Virus du Nil occidental: gare aux maringouins!


Juillet s’annonce et les moustiques sont bien présents au Québec. Malheureusement, le virus du Nil est de plus en plus une réalité sur le territoire québécois. Ce virus est transporté par les oiseaux migrateurs, quand les moustiques piquent ces oiseaux, ils deviennent vecteurs de la maladie. Bien qu’il ne faut pas céder à la panique, nous pouvons prendre des précautions simples pour limiter les risques.
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Virus du Nil occidental: gare aux maringouins!

Stagiaire à La Presse

La Presse

Avec les beaux jours viennent les moustiques. Après un nombre record d’infections au virus du Nil occidental en 2018, les autorités de la santé publique appellent à la vigilance.

L’année dernière, près de 200 cas d’infection au virus du Nil occidental (VNO) ont été recensés au Québec. 11 personnes en sont mortes. La Montérégie a été particulièrement touchée avec 75 cas rapportés, dont 70% d’infections du système nerveux.

Certaines personnes sont particulièrement vulnérables et devront prendre plus de précautions, a expliqué le Dr François Milord, médecin-conseil à la Direction de la santé publique de La Montérégie, lors d’une conférence de presse à Longueuil ce matin. Le risque de développer une maladie grave est multiplié par cinq en moyenne chez les personnes de plus de 65 ans ou atteintes de maladies chroniques comme le diabète, le cancer, les maladies cardiaques ou l’hypertension, a-t-il précisé.

Pas de panique toutefois. Selon des études menées aux États-Unis, l’infection serait asymptomatique dans 80% des cas, a rassuré le Dr Milord. 19% des personnes touchées pourraient cependant ressentir des symptômes grippaux et 1% risquent de contracter une infection du système nerveux: encéphalites, méningites ou paralysie.

Le VNO vient des oiseaux qui le transportent avec eux lorsqu’ils migrent d’un continent à l’autre. Mais le coupable de la transmission à l’homme est le moustique Culex pipiens/restuans. En piquant des oiseaux contaminés, les moustiques deviennent porteurs du VNO et peuvent nous infecter.

La belle saison de juillet à septembre favorise la prolifération des maringouins. Quelques précautions permettent de limiter les risques, tout en profitant de l’été. Il est important de porter des vêtements clairs et couvrants, notamment le matin et le soir où ils sont plus actifs.

L’usage de répulsifs (à base d’Icaridine notamment) en application locale est fortement recommandé, mais ne comptez pas sur les dispositifs visant à chasser les insectes. 

«Ils ne protègent pas contre les moustiques et surtout pas contre le VNO», a prévenu le Dr Milord.

Pour éviter de leur offrir un foyer trop confortable, les gouttières, fonds de chaudières, bassins et flaques sont à surveiller puisque les moustiques prolifèrent dans les eaux stagnantes. Des moustiquaires en bon état sont aussi un barrage efficace.

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Incendies de forêt : les pompiers sur le pied d’alerte


Comme c’est la Saint-Jean Baptiste lundi, le Québec est en fête, et le beau temps est de la partie. Beaucoup feront un feu de camp pour cette occasion, sauf qu’il faut redoubler de prudent pour ne pas causer de feu de forêt.
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Incendies de forêt : les pompiers sur le pied d’alerte

La Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) fourbit ses armes,... (PHOTO PATRICK SANFACON, ARCHIVES LA PRESSE)


PHOTO PATRICK SANFACON, ARCHIVES LA PRESSE

PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD
La Presse

La Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) fourbit ses armes, alors que le temps chaud et sec se prolonge sur la province.

L’organisation appelle la population à la prudence pendant les festivités de la fête nationale. Elle a aussi interdit aux compagnies forestières de brûler leurs résidus dans plusieurs régions du Québec, afin de limiter les risques.

« Avec les vents qu’on a aujourd’hui, on a un danger d’incendie classé « élevé » ou « très élevé » partout au Québec », a indiqué Marie-Louise Harvey, porte-parole de la SOPFEU. 

