Une gomme à mâcher de 9.000 ans révèle des surprises sur la fabrication des outils


Grâce à la gomme à mâcher préhistorique de la brai de bouleau, ils ont pu trouver de l’ADN datant de milliers d’années. Ils ont pu dire le sexe et un approximatif de l’âge des mâcheurs. Cette résine végétale servait aussi pour la fabrication des outils.
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Une gomme à mâcher de 9.000 ans révèle des surprises sur la fabrication des outils

 

 

Marie-Céline Ray

Journaliste

 

Mâché comme un chewing-gum, le brai de bouleau servait de glu pour la fabrication d’outils préhistoriques. L’analyse de l’ADN retrouvé sur des gommes d’un site archéologique suédois suggère qu’hommes, femmes et enfants mâchaient ces gommes.

 

Lorsque vous mâchez un chewing-gum, vous y laissez un peu de votre salive et donc, de votre ADN. Imaginez que nos ancêtres aient, eux aussi, mâché des gommes à la Préhistoire : leur ADN y est-il conservé et pour combien de temps ? C’est la question que s’est posé une équipe de chercheurs qui étudiaient des morceaux de gommes préhistoriques trouvées dans un site archéologique : Huseby Klev, à l’ouest de la Suède, où se pratique une technologie lithique venue de l’est.

Dans une fosse mise à jour à la fin des années 1980, des archéologues suédois ont découvert une centaine de ces chewing-gums de couleur sombre, de la taille d’un pouce, criblés de marques de dents. L’analyse chimique de certains de ces morceaux a montré qu’il s’agissait de brai de bouleau, une sorte de colle issue de résine végétale.

Le saviez-vous ?

La bétuline, ou brai de bouleau, s’obtient par calcination à l’étouffée de l’écorce de l’arbre. Pendant la Préhistoire, ce mastic servait à fixer une pointe de flèche sur du bois ou à réparer des poteries, des vases…

Le brai de bouleau servait à la fabrication d’outils et d’armes mais il était aussi mâché, ce qui pouvait le rendre plus malléable pour ensuite coller de la pierre à de l’os ou du bois. Les chercheurs des universités d’Oslo et de Stockholm ont donc voulu savoir si ces gommes pouvaient encore contenir de l’ADN des personnes qui les avaient mâchées. Leurs résultats paraissent sur le site de prépublication en ligne BioRχiv.

De l’ADN conservé pendant des millénaires dans des chewing-gums

Les échantillons testés avaient plus de 9.000 ans. L’ADN a été amplifié et les chercheurs ont identifié de l’ADN humain dans trois échantillons. Chaque ADN venait d’un individu différent, deux étaient féminins et un masculin. Au vu de la taille des dents estimée par les marques laissées sur la gomme, les « mâcheurs » étaient des jeunes âgés entre 5 et 18 ans.

Un chewing-gum d’Huseby Klev (au milieu) et les empreintes des dents sur des moulages, à gauche et à droite. La barre représente 50 millimètres. © Kashuba et al 2018, BioRχiv, photo de Verner Alexandersen

Un chewing-gum d’Huseby Klev (au milieu) et les empreintes des dents sur des moulages, à gauche et à droite. La barre représente 50 millimètres. © Kashuba et al 2018, BioRχiv, photo de Verner Alexandersen

D’autres marques de dents adultes ont été trouvées sur le même site. On peut donc imaginer que des individus de tous âges et des deux sexes mâchaient ces gommes et s’en servaient pour la fabrication d’outils. L’analyse génétique a aussi révélé que l’ADN provenait de chasseurs-cueilleurs scandinaves qui chassaient le renne en Suède et en Norvège, au mésolithique.

C’est passionnant de pouvoir obtenir de l’ADN de quelque chose que les gens ont mâché il y a des milliers d’années

Cette étude montre qu’il est possible d’étudier des populations anciennes même sans restes humains. Dans Sciencemag, Lisa Matisoo-Smith, anthropologue à l’université d’Otago à Dunedin (Nouvelle-Zélande), a déclaré :

« C’est passionnant… de pouvoir obtenir de l’ADN de quelque chose que les gens ont mâché il y a des milliers d’années. »

Cependant, elle fait remarquer qu’il n’est pas certain que les personnes qui ont mâché les gommes fabriquaient aussi des outils car le brai de bouleau ne provenait pas d’outils.

