Se parler à soi-même est moins inutile qu’on ne le pense


Je me parle en moi-même tout le temps, je suis persuadé que cela m’aide beaucoup. En fait parler à soi-même pour s’exercer à parler en public, affronter des difficultés ou contrôler nos sentiments est essentiel.
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Se parler à soi-même est moins inutile qu’on ne le pense

Barack Obama, le jour de son investiture en janvier 2009. Crédit: The White House/Pete Souza

  • Par Quentin Périnel

FOCUS – Réflexion, conscience de soi, confiance en soi… Se parler à soi-même, à haute voix, est une excellente façon de mieux vous connaître et de perfectionner vos prises de parole.

Explications.

Préparer un discours en vue d’un mariage, parler devant dix personnes en réunion, passer un appel téléphonique à un(e) inconnu(e)… Tant de situations qui nécessitent, à des degrés différents, de s’exprimer convenablement en public. Facile? Pas pour tout le monde. Sans parler de charisme et d’éloquence, le moindre fait d’ouvrir la bouche est déjà chose complexe pour certains d’entre nous. C’est l’objet d’un article publié par la BBC. Le remède miracle: se parler à soi-même. À voix haute. Évidemment, il est préférable de s’adonner seul à cette activité, l’acte de parler tout seul n’ayant pas spécialement bonne presse lorsqu’il est effectué en public.

«Parler tout seul est signe de folie», dit d’ailleurs le proverbe français. Mis à part (peut-être) sur scène!

Plusieurs études et recherches scientifiques démontrent que parler seul est une lubie qui a des vertus. Auto-persuasion, confiance en soi, rappel de mémoire, concentration… Peu importe ce que nous racontons.

«Nous avons tous besoin d’un confident, de parler à quelqu’un qui est intéressant, intelligent, qui est de notre côté et qui nous comprend mieux que personne, explique Anne Wilson Schaef, psychologue et conférencière. Nous sommes sans doute la personne la plus intéressante que nous connaissons.»

En 2014, une étude expliquait dans quelle mesure l’autopersuasion est bénéfique pour nous aider à affronter nos épreuves et nos défis les plus complexes. Mieux encore: se parler à soi-même en mentionnant son propre nom et ceux de nos proches nous aident à mieux contrôler nos sentiments!

Trouver les mots justes

Dans la Harvard Business Review, le chercheur Ethan Kross raconte une expérience aussi amusante qu’instructive. Parler de soi-même à la deuxième ou à la troisième personne pour préparer n’importe quelle intervention est un «plus» pour être plus performant, plus calme, et plus confiant! Kross explique que les résultats de son expérience ont été si concluants qu’il impose désormais à sa propre fille de parler d’elle-même à la troisième personne.

«Non seulement cela donne confiance en soi, mais en plus cela décuple la raison et la qualité de notre réflexion», ajoute-t-il.

Une autre étude datant de 2008 explique que parler de soi à haute voix est également un signal positif pour le développement personnel des jeunes enfants.

Un dernier bienfait de ce phénomène: combler un manque terrible de reconnaissance. Dans le monde du travail, la reconnaissance est un besoin essentiel qui est très largement insatisfait.

«Il n’y a guère au monde un plus bel excès que celui de la reconnaissance», écrivait jadis Jean de La Bruyère.

Il avait raison. Une étude réalisée en 2016 par l’Anact (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail), révèle en effet que les politiques de reconnaissance sont largement insatisfaisantes, selon 54% des sondés. Seuls 9% d’entre eux saluent la performance de leur entreprise en la matière.

http://www.lefigaro.fr/e

"Je n’aide pas ma femme à faire la vaisselle, je la fais"


J’ai choisi de mettre ce billet dans réflexion car c’est un bel exemple de vie de couple, de partage des tâches en temps que couple et en montrant l’exemple aux enfants donnant un bel héritage
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« Je n’aide pas ma femme à faire la vaisselle, je la fais »

 

"Je n'aide pas ma femme à faire la vaisselle, je la fais"

« Je n’aide pas ma femme à faire la vaisselle, je la fais »

C’est le message qui buzze sur les réseaux sociaux. Un homme explique à l’un de ses amis pourquoi le partage des tâches ménagères est indispensable dans le couple.

