Le Saviez-Vous ► Robin des bois a-t-il réellement existé ?


Si Robin des bois a vraiment existé, il serait connu sous un autre nom. D’après certains manuscrits quelques personnes au temps médiéval, auraient le bon profil de ce hors-la-loi.
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Robin des bois a-t-il réellement existé ?


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Voler aux riches… pour redonner aux pauvres! Se battre contre le vil prince Jean. Habiter en hors-la-loi dans la forêt de Sherwood… peut-être en collants! Le personnage de Robin des Bois est célèbre de par le monde et à la source de nombreux livres, films et séries télévisées. Mais a-t-il réellement existé? Quelles-sont les possibles origines de sa légende? –

L’époque supposée de Robin des Bois:


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Le roi Richard et Philippe-Auguste

Le plus ancien texte faisant mention de Robin des Bois date de l’an 1377 et s’intitule « Piers le laboureur ». Un texte qui nous parle brièvement de ce célèbre hors-la-loi, nous laissant ainsi comprendre que le personnage était déjà connu à cette époque. Robin des Bois est par conséquent un personnage de l’époque médiévale. Ce texte, et d’autres qui ont suivi, l’associent beaucoup au Roi Richard Coeur de Lion, qui a régné de 1189 à 1199. S’il a vécu, Robin des Bois a selon toute vraisemblance connu l’Angleterre des XIIe – XIIIe siècles.


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Page originale de « Piers le laboureur »

À cette époque, l’Angleterre était un royaume en guerre, alors que les États européens étaient en construction et conséquemment en luttes territoriales. Il faut noter que sous le roi Richard, le souverain anglais régnait entre autres sur certaines régions de la France et de la Sicile.  Le pays était de surcroît impliqué dans les Croisades afin de libérer et protéger Jérusalem, Richard se voyant comme défenseur de la chrétienté. Un roi au combat qui a, dans les faits, été très peu présent en Angleterre au cours de son règne, ce qui a envenimé ses conflits avec ses frères Jean et Philipe-Auguste.


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Portrait du roi Jean

À la mort du roi Richard en 1199, c’est le prince Jean qui fut proclamé roi d’Angleterre. Un homme qui a vécu à une époque difficile économiquement pour son royaume et qui a fait face à beaucoup d’animosité tant des contrées voisines que de ses propres chevaliers. Il a en effet eu à augmenter les impôts afin de redresser les finances de l’État et lui fournir des fonds afin de combattre la France, ce qui a soulevé une importante vague d’indignation. 

Au Moyen-Âge, comme l’Angleterre était administrée selon le système féodal, le roi augmentait les impôts des nobles, qui la refilaient à leurs paysans, responsables de la culture des terres de leur seigneurie. 


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La Magna Carta, signée par le roi Jean en 1215

Il faut dire que l’Église était un grand propriétaire terrien à l’époque et était quant à elle.. exemptée d’obligations fiscales! Le poids de ces levées d’impôts a conduit plusieurs nobles à se rebeller contre le roi Jean. Comme ils risquaient leur vie pour leur patrie, payaient leurs armes et imposaient trop leurs paysans, ils voulaient avoir un mot à dire sur les guerres et les actions du roi.

Comme le roi avait besoin de ses armées, il fut contraint de signer une entente en juin 1215 qu’on appelle la Magna Carta. Une charte de droits unique dans l’Histoire qui a établi plus clairement les relations entre la noblesse et le roi et qui est à l’origine de la future monarchie parlementaire anglaise.

Qui aurait pu être Robin des Bois?

(Source)

L’univers connu dans les légendes de Robin des Bois est somme toute fidèle à la réalité historique, s’il a bien vécu aux XIIe – XIIIe siècles. Avec « Piers le laboureur », nous savons qu’en 1377, il était suffisamment connu et célèbre pour que des ballades soient chantées sur lui.  Son histoire semble donc s’être transmise par la tradition orale.


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Représentation de Robert Hode, 1474

Certains chercheurs croient que l’inspiration pour le personnage littéraire de Robin des Bois vient possiblement d’un homme du nom de Robert Hode. Il est mentionné dans des textes administratifs de 1225, qui stipulent que cet homme devait de l’argent à un monastère du Yorkshire et qu’il vivait en hors-la-loi dans les bois. 


(Source)

L’inspiration pourrait aussi venir d’un criminel du nom de William Robehod, mentionné dans un rouleau royal de 1262. Ce document est un pardon pour la saisie des biens de ce hors-la-loi, dont le nom de famille évoque un tantinet celui de notre célèbre prince des voleurs.

Mais l’histoire de Robin des Bois pourrait aussi être fortement inspirée d’un brigand du nom de Roger Godberg, qui aurait vécu entre 1230 et 1290. D’après certaines archives administratives du comté de Nottingham, cet homme, avec ses compagnons, aurait pillé plusieurs voyageurs dans la forêt… de Sherwood! Et aurait été poursuivi par le shérif de ce comté. Nottingham et son shérif ne sont toutefois mentionnés que dans quelques ballades anciennes, alors que les contes plus tardifs comme ceux du XVe siècle, situent Robin des Bois dans la région… du Yorkshire. À Doncaster, dans le sud de ce comté, se trouve par ailleurs un puit dit de Robin des Bois, dans la forêt de Skelbrooke Park.

Les constats:


(Source)

Si Robin des Bois a bel et bien existé, il semble avoir vécu vers les XIIe – XIIIe siècles en Angleterre et semble avoir choisi de tenir tête aux autorités locales (de Nottingham ou du Yorkshire), choisissant le pillage et la vie en marge de la société. S’agit-il d’un seul homme ou de plusieurs qui au fil du temps, par les contes et légendes qui divertissaient les gens dans les lieux publics et dans les soirées, en sont venus à être incarnés en un seul et même héroïque personnage?

