animal connaît la position de sa proie et bondit. © Jaroslav Červený et al., Biology Letters, 2011

Tel un télémètre, le champ magnétique terrestre permet à l’animal de calculer la distance qui le sépare de sa proie. L’équipe tchèque suggère dans leur étude que le renard pourrait bien être capable de percevoir le nord magnétique comme une tâche sombre ou lumineuse. Dans l’hémisphère nord, le champ magnétique suit une pente de 60 à 70° par rapport à l’horizontal. Les scientifiques pensent que lorsque dans la rétine du renard, la perception du son émis par la proie est confondue avec la pente du champ magnétique, alors le renard sait exactement à quelle distance il se trouve de sa proie. La distance étant fixe, il réalise ainsi toujours le même saut.

L’après-vidéo : l’unique animal à utiliser le magnétisme comme télémètre

L’utilisation du champ magnétique comme télémètre n’est encore qu’une théorie chez le renard roux. Si elle est avérée, ce canidé sera le premier animal connu à l’utiliser à des fins de chasse. Le géomagnétisme est largement utilisé par le monde animal. On sait par exemple que les saumonsse servent du magnétisme pour pondre à l’endroit où eux-mêmes sont nés. Les oiseaux migrateurs s’en servent également tel un GPS… Beaucoup d’animaux ont recours au magnétisme terrestre pour évaluer une position, mais jusque-là on ne connaissait aucune espèce capable de calculer une distance avec.

Si elle est spéculative, cette théorie est loin d’être improbable. Les observations sont claires, le renard réussit ses attaques majoritairement lorsqu’il s’oriente vers le nord. Le bond qu’il fait semble être toujours le même, suggérant que la distance est fixe, donnant du poids à la notion d’alignement du champ magnétique et de la réflexion du son. De nouvelles études finiront bien par trouver une explication, en attendant, le mulotage est toujours subjuguant.

 

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Le rat-taupe nu ne vieillit-il pas?


Le rat-taupe nu est exceptionnel, ces rats n’ont pratiquement pas de cancer, ils sont résistant à certaines douleurs, ils peuvent survivre sans oxygène pendant 18 minutes et vivre jusqu’à 30 ans. Ce qui est encore plus étonnant, ils ne semblent pas vieillir.
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Le rat-taupe nu ne vieillit-il pas?

 

Photo d'un rat-taupe nu (Heterocephalus glaber)

Un rat-taupe nu (Heterocephalus glaber) Photo : iStock

Le taux de mortalité du rat-taupe nu n’augmente pas avec l’âge, montrent les travaux des chercheurs américains. Des résultats qui défient toutes les théories sur le vieillissement chez les mammifères.

Explications.

Un texte d’Alain Labelle

Déjà, le rat-taupe nu avait un statut bien particulier dans le règne animal : ce rongeur d’Afrique de l’Est ne développe que rarement des tumeurs cancéreuses, il est résistant à certaines formes de douleurs, et peut même survivre jusqu’à 18 minutes sans apport d’oxygène.

La présente étude ajoute un élément encore plus exceptionnel aux caractéristiques déjà hors du commun de cet animal : il ne semble pas vieillir.

En effet, ces rongeurs à la peau rose ridée et aux grandes dents saillantes qui vivent dans de grandes colonies souterraines ne présentent que peu de signes de vieillissement et dépassent de loin la durée de vie attendue d’un rongeur de cette taille.

Le saviez-vous?


Le rat-taupe nu est aussi connu sous le nom d’hétérocéphale (Heterocephalus glaber). Il vit en Somalie, au Kenya et en Éthiopie.

En comparaison, les souris en captivité vivent tout au plus quatre ans. D’après leur taille, les rats-taupes nus ne devraient ainsi pas vivre plus de six ans, mais certains vivent plus de 30 ans et, même à cet âge, les femelles reproductrices restent fertiles.

Notre recherche a montré que le risque de mourir des mammifères comme les humains, les chevaux et les souris, entre autres, augmente de façon exponentielle avec l’âge, selon la loi de Gompertz. Rochelle Buffenstein, Calico

En 1825, le mathématicien britannique Benjamin Gompertz avait établi le taux de mortalité grâce à un modèle, et la loi de Gompertz qui décrit le vieillissement s’en déduit.

Une constante accompagne cette loi : le risque de mourir augmente exponentiellement avec l’âge. Par exemple, chez les humains, il double environ tous les huit ans après l’âge de 30 ans.

Si la loi semblait s’appliquer à tous les mammifères après l’âge adulte, les rats nus du laboratoire de la Dre Buffenstein semblent la défier.

Un mammifère pas comme les autres

Les travaux de la biologiste Rochelle Buffenstein et de ses collègues de l’entreprise californienne Calico ont permis de recueillir les données sur la vie de milliers de rats-taupes nus et de les analyser. Leur principale conclusion : le risque de mourir de cet animal également connu sous le nom d’hétérocéphale n’augmente pas à mesure qu’il vieillit, contrairement à tous les autres mammifères.

Pour chaque rongeur dont elle s’occupait, elle a consigné la date de naissance et le moment où il est mort, et a noté toutes autres informations pertinentes.

Nos recherches montrent que les rats-taupes nus ne vieillissent pas de la même façon que les autres mammifères et ne présentent en fait que peu ou pas de signes de vieillissement, et que leur risque de décès n’augmente pas, même après le moment où ils atteignent la maturité sexuelle.

Rochelle Buffenstein, Calico

« Ces résultats renforcent notre conviction que les rats-taupes nus sont des animaux exceptionnels à étudier afin d’approfondir notre compréhension des mécanismes biologiques associés à la longévité », explique la Dre Buffenstein.

