Chez ces grenouilles, les mâles chantent pour des femelles… sourdes !


On sait que les grenouilles font des vocalises pour chercher la belle qui permettra de fonder une famille. Au Brésil, une espèce de grenouille très petite se met aussi à chanter, le problème, c’est que les grenouilles femelles sont sourdes. Alors, à quoi sert le chant
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Chez ces grenouilles, les mâles chantent pour des femelles… sourdes !

 

Brachycephalus pitanga

Les mâles Brachycephalus pitanga chantent pour des femelles totalement sourdes.

© SANDRA GOUTTE

Par Anne-Sophie Tassart

Des chercheurs ont mis en évidence l’apparente inutilité des vocalisations des mâles Brachycephalus lors de la période de reproduction.

La communication nécessite la co-évolution de l’émetteur et du récepteur, sinon, il devient évident que le message a du mal à passer. Chez de nombreuses espèces de grenouilles, la communication sonore – les vocalisations – permet de synchroniser les périodes de reproduction entre mâles et femelles. Cependant, une équipe internationale a fait une étrange découverte chez Brachycephalus ephippium et chez Brachycephalus pitanga : ces minuscules grenouilles brésiliennes n’entendent pas leurs propres vocalisations !

Des mâles qui chantent pour des femelles sourdes

Pendant la saison des amours, les mâles se placent sur des branches ou sur la litière foliaire et « chantent », espérant s’attirer les faveurs d’une femelle. Ces vocalisations de haute fréquence sont particulièrement énergivores pour l’amphibien. Face au sous-développement de l’oreille interne chez ces animaux, les chercheurs ont voulu savoir comment les femelles arrivaient à percevoir ces sons qui leur sont destinés. En étudiant l’anatomie de leur « oreille » et les réponses comportementales pendant que des enregistrements de vocalisations étaient joués, les scientifiques ont pu en conclure que ces grenouilles sont incapables d’entendre les vocalisations d’un congénère. Les mâles chantent donc… pour rien.

Un élément secondaire de la communication

Une nouvelle question s’est alors posée : pourquoi ces signaux sonores persistent alors qu’ils n’apportent aucun bénéfice dans la reproduction et qu’ils sont susceptibles d’indiquer aux prédateurs la position des grenouilles ? Dans leur article paru le 21 septembre 2017 sur le site Scientific Reports, les biologistes pensent que la communication ne se fait plus grâce au son mais par les signaux visuels qui les accompagnent comme par exemple, le gonflement du sac vocal. Ce qui était jusqu’alors un élément secondaire du comportement est devenu le plus important. Le son produit est, quant à lui, devenu secondaire.

Il est possible que ces vocalisations attirent les prédateurs, mais ceux-ci changent de cible quand ils voient à qui ils ont affaire. En effet, les Brachycephalus ont une peau et des organes hautement toxiques.

Il n’est donc pas nécessaire pour la survie de ces grenouilles d’arrêter d’émettre des vocalisations « qui persistent grâce à une inertie évolutive », notent les chercheurs.

Ils espèrent, grâce aux Brachycephalus, pouvoir étudier l’évolution et la dégénération des systèmes de communication acoustiques chez les vertébrés.

https://www.sciencesetavenir.fr

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L’homme veut coloniser Mars, mais encore faut-il qu’il soit capable de s’y reproduire


C’est bien beau de parler d’envoyer des gens pour coloniser Mars, mais il faut aussi qu’il y ait des enfants. Les scientifiques voient déjà ce que l’espace fait au corps, mais ils ne savent pas comment se dérouleraient une reproduction, une grossesse et enfin la naissance de bébé dans l’espace
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L’homme veut coloniser Mars, mais encore faut-il qu’il soit capable de s’y reproduire

 

La beauté d'Elite Dangerous | Stefans02 via Flickr CC License by

La beauté d’Elite Dangerous | Stefans02 via Flickr CC License by

Repéré par Juliette Mitoyen

Repéré sur Space.com

L’espèce humaine parviendrait-elle à perdurer sur la planète rouge? Les scientifiques n’en sont pas certains.

