Traitement de l’épilepsie: Se soigner avec de la mayonnaise et de la crème 35 % ?



 Si j’aurais trouvé cet article sur un site douteux, j’aurais surement penser que c’est une de ces arnaques de recette miracle, mais le site de nouvelles est sérieux. Il semble que des enfants atteint d’épilepsie qui suivent un régime a base de gras comme la mayonnaise et de crème fraiche peuvent améliorer leur condition
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Traitement de l’épilepsie: Se soigner avec de la mayonnaise et de la crème 35 % ?

MATHIEU PERREAULTLA PRESSE

Quand Tiana avait deux ans et demi, sa garderie a appelé sa mère, Linda Florio, pour l’avertir que Tiana était tombée de la cuvette des toilettes et que depuis elle vomissait. C’était la première apparition de la maladie grave qui mine sa vie depuis.

« Aux urgences, elle faisait de la fièvre, elle était agressive, puis elle a cessé de parler et de marcher, elle avait des tics faciaux », explique la jeune mère de Laval, rencontrée hier matin à l’Hôpital de Montréal pour enfants, où elle avait un rendez-vous de suivi pour Tiana, qui a maintenant six ans et demi. « Un neurologue a eu l’idée de vérifier son activité cérébrale. Il s’est avéré qu’elle avait une encéphalite à anticorps anti-récepteur NMDA. »

Cette encéphalite est une maladie auto-immune rare – seuls deux ou trois nouveaux cas sont recensés chaque année au Québec – qui n’a été identifiée qu’en 2005. Elle est accompagnée de symptômes ressemblant à l’épilepsie et peut parfois être traitée avec des médicaments réduisant les excès du système immunitaire. Mais les médicaments ne fonctionnaient pas pour Tiana, et son neurologue a opté pour une nouvelle approche surprenante : un régime extrêmement riche en gras.

« Elle faisait des pneumonies quand on lui donnait les médicaments », explique Bradley Osterman, un neurologue au Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL) qui faisait sa résidence à l’Hôpital de Montréal pour enfants quand Tiana a été hospitalisée pour la première fois. « Alors j’ai pensé à recourir au régime cétogène. »

Tiana avait un peu plus de 4 ans quand elle a commencé ce régime à très forte teneur en gras, en février 2016.

« Après trois mois, on a fait un électroencéphalogramme et Bradley a été époustouflé de voir une aussi grande réduction, dit Mme Florio, qui travaille aux finances d’une PME. J’ai fait un test psychologique au début, et elle avait l’âge de développement d’un bébé. Un an plus tard, le même test a montré qu’elle avait un âge de développement de 9 à 12 mois. Je croise les doigts, je pense qu’il est possible qu’elle continue à progresser. »

Une étape importante surviendra en février prochain, quand Tiana arrêtera de suivre le régime cétogène.

ADAPTATION DES FAMILLES

Malgré les restrictions et l’obligation de peser rigoureusement tous les aliments, les familles s’adaptent généralement assez bien au régime cétogène, selon Marie-Josée Trempe, la nutritionniste de Tiana.

« Au bout de deux semaines, elles trouvent généralement des recettes par elles-mêmes. Si l’enfant ne veut pas boire la crème 35 %, on la mélange avec de l’eau pour faire un genre de lait ou avec des œufs pour faire une omelette. » — Marie-Josée Trempe, nutritionniste de Tiana

Linda Florio, elle, a trouvé difficile de manger des mets dont raffolait Tiana.

« Elle a toujours aimé manger, des légumes, des pâtes, de la pizza. Au début, on se cachait pour manger de la pizza. Mais maintenant, je trouve tous les jours des nouvelles recettes, on va au restaurant en apportant notre nourriture. On est même allés en avril faire une croisière Disney. »

La grande sœur de Tiana, Giada, qui a 9 ans, souffre de paralysie cérébrale et la croisière a été offerte par l’organisme Fais un vœu. Tiana aussi aura droit à un « vœu », mais sa mère attend qu’elle soit plus vieille pour pouvoir faire son choix de manière éclairée.

Mme Florio et son mari Jason Raposo, qui travaille de nuit chez Pepsi, auraient aimé avoir d’autres enfants, mais ont décidé que les soins pour leurs deux filles les occupent déjà bien assez.

« On en a plein les mains, dit Mme Florio. Heureusement, on peut compter sur beaucoup d’aide des deux grands-mères. »

SCIENCE

UN EXEMPLE DE MENU CÉTOGÈNE

 

MATHIEU PERREAULTLA PRESSE

Voici un exemple de menu d’un régime cétogène, fourni par la nutritionniste Marie-Josée Trempe de l’Hôpital de Montréal pour enfants. La boisson est toujours l’eau.

DÉJEUNER

55 g de crème 35 %, 44 g d’œuf (un peu moins qu’un œuf), 21 g de beurre, 12 g de compote de pomme sans sucre

DÎNER

24 g de thon, 31 g de mayonnaise, 20 g de concombre, 10 g de carottes crues, 40 g de crème fraîche 40 %

COLLATION

27 g de fromage, 34 g de mayonnaise

SOUPER

45 g de crème 35 %, 19 g de bœuf haché, 20 g de brocoli, 18 g de mayonnaise, 7 g d’ail

COLLATION

21 g de fraises, 40 g de crème fraîche 40 %

Qu’est-ce que le régime cétogène ?

Inventé dans les années 20, mais tombé en désuétude jusqu’au début du millénaire, le régime cétogène remplace les glucides par du gras.

« Il y a le même nombre de calories, mais comme il n’y a plus de glucides, le cerveau pense que le corps est en état de jeûne, dit Bradley Osterman. Le cerveau va utiliser les corps cétoniques, qui sont des métabolites des acides gras, plutôt que le sucre pour son énergie. On ne sait pas pourquoi ça fonctionne avec l’épilepsie. Il y a plusieurs hypothèses. La principale est une augmentation de l’inhibition des neurones. L’épilepsie est un état trop actif des neurones. Il faut un équilibre entre activation et inhibition. Il se pourrait aussi qu’il y ait une explication plus métabolique, impliquant les canaux sodiques ou potassiques. »

Alors qu’un régime normal compte 70 % de glucides, le régime cétogène a 90 % de gras. Les enfants ne peuvent suivre un régime cétonique pendant plus de deux ans, à cause de sa richesse en gras et de sa pauvreté en vitamines (des suppléments vitaminiques sont nécessaires).

En chiffres

40 % des enfants avec une épilepsie réfractaire ont

50 % moins de convulsions avec le régime cétogène

15 % des enfants avec une épilepsie réfractaire n’ont plus de convulsions avec le régime cétogène et peuvent abandonner la médication

5 % des enfants avec une épilepsie réfractaire n’ont plus de convulsions si on essaie un nouveau médicament

4 % de la population canadienne souffre d’épilepsie

Source : CHUL, Statistique Canada

http://plus.lapresse.ca

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Une bonne alimentation pour retrouver le moral


Pour se prémunir de la dépression, on sait que l’activité physique et une bonne hygiène de vie est important. Un point que l’on ne parle pas vraiment est l’alimentation. Pourtant, ce dernier est aussi important pour notre santé mentale. Pas question de suivre des régimes restrictives, cela est décourageant et stressant, mais plutôt une alimentation équilibrée permettant quelques petits écarts pour se faire plaisir
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Une bonne alimentation pour retrouver le moral

 

COURTOISIE

La recherche nous dit assez clairement qu’il y a une corrélation entre la qualité de notre alimentation et la dépression.

Adopter une bonne alimentation aiderait à lutter contre la dépression, l’anxiété et d’autres formes de maladies mentales selon plusieurs spécialistes.

Bien manger aidait à réduire les risques de dépression, d’anxiété et autres maladies mentales.

Au cours de l’histoire, plusieurs études scientifiques ont démontré que bien manger aidait à réduire les risques de dépression, d’anxiété et autres maladies mentales. Parmi ces études, celle réalisée en 1999 par l’Université de Las Palmas de Gran Canaria a cherché à analyser l’évolution de la santé mentale d’un échantillon de 15 093 personnes en fonction du régime alimentaire.

À travers cette étude, les chercheurs de l’Université de Las Palmas de Gran Canaria ont examiné trois types de régimes alimentaires : le régime méditerranéen riche en légumes verts, noix et poisson, le régime pro-végétarien exclusivement végétarien et l’Alternative Healthy Eating Index 2010 recommandé contre les maladies chroniques.

