Propagande et fake news : Facebook et Twitter sont utilisés pour manipuler


Depuis l’élection de Donald Trump, nous plus conscient des manipulations, des mensonges véhiculés dans les réseaux sociaux. Le but est semé la confusion pour rendre les gens de plus indifférents à la politique ou encore de partager pour gérer l’opinion publique. Ce n’est pas juste aux États-Unis, plusieurs pays utilise ce genre de plateforme que ce soit des gouvernements ou des individus .. Par exemple en Russie, des gens sont payés pour propager des fausses informations souvent contradictoires
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Propagande et fake news : Facebook et Twitter sont utilisés pour manipuler

Propagande et fake news : Facebook et Twitter sont utilisés pour manipuler

mage d’illustration. (Pixabay / CC0)

C’est la conclusion d’une vaste étude menée dans neuf pays et présentée par le « Guardian ».

 

C’est la conclusion d’une vaste étude menée dans neuf pays et présentée par le « Guardian ».

 

Thierry Noisette

Manipulation, manipulation, manipulation… La propagande et les informations biaisées ou fausses sur les réseaux sociaux sont massivement utilisées pour manipuler l’opinion publique à travers le monde, conclut une étude menée dans 9 pays et présentée par le « Guardian ».

Les chercheurs de l’université d’Oxford et leurs collègues observent un usage massif des réseaux sociaux, par des gouvernements et des individus, pour promouvoir des mensonges, de la désinformation et de la propagande. Comme en Russie, où 45% des comptes Twitter très actifs sont des bots (animés par des logiciels), ou à Taïwan, où une campagne contre le président Tsai Ing-wen a mis en œuvre des milliers de comptes coordonnés, diffusant de concert de la propagande de Chine communiste.

Les 12 auteurs de l’étude ont « analysé des dizaines de millions de messages sur 7 réseaux sociaux différents pendant des périodes d’élections, de crises politiques et d’incidents de sécurité nationale », entre 2015 et 2017. Ils ont étudié la Russie, la Chine, Taïwan, les Etats-Unis, le Brésil, le Canada, l’Allemagne, la Pologne et l’Ukraine.

« Semer la confusion »

Ils ont trouvé « les mensonges, les détritus, la désinformation » de la propagande traditionnelle largement répandus, selon Philip Howard, professeur d’études sur Internet à Oxford, qui estime que les algorithmes de Facebook et Twitter jouent en faveur de ces manœuvres :

« Il y a un immeuble à Saint-Pétersbourg (en Russie) avec des centaines d’employés et des millions de dollars de budget dont la mission est de manipuler l’opinion publique » dans un certain nombre de pays, a détaillé Philip Howard le 20 juin, lors d’une présentation à la presse rapportée par l’AFP.

 

Les techniques russes consistent par exemple à diffuser de « multiples » publications « contradictoires ».

« Il s’agit de semer la confusion. Il ne s’agit pas forcément de diffuser de fausses informations mais de rendre les gens tellement indifférents à la politique qu’ils n’ont plus envie de s’engager. »

 

Une des techniques les plus simples est l’usage de comptes automatisés pour aimer, partager ou publier des contenus sur les réseaux sociaux, pour noyer sous le nombre les débats réels et modérés entre participants humains et pour donner l’impression d’un soutien important à telle ou telle proposition.

La Russie et l’Ukraine, le pionnier et son labo

La Russie a été pionnière dans le développement de la propagande numérique, estiment les auteurs, pour brouiller les messages d’opposants et créer l’illusion d’un consensus écrasant.

Pour Samuel Woolley, directeur de recherche du projet, « la Russie est le cas à examiner pour voir comment un régime autoritaire particulièrement puissant utilise les réseaux sociaux pour contrôler les gens ».

L’Ukraine est l’exemple d’une évolution de ces techniques, comme terrain d’expérience des tactiques russes, juge Wooley. Les chercheurs citent comme des cas d’école de fausses histoires celle d’un « garçon crucifié » et une autre de soldats ukrainiens payés « avec deux esclaves et une parcelle de terrain ».

Pour combattre ces méthodes, les Ukrainiens ont lancé le projet StopFake, un travail collaboratif contre les fausses nouvelles (ou fake news) « principalement produites par les médias russes » et interdit certains réseaux sociaux russes tels que VKontakte et Yandex.

Des bots pro-Trump en 2016

Aux Etats-Unis, où l’étude a analysé des bots qui ont retweeté plus de 17 millions de messages pendant l’élection de 2016, les chercheurs affirment que « les bots sont parvenus à des positions d’influence mesurable » pendant cette campagne électorale :

« Nous concluons que les bots ont bien affecté le flux de l’information pendant cet événement particulier. »

 

Parmi les exemples cités pour les USA [PDF], Patrick Ruffini, webmaster de la campagne de George Bush en 2004 et ancien directeur de campagne numérique du Parti républicain, a suggéré que des bots ont été employés pour attaquer Ted Cruz, un des concurrents de Donald Trumppour l’investiture républicaine :

« 465 utilisateurs de Twitter ont collectivement pressé les gens de se plaindre à la FCC [autorité de régulation des télécoms, NDLR] des appels téléphoniques automatisés de Cruz. »
 
« Des gens avec aucun abonné Twitter semblent très intéressés par le dépôt de plaintes contre Cruz. »

 

