Polynésie: l’apnéiste Pierrick Seybald endort les requins-tigres


L’océan appartient non pas à l’humain, mais aux animaux marins. Une association pour la protection des requins en Polynésie française ont une façon très originale et respectueuse d’approcher des requins pour leur venir en aide. L’exemple de l’apnéiste qui a enlever un hameçon dans la gueule d’un requin-tigre est extraordinaire.

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Polynésie: l’apnéiste Pierrick Seybald endort les requins-tigres


Polynésie: l'apnéiste Pierrick Seybald endort les requins-tigresPierrick Seybald manipule un requin en Polynésie le 2 octobre 2019© AFP/Archives/Cameron Grant

Papeete (AFP)

À la Vallée Blanche, un site de plongée sous-marine renommé pour ses requins-tigres en Polynésie française, Pierrick Seybald enfile ses palmes et saute du bateau: loin d’avoir peur de ces redoutables prédateurs, l’apnéiste utilise une méthode pour les caresser et même les endormir afin de les protéger.

Sur les lieux, quelques requins à pointes noires ou pointes blanches de récif côtoient des centaines de poissons et deux requins citron. Très vite, une femelle requin-tigre de trois mètres arrive, suivie d’une autre de plus de quatre mètres. Les autres squales décampent: ici, personne ne conteste la domination des tigres.

Les deux squales tournent autour de Pierrick, sans agressivité. En surface, Kori Garza, une biologiste marine originaire de Hawaii, observe toute modification de leur comportement.

Les deux femelles arborent les rayures caractéristiques de leur espèce et une ligne de pêche cassée dépasse de la gueule de la plus grande. Elle a un hameçon coincé dans la mâchoire.

Pierrick, 34 ans, qui a grandi à Rangiroa, un atoll des Tuamotu devenu la Mecque des plongeurs, reprend son souffle en surface. Kori filme la scène. L’apnéiste replonge près de la femelle, à dix mètres de profondeur. Il s’immobilise et laisse l’animal s’approcher.

Lorsqu’il arrive au contact, Pierrick place une main gantée sur le museau du requin. L’animal semble alors s’endormir, et Pierrick le retourne sur le dos, une position que les femelles n’adoptent que lorsqu’elles s’accouplent.

Le plongeur ouvre la gueule du requin, y plonge les deux mains et ôte l’hameçon en quelques secondes. Il retourne ensuite la bête de plus de 500 kilos, qui se réveille aussitôt et s’éloigne d’un puissant coup de caudale.

Cette forme de catalepsie, appelée « immobilité tonique », est encore mal comprise. Elle semble liée à l’organe sensoriel des requins, appelé « ampoules de Lorenzini », concentré sur leur museau.

C’est « un système de pores pleins de gel, sur la tête du requin, qui détectent les fréquences électromagnétiques à proximité » explique Kori Garza. « Habituellement, les requins s’en servent pour détecter leurs proies, il est possible qu’ils les utilisent aussi dans leurs migrations, en utilisant les champs magnétiques de la Terre », précise-t-elle.

– « Esprit du requin » –

Le plus souvent, les scientifiques qui étudient les grands requins doivent les pêcher, les maintenir immobiles et les relâcher de longues minutes plus tard, parfois une heure. La méthode utilisée par Pierrick et Kori permet de minimiser les risques de blessure et de stress des requins, affirment-ils.

Tout deux ont fondé l’association de protection des requins Ma’o Mana Foundation (l’esprit du requin, en tahitien) pour que les regards évoluent sur cet animal. Ils espèrent obtenir un permis des autorités locales pour que leur association puisse développer cette méthode, car les interactions avec les requins sont très réglementées en Polynésie.

« Ça permettrait peut-être de mettre ces requins en immobilité tonique non pas après les avoir pêchés, mais carrément dans le milieu (…) et ça nous permettrait par exemple de faire très rapidement un prélèvement d’ADN », ambitionne le docteur Eric Clua, directeur de recherches au Criobe (centre de recherche insulaire et observatoire de l’environnement) de Moorea et spécialiste des requins.

