Nous serions capables de reconnaître en moyenne 5 000 visages


Je trouve cela pas mal de reconnaître au temps de visage qui serait environ 5 000 visages qui peut être de façon personnelle ou non.
Nuage

 

Nous serions capables de reconnaître en moyenne 5 000 visages

 

visages

Crédits : iStock

par Brice Louvet

Une récente étude suggère que nos cerveaux seraient capables de reconnaître environ 5000 visages en moyenne. Certaines personnes peuvent même aller jusqu’à 10 000. Une capacité de reconnaissance faciale que nous devons en grande partie à notre histoire.

Combien de visages pourriez-vous reconnaître ? Des milliers, apparemment. Une capacité incroyable que nous devons à notre évolution.

« Le vocabulaire des identités faciales est vaste compte tenu du contexte de l’histoire de notre espèce,explique à Newsweek Rob Jenkins, du département de psychologie de l’Université d’York (Canada) et principal auteur de l’étude. Pendant la majeure partie de cette période, les humains vivaient par groupes d’une centaine de personnes. Nous sommes aussi bombardés par les visages des médias. C’est pourquoi les exigences en matière de capacités de reconnaissance du visage humain se sont intensifiées de façon spectaculaire ».

Nous avons ainsi évolué avec la capacité de reconnaître beaucoup de visages. D’accord, mais dans quelle mesure exactement ?

« Dans la vie de tous les jours, nous avons l’habitude d’identifier des amis, des collègues et des célébrités, ainsi que de nombreuses autres personnes, poursuit le chercheur. Mais personne n’a établi le nombre de visages que les gens connaissent réellement ».

Dans le cadre de cette étude, publiée dans le journal Proceedings de la Royal Society B, Rob Jenkins et son équipe ont demandé à des dizaines de participants de noter autant de visages qu’ils connaissaient en une heure. Ces derniers ont ensuite été invités à faire la même chose avec des personnalités reconnues et célèbres, mais sans les connaître personnellement.

Plus précisément, et dans un premier temps, les sujets ont identifié une moyenne de 362 visages connus (de 167 à 524). Les participants devaient ici donner le nom ou une description claire de la personne. Concernant les visages de personnalités publiques, le taux d’identification était inférieur : 290 visages en moyenne (169 à 407). Dans les deux expériences, la vitesse des identifications a commencé fort, puis diminué. On arrêtait ici le chronomètre à une heure. Les chercheurs ont ainsi extrapolé ces chiffres pour déterminer que s’ils avaient eu plus de 60 minutes, les participants auraient pu reconnaître entre 1000 et 10 000 visages, soit un peu moins de 5 000 visages en moyenne.

Cette nouvelle étude permet ici d’entrevoir un large éventail de voies de recherche, notamment concernant la technologie de reconnaissance faciale dans les aéroports.

« Une meilleure compréhension de la reconnaissance des visages chez l’Homme devrait éclairer une meilleure modélisation de ce processus dans les machines », conclut le chercheur.

Source

https://sciencepost.fr/

Laissez les tueurs dans l’anonymat !


Il arrive souvent que les tueurs de masse cherchent un genre de mentor pour une imitation de tuerie. En criminologie, on demande aux médias de ne pas nommer les personnes ou donner un nom comme le tueur de Toronto, ainsi que de ne pas mettre des photos du crime pour que ces tueurs ne sont pas la reconnaissance publique qu’ils recherchent. Bien sûr, la prévention, contrôle des armes etc .. Demeure d’une grande importance pour limiter les tueries
Nuage

 

Laissez les tueurs dans l’anonymat !

 

Plusieurs chercheurs ont montré que les tueurs de masse sont souvent inspirés par d’autres personnes ayant commis des gestes semblables avant eux. Ils appellent aujourd’hui à un traitement médiatique plus responsable de ces drames.

Valérie Borde

Photo : iStock

Cette semaine, les noms du meurtrier qui a assassiné plusieurs personnes à la mosquée de Québec et de celui qui a tué des inconnus dans une rue de Toronto ont été cités ad nauseam par les médias, tout comme l’expression par laquelle on désigne le mode d’action du tueur de Toronto.

On a aussi vu leurs photos d’innombrables fois. Pourtant, ne plus diffuser ni leurs noms, ni leurs visages, est la meilleure arme dont on dispose pour que de tels drames se reproduisent le moins souvent possible.