Sur Twitter, les bots pro-Trump beaucoup plus actifs que les pro-ClintonLes auteurs sont critiques envers le désintérêt apparent, selon eux, des grands réseaux sociaux face à la manière dont leurs plateformes sont utilisées : Facebook, par exemple, délègue la lutte contre la propagande à des organisations extérieures comme Snopes ou l’Associated Press. Une critique qui est aussi faite par des journalistes.

http://tempsreel.nouvelobs.com

Impossible d’être interdit de Facebook, selon la justice


S’il est impossible d’interdire les pédophiles d’utiliser Internet alors le travail des policiers pour détecter les prédateurs possibles sera surement plus difficile à gérer. Je trouve odieux que ces détraqués sexuels utilisent la liberté d’expression alors que la sécurité des enfants est beaucoup plus importe que leur petite personne
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Impossible d’être interdit de Facebook, selon la justice

 

© reuters.

La Cour suprême des Etats-Unis a jugé lundi qu’il n’était pas possible d’interdire aux délinquants sexuels d’utiliser les réseaux sociaux.

Dans une décision prise à l’unanimité, la haute cour a jugé illégale une loi très répressive de l’Etat de la Caroline de Nord, qui prohibe aux personnes ayant un certain casier judiciaire d’utiliser Facebook ou Twitter.

Récidive Facebook

Cette affaire concernait un certain Lester Packingham, un ancien délinquant sexuel qui avait écrit un message anodin sur son compte Facebook, huit ans après les faits ayant valu sa condamnation. Cela lui avait valu une autre condamnation, pour « crime » d’utilisation de Facebook. Le condamné avait fait appel en affirmant que la loi de Caroline du Nord violait sa liberté d’expression.

Long combat judicaire

Dans son long combat judiciaire de six ans, M. Packingham a rassemblé le soutien aussi bien d’associations luttant contre les restrictions d’internet que de conservateurs libertaires. En face, la Louisiane et douze autres Etats américains avaient apporté leur appui à la Caroline du Nord, en affirmant qu’il était prioritaire d’empêcher les « prédateurs sexuels » de collecter des informations sur d’éventuelles victimes.

http://www.7sur7.be

Le nouveau mal des ados


C’est compliqué l’adolescence, peut-être encore plus aujourd’hui, avec une société changeante, avec les réseaux sociaux. De plus en plus des ados souffrent de détresse psychologique que le personnel de l’école doivent se mettre à jour pour dépister et venir en aide ces jeunes qui ont un mal de vivre
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Le nouveau mal des ados

 

Plein écran(Illustration de Marie Lafrance)

En hausse constante depuis 15 ans, la détresse psychologique liée à l’anxiété chez les jeunes a pris les proportions d’une urgence médicale. Au banc des accusés : la réussite scolaire et les réseaux sociaux.

Par pudeur ou par crainte d’essuyer les moqueries de ses camarades, Alia, 12 ans, parle très rarement de son anxiété. Mais dans le parc où elle a accepté de rencontrer L’actualité, la jeune Montréalaise résume avec lucidité les crises de panique qui ponctuent son quotidien depuis un an. Sa première crise a duré 45 minutes. Pour mettre un terme aux suffocations qui la paralysaient, sa mère l’a conduite à l’hôpital. Diagnostic : anxiété pathologique.

Les médecins ont prescrit des anxiolytiques à Alia, mais ceux-ci ne font guère effet. Alors, elle attend de voir un pédopsychiatre au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, mais il faut plusieurs mois avant d’obtenir un rendez-vous. Entre-temps, elle tâche de gérer son anxiété par d’autres moyens.

« Lorsque ma respiration s’accélère et que je commence à manquer d’air, je sais qu’une nouvelle crise s’annonce », explique-t-elle.

Pour calmer le tourbillon des pensées qui asphyxient sa fille, la mère a pris l’habitude de faire jouer dans l’appartement un enregistrement de bruits de la nature. Alors elles se blottissent toutes deux dans le canapé, le temps que le chant des oiseaux et le bruissement des feuilles aient un effet apaisant. Jusqu’à la prochaine crise.

Alia est loin d’être un cas isolé. En hausse constante depuis 15 ans, la détresse psychologique liée à l’anxiété a pris en 2014 les proportions d’une urgence médicale. Elle toucherait désormais plus du tiers des jeunes, contre 24 % en 2013, selon une étude menée en 2016 par le Centre de toxicomanie et de santé mentale, affilié à l’Université de Toronto, auprès de 10 000 étudiants en Ontario. Et si tous ne se retrouvent pas aux urgences, un sur cinq ressentirait le besoin de recourir à une aide médicale.

Jean-François Bélair, psychiatre et chef du Programme d’intervention intensive de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Montréal, côtoie des adolescents anxieux depuis des années. S’il constate bien la montée de ce phénomène depuis deux ans, il appelle cependant à manier les statistiques avec précaution.

« L’évolution de la pratique de la médecine nous incite à diagnostiquer de plus en plus les troubles mentaux des patients. Il ne faudrait pas basculer dans le surdiagnostic », souligne-t-il.