« Attends deux minutes, je fais la vaisselle et je reviens » :

tout commence le 30 janvier dernier par cette simple petite phrase qu’Andrea Bravo prononce à destination de l’un de ses copains. Et là, stupeur de l’ami qui lui répond :

« Heureusement que tu aides ta femme, moi je n’aide pas la mienne, parce que quand je le fais, je n’ai aucune reconnaissance de sa part, même la semaine dernière j’ai passé la serpillière et même pas un merci. »

De cette scène banale, Andrea en a tiré un post Facebook réconfortant, une sorte de coup de gueule contre tous les préjugés machistes, une saine mise au point sur l’indispensable partage des tâches ménagères. Il explique à son ami pourquoi il revendique la parité face aux corvées, lui rappelant notamment qu’étant deux à vivre sous le même toit, il ne s’agit pas d’aider mais de partager ! Il fait la vaisselle parce qu’il a contribué à salir les assiettes, il nettoie la maison car il la salit tout autant qu’elle…

« Le véritable changement dans notre société commence dans nos foyers »

 

Et féministe jusqu’au bout il demande à son ami s’il dit merci à sa femme pour tout ce qu’elle fait pour lui :

« Est ce que tu lui as dit merci ? Mais un vrai merci , du type : « UAU ma chérie !! tu es fantastique !! » Cette histoire te parait absurde? Bizarre? On a beaucoup de gens qui sont toujours machos et qui croient que les femmes ont obligation de tout faire sans qu’ils lèvent le petit doigt. Remercie ta femme de la même façon que tu aimerais être remercié. Donne un coup de main, comporte-toi comme un vrai homme, un vrai compagnon et pas comme un hôte que vient juste manger dormir prendre sa douche et satisfaire ses besoin sexuels… « 

Une mise au point d’homme à homme déjà partagée plus de 200.000 fois et qui suscite de nombreux commentaires.

Laissons le mot de la fin à Andrea :

« Le véritable changement dans notre société commence dans nos foyers, c’est avec nos actions qu’on apprend aux enfants le vrai sens de la vie. »

On ne pourrait pas dire mieux…

http://www.santemagazine.fr/

La gratitude


Nous avons le choix de choisir l’attitude devant les aléas de la vie. Bien sûr, à certains moments, cela peut nous blesser, mais il n’appartient à nous de ne pas laisser ses blessures ronger nos pensées
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La gratitude

 

La gratitude comme discipline implique un choix conscient. C’est étonnant de voir le nombre d’occasions où je peux choisir la gratitude au lieu de me plaindre. Je peux choisir d’être reconnaissant quand je suis critiqué, même si mon cœur réagit avec amertume. Je peux choisir d’écouter les voix qui pardonnent et de regarder les visages souriants, alors que j’entends des paroles de vengeance et vois des grimaces de haine.       

H.  Nouwen

Le Saviez-Vous ► La diphtérie : de garottillo à Balto


Une maladie qui longtemps n’avait pas de remède, la diphtérie a causé la mort de beaucoup d’enfants et aussi des adultes. Aujourd’hui, ily a un vaccin et l’histoire de Balto, ce chien de traîneau est rentré dans l’histoire grâce a sa ténacité d’aller porter le sérum en Alaska. Il y a encore des cas surgissant ici et là, à cause de l’absence de la vaccination
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La diphtérie : de garottillo à Balto

 

 

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique


 

Le premier est espagnol, le second, américain. Ces deux termes n’ont aucun lien entre eux si ce n’est une des maladies les plus meurtrières de l’histoire humaine : la diphtérie. Jusqu’à la fin du XIXème siècle, elle formait la plus grande cause de mortalité infantile. Et comme bien des maladies, elle semble aussi vieille que l’homme. Mais, comme le terme actuel diphtérie n’a fait son apparition qu’il y a à peine quelque deux cents ans, ses manifestations historiques sont plus difficiles à cerner.