« On demande la plus grande des prudences à la population parce que cette chaleur va durer jusqu’à mercredi », a-t-elle continué. « On s’attend à avoir des feux de camp qui tournent mal. »

Quant aux compagnies forestières, celles qui opèrent dans différents secteurs de l’Abitibi, de la Mauricie, du Nord-du-Québec et de l’Outaouais, entre autres, devront trouver un autre moyen de se débarrasser de leurs résidus.

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La zoothérapie a la cote auprès des psychologues et des travailleurs sociaux


    Cela fait longtemps qu’on connaît la zoothérapie, mais ces dernières années, on voit de plus en plus d’animaux venir au secours des enfants, adolescents, et même des adultes dans leur mal-être. L’approche avec un animal se fait plus naturellement et plus rapidement que des sessions conventionnelles.
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    La zoothérapie a la cote auprès des psychologues et des travailleurs sociaux


    Deux femmes entourées de deux chèvres, d'un cochon et d'un chien dans une cour ensoleillée.

    La zoothérapie est un outil qui suscite de plus en plus d’engouement parmi les professionnels en intervention tels que les psychologues, les travailleurs sociaux ou encore les psychoéducateurs. Photo: Radio-Canada / Catherine Dib

    Radio-Canada

    De plus en plus de professionnels se tournent vers la zoothérapie pour leurs interventions. Psychologues, psychoéducateurs et travailleurs sociaux suivent des formations afin de mieux travailler en équipe avec les animaux.

    La zoothérapie, une approche qui gagne en popularité au Québec, englobe les techniques d’intervention requérant la présence d’un animal pour améliorer le bien-être d’une personne.

    La psychologue Emmanuelle Fournier-Chouinard est familière avec le pouvoir thérapeutique des bêtes depuis longtemps.

    L’animal dans sa particularité d’être un être relationnel, mais non verbal, vient permettre de désengager les chemins habituels où l’on peut se cacher dans sa tête, explique-t-elle.

    Une méthode particulière

    Au Centre Humanimal à Saint-Honoré, Emmanuelle Fournier-Chouinard sort du cadre conventionnel de la psychothérapie en favorisant une interaction entre l’animal et l’humain, parfois par le biais d’activités.

    Chèvres, cochons, chiens, chats, tortues et canards sont notamment présents durant les séances.

    Est-ce qu’on fera un jeu de frontière avec les chevaux […] pour en apprendre plus sur notre conscience corporelle? Ou encore sur les limites à ne pas dépasser si nous ne sommes pas invités chez l’autre?, cite-t-elle en exemple.

Les bêtes peuvent être aussi un prétexte pour aborder des sujets plus difficiles. Certaines séances avec la clientèle adolescente requièrent parfois l’assistance des canards. La présence des oiseaux peut par exemple faciliter une conversation sur la puberté et la sexualité.

    Selon elle, les adolescents se sentent plus confortables de cette façon, car on n’est plus en face à face, on est en côte à côte et on ne parle plus de sexe chez les humains, on s’intéresse aux canards.

À travers ça, beaucoup vont pouvoir poser des questions qui, autrement, sont plus compliquées à discuter. Emmanuelle Fournier-Chouinard, psychologue et fondatrice du Centre Humanimal

Apprendre la zoothérapie

Emmanuelle Fournier-Chouinard transmet son savoir à de nombreux étudiants, notamment au cégep ainsi que par le biais de cours individuels.

L’une de ses apprenties, Sylvie Beauchamp, est psychologue depuis 26 ans. Elle voit déjà la différence qu’apporte un animal durant une séance de psychothérapie.

Selon elle, la présence d’une bête a permis de contourner certains mécanismes de protection, car la personne n’a plus l’impression de travailler sur elle-même, mais plutôt avec le chien.