Des bémols

Certains scientifiques, comme le biogérontologue Caleb Finch de l’Université de Californie du Sud à Los Angeles qui n’a pas participé à l’étude, mettent en garde contre toute conclusion trop rapide et le danger de surinterprétation des données. Des données qui semblent pratiquement trop exceptionnelles pour être vraies, selon lui.

C’est un taux de mortalité remarquablement bas. À des âges avancés, leur taux de mortalité demeure inférieur à celui de tout autre mammifère documenté à ce jour. Caleb Finch, Université de Californie du Sud à Los Angeles

La chercheuse Buffenstein affirme que ses données ne montrent tout simplement pas de schéma de vieillissement typique chez cet animal habituellement observé chez les mammifères ou tout autre animal.

« Une centaine d’animaux, c’est tout ce dont vous avez besoin pour observer la loi du vieillissement de Gompertz chez les rongeurs. Dans notre étude, nous avions 3000 animaux et nous ne voyons toujours pas de signes de vieillissement », insiste-t-elle.

Un risque qui n’augmente pas

Après avoir atteint la maturité sexuelle à l’âge de six mois, chaque rat-taupe nu présentait quotidiennement un peu plus d’un risque sur 10 000 de mourir. Un risque qui est resté le même le reste de leur vie et qui a même baissé par la suite.

Pour moi, ce sont les données les plus passionnantes que j’ai jamais obtenues. Cela va à l’encontre de tout ce qu’on sait sur la biologie des mammifères. Rochelle Buffenstein, Calico

D’autres études ont déjà montré que la réparation de l’ADN des rats-taupes nus est très active. Ils possèdent de hauts taux de protéines chaperonnes qui aident d’autres protéines dans leur maturation.

« Je pense que ces animaux gardent leur maison très propre, plutôt que d’accumuler des dommages qui causent la détérioration physique associée à l’âge », explique Rochelle Buffenstein.

Pour le biologiste allemand Matthias Platzer, de l’Institut Leibniz sur le vieillissement, il est encore trop tôt pour affirmer que le rat nu ne vieillit pas. Selon lui, il faut s’intéresser à la biologie des rats qui dépassent le cap des 20 ou 30 ans.

« Peut-être que le vieillissement se produit vraiment rapidement par la suite? » s’interroge-t-il.

Quoi qu’il en soit, l’équipe de Calico estime que ses résultats renforcent l’intérêt de l’étude de ces animaux pour approfondir notre compréhension des mécanismes biologiques de la longévité.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue eLife.

http://ici.radio-canada.ca/

Un photographe traite les animaux de la forêt finlandaise comme des mannequins professionnels


Joachim Munter, un artiste d’Irlande s’est intéressé à la photographie, il y a 10 mois (au moment de ces photos ci-dessous), au début, c’était des paysages, puis il s’est tourné vers la faune irlandaise, trouvant cela plus gratifiant. Il faut du temps, beaucoup patience et la vitesse pour capter des moments soudain et naturel des animaux. Cela peut prendre quelques heures à plusieurs semaines pour avoir un magnifique cliché, car les animaux n’ont pas a prendre la pose devant une caméra, il faut capturer un moment précis
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Un photographe traite les animaux de la forêt finlandaise comme des mannequins professionnels

 

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13 câlins entre des animaux d’espèces différentes qui montrent que l’amour est universel.


Des animaux élevé ensemble que ce soit dans la nature ou domestiqués, qui sont souvent des ennemies apprennent a vivre ensemble. N’est-ce pas une leçon que nous pouvons en tirer ?
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13 câlins entre des animaux d’espèces différentes qui montrent que l’amour est universel.

 

N° 1 —Viens ici, toi !!

N° 2 —La vie n’est pas juste, n’est-ce pas mon vieux ?

N° 3 —Laisse-moi essayer cela… non. Que penses-tu de ça ? Toujours pas. Voilà, comme ça, ça marche !

N° 4 —Tu as un nid vraiment très douillet !

N° 5 —Profitons-en et câlinons-nous à l’envi, les humains seront bientôt là.

N° 6 —Coucou !

N° 7 —La vie est bien plus belle avec des câlins !

N° 8 —Peu importe ce qu’ils disent… amis pour la vie !

N° 9 —Câlinons-nous.

N° 10 —La vue est magnifique ici !

N° 11 —Attends, j’ai raté un endroit…

N° 12 —En matière de câlins, nous faisons une équipe du tonnerre !

N° 13 —Rien de mieux pour finir une journée…

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Californie : la légalisation du cannabis n’est pas une bonne chose pour les chouettes


Des chouettes ont la vie dure en Californie, en plus de subir des pertes dû aux changements climatiques, l’état a autorisé le cannabis à des fins récréatives. Beaucoup veulent profiter de cette manne même illégalement et utilisent un produit contre les rongeurs, animaux dont se nourrissent les chouettes, ce qui risque d’être vraiment catastrophique pour elles
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Californie : la légalisation du cannabis n’est pas une bonne chose pour les chouettes

 

Chouette tachetée du Nord

Les chouettes tachetées du Nord sont sensibles aux rodenticides.

© J. MARK HIGLEY/HOOPA TRIBAL FORESTRY

Par Anne-Sophie Tassart

Les rodenticides, utilisés dans les plantations illégales de cannabis en Californie, menacent les chouettes tachetées du Nord et les chouettes rayées.