Mystère! Mais une chose est certaine, vivre dans des forêts royales ou seigneuriales et y chasser aurait déjà été une raison d’être recherché!

Evelyne Ferron, Spécialisée en histoire ancienne

http://www.historiatv.com/

Le légendaire Richard Coeur de Lion percé à coeur


Richard Coeur de lion, ce roi anglais souvent considéré comme un héros (a mon souvenir d’une télé-série étant enfant) a son coeur conservé par des méthodes d’embaumement qui a l’époque était un exploit qui a révélé ses quelques secrets plusieurs siècles après sa mort
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Le légendaire Richard Coeur de Lion percé à coeur

 

Anthropologie | Royauté - Le légendaire Richard Coeur de Lion percé à coeur

C’est le plus vieux coeur embaumé étudié en France. Les résultats sont publiés jeudi par la revue Scientific. Reports,

Photo Fotolia

Agence France-Presse
Véronique Martinache

PARIS- Myrte, marguerite, menthe, mercure, encens… L’analyse par une équipe française des restes du cœur embaumé du roi anglais Richard Coeur de Lion, plus de 800 ans après sa mort, révèle une procédure de conservation très élaborée, inspirée par les textes bibliques.

C’est le plus vieux coeur embaumé étudié en France. Les résultats sont publiés jeudi en ligne par la revue Scientific Reports, du groupe britannique Nature.

«C’était un embaumement extrêmement complexe, extrêmement élaboré», a expliqué à l’AFP Philippe Charlier, chef de file de l’équipe de médecins légistes, anthropologues et scientifiques qui a mené l’enquête.

Spécialiste d’anthropologie médico-légale, Philippe Charlier est notamment à l’origine de l’authentification de la tête momifiée du roi de France Henri IV.

Les restes du coeur

Son équipe a passé au crible un échantillon de 2 grammes, sur près de 80 grammes de restes du coeur de Richard Ier, roi croisé surnommé «Richard Coeur de Lion», aujourd’hui réduits à l’état de poussière.

Les restes du coeur de Richard Ier étaient contenus dans une boîte de plomb découverte en 1838 dans la cathédrale de Rouen et portant l’inscription «Ci-gît le coeur de Richard roi des Anglais».

Les différents examens et analyses ont révélé «énormément de résidus différents» parfois surprenants: un métal -le mercure-, du créosote -sorte de goudron végétal-, des végétaux, aromates et épices (myrte, menthe, mais aussi encens et marguerite), et probablement de la chaux.

«On imagine que le coeur a été ouvert, pour être vidé de son sang, puis recousu, et placé ensuite dans une toile de lin», a expliqué le Dr Charlier.

«Une prouesse technique» pour l’époque, la toute fin du 12e siècle. Les premiers embaumeurs, au 12e siècle, furent les cuisiniers et les bouchers, «qui avaient l’habitude d’ouvrir des carcasses et avaient des aromates à portée de main».

Odeur de sainteté

 

Selon le Dr Charlier, la présence d’encens révèle en outre «une référence christique». «L’encens est un produit réservé à l’élite, mais surtout directement d’inspiration divine», a-t-il souligné, rappelant qu’il avait été apporté par les rois mages à Jésus à sa naissance.

L’embaumement du coeur de Richard Ier aurait ainsi eu une double fonction.

Il s’agissait d’abord d’assurer la conservation de l’organe, transporté depuis Châlus, dans le Limousin, où est mort le roi, jusqu’à Rouen, à plus de 500 km.

Conformément aux pratiques de l’époque et à ses souhaits, le corps du roi a en effet été fragmenté: ses entrailles ont été enterrées à Châlus, en territoire ennemi, son coeur, viscère noble, déposé dans un cercueil à la cathédrale de Rouen, en territoire anglais, et le reste de son corps inhumé à l’Abbaye de Fontevraud, en Anjou, auprès de son père Henri II et sa mère Aliénor d’Aquitaine.

Selon le Dr Charlier, «l’extrême soin donné au coeur et l’usage d’aromates lui donnant une odeur se rapprochant de l’odeur de sainteté» auraient pu avoir également pour dessein d’accélérer son accession au paradis: pour certains religieux de l’époque, le chevalier légendaire avait commis assez de crimes, notamment en Terre Sainte, pour justifier un séjour de 33 ans au purgatoire.

Mort à 41 ans

 

Figure emblématique du Moyen-Age, Richard Coeur de Lion est mort en 1199, à 41 ans, des suites d’une blessure à l’épaule par un carreau d’arbalète.

L’équipe du Dr Charlier a observé sur les restes du coeur des bactéries et des champignons, sans être en mesure de déterminer s’ils sont liés à la blessure, donc à la cause de la mort (septicémie, gangrène), ou à une dégradation post-mortem.

«On n’a rien appris de plus sur la cause de la mort de Richard Coeur de Lion», a indiqué Philippe Charlier.

Le mythe de Richard Coeur de Lion a été popularisé au début du XIXe siècle par Walter Scott, dans son roman Ivanhoé, puis au cinéma: «La Rose et la Flèche» (1976), «Robin des Bois, prince des voleurs» (1991), ou encore «Robin des Bois» (2010) de Ridley Scott…

Le Dr Charlier, quant à lui, n’en a pas fini avec les Anglais. Il travaille actuellement sur les restes du duc de Bedford, aussi appelé Jean de Lancastre, «qui a mis Jeanne d’Arc au feu».

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