En une seule rencontre, elle a fait des prises de conscience que je pense que ça lui aurait pris trois, quatre ou cinq rencontres dans le contexte traditionnel pour les réaliser, raconte Sylvie Beauchamp.

Une pratique de plus en plus répandue

Emmanuelle Fournier-Chouinard observe qu’il y a bel et bien un engouement pour la zoothérapie.

On le voit dans l’explosion en recherche qu’il y a sur les relations humain-animal […], dans la multiplication des formations […], souligne-t-elle.

Actuellement, on est dans un zeitgeist, un air du temps, on redéfinit la relation que nous avons avec un autre d’une autre espèce. Emmanuelle Fournier Chouinard, psychologue et fondatrice du Centre Humanimal

Zoothérapie Québec a aussi remarqué cet intérêt croissant pour la pratique. L’organisme rapporte une hausse de 12 % des services de zoothérapie offerts l’an dernier, soit un total de plus de 8000 heures d’intervention.

Le directeur général de Zoothérapie Québec, Gaël Magrini, voit une évolution des interventions.

 Notre demande auparavant était beaucoup axée sur le loisir, du moins plus qu’aujourd’hui, mais de plus en plus, on sent que les équipes de soins souhaitent nous intégrer dans leur plan d’intervention, dit-il.

La zoothérapie, il ne faut pas voir ça comme une profession en soi, il faut voir ça comme un outil d’intervention qui peut s’ajouter dans le coffre d’un intervenant, d’un professionnel de la santé ou de l’éducation. Gaël Magrini, directeur général de Zoothérapie Québec

Le directeur général espère que la pratique sera plus connue dans les années à venir.

On tient à ce que les milieux institutionnels, les décideurs, commencent à considérer la zoothérapie comme un outil clinique, comme un outil pédagogique qui peut avoir une portée importante, avance-t-il.

https://ici.radio-canada.ca

Attention au virus du Nil: une année record de cas en 2018


Depuis 2002 au Québec, on comptabilise les victimes du virus du Nil. Les années se suivent, mais ne se ressemblent pas du moins pour le virus du Nil. La deuxième année qui a eu plus de personnes affectées a été en 2012, puis une baisse considérable l’année suivante. Le record en 2018 a été de 201 personnes dont 15 décès. Que sera le nombre cet été ? Impossible de prévoir à l’avance.
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Attention au virus du Nil: une année record de cas en 2018


Attention au virus du Nil: une année record de cas en

GALITSKAYA VIA GETTY IMAGES

  • Stéphanie Marin

  • La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Au Québec, 2018 a été une année record pour les cas de virus du Nil occidental, révèlent de récentes données du ministère de la Santé.

Avec 201 personnes infectées par ce virus transmis par un type de moustique l’an dernier, il s’agit d’un sommet depuis que les données sont comptabilisées, en 2002. L’année 2018 fut aussi mortelle puisqu’on a recensé 15 décès.

Quant à savoir ce qui attend les Québécois cette année, cela reste à voir. L’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) n’est pas encore capable de prédire quels dégâts les moustiques feront au cours d’une année donnée, a expliqué une conseillère scientifique, Julie Ducrocq.

Par exemple, le second plus important pic avait été enregistré en 2012, avec 134 cas. Mais l’année suivante, la chute fut marquée puisqu’on avait décompté seulement une trentaine de personnes infectées. Le record de 2018 ne peut donc prédire la situation qui aura cours à l’été 2019.

Dans les deux cas, la région où le plus grand nombre de personnes ont été infectées par le virus transmis par les moustiques est la Montérégie, suivie de l’île de Montréal.

Au Québec comme ailleurs au Canada, l’incidence du virus du Nil occidental est fluctuante et difficile à prévoir d’une année à l’autre, indique de son côté le ministère québécois de la Santé.

Si la majorité des personnes infectées n’ont peu ou pas de symptômes, les conséquences pour d’autres peuvent être sévères: parmi les 201 cas rapportés l’an dernier, 148 ont eu une atteinte neurologique. 

