Pérou : le visage d’une reine huari reconstitué 1200 ans après sa mort


C’est une reine huari de 1200 ans au Pérou. Elle a été découverte en 2012 avec d’autres personnes ainsi que des bijoux, fioles et des tissus fait d’or. Sa notoriété, semble t’il serait grâce à ses talents de tissage. Avec la technologie d’aujourd’hui, les informations de ce peuple et autres renseignements, il a été possible de reconstituer cette femme dans la soixantaine en 3D et le résultat est épatant.
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Pérou : le visage d’une reine huari reconstitué 1200 ans après sa mort



Le crâne de la reine photographié après son excavation. Des cheveux noirs ont été préservés par le climat aride de la région.

PHOTOGRAPHIE DE ROBERT CLARK, NATIONAL GEOGRAPHIC CREATIV

De Michael Greshko

Des siècles après l’ensevelissement d’une reine huari au Pérou, les scientifiques sont parvenus à reconstruire son visage en 3D.

Il y a 1 200 ans, une femme de haute noblesse âgée d’au moins 60 ans s’est éteinte au Pérou. Elle a eu pour dernière demeure un tombeau rempli de bijoux, de fioles, d’outils de tissage faits d’or. Plus de cinq ans après la découverte de la tombe, les scientifiques sont parvenus à reconstruire son visage à partir du crâne mis au jour en 2012.

« Quand j’ai vu les premières reconstructions, j’ai reconnu les traits de certains de mes amis indigènes, » explique le boursier National Geographic Miłosz Giersz, archéologue ayant co-découvert le tombeau. 

En 2012, Giersz et l’archéologue péruvien Roberto Pimentel Nita ont mis au jour le tombeau d’El Castillo de Huarmey. Le site sur les hauteurs était autrefois un temple dédié à la culture huari, qui a dominé la région des siècles avant celle des Incas, beaucoup plus connue à ce jour. La tombe – que les pilleurs avaient miraculeusement ignoré – contenait les restes de 58 personnes de haute noblesse, dont quatre reines et princesses.


« C’est l’une des découvertes les plus importantes de ces dernières années » expliquait Cecilia Pardo Grau, conservatrice du Musée d’Art de Lima dans une précédente interview accordée au magazine National Geographic.

Une de ces femmes inhumées, surnommée la reine d’Huarmey, a été ensevelie dans un faste inédit. Son corps a été retrouvé dans une chambre funéraire privative, entouré de bijoux et de produits luxueux, dont des boucles d’oreilles en or, une hache de cérémonie en cuivre et un gobelet en argent.

Qui était cette femme ? L’équipe de Giresz a examiné avec attention le squelette et a découvert que comme beaucoup de femmes de bien, la reine d’Huarmey avait passé la majeure partie de sa vie assise et avait beaucoup utilisé ses bras, vraisemblablement pour tisser.

Son expertise dans ce travail délicat lui a certainement valu son statut d’élite. Parmi les Huaris et les autres cultures andines de l’époque, les textiles valaient plus cher que l’or et l’argent, parce qu’ils nécessitaient beaucoup de temps pour être produits. Giersz indique que d’anciennes étoffes trouvées ailleurs au Pérou étaient le fruit du travail de deux à trois générations de tisseurs.

La reine Huarmey, en particulier, devait être vénérée pour son tissage : elle a été inhumée avec des outils de tissage faits d’or. Il lui manquait par ailleurs certaines dents, chose courante lorsque l’on boit beaucoup de chicha, boisson andine préparée à base de maïs, d’arachide, de manioc ou encore de riz, auxquels on ajoute des fruits. Seule l’élite huari était autorisée à en boire.


L’équipe de Giersz a aussi découvert un canal menant à la tombe de la reine d’Huarmey depuis d’autres chambres funéraires. Le passage aurait permis la préparation de cérémonies permettant de partager avec la défunte des offrandes, même après son ensevelissement. 

