La renaissance dans les cendres de Fort McMurray


Les feux de forêts sont le malheur des uns et le bonheur des autres. La forêt boréale du Canada a besoin de ces incendies pour se régénérer. Les arbres ont des tactiques pour que leur mort puissent servir à redonner à leurs petits. Les insectes viennent profiter de ces endroits avec leurs prédateurs des oiseaux spécialistes des forêts incendiés.
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La renaissance dans les cendres de Fort McMurray

 

Des rejets de souche d'arbres feuillus comme les trembles et les peupliers apparaissent déjà, 7 semaines après le feu.

Des rejets de souche d’arbres feuillus comme les trembles et les peupliers apparaissent déjà, 7 semaines après le feu.   PHOTO : RADIO-CANADA/PHIL LAPLANTE

Un texte de Sylvain Bascaron

Deux mois après que l’incendie de Fort McMurray eut ravagé une partie de la ville et des milliers de kilomètres carrés de forêt, déjà, dans cette même forêt, la vie reprend ses droits. Sur un fond noir d’arbres brûlés et de cendres, des tiges vertes s’élancent, des insectes s’installent et des oiseaux de nuit les pourchassent.

Si, pour l’humain, le feu est un ennemi mortel, pour les arbres de la forêt boréale, c’est un ingrédient absolument nécessaire.

Voyez comment la forêt de Fort McMurray reprend vie

La chercheuse du Service canadien des forêts Sylvie Gauthier explique que la forêt boréale est « adaptée au fait que les feux vont revenir à des intervalles plus ou moins fréquents. C’est une forêt où les espèces d’arbres ont développé toutes sortes d’adaptations pour faire face au fait que ces perturbations reviennent régulièrement ».

« Le tremble, par exemple, va subir les affres du feu, il va mourir, mais produira des rejets de souche en grande quantité suite au passage du feu. Le pin gris, poursuit-elle, qu’on retrouve dans les forêts qui ont brûlé, dépend vraiment du feu. Ses cônes, qui sont fermés par une cire, exigent qu’il y ait un feu pour s’ouvrir et répandre leurs graines. »

Les experts du feu

Il n’y a pas que les arbres qui sont adaptés à la présence récurrente du feu; des espèces d’insectes et d’oiseaux sont aussi des experts du bois brûlé. Au nord de Fort McMurray, un autre feu, plus grand que celui de cette année, a ravagé 7000 kilomètres carrés en 2011. Une équipe de biologistes de l’Université de l’Alberta s’y est installée pour l’été, et la doctorante Elly Knight compte y étudier l’engoulevent.

L'engoulevent est un oiseau de nuit qui vit dans les forêts brûlées et qui arrive facilement à s'y camoufler.

L’engoulevent est un oiseau de nuit qui vit dans les forêts brûlées et qui arrive facilement à s’y camoufler.   PHOTO : RADIO-CANADA/PHIL LAPLANTE

« Cet oiseau de nuit est considéré comme un spécialiste des forêts brûlées, explique la chercheuse. Il a besoin d’espaces plus ouverts pour se nourrir, parce qu’il capte des insectes en plein vol, et les brasiers ouvrent de tels espaces. Il se nourrit plus spécifiquement de gros insectes, comme des coléoptères capricornes qui, eux, sont attirés par le bois brûlé dont ils se nourrissent. »

L’engoulevent qu’étudie Elly Knight est considéré comme une espèce menacée au Canada. Pourtant, la densité de sa population est très élevée au nord de Fort McMurray. La chercheuse n’a pas de preuve, mais elle croit que c’est possiblement un des endroits dans le monde où l’espèce est le plus présente. Et avec le feu qui vient de se produire à Fort McMurray, il y a fort à parier que l’engoulevent profitera de ce nouveau territoire au cours des prochaines saisons.

Une occasion unique pour les chercheurs

Les scientifiques auxquels nous avons parlé admettent que le feu de cette année est une catastrophe naturelle indescriptible pour les gens de Fort McMurray. Toutefois, ils y voient aussi une occasion unique, un laboratoire naturel qu’ils voudraient étudier de plus près.

Alexandre MacPhail fait partie de l’équipe de bio-acoustique de l’Université de l’Alberta, présentement déployée dans la région de Fort McMurray.

« Ce serait génial de faire de la recherche à cet endroit, pense-t-il. Les feux ne se produisent pas souvent si près des centres urbains. Beaucoup ont lieu dans des communautés rurales ou, pire, à des endroits où personne ne vit, et où on les laisse brûler. »

« Ce feu est un désastre, précise-t-il, mais il nous permet d’étudier la régénération d’une forêt à quelques minutes de marche d’une grande ville. »

Le coordonnateur logistique de l'équipe de bio-acoustique de l'Université de l'Alberta Alexandre MacPhail.

Le coordonnateur logistique de l’équipe de bio-acoustique de l’Université de l’Alberta Alexandre MacPhail.   PHOTO : RADIO-CANADA/SYLVAIN BASCARON

Changements climatiques

Si les assises de la régénération de la forêt boréale sont jetées dans les cinq années suivant un incendie, le statut de forêt mature ne lui est conféré qu’après 90 à 120 ans.

Avec les changements climatiques, explique Sylvie Gauthier, « les projections semblent indiquer que la fréquence des incendies sera plus élevée, que les aires brûlées seront supérieures et que la forêt aura de la difficulté à se refermer parce que les intervalles entre les feux pourraient raccourcir ».

Un terrain où il ne reste plus que quelques troncs d'arbres calcinés.

Ce site qui a brûlé deux fois, à six ans d’intervalle (2008 et 2014), représente un accident de régénération.   PHOTO : RESSOURCES NATURELLES CANADA/MARC PARISIEN

Si deux incendies se produisent à moins de cinq années d’intervalle, on assiste alors à un accident de régénération.

 La chercheuse du Service canadien des forêts explique que « dans ce cas-là, les arbres n’ont pas eu le temps d’être matures sexuellement, donc n’ont pas eu le temps de stocker assez de graines pour régénérer la forêt ou ne sont pas assez vieux pour donner des rejets de souche ».

La nouvelle forêt mettrait alors plus de temps à reprendre ses droits, et le ferait avec une moins grande densité. Si les projections se confirment, et que les incendies sont plus fréquents, on peut donc s’attendre à des changements importants dans la forêt boréale.

http://ici.radio-canada.ca/

Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie: la schizophrénie


Être schizophrène n’a pas toujours été reconnu dans l’histoire de l’homme. Le pire moment pour être un schizophrène n’était pas dans l’Antiquité, mais plutôt au Moyen-Âge ! Juste à penser à la chasse aux sorcières, ces personnes étaient plus souvent qu’autrement accusé de faire un pacte avec le démon. Heureusement, au fil des siècles, cette maladie mentale est mieux comprise et des traitements ont été conçus pour aider ces personnes à mener une vie « normale »
Nuage

 

Il était une fois la maladie: la schizophrénie

 

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

La schizophrénie à travers les âges

Dans un premier temps, effectuons ce survol rapide de la perception de la maladie mentale dans la médecine occidentale :

L’Antiquité

Vème siècle av. J.-C.

Pythagore : Il est le premier à affirmer que le cerveau est le siège de l’intelligence et des maladies mentales.

Platon : Il enseigne que le principe vital est l’âme. Il illustre le conflit existant entre la raison, l’ordonné, le rationnel, et les appétits inférieurs désordonnés.

IVème siècle av. J.-C.

Aristote : Il décrit la notion de conscience qui est composée selon lui de trois piliers : sensation, conation (effort qui permet la naissance de la volonté) et l’affectivité.

Ier siècle av. J.-C.