L’Antiquité

Six siècles avant notre ère, le médecin indien D’havantare décrit les symptômes d’une maladie mortelle que l’on pourrait traduire par : maladie de la gorge fermée.

Il s’agit : « d’une affection dans laquelle se produit, par suite d’une augmentation de la lymphe du sang, un gonflement de la gorge caractérisé par de l’angoisse et de la douleur et qui, détruisant les organes, devient incurable en obstruant les canaux aériens. » (traduit librement du livre de Joseph O’Dwyer, M.D., Acute and Chronic Forms of Stenosis of the Larynx, New York, William and Wood Company, 1889).

 Plusieurs siècles plus tard, au début de notre ère, Arétée de Cappadoce parlait d’une maladie semblable qu’il nomme : ulcère syriac ou mal égyptien faisant ainsi référence à une épidémie de la maladie qui courrait alors en Égypte et en Syrie. Gatien (IIIème siècle après J.-C.) parlera d’expectoration membraneuse.

Le Moyen-Âge et la Renaissance

L’historien Baronius cite des épidémies qui auraient sévi à Rome en 856 et en 1004. En 1576, Baillou, un médecin français, cite ainsi un chirurgien qui aurait ouvert un patient mort de cette maladie :

«Le chirurgien affirme avoir ouvert le cadavre d’un homme enlevé par cette dyspnée et par une maladie inconnue. Il trouva une humeur épaisse et résistante tendue comme une membrane dans le larynx, devant l’orifice de la trachée, de telle façon que l’air extérieur ne pouvait ni entrer ni sortir librement et qu’elle avait causé une suffocation soudaine.» (Édouard Delthil, Traité de la diphtérie, sa nature microbienne, son origine ornithologique probable, Paris 1891).

La maladie portait alors plusieurs noms : angine pestilentielle, morbus strangulatorius, angine couenneuse, etc.

Du terme garrotillo

En Espagne, on l’appelait la garrotillo en référence au garrot qu’utilisait le bourreau lors d’exécution par strangulation des criminels condamnés.

Les dix-septième et dix-huitième siècles

Alors qu’à cette époque, diverses potions à base d’arsenic ou de zinc ainsi que la trachéotomie étaient les seules thérapies recommandées, arriva Louis Mercado, médecin privé du roi d’Espagne Philippe III. Il avait remarqué qu’un enfant atteint de la maladie l’avait transmise à son père en le mordant alors que celui-ci lui retirait des matières obstruant sa gorge. L’origine transmissible de la maladie était pour la première fois soulignée. Nous sommes alors en 1620.

La première vraie description de la diphtérie est attribuée au médecin français Pierre Fidèle Bretonneau. Dans son livre intitulé : Des inflammations spéciales du tissu muqueux, et en particulier de la diphtérite paru à Paris en 1826, il établit les distinctions entre la maladie qu’il nomma alors la diphtérite et les trois autres types d’angines : les angines banales, les angines couenneuses et les angines scarlatineuses. Conscient de l’origine microbienne de la diphtérie, il ne put malheureusement jamais le prouver, le microscope n’étant pas encore inventé.