En Polynésie, où le requin-tigre coexiste avec des requins-marteaux ou encore des orques, les incidents impliquant des squales sont rarissimes.

Mais en octobre, l’attaque d’une touriste au large de Moorea a provoqué une forte émotion. Isolée de son groupe de plongeurs en apnée, elle avait été mordue par un requin pointe blanche du large, une espèce appelée le « parata » en Polynésie et considérée comme l’une des plus imprévisibles. La touriste a perdu ses deux mains et un sein.

Selon Pierrick Seybald, il est possible de se mettre à l’eau avec des parata, mais en observant des règles de prudence:

« Dans l’eau, il faut toujours conserver un contact visuel avec le requin, ne pas lui tourner le dos, et de préférence rester groupés », précise-t-il.

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Le Saviez-Vous ► Les requins omnivores existent-ils?


Les requins sont carnivores, car comme on le sait, ils mangent ce qu’ils trouvent dans la mer, mais une espèce est plutôt omnivore, voir presque végétarien si cela est nécessaire.

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Les requins omnivores existent-ils?


requin-marteau tiburo

Il est bien connu que la plupart des espèces de requins sont carnivores ce qui rend certaines d’entre elles dangereuses pour l’homme. Pourtant, la nature fait des exceptions, même pour les squales. Des scientifiques américains ont enfin trouvé une espèce qui, faute de viande, peut manger des algues et les digérer normalement.

Une nouvelle étude de scientifiques américains prouve que certaines espèces de requins sont capables de se passer de viande et de s’alimenter exclusivement avec des algues, indique l’article publié dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society.

Les requins-marteaux tiburo (Sphyrna tiburo) ont pour la première fois attiré l’attention des scientifiques en 2007 lorsqu’ils ont remarqué que des spécimens de cette espèce avaient l’habitude d’ingérer des algues qui constituaient parfois 60% du contenu de leur estomac. Il a alors été suggéré que ces animaux les avalaient par hasard en chassant des calmars qui se cachaient dans les plantes parce qu’en général l’intestin des requins n’est capable de digérer que de la nourriture riche en protéine.

L’équipe de scientifiques de l’Université de Californie dirigée par Samantha Leigh a décidé d’étudier les habitudes alimentaires de ces petits requins qui peuplent les eaux côtières chaudes du Pacifique et de l’Atlantique. Pour commencer, ils ont cultivé des quantités suffisantes d’algues, qui ont été nourries avec de la soude contenant des substances radioactives à faible teneur en carbone 13.

Pendant cinq semaines, ces plantes ont représenté jusqu’à 90% de l’alimentation de cinq requins-marteaux tiburos capturés dans la baie de Floride. Seuls 10% du régime alimentaire des poissons étaient constitués de mollusques. Lors de l’expérience, les scientifiques ont analysé la composition de leurs excréments, puis ils ont endormi les requins et ont examiné leurs intestins.

L’étude a montré que les poissons en question étaient effectivement capables d’absorber les nutriments des aliments végétaux et possédaient les mécanismes cellulaires et biochimiques nécessaires. Des traces du carbone 13 ont été retrouvées dans le sang et les tissus du foie, ce qui prouve que les squales ont digéré avec succès des fibres végétales.

Selon les scientifiques, ces requins ont réussi à extraire jusqu’à la moitié des substances contenues dans les algues. Des analyses biochimiques ont montré qu’ils possédaient les enzymes nécessaires pour digérer également de la viande ce qui fait d’eux de véritables requins omnivores.

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Australie: les professionnels du tourisme inquiets après les attaques d’un requin


Je peux comprendre le désarroi des personnes qui ont été attaquées par les requins en Australie, mais je suis quand même d’accord que la justice a interdit les pièges de requins qui protégeaient les touristes. La mer, c’est à eux, c’est leur vie, leur maison, leur territoire. Pour l’humain, ce n’est que pour s’amuser ou pêcher. La logique serait donc, de les laisser vivre en paix et en sécurité. C’est à nous d’aller ailleurs et non le contraire
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Australie: les professionnels du tourisme inquiets après les attaques d’un requin


Australie: les professionnels du tourisme inquiets après les attaques d'un requinIn the past year there have been several shark attacks in waters around Australia’s Whitsunday Islands© AFP/Archives/Sarah Lai

Sydney (AFP)

Les professionnels du tourisme australien souhaitent la mise en place de patrouilles aériennes au-dessus de l’archipel des îles Whitsundays afin d’endiguer une baisse de fréquentation au lendemain d’attaques de requins près de la Grande Barrière de corail.