Cicéron : Selon lui, l’homme est le seul responsable de son comportement, qu’il soit normal ou non.

1er siècle

Soranus : Il affirme pouvoir guérir les malades mentaux en parlant avec eux de sujets qui les intéressent ou dont ils ont peur.

Le Moyen Âge

IVème siècle

Saint-Augustin : Il est le premier à parler du pouvoir de l’introspection. Il écrit que l’homme doit se livrer à un examen rigoureux de lui-même, mais aussi bénéficier de l’aide spirituelle de Dieu.

XIIIème siècle

Saint Thomas d’Aquin : Comme Aristote, il croit que le cerveau est le siège des maladies mentales mais croit que le diable peut arrêter complètement la raison en troublant l’imagination et l’appétit sensible, comme cela se voit chez les possédés.

XIIIème siècle

La chasse aux sorcières. Transes, expériences oniriques, hallucinations, hystéries et psychoses délirantes sont le lot de ces «êtres faibles», fort probablement plus des malades mentaux que des possédés du démon. Mais comme il était admis que seul Dieu ou le diable avaient la possibilité de connaître l’avenir, gare à ces «sorcières et sorciers» qui se permettaient de prédire l’avenir. Le leur s’arrêtait souvent bien brusquement sur le bûcher.

La Renaissance

XVème siècle

L’expérience humaine redevient à la mode. L’étude des classiques, bannie au Moyen Âge, permet de commencer à dissocier maladie mentale et démons.

XVème siècle

Paracelse : Cet illustre alchimiste et penseur prend position contre les chasseurs et les brûleurs de sorcières.

L’ère moderne

XVIème siècle

Félix Platter : Ce médecin débute une classification des maladies mentales. Selon ce docteur, la plupart de celles-ci sont dues à des lésions du cerveau, sauf les fantasmes sexuels, qui seraient dus à l’œuvre de Satan. On ne peut pas se libérer de tous les démons si rapidement…

Jean Weir : À l’exemple de Paracelse, il condamne les bûchers et les chasseurs de sorcières. Il y consacre un livre, De praestigiis daemonarium (De l’imposture du démon) qui lui vaudra le sobriquet de «weirus heraticus». Dans son livre, il affirme que les sorcières devraient être soignées par des médecins plutôt que brûlées par des ecclésiastiques.

XVIIème siècle

Le roi Louis XIV : Il ouvre l’Hôpital général de Paris en 1656. Y sont amenés tous les pauvres de Paris (environ 5 000 personnes, les autres 35 000 ayant fui hors des murs pour ne pas y être conduits) et les malades mentaux dans le but de les éduquer et les remettre au travail. L’hôpital devenait un outil du roi pour contrôler les mendiants, les malades mentaux et les handicapés.

XIXème siècle

Philippe Pinel : Ce psychiatre définit la maladie mentale comme une atteinte physiologique provoquée par des émotions. Il décide de l’abolition de l’usage des chaînes pour retenir les malades mentaux et exige des traitements plus humains envers ces malades. Il publie en 1801 le Traité médico-philosophique sur l’aliénation mentale, dans lequel il classe toutes les maladies mentales en quatre genres : la mélancolie, la manie, la démence et l’idiotisme.

Bénédict Augustin Morel : Il a été l’un des premiers psychiatres à parler de démence précoce et à établir un classement des maladies mentales basé sur les causes et non sur les symptômes. Il publie un premier traité en 1852 : Traité des maladies mentales en deux volumes.

Emil Kraepelin : Il est considéré comme l’un des pères de la psychiatrie. Il publie en 1883 le Compendium der Psychiatrie et effectue une classification originale des troubles psychiatriques selon deux types qu’il nomme la maniaco-dépression et la démence précoce (dichotomie de Kraepelin).

XXème siècle

Sigmund Freud : La folie est un comportement dicté par les forces refoulées de l’inconscient, selon Freud. C’est la naissance de la psychanalyse.

Eugen Bleuler : Il conteste le terme «démence précoce» de Kraepelin, et lui préfère un nouveau mot : schizophrénie, qui illustre mieux cette scission ou fragmentation de l’esprit. Il attribue la schizophrénie à une défaillance des mécanismes associatifs du cerveau. Carl Jung a fait partie de ses assistants et il eut l’occasion de souvent rencontrer Sigmund Freud et d’avoir de nombreux échanges avec celui-ci.

Schizophrénie : le cerveau, cet inconnu

Le terme schizophrénie n’est apparu dans la littérature médicale qu’au début du vingtième siècle. Mais la maladie est probablement aussi vieille que toutes les autres maladies mentales. Un survol rapide des grandes dates dans l’évolution de la connaissance sur les troubles mentaux nous révèle trois grandes étapes : l’hypothèse physiologique, l’hypothèse religieuse, et le retour à la conception physiologique. Nous en avons illustré précédemment les principaux jalons ainsi que les tenants des diverses théories. Le lecteur comprendra qu’il ne s’agit ici que d’un survol rapide, presqu’un clin d’œil, sur l’histoire de la maladie mentale.

Les médecins, penseurs et philosophes de l’Antiquité, tant grecque que romaine, semblaient reconnaître l’origine physiologique de la maladie mentale. En effet, tant Pythagore que Socrate, Platon et Cicéron, reconnaissent le cerveau comme étant le siège de l’intelligence humaine. Cicéron ajoutera même qu’il est inutile de blâmer les dieux pour les problèmes de santé mentale des humains :

«L’homme est le seul responsable de son comportement, qu’il soit normal ou morbide», écrivit-il.

Le Moyen Âge allait marquer une nouvelle ère. Aux questions soulevées par les guerres, les grandes épidémies, la pauvreté et toutes les misères qui pouvaient se présenter, une nouvelle réponse s’était imposée : la religion. Seule compte la foi. C’est ainsi que le psaume 53 reprend du gallon. «Le fou est celui qui dit en son cœur que Dieu n’existe pas». Les maladies mentales sont considérées surtout comme une punition faisant suite à un ou à des péchés graves ou à des désordres moraux commis par le patient même, un membre de sa proche famille, ou ses ancêtres. Et pour les traitements, l’exorciste est bien plus souvent appelé que le médecin…

Soulignons l’œuvre de saint Thomas d’Aquin, qui prône que la plus grande des sciences est la théologie, à laquelle toutes les autres sont subordonnées, y compris la médecine. L’apogée de cette époque se terminera par une gigantesque chasse aux sorcières.

L’arrivée de la Renaissance et des intellectuels qui lisent les textes antiques accorde de plus en plus de crédit aux théories promouvant l’origine physiologique, et non plus démoniaque, des troubles mentaux.

Du XVIème au XIXème, la maladie mentale fut de mieux en mieux comprise, mais les traitements demeuraient fort limités.

Le vingtième siècle

Bien sûr, l’arrivée des médicaments de première, de deuxième et de troisième génération ont pu améliorer grandement la vie des personnes souffrant de schizophrénie. Des recherches sont aussi fort prometteuses.

Ainsi, le docteur Alexander Niculescu et son équipe de l’Indiana University School of Medicine viennent de publier dans un article de la revue Molecular Psychiatry une cartographie génétique de la schizophrénie. Il s’agit peut-être ici d’un premier pas vers des médicaments plus performants et des thérapies mieux individualisées et fort prometteuses. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2011, vingt-quatre millions de personnes dans le monde seraient atteintes de cette maladie.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Le Saviez-Vous ► Alde Manuce, imprimeur vénitien du XVIe siècle, a été le Steve Jobs de la Renaissance


Les débuts de la création des livres a suivi une route de changement pour rendre plus accessible à tous ceux qui savaient lire à la fin du XVe siècle, est semblable aux changements des journaux et livres en papiers via la tablette, le téléphone
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Alde Manuce, imprimeur vénitien du XVIe siècle, a été le Steve Jobs de la Renaissance

 

Les Odes d'Horace imprimées par Alde Manuce | via Wikimedia Commons (domaine public)

Les Odes d’Horace imprimées par Alde Manuce | via Wikimedia Commons (domaine public)

Nonfiction et Catherine Kikuchi

L’in-octavo, «livre de poche» de la Renaissance, a révolutionné les modes de lecture et d’écriture: on pouvait finalement emporter les livres au boulot… Événement tout aussi révolutionnaire que le passage au numérique.