La légalisation de l’usage récréatif du cannabis en Californie (Etats-Unis) depuis le 1er janvier 2018 ne fait pas que des heureux. En effet, cette légalisation devrait voir fleurir le nombre de plantations illégales. Or dans une étude publiée dans la revue Avian Conservation & Ecology, seulement quelques jours après l’autorisation, des chercheurs américains révèlent que des traces de rodenticides (produits utilisés contre les rongeurs), utilisés dans les plantations illégales de cannabis de cet Etat, se retrouvent dans l’organisme des chouettes tachetées du Nord (Strix occidentalis caurina), une sous-espèce menacée selon l’Endangered Species Act et quasi-menacée selon l’UICN.

70% des chouettes tachetées du Nord ont été au contact de biocides

En faisant des analyses sur des cadavres de chouettes trouvés à proximité de ces plantations, les scientifiques ont découvert que 7 chouettes sur 10 avaient été en contact avec des rodenticides. En analysant des échantillons provenant de 84 chouettes rayées (Strix varia), là encore les chercheurs ont trouvé des traces de biocides sur 40% d’entre elles. Les anticoagulants contenus dans ces produits empêchent l’organisme des mammifères et des oiseaux de renouveler la vitamine K, composé chimique nécessaire à la coagulation. Ces derniers sont alors susceptibles de mourir d’une hémorragie interne. Les auteurs de l’étude pensent que les chouettes tachetées du Nord et les chouettes rayées sont exposées à ces produits de part les proies qu’elles consomment.

Les menaces se multiplient à l’encontre des chouettes tachetées du Nord

Avec la légalisation du cannabis récréatif, les spécialistes craignent que la conversion de surfaces boisées privées en plantations de cannabis n’augmente et qu’ainsi, l’utilisation des rodenticides s’accentue. A terme, l’impact sur les chouettes tachetées du Nord pourrait être catastrophique alors qu’une étude révélait en 2015 que leur nombre avait baissé de 55% en Californie depuis 2009. Cette chute est d’ailleurs grandement liée à l’autre espèce étudiée : la chouette rayée. Cette dernière vivait autrefois dans les forêts de l’est de l’Amérique du Nord. Elle colonise aujourd’hui peu à peu le territoire des chouettes tachetées du Nord. Cette cohabitation conflictuelle entraîne une compétition pour les ressources et l’habitat. Mais le combat est inégal : la chouette tachetée du Nord est bien plus petite que la chouette rayée. Elle fuit donc les zones qu’elle occupait auparavant même si celles-ci se montrent moins propices à la reproduction.

Cette autre espèce de chouette et les plantations de cannabis ne sont pas les seules menaces qui pèsent sur Strix occidentalis caurina. Les chercheurs ont observé que les changements climatiques ont aussi un rôle dans leur disparition. D’abord par le truchement des nombreux feux de forêt causés par des températures plus élevées : ils détruisent l’habitat des chouettes tachetées du Nord. Ensuite ce sont les hivers, plus humides et plus froids, qui entraînent une diminution des naissances.

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Le Saviez-Vous ► Non, la peste n’est pas une maladie du passé


Nous entendons rarement parler de la peste qui a fait temps de mort à travers le monde, souvent, c’est l’histoire de la maladie, pourtant la peste existe toujours surtout dans les pays plus pauvres. En plus, la maladie qui se transmet généralement par les puces à évoluer pour la transmission, par des animaux que des humains mange. La peste peut-elle revenir en force ? Avec les changements climatiques, la mondialisation et un vaccin indisponible, les risques augmentent
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Non, la peste n’est pas une maladie du passé

2017, la peste a fait plus de cinquante morts à Madagascar, pour un demi-millier de personnes touchées. Cette maladie, que l’on sait très bien combattre, sévit toujours, notamment dans des pays d’Afrique, et est considérée comme une maladie réémergente dans le monde par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est ce que montrait nettement une étude parue en 2013 sur la période 2000-2009.

Article d’Agnès Roux

Avec l’amélioration des connaissances et les progrès de la médecine, certaines maladies ont peu à peu disparu de nos vies. La variole par exemple, qui était autrefois un fléau redoutable, est aujourd’hui complètement éradiquée. Cependant, les épidémies de choléra et de polio qui frappent régulièrement certains pays nous rappellent que les maladies oubliées dans le monde occidental ne font pas toujours partie du passé.

Décrite depuis l’Antiquité et rendue tristement célèbre par ses vagues meurtrières sans pareilles, la peste est la grande maladie des livres d’histoire. Dans l’imaginaire collectif, cette maladie infectieuse est synonyme de fléau. Au Moyen Âge, elle terrifia par sa virulence et sa contagiosité, notamment lors de l’épisode de la peste noire qui extermina entre 30 et 50 % de la population européenne, ce qui correspond à plus de 25 millions d’êtres humains. La dernière pandémie, appelée peste de Chine, a pris naissance à la fin du XIXe siècle en Chine et s’est répandue dans le monde entier tuant plus de 10 millions de personnes.

Représentation d'un médecin de peste portant un masque de protection. © Wikimedia Commons, DP

Représentation d’un médecin de peste portant un masque de protection. © Wikimedia Commons, DP

La peste et ses vagues meurtrières

C’est au cours de cet épisode meurtrier qu’Alexandre Yersin, un jeune médecin d’origine suisse, a isolé le bacille de la peste (appelé ensuite Yersinia pestis), sur des cadavres d’Hommes et de rongeurs. Véhiculée par des puces de rats et d’autres rongeurs, la bactérie est transmise à l’Homme par les morsures d’insectes infectés. La suite n’est pas rassurante : après une semaine d’incubation, de nombreux symptômes comme une forte fièvre, des frissons et des vertiges apparaissent. En l’absence de traitement, la peste bubonique emporte 60 à 70 % des malades. Les formes les plus graves de la maladie, à savoir la peste pulmonaire et la peste septicémique, sont quant à elles presque systématiquement fatales.