En faisant le bilan, les chercheurs ont analysé 1 550 cas de dépression. Les personnes qui ont suivi le régime méditerranéen et le programme Alternative Healthy Eating ont été moins affectées par cette pathologie.

Vanessa Peronne est nutritionniste, membre de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec et du Canada. Pour elle l’alimentation devrait faire presque intégralement partie du traitement pour une personne souffrant de problèmes de santé mentale :

« physiquement, dans notre cerveau il y a un impact direct avec les aliments que l’on mange. La recherche nous dit assez clairement qu’il y a une corrélation entre la qualité de notre alimentation et la dépression. Donc il y a déjà plusieurs facteurs qui démontrent qu’il y a un lien entre ce que l’on mange, le moral et la santé mentale » révèle la fondatrice de Motive Nutrition.

Elle ajoute que pour elle, le régime méditerranéen est idéal « la diète méditerranéenne qui aurait un effet protecteur contre la dépression et serait un modèle à suivre pour les gens en souffrance, notamment les fruits et légumes pour leur composés anti-inflammatoires, les poissons gras pour leurs acides gras omégas-3 comme le saumon sauvage, les aliments fermentés pour la santé du microbiote intestinal car il y aurait un lien entre le cerveau et l’intestin. On conseille aussi une alimentation qui soit riche en protéine. On peut vraiment avoir un impact sur notre moral et notre anxiété si on garde notre intestin en santé » soutient la nutritionniste.

Le sucre un atout à ne pas délaisser

Contrairement à certains préjugés l’ajout de produits sucrés et caloriques n’est pas néfaste pour le moral. Au contraire certains spécialistes estiment qu’équilibrer entre une petite gourmandise de temps en temps et une bonne alimentation aiderait à garder le moral

« ce que je conseille à mes patients c’est d’adopter le principe du 80/20 c’est-à-dire 80% du temps on va consommer une alimentation à base d’aliment entier comme les fruits, comme les légumes et les poissons et 20% du temps on va se faire plaisir. C’est important de se faire plaisir » conseille Vanessa Peronne.

Les régimes, trop exigeants pour le moral

Pas une publicité sur les régimes ne plébiscite leur efficacité et leur complète garantie, pourtant beaucoup de nutritionnistes restent perplexes quant à leur impact à long terme notamment les plus restrictifs:

« dans les régimes qui sont très restrictifs d’un point de vue calorique c’est parfois difficile d’aller rencontrer ses besoins nutritionnels quand un régime est si drastique. Il peut y avoir un impact physique causé par l’absence de nutriment et de calories. Ça fait en sorte qu’on est plus irritable, plus fatigué. Il y a aussi le fait que souvent ce sont des régimes auquel on doit adhérer à long terme, on fini par lâcher prise et ça c’est quelque chose qui affecte le moral de ne pas pouvoir aller jusqu’au bout » explique Vanessa Peronne.

Une opinion que confirme Chantal Bournival, psychologue et directrice de la clinique des troubles de l’alimentation « l’alimentation stricte, les régimes, les diètes peuvent conduire à plusieurs problèmes dont par exemple les troubles alimentaires. Certaines études démontrent vraiment clairement qu’un régime de trois semaines est suffisant à déclencher un trouble de la conduite alimentaire chez quelqu’un qui a une vulnérabilité génétique, c’est pour ça que l’on fait beaucoup de prévention au niveau des gens qui travaillent dans les troubles alimentaires et des diètes, auprès des jeunes » explique la psychologue spécialiste en troubles de l’alimentation.

Nous ne sommes pas tous égaux…

Toutefois tout le monde n’est pas génétiquement prédisposé aux troubles alimentaires, mais certaines diètes, certains régimes entraîneraient les personnes vers une obsession puis un mal-être:

« les régimes, les restrictions importantes ça a des effets négatifs sur la santé mentale, ça peut paraître bénéfiques au début à cause de cette satisfaction dans la perte de poids, mais rapidement on tombe dans la préoccupation de bien manger et ça peut mener aux troubles alimentaires, la dépression, l’anxiété » affirme Chantal Bournival.

Pour cette spécialiste des troubles alimentaires, l’alimentation n’est pas une solution suffisante pour lutter contre la dépression. Elle conseille d’identifier au préalable les prédispositions comme la prise de certains médicaments qui aurait un impact sur l’humeur de la personne et les facteurs de risques possibles comme le décès d’un proche, la perte d’un emploi, le stress, la consommation d’alcool ou de drogue, une fausse couche, un divorce, une séparation ou une fatigue chronique.

Au quotidien

Elle donne quelques conseils pour aider au maintien de notre santé mentale

« c’est d’abord d’avoir un bon équilibre de vie, prendre la vie dans l’instant présent, éviter d’entretenir des pensées négatives, de ressasser le passé ou d’anticiper l’avenir. Pratiquer de la méditation, reconnaître et surmonter ses peurs, ne pas être trop exigent avec soi-même. Avoir un régime de vie sain. Se coucher tôt, avoir une bonne attitude de sommeil » beaucoup de conseils que préconise Chantal Bournival.

La santé mentale est importante, les professionnels spécialisés en santé mentale s’accordent à dire que prendre soin de soi-même est primordial et cela passe souvent par une alimentation équilibrée, mais aussi par une bonne hygiène de vie et la pratique régulière d’une activité sportive.

http://quebec.huffingtonpost.ca

D’un régime à l’autre


Les régimes miracles se vendent mieux, mais n’ont pas l’effet escompter, du moins à long terme. Il est vrai que certains aliments ont inutiles et l’abus ne fait qu’emmagasiner la graisse. Cependant, préférer des aliments et soustraire d’autres ne sont guère mieux. Il n’y a donc pas de miracle, l’exercice et une bonne alimentation (même avec des petits plaisirs aux papilles de temps à autre) sont les seuls moyens pour arriver à perdre du poids. Il y a quand même de l’aide pour ceux en difficultés, un peu comme les AA, les OA (Outremangeurs Anonymes) pourrait des outils précieux
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D’un régime à l’autre

 

STOCKVISUAL VIA GETTY IMAGES

Accuser tel aliment ou tel autre d’être responsable de l’obésité ou encore faire croire qu’il existe des diètes miracles relève de l’illusionnisme.

Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour perdre quelques kilos ? Des diètes de toutes sortes apparaissent et disparaissent pour être remplacées par d’autres, souvent, encore plus farfelues que les précédentes… En 2000, j’ai eu le plaisir de collaborer à l’écriture d’un livre qui s’intitulait : Question de maigrir. Ce qu’il faut savoir pour contrôler son poids avec le Dr Dominique Garrel. Le Dr Garrel, un médecin et endocrinologue, a suivi une formation en recherche sur la nutrition à l’Université Berkeley en Californie et est professeur titulaire et directeur du Département de nutrition de la Faculté de médecine à l’Université de Montréal. Il ne s’agissait donc pas d’un livre qui donnait des recettes miracles, mais qui renseignait objectivement sur les routes à suivre si on voulait contrôler son poids. J’avais pensé que le livre, compte tenu de la crédibilité à toute épreuve de son auteur et des besoins de la population, se vendrait à plusieurs milliers, voire à des dizaines de milliers d’exemplaires. Tel ne fut malheureusement pas le cas. Il semble que dans ce domaine, il aurait fallu une recette miracle, une pilule quelconque ou une approche sensationnaliste pour attirer l’immense population de ceux qui désirent perdre quelques kilos.

D’ailleurs, il n’est pas étonnant que bien souvent, les succès de librairie relèvent d’au moins une des trois approches ci-haut citées. Mais il faut bien comprendre ici que le succès en est un financier pour celui qui sort la nouvelle méthode et non un succès en matière de perte de poids à long terme pour celui qui y adhère. La liste des diètes qui ont connu leurs heures de gloire et qui ressuscitent à l’occasion est longue : le régime Atkins, le régime de Berverly Hill, le régime hollywoodien, le régime basé sur les groupes sanguins, l’alimentation macrobiotique, l’alimentation vivante, le régime de Montignac, et je pourrais en ajouter d’autres.

« Par-delà le risque pour la santé plus ou moins important qu’apportent ces techniques, elles présentent un autre inconvénient majeur : Pendant que les personnes s’y adonnent, elles n’apprennent rien ou pire des faussetés en ce qui concerne la perte et le maintien du poids. Quand on tente de vous faire avaler qu’il existe de bons ou de mauvais glucides, on vous berne », mentionne le Dr Garrel dans son ouvrage..