De nombreuses études ont déjà été réalisées sur les tueurs de masse – des gens qui ont tué plusieurs personnes, souvent des inconnus, lors d’un geste unique – pour comprendre ce qui les a amenés à commettre l’irréparable.

Plusieurs chercheurs ont montré, notamment en étudiant les tueries aux États-Unis, que ces assassins sont souvent inspirés par d’autres personnes ayant commis des gestes semblables, sur lesquels ils se sont renseignés avant de passer à l’acte, et qu’ils recherchent avant tout une reconnaissance publique au travers de leur geste.

Dans un article scientifique publié en 2017, le chercheur en criminologie Adam Lankford, de l’université d’Alabama, dresse une liste de dizaines d’études qui ont mis ce phénomène en évidence. Il rapporte aussi les mots d’un tueur, qui, dans son manifeste, avait écrit que

« Mieux vaut l’infamie que l’obscurité totale ».

Ironie du sort : c’est justement ce meurtrier qui a été cité dans les médias comme la source d’inspiration de celui de Toronto.

Lankford insiste : un meilleur contrôle des armes, de meilleures prévention et accessibilité des soins en santé mentale, et un meilleur soutien aux personnes vulnérables sont nécessaires pour minimiser les risques de tuerie. Mais un traitement médiatique plus responsable est certainement, selon le chercheur, la mesure la plus rapide et facile à instaurer.

À lire aussi:

Attaque à Toronto : attention aux fausses nouvelles !

Dans une étude sur 185 individus ayant commis des meurtres de masse aux États-Unis entre 1966 et 2010, le chercheur a trouvé que plus de la moitié d’entre eux se sont donné la mort ou se sont mis en situation d’être abattu par la police, une forme de « suicide assisté ». On sait depuis longtemps que le récit des suicides dans les médias fait augmenter leur incidence. De nombreux médias suivent les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé pour une couverture responsable de ces gestes, et le public ne s’en plaint pas.

Il est plus que temps d’en faire autant avec ces tueurs de masse. Aux États-Unis, plusieurs organisations militent déjà pour que les médias ne diffusent plus leurs noms et photos, comme No notoriety ou la campagne Don’t name them, menée par un centre de recherche et de formation des forces de l’ordre de la Texas State University.

L’OMS recommande particulièrement de ne pas rapporter le mode d’action des gens qui s’enlèvent la vie, pour limiter la tentation qu’ils soient imités. De la même manière, on peut penser qu’insister sur le mode d’action des tueurs de masse, en multipliant les images, schémas ou détails, ne fait qu’hausser le risque que d’autres les imitent.

En octobre dernier, 147 spécialistes américains des tueurs de masse ont signé une lettre ouverte demandant aux médias d’agir. Il n’y a aucune raison que cela ne s’applique pas au Canada aussi.

Qu’est-ce qu’on attend?

http://lactualite.com/

Ce que nous avons


Vouloir toujours plus amène des frustrations, ce qui est plus drôle est qu’une fois que nous l’avons, on veut autre chose sans jamais assouvir le désir de possession que ce soit utile ou non. Il serait bien d’apprécier ce que nous avons déjà et qui sait si le temps ne jouera pas à notre faveur
Nuage

 

Ce que nous avons

 

Sois reconnaissant de ce que as et tu en auras plus. Si tu te concentres sur ce que tu n’as pas, tu n’en auras jamais assez

Oprah Winfrey

La reconnaissance


Tous nous avons un besoin de reconnaissance pour des choses que nous faisons pour les autres. Non pas des éloges, mais juste savoir que les autres apprécie nos gestes, nos paroles ou notre présence
Nuage

 

La reconnaissance

 

Le plus juste et le plus doux des sentiments est la reconnaissance

Jean Pierre Claris de Florian

Gentillesse


S’il fallait agir avec bonté seulement pour s’attendre à une forme de reconnaissance, nous risquons de ne jamais agir avec gentillesse. Mieux vaut le faire quand même, si ce n’est que pour permettre de devenir une meilleure personne
Nuage

Gentillesse

 

Agis avec gentillesse, mais n’attends pas de la reconnaissance

Confucius

Pourquoi tout nous tombe sur les nerfs?