Heureusement, au XXe siècle, la découverte des antibiotiques et les mesures de santé publique ont fait énormément reculer les épidémies. En France, les derniers cas de peste remontent à 1945. Or, la maladie sévit encore dans certains pays pauvres d’Afrique, d’Amérique et d’Asie. Selon l’Institut de veille sanitaire (InVS), près de 40.000 cas de peste auraient été recensés dans plus de 25 pays entre 1989 et 2003. La maladie est donc loin d’avoir disparu. À l’heure actuelle, il existe un vaccin, mais son utilisation est délicate et entraîne de lourds effets secondaires. Pour ces raisons, il n’est pas encore disponible au public.

L’agent de la peste, Yersinia pestis, observé en microscopie à fluorescence. © hukuzatuna, Flickr, cc by nc nd 2.0

L’agent de la peste, Yersinia pestis, observé en microscopie à fluorescence. © hukuzatuna, Flickr, cc by nc nd 2.0

La peste : une maladie loin d’avoir disparu

Dans une étude publiée récemment dans The American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, Thomas Butler, chercheur de la Ross University School of Medicine située dans les Caraïbes, a rassemblé les données recueillies sur la peste entre 2000 et 2009. Ses résultats démontrent une fois de plus qu’elle est loin d’être une maladie du passé.

La République démocratique du Congo figure au triste premier rang des pays les plus touchés avec 10.581 cas recensés. Selon l’auteur, la guerre civile, les déplacements de populations et les conditions de vie difficiles ont probablement favorisé les contacts entre les rongeurs porteurs de la peste et l’Homme. Avec 7.182 cas, l’île de Madagascar prend la deuxième place de ce classement lugubre, et devance la Zambie qui compte quant à elle 1.309 malades. Au total, 21.725 personnes ont été frappées par la peste et 1.612 en sont mortes au cours des dix années concernées par l’étude. Avec plus de 97 % des cas, l’Afrique est de loin le continent le plus touché par cette maladie infectieuse.

Des recherches sont encore nécessaires

Au cours de cette étude, l’auteur montre également que l’agent de la peste a plus d’un tour dans son sac pour infecter l’être humain. La plupart du temps, ce sont les puces qui transmettent le germe infectieux, mais d’autres stratégies semblent exister. Ainsi, en 2007, en Afghanistan, 66 personnes sont tombées malades et 17 sont mortes suite à l’ingestion d’un chameau contaminé. Plus récemment au Kirghizistan, un jeune homme de 15 ans est mort de la peste après avoir mangé une marmotte malade.

Selon l’auteur, l’augmentation des températures, la mondialisation des échanges, l’absence de vaccin et la résistance aux antibiotiques de l’agent de la peste sont autant de facteurs qui contribuent à la diffusion de cette maladie. Il paraît donc indispensable de continuer les recherches sur le sujet afin de mieux guérir les malades et peut être un jour d’éradiquer ce mal pernicieux.

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Le Saviez-Vous ► Greffe de tête humaine : ils l’ont fait sur des cadavres


Vous savez sans doute qui est Sergio Canavero, un neurochirurgien qui veut transplanter une tête vivante a un autre corps. Ce rêve que je trouve insensé à commencer avec le neurochirurgien américain Robert White qui avait réussit de faire un cerveau hors du corps pendant quelques heures, ainsi qu’une transplantation d’une tête chien sur un autre chien dans les années 1960. Sergio Canavero a continué dans le même sens avec une technique plus élaboré. Il a réussi sur d’autres animaux qui eux aussi ont vécu un certain temps. Des expériences macabres qui je crois ne donne pas grand chose à continuer. Bien que voulant aider des tétraplégiques ou d’autres cas semblable, il m’apparaît difficile de croire qu’un jour, il réussira. Surtout que point de vue éthique, cela m’apparaît monstrueux. Il y a selon moi, des limites en science qu’on devrait respecter
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Greffe de tête humaine : ils l’ont fait sur des cadavres

 

Marie-Céline Jacquier
Journaliste

 

L’annonce d’une greffe de tête humaine sur un cadavre par le neurochirurgien italien Sergio Canavero a bouleversé la communauté médicale, qui insiste pour rappeler que cette opération ne prouve rien. Le journal Daily Mail rapporte des propos tenus jadis par ce médecin, et qui peuvent inquiéter…

Le neurochirurgien italien travaille sur ce sujet depuis des années avec obstination, et il a un rêve, rapporte le Daily Mail.

« Depuis trop longtemps, la nature nous a dicté ses règles. Nous naissons, nous grandissons, nous vieillissons et nous mourons. Pendant des millions d’années, les humains ont évolué et 110 milliards d’humains sont morts dans le processus. C’est un génocide à grande échelle. Nous sommes entrés dans un âge où nous reprendrons notre destin entre nos mains. (…). La première greffe de tête humaine (…) a été réalisée (…) Tout le monde a dit que c’était impossible, mais l’opération a été couronnée de succès. »

Vendredi, lors d’une conférence de presse tenue à Vienne (Autriche), le neurochirurgien italien Sergio Canavero a affirmé qu’il avait réalisé la première greffe de tête humaine post mortem. La communauté médicale est unanime pour dénoncer cette opération controversée.