« Même après sa mort, les gens du commun venaient partager leur chicha avec elle, » raconte Giersz.

Mais à quoi pouvait bien ressembler cette femme d’importance ? Au printemps 2017, Giersz a consulté l’archéologue Oscar Nilsson, célèbre pour les reconstitutions faciales dont il est passé maître, pour ramener la reine d’Huarmey à la vie.

Oscar Nilsson a utilisé l’impression 3D du crâne comme base, avant de procéder à une reconstruction manuelle. Pour le guider, Nilsson s’est basé sur la reconstruction du crâne et sur les données lui permettant d’évaluer la densité des muscles et de la chair recouvrant les os. Il a également utilisé les photographies d’Andins indigènes vivant près d’El Castillo de Huarmey. Des examens chimiques ont pu confirmer que la reine d’Huarmey buvait de l’eau provenant de cette région, justifiant la comparaison voulue par Nilsson.

La reconstruction dans les moindres détails du visage très expressif de la défunte a pris à Nilsson 220 heures. Pour reconstituer sa chevelure – que le climat aride avait préservé – Nilsson a utilisé des vrais cheveux de femmes andines âgées, achetés sur des marchés péruviens. 

« La première étape était très scientifique, et graduellement le processus est devenu plus artistique, pour apporter une expression plus humaine ou une lueur dans le regard, » explique Nilsson. « Sinon, cela donne un faux air de mannequin de cire. »


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Le Saviez-Vous ► Si un chevalier du Moyen-Age voyageait dans le temps jusqu’en 2018 et voyait des femmes travailler librement, quelle serait sa réaction ?


Au temps des chevaliers, en Europe, on pourrait croire que la femme était soumise totalement à l’homme, sachant comment les femmes ont dû se battre pour nos droits que nous avons aujourd’hui et qu’encore, il y a des combats pour en faire reconnaître d’autres. Pourtant, les femmes en Europe avaient des pouvoirs, des droits, l’accès à l’héritage et la richesse sans avoir besoin de l’accord d’un homme. Elle pouvait  donc être indépendante au Moyen-Âge.
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Si un chevalier du Moyen-Age voyageait dans le temps jusqu’en 2018 et voyait des femmes travailler librement, quelle serait sa réaction ?


Antoine Durandy L’Histoire est comme la confiture

Helena Schrader

Auteur original

Cette réponse peut ne pas être une traduction fidèle de la réponse de Helena Schrader à Quora en anglais : If a medieval knight time traveled to 2018 and saw women working and having freedom, what would his reaction be?


Les non-historiens sont enclins à penser que le progrès est linéaire. Puisque les femmes n’ont obtenu le droit de vote qu’au début du XXème siècle dans les grandes démocraties, l’idée est qu’avant le XXème siècle les femmes n’avaient aucun droit. Cependant, comme l’a noté l’historienne française Régine Pernoud dans son livre La femme au temps des cathédrales (1981 en français, traduction anglaise en 1989), les femmes ont profité d’un pouvoir bien plus grand -liberté et influence- au Moyen-Age que dans les siècles qui ont suivi. Dans son introduction elle fait la remarque suivante:

Les femmes de ce temps (du Xème au XIIIème siècle) ont incontestablement exercé une influence que les rebelles solitaires du XVIIème ou les anarchistes du XIXème siècle ne pouvait atteindre. Cette influence a manifestement diminué […] les poussant à une éclipse dont elles n’ont émergé qu’au XXème siècle.