D’autres diètes miracles supposément appuyées par des dictats scientifiques continueront d’alimenter nos fantasmes. Une des dernières en lice est celle de boire beaucoup plus d’eau que nécessaire. Ainsi, Heidi Powell, une étoile montante dans le domaine de la perte de poids et de l’entraînement suggère de boire, tenez-vous bien, 5 litres d’eau par jour, ce qui augmenterait le métabolisme de 30% et entraînerait une perte de poids. Peut-on parler ici de pseudoscience ? Sur le site de l’agence Science Presse, on relate un discours opposé d’une docteure écossaise :

« Selon Margaret McCartney, boire beaucoup d’eau peut perturber le sommeil et causer des dommages aux reins, entraînant une incontinence urinaire, surtout chez la femme. Une consommation excessive d’eau pourrait aussi déclencher une « hyponatrémie », une affection pouvant mener à une hypertension intracrânienne potentiellement mortelle. Selon elle, aucune preuve scientifique n’appuie les recommandations émises depuis plusieurs années par les nutritionnistes qui incitent à consommer autant d’eau. »

Pour ma part en ce qui concerne ma santé et mon alimentation, je préfère me référer souvent à cette faculté que l’on nomme le gros bon sens ou encore à un médecin spécialiste. Depuis l’aube de l’humanité, s’il y avait existé un truc miracle pour perdre du poids, cela se serait su ! Accuser tel aliment ou tel autre d’être responsable de l’obésité ou encore faire croire qu’il existe des diètes miracles relève de l’illusionnisme. La physiologie humaine est faite en sorte que lorsqu’on ingère plus d’énergie qu’on en a besoin, celle-ci sera mise en réserve sous forme de graisse pour pallier à l’éventualité d’une famine, phénomène qui se répétait très souvent anciennement. En effet pendant des centaines de milliers d’années, des périodes de famine se faisaient fréquemment sentir et décimaient des populations entières. Qu’elles soient dues à de mauvaises conditions météorologiques (eh oui, même lorsqu’il n’y avait pas d’automobiles et de pollution chimique, la météo pouvait connaître des écarts catastrophiques pour la cueillette des fruits et légumes), à des chasses infructueuses ou encore à des guerres, souvent les famines frappaient. Ceux qui avaient une bonne réserve de graisse survivaient, les autres non. C’est pourquoi, pendant longtemps, afficher un certain embonpoint était à la mode, c’était non seulement un signe d’opulence, mais aussi un espoir de survie en cas de disette.

Peu d’exercices et beaucoup de nourriture, voilà la diète parfaite pour l’obésité.

    Dans les pays industrialisés, les famines ont disparu et au lieu de travailler la terre, semer et récolter ses légumes ou au lieu d’avoir à courir de longues heures en forêt à la recherche de gibier, le seul exercice que l’on a à faire est de se rendre au supermarché du coin et marcher entre les allées pour aller chercher notre pitance. Peu d’exercices et beaucoup de nourriture, voilà la diète parfaite pour l’obésité.

    Et le retour au poids santé n’est pas une mince affaire. Des habitudes ont été prises sinon ancrées, des émotions ont été impliquées, des réflexes ont été acquis et ainsi reprendre le contrôle de son poids devient pour plusieurs un pénible travail au quotidien. Il faut s’astreindre à accepter d’y aller un jour à la fois tout comme pour toute autre dépendance. Mais dans ces autres dépendances, il est possible d’éliminer totalement l’agent en cause, que ce soit la cigarette, l’alcool ou les autres drogues. Ce n’est pas facile, mais c’est possible. Dans le cas où l’agent addictif est la nourriture, il est impossible d’y renoncer totalement. Le défi n’en est que plus difficile à relever. Tout comme il existe les AA (Alcooliques anonymes), il y a aussi les OA (Outremangeurs anonymes). On peut y trouver sur leur site web :

    « Chez OUTREMANGEURS ANONYMES, l’abstinence est l’action de s’abstenir de manger compulsivement. Nombreux d’entre nous ont constaté qu’ils ne pouvaient s’abstenir de manger compulsivement sans l’utilisation des (9) outils de rétablissement proposés par notre mode de vie.

    Ces neuf outils sont :

  • Le plan alimentaire

  • Le parrainage et le marrainage

  • Les réunions

  • Les appels téléphoniques

  • L’écriture

  • Les publications OA et AA

  • Le plan d’action

  • L’anonymat

  • Le service

Pour plus d’informations sur cet aspect de notre mode de vie, nous vous invitons à lire le dépliant « Outils de rétablissement » qui est disponible dans les réunions OA. »

(http://outremangeurs.org/) ou il est possible de les joindre au téléphone au : 514-490-1939 ou encore sans frais au 1-877-509-1939.

Nul n’est besoin de se rendre malade avec la panoplie de diètes proposées pour perdre du poids.

http://quebec.huffingtonpost.ca

Orthorexie : quand manger santé devient une obsession


Parmi les troubles alimentaires, il y a l’orthorexie, mangé à tout prix santé en choisissant les aliments par leurs qualités nutritionnelles même si la personne n’aime pas le goût. Que ce soit les réseaux sociaux, les médias, les revues … parlent des produits miracles, désintox, perdre du poids et tout leur blabla, ceux qui souffrent d’orthorexie suivent cela à la lettre et se retrouve plus malade qu’avant et peuvent être affligés par d’autres troubles alimentaires
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Orthorexie : quand manger santé devient une obsession

 

JIRI MIKLO

Depressed and sad woman in kitchen

Manger sainement est une vertu, mais il faut éviter que cela mène à une obsession appelée orthorexie.

Les personnes souffrant d’orthorexie ont l’obsession de choisir leurs aliments en fonction de leurs qualités nutritionnelles plutôt que de leur goût, souligne la nutritionniste Marilyn Giguère.

« Deux personnes peuvent avoir la même assiette. L’une est orthorexique, l’autre non. La personne orthorexique a calculé les nutriments qu’il allait y avoir dans l’assiette. Tout est calculé. Elle n’a pas nécessairement envie de manger ça, mais c’est ce qu’elle va manger tandis que l’autre à côté mange parce que c’est ce qu’elle a envie de manger », explique Marilyn Giguère.

Dans les médias et la littérature, on vante les vertus de certains aliments et on en proscrit d’autres. La personne orthorexique a tendance à tout prendre au pied de la lettre.

« Je pense que oui, les médias ont beaucoup à voir avec l’adhésion à plusieurs diètes. On classe beaucoup, on catégorise beaucoup ces aliments en bon ou mauvais. Ça n’aide pas non plus. Un aliment n’est pas bon ou mauvais pour la santé. Il faut enlever ce vocabulaire, changer ce vocabulaire pour diminuer un peu le contrôle excessif », affirme Mme Giguère.

L’orthorexie peut déclencher d’autres troubles alimentaires, selon Julie Leduc, psychologue et auteure de l’ouvrage intitulé L’Anorexie chez la femme : s’en sortir.

« Si c’est quelque chose qui prend de plus en plus de place, la personne peut développer d’autres problèmes de santé, dont l’anorexie qui est qu’à force de vouloir tellement manger « parfaitement », la personne qui était au départ en bonne santé devient malade », précise Julie Leduc.

Manger de façon instinctive au lieu de suivre un régime

Marilyne Giguère et Julie Leduc déconseillent les régimes. Mme Leduc estime que ce n’est pas une manière naturelle et instinctive d’aborder l’alimentation.

« Un régime, ce n’est pas une personne qui écoute ses besoins, c’est quelque chose qui vient de l’extérieur de la personne, qui est écrit sur un papier. On va suivre ça. Si on suit un régime X à la lettre, il y a une perte de poids. Mais, parfois, il y a une reprise de ce poids-là parce que la personne, ça ne vient pas d’elle, ça vient de l’extérieur d’elle », explique Julie Leduc.

Marilyne Giguère et Julie Leduc ajoutent qu’il faut éviter que les aliments créent de l’anxiété. Si un type d’aliment est une cause d’anxiété, il faut le réintégrer graduellement dans son alimentation pour que cela devienne naturel.

Avec les informations d’Émilie Vallières

http://quebec.huffingtonpost.ca

Non, ce n’est pas vous qui n’avez pas tenu votre régime: c’est le régime qui ne tient pas


Nous sommes polluées avec toutes sortes de régimes miracles qui ne remplient à long terme leurs promesses.Et cela, Mieux vaut bannir les régimes, opter pour une alimentation plus équilibrée si possible fait maison avec de l’exercice, cela sera surement plus positif et le cerveau s’adaptera beaucoup mieux a une hygiène de vie plus sain
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Non, ce n’est pas vous qui n’avez pas tenu votre régime: c’est le régime qui ne tient pas

Près d’un tiers de la population a déjà effectué un régime amaigrissant | jeff_golden via Flickr CC License by

Près d’un tiers de la population a déjà effectué un régime amaigrissant | jeff_golden via Flickr CC License by

Daphnée Leportois

C’est (neuro)scientifiquement et cognitivement prouvé. Les régimes ne peuvent pas fonctionner.