Sommes-nous rendu une société intolérante ? Le stress, l’impatience face aux bruits, à l’attente, aux enfants, la rage au volant et la liste est longue. Nous avons tellement d’informations en une seule journée, on interagie avec les gens avec un bref instant qu’il est frustrant de ne pas avoir de réponse dans l’immédiat. On ne sait plus attendre avec un monde qui tourne autour beaucoup plus vite. Faut-il réapprendre la courtoisie, la patience, le lâcher-prise ?
Nuage

 

Pourquoi tout nous tombe sur les nerfs?

 

Sommes-nous devenus plus intolérants face aux petites choses irritantes de la... (Photo thinkstock)

PHOTO THINKSTOCK

OLIVIA LÉVY
La Presse

Sommes-nous devenus plus intolérants face aux petites choses irritantes de la vie ? Le bruit des voisins est insupportable ? Les bouchons de circulation sont atroces ? Les transports en commun bondés ? Le quotidien est devenu un véritable enfer ? Pourquoi ? La faute au stress ? Au manque de temps ? Au manque de savoir-vivre ?

L’IMPATIENCE

Pour la Dre Johanne Lévesque, neuropsychologue, nous vivons désormais dans une société de l’instantané. Attendre est devenu impossible, voire intolérable.

« Le côté instantané des communications fait en sorte qu’on est de plus en plus impatient. Regardez dans quel état vous êtes quand vous n’avez pas de réponse instantanée à un courriel ou à un texto ! »

Elle explique que d’un point de vue cérébral, il y aurait un déséquilibre de la dopamine.

« C’est le messager chimique responsable de l’inhibition, de l’attente. La dopamine est aussi le neurotransmetteur le plus important dans le plaisir et la motivation. Comme on n’est plus habitué à patienter, 15 minutes vont sembler une éternité parce que désormais, la production de dopamine n’est déclenchée que pour des événements agréables et stimulants », affirme la neuropsychologue.

La peur de manquer quelque chose nous rend aussi plus impatients. Les gens s’activent sans cesse pour ne rien manquer et sont toujours connectés à leurs cellulaires.

« Il y a 100 ans, l’être humain recevait en une année la même quantité d’information qu’on reçoit aujourd’hui en une journée ! », soutient la Dre Johanne Lévesque.

LES COLÈRES SPONTANÉES

« Sur le stress chronique, ce qu’on sait, c’est que si vous prenez un rat [on ne fait pas de tests sur ce sujet sur les humains], et que vous le stressez tous les jours, qu’est-ce qui va arriver ? Sa réponse de stress biologique va diminuer, car il va s’habituer à ce même stress quotidien, mais il va y avoir un prix à payer : il va devenir 10 fois plus réactif à tout nouveau  » stresseur « , explique Sonia Lupien, fondatrice et directrice du Centre d’études sur le stress humain (CESH). Et chez l’humain, ce sera pareil. On va réagir au quart de tour à des choses qui nous laissaient indifférents. On appelle ça les colères spontanées, c’est un indice que le cerveau envoie, et qui signifie qu’il y a un stress chronique. »

 Les rages au volant sont un bel exemple de colères spontanées.

L’AUGMENTATION DES INTERFÉRENCES

« On n’a jamais été autant en interaction les uns avec les autres. En étant aussi proches, il est évident que le bruit des voisins va nous déranger. Les études démontrent qu’il y a plus de stress en milieu urbain que rural, car il y a plus d’interférences, ce qui pourrait expliquer cette sensibilité et irritabilité face aux autres », soutient Sonia Lupien.

Elle cite les recherches du Dr Irwin Sarazon qui a conclu que le stress résultait d’une interférence. Par exemple, lors d’un concert, si une personne de grande taille s’assoit devant et vous bloque la vue, c’est une interférence. C’est désagréable, ça gâche votre plaisir et ça vous cause du stress.

« Si vous êtes déjà à un niveau de stress élevé et que vous êtes dérangé par des interférences à répétition, vous serez évidemment plus irritable, mais le sujet n’a pas été étudié de cette façon », explique Sonia Lupien.

La spécialiste du stress estime que le festival des cônes orange n’est autre que de l’interférence cognitive à temps plein sur des milliers de gens.