Mardi, un Anglais de 28 ans a eu le pied droit arraché par un requin qui a blessé un second nageur de 22 ans alors qu’ils jouaient dans l’eau à Hook Passage, un site de snorkeling prisé.

Les Whitsundays, un archipel très fréquenté par les touristes étrangers et australiens car relativement sûr pour la baignade, sont depuis un an le théâtre d’attaques de requins.

Une fille de 12 ans a perdu une jambe alors qu’un homme avait succombé à ses blessures quelques mois plus tôt.

La PDG de Tourism Whitsundays, Tash Wheeler, a affirmé que la fréquentation touristique a chuté l’an dernier, notamment en raison de ces attaques.

« Si on étudie les 12 derniers mois, je peux vous dire que cela a eu un impact sur notre industrie en termes de visites », a-t-elle déclaré à la presse.

La région a accueilli 226.000 touristes entre mars 2018 et mars 2019, soit une baisse de fréquentation de 6%, selon les derniers chiffres disponibles.

Mme Wheeler affirme que les voyagistes souhaitent une aide du gouvernement afin de financer de manière « provisoire » des patrouilles aériennes au-dessus des Whitsundays.

Parallèlement, des recherches de requins se trouvant dans cette région sont entreprises.

Ces attaques surviennent un mois après que le gouvernement de l’Etat du Queensland a été contraint, par une décision judiciaire, de retirer des dizaines de pièges à requins qui avaient été installés sur ses plages très prisées des baigneurs.

Dans son jugement, la cour fédérale a estimé que les requins trouvés vivants au niveau des pièges installés dans le parc marin de la grande barrière de corail devaient être relâchés.

Après l’attaque de mardi, le gouvernement du Queensland a annoncé qu’il allait installer 32 nouveaux pièges en dehors de la zone protégée.

L’organisation Humane Society International, à l’origine de cette action en justice, conteste le fait que cette récente attaque soit liée au démantèlement de ces pratiques « dépassées » de contrôle des requins.

Rapportées à la fréquentation des plages australiennes, qui accueillent chaque année des dizaines de millions de personnes, les attaques de requins demeurent très rares puisque le zoo Taronga de Sydney en a dénombré 27 en 2018.

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Cet énorme requin blanc s’est fait croquer la tête par un préda­teur encore plus grand


Des scientifiques au large des États-Unis on attraper un requin blanc de 4 m et pesant près de 500 kg. Il avait des morsures sur sa tête. Elle aurait été faite par un plus gros prédateur. Probablement un autre requin blanc qui serait battu pour une femelle. Cet adversaire était encore plus gros que lui, c’est le genre de rencontre qu’on ne veut pas voir de près.
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Cet énorme requin blanc s’est fait croquer la tête par un préda­teur encore plus grand


Crédits : OCEARCH/R. Snow

par  Malaurie Chokoualé Datou

Capturé au large de la côté nord-est des États-Unis, le requin a été baptisé « Vimy » le 4 octobre dernier par une équipe de scien­ti­fiques. Lorsqu’ils ont décou­vert Vimy ce jour-là, ils ont réalisé que cet immense requin blanc portait deux énormes morsures sur le crâne, sans doute le résul­tat d’une rencontre avec un préda­teur encore plus grand, rapporte le quoti­dien améri­cain The Char­lotte Obser­ver.

L’une de ses bles­sures était presque guérie, mais l’autre est plutôt récente

« Les requins blancs vivent dans un monde hostile », écrit OCEARCH, une ONG créée « pour aider les scien­ti­fiques à collec­ter des données aupa­ra­vant inac­ces­sibles dans l’océan ».  « Vous en voulez la preuve ? Regar­dez la tête du requin blanc Vimy. »

Pour l’or­ga­ni­sa­tion, il est possible que Vimy ait perdu son combat contre un autre mâle pour une femelle, ou qu’il ait tenté de s’ac­cou­pler avec une femelle plus grosse que lui, y lais­sant quelques bouts de chair.