Avec l’arrivée des beaux jours et des vacances d’été, les articles consacrés aux kilos à perdre pour pouvoir rentrer dans le maillot de bain sont légion. Un duo régime-corps «de rêve» qui n’a rien d’étonnant. Comme le relevait en 2014 un article scientifique sur la perception des régimes, la pression sociale à exhiber un corps mince pousse à vouloir maigrir. C’est ce dont témoigne Léa, 27 ans:

«Chez moi, le régime est extrêmement lié aux autres, à leurs regards. Depuis que j’ai l’âge de m’en souvenir, j’entends la même chose: “tu es super jolie, c’est dommage que tu aies ces kilos en trop” ou alors sa variante policée, “tu es belle quand même”. Lorsque l’on émet un “avis” sur mon physique, il est automatiquement lié à mes kilos, toujours. Même les hommes qui m’ont aimée et à qui j’ai plu. J’ai toujours entendu “moi, j’aime bien tes rondeurs” ou “ça ne me dérange pas, je préfère ça”, ce qui sous-entend que j’ai une particularité.»

Et elle n’est pas la seule. Ainsi, en 2012, 51% des femmes et 40% des hommes se trouvaient trop gro(se)s et 70% des femmes et 52% des hommes souhaitaient peser moins, révélait l’enquête NutriNet-Santé. Sans forcément avoir une surcharge pondérale, puisque 58% des femmes et 27% des hommes de poids normal souhaitaient peser moins. Or 75% de ces femmes et 45% de ces hommes qui se trouvaient trop gro(se)s et 67% de ces femmes et 39% de ces hommes qui souhaitaient peser moins avaient fait au moins un régime dans leur vie. Le problème, avec ces régimes, c’est qu’ils ne fonctionnent pas.

«L’impression d’être au régime toute ma vie»

«Toute ma vie, la plus grande peur de mes parents était que je sois grosse. Spoiler: quasi trente-deux ans plus tard, je le suis, raconte Éléonore. Des petites privations aux régimes drastiques, j’ai tout fait. À à peine 10 ans, dans mon journal intime, j’écrivais mes résolutions pour l’année suivante. La première sur la liste: faire un régime et perdre 5 kg. À l’adolescence, j’étais obsédée par la balance. Si je dépassais les 55 kg, mon monde s’écroulait. Mais, dès que je descendais à 53 en me privant, je remontais à 57 en mangeant normalement. Et ça a continué comme ça toute ma vie. Plus je faisais attention, plus je me privais, et plus je grossissais.»

 En toute logique, l’échec de ces régimes devrait conduire à la diminution de leur nombre. Dans les faits, c’est l’inverse qui se produit.

Plus je faisais attention, plus je me privais, et plus je grossissais Éléonore, 31 ans

Près d’un tiers de la population a déjà effectué un régime amaigrissant, détaille la docteure Chantal Julia, chercheuse en épidémiologie nutritionnelle. Très exactement 26,7% des 48.435 individus ayant répondu aux questionnaires dédiés de l’étude NutriNet-Santé en 2012 ont déclaré avoir effectué au moins un régime dans les trois années précédentes.

Or, «la probabilité de faire un régime est associée au fait d’en avoir déjà fait un avant».

 La preuve: plus d’une femme sur quatre et d’un homme sur sept ont suivi plus de cinq régimes au cours de leur vie.

Et ce, en les jugeant en fin de compte infructueux: «plus de deux tiers des Nutrinautes ayant suivi plus de cinq régimes au cours de leur vie les jugent inefficaces».

«J’ai eu l’impression d’être au régime toute ma vie, complète Éléonore. Ça a commencé assez jeune, en CE2: un médecin qui faisait la visite médicale à l’école a noté sur mon carnet de santé que j’avais un problème de poids (il avait écrit un truc du genre “prépondérance abdominale à surveiller”). J’avais même pas 9 ans, un petit bidon d’enfant, mais moi j’ai entendu “t’as du bide, t’es grosse” et mes parents aussi. Donc à partir de ce moment-là, pour moi, il y avait deux façons de manger: faire un régime et maigrir, manger normalement et grossir.»

Rien à voir avec la volonté

Ce paradoxe s’explique.

«Si le régime ne fonctionne pas, on considère que c’est de la faute de la personne qui l’a suivi, on se dit “c’est moi qui ai craqué”. Il y a peu de remise en question du principe lui-même du régime, qui pourtant est à l’origine de l’échec», pointe Chantal Julia.

En atteste l’expérience de Léa: «J’ai automatiquement repris tout ce que j’avais perdu, et plus, après chaque régime. C’est terrible, parce qu’on ressent un tel sentiment d’échec ensuite. À son niveau, d’abord, parce qu’on se sent faible. Et puis aux yeux des autres qui se faisaient un plaisir de te dire tout le temps “c’est fou, comme tu as maigri, ça te va bien”. Quand tu regrossis, personne ne te le dit mais qu’est-ce que ça se lit dans les yeux des gens…»

Alors que les fiascos des régimes n’ont rien à voir avec un manque de détermination, abonde Michel Desmurget, directeur de recherche à l’Inserm spécialisé en neurosciences cognitives et auteur de l’ouvrage L’anti-régime – Maigrir pour de bon (Belin, 2015):

«Les gens croient toujours que c’est une question de volonté. Mais la volonté va se fracasser sur la physiologie. C’est un défaut de la structure du régime. Le coupable, c’est celui qui a prescrit le régime en sachant très bien qu’il ne fonctionne pas sur le long terme.»

 Pas étonnant, comme le fait remarquer Chantal Julia dans l’article cité plus haut sur la perception des régimes, que les régimes dits «commerciaux» n’acceptent pas d’être évalués selon des méthodes scientifiques et préfèrent s’appuyer sur des données empiriques pour établir leur efficacité.

J’ai automatiquement repris tout ce que j’avais perdu, et plus, après chaque régime. C’est terrible, parce qu’on ressent un tel sentiment d’échec Léa, 27 ans

Alerte, réserves de graisse attaquées

Comme l’écrit dans son ouvrage Ville affamée – Comment l’alimentation façonne nos vies (2016, éditions Rue de l’échiquier) Carolyn Steel, «nous devons tous manger. D’une façon ou d’une autre, nous devrions tous être des experts en la matière –mais le sommes-nous? Notre environnement évolue plus vite que la capacité de nos corps à s’adapter: nous menons, pour la plupart, des vies sédentaires dans des bâtiments surchauffés, et pourtant nos appétits semblent se caler sur tout ce que l’industrie agroalimentaire peut nous balancer. Plusieurs études ont confirmé que notre instinct de survie est toujours intact, nous poussant à continuer à manger tout ce qu’on nous met sous le nez, que nous ayons faim ou non. Par conséquent, plus on nous propose de nourriture, plus nous avons tendance à manger. Autrement dit, les offres “Maxi format” et “1 acheté = 1 gratuit” séduisent ces parties de nos cerveaux qui n’ont pas évolué depuis le temps où nous vivions dans les déserts glacés et chassions le mammouth laineux».

Le problème se situe là, confirme Michel Desmurget.

«Depuis des milliers d’années, le corps humain a plus souvent souffert de la famine que l’inverse. Il a donc développé une armée de défenses pour se protéger de la famine tandis qu’il n’y a pas de capteurs pour dire que nos artères sont en train de se boucher. Pour le cerveau, ce qui pose problème, ce n’est pas l’excès de graisse. La seule chose qui le terrifie, c’est de voir ses réserves de graisse attaquées.»

Quand c’est le cas, il va résister. Et c’est ce qui va engendrer les difficultés pendant et surtout après le régime.

Le corps humain a plus souvent souffert de la famine que l’inverse. Il a donc développé une armée de défenses pour s’en protéger Michel Desmurget, directeur de recherche à l’Inserm spécialisé en neurosciences cognitives

Déséquilibre à long terme

C’est d’abord le système hormonal qui va être déséquilibré. La ghréline, l’hormone de la faim, et la leptine, l’hormone de la satiété, vont être détraquées.