L’anxiété, explique-t-il, est avant tout un réflexe biologique qui incite à se protéger en cas de situation dangereuse. Elle est naturellement plus réactive dans le cerveau des adolescents, qui accumulent les nouvelles expériences et s’éloignent chaque jour un peu plus du rassurant cocon familial. Cette réaction devient toutefois problématique si elle fait entrave aux activités du quotidien. On parle alors d’anxiété pathologique. Celle-ci se manifeste le plus souvent par des douleurs physiques et par l’évitement de toute situation susceptible d’entraîner le jugement d’autrui. Dans le quotidien d’un jeune soucieux d’esquiver tout ce qui peut mettre à l’épreuve sa confiance en lui-même, des activités aussi banales que traverser la cour de l’école, parler devant la classe ou avec des camarades deviennent de véritables obstacles.

 

Aux premières loges du théâtre de la vie des jeunes, les enseignants doivent apprendre à composer avec l’anxiété d’un nombre croissant de leurs élèves et les accompagner dans la gestion de celle-ci.

« Nous vivons dans une société de performance où les parents ont des attentes élevées, observe Marie-Claude Ratté, de l’école secondaire des Sentiers, à Québec. Les jeunes somatisent régulièrement cette pression en maux de ventre ou de tête ; ils veulent aller aux toilettes ou s’absentent lors des évaluations. »

Johanne Grenier, de l’école primaire Cœur-Vaillant, à Sainte-Foy, note aussi un manque de confiance plus répandu chez ses élèves, qui cherchent à être rassurés, qui paniquent lorsqu’ils doivent exécuter une tâche seuls et essuient quelques larmes si la note obtenue n’est pas à la hauteur de leurs espérances. Dans son école, où 52 % des élèves sont issus de l’immigration, la pression exercée par les parents est également une source d’anxiété. Certains enfants ont peur de les décevoir et d’être punis.

Plein écran(Illustration de Marie Lafrance)

L’effet Facebook

Au stress lié à la performance à l’école et aux relations sociales s’est ajouté progressivement l’anxiété provoquée chez les jeunes par l’utilisation démesurée des nouvelles technologies : 86 % d’entre eux fréquentent les médias sociaux quotidiennement, un sur cinq passe plus de cinq heures par jour en ligne et un sur huit présente des symptômes de dépendance aux jeux vidéos, selon l’étude menée en 2016 par le Centre de toxicomanie et de santé mentale, affilié à l’Université de Toronto. La même étude révèle qu’en plus d’en subir les conséquences sur leur santé et leur hygiène de vie en général, 22 % deviennent soit victimes de cyberintimidation, soit complexés à force de se comparer aux autres, les filtres du Web donnant l’illusion d’une vie parfaite.

« Les médias sociaux ont une très grande influence sur l’estime que les jeunes ont d’eux-mêmes, explique le Dr Bélair. L’image qu’ils projettent et qu’on leur renvoie a un effet énorme sur leurs sentiments. Si certains trouvent beaucoup de plaisir à échanger sur les médias sociaux et se sentir connectés, bon nombre s’y sentent peu confiants, isolés, à la limite moqués et rejetés. »

Lorsque le réconfort des proches ne suffit pas à raisonner un jeune, les ressources de l’école — groupes d’entraide ou psychologues scolaires — et les services professionnels des CLSC peuvent prendre le relais. Dans les cas plus extrêmes, le jeune doit consulter en clinique externe de psychiatrie ou dans un service d’urgence, où il apprendra à acquérir des mécanismes sains et efficaces pour gérer ses émotions et adopter une pratique modérée des nouvelles technologies.

« La crainte de ne pas réussir encourage même certains jeunes à saboter leur propre travail, comme s’il était plus rassurant de provoquer soi-même un échec plutôt que de le subir », observe le socio-anthropologue de l’adolescence Jocelyn Lachance, professeur à l’Université de Pau, en France, et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet.

 Il observe que dans notre société, où les notions de performance et d’adaptabilité sont de plus en plus présentes, les jeunes doivent se responsabiliser plus rapidement. Si certains savent redoubler d’inventivité, d’autres craignent de ne pas réussir à trouver leur place et s’en trouvent fragilisés.

« Les adolescents sont désormais sommés de grandir dans un monde en transformation permanente. C’est comme si nous leur disions : prépare-toi maintenant pour un monde qui ne sera plus le même demain », explique-t-il.

La popularité des émissions où les participants doivent rivaliser entre eux pour déterminer qui est le plus populaire ou le plus talentueux alimente la pression que certains jeunes se mettent pour « réussir ». 

elon la psychologue Geneviève Taylor, professeure au Département d’éducation et pédagogie de l’UQAM, ces émissions peuvent avoir une portée particulièrement lourde pour les adolescents, qui sont, par nature, psychologiquement plus vulnérables et dont l’estime d’eux-mêmes est plus fragile.

« C’est physiologique ! dit-elle. Notre cerveau se divise en deux parties : l’amygdale, impliquée dans nos émotions, et le cortex préfrontal, qui permet de les réguler. À l’adolescence, lorsque les émotions sont plus exacerbées, le cortex est moins capable de les maîtriser. »

Depuis sa thérapie à l’hôpital de jour de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, Anthony, 14 ans, a appris à reconnaître les moments où son anxiété le pousse à s’isoler pour mieux les affronter. Retranché derrière des jeux vidéos jusqu’à très tard le soir, cet adolescent discret a mis plusieurs mois avant de se rendre compte que sa vie sociale s’était peu à peu déconstruite. Durant sa thérapie, entouré d’une dizaine d’autres jeunes anxieux, il a appris à maîtriser son handicap et, surtout, à le dédramatiser.