Matt Damon n’avait pas besoin de se poser cette question, lorsqu’il était seul sur Mars. Mais les scientifiques réfléchissent sérieusement à l’éventualité d’un peuplement de cette planète, selon Space.com. A priori, pas de souci pour faire l’amour en l’air ou dans l’espace. Mais l’on dispose à ce jour de très peu d’éléments sur le fonctionnement même du système reproductif humain loin de la Terre.

Selon Kris Lehnhardt, physicien et professeur de médecine à l’université George Washington, personne n’a étudié la question car «ça n’avait pas d’intérêt avant». «Mais si l’on veut devenir une espèce spatiale, il va falloir se pencher sur la reproduction», a-t-il déclaré le 16 mai au cours d’une conférence pour le magazine The Atlantic.

Des souris, et pourquoi pas des hommes?

La reproduction dans l’espace n’est cependant pas un sujet totalement ignoré par les chercheurs. En mai dernier, des scientifiques japonais ont annoncé que du sperme de souris congelé, qui avait été stocké neuf mois dans la Station spatiale internationale, avait donné naissance à des souriceaux en très bonne santé! Le sperme avait préalablement été ramené sur Terre et les bébés sont nés sur le plancher des vaches. Mais cela suggère tout de même que les radiations subies par les espèces dans l’espace ne sont a priori pas une barrière à la reproduction.

Anne Hathaway et Wes Bentley dans Interstellar de Christopher Nolan (2014). Photo de Melinda Sue Gordon – © 2014 Warner Bros. Entertainment, Inc. et Paramount Pictures Corporation.

Selon Kris Lehnhardt, cette expérience ne suffit pas à prouver qu’un embryon humain se développerait convenablement dans l’espace ou sur une autre planète:

«Le corps humain s’adapte à merveille à de nombreuses situations. Mais les adaptations dont il devrait faire preuve sur Mars pour se reproduire sont considérables. La gravité est beaucoup moins puissante. Les os, les muscles… tout notre corps fonctionnerait et se développerait différemment. Mais si on parvenait à se reproduire sur cette planète, ce serait un tournant dans l’histoire de l’espèce humaine.»

Les premiers humains martiens ne pointeront sûrement pas le bout de leur nez avant de nombreuses décennies. En attendant, en ce qui concerne la reproduction sur Terre, tout est ok, Houston. 

http://www.slate.fr

Comment agir en présence de bébés animaux sauvages


On aimerait bien interagir avec les animaux sauvages, voir même en adopter surtout s’ils semblent abandonnés ou perdus. Pourtant, nous faisons plus de mal que de bien à ces animaux. Certains pourraient devenir agressifs envers ceux qui les avaient adopter et d’autres ne pourraient jamais revenir dans leur environnement, sans oublier que nous nuisons à la reproduction des animaux qui peuvent être en voie de disparition
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Comment agir en présence de bébés animaux sauvages

 

Enfants qui regardent les canards à l'Écomuseum de Sainte-Anne-de-Bellevue.

Enfants qui regardent les canards à l’Écomuseum de Sainte-Anne-de-Bellevue.   Photo : Ecomuseum, Victoria de Martigny

Au printemps, la nature s’éveille, et les femelles de plusieurs espèces mettent bas. Apparaissent alors, dans notre environnement, de jolis bébés animaux. On a parfois le goût de les recueillir et de les nourrir, voire de les adopter. Mais est-ce le bon comportement à prendre?

Un texte d’Ève Christian

Ces jours-ci, en me promenant autour du lac artificiel, à Boucherville, je vois des enfants nourrir les petits du couple de bernaches installé là. J’ai déjà croisé, par un petit matin, un faon qui s’abreuvait au bord d’une piscine, ou, en soirée, une maman raton laveur suivie de ses petits aux yeux maquillés de noir. On en voit de toutes les espèces, ces temps-ci.

En ville, on peut croiser des levrauts, des renardeaux et des oisillons tombés des nids. Ils sont si adorables, ces bébés animaux sauvages!

Parfois, on les pense seuls; on a beau regarder aux alentours, la mère semble absente. Les croyant donc abandonnés et dans le besoin, et rempli de bonnes intentions, on les apporte à la maison pour en prendre soin… presque comme des animaux domestiques. Ce n’est toutefois pas le comportement qu’on devrait adopter : retiré de son milieu naturel et nourri par une main humaine, l’animal ne pourra en effet pas retourner vivre dans son environnement à cause de l’imprégnation.