En février 1455 était achevée la Bible de Gutenberg, le premier livre imprimé avec des caractères amovibles. Soixante ans après, en février 1515, mourait Alde Manuce, un des plus grands imprimeurs de la Renaissance. Au cours de cette période, l’imprimerie avait été implantée partout en Europe; on trouvait des livres produits par cette méthode dans toutes les villes, dans toutes les cours. Si certains intellectuels de la fin du XVe siècle ont été réticents à accepter la nouvelle technologie, la plupart l’ont accueillie comme un don de Dieu qui permettait la large diffusion des lettres et des connaissances.

Peut-être est-il nécessaire de se rappeler ces grandes figures du développement de l’imprimerie à une époque où le livre perd de son importance face à de nouveaux modes de lecture. Il ne s’agit certainement pas de le déplorer –ce site montre tous les usages féconds que l’on peut faire du numérique pour la diffusion de l’écrit!– mais davantage de se rappeler les évolutions dont le numérique lui-même est tributaire.

Alde Manuce, imprimeur élitiste

Alde Manuce, imprimeur et éditeur vénitien de la fin du XVe siècle, vivait lui aussi une époque de changements. Ce n’était pas un génie isolé, mais quelqu’un qui a su s’entourer des bonnes personnes pour faire fonctionner son entreprise éditoriale: l’édition et la diffusion des classiques grecs et latins. Alde était un humaniste avant toute chose, c’est-à-dire quelqu’un qui croyait au renouveau des lettres antiques et aux leçons que les hommes devaient en tirer. L’imprimerie était pour lui l’instrument par excellence de cette renaissance.

Pourtant, ce n’était pas un révolutionnaire. Les livres d’Alde étaient assez chers par rapport aux autres livres imprimés; ils étaient destinés à un public de connaisseurs lisant les classiques dans leur langue originale; il ne s’encombrait pas de production populaire ou de diffusion courante. Non, lui, ce qu’il voulait diffuser, c’était Aristote en grec, Ovide, Platon, ou des œuvres italiennes contemporaines hermétiques. Il a certainement fait beaucoup pour la diffusion des lettres dans une certaine élite intellectuelle européenne; mais en cela, il ne faisait finalement qu’exploiter une invention qui servait ses idéaux, sans la modifier en profondeur.

L’invention du «livre de poche» médiéval 

C’est dans le support même qu’il a réussi à innover. Les imprimeurs souffraient dans les premières années d’un sérieux complexe d’infériorité par rapport aux copistes: les manuscrits étaient des objets de luxe, personnalisés, avec des reliures et des enluminures qui en faisaient des œuvres d’art autant que des objets de savoir; les imprimés par contre étaient souvent perçus comme une production de masse bas-de-gamme, que certains collectionneurs méprisaient. C’est pourquoi les premiers livres imprimés ont cherché à copier le modèle manuscrit pour devenir des sortes de «manuscrits imprimés»: la mise en page était la même, les caractères étaient copiés d’écritures manuscrites, on laissait de la place pour des miniatures,… Or, Alde est l’un des premiers à avoir adopté des modèles de livres qui s’adaptent véritablement à l’imprimé, sans vouloir à tout prix copier les modèles existants. Il a produit de façon systématique de petits formats, les in-octavo, précurseurs des «Folio» ou «Livre de poche» actuels; il a adapté l’écriture à ces nouveaux formats; la mise en page était bien plus aérée… Tout était fait pour faciliter l’utilisation et la lecture

Finalement, l’’idée était de faire du livre imprimé un outil d’étude courant pour les lettrés qui les achetaient; cette évolution était rendue possible par la baisse significative de prix par rapport au livre manuscrit: l’imprimé restait un objet cher, mais ce n’était plus un objet de luxe, apanage seulement des plus riches. Les petits formats étaient destinés à un public d’administrateurs, qui ne pouvaient pas rester toute la journée dans le secret de leur propre cabinet, et devaient donc pouvoir transporter leurs livres, afin de méditer sur Platon entre deux écritures de chancellerie. Les caractères comme la mise en page ont dû s’adapter à ce nouveau format. De plus, la mise en page aérée permettait toujours la prise de note dans les marges et donc la personnalisation de ces volumes: des livres humanistes créés par un imprimeur humaniste, qui comprenait les besoins de ce nouveau marché.

Aujourd’hui, le numérique 

Repensons à la manière dont l’écriture s’est adaptée au numérique. Au début, les journaux ont cherché à rendre la lecture de leurs articles sur internet le plus proche possible d’une lecture «papier»; les numéros sont toujours disponibles en version pdf pour les lire comme si on l’avait entre nos mains; les liseuses également cherchent à reproduire l’expérience du livre traditionnel. Pourtant de nouveaux modes d’édition électronique apparaissent progressivement: on adapte la mise en page, on utilise des renvois, des liens hypertextes pour exploiter les possibilités d’internet… les habitudes de lecture et d’écriture s’adaptent. Les textes mis en ligne ou en format numérique ne sont plus de simples copies des pages imprimées. On ne lit plus son journal en prenant son café au petit-déjeuner, mais dans le métro; les éditeurs doivent donc s’adapter à une lecture plus rapide, une lecture sur des écrans d’ordinateur, de tablettes ou de téléphones portables, avec des écrans petits et tactiles. Tous ces changements qui nous rappellent singulièrement les changements progressifs des premiers temps de l’imprimerie.

Nouveau support, nouvelle manière de lire (et d’écrire)

La notoriété d’Alde Manuce en tant qu’humaniste et en tant qu’éditeur lui a permis de généraliser les changements de format, d’écriture et de mise en page qui lui semblaient les plus aptes à aider l’étude des lettrés de son temps. Il a de fait étendu certaines habitudes à l’ensemble de l’industrie du livre, en exploitant les transformations techniques et technologiques de son temps.

Bien sûr, tout ne s’est pas fait en un jour. Il restait des personnes attachées au manuscrit, comme il reste toujours des personnes aujourd’hui attachées au livre «papier». Il ne s’agit pas d’effacer l’un au profit de l’autre, mais de lire les uns à la lumière des autres.

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ►16 techniques de torture : ils en avaient de l’idée au Moyen-Âge !


Une autre série de supplices pour les condamnés à mort. C’est incroyable comment l’être humain au nom d’une justice jugeait bon de les massacrer de la pire manière
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16 techniques de torture : ils en avaient de l’idée au Moyen-Âge !

 

« Comment faire souffrir le plus efficacement et le plus lentement possible un accusé » ?

Telle était l’une des questions centrales que se posaient moult bourreaux, affiliés civils à la justice et autres membres du clergé rattachés au secteur judiciaire.

Utilisée au Moyen-Âge comme procédé infaillible pour connaître la vérité de manière « rationnelle » (agissements sur le physique), la torture a profité de l’ingéniosité technologique de l’homme… et de ses personnalités sadiques.

De la sorcellerie au crime de lèse-majesté (atteintes au souverain quelles qu’elles soient), il était vital de châtier dans les règles de l’art, dans l’espoir d’un repentir sincère !