Le dix-neuvième siècle

Comme bien des sciences de la vie, la microbiologie est alors en plein essor. Ainsi la bactérie qui cause la diphtérie est identifiée par Theodor Klebs en 1883 et isolée un an plus tard par Friedrich Löffler. Elle portera le nom de Corynebacterium diphteriae ou bacille de Löffler-Klebs. Löffler avait pressenti que la bactérie n’était pas directement en cause, mais que la maladie serait plutôt le résultat d’une toxine émise par celle-ci. Deux autres noms célèbres vont corroborer cette hypothèse. En effet les travaux d’Alexandre Yersin, découvreur du bacille de la peste (Yersinia pestis) et Émile Roux, cofondateur de l’Institut Pasteur, réussiront avec leurs collaborateurs une sérothérapie curative qui fera chuter la létalité de la diphtérie de 40% à 2%. Un grand pas venait d’être franchi dans la lutte contre cette maladie. Nous sommes alors en 1894. Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, au New York City Department of Health’s diagnostic laboratory, le premier laboratoire municipal aux États-Unis, la docteure Anna Wessels Williams et son associé, William H. Park réussirent à partir d’une souche spécifique de la diphtérie (qu’on appelle encore de nos jours la souche Park-William) à produire une antitoxine 500 fois plus efficace ce qui permit de diminuer d’autant les coûts de production.

Les premiers vaccins

En 1913, le médecin allemand Emil Adolf von Behring, un proche collaborateur du très connu Robert Koch (découvreur du bacille responsable de la tuberculose), met au point un premier vaccin formé d’un mélange de toxine et d’antitoxine de la diphtérie. Le vaccin s’avère très efficace en laboratoire, mais, malheureusement totalement inefficace chez les humains. À l’époque deux théories s’affrontaient pour expliquer les défenses naturelles contre les agents infectieux : la théorie cellulaire et la théorie humorale. Grâce à ses travaux, Behring avait accordé ses lettres de noblesse à cette dernière ce qui lui valut un prix Nobel de la physiologie dès 1901. C’est à un vétérinaire et biologiste français que reviendra la paternité du premier vaccin efficace contre la diphtérie. En 1923, Gaston Ramon découvre qu’en mélangeant la toxine diphtérique avec un peu de formol il obtient un produit très efficace qu’il nomme anatoxine diphtérique et qui sera finalement utilisé avec succès comme vaccin.

Des résultats rapides

L’effet des vaccinations ne tarda pas à se faire sentir. Ainsi au Canada la vaccination de masse a débuté dès 1930. Alors qu’en 1924, il y avait eu 9 000 cas de diphtérie de signalés, une vingtaine d’années plus tard, on ne comptait guère plus de 5 cas de répertoriés. En 2011, un seul cas pour tout le pays fut recensé.

Du terme Balto

En 1925, dans un petit village d’Alaska surgit une épidémie de diphtérie. Les habitants de Nome avaient désespérément besoin du sérum antidiphtérique pour sauver leurs enfants. Après avoir envoyé des télégrammes à toutes les villes et villages des alentours, on apprend que le sérum serait disponible à Anchorage situé à plus de 1600 kilomètres de Nome. Une tempête empêche tout avion de décoller et il fut décidé d’utiliser des traineaux tirés par des chiens pour effectuer l’aller-retour. C’est grâce à un de ces attelages que l’on put sauver bien des vies dans le village. Celui-ci était dirigé par le maître-chien Gunnar Kaasen dont l’équipage de chiens Husky avait comme chien de tête, Balto qui devint instantanément un héros national. À Central Park, à New York, une sculpture en bronze fut érigée à l’image de Balto avec ces mots gravés : Endurance – Fidélité – Intelligence. Son histoire fut l’objet d’un dessin animé qui fit fureur partout aux USA. Et lorsque le vrai Balto décéda en 1933, ses restes furent empaillés et cédés au Musée d’histoire naturelle de Cleveland. Depuis 1973, une course annuelle de traineaux à chiens à lieu reprenant l’itinéraire de Balto, c’est la course Iditarod.

