Ce qu’il faut savoir du grave accident thérapeutique survenu à Rennes


Ailleurs, on parle de quatre autres patients souffrant de troubles neurologiques, dont trois pourraient avoir un handicap irréversible, dont un en état de mort cérébrale. Il s’avère qu’ils testaient sur des volontaires en vue d’un médicament pour les troubles de l’humeur. L’essai clinique en phase 1 pour l’homme n’a donc pas été réussit.
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Ce qu’il faut savoir du grave accident thérapeutique survenu à Rennes

 

Le laboratoire Biotrial spécialisé dans la conduite d'essais cliniques à Rennes. ©DAMIEN MEYER / AFP

Le laboratoire Biotrial spécialisé dans la conduite d’essais cliniques à Rennes. ©DAMIEN MEYER / AFP

Par Hugo Jalinière

Que s’est-il passé durant l’essai clinique qui a conduit à l’hospitalisation de 5 personnes et à la mort cérébrale d’une autre ? Quelle molécule était testée ? Combien de personnes sont concernées ? Les dernières infos.

6 personnes ont été hospitalisées au CHU de Rennes vendredi 15 janvier 2016 à la suite d’un grave accident survenu lors d’un essai clinique mené par la société Biotrial en Bretagne. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a donné une conférence de presse au CHU de Rennes pour livrer les dernières informations. Elle a notamment loué le sérieux de Biotrial, une société spécialisée dans la conduite d’essais cliniques dont l’inspection en 2014 n’avait révélé aucune anomalie. Un tel accident est inédit en France, où les essais sont rigoureusement encadrés.

Quelle était la molécule testée ?

« Contrairement à ce que j’ai pu entendre, ce médicament ne contient pas de cannabis, ni de dérivé », a précisé Marisol Touraine lors de sa conférence de presse.

En réalité, la molécule testée agit sur le système endo-cannabinoïde mais n’aurait rien à voir avec le cannabis. Le système endocannabinoïde désigne en fait un ensemble de récepteurs cérébraux impliqués dans différentes sensations comme l’euphorie, l’anxiété, la douleur, ou encore la faim. Ces récepteurs sont également sensibles aux substances cannabinoïdes, comme le cannabis.

La molécule développée par le groupe pharmaceutique portugais Bial visait à lutter contre les troubles de l’humeur et agir sur les systèmes naturels qui permettent de lutter contre la douleur.

Combien de volontaires participaient à l’essai ?

128 volontaires ont été recrutés dès juillet 2015. Mais seulement 90 personnes ont testé la molécule à des doses variables. 6 ont donc été hospitalisées, celles ayant reçu les plus fortes doses a précisé le professeur Gilles Edan, chef du pôle neurosciences du CHU de Rennes. La personne en état de mort cérébrale est la première à avoir été admise aux urgences du CHU de Rennes, le jeudi 7 janvier 2016. 84 personnes ont été ou doivent être rappelées par les coordinateurs de l’essai pour les informer de la situation et leur faire stopper le traitement.

Qu’est-ce qu’un essai clinique ?

Les essais cliniques sont une phase essentielle du développement des nouveaux médicaments. À mi-chemin entre la recherche en laboratoire – sur des cellules en culture ou des animaux (rongeurs, singes…) – et la prise en charge du patient, ce long processus se déroule en plusieurs phases et permet d’élaborer un produit fiable pour l’homme. La phase 1 d’un essai clinique correspond à la toute première utilisation d’une nouvelle molécule chez l’homme. Sur la base du volontariat et sous strict contrôle médical, la molécule est testée sur une période courte – quelques jours à quelques mois – et généralement sur des dizaines de personnes. Cette phase 1 consiste à évaluer la sécurité et la tolérance du produit.

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Maladies cardiaques : des cœurs vieux de 400 ans livrent leur secret


Cet été, il avait été question de Louise de Quengo enterré avec le coeur de son mari. Et d’autres dépouilles accompagnées d’une sorte d’étui en plomb pour conserver les coeurs. Grâce a notre technologie, des cardiologues ont pu établir la santé de certains de ces coeurs
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Maladies cardiaques : des cœurs vieux de 400 ans livrent leur secret

Un reliquaire en plomb contenant le cœur de Toussaint de Perrien, décédé en 1649. © Rozenn Colleter, Ph.D./INRAP

Un reliquaire en plomb contenant le cœur de Toussaint de Perrien, décédé en 1649. © Rozenn Colleter, Ph.D./INRAP

Par Lise Loumé

Une équipe de médecins a analysé des cœurs datant du 17e siècle et découverts à Rennes dans un état de conservation exceptionnel.