Une famille de bernaches au bord du lac, à Boucherville

Une famille de bernaches au bord du lac, à Boucherville   Photo : Eve Christian

Imprégnation animale

Quand un animal est très jeune, il s’associe à une espèce, idéalement la sienne. Mais s’il est élevé par une autre, il finira par s’y identifier. C’est ça, l’imprégnation.

Et quand l’espèce qui lui donne des soins, l’héberge et le nourrit est l’Homo sapiens, c’est irréversible et très problématique.

La pire chose qu’on puisse faire pour un animal sauvage, c’est de le nourrir : ça le mènera plus souvent qu’autrement à sa mort. David Rodrigue, directeur général du zoo extérieur Ecomuseum, à Sainte-Anne-de-Bellevue

David Rodrigue me racontait l’histoire d’un coyote qui avait été nourri pendant un certain temps par une personne. Ces soins ont créé une habitude pour cet animal sauvage. Mais un jour, ce qui devait arriver arriva : la personne a décidé que c’en était fini, et le coyote a réagi en animal sauvage et a mordu son pourvoyeur. Doit-on accuser le coyote de son agissement?

Bonnes intentions contre gestes adéquats

Ce qui part d’une bonne intention peut donc dégénérer en problème. Qu’arrive-t-il à un animal sauvage quand les personnes qui l’ont recueilli décident qu’elles ne peuvent plus le garder?

  1. S’il est replacé dans son milieu naturel, il aura de la difficulté à subvenir à ses besoins de façon autonome, car il a toujours dépendu des bons soins humains.
  2. S’il est recueilli par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, il pourra être placé dans une institution qui lui fournira une qualité de vie, comme l’Ecomuseum ou d’autres zoos.
  3. Ou alors, il sera euthanasié par un service d’extermination.

Malgré tout son bon vouloir, en recueillant des animaux sauvages, on n’aide ni l’espèce ni l’individu concerné.

Biche de Virginie

Vous avez entendu parler de May, la jeune biche qui a été adoptée par un couple? Elle aurait été recueillie au bord du chemin, sans mère présente dans les environs. Ces gens l’ont amenée et lui ont prodigué des soins comme ils l’auraient fait avec un animal domestique.

Un jour, ils se sont fait prendre par le ministère, car il est illégal de garder un animal sauvage. Mais en raison d’une grande réaction de sympathie de la part de la population, au lieu de reprendre la biche, le ministère a accordé un permis au couple. Selon David Rodrigue, ce n’est pas un bon exemple à donner et c’était l’occasion de passer un message à la population.

Heureusement pour ce couple, May était une femelle.

Si ce cerf de Virginie avait été un mâle, il aurait vécu son rut automnal de façon naturelle et il aurait réagi en animal sauvage devant le mâle de la maison [l’homme]. Il l’aurait probablement attaqué, car malgré l’imprégnation, il reste toujours une portion de comportement naturel. Imaginez le danger. David Rodrigue, directeur général du zoo extérieur Ecomuseum, à Sainte-Anne-de-Bellevue

 

Tortues et ratons laveurs

Vous avez déjà croisé des tortues qui traversent la route? Elles se voient dans certaines régions, comme dans les Cantons-de-l’Est.

Tortue serpentine, Ecomuseum

Tortue serpentine, Ecomuseum   Photo : Ecomuseum, Claude Lafond

Au printemps, des femelles pleines d’œufs se déplacent pour atteindre un plan d’eau afin d’y pondre. En traversant la rue, certaines se font écraser avec leurs œufs, alors que d’autres se font ramasser par des bons samaritains qui pensent qu’il vaut mieux les déplacer dans un endroit sécuritaire – lequel n’est souvent pas leur milieu naturel, ce qui les empêche de poursuivre leurs habitudes de vie.

Plusieurs espèces de ces animaux, qui ont pourtant côtoyé les dinosaures il y a 250 millions d’années, sont en train de disparaître – et ce, en une centaine d’années seulement. Leur taux de reproduction est bas : elles parviennent à maturité sexuelle autour de 10 à 14 ans selon les espèces et elles ne pondent qu’une dizaine d’œufs chaque fois. Et c’est sans compter leurs prédateurs naturels, comme les ratons laveurs, qu’on voit de plus en plus en ville.