Au sommet de la société féodale, les reines étaient ointes et couronnées parce qu’on attendait d’elles qu’elles exercent une autorité sur l’entièreté du royaume, ce pour quoi la bénédiction divine était considérée comme essentielle. Ce n’était un pouvoir ni nominal ni cérémoniel. Quand le roi mourait et que son fils n’était pas en âge de régner, il était normal que la reine agisse comme régente. En France, cela remonte à 1060, et la mort d’Henri Ier, sa femme Anne fut régente au nom de son fils Philippe Ier (NdT: à l’époque les princes étaient sacrés du vivant de leur père pour leur apprendre tôt à gouverner, ce qui donne une idée de la jeunesse de Philippe). En Angleterre, Isabelle de France a servi de régente durant les périodes de démence de Henri VI. Quand Louis IX partit en croisade en 1249, il laissa sa mère comme régente, une fonction qu’elle avait déjà exercé durant sa minorité (après le décès de Louis VIII le Lion de dysenterie). Quand il fut fait prisonnier par les Sarrasins, il a négocié sa rançon en avançant le fait que comme il était prisonnier seule sa mère reignait et que seule elle pourrait confirmer les termes de l’accord. Donc n’importe quel chevalier serait parfaitement à l’aise avec une femme exerçant le pouvoir suprême.

A travers la majorité de l’Europe les femmes pouvaient être baronnes dans le sens où elles pouvaient à la fois recevoir et donner des serments féodaux. Cela ne peut pas être sous-estimé: les serments étaient le ciment de la société féodale, ils rendaient le féodalisme fonctionnel. La reconnaissance d’une femme comme vassale ou suzeraine, et pas en raison de son mari ou de son père mais de son propre chef (NdT: chef au sens de tête, donc de son droit propre), signifiait la reconnaissance de la femme comme une entité légale entièrement indépendante. Dans le royaume de Jérusalem, les femmes pouvaient ainsi accuser et se défendre au tribunal devant les Cours de Justice. Pour faire court, les chevaliers n’auraient aucun problème avec des femmes PDG.

Rien ne donne plus de pouvoir et de statut aux femmes que la richesse. Dans l’Europe médiévale, non seulement les nobles mais aussi les roturières et les paysannes pouvaient hériter, posséder et transmettre une propriété. De plus, elles n’avaient en aucun cas besoin de la permission de leur mari pour le faire. Des milliers d’actes juridiques médiévaux appuient cette idée.

De plus, les héritières n’étaient pas les seules à profiter de la propriété et ses bénéfices. Au contraire, même les femmes mariées recevaient un douaire (NdT: pour les nobles, souvent une partie de la dot). Au Haut Moyen-Age, les douaires étaient inaliénables et réservés à la femme du temps de son mariage. Une femme possédait et contrôlait son douaire, même après la mort de son mari (NdT: ce qui pouvait initier des querelles de succession avec des cousins avides; les veuves faisaient souvent appel à leur suzerain(e) lorsqu’on leur disputait leur douaire). En Angleterre, une veuve héritait généralement d’un tiers de la propriété de son mari, à Jérusalem la moitié. Donc des femmes disposant de ressources propres ne serait pas une idée saugrenue pour un chevalier médiéval.

Les bourgeoises pouvaient hériter d’entreprises entières, et comme veuves elles les dirigeaient, et participaient à la gestion des guildes. En fait, elles partageaient souvent le métier de leur mari de son vivant. Les illustrations manuscrites montrent par exemple des femmes banquières (collectant les intérêts des prêts, alors que le mari les accorde), ou des “tavernières”. Il y a même des illustrations de femmes casquées apportant des rafraichissements à des archers engagés dans une bataille!

Plus important encore, les femmes pouvaient apprendre, commencer et gérer une activité professionnelle par elles-mêmes. Elles pouvaient le faire comme veuves, célibataire (femme sole, en vieux français dans le texte), ou en tant que femmes mariées, gérant une entreprise différente de celle de leur mari. Les capacités acquises, encore plus que la propriété, encourageaient l’indépendance et la prise de pouvoir parce que la propriété pouvait toujours être perdue (incendie, invasion, dette) alors que les capacités restent tant que la personne est en assez bonne santé pour en faire usage. De plus, dès qu’elles étaient assez qualifiées dans un métier, les femmes prenaient part dans l’administration de leur profession, en tant que membres de guildes ou dans les tribunaux professionnels qui jugeaient les cas de fraudes, malfaçon etc. Pour faire court, les femmes n’étaient en rien discriminées dans un travail spécifique dès qu’elles étaient qualifiées.