«On va observer une diminution jusqu’à 95% de la concentration de la leptine dans le flux sanguin, poursuit le docteur en neurosciences. Même en mangeant comme un goret, on aura toujours faim et on ne sera jamais à satiété.»

Et ce mécanisme est détérioré sur la durée.

Une étude menée sur les participants de l’émission de téléréalité The Biggest Loser et dont les résultats sont parus dans la revue Obesityindique ainsi que, «tant que le poids initial n’a pas été restauré, le système ne lâche pas: le niveau de leptine est toujours déprécié, c’est un mécanisme sur le long terme», résume Michel Desmurget.

D’autres changements s’opèrent, toujours dans cette optique de protection de nos réserves de graisses:

«Les signaux des capteurs d’étirement se trouvant dans l’estomac, qui disent qu’il est plus ou moins plein, vont être tempérés.»

En outre, le corps va chercher à s’économiser, à faire la même chose, mais avec moins.

«Admettons que vous ayez besoin de 1.200 calories pour fonctionner. Après un régime, le corps aura serré les boulons, vous en aurez besoin de 800.»

De quoi forcément reprendre des kilos une fois le régime terminé et une alimentation normale reprise. D’autant que, ces rouages-là, qui fonctionnent sans relâche, vous n’avez absolument aucune prise dessus.

Calories approximatives

On pourrait se dire qu’il convient de compter les calories, comme l’a fait Henri, 28 ans, ou le fait encore Thaïs, 35 ans, tous deux à l’aide de l’application MyFitnessPal.

Il suffit de rentrer sa taille, son poids, ses habitudes de déplacement et l’application recommande un nombre idéal de calories par jour pour parvenir à son objectif de perte de poids. Après tout, si le cerveau inconscient nous fait trop manger, pourquoi ne pas l’aider à compter un poids d’équilibre, définie comme «la valeur de consigne défendue par le système de régulation corporel» par le nutritionniste Jean-Philippe Zermati, président d’honneur du Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids (Gros)?

Sauf que ce n’est pas si simple et même «forcément perdu d’avance».

La restriction calorique et la frustration alimentaire ne sont pas tenables à long terme Dr Chantal Julia, chercheuse en épidémiologie nutritionnelle

Avant tout, parce que «personne n’est capable de déterminer ses dépenses caloriques de tous les jours et de ne pas manger plus que ce qu’il convient, assène le spécialiste. Même une application, qui travaille à partir de bases de données et de la composition des aliments. Tout cela est bien trop approximatif. Il y a par exemple une différence entre une tranche de jambon de Paris et de jambon de Bayonne, et cela dépend aussi du boucher. Sans compter qu’il faudrait peser au gramme près.»

C’est ce qu’a fait à quatre reprises Léa:

«Je pesais chacun des aliments car j’avais des programmes très précis: tant de grammes de féculents, tant de grammes de pain, tant de viande blanche, légumes à volonté… Donc je me promenais partout avec ma mini-balance de cuisine.»

Obsessions

Mais ce n’est pas la solution miracle. Au contraire.

 «La restriction calorique et la frustration alimentaire ne sont pas tenables à long terme», insiste la docteure Chantal Julia. Tout simplement parce que, «à partir du moment où le régime génère une frustration, il peut créer des compulsions alimentaires et davantage de rebond pondéral».

«Chaque fois qu’on m’a demandé de maigrir, j’ai grossi», écrit d’ailleurs la journaliste Gabrielle Deydier dans son livre On ne naît pas grosse. «Je réagis violemment à ces injonctions, je me braque, transforme la souffrance en frénésie alimentaire.»

C’est bien ce qu’exprime aussi Thaïs:

«Ce que je déteste le plus dans les régimes, c’est la manière dont ça me rend obsédée de bouffe. Tu dois passer ta journée à réfléchir à ce que tu vas bouffer, comment, etc.»

Si Henri dit ne pas s’être senti affecté par la nourriture des autres, il avoue en être venu à se dire «si je bois une deuxième pinte, il ne va pas falloir que je mange ce soir».

Un raisonnement qu’il admet ne pas être des plus logiques après coup, et montre que dans les moments de détente le régime vient se rappeler à vos bons souvenirs.

L’alimentation occupe le champ mental, pas seulement trois fois par jour pendant les repas mais aussi pendant les courses, à chaque fois que l’on passe devant de la nourriture… Le cerveau n’est pas conçu pour: s’il fait ça, c’est au détriment d’autre chose Jean-Philippe Zermati, président d’honneur du Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids (Gros)

Le régime, comme le décrit Carolyn Steel dans son ouvrage, est un «acte qui, quel que soit son effet sur notre tour de taille, ne contribue guère à développer une attitude mentale positive. Il n’y a rien de mieux pour nous réduire à un état d’isolement sinistre et faire de la nourriture une obsession».

Cette obsession gargantuesque est due à un changement de fonctionnement cérébral, précise Michel Desmurget:

«Le cerveau va devenir hyper attentif à la nourriture. En temps normal, la conscience ne reçoit qu’une partie infime de ce que nous percevons. Le reste est filtré. Au régime, le cerveau fait remonter à la conscience, de manière exacerbée, toutes les infos relatives à la nourriture.» Résultat: «Vous voyez de la bouffe partout!»

Et non seulement la nourriture envahit tous vos sens mais les mécanismes inhibiteurs inconscients («ceux qui vous empêchent, quand vous voyez un morceau de chocolat, de vous jeter dessus comme un mort de faim», image le neuroscientifique) vont s’affaisser progressivement.

Et avec eux toute résistance à la tentation. Vous pourrez continuer de vouloir suivre votre régime mais, au bout d’un moment, cette volonté intellectualisée sera mise à genoux par le cerveau lui-même.

Puisque, pour lui, c’est la famine qui guette et donc «c’est une question de survie». «Quand elle s’oppose à la physiologie, la volonté ne gagne jamais», ponctue-t-il.

Épuisement

Sans compter que cet effort mental est épuisant. Quand on demande si le régime a compliqué la vie (courses, préparation des repas, repas avec des proches, repas pris à l’extérieur…) des Nutrinautes, ils répondent à 15,6% «oui, beaucoup» et à 21,3% «moyennement» pour les régimes restrictifs comme Dukan ou Atkins.

Certes, «pendant le régime, étrangement, j’avais l’impression d’avoir une meilleure relation à la nourriture, tempère Léa. J’étais tellement fière de réussir à le faire et de voir les résultats sur moi que j’avais l’impression de sortir victorieuse de chaque repas. C’était presque un jeu amusant: comment j’allais faire pour manger équilibré même en situation de tentation, trouver des stratagèmes pour avoir l’impression de manger un truc qui me plaît. Mais il y a toujours un moment, à la fin, où cet état de grâce vole en éclats et c’est là que mon rapport à la nourriture redevient très conflictuel.»

Rien d’étonnant pour Jean-Philippe Zermati:

«L’alimentation occupe le champ mental, pas seulement trois fois par jour pendant les repas mais aussi pendant les courses, à chaque fois que l’on passe devant de la nourriture puisque l’on se demande si l’on peut ou pas, et dans quelle quantité. Le cerveau n’est pas conçu pour: s’il fait ça, c’est au détriment d’autre chose. Il y a donc une usure du contrôle: même pas besoin de facteur déclenchant, on s’arrête par épuisement.»

Comme le récapitule Thaïs, «c’est vraiment une perte de temps de cerveau disponible».

Le régime est un acte qui ne contribue guère à développer une attitude mentale positive. Il n’y a rien de mieux pour nous réduire à un état d’isolement sinistre Carolyn Steel, auteure de Ville affamée – Comment l’alimentation façonne nos vies

Frustrations

Et peser chaque aliment que l’on va ingérer ou réfléchir à son apport calorique met de côté deux choses essentielles, pointe Jean-Philippe Zermati.

La première, c’est «la fonction réconfortante et régulatrice de la nourriture».

Mettre du contrôle là-dessus (même préventif en cas de non-problème de poids) est problématique. Cela engendre des frustrations. Ainsi, 17,4% des Nutrinautes ayant suivi un régime restrictif se sont déclarés beaucoup ou énormément frustrés quant au choix des aliments (et 19,4% moyennement).

Lesquelles frustrations peuvent entraîner des compulsions. Mais aussi un état émotionnel fragile.

«Je me pesais tous les matins. Et ça conditionnait mon humeur du jour. Voir 200 grammes en moins, c’était fou! Mais quand c’était 400 grammes en plus, j’étais dégoûté, pas fier de moi et me remettais en question…» illustre Henri.