Voici 16 techniques de torture qu’on ne souhaiterait même pas à nos pires ennemis…

1. La cage

La personne était enfermée dans une cage en forme de corps humain. Elle était ensuite hissée dans les airs à la vue de tous, jusqu’à la mort du supplicié. Si les corbeaux n’arrivaient pas avant…

2. Le berceau de Judas

Il porte bien son nom. Technique prisée lors du temps de l’Inquisition (entre les 12ème et 14ème siècles), le condamné était tiré vers le haut et placé « assis » au niveau de la pointe (sur l’anus ou le vagin). Puis la personne était descendue lentement, son orifice s’écartant de plus en plus. Pour accentuer la douleur, rien de plus facile que de remonter le supplicié quelque peu, avant de le refaire tomber lourdement…

3. La scie

Suspendue par les pieds, le bourreau sciait lentement la victime à partir de l’entrejambe. La position permettait au sang de se concentrer vers la tête. Ainsi la victime restait le plus longtemps possible en vie et conscient.

4. L’écartèlement

Avec l’aide de chevaux, c’était un moyen d’exécution pour les crimes graves : les membres (bras et jambes) étant littéralement arrachés sous le coup de la puissance et de la rapidité de chevaux lancés simultanément au galop. Également torture judiciaire, les chevalets étaient customisés à l’envie des bourreaux. Exemple : il pouvait y avoir des lames au niveau du dos pour une plus grande efficacité.

5. Le briseur de genou

Le genou était placé entre les deux barres en bois munies de gros piques. Il ne restait plus qu’à serrer, et serrer… et clac.

6. L’âne espagnol

Les victimes étaient placées nues sur la pointe triangulaire. Puis des poids étaient attachés aux chevilles. Pendant plusieurs jours, la victime était lentement sectionnée en deux…

7. La poire d’angoisse

C’est une boule qui s’élargit grâce à une vis. Elle était utilisée pour punir les homosexuels, les femmes soupçonnées d’avoir couché avec le diable, les menteurs et les blasphémateurs. Insérée dans les orifices, je ne vous fais pas un dessin quant à la suite de ce qu’il se passait…

8. La fourchette de l’hérétique

Utilisée pendant la Renaissance, elle était attachée au cou du condamné. Chaque extrémité était placée au niveau du cou et du sternum. Après avoir attaché la personne debout, le petit outil très ingénieux permettait de priver son porteur du sommeil.

9. Le supplice du rat

La torture de base. Un seau retourné sur le ventre du supplicié, un rat retenu captif dessous. Il ne reste plus qu’à chauffer intensément l’objet. Paniquée, la « petite » bestiole creusait le ventre de la personne à grands coups de griffes et de dents pour essayer de s’en sortir.

10. L’araignée espagnole

Inventé pour les femmes, ce charmant ustensile était chauffé à blanc puis fixé sur la chair au niveau des seins. Si la poitrine n’était pas violemment arrachée par le bourreau, la victime était suspendue au plafond. Sous leur poids, la peau s’étirait… augmentant le saignement. Bref.

11. La manivelle intestinale

Une petite incision au niveau de l’abdomen, un crochet positionné sur l’intestin grêle, une corde, une manivelle… et le tour est joué ! Il n’y a plus qu’à éviscérer centimètre par centimètre. Sachant qu’on peut faire sortir de 3 à 6 mètres de ces charmants boudins que nous avons dans le bide…

12. La torture par l’eau

Tout de suite, on pense à ce cher Jacquard (Christian Clavier, dans « Les Visiteurs »). Le condamné, allongé, était forcé de boire une énorme quantité d’eau. Selon la gravité des actes et de la sentence, de 6 à 12 litres d’eau étaient utilisés.

13. L’empalement

Le concept : forcer une personne à « s’asseoir » sur un pieu large et long. Ensuite mise à la verticale, la victime descend petit à petit le long de la barre à cause de son poids. Plusieurs jours étaient parfois nécessaires pour voir la victime succomber.

14. L’écraseur de tête

Il fait mot pour mot ce que son nom en dit, sobrement. Les dents y passaient en premier, suivies des yeux et du cerveau…

15. L’arracheur de langue

De la taille d’une pince ou d’un sécateur, ses lames n’étaient pas coupantes. En revanche, elles permettaient d’attraper fermement une langue. Un coup sec de la part du bourreau et vous vous retrouviez muet

16. Le supplice de la roue

Le condamné à mort, après avoir eu les membres et la poitrine brisés, restait exposé sur une roue jusqu’à ce que mort s’ensuive. Sentence réservée aux hommes. Un peu de galanterie quand même, dans ce monde de brutes.

http://www.demotivateur.fr/

Le Saviez-Vous ► 8 tendances beauté très douloureuses qui ont marqué l’histoire


Les critères de beauté à travers les siècles ont suivi certaines modes, mais non sans risques. Les femmes ont souffert, et même sont mortes pour parvenir à suivre les standards de l’époque. Aujourd’hui, cela a changer, mais malheureusement, les risques peuvent être tout aussi grands, nous avons juste a penser aux régimes miracles, au corset qui réapparaît, etc.
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8 tendances beauté très douloureuses qui ont marqué l’histoire

Longtemps, les femmes ont altéré leur apparence pour entrer dans les canons de beauté de l’époque. Des pieds bandés aux corsets en passant par le réducteur de menton, zoom sur 10 tendances beauté complètement sadiques qui ont marqué l’histoire au féminin.

1/Les pieds bandés

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Née au début du Xe siècle en Chine, la coutume des pieds bandés est restée pendant plus d’un millénaire le symbole ultime de la féminité pour bon nombre de Chinoises. Mais pour atteindre cet idéal, il fallait passer par une douleur physique très intense. Le bandage des pieds commençait à l’âge de cinq ou six ans et nécessitait environ deux années de calvaire pour que leur taille atteigne environ 7,5 centimètres. D’abord trempés dans de l’eau chaude et des herbes médicinales, les orteils des petites filles – à l’exception du gros – étaient ensuite pliés contre la plante du pied et tenus 24/24 par des bandages et des chaussures pointus. Ainsi, la forme que prenait le pied était-elle censée représenter un bouton de lotus. Interdite par le gouvernement en 1912, la pratique des pieds bandés a pourtant continué pendant quelques années encore. Outre les orteils nécrosés et les lésions articulaires, on estime à 10% le taux de mortalité chez les jeunes Chinoises des suites d’une septicémie.

2/Le corset

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Une silhouette en forme de sablier, une taille ultra fine et une poitrine soutenue, voilà ce que promettait le corset. Apparu pour la première fois à la cour d’Espagne au XVIe siècle (Renaissance), cet accessoire ultra rigide a modelé le corps de la femme jusqu’au début du XXe siècle. Durant plusieurs décennies, dames et demoiselles ont donc enduré les pires souffrances pour la finesse de leur taille : organes comprimés, capacités pulmonaires diminuées, côtes déplacées, muscles atrophiés, constipation ou encore malaises dû au manque d’air.

Remisé au placard aux alentours des années 1910, le corset a malheureusement fait un retour remarqué ces dernières années. Jessica Alba, Kate Middleton et surtout Kim Kardashian n’ont ainsi pas hésité à vanter les mérites du « régime corset ». Décrié par les spécialistes, ce « court-circuit gastrique » fait pourtant de plus en plus d’adeptes parmi les jeunes femmes qui rêvent des courbes surnaturelles de la célèbre Kim K.

3/Les gouttes de Belladone

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On le sait aujourd’hui, la Belladone est une plante très toxique, ses baies noires contenant de l’atropine. Mais celle que l’on surnomme la cerise du diable a pourtant longtemps été étroitement liée à la femme.