Ces animaux sont parfois « adoptés » par des gens qui nourrissent les bébés. Les premières semaines, c’est amusant. Mais ensuite, l’histoire dégénère.

Quand l’automne arrive, une dizaine de ratons se permettent de monter sur la galerie, pensant en avoir le droit, puisque les humains qui les nourrissent y sont! Ils sont bien habiles, ces animaux, et ils ont une grande capacité d’adaptation. Leurs pouces ressemblent aux nôtres, ce qui les rend très agiles. Ils ont appris à ouvrir les barrures des poubelles; d’ailleurs, les femelles enseignent la façon de faire à leurs jeunes.

Ils utilisent plusieurs crevasses, ou encore des endroits urbains ou périurbains pour se cacher. D’ailleurs, pour hiverner, ils creusent sous la galerie, défont les toits des maisons, ou s’installent alors dans le cabanon – pas par méchanceté, mais parce qu’ils veulent s’y cacher, comme ils le feraient en milieu naturel dans le tronc d’un arbre.

Un raton laveur dans la cavité d'un arbre

Un raton laveur dans la cavité d’un arbre   Photo : Ecomuseum, Claude Lafond

Et là, les gens paniquent et font intervenir des services pour les relocaliser. Voyez-vous le non-sens?

Tant que ces animaux ne font pas de dommages, le conseil de David Rodrigue est de les laisser évoluer et de ne pas interagir ou les nourrir, car cette attitude contribuerait à réduire les taux de reproduction, qui sont actuellement très élevés.

Selon les régions, au lieu d’en trouver un ou deux au kilomètre carré, il y en a de 16 à 18. Et ils menacent la survie des tortues, car ils vident les nids au complet. Voyez le lien, qui peut sembler non évident au départ : quand on nourrit les ratons laveurs, on nuit aux tortues.

D’ailleurs, cette pratique de la non-adoption vaut pour les oiseaux qui tombent des nids, les faons qu’on croise dans les parcs, les bernaches qu’on voit en ville ou les renards qu’on aperçoit dans les boisés. On peut les observer, mais de loin.

http://ici.radio-canada.ca

Se reproduire dans l’espace? Pas de problème pour les souris


On va finir par voir des extraterrestres s’ils réussissent à concevoir un bébé hors terre. Ils ont réussi avec des souris, mais ce n’est que le sperme qui a été émit aux radiations sur la Station spatiale internationale. Et malgré que l’ADN du sperme a été endommagé à cause des radiations, le sperme congelé puis fertilisé in vitro, les cellules ont pu s’auto réparer pour donner naissance à 73 bébés de plusieurs souris femelles. Est-ce un espoir pour une nouvelle colonie sur Mars ?
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Se reproduire dans l’espace? Pas de problème pour les souris

 

Les souriceaux de l'espace sont en parfaite santé.

Les souriceaux de l’espace sont en parfaite santé.   Photo : Université de Yamanashi/S. Wakayama

Des souriceaux en bonne santé sont nés à partir de sperme congelé et entreposé dans la Station spatiale internationale (SSI) pendant neuf mois. Des résultats qui représentent une bonne nouvelle pour les astronautes qui ont effectué de longs séjours dans l’avant-poste orbital et qui veulent devenir parents à leur retour.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Selon le scientifique japonais à l’origine de cette première expérience du genre sur des mammifères, ces résultats pourraient avoir des retombées importantes sur les « éventuelles » colonies humaines dans l’espace.

La dose quotidienne de radiations à bord de la SSI est environ cent fois plus grande que sur la Terre, ce qui représente une menace importante pour la reproduction de tout organisme. Le sperme de douze souris a séjourné 288 jours dans la station à moins 95 degrés Celsius entre août 2013 et mai 2014.

Le Pr Teruhiko Wakayama de l’Université de Yamanashi a également entreposé dans son laboratoire du sperme provenant des mêmes souris et à la même température de congélation durant ces neuf mois.

Quand les échantillons de sperme ont été rapportés de la SSI, lui et son équipe les ont examinés pour déterminer s’il y avait des signes d’altération de l’ADN résultant des radiations dans l’espace.

