Traitement de l’épilepsie: Se soigner avec de la mayonnaise et de la crème 35 % ?



 Si j’aurais trouvé cet article sur un site douteux, j’aurais surement penser que c’est une de ces arnaques de recette miracle, mais le site de nouvelles est sérieux. Il semble que des enfants atteint d’épilepsie qui suivent un régime a base de gras comme la mayonnaise et de crème fraiche peuvent améliorer leur condition
Nuage

 

Traitement de l’épilepsie: Se soigner avec de la mayonnaise et de la crème 35 % ?

MATHIEU PERREAULTLA PRESSE

Quand Tiana avait deux ans et demi, sa garderie a appelé sa mère, Linda Florio, pour l’avertir que Tiana était tombée de la cuvette des toilettes et que depuis elle vomissait. C’était la première apparition de la maladie grave qui mine sa vie depuis.

« Aux urgences, elle faisait de la fièvre, elle était agressive, puis elle a cessé de parler et de marcher, elle avait des tics faciaux », explique la jeune mère de Laval, rencontrée hier matin à l’Hôpital de Montréal pour enfants, où elle avait un rendez-vous de suivi pour Tiana, qui a maintenant six ans et demi. « Un neurologue a eu l’idée de vérifier son activité cérébrale. Il s’est avéré qu’elle avait une encéphalite à anticorps anti-récepteur NMDA. »

Cette encéphalite est une maladie auto-immune rare – seuls deux ou trois nouveaux cas sont recensés chaque année au Québec – qui n’a été identifiée qu’en 2005. Elle est accompagnée de symptômes ressemblant à l’épilepsie et peut parfois être traitée avec des médicaments réduisant les excès du système immunitaire. Mais les médicaments ne fonctionnaient pas pour Tiana, et son neurologue a opté pour une nouvelle approche surprenante : un régime extrêmement riche en gras.

« Elle faisait des pneumonies quand on lui donnait les médicaments », explique Bradley Osterman, un neurologue au Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL) qui faisait sa résidence à l’Hôpital de Montréal pour enfants quand Tiana a été hospitalisée pour la première fois. « Alors j’ai pensé à recourir au régime cétogène. »

Tiana avait un peu plus de 4 ans quand elle a commencé ce régime à très forte teneur en gras, en février 2016.

« Après trois mois, on a fait un électroencéphalogramme et Bradley a été époustouflé de voir une aussi grande réduction, dit Mme Florio, qui travaille aux finances d’une PME. J’ai fait un test psychologique au début, et elle avait l’âge de développement d’un bébé. Un an plus tard, le même test a montré qu’elle avait un âge de développement de 9 à 12 mois. Je croise les doigts, je pense qu’il est possible qu’elle continue à progresser. »

Une étape importante surviendra en février prochain, quand Tiana arrêtera de suivre le régime cétogène.

ADAPTATION DES FAMILLES

Malgré les restrictions et l’obligation de peser rigoureusement tous les aliments, les familles s’adaptent généralement assez bien au régime cétogène, selon Marie-Josée Trempe, la nutritionniste de Tiana.

« Au bout de deux semaines, elles trouvent généralement des recettes par elles-mêmes. Si l’enfant ne veut pas boire la crème 35 %, on la mélange avec de l’eau pour faire un genre de lait ou avec des œufs pour faire une omelette. » — Marie-Josée Trempe, nutritionniste de Tiana

Linda Florio, elle, a trouvé difficile de manger des mets dont raffolait Tiana.

« Elle a toujours aimé manger, des légumes, des pâtes, de la pizza. Au début, on se cachait pour manger de la pizza. Mais maintenant, je trouve tous les jours des nouvelles recettes, on va au restaurant en apportant notre nourriture. On est même allés en avril faire une croisière Disney. »

La grande sœur de Tiana, Giada, qui a 9 ans, souffre de paralysie cérébrale et la croisière a été offerte par l’organisme Fais un vœu. Tiana aussi aura droit à un « vœu », mais sa mère attend qu’elle soit plus vieille pour pouvoir faire son choix de manière éclairée.

Mme Florio et son mari Jason Raposo, qui travaille de nuit chez Pepsi, auraient aimé avoir d’autres enfants, mais ont décidé que les soins pour leurs deux filles les occupent déjà bien assez.

« On en a plein les mains, dit Mme Florio. Heureusement, on peut compter sur beaucoup d’aide des deux grands-mères. »

SCIENCE

UN EXEMPLE DE MENU CÉTOGÈNE

 

MATHIEU PERREAULTLA PRESSE

Voici un exemple de menu d’un régime cétogène, fourni par la nutritionniste Marie-Josée Trempe de l’Hôpital de Montréal pour enfants. La boisson est toujours l’eau.

DÉJEUNER

55 g de crème 35 %, 44 g d’œuf (un peu moins qu’un œuf), 21 g de beurre, 12 g de compote de pomme sans sucre

DÎNER

24 g de thon, 31 g de mayonnaise, 20 g de concombre, 10 g de carottes crues, 40 g de crème fraîche 40 %

COLLATION

27 g de fromage, 34 g de mayonnaise

SOUPER

45 g de crème 35 %, 19 g de bœuf haché, 20 g de brocoli, 18 g de mayonnaise, 7 g d’ail

COLLATION

21 g de fraises, 40 g de crème fraîche 40 %

Qu’est-ce que le régime cétogène ?