Au Moyen-Âge, on racontait ainsi que les sorcières mélangeaient la Belladone à d’autres plantes toxiques pour créer une pommade. Une fois appliqué sur la peau, ce baume leur donnait alors l’impression de pouvoir voler ou de parler à Satan lui-même.

Plus tard, à la Renaissance, la Belladone est devenue l’atout beauté des Italiennes. Ces dernières préparaient des gouttes à base des baies noires de la plante qu’elles pressaient ensuite dans leurs yeux. Les gouttes dilataient leurs pupilles et leur prodiguaient de profonds yeux noirs censés donner une illusion de pureté et d’innocence. C’est d’ailleurs de cette pratique que vient le nom de la fleur, « Belladonna » voulant dire « belle femme » en italien.

Si cette tendance beauté véhicule une certaine aura de mystère, elle n’en reste pas moins douloureuse. Les gouttes de Belladone pouvaient provoquer le strabisme, l’incapacité à se concentrer sur des objets, des palpitations cardiaques, et une possible et irrévocable perte de la vue.

4/Le fard au plomb

Élisabeth 1re d'Angleterre

Élisabeth 1re d’Angleterre

Au XVIe et XVIIe siècle, les femmes veulent plus que tout ressembler à la reine Élisabeth 1re d’Angleterre. Comme la souveraine, elles s’appliquent ainsi sur le visage un fard blanc épais à base de céruse – ou carbonate de plomb – et de vinaigre. Résultat ? Un teint très pâle mais aussi la possibilité de camoufler les traces laissées par la petite variole. Au XVIIIe siècle, les marques de cosmétiques vont même jusqu’à commercialiser des fards au plomb comme le « Bloom of Ninon de l’Enclos » (inspiré de la courtisane du même nom) Mais la beauté a un prix et les femmes qui utilisaient ces fards s’empoisonnaient en fait à petit feu tout en souffrant d’effets secondaires peu ragoutants (peau asséchée, constipation, apparition de cheveux gris, douleurs abdominales, paralysie, défaillance des organes). Tout un programme.

5/Le régime à l’arsenic

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L’arsenic est probablement l’un des poisons les plus célèbres. Mais si sa toxicité a été prouvée il y a bien longtemps, cela n’a pas empêché les femmes de l’utiliser comme arme de beauté massive. A la Renaissance (décidément, quelle belle époque), alors que la mode est au front bien dégagé, les dames de la cour décident de s’épiler le visage avec de l’orpiment – ou arsenic jaune.

Puis au XIXe siècle, l’utilité de l’arsenic change. Comme le rapporte Mental Floss , le poison se consomme alors en pilule et est censé « donner un teint frais, des yeux brillants et apporter un embonpoint sexy » à celle qui se plie au traitement. Malheureusement, ce qu’on ne disait pas à ces demoiselles, c’est que l’arsenic en gélule les empoisonnait peu à peu et apportait avec lui diarrhée, vomissements, sang dans l’urine, crampes musculaires, douleurs à l’estomac, perte de cheveux et convulsions.

6/Les perruques au saindoux

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Le XVIIIe siècle est marqué par la mort de Louis XIV et l’apparition des Lumières. Et si on visualise assez bien le look de la femme de l’époque – corset, jupons, visage poudré de blanc, postiche XXL – on sait moins que ces dernières allaient jusqu’à badigeonner leurs perruques de saindoux (substance blanche à base de graisse de porc) pour que leurs coiffes en forme de pièce montée tiennent en place.

Résultat ? Le saindoux attirait les poux qui attiraient ensuite les rats. A la nuit tombée, les courtisanes et autres femmes de la cour se voyaient donc obligées d’enfermer leurs postiches en cage pour éviter que les rongeurs ne viennent dévorer le tout. Pas forcément douloureux mais pas très hygiénique non plus.

7/Le détecteur de défauts

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Dans le genre objet de torture, je demande le « Beauty Micrometer » de Maksymilian Faktorowicz. En 1909, l’homme lance sa marque de cosmétiques sous le nom de Max Factor, ses produits deviennent vite les meilleurs alliés des stars de cinéma hollywoodiennes et il réussit même à populariser le mot  » make-up « . Mais Max Factor n’est pas seulement un entrepreneur richissime, c’est également un innovateur.

En 1932, il lance donc le « Beauty Micrometer », un instrument en acier censé repérer les défauts physiques d’une femme, défauts ensuite camouflés à l’aide d’une bonne dose de maquillage. Si vous avez vu Hellraiser et Saw , vous comprenez pourquoi on parle d’objet de torture.

8/L’opération des « pieds obèses »

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On appelle ça la « stiletto surgery » ou « chirurgie de l’escarpin ». Pour être à l’aise sur leurs talons de 12, les Américaines n’hésitent plus à passer sur le billard pour se faire injecter du gras dans le talon ou se faire raccourcir ou retirer entièrement des orteils. Cette tendance beauté complètement barbare a fleuri aux États-Unis avec l’arrivée de chausseurs stars comme Christian Louboutin, Manolo Blahnik ou encore Nicholas Kirkwood.

Contre nature et extrêmement douloureuse, cette opération censée affiner des « pieds obèses » n’est pas sans danger. Infections et nouvelles opérations imprévues sont ainsi le lot de celles qui n’arrivent pas à trouver chaussure à leurs pieds…

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Le Saviez-Vous ► Origine du savon


Le savon fait partie intégrante de l’hygiène. Ces débuts dans de l’Égypte ancienne, tranquillement le procédé change à travers les siècles pour être un produit plus raffiné. La savonnette a connu des moments de gloire, mais fut remplacé par des mousses, des gels, du savon liquide, mais pour les nostalgiques, il existe un vrai commerce de savonnette de différentes formes, odeurs et textures
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Origine du savon

Au temps de l’Egypte ancienne, on se frottait le corps avec du bicarbonate de soude à l’état naturel appelé natron et une pâte de cendres et d’argile.

En 2000 avant Jésus Christ, les Sumériens fabriquaient déjà une pâte faite d’huile, d’argile et de cendres qui ressemblait fort à un savon mou.

Au IVème siècle, on retrouve une pâte de cendres et de graisse animale sous le nom étymologique  » sapo  » d’origine gallo-romaine.

Au XIIème siècle, les Egyptiens, Tunisiens et les Perses faisaient commerce du savon qui restait un produit fort coûteux et confidentiel, l’hygiène n’étant pas la préoccupation première au Moyen-Age.

On apprend que la graisse animale employée était le suif de chèvre et que les cendres étaient issues du hêtre et du varech.

A la Renaissance et durant trois siècles, le savon cède la place au parfum qui était censé protéger des maladies contagieuses comme la peste. L’eau des bains devait être transportée par seaux et chauffée, ce qui rendait le nettoyage peu aisé. C’est pourquoi l’on se contentait d’un ou deux bains par an.

Le savon alors est la résultante d’un alcali (al-qâli = cendres en arabe), mélangé à un corps gras. La graisse animale est remplacée au XIIIème siècle par de l’huile d’olive, qui rend le savon plus ferme. Le premier savonnier marseillais officiel apparaît en 1371 et s’appelle Crescas Davin.

Au XVème siècle, les premières savonneries industrielles marseillaises exportent leur production, imitant le savon d’Alicante, puis embauchent du personnel qualifié dans toute la Méditerranée au XVIème, ce qui leur permettra de perfectionner leurs techniques et d’exporter davantage.

Au XVIIème, la consommation de savon est en augmentation car son usage tend à se généraliser, pour le lavage du linge notamment. Fin XVIIème, Marseille exporte à travers le monde. Le premier édit réglementant la profession date de 1688 et interdit entre autres d’utiliser un autre corps gras que l’huile d’olive.