Voilà plusieurs années que Sergio Canavero se prépare à greffer une tête humaine… C’est désormais chose faite : lors d’une opération de dix-huit heures, des médecins ont attaché la tête d’un cadavre au corps d’un autre cadavre. La prochaine étape – qui fait frémir – sera d’utiliser la tête d’un patient vivant. Pour Sergio Canavero, l’opération qu’il a décrite à la presse vendredi dernier à Vienne (Autriche) est un succès.

Dans un article paru en ligne dans Surgical Neurology International, l’équipe menée par Xiaoping Ren et Sergio Canavero décrit comment elle a réalisé cette opération qu’elle appelle « anastomosecéphalosomatique ». Cette première médicale a eu lieu à l’université médicale de Harbin, en Chine. Dans leur introduction, les auteurs affirment qu’une telle opération pourrait être la seule option thérapeutique pour certaines maladies neuromusculaires incurables autrement.

Le saviez-vous ?

En 2016, un patient russe, Valery Spiridonov, a affirmé être volontaire pour une telle expérimentation.

Dans le cas présent, les deux hommes décédés avaient donné leur corps à la science et leurs familles avaient signé un consentement. Les scientifiques expliquent que deux équipes de cinq chirurgiens ont travaillé ensemble sur les deux cadavres, pour préparer la tête du « receveur » d’un côté et le corps du « donneur » de l’autre.

L'opération nécessite de reconnecter les vaisseaux, les nerfs, la moelle épinière, la trachée, l'œsophage... © nikchala, Fotolia

L’opération nécessite de reconnecter les vaisseaux, les nerfs, la moelle épinière, la trachée, l’œsophage… © nikchala, Fotolia

Une expérience dangereuse qui soulève des questions éthiques

Les auteurs expliquent qu’il fallait réunir plusieurs spécialités médicales sur une même opération : chirurgies du cou, des vaisseaux, chirurgies orthopédique, plastique, gastro-intestinale et neurochirurgie. L’article donne des informations sur les incisions réalisées et l’installation de la tête du « receveur » sur le corps décapité du « donneur », au niveau de la vertèbre cervicale C3. Une plaque en titane a été fixée par des vis placées sur la colonne entre les vertèbres C3 et C5. D’après les auteurs, le système de vis et de tiges utilisées permet une bonne stabilité de la tête.

Des vaisseaux sanguins ont été reconnectés afin de restaurer une circulation sanguine pour le cerveau. Les muscles profonds ont été suturés ; l’œsophage et la trachée ont été reliés. Enfin, la peau a été recousue.

De nombreux scientifiques dans le monde ont dénoncé cette opération, qui n’apporte pas réellement de preuve qu’une greffe de tête soit réalisable. Ici, comme l’expérimentation s’est faite avec deux cadavres, les problèmes de perte de sang pendant l’intervention n’ont pas été gérés. Dans leur discussion, les auteurs avouent que les saignements pourraient « ajouter du temps à l’opération ». De plus, la fusion des moelles épinières n’a pas prouvé son efficacité chez l’Homme. Précédemment, Sergio Canavero avait recollé les moelles épinières de rats avec du polyéthylèneglycol (voir article ci-dessous).


Greffe de tête : il reconnecte la moelle épinière de rats

 

Article de Marie-Céline Jacquier paru le 19 juin 2017

Sergio Canavero, le chirurgien italien qui ambitionne de faire la première greffe de tête humaine, a sectionné et recollé la moelle épinière de rats. Pour lui, cette expérience réussie est une nouvelle avancée vers son but ultime.

Greffer une tête humaine sur un autre corps : une telle idée peut sembler à la fois barbare et farfelue. Pourtant c’est le projet nourri par Sergio Canavero, un neurochirurgien italien, en dépit des nombreux obstacles techniques et éthiques qui se dressent devant lui. Certains pensent qu’une telle opération pourrait sauver des personnes souffrant de maladies mortelles.

Pour se rapprocher de son objectif, le médecin participe à des travaux sur des animaux. Dans une nouvelle étude parue dans la revue CNS Neuroscience, il décrit, avec une équipe de scientifiques chinois, comment il est possible de sectionner et reconnecter la moelle épinière de rongeurs.

Pour cela, l’équipe a utilisé une substance particulière : le polyéthylène glycol (PEG), qui favorise la fusion de membranes cellulaires, et donc des fibres nerveuses. D’après le Busines Insider, des scientifiques ont déjà utilisé le PEG dans des expériences pour lier des moelles épinières de chiens et obtenir un animal à deux têtes.

Sergio Canavero a fait des expériences similaires sur des rongeurs. Dans un article paru en avril dernier dans CNS Neuroscience and Therapeutics, il décrit la greffe réussie d’une tête sur le corps d’un rat. Il aurait répété le protocole sur d’autres animaux et obtenu plusieurs rats à deux têtes qui ont vécu en moyenne 36 heures.

Dans un article paru en avril 2017, les auteurs décrivent un rat sur lequel a été greffée une deuxième tête. © Li et al., CNS Neuroscience & Therapeutics 2017

Dans un article paru en avril 2017, les auteurs décrivent un rat sur lequel a été greffée une deuxième tête. © Li et al., CNS Neuroscience & Therapeutics 2017

Le PEG recolle la moelle épinière sectionnée chez le rongeur

Pour cette toute nouvelle étude, la moelle épinière a été sectionnée chez 15 rats. Neuf animaux ont été traités avec du PEG pour guérir la blessure et six n’ont eu qu’une solution saline témoin. Le produit a été administré à l’aide d’une seringue au point de section. Les deux groupes ont pris des antibiotiques pendant 72 heures.