Ce spéci­men étant un masto­donte de 4 m de près de 500 kg, on peine à imagi­ner la taille du coupable. Vimy a ensuite été relâ­ché dans la nature, pour être suivi à la trace par OCEARCH. Peut-être décou­vrira-t-on bien­tôt l’au­teur·e de ces terribles morsures.

Source : The Char­lotte Obser­ver

https://www.ulyces.co/

Des scientifiques découvrent un requin qui émet de la lumière


Ce requin ne serait pas effrayant pour les surfeurs, il mesure que 12 cm ! On comprend pourquoi qu’il est nommé requin de poche. Il a la particularité d’émettre de lumière qui serait selon les chercheurs, une manière pour attirer leurs proies.
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Des scientifiques découvrent un requin qui émet de la lumière


Crédits : Mark Grace / NOAA

Une nouvelle espèce de requins a été découverte dernièrement par des scientifiques américains dans le golfe du Mexique. Sa particularité : elle possède un organe qui émet de la lumière pour attirer ses proies.

Le petit animal, qui mesure une douzaine de centimètres, a été baptisé «requin de poche», rapporte CNN.

Il s’agit du deuxième spécimen de «requin de poche» trouvé, mais on n’avait pas noté de bioluminescence chez l’autre, capturé en 1979 dans l’océan Pacifique.

Selon les scientifiques, le requin émet une substance lumineuse depuis une glande située près de ses ailerons avant pour attirer ses proies. Pendant que l’autre poisson s’approche, le petit squale a tout le loisir de l’attaquer furtivement.

https://www.tvanouvelles.ca/

Des milliers d’animaux sauvages saisis dans un coup de filet international


Quand Interpol et l’Organisation mondiale des douanes s’y mettent pour traquer les ventes illégales d’animaux sauvages, ils y mettent le paquet. Ils ont oeuvrer dans 109 pays et ont saisie des animaux, des peaux, des défenses et objets en ivoire., Malheureusement, ce genre d’enquête ne cessera jamais.,
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Des milliers d’animaux sauvages saisis dans un coup de filet international

Un lionceau a été secouru par Interpol en... (PHOTO AP)

Un lionceau a été secouru par Interpol en Inde.

PHOTO AP

Agence France-Presse
Lyon

Félins, primates, tortues, reptiles, oiseaux, et même des requins : des milliers d’animaux ont été saisis lors d’un impressionnant coup de filet mondial contre le trafic d’animaux sauvages qui a permis l’arrestation de près de 600 suspects, a annoncé Interpol mercredi.

Au cours de cette opération coordonnée au mois de juin par Interpol et l’Organisation mondiale des douanes (WCO) dans 109 pays, la police a interpellé 582 suspects et également mis la main sur 440 défenses d’éléphants, plus d’une demi-tonne d’objets en ivoire, 2550 mètres cubes de bois et 2600 plantes.

Ces arrestations et saisies ont été déclenchées par une équipe internationale d’enquêteurs et agents des douanes réunie dans les locaux d’Interpol à Singapour. D’autres arrestations et poursuites pourraient survenir dans les semaines et mois à venir, indique Interpol, organisation internationale de police criminelle dont le siège est à Lyon.

Au total, ont été saisis 23 primates, 30 fauves, plus de 4300 oiseaux, près de 10 000 animaux marins dont du corail, des hippocampes, des dauphins et requins, près de 10 000 tortues et quelque 1500 autres reptiles.

Les photos mises en ligne par Interpol montrent notamment des saisies de peaux de crocodile au Royaume-Uni, des dizaines de perroquets entassés les uns contre les autres dans une petite cage grillagée en Inde ou des poissons-zèbre morts pendant leur transport illégal au Brésil.

A également été saisie au Nigeria une demi-tonne d’écailles de pangolin, un des animaux les plus braconnés au monde, auxquelles la médecine traditionnelle chinoise attribue de nombreuses propriétés.