Au XVIIIème, on trouve deux sortes de savons pour des usages différents :

1. le savon blanc pour les soyeux, bonnetiers, filateurs, teinturiers, blanchisseurs et parfumeurs.

2. le savon marbré pour le dégraissage des laines, les ménages et les colonies. La fabrication est alors la principale ressource de Marseille.

En 1801, l’importation de matières premières pour le savon est bloquée par les Anglais et Nicolas Leblanctrouve un procédé permettant l’obtention d’un des constituants du savon avec du sel marin (soude caustique). Il invente la soude factice en traitant le sel marin par l’acide vitriolique. L’embargo fait augmenter le prix de l’huile d’olive et l’on utilise de ce fait de l’huile de noix, de colza, d’oeillette et de lin.

En 1810, chaque savonnier devait appliquer sa marque et garantir la qualité de son savon. Une commission de contrôle veillait au bon respect de la confrérie. Les savonniers décident de se passer des négociants et l’on incorpore désormais 10 à 20% d’huile de palme et de coco dans la masse d’huile utilisée.Michel Chevreul publie une théorie exacte de la saponification qui nous apprend que les huiles et graisses sont composées d’éthers-sels résultant de la combinaison entre un acide gras et le « principe doux » de Scheele, c’est-à-dire la glycérine (alcool trivalent).Chevreul fit breveter avec Gay-Lussac un procédé d’extraction des acides gras du suif donnant naissance à une nouvelle matière première, l’oléine.

La hausse du prix de l’huile d’olive oblige les fabricants à utiliser le sésame et le lin ainsi que l’arachide. J.D. Rougier invente un procédé qui blanchit l’huile de palme et permet d’obtenir un savon blanc. Dès la seconde moitié du XIXème siècle, les usines ferment les unes après les autres car peu mécanisées. La tendance s’inverse en 1880 avec des manufactures capables de produire 12500 tonnes par an.      

 Au XXème siècle, l’usage du savon est passé dans les mœurs bien que certaines études sur l’hygiène laissent à penser le contraire. Les savonneries fusionnent avec les huileries pour créer de nouveaux débouchés. François Merklen publie l’explication physico-chimique du savon et de nouvelles techniques voient le jour. Sur le savon de Marseille authentique est gravée une fière annotation : EXTRA PUR 72% D’ACIDE GRAS.

A la fin du XXème siècle, et malgré l’usage intensif des poudres à laver, des gels de bain moussants et autres savons liquides, on sent renaître l’intérêt du public pour la bonne vieille savonnette, aidé en cela, il est vrai, par la volonté accrue du consommateur d’utiliser des produits sains et naturels et par l’imagination des savonniers qui sortent des sentiers battus pour nous proposer des savons moulés de formes différentes (animaux, objets, personnages) et des senteurs inédites qui suivent la tendance du moment comme le thé vert, la figue, le bambou… Il suffit pour s’en convaincre de voir le nombre de boutiques franchisées dévolues entièrement à l’hygiène du corps qui fleurissent dans l’Hexagone comme BODY SHOP, l’OCCITANE, la SAVONNERIE, etc… Cet engouement est identique aux U.S.A. et en Angleterre où de nombreux particuliers se découvrent une vraie passion de savonnier. Les para-pharmacies où l’on peut avoir accès de visu aux savons des laboratoires contribuent également à l’essor du savon, et proposent de nombreux coffrets comme Anne de Péraudel, Rancé, etc…

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Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie: une histoire de vampire


La phtisiatrie est une spécialité médicale disparue de nos jours. Cette infection mortelle à été aussi comparée au vampirisme à cause de certains symptômes tel que le teint pâle, les yeux rouges, le sang … Au cours des siècles cette maladie a connue d’autres noms et aujourd’hui, on la connaît sous le nom de tuberculose
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Il était une fois la maladie: une histoire de vampire

 

Omniprésente depuis le début de l’histoire humaine, à ce qu’il semble, on croyait l’avoir enfin vaincu définitivement avec l’arrivée des antibiotiques au début des années 1950. Mais à la lueur des nouvelles données statistiques, il semble bien que la tuberculose n’ait effectué qu’un repli stratégique puisqu’elle fait un retour en force, avec des souches multi-résistantes, ayant tué près de 2 millions de personnes dans le monde en 2011 selon l’OMS.

Il faudra certainement encourager les chercheurs des milieux universitaires et pharmaceutiques à se lancer à la recherche de nouveaux médicaments pour combattre ce fléau qui revient hanter notre société.

La tuberculose : une proche cousine du vampirisme

Au Moyen-âge et jusqu’au début de l’ère industrielle, la tuberculose était apparentée au vampirisme. Le teint pâle, la faible température corporelle et les yeux rougis très sensibles à la lumière des personnes atteintes faisaient penser aux représentations des vampires dans le folklore populaire. De plus lorsqu’une personne en mourrait, bien des membres de sa famille se mettaient à dépérir, comme si le mort se nourrissait de leur énergie et les entrainait avec lui dans l’éternité.

La tuberculose dans l’histoire

Des restes de bovins datant d’il y a près de vingt mille ans présentaient des lésions typiques de la tuberculose. La bactérie d’alors venait-elle d’un ancêtre commun à l’homme et à l’animal ou avait-elle été transmise de l’un à l’autre ? Le mystère demeure entier.

Mais on observe que depuis que la fréquence de la maladie a diminué chez l’homme, elle a aussi baissé chez l’animal. Plusieurs médecins anciens en ont fait une excellente description. Ainsi pour Hippocrate, qui avait appelé la maladie : phtisie, terme grec qui signifiait dépérissement, la maladie consistait en un amaigrissement progressif, une langueur envahissante, de la toux et la présence de sang dans les crachats.

Un autre médecin, Arétée de Cappadoce, en fait une description semblable :

«il suffit, en effet, et même un homme du peuple ne s’y tromperait pas, de voir une personne pâle et décharnée, poursuivie par une toux continuelle, pour pouvoir prononcer et même sans beaucoup de risque de se tromper, qu’elle est Phtisique.»

Les divers noms de la tuberculose

Une maladie aux multiples appellations, tel aurait pu être le titre de cet article. Le terme phtisie vient des grecs anciens et signifiait dépérissement. Cette appellation donna suite à une spécialité médicale disparue de nos jours : la phtisiatrie.

Au milieu du XVIème siècle, Girolamo Fracastoro, médecin, philosophe et poète italien nomme le germe responsable selon lui de la tuberculose : seminaria contigionis (semence contagieuse). Plus tard apparut le nom de consomption puisque le germe semblait consumer lentement le malade de l’intérieur. On utilisa aussi écrouelles qui désigne spécifiquement une forme d’adénopathie tuberculeuse mais dont le terme popularisé engloba toutes les formes de tuberculose. Le mot vient du latin scrofus qui signifie truie pour exprimer l’aspect dégoutant des symptômes.

Selon la légende, les rois de France auraient eu le don de guérir par le toucher les écrouelles. Ici, on utilisa aussi le terme poitrinaire parce que le mal venait de la poitrine et que ceux qui en souffraient avaient la poitrine complètement décharnée.