Les femmes du Moyen-Age pouvaient apprendre une grande variété de métiers. Certains étaient mêmes dominés par la gent féminine, comme la brasserie en Angleterre, la boulangerie en France, et à peu près partout la lainerie. Cependant elles étaient aussi couramment boutiquières, vendant tout et n’importe quoi depuis les fruits et les légumes (peu lucratifs) jusqu’aux épices et livres (objets de luxe!). En plus, les femmes pouvaient être, entre autres choses, artisanes, fabricantes de bougies, paveuses, ou tanneuses. Elles pouvaient aussi être musiciennes, copistes, illuminatrices ou peintres.

Mais le plus surprenant pour des oreilles modernes, c’est que les registres médiévaux listent aussi des femmes comme orfèvres, serrurières, ou armurières. Un livre de compte de tous les trafics de Francfort de 1300 à 1500 montre un total de 154 commerces, dont 35 réservés aux femmes, alors que le reste était pratiqué à la fois par les femmes et les hommes, même si les hommes dominaient 81 des métiers restants.

Donc non, un chevalier ne serait en aucun cas surpris de voir des femmes travailler et prendre une part importante de l’économie sur un pied d’égalité avec les hommes. Il ne serait pas non plus surpris de voir des femmes modernes plus “libres” que les femmes de son temps.

https://fr.quora.com/

Le Saviez-Vous ► La vérité sur ce maquillage toxique et terrifiant


Même pendant la Renaissance, les femmes on chercher à cacher leurs défauts. L’Histoire de la reine Élisabeth 1 permet de découvrir en autre, que le fond de teint employé pour cacher les imperfections du visage était de la céruse. Une pâte qu’on appliquait pour donner un peau trop blanche et à cause du plomb accélérait le vieillissement de la peau
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La vérité sur ce maquillage toxique et terrifiant

© « Mary Queen of Scots ».

Par Catherine Delvaux.

Margot Robbie est la dernière actrice à interpréter le rôle de la reine Elizabeth I au cinéma.

Connue pour son charisme et son caractère déterminé, la fille d’Anne Boleyn est devenue reine d’Angleterre et d’Irlande à l’âge de 25 ans seulement. Surnommée la Reine Vierge, Elizabeth I ne s’est jamais mariée et la lignée des Tudor s’est éteinte avec elle, en 1603.

Dans le film « Mary Queen of Scots », qui sortira au ciné au mois de février, Margot Robbie est la dernière actrice à se mettre dans la peau de ce personnage fascinant, après notamment Cate Blanchett ou Helen Mirren. Sur le tournage, la jeune actrice australienne a passé des heures à se faire maquiller pour reproduire l’apparence unique et caractéristique de la reine: une perruque rousse et un visage extrêmement blanc.

Méconnaissable, Margot a confié: « Personne ne voulait s’approcher de moi sur le tournage. Je me suis sentie très seule mais c’était une expérience sociale intéressante. »

En attendant la sortie du film, le site de Slate s’est penché sur la vie d’Elizabeth et les rumeurs autour de sa mort. En 1562, à l’âge de 29 ans, la reine a attrapé la varicelle, qui lui a laissé des marques et des cicatrices sur le visage. C’est à partir de ce moment qu’elle a commencé à se maquiller, pour cacher ses imperfections. À l’époque, les femmes issues de la noblesse utilisaient de la céruse, un pigment blanc opaque à base de plomb, et du vinaigre, comme fond de teint. 