Peut-être que les gommes analysées n’étaient que de vulgaires « chewing-gums », peut-être aussi étaient-elles mâchées pour leurs vertus thérapeutiques… Mais elles restent des outils d’étude intéressants. Elles pourraient par exemple servir à identifier le microbiome de populations préhistoriques.

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Une centaine de chewing-gums préhistoriques a été retrouvé sur un site archéologique suédois.
  • Ces gommes, faites de brai de bouleau, étaient mâchées et servaient de colle pour fabriquer des outils.
  • L’analyse ADN de trois échantillons suggère que des enfants et des adultes des deux sexes mâchaient ces gommes avant de les utiliser dans la fabrication d’outils.

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La momification, un procédé plus ancien qu’on ne le pensait


L’étude d’une momie exposée au musée à Turin en Italie vient changer l’histoire de la momification. Il semble en effet que la momification soit connue 1 000 plutôt.
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La momification, un procédé plus ancien qu’on ne le pensait

 

Des visiteurs observent la momie en position foetale.

Cette momie du Musée égyptien de Turin a permis de découvrir que le procédé de momification est bien plus ancien qu’on le croyait. Photo prise le 31 mars 2015. Photo : The Associated Press/Antonio Calanni

 

Des chercheurs ont débusqué dans un musée de Turin une momie égyptienne embaumée artificiellement montrant que le procédé de momification est bien plus ancien – d’un bon millénaire – qu’on ne le pensait jusqu’ici.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Une bonne dose d’huile végétale ou de graisses animales, un brin de résine de conifère chauffée, quelques extraits de plante aromatique et un peu de sucre végétal : telle est la recette qui fut ainsi utilisée dès 3500 avant J.C., selon une étude publiée dans le Journal of Archaeological Science.

Les anciens Égyptiens croyaient à la résurrection et à la vie éternelle. Pour y accéder, les corps devaient être momifiés, avant d’être placés dans des tombeaux avec tout ce dont ils auraient besoin par la suite : objets familiers, animaux…

D’abord, les corps des défunts furent préservés par dessèchement naturel sous l’action du sable chaud et sec du désert. Puis sont arrivés les agents embaumants, dont on pensait que l’usage remontait à 2400 av. J.-C.

Mais une momie égyptienne, « Turin S. 293 », exposée au musée égyptien de Turin, en Italie et datant de 3700-3500 avant J.C., vient perturber l’histoire.

Le défunt, en position foetale, est présenté aux visiteurs posé sur le sable, entouré d’objets, notamment des fragments de textile dans un panier tissé, une paire de sandales en fibres végétales, un sac en peau d’autruche et des flèches.

D’après les chercheurs, seules une petite vingtaine de momies égyptiennes se trouvent dispersées dans les musées du monde, mais la plupart montrent des traces de traitements de conservation mis en oeuvre par les vendeurs ou les musées eux-mêmes.

Par chance, « Turin S. 293 » y a échappé, « ce qui a fourni une occasion unique d’analyse », soulignent les chercheurs.

En utilisant chimie, génétique et datation carbone, les experts, issus d’universités britanniques, australiennes et italiennes, ont ainsi pu établir qu’elle présentait « des preuves scientifiques sans équivoque d’utilisation d’agents d’embaumement employés dans le traitement funéraire du corps ».

Une recette sensiblement similaire « en termes de constituants et de proportions des ingrédients » à celle utilisée dans la préhistoire.

Des Égyptiens maîtrisaient donc la momification artificielle un bon millénaire plus tôt qu’on ne le pensait.

Et ce n’est pas tout :

 « cette recette contenait des agents antibactériens, utilisés dans des proportions similaires à celles employées par les embaumeurs à l’apogée de la momification des pharaons, environ 2500 ans plus tard », précise l’étude.

La résine de conifère, par exemple, possède des propriétés antibactériennes et conservatrices.

Le musée de Turin dispose de très peu d’éléments sur les circonstances de la découverte de la magnifique momie. Seul un inventaire stipule qu’Ernesto Schiaparelli, un archéologue italien qui consacra sa vie à l’Égypte antique, l’a achetée à un revendeur anonyme au début du 20e siècle. La momie pourrait avoir été enterrée à Gebelein, à Qena ou à Louxor.

Son analyse vient étayer une autre étude, parue en 2014, qui faisait état de la découverte de graisses, de résines et d’huiles sur des textiles funéraires datant de 4500 à 3350 avant J.C.

