Le mystère de l’étrange « Chaussée des Géants » est enfin résolu


La façon dont des roches de magma se sont formées sur la Chaussée des Géants en Irlande du Nord, il y a il y a 50 à 60 millions d’années sont très particulières. Les scientifiques ont fini par comprendre comment des colonnes ont pu ce formées
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Le mystère de l’étrange « Chaussée des Géants » est enfin résolu

 

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Crédits : Pixabay / larahcv

par Brice Louvet

Une équipe de chercheurs a pour la toute première fois reproduit les processus chimiques à l’origine des impressionnantes colonnes géométriques faites à partir de roches volcaniques. En Irlande du Nord, la Chaussée des Géants en est un parfait exemple.

La Chaussée des Géants se distingue par des milliers de colonnes hexagonales retombant vers la mer. Nous savons que ces dernières se forment sous l’effet du magma chaud qui se refroidit et se contracte dans la roche. Mais quel est le seuil de température ? Jusqu’ici, la réponse n’était pas très claire. Une équipe de l’Université de Liverpool au Royaume-Uni pense aujourd’hui avoir la réponse : entre 840 et 890 degrés Celsius, à savoir juste en dessous du point où le magma se cristallise en basalte, à environ 980 degrés Celsius.

«La température à laquelle le magma se refroidit pour former ces joints colonnaires est une question qui fascine le monde de la géologie depuis très longtemps», explique l’un des chercheurs, le volcanologue Yan Lavallée.

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont utilisé des colonnes basaltiques extraites du volcan Eyjafjallajökull en Islande. Grippés dans une pince, les échantillons ont été chauffés à plus de 1000 degrés Celsius avant d’être refroidis dans la lave.

Les géologues ont maintenant une bonne idée de la chaleur de la roche de la Chaussée des Géants lorsqu’elle commença à se diviser en ces formes étranges, il y a 50 à 60 millions d’années. Des sites similaires peuvent également être trouvés en Islande, aux États-Unis et même sur Mars. Différents taux de refroidissement et d’autres facteurs peuvent aussi produire des colonnes de différentes tailles et formes.

«Ces expériences étaient techniquement très difficiles, mais elles démontrent clairement la puissance et la signification de la contraction thermique sur l’évolution des roches de refroidissement et le développement des fractures», explique l’un des membres de l’équipe, Anthony Lamur.

En plus de répondre à une question de longue date sur la formation de ces merveilles rocheuses, la recherche pourrait maintenant aider les experts à mieux comprendre la manière dont la chaleur se déplace à la surface de la Terre, et comment l’extraction d’énergie géothermique pourrait être plus efficace.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Nature Communications.

 

 

http://sciencepost.fr/20

À Hawaii, les déchets se transforment en rochers


Les conséquences de l’activité humaine semblent s’ouvrir sur une nouvelle ère l’Anthropocène, La pollution des océans avec les matières plastiques qui vont échouer vers les plages d’Hawaï mêler au cendre volcanique créer de nouvelles roches .. Un triste héritage laissé aux générations futures
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À Hawaii, les déchets se transforment en rochers

 

C’est la première fois que la pollution d’origine humaine engendre un tel phénomène : la naissance d’un caillou d’un nouveau type, fusionnant de la lave volcanique, des coquillages et des déchets en plastique. © Patricia Corcoran, département des sciences de la Terre, université de l’Ontario de l’Ouest

C’est la première fois que la pollution d’origine humaine engendre un tel phénomène : la naissance d’un caillou d’un nouveau type, fusionnant de la lave volcanique, des coquillages et des déchets en plastique.
© Patricia Corcoran, département des sciences de la Terre, université de l’Ontario de l’Ouest

Fabien Maréchal

Conséquence inédite de la pollution : un nouveau type de rochers est apparu sur une plage du Pacifique. Des plastiques ont fusionné avec d’autres matières sous l’effet de la chaleur.

Hawaii : ses cocotiers, ses éruptions volcaniques, ses surfeurs bronzés et… ses rochers en plastique. C’est l’étonnante découverte réalisée par une équipe de chercheurs nord-américains sur une plage de l’archipel. Cette matière d’un nouveau type, le « plastiglomérat », est un agrégat de plastique, de roche volcanique, de sédiments côtiers et de débris organiques.

Le développement industriel des plastiques date seulement des années 1950. Pourtant, soulignent les auteurs de l’étude parue le 6 juin dans le journal en ligne de la Société de géologie des États-Unis, ils sont déjà « incroyablement abondants dans les océans ». Soit 100 millions de tonnes d’après une précédente étude. Les matières plastiques s’accumulent dans le fond, près de la surface et le long du littoral. Mais ils se dégradent très lentement sur le plan chimique, et encore plus lentement par des effets biologiques. Un petit morceau de plastique, selon sa composition, pourrait subsister des millénaires avant de disparaître en totalité.

Un aperçu de Kamilo Beach. © Administration nationale des études océaniques et atmosphériques des États-Unis (NOAA)

Un aperçu de Kamilo Beach. © Administration nationale des études océaniques et atmosphériques des États-Unis (NOAA)

La plage de Kamilo Beach, à Hawaii, se situe dans un secteur que l’action combinée des courants marins et des vents transforme en poubelle à ciel ouvert. Les déchets en plastique s’accumulent sur la plage ou sont projetés dans la végétation, voire se couvrent de sable et se mêlent à la couche sédimentaire.