Pour les femme de la période élisabéthaine, le blanc représentait un idéal de beauté et un symbole de jeunesse. Il n’était pas rare d’appliquer une nouvelle couche de céruse tous les jours, sans se démaquiller. D’après Slate, les sources historiques ne permettent pas d’assurer que la reine Elizabeth I arborait un maquillage aussi excessif que dans le film, mais il est probable que le plomb ait accéléré le vieillissement de sa peau, ce qui l’a sans doute encouragée à se poudrer de plus en plus au fil des années. Les auteurs de l’époque n’hésitaient pas à critiquer durement cette habitude féminine décrite comme superficielle et « ridicule« , une manière aussi de décrédibiliser le pouvoir de la monarque.

Selon l’écrivain Ben Johnson, un dramaturge anglais de la Renaissance, Elizabeth refusait de se regarder dans le miroir à la fin de sa vie. Très mince, elle a perdu toutes ses dents. Elle est morte à l’âge de 69 ans, après 45 ans de règne. Certains estiment que la céruse a fini par l’empoisonner. D’autres évoquent un cancer ou une pneumonie. Dans son livre « Face paint: Une histoire du maquillage », Lisa Eldridge révèle que la mode de la céruse a duré jusqu’au 19ème siècle. C’est grâce au développement des journaux intimes que les femmes ont peu à peu découvert les dangers du plomb dans le maquillage. 

© « Mary Queen of Scots ».

 

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Pourquoi une fourmi devient-elle une reine et une autre une ouvrière?


Les colonies de fourmis contemporaine sont soit reine ou ouvrière. C’est seulement un gène qui fera la différence et rien ne pourra changer (du moins naturellement) leur rang social
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Pourquoi une fourmi devient-elle une reine et une autre une ouvrière?

 

Les aristocrates à la lanterne! | Leona2013 via Pixabay CC0

Les aristocrates à la lanterne! | Leona2013 via Pixabay CC0

Repéré par Peggy Sastre

Repéré sur Science, Université Rockefeller

Un seul gène pourrait permettre de comprendre l’apparition du système de castes chez ces insectes

Dans la plupart des espèces de fourmis, la mobilité sociale est impossible. Les ouvrières sont stériles, beaucoup plus petites que les reines et les castes sont immuables: les reines pondent les œufs et les ouvrières se chargent de tout le reste, y compris du soin à apporter aux œufs et aux larves (le couvain). Mais quels sont les mécanismes moléculaires à l’origine de ces différences physiques et comportementales?

Une équipe de scientifiques affiliés notamment à l’université Rockefeller, aux États-Unis et à l’université de Lausanne, en Suisse, vient d’identifier un gène intervenant dans la promotion et l’inhibition de la reproduction. Une découverte qui permet d’envisager un possible scénario évolutif à l’apparition de la division stricte du travail reproductif chez les fourmis contemporaines.

Ce gène, ILP2 (insulin-like peptide 2) code pour une «version fourmi» de l’insuline qui, comme son analogue humain, agit au carrefour de la régulation de la nutrition, de la reproduction et de la longévité. Un gène systématiquement plus actif dans les cerveaux des reines.

Fourmis républicaines

Les scientifiques ont choisi d’étudier ce gène qui déclenche la ponte chez la fourmi Ooceraea biroi, l’une des rares espèces de fourmis «républicaines» où toutes les fourmis alternent à un moment donné entre ponte et soins au couvain. Lors de la phase «ponte», ILP2 se déchaîne dans la cervelle des fourmis, mais il suffit d’ajouter des larves dans les parages pour qu’il se taise et fasse passer les insectes à la phase «élevage». De même, lorsque les chercheurs ont injecté un supplément d’insuline aux fourmis en phase «élevage», elles se sont remises à pondre.

Selon Daniel Kronauer, l’un des auteurs de l’étude, ces observations confirment le lien direct entre alimentation et reproduction. «Si les ressources nutritionnelles sont très basses, vous ne pouvez pas vous permettre de produire une descendance», résume-t-il.