L’opération a remonté plusieurs filières de commerce illégal en ligne, permettant notamment l’arrestation de 21 personnes en Espagne et la saisie de 1850 oiseaux en Italie.

Dans un communiqué diffusé mercredi, Wildlife Conservation Society (WCS) a «applaudi» cette «perturbation massive de réseaux criminels», que cette ONG américaine juge «décisive pour sauver les animaux en danger à travers la planète».

«Ces saisies et arrestations constituent seulement le premier pas. Les gouvernements devraient maintenant assurer un suivi avec des poursuites solides et significatives. Les criminels faisant partie de ces réseaux doivent sentir tout le poids de la loi, des sanctions dissuasives et des peines de prison», insiste la WCS.

Il s’agit de la troisième opération de cette ampleur menée par Interpol, après 2017 et 2018, avec à chaque fois des saisies représentant plusieurs millions de dollars.

https://www.lapresse.ca/

Au lieu de tuer les requins, éduquons les êtres humains


Les quelques attaques de requins sont, je crois, plus souvent des gens qui se trouvent dans l’eau pour le plaisir. Tuer des requins pour la protection humaine, alors que c’est leur environnement, me parait exagéré. Les propriétaires de bateau, et croisières vont jeter de la nourriture où il est susceptible d’avoir des humains. Ils sont une des grandes causes de la présence des requins qui deviennent sédentaires. Pourquoi aller à la chasse si la bouffe est tout là ? L’homme à ce côté égoïste de vouloir tout au détriment de la nature.
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Au lieu de tuer les requins, éduquons les êtres humains

Des associations, des personnes lambda et des spécialistent s'insurgent contre cette décision. | skeeze / Pixabay

Des associations, des personnes lambda et des spécialistent s’insurgent contre cette décision. | skeeze / Pixabay

Sylvie Nadin

La province Sud de Nouméa a autorisé l’euthanasie d’une vingtaine de squales pour calmer les craintes de la population après deux attaques successives à quelques jours d’intervalle.

Anthony, un jeune garçon de 10 ans, a été victime d’une attaque de requin bouledogue le 25 mai alors qu’il nageait dans la baie de l’Orphelinat à Nouméa. Grièvement blessé, il a ému la population calédonienne, qui a soutenu sa mère lorsqu’elle a mis une cagnotte en ligne.

Quelques jours plus tard, le 29 mai, dans l’extrême nord de la Nouvelle-Calédonie, une seconde attaque a eu lieu. Un pêcheur est mort.

Sur les réseaux sociaux et dans les médias, la diffusion de photos et de vidéos de requins vus près de Nouméa ne s’est pas fait attendre. Les plages se sont vidées malgré l’arrivée des vacances scolaires.

Pour remédier à cette hémorragie, la province Sud et la ville de Nouméa ont immédiatement mis en place un programme de lutte contre le risque requin dont la première phase a consisté à en «prélever» une vingtaine afin de les euthanasier. Le plan d’actions dévoilé par la province Sud et la mairie de Nouméa prévoit des mesures à court, moyen et long terme.

«Shark feeding» et sédentarisation

Depuis quelques mois, de nombreux requins bouledogues ont été repérés aux abords de Nouméa, en particulier à Nouville et dans les marinas. La présence de nourriture les ferait sortir des eaux sombres et s’approcher des bords. Le shark feeding, pratique consistant à les nourrir dans le but de les observer, est pourtant strictement interdit en Nouvelle-Calédonie.

La cause de la sédentarisation de ces squales serait liée à d’autres facteurs: les professionnel·les de la pêche –dont les spécialistes de la haute mer accusés de jeter leurs déchets organiques en arrivant vers Nouméa–, les propriétaires de bateaux qui jetteraient leurs déchets dans les zones de mouillages (ports, baies, îlots), les bateaux de croisière et les résidus d’égouts déversés dans les ports, etc., nombre de personnes sont considérées comme responsables même si aucune ne semble prête à assumer.