Et les traitements

Quant aux traitements, ils étaient souvent fantaisistes et la mort semblait la seule issue sauf pour les rares guérisons spontanées. Né en 23 après Jésus-Christ, Pline l’Ancien propose comme remèdes possibles : le foie de loup pris dans du vin mince, le lard d’une truie qui a été nourrie d’herbe, ou la chair de l’ânesse prise dans le bouillon. (Référence : Pline l’Ancien, Histoire naturelle , Livre XXX, Traitant des autres remèdes fournis par les animaux, chapitre L, Pour la phtisiaris, et remèdes divers)

Les incantations étaient aussi à la mode. Ainsi en Inde, on suggérait celle-ci :

«Ô Fièvre, avec ton frère la Consomption, avec ta sœur la Toux, va-t’en frapper les gens d’en-dessous».

 En France au Moyen-âge, on implorait les «Saints Guérisseurs» dont Saint Malo ou Saint Marcoul.

On attribuait aux rois un pouvoir «de toucher» capable de guérir les maladies. Puis à la Renaissance, le régime lacté était à la mode. Voici ce qu’en dit Charles Coury dans son livre La tuberculose à travers les âges :

«Le lait de femme était particulièrement recommandé et devait être consommé à la tétée. La nourrice, de préférence jeune et agréable, partageait au besoin le lit du malade, malgré les risques de contagion et les autres inconvénients, aisément imaginables, qui pouvaient en résulter».

Force est de l’admettre : la pénicilline sera plus efficace.

De tous temps, le changement d’air a toujours été favorisé. Certains recommandaient des séjours à la campagne, d’autres à la mer et d’autres à la montagne. Dès le milieu du XIXème siècle, les premiers sanatoriums ouvrent leurs portes, d’abord en Allemagne, puis dans les autres pays européens.

La situation au Québec au début du XXe siècle

Le premier sanatorium au Canada fut construit à Muskoka en Ontario en 1897. Au Québec, ce fut celui de Ste-Agathe-des-Monts dans les Laurentides. Dans les années 1910, un médecin de l’Hôtel-Dieu de Québec, le Dr Arthur Rousseau, inaugura la Société de patronage de l’Hôpital des tuberculeux de Québec qui déménagea à Ste-Foy et devint un sanatorium sous le nom d’Hôpital Laval.

Puis en 1926, des cendres de l’ancien Hôpital des incurables à Cartierville, naquit l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal dédié au traitement des tuberculeux. Avec la montée de l’urbanisation dès le début du vingtième siècle, les nouveaux citadins s’entassent dans des logements insalubres, ce qui, bien sûr, constitue des conditions favorables à la contagion par la tuberculose.

Mais l’arrivée de la grande crise économique retardera la construction de nouveaux sanatoriums. Par ailleurs ces derniers, même s’ils étaient souvent situés dans des sites enchanteurs, avaient bien mauvaise réputation au niveau de la population qui les considérait plutôt comme un lieu duquel on ne revenait pas…

Plus près de nous

En 1923, Bernadette Codebecq, âgée d’à peine 40 ans, décède des suites de la tuberculose. L’aîné de sa famille qui comptait huit enfants est alors âgé de 19 ans et décide de se diriger en médecine. Avec toute la fougue et l’idéalisme dont est capable un jeune homme doué de cet âge, il veut participer à la lutte contre cette infection. Et il le fera. Ainsi en 1931, on le retrouvera à Paris auprès des professeurs Calmette, Guérin, Nègre et Ramon. Il sera l’un des premiers en Amérique à démontrer l’efficacité et l’innocuité du vaccin BCG dans la prévention de la tuberculose. Puis il fondera un institut de recherche qui portera son nom. Il s’agit bien entendu du docteur Armand Frappier.

Histoire moderne de la tuberculose en quelques dates :

  • 1882 : Le médecin allemand Robert Koch découvre le bacille à l’origine de la tuberculose qui, en Europe, est alors responsable d’un décès sur sept.
  • 1886 : Vittorio Cavagnis tente sans succès une première vaccination.
  • 1890 : Kock présente un remède la tuberculine qui s’avéra plutôt utile pour diagnostiquer la maladie.
  • 1894 : Carlo Forlanini, un médecin italien, propose la première technique invasive pour traiter la tuberculose : le pneumothorax artificiel intrapleural.
  • 1895 : Wilhelm Röentgen découvre les rayons X qui deviennent dès lors l’outil de dépistage numéro 1.
  • 1900 – 1920 : Nombreuses tentatives infructueuses de vaccination ou de produits thérapeutiques: le bovovaccin de Behring, le sérum de Marmorek, le sérum de Maragliano, les sérums de Richet et Spahlinger et les essais de Friedmann et de Spahlinger.
  • 1921 : Premier vaccin efficace, celui mis au point par Albert Calmette et Camille Guérin : le BCG
  • 1925 : Début des premières vaccinations à Montréal
  • 1948 : Début de la vaccination systématique des élèves au Québec.
  • 1970 : Les vaccinations obligatoires disparaissent graduellement des divers pays occidentaux.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Le Saviez-Vous ► Pourquoi la Joconde n’a-t-elle pas de sourcils ?


La Jaconde avait-elle des sourcils à l’origine ? Quelle était la mode de cette époque ?
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Pourquoi la Joconde n’a-t-elle pas de sourcils ?

 

Mona Lisa, adepte de l'épilation intégrale.

Mona Lisa, adepte de l’épilation intégrale.

JUSTINE KNAPP

Photo: SIPA

DIS POURQUOI – Les plus observateurs auront remarqué l’absence de sourcils de Mona Lisa du tableau de Leonard de Vinci, les autres s’en étonnent à l’instant. Cette pilosité particulière ne relève pas de la coquetterie.

► Les faits

La Joconde, peinte au XVIe siècle par Léonard de Vinci , attire indéniablement l’œil des visiteurs du musée du Louvre. Le regard de Mona Lisa intrigue autant qu’il fascine, accentué par une absence de sourcils mystérieuse.

► Pourquoi ?

Une première explication désignait la mode de l’époque comme responsable de cette épilation exagérée. La jeune femme serait née à Florence, en mai 1479. Or, à la Renaissance, le haut front se veut chic, poussant les femmes à s’arracher une partie des cheveux, les sourcils et les cils.

Une théorie démontée en 2007 par Pascal Cotte. Directeur technique de la société parisienneLumiere Technology, il est invité par le musée du Louvre à numériser La Joconde trois ans plus tôt. Grâce à un appareil photo ultra-perfectionné mis au point par ses soins, il a pu mesurer les spectres lumineux du tableau, de l’infrarouge à l’ultraviolet. Après un travail de fourmi, les couleurs initiales de l’œuvre, ternies par le temps, sont apparues. Les sourcils du sujet également.

Une copie de La Joconde, exposée au musée du Prado, à Madrid, confirme la présence initiale des sourcils en question. Peint par un disciple et contemporain de Leonard de Vinci, le tableau, mieux conservé, présente un regard souligné.

► Conclusion

Réjouissons-nous de l’époque. La photographie moderne ne laissera pas de doute quant à nos préférences épilatoires.

La copie de la Joconde, avec ses sourcils (détail)

La copie de la Joconde, avec ses sourcils (détail)

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Le Saviez-Vous ► La pastèque n’a pas toujours été rouge vif: la preuve avec un tableau de la Renaissance


La bonne pastèque, le fruit idéal de l’été surtout pendant les grandes chaleurs. Ce fruit à évoluer au fil des siècles, mais il serait possible que la pastèque de la Renaissance puisse revenir
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La pastèque n’a pas toujours été rouge vif: la preuve avec un tableau de la Renaissance

Pastèque kaboom! | KT King via Flickr CC License by

Une nature morte de la Renaissance montre que les pastèques ont bien changé depuis le XVIIe siècle.

Au XVIIe siècle, les pastèques étaient plus petites et avaient un intérieur blanc et rose qui ne ressemblait pas aux pastèques modernes. Une nature morte peinte entre 1645 et 1672 par Giovanni Stanchi révèle à quoi ressemblait le fruit avant des siècles de culture sélective, rapporte Vox.