C’est ainsi que le vingtième siècle vit la fin des épidémies dévastatrices de la diphtérie. Enfin presque… Puisqu’en 1974, sur la Côte-Nord du Saint-Laurent, une épidémie de diphtérie toucha une douzaine de patients pour la grande majorité de jeunes travailleurs forestiers. Les trois premiers atteints en moururent. L’épidémie se déclara le 5 septembre et était complètement subjuguée à la fin du mois d’octobre. Une intervention rapide et efficace de la santé publique avait sauvé la situation. Plus loin de nous, en 1995 une autre épidémie éclata en Russie et en Roumanie et fut aussi contrée. Finalement, en 2011 au village de Kimba en Nigérie, 13 enfants décédaient d’une étrange maladie. Il s’agissait en réalité de la diphtérie. Plus d’une centaine de cas y furent identifiés dont vingt-quatre en moururent. Une absence de vaccination et un retard à se faire soigner furent les responsables de cette épidémie.

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La Reconnaissance


Apprendre à apprécier ce que l’on possède, au lieu de croire que c’est toujours mieux ailleurs. La simplicité donne souvent plus de satisfaction
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La Reconnaissance

 

«Sois reconnaissant, peu importe la situation dans laquelle tu te trouves. Tu n’obtiendras jamais le bonheur si tu n’apprécies pas ce que tu possèdes déjà»   

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Quand notre cerveau a besoin de fierté


Un billet intéressant sur la fierté qui est essentiel pour tout individus pour ressentir une reconnaissance, une estime de soi et un encouragement pour aller de l’avant. Perdre cette fierté, c’est de sentir inutile, dépressif, bon à rien » Il ne coûte rien à personne d’encourager une personne pour le remonter dans sa fierté
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Quand notre cerveau a besoin de fierté

 

François Richer

Chercheur en neuropsychologie, professeur à l’UQAM

Un enfant qui s’affirme haut et fort pour revendiquer sa place. Un employé qui montre des signes de burn-out parce qu’il n’est ni reconnu ni écouté. Une personne fragile qui se sent insultée au moindre commentaire. La fierté n’est pas un défaut mais un besoin essentiel.

Chez l’enfant, on a tendance à favoriser la fierté et la confiance en soi pour s’assurer qu’il prenne sa place et qu’il affronte les défis qui l’attendent. Mais chez l’adulte, on est plus ambivalent par rapport à la fierté. Même si on est très préoccupé par notre propre statut, les excès de fierté des autres sont mal vus et on peut facilement négliger ou porter atteinte à la fierté de ceux qui nous entourent par manque de respect, d’égards ou de reconnaissance. On oublie trop facilement que la fierté est utile.

Les systèmes motivationnels de notre cerveau, comme la faim, la peur et la libido, ont évolué pour augmenter nos chances de survivre et de nous reproduire. Le besoin de fierté est aussi fondamental. C’est un instinct de compétition sociale qui sert à prendre et maintenir sa place dans une hiérarchie ou un réseau et à obtenir sa part des ressources. Chez le primate, le statut social prédit l’accès à la nourriture et aux partenaires sexuels. L’instinct de compétition sociale est aussi impliqué dans la territorialité et dans l’agressivité calculée, y compris la manipulation, la mesquinerie, l’intimidation et les luttes de pouvoir. Machiavel a souligné dès 1513 l’utilité de talents comme la tromperie, la formation d’alliances et la manipulation pour le succès politique. Mais les chimpanzés ont aussi développé plusieurs de ces talents pour assurer leur succès reproducteur (De Waal, 1982).

Chez l’humain, le besoin de fierté se traduit d’abord par le besoin de respect, de reconnaissance et de statut social. La compétition sociale donne lieu à de nombreuses émotions dont l’envie ou le respect du pouvoir, mais aussi la sensibilité aux affronts et aux manques de respect de la part des autres. La fierté est utile. Elle est une source importante de confiance en soi et d’ambition. Grâce à ses propriétés euphorisantes, elle inhibe l’anxiété, réduit nos doutes sur nos capacités, nous fait anticiper des succès et nous donne de l’assurance. Grâce à elle, on se sent plus volontaire et on formule des plans plus ambitieux où l’envie de conquête domine sur la peur de l’échec.