« C’est un laboratoire humain sur le stress. Jour après jour, les gens se retrouvent devant des situations imprévisibles et se disent : où vais-je encore rester pris et quel sera mon retard ? C’est la recette parfaite où on joue avec nos nerfs. »

MANQUE DE SAVOIR-VIVRE

Il n’y a aucun doute, il y a un manque de civilité et de courtoisie au quotidien. La politesse est en déclin.

« Quand on sort de chez soi, on se rend compte qu’il y a des décalages dans le savoir-vivre. On se demande si la politesse se transmet encore ou qu’elle est chose du passé », déplore Julie Blais Comeau, spécialiste de l’étiquette.

Sur les trottoirs, elle remarque que les gens ont la tête penchée sur leur téléphone intelligent, écouteurs dans leurs oreilles, ne voient et n’entendent plus rien et foncent donc dans les passants !

« Il y a des campagnes de publicité qui ont pour thème la courtoisie au volant et dans les transports en commun. Pourquoi ? Parce qu’on a oublié les règles de base ! Il faut nous les rappeler à coups de publicité ! Vous imaginez ! On ne met plus les clignotants, on dépasse n’importe comment, on se bat pour entrer dans l’autobus et dans la rue les voitures éclaboussent les passants ! »

Elle suggère le retour des cours de respect et de civilité à l’école.

PERFORMANCE, PRESSION ET MANQUE DE TEMPS

« Dans le contexte actuel de la conciliation travail-famille, les gens manquent de temps. Le travail déborde sur les moments passés en famille, car les exigences sont plus élevées, les échéances plus serrées, on demande d’être très performants, et c’est stressant. Le marché du travail est précaire et les revenus incertains, alors les employés sont sous pression », explique Diane-Gabrielle Tremblay, professeure à l’École des sciences de l’administration, TELUQ.

Du côté de la famille, la professeure indique que les ruptures familiales sont de plus en plus nombreuses et qu’on demande aux enfants d’être toujours plus performants.

LES EMPLOYÉS EN MAL DE RECONNAISSANCE

En ressources humaines, Diane-Gabrielle Tremblay observe qu’il y a une grande absence de reconnaissance.

« J’entends souvent dans les enquêtes que le travail accompli n’est jamais reconnu à sa juste valeur alors que ça ne coûte rien de féliciter ses employés à qui on en demande toujours plus ! Pourquoi les cadres ne donnent pas cette reconnaissance tant demandée et qui fait toute la différence ? », s’interroge-t-elle. 

Le télétravail, une ou deux fois par semaine est une des pistes de solution pour avoir des employés plus heureux et donc moins irritables, au quotidien.

« Les études sont très positives et démontrent que les gens ne sont pas dérangés, qu’ils ne perdent pas de temps dans les transports et veulent conserver ce qu’ils considèrent comme un avantage. C’est dommage, car on ne considère pas assez le télétravail, alors qu’il y a un vrai intérêt, un taux de performance élevé et moins de stress », estime Diane-Gabrielle Tremblay, professeure à l’école des sciences de l’administration, TELUQ.

ON TOLÈRE MOINS LES ENFANTS

« Dans une société vieillissante, on perçoit les enfants comme le choix des adultes qui en sont les uniques responsables. C’est très néo-libéral comme approche alors que dans d’autres cultures, les enfants font partie de la vie de la collectivité, tout le monde participe à leur bien-être, l’État, la municipalité et ils sont, en quelque sorte, la responsabilité de tous, ce qui n’est pas le cas ici, constate Stéphanie Gaudet, professeure de sociologie à l’Université d’Ottawa. Nous vivons dans une société qui individualise tous nos choix, c’est certain qu’on est plus intolérant parce qu’on se dit, quand on voit des enfants agités, qu’il n’est pas normal que les parents ne les contrôlent pas, car ils ont fait le choix d’en avoir ! »

LE MODE DE VIE EN SOLO

28 % des Canadiens 33 % des Québécois.

On vit plus que jamais seul, c’est le mode de vie

« Évidemment, ça a un impact sur notre façon d’être, car cette individualité fait en sorte qu’on tolère moins les autres », observe la professeure.