En outre, cette étude appuie l’hypothèse selon laquelle les fourmis n’ont pas toujours été les espèces eusocialesque nous connaissons aujourd’hui et qu’elles dérivent d’un ancêtre commun subsocial et solitaire. Chez cette proto-fourmi, certains individus avaient probablement davantage d’insuline que d’autres, ce qui leur permettaient d’ignorer la présence de larves et de continuer à pondre quand d’autres de leurs congénères, moins dotées en insuline, voyaient leurs ovaires se calmer en présence du couvain.

«Une fois que vous avez ce genre d’asymétrie dans une colonie et que la colonie s’en tire bien, la sélection naturelle va creuser le hiatus», commente Kronauer.

Jusqu’à ce que le fossé devienne infranchissable entre les ouvrières et les reines.

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Le Saviez-Vous ►Le drôle de loyer que Londres continue de payer à la reine d’Angleterre


Il y a des traditions qui n’évoluent pas. Disons que cela est plus symbolique, car même le loyer à payer, la marie ne semble pas savoir ou sont les limites des terrains en questions.
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Le drôle de loyer que Londres continue de payer à la reine d’Angleterre

 

London | Pedro Szekely via Flickr CC License by

London | Pedro Szekely via Flickr CC License by

Repéré par Grégor Brandy

 

L’étrange tradition se perpétue depuis près de neuf siècles.

Une serpe, une hache, six fers à cheval, et 61 clous: voici le loyer le plus étrange dont on est entendu parler, et c’est la ville de Londres qui le paie à la reine d’Angleterre. Un peu plus tôt, en ce mois d’octobre, raconte Atlas Obscura, lors d’une cérémonie à la Cour royale de justice, Londres a remis ce drôle de loyer à la «Queen’s Remembrancer», qui, depuis 1211 s’assure que la Couronne reçoive bien son dû.

On ne sait pas trop où se trouvent vraiment les deux terrains pour lesquels la mairie anglaise continue de payer, mais «à chaque automne, généralement en octobre, la ville et la Couronne réalisent le même échange, pour aucune autre raison qu’elles ont toujours agi ainsi».

Le premier loyer composé d’une serpe et d’une hache sert à payer «Les Moors», des terrains dont la localisation exacte a été perdue il y a longtemps déjà.

Le deuxième, qui se résume à six fers-à-cheval et 61 clous et remonte à 1235 ,

sert à payer un terrain proche de la Cour royale de justice où «le roi organisait un tournoi au cours duquel les chevaliers avaient besoin d’aide pour réparer leur armure. L’homme qui devait faire ce travail recevait ensuite un bail pour la terre où il devait fabriquer une forge».

Une autre version indique que son travail était de refaire les fers des chevaux des Templiers.

«La forge a disparu depuis longtemps, mais le loyer est resté le même, six fers-à-cheval et 61 clous.»

Atlas Obscura précise par ailleurs que ces deux loyers sont loin d’être les seuls qui continuent d’être réglés à la Couronne anglaise aujourd’hui.

«En dehors de Londres, les propriétaires terriens doivent payer une variété de loyers pour être quittes: un seau de neige à sa demande, trois roses rouges, un petit drapeau français, une lance pour saumons. Certains loyers ne sont dûs que si la reine ou le roi vient leur rendre visite: il faut alors fournir à la Couronne un lit de paille, selon un accord, et dans l’autre sens, le locataire doit offrir une rose blanche.»

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Parole d’enfant ► La reine


Mlle a souvent un petit caractère assez difficile c’est temps-ci
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La reine

 

Grand-maman raconte :

Mlle n’est pas toujours contente quand je lui dis non et elle me fait savoir que c’est elle qui doit décider

– C’est moi la reine quand maman est partie

Ana-Jézabelle, 4 ans/ 15 septembre 2016

Comment les pièces de monnaie ont changé l’image de Cléopâtre


La vraie histoire de Cléopâtre a été déformée. Cléopâtre était-elle avide de pouvoir ? Une nymphomane ? Pourtant, les historiens commencent à y voir plus clair sur son règne. Elle voulait vraiment aider le peuple et entre autre, elle a innové grâce à la monnaie d’échange
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Comment les pièces de monnaie ont changé l’image de Cléopâtre

 

Cléopâtre, par Vasily Alexandrovich Kotarbinsky, via Wikimedia, License CC

Cléopâtre, par Vasily Alexandrovich Kotarbinsky, via Wikimedia, License CC

Christian-Georges Schwentzel

Quelques documents permettent d’entrevoir la réalité du règne de Cléopâtre, loin de l’image de reine fatale ou de prostituée nymphomane que les historiens romains ont voulu lui coller sur le dos.