La fierté freine aussi l’irritabilité. Le manque de fierté rend souvent susceptible. Les commentaires sont perçus comme des insultes blessantes, les jeux de compétition normaux sont vus comme des attaques personnelles. Pour plusieurs, plus le système de fierté est plombé, plus le système de grogne ou d’irritation est amplifié. Un grognon frustré est souvent une personne en manque de fierté et plusieurs ont suggéré qu’une bonne façon de réduire l’irritabilité est l’augmentation des succès et de la reconnaissance.

Les pertes de fierté (pertes de capacité, humiliation, rejet social, soumission prolongée) sont des stresseurs importants. Ils peuvent en outre favoriser l’anxiété, la dépression et la violence. Quand notre fierté tombe en panne, tout notre fonctionnement en souffre. Dans la dépression ou le stress post-traumatique, notre assurance et notre confiance en soi est ébranlée. On est envahi par un sentiment d’impuissance, on devient hypersensible au moindre signe de difficulté et notre cerveau nous fait croire qu’on ne vaut rien. Cette évaluation faussée nous rend anxieux et elle favorise les erreurs ce qui confirme notre auto-évaluation négative. C’est l’extrême opposé de «Yes we can!». On perd notre ambition et notre combativité. En plus, cette perte d’assurance nous rend plus vulnérable au manque de respect, à l’intimidation et à l’abus.

Chez l’enfant, la confiance en soi se développe naturellement, renforcée par la découverte de ses capacités, par les succès et les encouragements. Mais prendre sa place est aussi une question d’affirmation et le niveau de compétition dans les cours de récréation rivalise parfois avec les milieux de travail les plus compétitifs. Plusieurs enfants montrent des comportements d’opposition (argumenter excessivement, défier l’autorité…) qui reflètent en partie un besoin de pouvoir. L’irritabilité de l’enfant peut aussi refléter un manque de fierté et être un signe précurseur de dépression.

Chez la femme, le système de fierté est influencé par les œstrogènes qui fluctuent à de nombreuses périodes (périodes prémenstruelles, grossesses, pré-ménopause). Ces fluctuations peuvent augmenter la sensibilité aux critiques ou au rejet ou favoriser la dépression.

Les hommes (en particulier les jeunes) ont parfois un système de fierté plutôt sensible qui se gonfle rapidement avec les succès, la reconnaissance et les flatteries, mais qui est aussi sujet au dégonflement rapide quand leurs attentes sont déçues, qu’ils perdent leurs statuts (responsabilités, rôle de soutien de famille …) ou autres sources de fierté. Chez le mâle, les circuits cérébraux de la fierté sont liés à la testostérone, car les succès dans les conflits sociaux augmentent le niveau de testostérone tandis que les échecs le diminuent.

Le statut, on y prend goût et il devient même rapidement une nécessité. Les propriétés euphorisantes de la fierté peuvent parfois créer une dépendance et un excès de fierté peut s’installer qui peut nous rendre myope, prétentieux ou arrogant. La surévaluation de nos capacités, de notre influence ou de notre leadership peut nous exposer à des revers coûteux. L’orgueil peut nous faire négliger les signes de danger et quand surviennent l’échec ou la rebuffade, la perte de fierté soudaine peut être une cause de détresse majeure. Le narcissisme et le délire de grandeur sont des exemples pathologiques d’une fierté excessive. Dans certains cas, l’aveuglement rend la personne imperméable aux réactions et au changement, ce qui peut mettre en danger notre entourage et nos projets. La fierté montre aussi des excès dans la violence déclenchée par les atteintes à l’orgueil pour sauver la face (jalousie, vengeance, humiliation, représailles …).

La fierté est une composante essentielle de la condition humaine et ses fluctuations ont des répercussions majeures. Même si ses excès sont parfois ridicules, elle mérite d’être prise au sérieux. La reconnaissance, les compliments et le partage des pouvoirs ne coûtent presque rien et, en cultivant la fierté, ils fournissent un service presque aussi essentiel pour la santé mentale que la nourriture.

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