Une heure par semaine, les patients de Douglas font le point sur leurs progrès avec leurs parents et un membre du personnel qui les encadre. Ces réunions débouchent toujours sur une série de nouveaux objectifs que le jeune doit atteindre avant la rencontre suivante. Avec son père et Martha, l’assistante sociale qui le suit, Anthony s’engage à mettre en pratique ses apprentissages pour aller jouer dehors avec un ami ou rendre visite à ses cousins de Boston, quels que soient les imprévus qui risquent de survenir et de stimuler son anxiété. Son père est satisfait des progrès que son fils a accomplis en six semaines à l’Institut Douglas. Lui-même anxieux depuis des années, il reconnaît avoir certainement alimenté les angoisses de l’ado en montrant une attitude vulnérable dans des situations peu justifiées. Père et fils repartent avec la résolution de vaincre l’anxiété en dédramatisant en famille les angoisses qu’ils ont souvent jugées honteuses ou stupides, comme traverser un lieu public bondé ou s’exprimer devant un groupe de personnes.

« Il n’est pas rare de voir l’anxiété se transmettre des parents aux enfants, car celle-ci a un caractère héréditaire, comme beaucoup de troubles mentaux », explique le Dr Bélair.

L’enfant reproduit inconsciemment le comportement de ses parents et s’imprègne de leurs angoisses, parfois dès la période in utero, pendant laquelle le fœtus est déjà capable de ressentir les émotions vécues par la mère. La théorie d’une assise génétique à l’anxiété est aussi une explication envisageable, mais elle n’a pas été démontrée scientifiquement. Hors des caractéristiques familiales, le tempérament et l’expérience de vie de chaque adolescent sont déterminants dans son rapport à l’anxiété. D’un jeune à l’autre, un souvenir traumatisant peut aussi bien être évacué illico que générer une anxiété pathologique qui nécessite des soins, parfois indispensables.

Sans thérapie, Marie, 29 ans, n’est pas sûre qu’elle aurait pu surmonter les crises d’angoisse qui gâchaient son adolescence.

« Je pleurais souvent, j’étais toujours anxieuse, se remémore-t-elle. J’avais peur d’être appelée au tableau en classe. Peur de payer à la caisse dans un magasin. Peur de parler devant les gens. Peur de faire rire de moi. Peur d’avoir peur. »

Jusqu’au jour où elle a perdu pied. Ses parents l’ont retrouvée terrée dans sa garde-robe, totalement déconnectée de la réalité, tétanisée par le monde extérieur qu’elle ne voulait plus affronter.

Grâce à une thérapie qu’elle a suivie au centre de jour pour adolescents du pavillon Albert-Prévost, à l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, Marie a réussi à se reconstruire… même si elle a longtemps eu honte de cette période sombre de sa vie, de sa maladie impalpable et souvent incompréhensible aux yeux des autres.

« Nous y faisions des jeux, des dessins, de la relaxation, dit-elle. Il y avait même des professeurs sur place pour que l’on continue nos cours. J’ai appris à mieux gérer mon anxiété et je me suis fait des amis. Nous étions des ados différents des autres, mais personne ne se jugeait. »

Prévenir… pour mieux guérir

La lutte contre l’anxiété se répand dans les établissements scolaires, où le personnel est bien placé pour repérer les élèves aux prises avec ce problème de santé et les aider. Le collège public Saint-Louis, à Lachine, en a fait son cheval de bataille il y a déjà une dizaine d’années.

« C’est une priorité inscrite dans notre convention de gestion, explique la directrice, Marthe Blondin. On sensibilise les jeunes, les parents et les enseignants à ce mal, qui, s’il n’est pas traité au plus tôt, accompagnera l’élève tout au long de sa scolarité. »

Certains enseignants ont été formés pour déceler les cas d’anxiété dès le 1er cycle du secondaire. Ils sont régulièrement déchargés d’une partie de leurs tâches pour faire de la prévention dans les classes.

Les élèves de 2e cycle, moins enclins à montrer leurs émotions en public, sont plutôt soumis à un test de dépistage informatisé. Des ateliers de yoga ou des conférences sur l’anxiété leur sont aussi proposés. Les parents sont conviés à ces activités où, chaque mois, des experts viennent transmettre leurs connaissances et outils pour aider les jeunes.

« Si un élève s’avère anxieux, on fera tout pour qu’il reprenne la maîtrise de son quotidien sans que cela nuise à sa scolarité, explique le psychoéducateur Martin Tison, de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, qui travaille trois jours par semaine au collège Saint-Louis. On lui donne des conseils pour lutter contre ses angoisses, des réflexes à adopter en cas de crise, et on peut même organiser des accommodements avec son professeur. »

Grâce à ses efforts pour briser le tabou de l’anxiété, le collège Saint-Louis a vu le taux d’élèves qui en souffrent passer de 30 % à 20 % ces six dernières années.

« À l’école, nous constatons qu’on peut aborder le sujet plus librement depuis que nous faisons de la sensibilisation. Et les parents se concentrent davantage sur le bien-être de leur enfant plutôt que sur sa réussite scolaire à tout prix », conclut Marthe Blondin.

Au terme de ses mois de thérapie, reprendre la vie normale a été difficile pour Marie.

« On était protégés dans notre bunker, loin des jugements, alors ce n’était pas évident d’en sortir », conclut-elle.

Depuis, elle n’a jamais cessé de consulter chaque semaine son psychologue, consciente qu’il lui faudra toujours travailler fort pour maîtriser son anxiété.