LA CULTURE MARCHANDE

« La culture marchande fait ressortir le côté individualiste. Je suis un client, j’ai payé pour mon billet d’avion, j’ai droit à avoir un vol calme, car quand on paye pour un service, on veut qu’il soit adéquat. […] La culture de la consommation est valorisée, de nombreux ménages canadiens sont endettés, notre mode de vie fait en sorte qu’on n’a pas de marge de manoeuvre pour faire face aux imprévus de la vie : un enfant en difficulté, des parents malades et tout déraille. Toute l’organisation de la société n’aide pas les individus. C’est chacun pour soi, chacun à sa place, ça manque d’humanité », se désole la sociologue.

——————————————————–

>Comment rester calme ou éviter de s’énerver ?

Le fameux « lâcher-prise » est de mise. On ne peut pas tout faire et tout maîtriser, tout le temps ! Il faut faire des choix et accepter ses limites. Si les colères spontanées deviennent récurrentes, c’est peut-être le temps de prendre un moment de réflexion.

« Il faut diminuer notre réponse au stress, aller faire une marche et perdre l’énergie mobilisée, car c’est ce qui fait en sorte que nous sommes tendus. Fondamentalement, il va falloir un jour changer de mode de vie, car quand vous êtes en colère, dites-vous que la seule personne qui souffre, c’est vous » estime Sonia Lupien, directrice du Centre d’études sur le stress humain.

http://www.lapresse.ca

Quel rôle pour papi et mamie?


Être grand-parent est tellement différent que d’être parent et c’est important d’avoir de bonnes relations avec les parents et petits-enfants. Mais comment se comporter pour ne pas faire de vagues et ouvrir les hostilités. Je crois que je réussis bien sur ce côté. Les consignes, je les suis presque toutes et je ne m’impose de la façon qu’ils les éduquent ni de la façon qu’il les élève .. De toute manière dans mon temps, je n’aimais pas les mauvaises critiques sur ma famille alors mes enfants ont leurs propres expériences à vivre
Nuage

Quel rôle pour papi et mamie?

 

À la naissance des enfants, très souvent, les relations avec nos parents... (Photo The New York Times)

PHOTO THE NEW YORK TIMES

 

OLIVIA LÉVY
La Presse

À la naissance des enfants, très souvent, les relations avec nos parents changent. Les joies se multiplient… tout comme les tensions qu’il peut y avoir entre les générations. Les grands-parents sont souvent d’un grand soutien pour les parents, mais peuvent-ils critiquer ou intervenir dans l’éducation de leurs petits-enfants?

Grands-parents, mode d’emploi

Quand nous devenons parents, des changements surviennent dans les relations que nous entretenons avec nos propres parents, qui deviennent, eux, grands-parents. Comment gérer et définir les rôles de chacun? Entrevue avec la docteure en psychologie Vittoria Cesari Lusso, elle-même grand-mère et auteure de Parents et grands-parents, rivaux ou alliés?

Qu’est-ce qui a le plus changé d’une génération à une autre?

L’allongement de l’espérance de vie. C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que trois, parfois quatre (et même cinq) générations vivent de longues années ensemble. On se rend des services mutuels, on se fait plaisir les uns et les autres, mais il n’y a pas eu d’apprentissage à vivre ensemble pendant tout ce temps! Être des grands-parents s’invente tous les jours, et c’est un rôle qui doit être négocié avec les parents. Il y a aussi, à travers les années, le rôle de la femme qui a changé. Elle a intégré le monde du travail, ce qui fait que les grands-parents ont eu une plus grande place dans la garde des petits-enfants. L’autre phénomène que nous vivons, c’est l’éclatement des modèles familiaux. Les valeurs attachées à la vie de couple et à la vie familiale ont changé, on doit s’épanouir avant tout et viser haut dans la qualité de sa relation de couple, mais elle s’avère souvent décevante! Il y a davantage de ruptures des jeunes parents, et il y a là des conséquences sur le quotidien des grands-parents. C’est donc plein de nouvelles choses à gérer!

Quelles sont les tensions les plus fréquentes entre les parents et les grands-parents?

La sensation, parfois, qu’ont les grands-parents, c’est que les parents sont trop sévères avec leurs enfants, qui sont leurs petits-enfants! Une bonne partie des grands-parents se demandent s’ils doivent intervenir ou non. Se taire ou pas? D’autres sujets de divergence, ce sont les disputes entre cadets et aînés. Il y a aussi les questions d’éducation: les parents se plaignent que chez les grands-parents, il n’y a pas de limites et que les enfants sont insupportables quand ils reviennent chez eux! Ou alors, j’entends toujours des commentaires du genre:

«Ma mère me prend toujours pour une gamine, elle me donne des conseils et me fait des listes, alors que je suis une mère responsable!»