Résultats : les rongeurs qui ont eu du PEG en traitement ont retrouvé leurs fonctions motrices et pouvaient à nouveau marcher au bout de quatre semaines. En parallèle, aucun rat témoin n’a retrouvé ses fonctions motrices. Tous les rongeurs ont survécu un mois, sauf un qui est mort tôt.

Les auteurs en concluent qu’une section de la moelle épinière est réversible, ce qui ouvre la porte à des traitements contre des paralysies chez l’Homme. Des progrès ont été faits récemment pour soigner des patients qui ont eu des lésions de la moelle épinière grâce à différentes techniques : exosquelettes, interfaces cerveau-machine, stimulations électriques… Mais ces méthodes ne permettent pas de rétablir toutes les fonctions sensorimotrices.

Greffe de tête sur le corps d’un mort : un patient est volontaire

Article de Marie-Céline Jacquier paru le 31 août 2016

Le neurochirurgien italien Sergio Canavero avait affirmé en 2015 qu’une greffe de tête serait réalisable en 2017. Aujourd’hui, un patient russe atteint d’une maladie grave se porte volontaire pour cette opération éthiquement discutable.

Valery Spiridonov est un homme russe de 31 ans souffrant d’une maladie génétique rare et mortelle : la maladie de Werdnig-Hoffmann, qui se caractérise par une grave faiblesse musculaire et la dégénérescence des neurones moteurs. Il est volontaire pour fournir sa tête à l’opération envisagée par Sergio Canavero et Xiaoping Ren, un chirurgien chinois.

Comme l’explique le neurochirurgien italien Sergio Canavero dans The Atlantic, l’opération qui aurait 90 % de chances de réussite nécessiterait 80 chirurgiens et coûterait 10 millions de dollars. En janvier dernier, les deux médecins ont affirmé avoir réalisé avec succès une greffe de tête chez le singe. Le chirurgien chinois est aussi l’auteur de plusieurs articles décrivant des opérations de greffe de tête chez la souris.


Transplanter la tête d’un patient sur le corps d’un mort

 

Article de Janlou Chaput paru le 01/07/2013 à 17:40

Le neurochirurgien italien Sergio Canavero affirme que d’ici deux ans, on pourra transplanter la tête d’un patient tétraplégique, ou avec un cancer métastasique, sur le corps d’un mort. Impossible et farfelu ? L’expérience a déjà été partiellement réussie sur des singes dans les années 1970…

La médecine devient-elle comparable à la mécanique automobile ? Lorsque les soins apportés ne suffisent plus à guérir, les pièces défaillantes sont remplacées lors de transplantations, un procédé toujours délicat qui tend à se démocratiser. Les succès s’enchaînent. En parallèle, les chercheurs tentent d’éviter le recours aux donneurs, parfois incompatibles, mais essaient de recréer les organes entiers à l’aide de cellules souches, bien que les processus n’en soient encore qu’à leurs balbutiements.

Reste malgré tout un organe particulier, siège de notre pensée, qui semble exclu de ces considérations : le cerveau, notre ordinateur central. Le créer artificiellement in vitro ne lui conférerait pas les souvenirs et les traits caractéristiques associés à la personne. Alors que faire ? Une greffe ? Bien que l’idée paraisse saugrenue, elle est envisagée depuis bien des années, et le neurochirurgien italien Sergio Canavero estime dans un article paru dans la revue Surgical Neurology International que le dénouement est proche. Il l’affirme : d’ici deux ans, on pourra transférer la tête d’un être humain sur le corps d’un autre grâce au projet Heaven.

Alors, greffe de tête ou de corps ? Le receveur gardant sa tête, il semble plus pertinent de parler de greffe de corps.

Une greffe de corps déjà réalisée sur des singes

Aussi fou que cela puisse paraître, ces allégations reposent sur des faits scientifiques anciens. Le neurochirurgien américain Robert White (1925-2010) en est l’instigateur. Dans les années 1960, il réussissait à faire vivre un cerveau en dehors du corps quelques heures. Il tenta également l’expérience in vivo chez le chien : connecté au corps d’un animal, le cerveau continuait à vivre, même si on ignore encore si la conscience avait également été transplantée.

La science rattrape peu à peu la fiction. Certes, nous n'en sommes pas encore à ranimer les morts comme l'a réussi le docteur Frankenstein dans le livre de Mary Shelley, mais on touche du doigt des fantasmes que seuls les romans pouvaient se permettre de traiter, comme transférer sa tête dans un autre corps. © Universal Studios, Wikipédia, DP

La science rattrape peu à peu la fiction. Certes, nous n’en sommes pas encore à ranimer les morts comme l’a réussi le docteur Frankenstein dans le livre de Mary Shelley, mais on touche du doigt des fantasmes que seuls les romans pouvaient se permettre de traiter, comme transférer sa tête dans un autre corps. © Universal Studios, Wikipédia, DP

Mais ses expériences les plus célèbres ont porté sur des primates. Dans les années 1970, il est devenu célèbre en transférant tout entière la tête d’un singe sur le corps d’un autre. Cette première tentative a permis au greffé de ne vivre que quelques heures seulement, mais avec un peu de perfectionnement et de pratique, les animaux semblaient vivre plus longtemps, bien qu’on n’ait pu réellement le mesurer puisqu’ils finissaient euthanasiés.

Seul hic, et de taille : si les singes semblaient conscients et gardaient leurs sens en éveil, il était impossible de reconnecter les moelles épinières du donneur et du receveur. Ainsi, les primates étaient paralysés en dessous du cou. Robert White prédisait donc que le jour où l’on réussirait à connecter le tissu nerveux, la technique serait applicable à l’Homme.

Un traitement pour des malades désespérés ?