La psychologue Geneviève Taylor, qui est chercheuse au Groupe de recherche et d’intervention sur la présence attentive (GRIPA), prône la présence attentive pour aider les jeunes à combattre l’anxiété. Cette méthode permet de prendre conscience de ses émotions pour mieux les raisonner au lieu de se noyer dans un flot de pensées anxiogènes, phénomène courant à l’adolescence, lorsque le cerveau est en pleine croissance et plus labile, c’est-à-dire susceptible de se transformer. Avec Catherine Malbœuf-Hurtubise, également du GRIPA, Geneviève Taylor a mis au point un programme « clé en main » de huit semaines pour aider les enseignants et les parents à prévenir l’anxiété et la déconcentration.

Ce programme, qui est détaillé dans l’ouvrage Mission méditation : Pour des élèves épanouis, calmes et concentrés (Midi trente, 2016), dont Geneviève Taylor signe la préface, propose des exercices à réaliser en groupe en plusieurs étapes. De la prise de conscience de son corps et de ses sensations à la maîtrise de sa respiration et à la gestion de ses pensées anxiogènes, elle accompagne l’élève vers un état de présence attentive et de maîtrise de ses éventuels accès de stress.

« L’idéal serait d’aller vers une formation automatique des futurs enseignants à la gestion des émotions, explique Geneviève Taylor. En optimisant leurs propres capacités d’autorégulation, ils pourraient, d’une part, prêcher par l’exemple devant leurs élèves et, d’autre part, leur enseigner comment gérer leur anxiété. »

Plus qu’un simple passage de l’enfance à l’âge adulte, l’adolescence est considérée, en anthropologie, comme un analyseur social dont le décryptage permet de prendre le pouls de la société.

« Elle annonce les changements à venir concernant l’identité des personnes », dit le socio-anthropologue Jocelyn Lachance.

Dans cette optique, faire tomber le tabou de l’anxiété adolescente et envisager des solutions pour la prévenir et la soigner constituent un véritable investissement pour la société de demain.

Petit guide de survie

N’hésitez pas à contacter le personnel de votre école : professeur, directeur, psychoéducateur ou psychologue. Votre médecin de famille peut aussi vous aider, tout comme les ressources suivantes :

  • Jeunesse, J’écoute : pour se confier, 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Anonyme et bilingue. Numéro sans frais : 1 800 668-6868.

  • Revivre, l’association québécoise de soutien aux personnes souffrant de troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires : 1 866 REVIVRE (738-4873), ou revivre@revivre.org, ou 5140, rue Saint-Hubert, à Montréal.

  • Phobies-Zéro, groupe de soutien et d’entraide pour les personnes souffrant d’anxiété, de troubles paniques, de phobies et d’agoraphobie : 514 276-3105 ou, sans frais, 1 866 922-0002.

    LECTURES UTILES

    Les troubles anxieux expliqués aux parents, par Chantal Baron, « Collection du CHU Sainte-Justine pour les parents », 2001.

    Alex : Surmonter l’anxiété à l’adolescence, par Nathalie Parent, Éditions Midi trente, 2014 (pour les 12 ans et plus).

    Calme et attentif comme une grenouille : La méditation pour les enfants… avec leurs parents (comprend un CD), par Eline Snel, Transcontinental, 2014 (pour les enfants de 5 à 12 ans).

    http://lactualite.com

  • Sa petite copine lui fait croire "pour rire" qu’elle s’est suicidée, il se tue à 11 ans


    C’est vraiment affreux ce qu’une mauvaise blague peut avoir comme conséquence, même sur les réseaux sociaux. 11 ans, trop jeune de mourir pour une peine d’amour qui a en fait été un mensonge d’une relation
    Nuage

     

    Sa petite copine lui fait croire « pour rire » qu’elle s’est suicidée, il se tue à 11 ans

     

    © DR.

    Tysen Benz avait 11 ans. Ce petit Américain du Michigan a fait une tentative de suicide le 14 mars dernier. Après trois semaines de soins intensifs, il a finalement rendu son dernier soupir. L’histoire est tragique. L’enfant a été victime d’une terrible blague sur les réseaux sociaux.

    Sa mère a expliqué sur CBS News qu’il avait été « manipulé » par une jeune fille de 13 ans, qu’il disait être sa petite copine.

    « Elle lui a dit qu’elle allait se suicider et elle a utilisé les comptes Facebook de certains amis pour faire croire qu’elle était bel et bien morte. »

    « Mon fils y a cru et a écrit qu’il allait se tuer mais elle n’a pas téléphoné [pour lui dire qu’il s’agissait d’une mauvaise blague]. Elle n’a pas essayé de l’arrêter. Les autres non plus. Il n’aurait pas dû mourir. »

    Tysen s’est pendu dans la maison familiale une heure après cette blague atroce.

    La maman de Tysen est évidemment dévastée. Elle implore les parents de « surveiller » de près les téléphones et ordinateurs de leurs enfants.

    « Ce n’est pas une invasion de la vie privée. Il est impératif de savoir ce qu’ils font et à qui ils parlent. »

    Tysen était un enfant « adorable » mais les choses ont commencé à aller mal pour lui quand il a acheté un téléphone portable en cachette et qu’il a commencé à fréquenter cette fille de 13 ans. Les parents ne voyaient pas d’un très bon oeil cette relation. La maman de Tysen est « furieuse ».