«Si vous avez un coup de fatigue et mangez du chocolat, cela fera quelques calories en plus. Mais au repas d’après, il suffit de faire quelques calories en moins pour que ça passe comme une lettre à la Poste», poursuit le nutritionniste.

Attention, cela ne vaut que si, au lieu d’être focalisé sur les apports caloriques et l’envie de contrôle du poids vous êtes à l’écoute de votre corps et de la sensation de satiété (et encore faut-il que celle-ci n’ait pas été détraquée précédemment).

C’est pour cela que, «si vous avez un poids cliniquement normal, ne changez rien», s’exclame Michel Desmurget.

En revanche, si effectivement vous prenez progressivement du poids et devez en perdre, ne sautez en aucun cas sur le régime.

«Tout ce qui est transitoire est lié à l’échec», argue-t-il.

Sans être dans le contrôle absolu, qui vient pervertir jusqu’au cerveau et conduit justement à une perte de contrôle et une prise de poids, il s’agit de piéger son cerveau, d’éviter qu’il se mette en mode famine. Et pour cela, seuls des petits changements non frustrants et tenables à long terme sont envisageables. Pas que des restrictions minimales (même si supprimer deux carrés de chocolat par jour, c’est perdre 4 kg en un an, 6 en deux ans et 8 en quatre ans). Mais aussi le fait de se servir dans une petite assiette au lieu d’une grande pour influer sur le sentiment de satiété ou de manger à table plutôt que devant son ordinateur ou la télé pour davantage prêter attention au plaisir de ce que vous mangez.

C’est bien pour cela que Henri a simplement décidé de prendre le temps de cuisiner:

«Ce n’est pas une corvée, c’est vraiment une récupération active.»

Idem pour Éléonore:

«Aujourd’hui, il faut que je perde du poids. Et j’ai, pour la première fois, je pense, une approche saine de cette question. Je ne me dis pas “je vais me mettre au régime”, mais “je vais adopter un régime alimentaire plus sain, cuisiner et me faire plaisir, découvrir de nouveaux produits ainsi qu’une façon différente de me nourrir”.»

http://www.slate.fr

Ne plus rire des gros


Avez-vous déjà remarqué quand on veut faire une satire sur la paresse, l’inaction, le mangeur d’aliments gras, on met des personnes obèses en scène. Il y a beaucoup de préjugés face au surpoids. Cela devient de la discrimination, qui n’aide en rien ces personnes. Cette discrimination se poursuit même pour la recherche d’emploi, face au médecin, etc. Ce texte est long, mais cela vaut la peine de le lire jusqu’au bout, pour changer notre attitude face à l’obésité
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Ne plus rire des gros

 

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses... (photo masterfile)

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses sont victimes de préjugés qui leur font mal.

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MARIE ALLARD
La Presse

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses sont victimes de préjugés qui leur font mal. Cette grossophobie est l’une des dernières discriminations tolérées ouvertement. Quand cessera-t-on de confondre lutte contre l’obésité et lutte contre les obèses?

À bas la grossophobie

«Même si je m’injecte du gâteau, il faut quand même que tu me traites comme un humain», dit Gabrielle Lisa Collard.

La jeune femme, qui ne s’injecte évidemment pas de gâteau, n’en peut plus que les gros (un terme qu’elle utilise) soient jugés. Stigmatisés. Considérés comme des citoyens de seconde zone.

«Les gens pensent que les gros sont moins intelligents, sales, lents», regrette la vive Montréalaise, auteure du blogue taille plus Dix octobre.

À Paris, Daria Marx se décrit aussi comme «une femme grosse» et «une militante féministe et anti-grossophobie». Grosso quoi? «

La grossophobie regroupe l’ensemble des discriminations faites aux personnes grosses», explique-t-elle.

Étymologiquement, la grossophobie est la peur des gros. Et la crainte d’être contaminé par «l’épidémie d’obésité» dénoncée par l’Organisation mondiale de la santé.

«Dans les sociétés occidentales postindustrielles, il existe une vision hyper individualiste qui valorise l’idée qu’une personne peut être en plein contrôle de son existence», avance Audrey Rousseau, candidate au doctorat en sociologie à l’Université d’Ottawa.

Le gros, supposé sans volonté, est incompatible avec le culte de la performance. Donc, indésirable. On confond lutte contre l’obésité et lutte contre les obèses.

Hausse de la discrimination

En 1995-1996, 7 % des adultes américains rapportaient avoir été victimes de discrimination liée au poids. En 2004-2006, ce taux avait grimpé à 12 %, selon le Yale Rudd Center for Food Policy & Obesity.

La discrimination en raison du poids «a maintenant une prévalence semblable à la discrimination raciale aux États-Unis», d’après une étude parue en 2010 dans l’American Journal of Public Health.

«Aujourd’hui, plus personne ne pense à faire une blague sur la couleur de la peau, l’orientation sexuelle ou la religion, mais on continue à faire des blagues sur les gros et les grosses», constate Julie Noreau, une ex-obèse.

Elle-même a souvent entendu des gens imiter le «Bip! Bip! Bip!» d’un camion qui recule quand elle faisait un pas en arrière.

«Pourquoi c’est accepté?», demande-t-elle.

«Vu que c’est de « notre faute » si on est gros, c’est encore fair game dans l’esprit des gens, croit Gabrielle Lisa Collard. Le commun des mortels pense qu’un gros est forcément responsable de son poids. Soit de l’avoir pris, soit de ne pas être capable de le perdre. Ce n’est pas si simple que ça. Mais les gens ne le savent pas. Ils ne savent pas que les régimes ne fonctionnent pas. Des gros, comme des gens pas gros, pensent comme ça. Ils se sentent super coupables s’ils perdent du poids et le regagnent. Pourtant, ça arrive dans 95 % des cas.»

À force de régimes, le métabolisme s’ajuste à la baisse et brûle de moins en moins de calories. C’est un cercle vicieux, méconnu des gens qui ont toujours été minces.

«Les préjugés envers les personnes en surpoids sont tellement internalisés qu’on ne se rend parfois pas compte qu’on en a, observe Andrée-Ann Dufour Bouchard, chef de projet chez ÉquiLibre, un organisme qui vient en aide aux personnes préoccupées par leur poids. Ça touche tout le monde: les jeunes, les adultes, les professionnels de la santé, les obèses eux-mêmes. C’est omniprésent.»

Et ça s’apprend tôt. À 11 mois, les bébés préfèrent regarder des photos de gens obèses plutôt que de poids normal. Mais dès 2 ans et 8 mois, c’est le contraire, selon une étude parue dans le Journal of Experimental Child Psychology en 2016. C’est corrélé aux préjugés anti-gros des mères: plus elles en ont, plus les enfants détournent le regard des obèses.

Effets négatifs

Et si les commentaires désagréables et les regards désobligeants aidaient les gros à enfin maigrir?

«Au contraire, c’est bien documenté que la stigmatisation est associée à plein d’impacts négatifs sur la santé physique et mentale», dit Andrée-Ann Dufour Bouchard.

Dépression, honte, arrêt du sport, isolement, régimes draconiens et troubles du comportement alimentaire s’ensuivent.

«Si la stigmatisation poussait les gens à « se prendre en mains », il y aurait moins de personnes en surpoids, fait valoir la nutritionniste d’ÉquiLibre. Ça n’a pas fonctionné du tout.»

En effet: le taux d’obésité est passé de 14 % à 18,2 % chez les adultes entre 2003 et 2013-2014, selon l’Institut de la statistique du Québec.

La solution? Mieux informer et éduquer.

«Il faut aussi arrêter de penser qu’être gros et être en santé, c’est mutuellement exclusif, martèle Gabrielle Lisa Collard. Tu peux être les deux.»

 Elle-même dit bien manger et faire du sport régulièrement.

«Non, j’suis pas faible, écrit-elle sur son blogue. T’essaieras pour le fun de faire 30 minutes de vinyasa yoga par jour avec l’équivalent en poids de Vin Diesel accroché à ton cul.»

Même constat chez Julie Noreau, qui a perdu du poids mais ne correspond pas «aux standards habituels» de minceur.

«Est-ce que je m’entraîne? Est-ce que je mange bien? Est-ce que je fais attention à moi? Oui, dit-elle. C’est ça, être en forme. Être en forme, ce n’est pas un chiffre sur une balance.»

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Étymologiquement, la grossophobie est la peur des gros. Et la crainte d’être contaminé par «l’épidémie d’obésité» dénoncée par l’Organisation mondiale de la santé.