«Penser qu’il y a une véritable prolifération des requins résulte d’un biais cognitif.» Éric Clua, directeur de recherches au CRIOBE

La province Sud estime que cette «prolifération» de requins bouledogues est à l’origine de l’attaque de l’enfant mais on ne dispose d’aucun chiffre ni d’aucune étude pour étayer cette observation. Ces populations d’animaux marins n’ont pas été estimées.

Éric Clua, directeur de recherche au Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement (CRIOBE) et spécialiste des requins, est sceptique: «Ce sont des conjectures liées à de simples observations. Penser qu’il y a une véritable prolifération résulte d’un biais cognitif. Ce n’est pas parce que nous voyons plus de requins qu’il y en a réellement plus. Cela signifie juste que nous les voyons plus facilement qu’avant. Les requins remontent des eaux sombres où ils étaient depuis toujours et où on ne les voyait pas, à cause de ce nourrissage, volontaire et involontaire, qui les attire à la surface, proche des berges.»

Selon ce chercheur qui a vécu de 2002 à 2012 en Nouvelle-Calédonie et qui étudie aujourd’hui les requins en Polynésie française, ces deux attaques violentes, sans connexion mais à seulement quelques jours d’intervalle ont induit un problème de perception.

Non, les requins ne se trompent pas de proies

Éric Clua critique ce type de campagnes punitives dans un article publié par la revue Conservation Letters. Selon lui, les attaques mortelles ne sont pas dues à une densité élevée de squales mais plutôt au comportement singulier de certains spécimens. Rares, ces individus auraient un profil «déviant».

L’éco-anthropologue juge simpliste l’idée selon laquelle le requin attaque l’homme dans un but alimentaire:

«Les requins sont pragmatiques, ils vont avant tout manger ce qu’ils connaissent. Il lui faut beaucoup d’audace pour cibler une proie de la taille d’un homme Cette audace est un facteur plus déterminant que la pénurie alimentaire. Sinon, comment expliquer que certains requins attaquaient déjà l’homme alors même qu’il y avait des poissons à profusion dans les zones affectées aujourd’hui par la surpêche? Ce n’est pas le nombre d’attaques qui a significativement augmenté (sinon légèrement) mais la perception qu’on en a. Par ailleurs, aucun facteur de causalité ne relie le nourrissage avec l’augmentation des attaques.»

«S’ils croquent un doigt, les requins ne confondent pas pour autant un humain avec du thon ou une autre proie habituelle.» Éric Clua, directeur de recherches au CRIOBE

Le seul facteur de causalité établi par deux études australienne et américaine pour expliquer la fréquence de ces agressions est l’augmentation de la fréquentation des plages. La probabilité qu’un requin morde un humain reste inchangée. Les êtres humains, en revanche, vont de plus en plus vers les requins. Plus de gens sur les plages, ce sont aussi plus de gens dans l’eau parmi lesquels certains pratiquent des sports aquatiques qui les rapprochent de nouvelles zones de rencontre potentielle avec les squales.

«Les requins, à cause du feeding, deviennent de moins en moins timides. S’ils croquent un doigt avec l’idée de récupérer à manger ils ne confondent pas pour autant un humain avec du thon ou une autre proie habituelle. Les requins ne se trompent pas. La théorie selon laquelle leurs attaques seraient liées à une erreur de leur part, confondant un surfeur avec une tortue, est désormais mise à mal»,ajoute Éric Clua, qui déplore la pénurie de spécialistes dans ce domaine.

Une décision qui ne plaît pas à tout le monde

Julien Chable, président de l’antenne de Sea Shepherd en Nouvelle-Calédonie, s’interroge à propos de la décision de capturer et d’euthanasier ces vingt requins:

«Sur quelles bases scientifiques repose cette décision? Pourquoi là, pourquoi maintenant, pourquoi en abattre vingt? D’où vient ce chiffre?»

L’association, impliquée dans la conservation et la préservation des milieux et des espèces marines, s’intéresse à la question depuis plusieurs années.

«L’attaque qui a eu lieu à Nouméa est dramatique mais il ne faut pas prendre des décisions hâtives sous le coup de l’émotion. C’est un dossier qui mérite des études, des concertations, un travail de fond.»