    « Oui, ils sont jeunes mais à 13 ans, tu es complètement conscient de tes choix et tu sais que ce que tu fais est mal. Elle devrait être jugée légalement responsable de cette blague horrible. »

    La police de la région a confirmé qu’une enquête était en cours pour déterminer les circonstances qui ont poussé Tysen au suicide.

    http://www.7sur7.be/

    Viol collectif sur Facebook Live : 40 témoins, 0 appel à la police


    40 personnes ont vue sur Facebook Live un viol collectif d’une jeune fille de 15 ans, et personnes n’a dénoncé ces faits à Facebook et pire personne n’a appeler la police et ce n’est pas la première fois que cela se produit. C’est quoi le problème ? Est-ce acceptable ?
    Je suis sidérée et je trouve cela inquiétant si même sur les réseaux sociaux, les gens restent des spectateurs qui se croisent les bras Et si c’était leur fille, leur soeur aurait-il réagi ?
    C’est pitoyable. Pour moi, ils sont coupable de non assistance d’une personne en danger et ce même si cela a été vue sur Facebook
    Nuage

     

    Viol collectif sur Facebook Live : 40 témoins, 0 appel à la police

     

    Viol collectif sur Facebook Live : 40 témoins, 0 appel à la police

    Voiture du service de police de Chicago (une Ford du Chicago Police Department) en 2010 (vxla/Wikimedia Commons/CC)

     

    Le viol collectif présumé d’une jeune fille de 15 ans, à Chicago, a été filmé en direct sur Facebook sans qu’aucun des spectateurs n’alerte la police ou le réseau social.

     

    Thierry Noisette

    Une jeune fille de 15 ans a apparemment été violée par plusieurs hommes, acte filmé sur Facebook Live, a rapporté la police, sans que personne parmi la quarantaine d’internautes qui regardaient la vidéo en direct ne signale l’agression. C’est ce que rapporte Associated Press, qui cite le porte-parole de la police de Chicago, Anthony Guglielmi.

    Il a déclaré que la police n’a appris l’affaire que lorsque la mère de la victime a parlé au superintendant de police Eddie Johnson, lundi après-midi, alors qu’il quittait un bâtiment de la police. Elle lui a dit que sa fille avait disparu la veille, et lui a montré des photos du présumé viol. Johnson a immédiatement ordonné à ses agents de mener l’enquête, et la police a demandé à Facebook de retirer la vidéo, ce qu’a fait le réseau social, a indiqué le porte-parole.

    Controverse sur la diffusion du nom de la victime

    Le 21 mars, Anthony Guglielmi a tweeté que les policiers ont retrouvé la jeune fille, rendue à sa mère ; plusieurs twittos critiquent le fait qu’il donne le prénom et le nom de la victime, à quoi il répond que la mère les a communiqués plusieurs fois auparavant dans les médias – et ses interlocuteurs lui rétorquent que c’était quand elle était portée disparue.

    Mardi après-midi, le porte-parole a donné des nouvelles de l’enquête :

    « Mise à jour : le service de police de Chicago avance bien dans l’identification de personnes concernées dans l’attaque du 10e district. Des auditions en cours, mais pas de suspects formellement identifiés pour l’instant. »

    Le « Chicago Tribune » rapporte que la victime était allée dimanche matin à la messe avec son oncle, Reginald King, qui l’a déposée chez elle ensuite. Elle a marché pour faire des courses. King a ensuite découvert sa nièce dans la vidéo, « très, très explicite », dit-il, de son viol, avec six agresseurs.

    Pour Reginald King, les auteurs font partie d’une bande de voyous qui terrorisent le quartier. C’est un adolescent du voisinage qui lui a signalé la vidéo du viol :

    « C’est une des choses les plus courageuses que j’ai jamais vu un enfant faire. Il y avait des adultes qui ont vu ça, et aucun d’eux n’a trouvé moyen de dire ‘Hé, je dois appeler quelqu’un’. »

    Chicago : le meurtre d’un bébé de 2 ans diffusé sur Facebook LiveLa mère avait signalé à la police la disparition de sa fille, et on lui a montré des captures d’écran de la vidéo qui lui ont permis de l’identifier.

    Elle a ensuite foncé interpeller le chef de la police, qui a immédiatement lancé l’enquête.

    Quatre crimes en direct depuis octobre

    Le « Chicago Tribune » souligne que c’est au moins le quatrième crime dans la métropole filmé sur Facebook Live depuis fin octobre.

    Dans un cas, où un jeune handicapé a été torturé par un groupe,  le réseau social a déclaré qu’il n’autorise pas des gens à « célébrer ou glorifier des crimes » par son intermédiaire.

    Le quotidien précise :

    « Facebook a une équipe qui répond 24 heures sur 24 aux signalements de vidéos en direct inappropriées dès qu’ils arrivent, dit l’entreprise. Un spectateur peut interrompre un flux en direct si une violation des normes de la communauté de Facebook a lieu, et il suffit d’un signalement pour que quelque chose soit vérifié. Cela signifie que si une seule personne parmi la quarantaine qui ont vu la vidéo de la fille attaquée [avait agi], la vidéo aurait pu être supprimée plus tôt. »

    Vidéo de viol présumé sur Snapchat et Facebook : deux hommes arrêtésÀ un demi-siècle d’écart, le silence des 40 internautes qui ont assisté à ce viol sans alerter quiconque rappelle la terrible affaire Kitty Genovese en 1964 (une New-Yorkaise violée et assassinée de nuit, sans intervention des nombreux témoins),  qui a inspiré un livre de Didier Decoin et le film de Lucas Belvaux « 38 témoins ».

