Le régime paléo est mauvais pour le cœur


Le régime paléo semble avoir un effet bénéfique sur le poids, cependant comme dans tous régimes qui excluent certains aliments occasionne des manques importants pour le corps. Il semble que pour la santé intestinale suivre un régime paléo amène des mauvaises bactéries et l’absence de certaines bonnes bactéries qui serait donc nuisible pour le coeur et certaines autres maladies chroniques.
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Le régime paléo est mauvais pour le cœur


Le régime paléo exclut toutes les céréales, légumineuses et produits laitiers qui sont bénéfiques pour la santé intestinale. © Oksana, Fotolia

Le régime paléo exclut toutes les céréales, légumineuses et produits laitiers qui sont bénéfiques pour la santé intestinale. © Oksana, Fotolia

Céline Deluzarche

Journaliste


Le régime paléo, qui s’appuie sur l’alimentation prétendue de l’Homme préhistorique(consommation de viandes, poissons, légumes, fruits et excluant les céréales, légumineuses, produits laitiers, sel, sucres et huiles transformées), connaît un succès croissant.

Plusieurs études ont mis en avant ses bénéfices pour la perte de poids et la réduction des maladies chroniques (diabète, syndrome métabolique, acné…). Mais, revers de la médaille, ce régime serait mauvais pour le cœur, d’après une étude publiée dans l’European Journal of Nutrition. Selon les résultats, les personnes qui suivent un régime paléo ont deux fois plus le biomarqueur sanguin appelé TMAO (triméthylamine-n-oxyde), produit dans l’intestin et étroitement lié aux maladies cardiaques.

« De nombreux partisans de ce régime affirment qu’il est bénéfique pour la santé intestinale mais il pourrait avoir un impact négatif en termes de santé cardiaque, souligne Angela Genoni, l’auteur principale de l’étude. Nous avons également constaté que les populations d’espèces bactériennes bénéfiques étaient plus faibles dans le groupe suivant le régime, en raison de la réduction de l’apport en glucides, ce qui pourrait avoir des conséquences sur d’autres maladies chroniques à long terme ».

La raison pour laquelle le TMAO est si élevé chez les adeptes du régime paléo pourrait être le manque de céréales complètes.

« Les grains entiers sont une source d’amidon résistant [non digéré dans l’intestin grêle, NDLR] et de nombreuses autres fibres fermentables qui sont vitales pour la santé du microbiome intestinal », explique-t-elle.

Ce manque de fibres amènerait au développement de « mauvaises » bactéries intestinales produisant du TMAO.


https://www.futura-sciences.com/

Non, le régime paléolithique ne protégeait pas du cancer


Le cancer est-il une maladie de notre époque ? Nous savons que l’environnement, l’alimentation, notre mode de vie y est pour quelque chose. Alors dans la préhistoire, les hommes et femmes suivaient un régime paléolithique et pouvaient quand même avoir des tumeurs bénignes ou malignes
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Non, le régime paléolithique ne protégeait pas du cancer

 

 

Par Marc Gozlan

Les plus anciennes traces de tumeur ont été découvertes en Afrique du sud chez deux hominidés.

 

OSTÉOSARCOME. Une équipe de chercheurs internationaux dirigée par des anatomistes,  paléontologues et radiologues sud-africains publient dans le South African Journal of Sciencela découverte de la plus ancienne trace connue de cancer chez un ancêtre de l’homme, un hominidé datant de 1,6 à 1,8 million d’années. La tumeur cancéreuse se situe au niveau du pied, sur l’os long qui relie le 5e orteil au talon.

La découverte de cette tumeur osseuse maligne a été réalisée sur un site situé à 40 km au nord-ouest de Johannesburg en Afrique du Sud. La masse tumorale fossilisée, irrégulière, mesurait 5,2 sur 4,7 mm, et ressemblait à un chou-fleur. L’os est celui d’un hominidé adulte, dont l’âge de la mort n’a cependant pas pu être déterminé. Cette pièce osseuse avait auparavant été considérée comme porteuse d’une tumeur osseuse bénigne, mais les images de la micro-tomographie à rayons X et la reconstruction en 2D et en 3D des images obtenues ont achevé de convaincre les chercheurs que la masse hémisphérique osseuse était bien une tumeur cancéreuse, en l’occurrence un ostéosarcome du 5e métatarsien.

Le cancer, une très ancienne maladie ?

Environ 70 % de ces tumeurs osseuses malignes surviennent chez des enfants âgés de 10 à 20 ans. Dans la moitié des cas, ces tumeurs surviennent sur le fémur, dans 80% des cas au niveau genou (à l’extrémité supérieure du tibia ou inférieure du fémur), plus rarement sur la partie supérieure de l’humérus. Moins de 1% de cas sont observés au niveau des os longs du pied. L’ostéosarcome de l’hominidé découvert sur le gisement paléoanthropologique de Swartkrans près de Johannesburg siégeait au niveau du 5e métatarsien gauche. Auparavant, des cas d’ostéosarcome avaient été rapportés sur des spécimens fossilisés datant de l’époque médiévale et pré-moderne à Hawaï, en République tchèque et dans les Andes péruviennes.

Le cancer est souvent considéré comme une maladie de la modernité, conséquence du mode de vie des sociétés industrialisées. Cette observation amène à penser que les tumeurs malignes se développant à partir de l’os, qui ont été trouvés tout au long de l’histoire, n’étaient peut-être pas moins fréquentes qu’elles le sont aujourd’hui. Et ce d’autant que, jusqu’à aujourd’hui, ces tumeurs primaires de l’os surviennent préférentiellement chez de jeunes individus. Cette découverte indique également que le régime alimentaire de ces hominidés et ces australopithèques ne les protégeaient pas de la survenue de tumeurs malignes ou bénignes.

Dans un second article, cette même équipe rapporte la découverte de la plus ancienne tumeur osseuse chez un Australopithecus sediba, découvert en Afrique du Sud dans une grotte de Malapa, à 15 km au nord-est du site préhistorique de Swartkrans. Cette tumeur osseuse date de 1,98 million d’années. Elle est bénigne (ostéome ostéoïde). Elle siège au niveau de la 6evertèbre thoracique d’un enfant mâle de 12 ou 13 ans. Une localisation surprenante dans le mesure où ce type de tumeur est le plus souvent localisée sur les os longs, rarement au niveau du rachis.

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