La célèbre reine Cléopâtre (69-30 av. J.-C.), dernière souveraine d’Égypte avant l’annexion romaine, exerça un réel pouvoir politique, ce qui fait d’elle un cas presque unique dans l’histoire de l’Antiquité. Défaite par le futur empereur Auguste, à la bataille d’Actium, et contrainte au suicide, elle a durement pâti, dans l’historiographie, de son statut de vaincue. Elle ne fait pas partie de ceux qui écrivent l’histoire. Les auteurs romains, tous plus ou moins tributaires de la propagande du vainqueur, n’ont cessé de la dépeindre comme un monstre (Horace), une abomination (Virgile), une reine fatale responsable de la mort de son amant Marc Antoine (Plutarque), une prostituée doublée d’une nymphomane (Properce).

La vision traditionnelle de Cléopâtre (J.W. Waterhouse, 1888).
David Flam / Flickr, CC BY

Grâce à l’examen de sources numismatiques et archéologiques, dont certaines ont été révélées récemment, il est aujourd’hui possible de rééquilibrer cette vision négative d’une dirigeante politique dont les deux principaux défauts, aux yeux de ses ennemis, sont d’avoir été une femme et une Égyptienne. Les virulentes attaques dont la reine fit l’objet furent avant tout motivées par la misogynie et la xénophobie. Pour ses détracteurs, la reine se confond avec l’Égypte, vue comme l’antithèse de toutes les vertus romaines. Une terre de vice, de décadence, de corruption et de pouvoir féminin. Un comble!

La recherche sur Cléopâtre a beaucoup progressé depuis le début des années 2000, grâce à des objets (statues, monnaies, inscriptions, papyrus), parfois conservés de longue date dans des musées, mais qui n’avaient pas été clairement reconnus comme des documents se rapportant au règne de la célèbre souveraine. Des représentations d’elle ont pu être identifiées à partir d’éléments stylistiques ou grâce à la présence de symboles royaux particuliers, comme le triple cobra pharaonique ou le motif hellénistique de la double corne d’abondance. Ces œuvres, produites dans l’entourage de Cléopâtre, suivant des modèles élaborés par ses proches conseillers, nous montrent la souveraine telle qu’elle souhaitait apparaître aux yeux de ses sujets: une divinité incarnée, une déesse-reine, garante du bonheur et de la prospérité de son peuple.

La numismatique réhabilite la reine

 

Grâce à des monnaies apparues récemment sur le marché de la numismatique, on possède aujourd’hui un corpus d’une vingtaine de séries monétaires émises par la reine, à Alexandrie et dans les régions du Proche-Orient dont Marc Antoine lui confia la gestion. On a parfois remarqué que le buste qui orne ces monnaies est dénué de charme et bien éloigné de l’image d’Épinal de la séductrice. Rien d’étonnant à cela: Cléopâtre veut apparaître comme une dirigeante politique, compétente et sérieuse, voire sévère; une femme de fer, non une pin-up.

La monnaie n’est pas la couverture d’un magazine de charme, mais un instrument de pouvoir, un média qu’utilise la reine comme principal support du discours officiel. Il n’y a alors ni presse, ni télévision; c’est grâce à la monnaie qui circule entre toutes les mains, ou presque, que le peuple peut «voir» sa souveraine. Une sorte de miroir du prince, ou plutôt de la princesse. On comprend que Cléopâtre, comme d’autres souverains, y ait prêté la plus grande attention.

