Renouée du Japon : terreur végétale dans la cour


Une plante asiatique, prisée en horticulture déviant le cauchemar partout ou elle s’installe. C’est une des plantes les plus envahissantes et la plus difficile à s’en débarrasser
Nuage

 

Renouée du Japon : terreur végétale dans la cour

 

Longtemps prisée par les horticulteurs pour ses fleurs blanches et ses tiges semblables à celles du bambou, cette plante — qui gagne du terrain au Québec — étouffe toutes les autres espèces sur son passage.

Une redoutable plante d’origine asiatique gagne du terrain au Québec : la renouée du Japon. Longtemps prisée par les horticulteurs pour ses fleurs blanches et ses tiges semblables à celles du bambou, elle étouffe toutes les autres espèces sur son passage.

Introduite en Europe par un explorateur allemand au XIXe siècle, repérée au Québec pour la première fois en 1918, c’est l’une des envahisseuses les plus nuisibles au monde. Elle peut croître de 8 cm par jour et atteindre 3 m de haut ; ses racines s’enfoncent jusqu’à 2 m de profondeur et peuvent s’étendre horizontalement sur une distance de 20 m ! Même de minuscules fragments restés en dormance dans le sol peuvent resurgir au bout de 10 ans.

Le biologiste Claude Lavoie, directeur de l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional de l’Université Laval, fait le point.

Quel est l’état des lieux au Québec ?

De tous les envahisseurs végétaux présents au Québec, c’est le plus difficile à éradiquer. La plante est en pleine expansion, en particulier sur les rives des cours d’eau, comme les rivières Chaudière, Etchemin et L’Assomption. On en trouve jusqu’à la Basse-Côte-Nord ! Et les changements climatiques vont certainement favoriser sa dissémination.

Les infrastructures sont-elles menacées ?

La renouée du Japon profite de toutes les ouvertures : elle peut s’infiltrer dans les fissures des fondations d’une maison, par exemple. Au Royaume-Uni, des entreprises spécialisées vendent des membranes qu’on pose directement sur les fondations pour les protéger des racines. Mais si le béton est sain, la plante n’ira quand même pas jusqu’à le faire craquer. En revanche, elle perce l’asphalte sans difficulté : elle peut « maganer » une entrée de garage ou une piste cyclable.

Comment l’éliminer ?

La faucher ne suffit pas : je connais des gens qui la fauchent toutes les deux semaines depuis quatre ans et ils n’en viennent pas à bout. Même les pesticides donnent des résultats mitigés. Il faut employer la manière forte : excaver. Si vous la laissez pousser, vous n’aurez bientôt rien d’autre sur votre terrain. C’est une envahisseuse extraordinaire.

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