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Lourdes conséquences

La discrimination basée sur le poids touche plusieurs sphères de la vie des personnes obèses. Quelques exemples.

Travail

Les femmes obèses rapportent huit fois plus souvent que les femmes de poids normal avoir été discriminées à l’embauche en raison de leur apparence physique, selon le 9e Baromètre du Défenseur des droits de la France et de l’Organisation internationale du travail, paru en 2016. Les hommes obèses? Trois fois plus souvent. Même pour être bénévole, il faut combattre les préjugés. Julie Noreau, une enseignante, s’est fait demander son poids quand elle a voulu se joindre à un organisme qui aide les enfants.

«Les responsables m’ont dit qu’ils cherchaient des personnes qui avaient de bonnes habitudes de vie, se souvient-elle. Ça m’avait complètement démolie.»

Santé

Près de 70 % des femmes en surpoids ou obèses ont vécu de la stigmatisation de la part de médecins, selon une étude citée par le Rudd Center for Food Policy & Obesity de l’Université Yale.

«Tu consultes parce que tu as mal à une épaule et tu te fais dire de perdre 40 livres, illustre Gabrielle Lisa Collard. Le reste de tes problèmes de santé est complètement ignoré.»

Sur le blogue Dix octobre, une jeune femme ronde raconte avoir consulté à 12 ans pour des douleurs à la jambe gauche. Par deux fois, un médecin lui a dit de faire de l’exercice et de perdre du poids. Diagnostic final? Elle avait une tumeur cancéreuse. C’est vrai, l’obésité – surtout viscérale – augmente le risque de développer plusieurs problèmes de santé. Mais il ne faut pas occulter le reste. Ni pousser les obèses à fuir les médecins.

Chirurgie bariatrique

Un obèse qui consulte un médecin pour une bronchite ou une otite peut se faire conseiller une… intervention chirurgicale bariatrique pour maigrir.

«La pression est folle, dit Gabrielle Lisa Collard. Je me suis fait offrir une chirurgie bariatrique plein de fois, même si je n’ai pas de problèmes de santé ni de mobilité. J’ai l’impression que dans 50 ans, collectivement, on ne va pas être super fiers d’avoir coupé des morceaux d’estomac aux gens au lieu de les encourager à s’aimer assez pour aller faire une marche, manger une poire et être heureux. Réduire la surface d’une personne, ça ne traite pas l’intérieur.»

Image

«Les photos utilisées pour illustrer des statistiques sur l’obésité, c’est toujours quelqu’un assis sur un divan ou mangeant un gros hamburger», dénonce Andrée-Ann Dufour Bouchard, de l’organisme ÉquiLibre.

L’image donnée des personnes en surpoids est rarement positive.

«La représentation des gros, c’est quelqu’un qui passe à travers une chaise, qui fait des bruits de pets ou qui braille dans un gâteau, regrette Gabrielle Lisa Collard. Forcément, t’es gros, t’es sale et tu manges du poulet frit dans un seau.»

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Gabrielle n’est pas née grosse

Septembre 2016. Dans une auberge de jeunesse de Paris, Gabrielle Deydier dort nue, une serviette autour du ventre. À deux heures du matin, une Américaine tire le rideau de son lit-cabine et pointe son téléphone sur elle, lampe de poche allumée.

«Biggie sur YouTube! hurle-t-elle. Biggie, biggie, biggie

La direction de l’auberge a mis l’Américaine dehors et surclassé Gabrielle Deydier, qui pèse 150 kg, dans une chambre individuelle. L’anecdote, suintant la haine, est racontée dans l’introduction d’On ne naît pas grosse, le livre qu’elle fait paraître le 15 juin aux Éditions Goutte d’Or.

On ne naît pas femme, on le devient, selon la thèse de Simone de Beauvoir. Les inégalités entre les hommes et les femmes sont culturellement construites, pas naturelles. De même, les gros ne naissent pas inférieurs, écrit Gabrielle Deydier, qui s’est lancée dans une double investigation, à la fois sur le rapport de la société avec la femme grosse et sur l’origine de sa propre obésité. Une enquête fouillée et troublante.

Erreur médicale

À 17 ans, Gabrielle Deydier pesait 65 kg. Sa mère la jugeant grosse, elle s’est rendue chez un nutritionniste endocrinologue, qui lui a diagnostiqué une maladie des glandes surrénales. Il lui a prescrit des hormones, des médicaments, un régime hypocalorique, des coupe-faim et des boissons diurétiques. Des furoncles sont apparus sur son visage. Le régime strict l’a poussée à vider les placards la nuit. Peu après Noël, la jeune Française pesait 120 kg et s’isolait. Son poids avait doublé en moins d’un an.

Ce n’est qu’à presque 24 ans que Gabrielle Deydier apprendra qu’elle ne souffre pas d’une maladie des glandes surrénales, mais d’ovaires micropolykystiques. Il lui faudra attendre bien plus longtemps avant d’avouer qu’elle alterne des phases de jeûne prolongé avec de l’hyperphagie, alors qu’elle absorbe de grandes quantités de nourriture sans se faire vomir.

«À aucun moment, je ne veux qu’on croie que je glorifie l’obésité, dit Gabrielle Deydier, jointe par téléphone à Paris. Mais il faut accepter les gens.»

Ce n’est pas toujours le cas. Les jeunes obèses en Suède, au Royaume-Uni et aux États-Unis sont payés 18 % de moins que les personnes de poids normal, selon l’étude Fat Doesn’t Pay, citée par l’auteure.

«Plusieurs fois, en entretien d’embauche, on m’a dit que je ne correspondais pas à l’image de dynamisme de l’entreprise. Les gens n’ont pas de filtre quand ils s’adressent aux gros. Et comme les personnes grosses ne se plaignent pas…»

Femmes sous bistouri

Plutôt que de se plaindre, les obèses subissent des interventions chirurgicales bariatriques, sans suivi suffisant. Cela revient à coudre les lèvres d’une personne qui n’arrive pas à arrêter de fumer, selon Gabrielle Deydier.

«Sur 10 personnes qui se font opérer, 8 sont des femmes, observe-t-elle. Alors que la proportion d’hommes et de femmes chez les obèses est quasiment équivalente.»

L’obésité ne fait qu’amplifier «les complexes que ressentent, en fait, presque toutes les femmes», analyse l’auteure.

Elle souhaite qu’on éduque les gens.

 «Comme on fait des campagnes contre le racisme, il faut expliquer que ce n’est pas en s’en prenant au petit gros dans la classe, au travail ou dans le métro qu’on va régler quoi que ce soit», fait-elle valoir.

«L’obésité, c’est une maladie qui peut avoir des conséquences dramatiques, convient Gabrielle Deydier. Mais est-ce que lutter contre l’obésité, c’est lutter contre les obèses? Il se trouve que moi, ma maladie se voit. Est-ce une raison pour que je ne sois pas socialisée?»

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On ne naît pas grosse. Gabrielle Deydier. Éditions Goutte d’Or.

Les croyances erronées à propos de l’obésité font mal, en contribuant à la stigmatisation des personnes en surpoids.

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Cinq mythes à combattre

Les croyances erronées à propos de l’obésité font mal, en contribuant à la stigmatisation des personnes en surpoids. Voici cinq mythes déconstruits par Jean-Philippe Chaput, professeur-chercheur en pédiatrie à l’Université d’Ottawa et au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario.

Manger trop et ne pas bouger assez, voilà les causes de l’obésité

«L’obésité est une problématique vraiment complexe», dit Jean-Philippe Chaput.

De nombreux autres facteurs peuvent expliquer l’excès de poids: le manque de sommeil, le stress, les perturbateurs endocriniens, les troubles alimentaires, les médicaments, etc.

«Au congrès du Réseau canadien en obésité, à Banff en avril, des gens obèses ont dit avoir vécu beaucoup de problèmes de santé mentale, d’abus et de discrimination», illustre le chercheur.

Dans ces circonstances, trop manger et être inactif peuvent être des symptômes d’autres maux, plutôt que des causes.

Les gros ne sont pas en santé, les minces le sont

«On met trop l’accent sur le poids, qui est un indicateur de la santé parmi d’autres, note M. Chaput. Bien manger, bien dormir, gérer notre stress, bouger, réduire le temps passé devant un écran, ne pas fumer : tout cela fait en sorte qu’on est en bonne santé, sans égard à notre poids.»