C’est désormais le cas, affirme Sergio Canavero. Le médecin turinois explique qu’en mettant en contact les deux extrémités de moelle épinière dans une solution composée de deux polymèresque sont le polyéthylène glycol et le chitosane, il est possible de faire fusionner les cellules nerveuses. Ce qui manquait à Robert White serait maintenant à notre portée. Le neurochirurgien italien prévoit de s’entraîner sur des singes, puis sur des cadavres humains, avant d’être prêt à tester le procédé grandeur nature d’ici deux ans.

Mais qui cela concernerait-il et comment l’opération se déroulerait-elle ? Cette greffe serait ouverte à des patients tétraplégiques, ou des personnes atteintes d’une maladie mortelle ou fortement invalidante touchant des régions autres que la tête. Cancéreux en phase terminale, diabétiques avancés ou des patients ayant de multiples organes défaillants pourraient y prétendre.

L’opération qui valait 10 millions

Pour procéder, une centaine de personnes devraient travailler en parallèle. Dans un premier temps, la tête du receveur est placée en hypothermie, à 15 °C, de manière à diminuer le métabolisme du cerveau et limiter les dégâts le temps du transfert. On sectionne au niveau du cou les muscles, les vaisseaux sanguins, la trachée et l’œsophage, tout en prenant soin de garder la thyroïde. Juste à côté, une seconde équipe réalise la même opération sur un patient en état de mort cérébrale, dont le corps est intact et dont la carrure et le sexe correspondent à ceux du receveur.

 

La tête est une région du corps très particulière puisqu'elle renferme le cerveau, un véritable ordinateur de bord qui centralise la grande majorité des fonctions, dont la conscience. Greffer une tête sur un corps revient un peu à dissocier le corps et l'esprit. © Mark Lythgoe et Chloe Hutton, Wellcome Images, Flickr, CC by-nc-nd 2.0

La tête est une région du corps très particulière puisqu’elle renferme le cerveau, un véritable ordinateur de bord qui centralise la grande majorité des fonctions, dont la conscience. Greffer une tête sur un corps revient un peu à dissocier le corps et l’esprit. © Mark Lythgoe et Chloe Hutton, Wellcome Images, Flickr, CC by-nc-nd 2.0

Une fois ces opérations effectuées, la moelle épinière est tranchée à l’aide d’une lame extrêmement fine, de manière à abîmer le moins possible le tissu nerveux. D’après l’auteur, les dégâts seront minimes et de bien moins grande ampleur que ce qu’on retrouve chez les patients tétraplégiques. À ce stade, la tête est dans un état dit de mort contrôlée. On la replace rapidement sur le corps du donneur et on reconnecte les moelles épinières, en appliquant le traitement spécial à base de polymères. Puis les vaisseaux, muscles et autres tuyaux sont branchés.

À l’aide d’un traitement immunosuppresseur, le scientifique souhaite éviter le rejet de greffe. À son réveil, le patient bénéficie d’un suivi psychologique pour accepter son corps et d’une rééducation pour apprendre à s’en servir convenablement. Coût total estimé : 10 millions d’euros.

L’éthique au cœur du débat

 

Est-ce crédible ? Difficile à dire. D’ordinaire, les études les plus sérieuses paraissent dans les revues les plus célèbres, comme Nature ou Science. Cette fois, le journal est moins prestigieux. L’article a-t-il été proposé ailleurs et rejeté, ou l’auteur a-t-il délibérément choisi le Surgical Neurology International, sachant que son article aurait une visibilité bien moindre ?

Réelle ou pas, cette possibilité soulève des questions éthiques, auxquelles Sergio Canavero appelle à réfléchir et à trouver les réponses adaptées. Les lois de bioéthique n’avaient effectivement pas statué sur ce genre d’opérations, tout simplement parce qu’elles ne paraissaient pas réalistes. en théorie, le système sexuel fonctionne, mais les gamètes auront le patrimoine génétique du donneur, et non du Se pose alors le problème de la reproduction :receveur.

D’autre part, des dérives sont évidemment envisageables : si le traitement est normalement réservé à des patients malades en situation critique, sera-t-il possible d’empêcher un milliardaire insatisfait de son corps d’en revêtir un nouveau ? La question de la limite des donneurs disponibles reviendra inéluctablement sur la table, et il est fort probable qu’il faudra effectuer des choix dans la hiérarchie des patients, comme c’est déjà le cas pour les autres organes. En fin de compte, un problème tordu, à en perdre la tête…

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Xiaoping Ren et Sergio Canavero travaillent sur un projet de greffe de tête humaine.
  • Une équipe de médecins s’est « entraînée » avec deux cadavres en Chine.
  • L’opération ne prouve pas qu’une telle intervention soit viable.

http://www.futura-sciences.com

Le Saviez-Vous ► Les Etats-Unis parachutent des souris à Guam pour tuer des serpents


Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Navy américaine a malencontreusement amené des intrus sur une île dans le Pacifique. Un serpent brun qui n’a aucun prédateur. Le moyen pour chercher a se défaire de ces reptiles était en 2013 de prendre des souris mort-nées et les parachuter sur l’île
Nuage

 

Les Etats-Unis parachutent des souris à Guam pour tuer des serpents

 

Un serpent brun arboricole sur l\'île de Guam.

Un serpent brun arboricole sur l’île de Guam. (USGOV / CC / WIKIPEDIA)

Equipés de parachutes en carton, deux mille rongeurs ont été largués depuis des hélicoptères, dimanche. Objectif : éradiquer des serpents menaçant l’écosystème local.