Comme ils le pensaient, le sperme exposé aux radiations de l’espace à la SSI avait davantage d’ADN fragmenté que celui qui est resté sur Terre.

Les cellules congelées ne pouvaient pas réparer ces dommages génétiques qui sont liés à des niveaux plus bas de fertilité.

Cependant, ce sperme a fertilisé des ovules in vitro implantés ensuite dans des souris femelles qui, trois semaines plus tard, ont donné naissance au total à 73 souriceaux en bonne santé.

Cette étude laisse à penser que les altérations subies par l’ADN du sperme dans l’espace ont été réparées après la fertilisation sans effets néfastes sur les souriceaux.

Ces résultats représentent donc une bonne nouvelle pour les astronautes qui ont effectué de longs séjours dans l’avant-poste orbital et qui veulent devenir parents à leur retour.

Il reste encore beaucoup à faire dans ce champ de recherche avant le départ des premiers explorateurs vers Mars, que la NASA prévoit dans les années 2030 au plus tôt.

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue PNAS pensent qu’il faudrait effectuer la même expérience avec du sperme d’autres espèces de mammifères, entreposé pendant de plus longues périodes dans l’espace.

Des études devraient aussi être réalisées dans l’espace plus lointain, bien au-delà de l’orbite terrestre, où les radiations sont beaucoup plus intenses.

http://ici.radio-canada.ca/

Chut! Vous perturbez l’écosystème


Il n’y a pas juste la pollution de l’environnement qui nuit à l’écosystème, mais aussi la pollution sonore qui par le transport et l’extraction des ressources naturelles. Cela nuit autant aux animaux, aux oiseaux, et même aux plantes
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Chut! Vous perturbez l’écosystème

 

La pollution sonore causée par les humains a des impacts sur les animaux.

Des bisons bloquent le trafic dans le parc national de Yellowstone, au Wyoming Photo : La Presse canadienne/AP Photo/Matthew Brown

Plus de la moitié des territoires naturels des États-Unis sont affectés par les bruits d’origine humaine, selon une étude publiée dans Science. Et les conséquences de cette pollution sonore peuvent être importantes.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Les effets de la pollution sonore sur les milieux marins sont bien documentés. Le son peut s’y propager beaucoup plus loin que dans l’air. Et on sait depuis longtemps que les forages ou le passage de bateaux nuisent aux animaux marins et les forcent à se déplacer pour survivre.

L’impact du bruit humain est toutefois moins étudié sur la terre ferme. Bien que cela semble, à première vue, un problème particulier aux grandes villes, on sait maintenant que notre vacarme s’étend très loin.

Une présence qui se fait entendre

Une équipe de chercheurs américains a montré que 63 % des territoires naturels étaient couverts d’un bruit de fond permanent qui doublait les décibels naturellement présents en forêt. Pire encore, dans 21 % de ces territoires, le bruit de fond est 10 fois plus élevé que la norme.

Les chercheurs ont obtenu ce résultat à l’aide de relevés sonores provenant de 492 sites partout aux États-Unis, tant dans des parcs urbains que dans des parcs nationaux.

Au total, 1,5 million d’heures d’enregistrement ont été analysées par un algorithme capable de reconnaître les bruits émanant d’activités humaines, notamment les transports ou l’extraction de ressources naturelles. Ces données leur ont permis d’établir une carte du bruit dans les territoires naturels à travers les États-Unis.

Des effets sur tout l’écosystème

Ces bruits ont des conséquences importantes. Tout d’abord, les sons causés par les humains ont un effet d’étouffement sur les autres sons ambiants. Ils produisent des interférences qui empêchent les sons de se propager.

Par exemple, si, dans une zone silencieuse, le chant de certains oiseaux peut être entendu clairement jusqu’à 30 mètres, dans les zones où le bruit de fond double, on ne peut plus les entendre qu’à 15 mètres. Et dans les zones où le bruit est 10 fois plus élevé, on doit se trouver à 3 mètres de distance pour entendre clairement le chant du même oiseau.

Ce phénomène a des conséquences bien réelles pour ces oiseaux, qui ont besoin de communiquer entre eux pour établir leur territoire ou assurer leur reproduction.