L’on peut penser que des pathologies cardiaques comme l’athérosclérose – maladie artérielle pouvant conduire à un accident vasculaire cérébral – sont l’apanage de notre société contemporaine. Or, il n’en est rien. La preuve avec l’analyse de cœurs vieux de 400 ans découverts dans plusieurs tombes dans le couvent des Jacobins, à Rennes. Ses résultats ont été dévoilés le 2 décembre 2015 par une équipe française de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) lors du congrès annuel de la société radiologique d’Amérique du Nord, qui se tient du 29 novembre au 4 décembre*. C’est cette équipe de recherche qui a découvert dans ce site archéologique de Rennes, entre 2011 et 2013, plus de 800 inhumations datant de la fin du 16e et du début du 17e siècle, dont l‘une des plus belles sépultures jamais trouvées en France, la Dame de Quengo.

L’état des cœurs révélé par imagerie médicale

Parmi ces 800 inhumations, les chercheurs ont trouvé dans des caveaux de familles de nobles 5 reliquaires en plomb (voir ci-contre), contenant des cœurs dans un état de conservation exceptionnel. Radiologues et médecins légistes ont été appelés à la rescousse pour les analyser. Ils se sont servis de deux techniques d’imagerie médicale : l’imagerie par résonnance magnétique (IRM) et la tomodensitométrie (« CT-scan » en anglais, un examen utilisant des rayons X pour visualiser les structures internes d’un corps ou d’un objet). Malheureusement, les techniques d’embaumement  utilisées pour conserver les cœurs – impressionnantes pour l’époque – n’ont pas permis d’analyse directe.

« Le matériel utilisé pour l’embaumement rendait l’examen difficile », souligne dans un communiqué l’auteur de l’étude Fatima-Zohra Mokrane, radiologue au CHU de Toulouse.

Avec ses collègues, elle a soigneusement nettoyé les cœurs, enlevé le matériel d’embaumement puis, utilisé une deuxième fois les techniques d’imagerie médicale.

Et cette fois, bonne nouvelle, les chercheurs ont pu identifier les différentes structures cardiaques, telles que les oreillettes, les ventricules, les valves et les artères :

Schéma simplifié du cœur. © Académie de Grenoble

Ils ont également réalisé des dissections et des coupes histologiques des cœurs afin d’examiner plus précisément les tissus cardiaques.

De l’athérosclérose sur des momies égyptiennes

Verdict : parmi les cinq cœurs, un ne présentait aucun signe de pathologie,et un autre n’était pas dans un état de conservation suffisant pour être analysé par les médecins. En revanche, les trois autres ont montré des signes de pathologie cardiaque.

« L’un présente de l’athérosclérose », précise le Dr Mokrane.

Cette maladie se caractérise par le dépôt d’une plaque essentiellement composée de lipides (on parle d’athérome) sur la paroi des artères. À terme, ces plaques peuvent entraîner la lésion de la paroi artérielle (sclérose), conduire à l’obstruction du vaisseau, ou encore se rompre, avec des conséquences parfois mortelles.

« On sait que l’athérosclérose est une maladie très ancienne, puisqu’elle a déjà été retrouvée et décrite chez les momies égyptiennes », précise à Sciences et Avenir la radiologue.

 À l’image du cas célèbre de Tamut, chanteuse du temple de Ré à Thèbes (actuelle Louxor) d’une trentaine d’années, momifiée au 9e siècle avant J.-C. Le scan de la jeune femme, d’une très grande précision, a mis en évidence la présence de graisse calcifiée à l’intérieur de l’artère de sa jambe droite, signe qu’elle souffrait d’athérosclérose (lireSciences et Avenir n°810, pages 42 à 45).

« Nous avons également observé sur ces cœurs des signes de cardiomyopathies dilatées et hypertrophiques », précise à Sciences et Avenir le Dr Fatima-Zohra Mokrane.

Les premières sont caractérisées par une dilatation des ventricules, diminuant la capacité du muscle cardiaque à assurer une fonction de « pompe », ce qui peut conduire à l’insuffisance cardiaque couplé à un risque de mort subite (quel que soit le stade de la maladie). Les cardiomyopathies hypertrophiques, quant à elles, désignent une hypertrophie d’une partie plus ou moins importante du muscle cardiaque, c’est-à-dire, une augmentation globale du poids de ce dernier.