Mais parfois, sous l’effet de la chaleur, des plastiques fusionnent avec des matériaux plus denses (lave, sable, coquillages, détritus). Ils forment alors une matière lourde, qui s’apparente à une roche.

En générant de fortes températures directement sur le sable, les amateurs de barbecue favorisent cette opération Frankenstein. Ailleurs, des feux de forêts, des écoulements de lave ou, simplement, de fortes chaleurs localisées pourraient aboutir aux mêmes conséquences.

L’apparition du plastiglomérat, avancent les chercheurs, constitue une ligne de partage : elle confirmerait l’avènement de l’Anthropocène, cette nouvelle ère géologique qui signe l’activité humaine jusque dans les profondeurs du sous-sol.

 

http://www.nationalgeographic.fr/

Lire le passé dans l’empreinte des gouttes de pluie


Quelle idée d’étudier les gouttes d’eau pour en apprendre un peu plus sur le passé environnemental de notre planète. Enfin surement que malgré tout cette lecture est beaucoup plus sur quoiqu’hypothétique que de lire dans l’avenir a travers les cartes, la boule de cristal ou encore l’horoscope …
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Lire le passé dans l’empreinte des gouttes de pluie

 

Les géologues ont la preuve formelle que de l’eau liquide existait en abondance sur notre planète il y a 2,7 milliards d’années, et même probablement déjà il y a quatre milliards d’années.

PHOTOTHÈQUE LA PRESSE

Laurent Banguet
Agence France-Presse
Paris

Certains affirment lire l’avenir dans le marc de café. Des chercheurs américains, eux, se sont penchés sur les empreintes laissées au sol par les gouttes de pluie pour lire le passé: celui de la Terre voici 2,7 milliards d’années.

À l’époque, le Soleil était encore jeune et brillait plus faiblement qu’aujourd’hui, jusqu’à 30% de moins. En théorie, ses rayons n’étaient même assez puissants pour que la température dépasse 0° C à la surface de la Terre.

Et pourtant, les géologues ont la preuve formelle que de l’eau liquide existait en abondance sur notre planète à cette date, et même probablement déjà il y a quatre milliards d’années.

Comment sortir de ce «paradoxe du jeune Soleil faible»? Les scientifiques avancent traditionnellement plusieurs théories pour expliquer une température compatible avec de l’eau à l’état liquide, principalement une atmosphère beaucoup plus dense qu’aujourd’hui, une forte concentration de gaz à effet de serre (GES) ou une combinaison des deux.

Pour tenter de résoudre cette contradiction, des spécialistes en sciences de la Terre et en exobiologie de l’Université de Washington à Seattle (États-Unis) ont choisi une autre méthode: observer les impacts de gouttes d’eau fossilisés voici 2,7 milliards d’années, retrouvés sur des roches volcaniques en Afrique du Sud, pour en déduire la nature de l’atmosphère qui prévalait à l’époque.

Aussi originale qu’elle puisse paraître, l’idée est simple: plus l’atmosphère est dense, plus une goutte de pluie peine à la traverser. La vitesse à laquelle la goutte touche le sol est donc inversement proportionnelle à la pression atmosphérique.

En étudiant la taille des impacts des gouttes, les chercheurs peuvent donc en déduire leur vitesse, et par extension la nature de l’atmosphère.

Mais l’impact d’une goutte dépend aussi d’autres paramètres, notamment la taille de cette goutte.

«Des recherches ont montré qu’une goutte de pluie dépasse rarement six millimètres à la surface de la Terre», indépendamment de la pression atmosphérique, expliquent les auteurs de l’étude dans un communiqué.

«Dans l’atmosphère d’aujourd’hui, ces grosses gouttes de pluie tombent à une vitesse d’environ 9 mètres par seconde, mais si l’atmosphère ancienne était plus épaisse, cette vitesse aurait été plus faible et par conséquent la taille des empreintes au sol plus petites», ajoutent-ils.

Pour résoudre cette équation à multiples inconnues, Sanjoy Som et son équipe ont donc tout simplement fait tomber des gouttes de différentes tailles dans une cendre volcanique de même composition que les roches sud-africaines renfermant les impacts fossiles.

Il ne leur restait plus alors qu’à comparer les deux séries d’empreintes.

Selon l’étude, publiée mercredi dans la revue britannique Nature, «si les plus grosses empreintes ont été effectivement laissées par les plus grosses gouttes, la pression atmosphérique voici 2,7 milliards d’années ne pouvait pas dépasser deux fois celle que nous subissons actuellement».

Mais ces très grosses gouttes étant relativement rares, il est plus probable que l’atmosphère ancienne était comparable à celle d’aujourd’hui, et peut-être même moitié moins dense, estiment les chercheurs.

Une forte concentration en gaz à effet de serre serait donc la principale explication à cette température élevée de la Terre à l’époque, concluent-ils.

Ces recherches sur l’atmosphère terrestre sont également riches d’enseignements pour la recherche de planètes propices à l’apparition de la vie et elles bénéficient d’ailleurs à ce titre de financements de la Nasa et de la Commission européenne.

«La Terre d’aujourd’hui et la Terre antique sont comme deux planètes différentes», résume Sanjoy Som, qui travaille désormais pour la Nasa.

http://www.cyberpresse.ca