    En janvier dernier en Suède, trois hommes avaient diffusé en direct sur Facebook et Snapchat leur viol d’une jeune femme, mais des membres du groupe Facebook privé dans lequel ils avaient passé leur vidéo les avaient dénoncés à la police.

    Un an plus tôt, en janvier 2016, deux hommes ont été arrêtés à Perpignan après avoir diffusé sur Facebook la vidéo de leur agression d’une jeune femme. Ils avaient été dénoncés par plusieurs internautes, mais la police les avait déjà interpellés.

    http://tempsreel.nouvelobs.com

    Arrêté pour avoir provoqué une crise d’épilepsie avec un tweet aux États-Unis


    C’est le comble ! Provoquer des crises épileptiques via les réseaux sociaux. Ce serait la première fois que ce genre de cyberharcèlement dans le but de causer un dommage physique à une personne, dont un journaliste qui avait critiqué Donald Trump. Bien que le suspect à été arrêté, il semble que ce journaliste a reçu plusieurs fois, par la suite d’autres tweets de ce type.
    Nuage

     

    Arrêté pour avoir provoqué une crise d’épilepsie avec un tweet aux États-Unis

     

    TWITTER

    Les autorités américaines ont interpelé un homme soupçonné d’avoir provoqué la crise d’épilepsie d’un journaliste en lui envoyant un message sur Twitter avec une lumière stroboscopique pour le punir de ses critiques visant Donald Trump.

    Le 15 décembre, le journaliste de Newsweek Kurt Eichenwald était à son domicile de Dallas lorsqu’il a ouvert un message reçu sur son compte Twitter par un internaute s’identifiant sous le pseudonyme « @jew_goldstein ».

    Pour le conseil de Kurt Eichenwald, Steven Liberman, cité par le New York Times, ce serait la première fois qu’un message sur un réseau social est conçu pour causer un dommage physique au destinataire et pas seulement psychologique.

    « Tu mérites une crise pour tes messages », disait l’internaute, sur fond de lumière stroboscopique.

    Cette lumière est connue pour déclencher des crises chez certains épiléptiques et c’est précisément la réaction qu’elle a provoqué sur Kurt Eichenwald.

    Selon son avocat, cité par le New York Times, les suites de la crise ont handicapé le journaliste durant plusieurs jours, notamment pour parler ou se servir de sa main gauche.

    Selon l’enquête, l’agresseur faisait référence aux critiques formulés par Kurt Eichenwald contre Donald Trump, ont indiqué des médias américains.

    Le ministère de la Justice a indiqué vendredi avoir interpellé un suspect, John Rivello, dont l’ordinateur a mis en évidence des messages faisant référence à ce tweet ainsi que des recherches sur l’épilepsie.

    Kurt Eichenwald avait, à plusieurs reprises, évoqué publiquement sa condition d’épileptique.

    Le suspect doit être présenté à un juge en vue de son inculpation pour cyber-harcèlement avec l’intention de tuer ou de porter une atteinte physique, un chef d’accusation qui peut lui valoir jusqu’à dix ans de prison.

    Depuis son compte Twitter, qui compte plus de 318 000 abonnés, le journaliste a remercié vendredi les autorités et indiqué que plus de 40 personnes lui avaient envoyé des messages avec une lumière stroboscopique depuis l’incident.

     

    http://quebec.huffingtonpost.ca/

    Le Saviez-Vous ► Faut-il tousser pour survivre à une crise cardiaque?


     Vous avez sûrement vu passer dans vos courriels, sur les réseaux sociaux, la solution miracle quand une personne est victime d’une crise cardiaque et qu’elle est seule, de tousser fort et plusieurs fois. Ce que je trouve dommage, c’est que ce genre d’information est extrêmement dangereux à partager. Et de partager au cas que ce soit vrai, n’est vraiment pas une excuse.
    Nuage

     

    Faut-il tousser pour survivre à une crise cardiaque?

     

    HEART ATTACK

     

    Cet article a d’abord été publié sur le site de l’Agence Science-Presse.

    Une lectrice nous a demandé de vérifier la validité d’une information qui circule sur internet : pour survivre à une crise cardiaque quand on est seul, doit-on tousser de manière répétée et très vigoureusement  ? Sans aucun doute un conseil à ne pas suivre, répond le Détecteur de rumeurs.

    L’origine de la rumeur

    En fouillant, le Détecteur de rumeurs a repéré différentes versions de cette information qui semble circuler depuis plusieurs années : chaînes de courriels, présentations PowerPoint, vidéos et publications sur les réseaux sociaux, tant en anglais qu’en français.

    Le plus souvent intitulé « Comment survivre à une crise cardiaque quand on est seul », le texte change légèrement d’une version à l’autre, mais l’essentiel reste. D’abord, on mentionne qu’au moment de la crise cardiaque, le cœur se met à battre de manière anormale et que la personne a seulement 10 secondes avant de s’évanouir. Ensuite, on affirme qu’une personne victime d’une crise cardiaque alors qu’elle est seule, pourrait se secourir en alternant aux deux secondes une inspiration profonde et une toux très vigoureuse, sans arrêt, jusqu’à ce que l’aide arrive ou que le cœur se remette à battre normalement. Finalement, on explique que cette « respiration-toux » s’apparente à une réanimation cardiorespiratoire (RCR) en apportant de l’oxygène aux poumons et en massant le cœur.