La majorité (84 pour cent) des cas cliniques ont été hospitalisés, dont près du tiers (31 pour cent) aux soins intensifs.

Ces données ont été compilées par la Direction de la vigie sanitaire de la Direction de la protection de la santé publique du ministère de la Santé du Québec, en collaboration avec l’Institut national de santé publique du Québec.

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Érable noir : un arbre rare qui se retrouve surtout dans la région de Montréal


Je ne suis pas une pro en botanique, je sais reconnaître certaines espèces d’arbres, mais pas vraiment les variétés. Ce qui nous amène a l’érable, emblème du Canada et bien sûr du sirop d’érable. Il existerait 100 variétés dans le monde, et au Québec, nous avons 6 espèces indigènes. Parmi eux, il y a l’érable noir, un arbre très noire qui malheureusement risque de disparaitre entre autres, à cause de l’urbanisation, les plantes évasive etc …
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Érable noir : un arbre rare qui se retrouve surtout dans la région de Montréal

Érable noir : un arbre rare qui se retrouve surtout dans la région de MontréalPhoto: Ministère de l’Environnement du QuébecIl est très difficile de distinguer l’érable noir de l’érable à sucre.

On croit souvent qu’il n’existe qu’une seule espèce d’érable au Québec, le fameux érable à sucre dont le sirop fait les délices des petits et grands. Cependant, la province compte six espèces d’érable indigènes dont son très proche cousin : l’érable noir, un arbre très rare et en situation précaire au point où il a été désigné espèce vulnérable au Québec en 2012.

« En effet, on compte seulement un peu plus d’une centaine de populations d’érable noir au Québec. De ce nombre, six populations ont déjà disparu et 33 vont l’être éventuellement, car il n’y a pas assez d’individus pour assurer la reproduction. Il reste à peine 27 populations viables parmi lesquelles il y a quatre populations protégées », explique Frédéric Coursol, inspecteur de la flore.

Ces populations se trouvent au sud de la province, dont plus de la majorité dans la grande région de Montréal.

Cependant, être un arbre dans une ville n’est pas facile. La principale menace vient de l’expansion urbaine. Même si des populations ont été recensées dans des aires protégées de certains espaces verts de Montréal, ces endroits sont fortement fréquentés par les visiteurs. Ce qui entraîne souvent la dégradation des sous-bois particulièrement fragiles par le piétinement. Il y a aussi l’invasion des plantes exotiques qui sont une vraie calamité. Notre expert songe particulièrement à l’alliaire, à l’anthrisque des bois et au nerprun cathartique.

« Cette plante envahissante peut donner la diarrhée aux oiseaux qui la disperse partout. Le nerprun peut remplir un sous-bois et le détruire. Rien d’autre ne peut y germer! Quand au broutement du cerf de Virginie, c’est un problème majeur! »

Une autre menace qui plane sur l’érable noir : il peut s’hybrider avec l’érable à sucre qui lui ressemble beaucoup. En effet, il peut s’associer à son proche cousin pour se reproduire. Ce qui crée des individus intermédiaires qui possèdent des caractéristiques des deux espèces. Ceci peut menacer l’intégrité génétique des populations d’érable noir surtout si celles-ci ne comptent qu’une petite quantité d’arbres.

« Où peut-on observer l’érable noir? Suivez les couches géologiques et l’affleurement de calcaires. On peut en trouver aux parcs-nature du Bois-de-Saraguay, du Bois-de-Liesse et du Bois-De-L’île-Bizard, au parc Angrignon, au parc-nature de la Pointe-aux-Prairies, près de la petite chapelle de la Réparation. Il y en a également au parc Angell Woods, au parc Thomas-Chapais et beaucoup au parc Marcelin-Wilson. »

Cependant, il est très difficile de distinguer l’érable noir de l’érable à sucre (Acer nigrum) en dehors de la saison de végétation

« Le truc est d’examiner les feuilles mortes au pied de l’arbre. Le dessous des feuilles de l’érable noir est poilu et doux comme du velours », de dire Frédéric Coursol.