 

Des souriceaux en parachute dans le ciel du Pacifique. Déclarant la guerre à une invasion de serpents bruns arboricoles, les autorités de Guam ont décidé de « bombarder » cette île du Pacifique à l’aide de souriceaux, injectés d’un banal analgésique qui a pour effet d’empoisonner les reptiles. Deux mille animaux morts-nés ont ainsi été largués sur l’île américaine, avec des parachutes en carton et papier de soie, dimanche 1er décembre (2013) indique le site de la chaîne américaine NBC News.

Il s’agit de la quatrième – et plus massive – offensive menée depuis le début de l’année. La variété de serpent ciblée, qui aurait été introduite par inadvertance dans l’île vers la fin de la Seconde Guerre mondiale par des bâtiments de l’US Navy, est devenue une véritable plaie, tenue pour responsable de la disparition des populations d’oiseaux endogènes de Guam. Il est également reproché aux reptiles de causer des coupures d’électricité.

Les autorités chargées de la protection de la faune redoutent depuis des années que ces reptiles, qui n’ont pas de prédateurs naturels à Guam et dont le nombre atteindrait deux millions, n’atteignent un jour d’autres îles du Pacifique, dont Hawaï, située à 6 400 km plus à l’est.

https://www.francetvinfo.fr

Les grossesses «fantômes», un mystère médical aussi fascinant que méconnu


Le pseudocyesis ou encore grossesse fantôme ou encore mieux connu sur grossesse nerveuse a été cataloguer comme problème psychologique, mais maintenant, on sait que les hormones jouent aussi un rôle. Cependant, on ne comprend pas encore ce qui provoque ce mécanisme d’une grossesse sans foetus, même un cas de femme sans utérus représentait tout d’une femme enceinte. Il peut avoir des cas d’une grossesse avancée avec contraction prête à accoucher sans pourtant avoir un bébé à naitre
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Les grossesses «fantômes», un mystère médical aussi fascinant que méconnu

 

Femme enceinte | Contato1034 via Pixabay CC

Femme enceinte | Contato1034 via Pixabay CC

Gros ventre, seins douloureux, aménorrhée ou nausées… Quand tous les signes d’une grossesse sont là. Sauf le bébé

C’est l’un des plus grands mystères médicaux. Rare mais bien réelle, la «grossesse fantôme» (plus scientifiquement appelée pseudocyesis), est une étrange affection qui pousse certaines femmes à être convaincues qu’elles sont enceintes. À tort.

Et pourtant, ces dernières présentent tous les symptômes cliniques d’une grossesse: absence de règles, ventre gonflé, seins douloureux, nausées matinales ou encore prise de poids. À l’exception de la présence d’un fœtus.

Convaincue d’être enceinte… malgré son absence d’utérus

Pour tenter de cerner ce phénomène peu connu, Tonic a interviewé Paul Paulman, physicien spécialisé en médecine reproductive.

Il y a maintenant plus de 25 ans, cet universitaire américain a lui-même été témoin d’un de ces cas extraordinaires de «grossesse fantôme». En 1990, une femme de 30 ans se présente dans son service, enceinte jusqu’au cou et visiblement prête à accoucher. Jusque-là, rien d’anormal. Mais c’est en procédant à une échographie de routine que le praticien tombe des nues: la patiente n’a pas d’utérus.

Cette dernière a précédemment subi une ablation de l’utérus ce qui, par définition, rend toute grossesse impossible. Consciente de cela, la jeune femme est malgré tout persuadée qu’elle attend un bébé et qu’elle est sur le point de donner naissance.

En 2010, une américaine se présente aux urgences d’un hôpital de Caroline du Nord, accompagnée de son mari. Sur le point d’accoucher, elle demande une césarienne. Les médecins tentent d’abord de provoquer un accouchement par voie naturelle, en vain. Ce n’est qu’une fois sur la table d’opération, au moment d’effectuer la césarienne, qu’ils découvrent avec stupéfaction qu’il n’y a aucun bébé…et qu’il n’y en a jamais eu.

Un phénomène vieux comme le monde? 

Les cas de pseudocyesis sont rares. Il n’y en aurait eu seulement que près de 80 entre 2000 et 2014.

Preuve qu’elle n’est pas nouvelle, cette pathologie a été théorisée en 1923 par John Mason Good: le terme découle du grec pseudēs (faux) et kúēsis(conception). Des cas de «fausses grossesses» ont même été mentionnés dans des écrits datant des l’Antiquité… Et Hippocrate aurait lui-même répertorié une douzaine de cas de femmes présentant ces symptômes.

Observé également chez les animaux 

Plus étonnant encore, les grossesses nerveuses sont également observables chez certains mammifères, notamment chez les chiens, les chats ou les rongeurs.

Le pseudocyesis n’est donc pas uniquement psychologique, mais bel et bien hormonal. Il est déclenché par une modification du système endocrinien, qui déclenche une sécrétion d’hormones induisant tous ces changements physiologiques.

Des symptômes bien réels et cliniquement reconnus

Selon l’Encyclopedia of Mental Disorders, 50% à 75% des femmes atteintes de grossesse nerveuse ressentent même les mouvements du foetus. Certaines ont des douleurs et contractions comparables à celles d’un accouchement, et connaissent un élargissement de l’utérus. 

En 2016, les grossesses «fantômes» étaient répertoriées dans la catégorie des troubles mentaux, bien que leur origine n’ait pas encore été complètement élucidée.

Le pseudocyesis serait une équation complexe entre facteurs psychologiques (désir conscient ou non de maternité, notamment) et bouleversements hormonaux. Sans que l’on sache, pour l’instant, si le premier cause le second. 

http://www.slate.fr