    Les versions que nous avons pu lire sur internet n’étaient pas datées et ne comportaient pas de signature, référence médicale ou lien vers le site d’une organisation de santé connue. On comprend que notre lectrice ait été suspicieuse !

    Information non fondée et dangereuse

    Vous l’aurez deviné, il s’agit bel et bien d’une fausse nouvelle. De nombreux organismes, dont la fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada et l’American Heart Association ont réfuté la validité de ce conseil sur leurs sites.

    Le Détecteur de rumeurs a tout de même demandé l’avis d’un urgentologue au Centre universitaire de santé McGill, le Dr Andreas Krüll.

    « Une crise cardiaque est due à une artère du cœur qui est bloquée. Il faut la débloquer le plus rapidement possible. La première chose à faire est d’appeler immédiatement le 911 », explique-t-il.

    Dans l’attente d’une ambulance, devrait-on inspirer et tousser vigoureusement en alternance, comme on le conseille dans ces textes ?

    « Si on a une crise cardiaque, inspirer profondément et tousser vigoureusement ne débloquera certainement pas l’artère. Ça pourrait même empirer la situation, car ça demande des efforts supplémentaires. Il est préférable de rester calme en attendant les services d’urgence », estime le médecin.

    Pourquoi cette rumeur s’est-elle répandue ?

    Il est possible que les personnes à l’origine de ce mythe n’aient pas fait la distinction entre une crise cardiaque, un arrêt cardiaque et une arythmie cardiaque.

    Commençons par définir les termes :

    La crise cardiaque arrive lorsqu’il y a occlusion (blocage) d’une artère dans le cœur, provoquant la mort des tissus.

    L’arrêt cardiaque soudain se caractérise par une perte subite des fonctions cardiaques, de la respiration et de l’inconscience. Il peut être dû à une crise cardiaque ou à une autre cause : suffocation, noyade, électrocution, AVC, surdose de médicaments, accident de la route, etc.

    L’arythmie cardiaque est due à un problème électrique dans le cœur. Il bat de façon anormale.

    Les personnes qui ont une crise cardiaque peuvent ressentir une douleur vive au centre du thorax. La douleur peut également se présenter à la mâchoire, aux épaules, aux bras (particulièrement au bras gauche) et au dos (entre les omoplates). D’autres symptômes peuvent être ressentis (difficulté à respirer, nausées, étourdissements, palpitations, etc.) et peuvent être exacerbés par un effort physique. Cependant, certaines personnes peuvent avoir un infarctus sans ressentir de douleur.

    Or, dans certains cas, tousser ou souffler peut parfois rétablir le rythme du cœur.

    « Chez les personnes qui font un type très spécifique d’arythmie, soit l’arythmie supra-ventriculaire, souffler dans une paille ou tousser d’une manière particulière permet parfois de rétablir le rythme cardiaque normal. On leur enseigne cette respiration après leur diagnostic. Mais ce n’est absolument pas un conseil qu’on donne à une personne victime d’une artère bloquée. Je crois que les auteurs ont mélangé les choses », explique le Dr. Krüll.

    Par ailleurs, l’American Heart Association déplore le fait qu’on surnomme cette technique « respiration ou toux RCR » ou « respiration RCR » dans certaines versions, donnant l’impression qu’elle agit au même titre qu’une réanimation cardiorespiratoire. Cette dernière technique qui consiste à appuyer fort et rapidement sur la poitrine, et à administrer des insufflations, doit être pratiquée par une tierce personne sur une victime d’un arrêt cardiaque. Aucune organisation qui offre des cours de RCR n’enseigne la « respiration-toux RCR ».

    Les experts s’entendent pour dire que la meilleure information à faire circuler est celle qui décrit les symptômes d’une crise cardiaque afin que tous puissent les connaître et agir rapidement.

    Les recommandations

    Si vous souffrez d’une crise cardiaque et que vous êtes seul :

    Composez immédiatement le 911 ou le numéro d’urgence local ;

     Si vous êtes seul en voiture, arrêtez et appelez à l’aide. Ne tentez pas de vous rendre à l’hôpital par vous-même ;

     Après avoir appelé le 911, si le répartiteur vous autorise à le faire, alertez des personnes proches (voisins, amis, etc.);

     Cessez toute activité. Asseyez-vous ou allongez-vous dans la position la plus confortable possible ;

     Si vous prenez habituellement de la nitroglycérine, prenez une dose normale ;

     Si vous ressentez des douleurs thoraciques, mâchez et avalez un comprimé pour adultes de 325 mg d’aspirine.

    Verdict

    Si vous êtes victime d’une crise cardiaque alors que vous êtes seul, ne toussez pas de façon particulière, cela pourrait même empirer la situation. Et si vous voulez partager un article, partagez plutôt celui-ci !

    Pour connaître les signes d’une crise cardiaque, consultez le site de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada

    Des cours de premiers soins, offerts notamment par la Fondation des maladies du cœur et de l’ACV du Canada et la Fondation Saint-Jean-Baptiste, peuvent faire une différence si vous devez intervenir auprès d’une personne qui a un arrêt cardiaque. On y apprend notamment à faire la Réanimation cardiorespiratoire (RCR).

    http://quebec.huffingtonpost.ca