Fait étonnant : les archéologues ont constaté lors de leurs fouilles que l’un des reliquaires en plomb – celui contenant le cœur de Toussaint de Perrien, chevalier de Brefeillac-Querbrézelec, décédé en 1649 – n’a pas été enterré avec sa dépouille mais avec celle de… son épouse, Louise de Quengo, dame de Brefeillac, décédée en 1656 à l’âge de 60 ans ! Le cœur a été prélevé lors de son décès puis conservé jusqu’au décès de la noble bretonne.

« Il était courant à cette époque d’être enterré avec le cœur de son époux ou épouse », souligne le Dr Fatima-Zohra Mokrane.

De quoi ajouter une note de romantisme à un enterrement…

* Source : communiqué du congrès annuel de la société radiologique d’Amérique du Nord

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Retour sur l’extraordinaire sépulture de la Dame de Quengo


 

Cette dame a laissé beaucoup d’indices sur la vie de son temps dans un couvent à Rennes en France. J’aurais bien aimé être a l’autre bout du monde pour assister dans quelques jours à la conférence sur la sépulture de Louise de Quengo
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Retour sur l’extraordinaire sépulture de la Dame de Quengo

Ce cercueil en plomb a été mis au jour en 2015 au couvent des Jacobins, Rennes (Ille-et-Vilaine). Il a été accidentellement perforé à la tête par un engin mécanique avant l’intervention des archéologues. © Rozenn Colleter, Inrap

Ce cercueil en plomb a été mis au jour en 2015 au couvent des Jacobins, Rennes (Ille-et-Vilaine). Il a été accidentellement perforé à la tête par un engin mécanique avant l’intervention des archéologues. © Rozenn Colleter, Inrap

Par Bernadette Arnaud

Le cercueil en plomb datant du 17e siècle découvert à Rennes vient de livrer ses trésors : le corps quasi intact d’une noble bretonne enveloppé dans une tenue complète !

SÉPULTURE. C’est sans doute l’une des plus belles sépultures du 17e siècle jamais trouvées en France. Découverte à Rennes parmi 800 inhumations mises au jour entre 2011 et 2013 dans le couvent des Jacobins par une équipe de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), un cercueil en plomb vient de livrer ses trésors après un an d’étude : un corps quasi intact enveloppé dans une tenue complète préservée des outrages du temps !

Un reliquaire en plomb contenant le cœur de son mari était disposé sur son corps

Retrouvé à la base d’un des murs de la chapelle de l’établissement dominicain, important lieu de pèlerinage et d’inhumation entre le 15e et 18e siècle, le cercueil en plomb a en effet permis l’étonnante conservation de la dépouille de Louise de Quengo, dame de Brefeillac, décédée en 1656 à l’âge de 60 ans. La noble bretonne était revêtue d’un habit religieux comme cela se faisait pour les élites laïques de l’époque, avec cape, chasuble, robe de bure, chemise en toile, jambières en sergé de laine et mules en cuir à semelle de liège. Louise de Quengo portait un scapulaire de dévotion autour de son bras droit et un crucifix dans ses mains jointes. Des bonnets et une coiffe couvraient sa tête, alors qu’un suaire délicatement posé enveloppait son visage.

Plus émouvant encore, un reliquaire en plomb contenant le cœur de son mari était disposé sur son corps (photo ci-dessus, © Rozenn Colleter, Inrap). Celui de Toussaint de Perrien, chevalier de Brefeillac-Querbrézelec, décédé en 1649 comme l’indiquait une inscription.

« Quand nous avons ouvert ce reliquaire, une puissante odeur de genièvre a envahi toute la salle d’autopsie », se souvient encore Rozen Colleter, archéo-anthropologue de l’Inrap.

Un moment d’émotion qui a marqué l’équipe. « Ce cœur se trouvait dans un sac de toile lui-même en forme de cœur », ajoute-t-elle.

En revanche, la Dame de Quengo ne possédait plus le sien. Au total, ce sont cinq reliquaires en forme de cœur qui ont ainsi été découverts dans les cinq autres cercueils en plomb exhumés lors des fouilles du couvent Jacobin.

« Cet ensemble est unique en Europe« , explique Rozenn Colleter.

Des techniques d’embaumement originales

L’analyse des étoffes, des essences végétales et des organes effectués lors de l’autopsie de la dépouille de Louise de Quengo ont été réalisées par les chercheurs du laboratoire d’Anthropologie moléculaire et imagerie de synthèse (CNRS) de l’université de Toulouse, et du service médico-légal du CHU de la ville, révélant ainsi les protocoles d’embaumement quelque peu curieux de l’époque. Il n’existait en effet aucune technique efficace pour conserver l’entièreté des corps des défunts qui devaient parfois, pour certains, être rapatriés de loin. Pour éviter le pourrissement et neutraliser les odeurs, crânes et cages thoraciques étaient alors découpés pour en extraire les substances organiques et les remplacer par des matières odoriférantes.