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Dinosaures : une tique découverte piégée dans de l’ambre


Les tiques, on prospérer il y a bien longtemps, ils étaient présents il y a au moins 99 millions d’années. Grâce à une preuve qu’une tique a été piégée dans l’ambre avec une plume de dinosaures. Que la tique puisse avoir du sang de sa victime, il est heureusement impossible de prendre l’ADN et de cloner un dinosaure … Heureusement, que cela demeure de la fiction
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Dinosaures : une tique découverte piégée dans de l’ambre

 

 
Laurent Sacco
Journaliste

 

Des fragments de plumes de dinosaures et des tiques ont été découverts piégés dans de l’ambre. C’est une première et cela confirme que des parasites suceurs de sang devaient bien prospérer sur certains dinosaures. Une histoire digne de Jurassic Park.

Cette découverte, publiée par une équipe internationale de chercheurs dans le prestigieux journal Nature Communications, va certainement faire rêver les fans de Jurassic Park. Une nouvelle espèce de tiques suceuses de sang a été trouvée conservée dans de l’ambre fossile vieux d’environ 99 millions d’années. Surtout, les restes fossilisés d’une des tiques sont associés clairement à une plume de dinosaure.

Hélas, on sait bien que l’ADN ne se conserve pas sur une si grande durée… Ainsi, le célèbre film de Spielberg, dont une suite va sortir prochainement (Jurassic World 2), va rester de l’ordre de la science-fiction : nous n’arriverons pas à ressusciter les dinosaures. Si encore nous avions trouvé de nombreux fragments d’ADN dans des restes fossilisés de sang contenu dans des moustiques, ou des tiques, conservés dans de l’ambre, en comptant sur les progrès de l’intelligence artificielle, il y aurait peut-être eu un espoir, mais ce n’est pas le cas.

Cependant, la découverte reste intéressante. Car nous connaissons désormais l’existence passée de Deinocroton draculi (ce nom signifie « tique terrible de Dracula »). Cette petite bête vivait au Crétacé (période allant de -145 à -66 millions d’années) et non au Jurassique (-201,3 à -145 millions d’années). (Notons au passage que le film de Spielberg mélange des résurrections de dinosaures de ces deux périodes.)

La tique a été retrouvée attachée à une plume de dinosaure. © E. Peñalver

La tique a été retrouvée attachée à une plume de dinosaure. © E. Peñalver

Deinocroton draculi, un parasite dans le nid des dinosaures ?

Ce représentant de l’espèce Deinocroton draculi a été trouvé dans de l’ambre birman, accroché à un fragment de plume. La structure de cette dernière est similaire à celle des plumes d’oiseaux modernes tout en n’étant pas identique. D’ailleurs, cette plume ne peut pas appartenir à un oiseau moderne, car il n’en existait pas encore à cette époque. De plus, certains dinosaures du Crétacé étaient bien pourvus de ce genre de plumes ; des scientifiques en ont déjà trouvé des fragments dans d’autres échantillons d’ambre.

Il s’agit de la première preuve directe d’une relation parasite-hôte précoce entre les tiques et les dinosaures à plumes. La découverte est remarquable car les fossiles de créatures parasitoïdes et hématophages directement associés aux restes de leurs hôtes sont extrêmement rares. Enfin, le nouveau spécimen est le plus ancien connu à ce jour. Toutefois, l’espèce de dinosaures que Deinocroton draculi parasitait n’a, pour le moment, pas pu être identifiée.

D'autres fragments d'ambre de Birmanie avec des tiques. © E. Peñalver

D’autres fragments d’ambre de Birmanie avec des tiques. © E. Peñalver

Un autre échantillon d’ambre de Birmanie contient aussi des tiques de cette espèce, mais qui sont remarquablement associées à des poils de larves de dytiques. De nos jours, ces coléoptères aquatiques se trouvent parfois dans des nids d’oiseaux, où ils se nourrissent des plumes. Les deux trouvailles confortent donc l’hypothèse que, tout comme certaines tiques modernes, Deinocroton draculi devait prospérer dans des nids, non pas d’oiseaux, mais de dinosaures (les ancêtres des oiseaux).

Cerise sur le gâteau : un autre fragment d’ambre contient également un spécimen de Deinocroton draculi et celui-ci était visiblement gorgé de sang avant de se faire piéger dans la résine ; son volume naturel a été multiplié d’un facteur 8. Malheureusement, le contenu de cette tique a visiblement été remplacé par des infiltrations qui se sont minéralisées.

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