Inventé dans les années 20, mais tombé en désuétude jusqu’au début du millénaire, le régime cétogène remplace les glucides par du gras.

« Il y a le même nombre de calories, mais comme il n’y a plus de glucides, le cerveau pense que le corps est en état de jeûne, dit Bradley Osterman. Le cerveau va utiliser les corps cétoniques, qui sont des métabolites des acides gras, plutôt que le sucre pour son énergie. On ne sait pas pourquoi ça fonctionne avec l’épilepsie. Il y a plusieurs hypothèses. La principale est une augmentation de l’inhibition des neurones. L’épilepsie est un état trop actif des neurones. Il faut un équilibre entre activation et inhibition. Il se pourrait aussi qu’il y ait une explication plus métabolique, impliquant les canaux sodiques ou potassiques. »

Alors qu’un régime normal compte 70 % de glucides, le régime cétogène a 90 % de gras. Les enfants ne peuvent suivre un régime cétonique pendant plus de deux ans, à cause de sa richesse en gras et de sa pauvreté en vitamines (des suppléments vitaminiques sont nécessaires).

En chiffres

40 % des enfants avec une épilepsie réfractaire ont

50 % moins de convulsions avec le régime cétogène

15 % des enfants avec une épilepsie réfractaire n’ont plus de convulsions avec le régime cétogène et peuvent abandonner la médication

5 % des enfants avec une épilepsie réfractaire n’ont plus de convulsions si on essaie un nouveau médicament

4 % de la population canadienne souffre d’épilepsie

Source : CHUL, Statistique Canada

http://plus.lapresse.ca

Manger comme un culturiste, bon contre la schizophrénie?


L’alimentation pourrait-elle être un traitement pour la schizophrénie ? En tout, cela pourrait peut-être une solution à envisager étant donné que les bons aliments sont des atouts précieux pour le fonctionnement du corps
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Manger comme un culturiste, bon contre la schizophrénie?

 

Manger comme un culturiste, bon contre la schizophrénie?

La diète cétogène consiste à l’absorption d’aliments riches en matière grasses. Photo RelaxNews

Une équipe de chercheurs de l’université australienne James Cooka a découvert que la diète cétogène, à haute teneur en gras et très faible en glucides, très appréciée des culturistes, serait efficace dans le traitement de la schizophrénie.

Ce régime presque exclusivement constitué de graisses et de protéines, est utilisé depuis les années 20 à des fins thérapeutiques dans certaines épilepsies de l’enfant.

Les résultats de l’étude australienne, publiés dans la revue Schizophrenia Research, montrent qu’un régime de ce type a fait diminuer les comportements schizophréniques chez la souris. Le poids des rongeurs étudiés a également diminué. Ils affichent par ailleurs un taux de glucose dans le sang inférieur à celui des souris nourries de manière habituelle.

Les chercheurs pensent que le régime cétogène est efficace car il procure au cerveau une source d’énergie alternative, favorisant la neurotransmission et améliorant les processus neurobiologiques qui sous-tendent la schizophrénie.

Selon l’auteur principal de l’étude, Zoltan Sarnyai, «puisque la diète est faible en glucides, la quasi-totalité de l’énergie provient de l’assimilation des acides gras et non du glucose. Cela permet de contourner les voies métaboliques classiques du glucose, rendues inopérantes par la maladie».

Par ailleurs, le régime peut contribuer à augmenter les taux de GABA (acide gamma-aminobutyrique) dans le cerveau. Un taux peu élevé de GABA est à la source de divers troubles anxieux. C’est aussi un facteur sous-jacent de la schizophrénie. De meilleurs taux de GABA peuvent normaliser l’état du patient schizophrène, un aspect que Zoltan Sarnyai est enclin à étudier plus en détail.

La diète cétogène chez l’humain consiste à l’absorption d’aliments riches en matière grasses comme le beurre, le fromage ou le saumon. Ces matières grasses constituent la seule source d’énergie.

«En premier lieu, le régime serait suivi en complément de la prise de médicaments dans un environnement hospitalier où l’alimentation du patient pourrait être contrôlée», précise le chercheur.

«Autre avantage : le régime fonctionne contre la prise de poids, les problèmes cardiovasculaire et le diabète de type 2. Ce sont des effets secondaires répandus des traitements utilisés contre la schizophrénie», poursuit le Dr. Sarnyai.

L’équipe de chercheurs s’apprête donc à effectuer des recherches plus approfondies avec possibilité de tests cliniques.

Des recherches publiées plus tôt dans l’année laissent penser que les omega-3, acides gras que l’on trouve dans les poissons gras et autres aliments riches en matières grasses comme les noix, peuvent retarder l’apparition de la schizophrénie et d’autres troubles psychotiques.

http://fr.canoe.ca/