Il y a aussi des grands-parents qui s’approprient un peu trop leurs petits-enfants – par exemple, ils les emmènent chez le coiffeur sans consulter les parents, ce qui peut énerver!

Les grands-parents doivent-ils suivre les consignes d’éducation que leur donnent leurs enfants pour les petits-enfants?

Oui, évidemment. Il y a des grands-parents qui me disent:

«J’ai des consignes à suivre comme si j’étais une employée de ma fille ! Elle pourrait me faire confiance!»

C’est vrai que pour les bébés, par exemple, les choses ont tellement changé d’une génération à l’autre que, parfois, il est bon d’avoir des limites et des consignes très claires à suivre.

Quel est le rôle des grands-parents?

Il y a un rôle psychologique et affectif qui est très fort. Ça élargit la sphère affective des petits-enfants. Les petits-enfants, vers 4 ou 5 ans, commencent à comprendre la lignée des générations et demandent à leurs grands-parents comment étaient leurs parents quand ils étaient petits, ça les amuse beaucoup! Les grands-parents, aujourd’hui, apportent du soutien aux parents qui ont des vies très occupées (les grands-parents aussi!) en gardant leurs petits-enfants.

Vous écrivez que les rapports entre les beaux-parents et les belles-filles, ça peut être un terrain volcanique?

Ou glacial… Chaque famille a des habitudes différentes, et on a parfois l’impression d’être en terrain inconnu avec sa belle-fille ou son gendre, ou avec la famille de ceux-ci. Vous savez, des personnes complètement étrangères l’une à l’autre se retrouvent à faire partie de la même famille, quel que soit leur degré de sympathie. Les petites rivalités, ça fait partie de la nature humaine, à petites doses, disons.

Y a-t-il un stress physique et psychologique quand on garde ses petits-enfants?

Oui. Quand les grands-parents gardent leurs petits-enfants, ils peuvent être envahis par l’anxiété devant ces petits-enfants à protéger. On veut les rendre sains et saufs au papa et à la maman ! Quand l’âge avance, il faut aussi que les grands-parents acceptent leurs limites physiques, car c’est une grande responsabilité de garder des petits. On ne veut pas qu’il leur arrive quoi que ce soit. Les demandes des parents sont aussi trop grandes, parfois ils voudraient que leurs parents gardent leurs enfants pendant de longues périodes. Ils ne sont pas à leur disposition! Même les grands-parents qui sont très enthousiastes à garder leurs petits-enfants sont les premiers à dire qu’ils manquent souvent de reconnaissance de la part de leurs enfants.

«Ils pourraient nous remercier de notre disponibilité!»

C’est une joie d’avoir ses petits-enfants, mais c’est bien d’avoir aussi un petit signe de reconnaissance. Il ne faut pas non plus que les parents deviennent dépendants des grands-parents pour garder leurs petits-enfants, ça nuit aux relations familiales.

 

Parents et grands-parents témoignent 

Florence, 43 ans mère de deux enfants de 13 et 10 ans

«À l’époque de mes parents, les enfants étaient des accessoires de leur vie, alors que pour nous, nos enfants sont le centre du monde. Mes parents avaient d’abord leur vie, et ensuite, ils avaient leurs enfants. On n’a pas les mêmes priorités aujourd’hui, au point où ma mère me demande souvent : ‟Est-ce que tu ne dévoues pas trop ta vie à tes enfants? Tes enfants ne sont-ils pas trop gâtés? » Quand on devient mère, on se questionne sur l’éducation qu’on a reçue et on remet beaucoup de choses en question. Depuis que j’ai des enfants, je dirais que je suis plus proche de ma mère, même s’il y a des tensions nouvelles. […] Quand ma mère me fait des remarques sur l’éducation de mes enfants, ça m’énerve, et elle ne se retient pas pour critiquer!»

Céline Dupont, 67 ans grand-mère de deux petits-enfants de 5 et 7 ans

Il y a 11 ans, elle a déménagé de Sept-Îles à Montréal pour se rapprocher de sa fille, qui n’avait pas encore d’enfants.