«On pense que tous les obèses sont malades, mais environ un tiers des gens obèses sont en bonne santé, affirme le chercheur. Et environ un tiers des gens minces sont en mauvaise santé et devraient changer leurs comportements. Comme on se base toujours sur l’indice de masse corporelle (IMC), on surtraite les gens obèses et on sous-traite des gens minces. Le meilleur poids, c’est celui qu’on a avec les meilleures habitudes de vie possible.»

Les obèses sont paresseux

«Il y a une épidémie d’inactivité physique au Canada, rappelle M. Chaput. Tout le monde ne bouge pas assez, autant les minces que les personnes en surplus de poids.»

À peine 10 % des jeunes Canadiens font une heure d’activité physique d’intensité moyenne à vigoureuse par jour, comme recommandé.

Seuls de 15 % à 20 % des adultes font les 30 minutes par jour d’activité d’intensité moyenne à vigoureuse suggérées.

«Il n’y a pas de grosses différences selon le poids corporel», souligne M. Chaput.

La santé de bien des Canadiens – pas seulement des obèses – est menacée par cette inactivité.

Les régimes fonctionnent

«À peu près 95 % des gens qui font une diète reprennent le poids perdu», affirme M. Chaput. Ceux qui réussissent à maintenir leur perte de poids pendant cinq ans «se pèsent tous les jours, bougent 90 minutes par jour et restreignent leur alimentation au maximum», décrit le chercheur.

Perdre du poids à long terme est difficile, parce que le métabolisme diminue après un régime. Au repos, le corps brûle moins de calories qu’avant. Quant aux cellules graisseuses, elles envoient plus de signaux de faim au cerveau.

«C’est pour ça qu’il n’y a présentement pas de bon traitement pour l’obésité, souligne M. Chaput. Même avec la chirurgie bariatrique, on voit des regains de poids. Le meilleur traitement, c’est la prévention.»

La perte de poids n’a pas d’effets indésirables

Une importante perte de poids peut causer une rémission du diabète, soulager les articulations, améliorer l’estime de soi, etc.

«Mais ça entraîne aussi des effets secondaires», indique M. Chaput.

L’appétit augmente, le métabolisme diminue et la tendance vers l’hypoglycémie s’accentue. Des taux plus élevés de polluants organiques persistants se retrouvent dans le sang.

«On voit aussi beaucoup de dépressions chez les gens qui ont eu des chirurgies bariatriques», ajoute le chercheur.

Maigrir n’est pas une solution magique.

http://www.lapresse.ca

3 tendances à éviter en matière de nutrition


Le Web renferme de solution miracle pour manger sainement, désintoxiquer, nettoyer, maigrir que ce soit des régimes, des cures, des aliments particuliers qui guériraient les pires maladies, prétextant que cela ferait perdre de l’argent aux géants de la médication. Quoi qu’il en soit, scientifiquement, ces tendances en nutrition ne sont pas prouver et peuvent même faire plus de mal que de bien. Dans l’article même un des régimes est en prison pour pratiquer la médecine sans autorisation et son régime pour les cancéreux ne fonctionne pas
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3 tendances à éviter en matière de nutrition

 

Dylan MacKay

Conseiller expert auprès de EvidenceNetwork.ca et biochimiste nutritionnel au Richardson Center for Functional Foods and Nutraceuticals du département des sciences de la nutrition humaine à l’Université du Manitoba, à Winnipeg.

Si vous cherchez à obtenir des conseils de santé dans les médias, vous constaterez la grande confusion créée par toutes les «sciences de la nutrition». Le beurre est-il bon ou mauvais pour la santé? Faut-il prendre un petit déjeuner ou non? Doit-on manger comme un homme des cavernes? Ou comme un oiseau?

Les faits alternatifs ne sont pas un phénomène nouveau dans le domaine de la science nutritionnelle. Dommage que tant de gens s’y laissent prendre!

Heureusement, il est encore possible de s’appuyer sur des preuves scientifiques pour séparer le bon grain (le blé, par exemple, est bon à consommer, à moins d’avoir la maladie coeliaque) de l’ivraie. Voici donc trois tendances nutritionnelles à éviter, selon les meilleures données probantes.

1. Rester loin de la désintoxication ou du nettoyage

N’importe quelle personne qui vend un régime, un jus ou autre chose pour vous aider à «désintoxiquer» ou «nettoyer» votre métabolisme dépasse les limites de ce qui est prouvable.

Le concept de «désintoxication» ou de «nettoyage» repose sur l’idée que nos corps sont remplis de «toxines» qui nous rendent malades et qui doivent être éliminées. Il suffit de demander de quelles toxines il faut se débarrasser et vous obtenez comme réponse du vent.

Les scientifiques comprennent depuis fort longtemps que le corps humain a développé des moyens sophistiqués pour détoxifier naturellement le corps et excréter les substances indésirables. Certaines des substances dont nous devons nous départir sont créées par nos fonctions corporelles normales (bilirubine, urée), certaines sont ingérées volontairement (drogues, alcool) et d’autres proviennent de notre environnement (polluants, métaux lourds).

Les voies de détoxication dépendent de la substance, mais comprennent généralement la conversion en une forme moins toxique ou font appel à la liaison avec les protéines, ce qui les rend plus faciles à excréter dans l’urine ou le tractus gastro-intestinal.

2. Éviter le régime acido-basique

Un des plus grands promoteurs de régimes acido-basiques est actuellement en prison pour avoir pratiqué la médecine sans permis, et ces régimes, souvent proposés aux patients atteints de cancer, ne fonctionnent tout simplement pas.

Les régimes au pH alcalin favorisent la consommation d’aliments «alcalins» et limitent la consommation d’aliments acides, alléguant ainsi que l’acidité peut s’accumuler dans le corps et avoir un effet nocif.

Or, le pH de notre corps n’est pas influencé par ce que nous mangeons, car nous serions déjà tous morts. Nos protéines se dénaturaient et les enzymes importantes de notre corps seraient inhibées.

Heureusement, le pH est étroitement contrôlé par le corps (de 7,35 à 7,45). Il s’agit d’un processus appelé l’équilibre acido-basique. Les valeurs en dehors de cette fourchette sont causées par de graves problèmes de santé, comme l’acidose diabétique ou une maladie rénale, et non pas en mangeant trop de fruits.

Les gens qui font la promotion de régimes pour équilibrer le pH ou de régimes alcalins ont tout à fait tort et sont sans vergogne. Ignorez-les, car ces conseils prodigués par des personnes qui échoueraient à leur cours de biochimie 101 sont sans valeur.

3. Les thérapies intraveineuses et les nutriments

Les thérapies intraveineuses (IV) qui fournissent des vitamines, des minéraux et des acides aminés par voie intraveineuse sont commercialisées pour à peu près n’importe quelle fin : la gueule de bois, le système immunitaire, la capacité athlétique et le cancer.

Des célébrités et des athlètes font la promotion de ces thérapies intraveineuses, et elles sont allègrement vendues par votre fournisseur de soins de santé «alternatif» du quartier. Le problème c’est qu’il n’existe aucune preuve de leur efficacité, et elles peuvent même être dangereuses.

Ces thérapies posent un risque d’infection et peuvent causer une toxicité potentielle en raison du contournement du processus de digestion normal.

En médecine, la nutrition par intraveineuse existe; il s’agit de la nutrition parentérale totale, mais elle est de mise seulement si vous êtes très malade ou avez une condition qui vous empêche d’absorber correctement les nutriments.

Les scientifiques savent que les nutriments ou les aliments doivent être consommés et non injectés directement dans nos veines, même le café. Aussi, parlant de café, vous devriez nous en tenir à le consommer par la bouche.

Après tout cela, qu’est-ce qui est bon pour nous? Que devrions-nous manger?

Les preuves nous indiquent qu’une saine alimentation comprend des légumes, des fruits, des noix, des haricots en quantité raisonnable. Vous pouvez faire beaucoup de choses pour aider votre corps à rester en bonne santé sans avoir à débourser d’importantes sommes. Évitez le tabac, gardez la forme physique et soignez votre sommeil.

Oui, c’est plutôt ennuyeux si on compare cela au jus magique.

Une dernière suggestion pour rester en bonne santé: restez loin des fournisseurs de services qui vendent des thérapies de désintoxication, de nettoyage ou de nutrition par intraveineuse. N’allez pas sur leurs sites Web, n’aimez pas leur page, ne partagez pas leurs messages et n’achetez pas leurs livres.

Les vrais amis ne laissent pas leurs amis se faire duper par de «faux nutritionnistes».

http://quebec.huffingtonpost.ca

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