D’autres études ont également montré que les bruits humains pouvaient changer le comportement des animaux. Leur niveau de stress était plus élevé ou encore ils agissaient comme s’ils étaient perpétuellement en présence d’un prédateur. Le stress cause aussi plusieurs problèmes de santé qui, à la longue, diminuent l’espérance de vie.

Même les plantes peuvent, conséquemment, être affectées par l’activité humaine, notamment par la fuite des animaux qui aident à leur pollinisation ou par l’absence des herbivores qui régulent leur croissance.

La pollution sonore peut avoir des conséquences sur plusieurs espèces en voie de disparition. Les chercheurs ont remarqué que jusqu’à 13 % des espèces menacées aux États-Unis se trouvaient dans des zones où le bruit de fond causé par les humains était 10 fois plus élevé que la norme.

L’étude permet quand même de souligner un point important : les zones forestières les moins affectées par le bruit sont celles qui sont les mieux protégées par la loi. Les chercheurs espèrent donc que leur travail influencera les choix des décideurs.

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Le T-Rex était un grand sensible, en réalité


Difficile à croire qu’un tyrannosaure puisse avoir été un animal sensible avec sa réputation d’être un redoutable prédateur. Faut croire que ce n’est vraiment pas le physique qui compte
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Le T-Rex était un grand sensible, en réalité

 

© thinkstock.

Il mesurait 12 mètres de long sur quatre mètres de haut, pesait entre 4 et 7 tonnes et présentait une mâchoire acérée, véritable rangée de poignards capables de déchiqueter la moindre proie sur son passage. Auprès des siens, il laissait en revanche exprimer sa grande sensibilité…

Le tyrannosaure, comme l’indique son nom, était l’un des prédateurs les plus redoutés de la planète Terre à la fin du crétacé. Rendu célèbre auprès du grand public pour son « apparition » dans le « Jurassic Park » de Steven Spielberg, le grand méchant loup préhistorique savait malgré tout exploiter d’autres atouts de sa panoplie naturelle.

Délicat

Les spécialistes n’ignoraient pas que le museau de l’animal était extrêmement sensible, riche en terminaisons nerveuses, lui permettait de s’orienter, de construire des nids et de déplacer les oeufs de sa femelle avec délicatesse. En outre, selon une étude publiée dans le Scientific Reports et relayée par The Guardian, on apprend désormais que le grand mâle jouait également un rôle central dans la reproduction. 

Romantique

Lors des « préliminaires », le mâle et la femelle tyrannosaures se frottaient en effet intensément le museau avant l’accouplement et la sensibilité de leur peau jouait un rôle déterminant dans ce rituel nuptial et dans le processus de réproduction. Les chercheurs ont ainsi découvert que leur museau faisait office de « troisième main ».

Lointains cousins

Une attitude similaire est observable aujourd’hui chez les crocodiles et les alligators, pourvus, comme leur lointain cousin, de récepteurs sensoriels à la surface de leur peau, une sorte d’interface entre le corps et l’environnement et que l’on nomme le « système tégumentaire » de l’animal.

http://www.7sur7.be/

     

Le Saviez-Vous ► Si l’homme vivait dans l’espace, à quoi ressemblerait-il ?


 

Question importante si on songe à coloniser d’autres planètes qui dureront plusieurs années de voyage. Avoir un enfant dans l’espace sous l’apesanteur aura-t-il une incidence sur l’ADN du bébé. Ce sont des hypothèses qui issus d’expériences sur la santé des astronomes et des animaux. Les résultats ne sont pas vraiment encourageants
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Si l’homme vivait dans l’espace, à quoi ressemblerait-il ?

Astronautes

Officiellement, la Nasa refuse de dire si des astronomes ont déjà eu des relations sexuelles dans l’espace.

© NASA/SIPA

« Supposons que des hommes et femmes partent dans l’espace sans retour. Ils se reproduisent normalement. Étant toujours en apesanteur, à quoi ressemblerait l’être humain au bout de quelques générations ? ».