Karine Lambert, directrice de l’environnement de la province Sud, justifie cette décision: «Le nombre de vingt n’est pas donné au hasard. La quantité de requins a été estimée sur la grande rade. Aux dires des experts, c’est le nombre suffisant pour faire diminuer la densité de ces requins qui s’installent dans la durée et qui se comportent anormalemnt car ils sont habitués à être nourris dans les ports et à se précipiter vers tout ce qui tombe dans l’eau.»

L’espèce est protégée par le code de l’Environnement de la province mais celui-ci permet aussi la régulation par prélèvement d’un certain nombre de squales sur un périmètre réduit «lorsque des intérêts relatifs à la protection de la vie humaine le justifient» (Article 240-5).

Julien Chable considère malgré tout cette mesure comme inutile.

«Nous savons que ça ne marche pas! En Australie, ils ont abattu de très nombreux requins et pourtant il y a toujours des attaques. Il faut s’intéresser aux retours d’expériences d’autres pays. Jusqu’où irons-nous? Jusqu’à abattre l’ensemble des requins pour qu’il n’y ait plus aucun risque? Ce n’est pas cohérent de prendre cette décision sans avoir demandé au préalable des études à de vrais spécialistes et sans avoir un minimum de données.»

L’opposition à la décision de la province Sud ne se résume pas à l’association. La pétition en ligne a recueilli quasi 10.000 signatures dès le lendemain de sa mise en ligne et dépasse les 21.552 le 3 juillet

Un programme qui ne s’arrête pas au «prélèvement»

La province Sud insiste: le programme ne se résume pas au «prélèvement» mais aussi à une phase de prévention et à une surveillance accrue du feeding –déjà interdit.

«La décision de capturer et d’euthanasier les requins n’a pas été prise à la hâte», se défend Karine Lambert.

D’autres solutions ont été testées auparavant.

«Les essais menés par la province visant à capturer certains individus pour les relâcher de l’autre côté de la barrière corallienne n’ont pas été concluants. Tous les spécimens bagués sont revenus côté lagon», indique un communiqué de presse de la province Sud.

Avant de pouvoir appliquer ces mesures préventives, la province Sud souhaite diminuer le nombre de requins sédentarisés aux abords de Nouméa. La décision a été prise en s’appuyant sur une étude permettant d’estimer la densité de squales dans la zone.

«Nous avons croisé les données de visualisation spatiale et temporelle avec les observations des usagers des ports», explique Karine Lambert.

«Les gens doivent pouvoir nettoyer la coque de leur bateau sans avoir à craindre la présence de requins bouledogue.» Karine Lambert, directrice de l’environnement de la province Sud de Nouméa

La mise en place du programme a été accélérée par l’attaque du jeune Anthony à Nouméa mais la province Sud y réfléchissait déjà depuis plusieurs mois car «normalement, les requins ne restent pas au même endroit».

Leur sédentarisation serait à l’origine de leur comportement «déviant», selon la directrice de l’environnement de la province Sud, qui reprend le terme employé par Éric Clua. «Les requins sont trop nombreux pour rester dans un espace où l’activité humaine est dense, comme dans les baies et les ports. Les gens doivent pouvoir nettoyer la coque de leur bateau sans avoir à craindre leur présence. Nous ne sommes pas allés capturer ces requins au milieu de l’océan mais dans un port, précise-t-elle. Surtout, ce plan va bien au-delà de cette régulation.»

Pour empêcher le feeding, le programme interdit les mouillages forains en baie des Citrons, (Nouméa), l’une des plus fréquentées par les personnes qui se baignent. Un programme de sensibilisation à la réduction des déchets versés dans les eaux portuaires a aussi été mis en place auprès des populations qui font usage des ports.

Ces mesures sont destinées à calmer les craintes de la population locale. Elles pourront éventuellement diminuer la densité de requins sédentaires. Reste qu’une vraie compréhension du comportement de ces espèces et une augmentation des études scientifiques sur ce sujet seraient nécessaires pour appliquer des actions concrètes et pérennes dans les zones où êtres humains et requins cohabitent.


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