«Je suis surprise de voir à quel point mes petits-enfants ont pris une si grande importance dans ma vie! Je ne pensais pas que j’allais être une mamie comme je suis ! C’est de l’amour inconditionnel, et ça m’apporte tellement de bonheur de m’occuper de mes petits-enfants. Mon lien avec ma fille a énormément changé depuis qu’elle a des enfants… Je me suis vraiment rapprochée d’elle, et nos relations se sont adoucies. On a une relation plus humaine, plus chaleureuse, plus intime, nos liens sont plus forts. J’aime la façon dont elle élève ses enfants et j’admire sa façon d’être maman. Je ne suis pas une grand-mère envahissante, je ne vais pas dire à ma fille quoi faire, je vais donner mon opinion quand ma fille me demande conseil.»

Pascale*, 57 ans mère de deux enfants de 26 et 29 ans

«Quand on devient mère, on traverse la ligne et on entre dans le camp des parents! On a énormément de caractère, ma mère et moi, et j’ai reçu une éducation très stricte. Et je dis souvent que si ma mère avait été aussi indulgente avec moi qu’elle l’est avec mes fils, je serais peut-être moins folle aujourd’hui! Je dis ça en plaisantant, mais ce n’est pas innocent comme propos! Ma mère a 84 ans, elle m’a beaucoup aidée avec mes fils quand ils étaient petits, elle a développé une relation privilégiée avec eux et je ne suis pas du tout jalouse de leur complicité, au contraire, mes fils l’adorent et je suis très contente. Et je me dis que le fait d’être une grand-maman gâteau, peut-être est-ce une façon de réparer sa maternité ? Par contre, j’avais un rapport difficile avec mon ex-belle-mère. Elle n’en faisait qu’à sa tête avec les enfants et ne respectait absolument pas nos principes d’éducation.»

Mélanie*, 40 ans mère de deux enfants de 4 et 5 ans

«Ce qui a changé depuis que je suis devenue mère de famille, c’est que je vois mes parents plus souvent. Ce qui est surprenant, c’est que mon père, qui a 80 ans, a développé une quasi-obsession pour ses petits-enfants, à tel point que c’est très difficile d’avoir une conversation avec lui si ça ne porte pas sur le sujet des petits-enfants. Ça occupe 100 % de son esprit! Il vient me voir presque tous les jours, sans ma mère! Ce qui est bien, c’est qu’il me donne un coup de main même si très rapidement, quand un enfant pleure, il dit: ‟Oh, il a besoin de sa maman, ce petit », et il me le redonne. Il passe parfois des petits commentaires sur certains éléments de l’éducation, mais il est très diplomate. Pour ce qui est de ma belle-mère, elle est toujours patiente, disponible et jamais envahissante, franchement, je suis contente de l’avoir.»

Marcel Rondeau, 67 ans grand-père de deux petits-enfants de 1 an et 3 ans

«Je suis le premier répondant pour la garde de mes petits-enfants ! Je suis beaucoup plus présent depuis que ma fille et son conjoint ont des enfants. Ça me fait plaisir de les voir et de m’amuser avec eux, et je suis content aussi de pouvoir aider ma fille à avoir un peu de répit. J’ai été absent dans le passé avec mes enfants lors de ma séparation, je les voyais environ deux fois par mois, alors c’est important pour moi d’être présent. Je suis à la retraite, j’ai du temps, et ça me fait tellement plaisir!»

Sylvie, 66 ans grand-mère de trois petits-enfants

«Ma relation avec mes deux filles a changé depuis qu’elles sont devenues des mères de famille. Il y a des désaccords sur certaines choses, par exemple, quand je vois tout l’équipement électronique de mes petits-enfants, je trouve qu’ils devraient passer plus de temps dehors! Par moments, ça manque de discipline, mais ce ne sont pas mes enfants! Je ne suis pas là pour faire leur éducation. J’offre un rôle de soutien, je prépare des repas, je vais garder, et j’ai une belle complicité avec mes petits-enfants. Oui, j’écoute les consignes que me donnent mes filles, et je me le fais rappeler si je ne les suis pas! Je crois qu’il est plus difficile d’être parents aujourd’hui! Le rythme des parents est fou, et c’est pour cette raison que les grands-parents sont plus présents aujourd’hui.»

http://www.lapresse.ca