Bas-relief du temple de Dendérah: Cléopâtre en déesse-reine.
Christopher Michel / Flickr, CC BY

Propagande ou contre-propagande?

Mais on objectera que tout cela n’est que propagande, au même titre que la contre-propagande à laquelle se livrèrent les ennemis romains. Le discours officiel ne préjuge en rien de ce que fut la réalité du règne. L’historien de la dernière reine d’Égypte serait-il donc contraint de s’en tenir à une étude des représentations? Ce type de recherche n’est nullement dénué d’intérêt, mais la mission de l’historien est aussi, et autant que possible, de tenter de répondre à la question: comment cela s’est-il réellement passé?

Quelques documents permettent d’entrevoir la réalité du règne, à défaut de le découvrir complètement. Des inscriptions nous montrent que la reine se soucia effectivement du bien-être de ses sujets. Elle tenta de lutter contre les famines et la malnutrition qui frappèrent l’Égypte à plusieurs reprises durant son règne, lors de mauvaises récoltes, conséquences de crues insuffisantes du Nil. Dans l’une de ces inscriptions, elle cherche à réguler le transport du blé à destination d’Alexandrie, la capitale du royaume, véritable mégapole de 500 000 habitants. On pourra lui reprocher d’avoir négligé les campagnes, mais il pouvait sembler pertinent d’assurer en priorité l’approvisionnement des zones les plus peuplées.

Elle impose la valeur fiduciaire

Les dernières recherches sur Cléopâtre nous montrent aussi qu’elle fut à l’origine d’une innovation majeure d’un point de vue économique: elle fit apparaître des marques de valeur sur les pièces en bronze, très courantes, qui circulaient en Égypte. Au revers, à côté de l’aigle qui sert de blason à la dynastie des Ptolémées, famille de Cléopâtre, on lit la lettre grecque pi (équivalent de notre p), sur les plus grands modules, et la lettre mu (m) sur les monnaies de plus petite dimension. Pi signifie 80 (drachmes) et mu 40.

Nous sommes habitués aujourd’hui à lire 10 centimes, 1 ou 2 euros sur les pièces que nous utilisons, mais cette valeur indiquée n’était absolument pas la norme dans l’Antiquité; la valeur étant alors habituellement celle du métal. Cléopâtre crée un monnayage à valeur fiduciaire. Le métal de référence à l’époque était l’argent, mais l’Égypte en manquait cruellement. Il avait fallu frapper des pièces en bronze pour subvenir aux besoins de la population. Les prédécesseurs de la reine avaient instauré une équivalence entre le bronze et l’argent: une drachme d’argent valant 60 drachmes de bronze. Le problème est que ce cours officiel n’était pas vraiment respecté.

Monnaie d’argent de Cléopâtre.

Lorsqu’on payait en monnaies de bronze, il arrivait que le commerçant vous demande davantage que l’équivalence décrétée par l’État. Il en résultait une «inflation» du bronze, aggravant la pauvreté de ceux qui ne possédaient pas de drachmes d’argent, soit la majorité des paysans de la vallée du Nil. La réforme monétaire de Cléopâtre devait donc permettre de limiter les abus en facilitant le contrôle des prix. La mesure était autant économique que sociale.

A-t-elle obtenu les effets escomptés? Nul ne le sait et il est toujours douteux de tirer des arguments du silence des sources. On peut néanmoins remarquer qu’il n’y eut pas de grandes révoltes paysannes à l’époque de Cléopâtre, les derniers soulèvements de masse ayant éclaté sous le règne de son père. Il n’est donc pas impossible que Cléopâtre ait remporté quelques succès économiques que les auteurs romains, totalement accaparés par l’évocation des prétendus vices de la femme monstrueuse, ont bien évidemment passés sous silence.

Cet article est paru sur le site The Conversation le 29 avril 2016

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