« Dans le cas de Louise de Quengo, nous avons pu constater l’habileté avec laquelle le chirurgien a découpé le cartilage des côtes, soulevé le sternum, incisé, effectué le prélèvement du cœur puis ligaturé », explique Rozen Colleter.

Une œuvre de professionnel, bien loin des descriptions du travail grossier des apothicaires et autres barbiers véhiculées par la littérature.

En outre, les parties du corps pouvaient être inhumés en différents endroits. A l’origine, il s’agissait d’un moyen de multiplier les lieux de dévotion, à l’instar de ce qui se pratiquait pour les reliques. Ce fut notamment le cas pour Bertrand Du Guesclin (1320-1380) qui souhaitait être enterré à Dinand : mais seul son cœur y a été conservé, son corps étant inhumé dans la Basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) avec les rois de France. De même pour Anne de Bretagne, dont le cœur restât à Nantes auprès de ses parents alors que le corps fut déposé dans la basilique royale. Dans le cas de Louise de Quengo, Rozen Colleter se prend à rêver :

« Son cœur se trouve peut-être quelque part dans un reliquaire de plomb conservé pieusement sur le corps de son époux. Qui sait… ».

A l’issu des analyses scientifiques, la dépouille de la Dame de Quengo sera réinhumée.

A l’occasion des Journées nationales de l’archéologie (JNA), qui se tiendront du 19 au 21 juin 2015, Rozen Colleter, anthropologue à l’Inrap, donnera à Rennes, une conférence sur l’étonnante sépulture de Louise de Quengo le 21 juin à 15h (réservation à prévoir). Le programme exhaustif des JNA et ses 1050 manifestations est disponible sur le site officiel.

L’un des corps découvert sur la fouille du couvent des Jacobins. Exceptionnellement bien conservé dans un cercueil en plomb, il passe ici au scanner.

© Rozenn Colleter, Inrap

Ces trois bonnets restaurés ont appartenu à Louise de Quengo.

© J. Guerrier, Materia Viva, Inrap

Les squelettes retrouvés dans les cercueils en plomb du couvent des Jacobins étaient bien conservés, notamment parce que les corps avaient été embaumés.

© Rozenn Colleter, Inrap

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France : Une dame oubliée pendant 23 heures dans la salle des coffres d’une banque


FRANCE

Être enfermée dans dans une salle de coffre dans une banque et sans que l’alarme sonne c’est le rêve de tous les voleurs … mais pas d’une vieille dame
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Une dame oubliée pendant 23 heures dans la salle des coffres d’une banque

 

vault bank

PHOTO FOTOLIA

RENNES – Une dame de 91 ans est restée enfermée pendant 23 heures, dans le noir, dans la salle des coffres d’une banque à Rennes, dans l’ouest de la France, oubliée par les employés samedi à la fermeture de l’établissement pour le week-end, a-t-on appris dimanche auprès de la police.

La nonagénaire s’était rendue samedi à 11 h 30 dans son agence bancaire de la BNP-Paribas, demandant à accéder à la salle des coffres où un employé de la banque l’a enfermée, conformément à la procédure.

À la fermeture de l’établissement – qui ne devait rouvrir que mardi selon la police – les employés sont partis en oubliant la cliente, qui n’avait pas de téléphone portable.

L’alerte a été donnée à la police vers 20 heures par son fils, inquiet de ne pas voir revenir sa mère, a indiqué le commissaire de police Pascal Serrand.

Après avoir passé en revue les divers endroits où la vieille dame aurait pu se rendre, la police s’est orientée vers l’agence de la BNP.

Contactés par la police, les services parisiens de la BNP ont «accepté d’envoyer deux agents de surveillance pour vérifier» si la dame se trouvait dans l’agence, a raconté le commissaire. «On en doutait un peu, mais on ne sait jamais…».

Les agents ont alors «entendu une petite voix qui sortait de la salle des coffres», a relaté le commissaire.

La nonagénaire a été délivrée dimanche à 10 h 30, «dans un bon état de santé physique et psychique, et sans aucune rancune», a souligné M. Serrand.

Une enquête est en cours pour déterminer les raisons pour lesquelles l’alarme qui aurait dû se déclencher n’a pas fonctionné, a indiqué le commissaire.

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