• Partir dans l’espace sans retour

Les projets pour coloniser l’espace sans retour sont rares à l’heure actuelle, la seule mission « sérieusement » envisagée est baptisée « Mars One », lancé en 2012 par les Néerlandais Bas Lansdorp et Arno Wielders (ingénieur et physicien). Elle consiste à… coloniser Mars. Le milliardaire Elon Musk, fondateur de la société SpaceX, rêve lui aussi d’envoyer des individus sur la planète rouge, mais prévoit un trajet retour (si les colons parviennent à fabriquer sur place le carburant nécessaire !). Ces projets sont critiqués par plusieurs scientifiques, qui soulignent les nombreux obstacles technologiques et financiers à surmonter

• Se reproduire normalement

Peut-on avoir une relation sexuelle dans l’espace ? La question peut prêter à sourire, mais la Nasa a réellement réalisé des expériences en ce sens… sur des animaux. Le premier accouplement officiel en apesanteur a eu lieu en 1994 : il s’agissait de médakas (Oryzias latipes), une espèce de poisson abondante dans les rizières et couramment élevée en aquarium. La célèbre astronaute française Claudie Haigneré a participé à une expérience similaire en 1996, mais sur le triton, l’objectif étant là encore de déterminer si la fécondation naturelle et le développement embryonnaire d’un vertébré pouvaient avoir lieu en micropensanteur. Ces travaux ont permis de révéler des anomalies à certains stades du développement embryonnaire, au niveau de la division cellulaire et de la fermeture du tube neural.

Et chez l’homme ? Officiellement, la Nasa ne se prononce pas sur des possibles relations sexuelles entre astronautes dans l’espace. Même si en 1992, Mark Lee et Nancy Jan Davis, un couple marié, a participé à la même mission spatiale... Pour autant, l’Agence spatiale américaine s’intéresse vraiment à la question de la conception d’un bébé en microgravité. Une étude publiée en 2010 par trois scientifiques génère des désillusions : dans l’état actuel des choses, les radiations solaires semblent bien trop dangereuses pour la gestation. Les rayons cosmiques frappant un vaisseau au cours d’un long voyage réduiraient la concentration des spermatozoïdes chez l’homme et stériliseraient sans doute un œuf fécondé. Quand bien même le fœtus atteindrait son terme, son ADN aurait sans doute subi des mutations rendant les femmes stériles. Heureusement pour la survie de notre espèce, il reste toujours la fécondation in vitro.

• Étant toujours en apesanteur, a quoi ressemblerait l’être humain au bout de quelques générations ?

Nous n’avons pas connaissance d’une quelconque publication scientifique sur ce sujet à l’heure actuelle. Probablement car la fécondation dans l’espace est déjà un frein à l’heure actuelle. Toutefois, de nombreuses études montrent que les missions de longue durée dans l’espace présentent des risques pour la santé : en effet, en l’absence de force gravitationnelle, les cellules de l’organisme sont moins contraintes, ce qui perturbe leur organisation et leur stabilité qui se sont construites en corrélation avec la pesanteur terrestre. Sans oublier la forte exposition aux rayonnements cosmiques.

Ainsi, les astronautes voient leur organisme fragilisé : leur système immunitaire se dérègle, ce qui les rend plus vulnérables aux agents pathogènes, le risque de perte osseuse et de fracture augmentent, leurs capacités aérobiques (servant à produire de l’énergie à partir d’oxygène) diminuent. Leur masse musculaire fond, au niveau des jambes en particulier, d’où la nécessité de faire plusieurs heures d’exercice par jour pour ne pas perdre en force et en coordination : Thomas Pesquet teste actuellement une machine baptisée MARES dont la fonction est de mesurer la perte de masse musculaire liée à la microgravité et de trouver des exercices pour la limiter. Perdant de la masse musculaire et sous-estimant leurs besoins nutritionnels, les astronautes laissent prévoir que l’homme de l’espace sera plus mince qu’actuellement.

D’autres effets, encore moins visibles de l’extérieur, ont été constatés chez des astronautes effectuant des missions longue durée : leurs battements cardiaques deviennent irréguliers, et leur cœur… plus rond ! Ce qui rend cette pompe moins efficace. Sa santé mise à rude épreuve, il est également fort à parier que l’homme de l’espace devra trouver un moyen d’améliorer sa perception visuelle et son orientation spatiale, car ces deux éléments sont perturbés par la microgravité. Enfin, les rayonnements cosmiques n’épargnent pas le système nerveux de l’astronaute, et seraient à l’origine de maladies dégénératives. Pour coloniser l’espace, l’être humain devra trouver des solutions à ces multiples problèmes.

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