Pour James Nienhuis, un professeur d’horticulture à l’université du Wisconsin, l’histoire de l’art est une façon passionnante de suivre comment l’agriculture et la domestication des fruits et légumes ont transformé les espèces sauvages.

«C’est amusant d’aller dans les musées d’art et de regarder les natures mortes pour voir à quoi ressemblaient nos légumes il y a 500 ans», a-t-il expliqué à Vox.

Sélection agricole

Dans le cas de la pastèque, on est passé d’un fruit dont l’intérieur avait beaucoup de blanc à une chair rose vif, voire presque rouge. La partie colorée, qui est en fait le placenta de la pastèque, contient un pigment appelé lycopène. L’augmentation de la teneur en lycopène a été obtenue via des siècles de sélection agricole, pour arriver aux pastèques actuelles. Par exemple, le simple fait de choisir les graines des meilleures plantes pour les semences permet de modifier un fruit ou légume au cours des génération.

Nienhuis pense que ces pastèques anciennes étaient plutôt sucrées, dans la mesure où elles étaient consommées fréquemment à l’époque, ainsi que parfois fermentées pour faire du vin. Ce fruit originaire d’Afrique s’est répandu au Moyen-Orient et en Europe du sud vers le XVIIe siècle.

Ces pastèques de la Renaissance ne sont pour l’instant pas revenues à la mode mais, depuis une dizaine d’années, des variétés anciennes de fruits et légumes, particulièrement les tomates, commencent à réapparaître sur les marchés et dans les boutiques bio.

http://www.slate.fr/

En panne d’idées pour rédiger votre lettre de motivation ? Inspirez-vous de celle rédigée par Léonard de Vinci en 1481


Se trouver du travail ce n’est pas toujours facile, encore faut-il se faire valoir. Alors, on fait un curriculum vitae en valorisant nos capacités et nos qualités, mais pas trop pour ne pas donner l’impression que nous surévaluons nos capacités .. Mais pour Léonard de Vinci, rien n’est trop beau pour se vendre
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En panne d’idées pour rédiger votre lettre de motivation ? Inspirez-vous de celle rédigée par Léonard de Vinci en 1481

 

Dans une lettre adressée à son futur employeur en 1481, le jeune Léonard de Vinci expose sans le savoir ses talents de visionnaire dans le domaine militaire, dont il n’était pourtant pas spécialiste.

A la Renaissance aussi, il convenait de savoir se « vendre » pour décrocher un emploi. Même Léonard de Vinci en a fait l’expérience en arrivant à Florence dans les années 1480. Humble fils de notaire, le jeune homme s’est d’abord vu refuser l’accès aux « hautes fonctions » de la ville (telles qu’avocat ou homme d’Etat), devant ainsi se satisfaire d’une activité d’artisan, et plus précisément, de peintre. Sous le patronage de Verrochio, artiste et orfèvre respecté, Léonard de Vinci développe la capacité d’observation qui va bientôt guider son illustre carrière.

Après avoir rapidement réalisé que Florence pullulait d’artistes en tous genres, Léonard de Vinci décide de quitter la ville pour se faire un nom, loin de cette concurrence trop rude.

Une fois arrivé à Milan, il fait la rencontre de Ludovico Sforza, qui s’employait alors à transformer Milan en capitale du monde culturel, sur le modèle de Venise et Florence. De Vinci lui propose donc ses services, et, connaissant l’intérêt que son probable employeur manifeste pour la guerre, rédige à son attention une lettre de « motivation » dans laquelle il se présente comme « ingénieur militaire » et façonne volontiers le résumé de son expérience. Voici quelques unes de ses inventions :

  » J’ai un moyen de construire des ponts très légers et faciles à transporter, pour la poursuite de l’ennemi en fuite ».

« Là où on ne peut se servir de canon, je puis le remplacer par des catapultes et des engins d’une efficacité étonnante et jusqu’ici inconnus ».

Outre des armes, de Vinci a également proposé plusieurs projets d’innovations, comme des tunnels à creuser sous les murs des châteaux, accompagnés de systèmes conçus pour dévier l’eau des douves et détruire des forteresses.

« Comme l’exigent de nombreux cas de figure, j’élaborerai un nombre sans fin d’objets destinés à attaquer et à défendre » avait-il notamment écrit.

Chose plus surprenante, l’artiste légendaire n’y mentionne ses talents d’architecte, de peintre ou de sculpteur qu’à la toute fin de sa lettre. Si ce choix de mise en valeur peut sembler douteux au regard des méthodes actuelles, la lettre de Léonard de Vinci a produit l’effet escompté : l’intéressé a travaillé pour le Duc pendant 16 ans, achevant une partie considérable de son œuvre, incluant « La Cène ».

Ci-dssous, la lettre de Léonard de Vinci à Ludovic Sforza (1481)

Ayant très illustre Seigneur, vu et étudié les expériences de tous ceux qui se prétendent maîtres en l’art d’inventer des machines de guerre et ayant constaté que leurs machines ne diffèrent en rien de celles communément en usage, je m’appliquerai, sans vouloir faire injure à aucun, à révéler à Votre Excellence certains secrets qui me sont personnels, brièvement énumérés ici.

1 – J’ai un moyen de construire des ponts très légers et faciles à transporter, pour la poursuite de l’ennemi en fuite ; d’autres plus solides qui résistent au feu et à l’assaut, et aussi aisés à poser et à enlever. Je connais aussi des moyens de brûler et de détruire les ponts de l’ennemi.

2 – Dans le cas d’investissement d’une place, je sais comment chasser l’eau des fossés et faire des échelles d’escalade et autres instruments d’assaut.

3 – Item. Si par sa hauteur et sa force, la place ne peut être bombardée, j’ai un moyen de miner toute forteresse dont les fondations ne sont pas en pierre.

4 – Je puis faire un canon facile à transporter qui lance des matières inflammables, causant un grand dommage et aussi grande terreur par la fumée.

5 – Au moyen de passages souterrains étroits et tortueux, creusés sans bruit, je peux faire passer une route sous des fossés et sous un fleuve.

6 – Item.

Je puis construire des voitures couvertes et indestructibles portant de l’artillerie et, qui ouvrant les rangs de l’ennemi, briseraient les troupes les plus solides. L’infanterie les suivrait sans difficulté.

7 – Je puis construire des canons, des mortiers, des engins à feu de forme pratique et différents de ceux en usage.

8 – Là où on ne peut se servir de canon, je puis le remplacer par des catapultes et des engins d’une efficacité étonnante et jusqu’ici inconnus. Enfin, quel que soit le cas, je puis trouver des moyens infinis pour l’attaque.

9 – S’il s’agit d’un combat naval, j’ai de nombreuses machines de la plus grande puissance pour l’attaque comme pour la défense : vaisseaux qui résistent au feu le plus vif, poudres et vapeurs.

10 – En temps de paix, je puis égaler, je crois, n’importe qui dans l’architecture, construire des monuments privés et publics, et conduire l’eau d’un endroit à l’autre. Je puis exécuter de la sculpture en marbre, bronze, terre cuite. En peinture, je puis faire ce que ferait un autre, quel qu’il puisse être. Et en outre, je m’engagerais à exécuter le cheval de bronze à la mémoire éternelle de votre père et de la Très Illustre Maison de Sforza.

Et si quelqu’une des choses ci-dessus énumérées vous semblait impossible ou impraticable, je vous offre d’en faire l’essai dans votre parc ou en toute autre place qu’il plaira à Votre Excellence, à laquelle je me recommande en toute humilité.

http://www.atlantico.fr