Il est toujours agréable d’observer ce bel arbre pouvant atteindre de 21 à 34 m de hauteur (de 67 pi à 112 pi) et plus 100 cm (40 po) de diamètre. On peut en apprendre davantage grâce à des visites guidées sur la flore organisées dans les parcs-natures.

https://journalmetro.com/

Les ossements trouvés à Forillon sont ceux des naufragés du Carricks


Le navire Carricks en provenance d’Irlande pour se diriger vers le port de Québec en 1847. Malheureusement, il a fait naufrage prés de Cap-des-Rosiers en Gaspésie. Plusieurs des 180 passagers ont péri dans ce naufrage. Les chercheurs ont confirmé que les ossements ont trouvé en 2011 et 2016 provenaient tous de ce même navire.
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Les ossements trouvés à Forillon sont ceux des naufragés du Carricks


Un homme balaie de la terre à l'aide d'un petit balai près de la cloche du monument.

La cloche et le Monument-aux-Irlandais ont dû être déplacés lors des fouilles archéologiques menées en 2016. Photo: Courtoisie Parcs Canada

Radio-Canada

Un mystère de plus de 170 ans vient d’être élucidé en Gaspésie. Parcs Canada a confirmé vendredi que les ossements trouvés en 2011 et 2016 au Parc national Forillon sont bien ceux des naufragés du navire Carricks, qui s’était échoué au large de Cap-des-Rosiers en 1847.

Les analyses réalisées par le laboratoire de bioarchéologie de l’Université de Montréal ont permis de confirmer cette hypothèse.

Le navire Carricks était parti d’Irlande pour se rendre au port de Québec. Selon les récits historiques, la majorité des 180 passagers a péri dans le naufrage pour être ensuite inhumée dans une fosse commune sur la plage.

C’est pourquoi en 2011, lorsque les ossements de trois corps d’enfants âgés de 7 à 12 ans ont été retrouvés sur la plage de Cap-des-Rosiers après le passage d’une violente tempête qui avait endommagé les berges, l’hypothèse avait été émise que les ossements pourraient être ceux des naufragés.

L'ancien site du Monument aux Irlandais.L’ancien site du Monument aux Irlandais Photo : Radio-Canada

En 2016, Parcs Canada a donc mené des fouilles archéologiques sur le site qui ont permis de retrouver les ossements de 18 autres individus, principalement des femmes et des enfants.

L’âge des ossements correspondait. Maintenant, avec les techniques modernes, on est capable d’identifier le type d’alimentation des gens à cette époque , explique le gestionnaire de la conservation des ressources au parc national Forillon, Mathieu Côté.

Les analyses des ossements démontrent que l’alimentation de ces individus correspond à celle d’une population rurale typique de l’Irlande de la première moitié du 19e siècle.

L’alimentation était basée sur les pommes de terre. Les gens arrivaient de l’Irlande, c’était la grande famine et ils se nourrissaient de pommes de terre. Mathieu Côté, gestionnaire de la conservation des ressources au parc national Forillon

Les analyses démontrent par ailleurs que les naufragés souffraient de pathologies, fort probablement causées par la malnutrition, elle-même engendrée par la famine qui sévissait alors en Irlande , peut-on lire dans le communiqué émis par Parcs Canada.

Maintenant que leur identité est confirmée, les ossements seront à nouveau inhumés sur la plage de Cap-des-Rosiers, près du Monument aux Irlandais. La cérémonie aura lieu au cours de l’été 2019, à une date encore indéterminée.

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Voici la véritable histoire de la fausse nouvelle la plus populaire du Québec


Depuis 4 ans, circule une fausse nouvelle que le maire de Dorval au Québec d’avoir refusé de retirer le porc des cantines à demande aux musulmans, ce qui est FAUX. Ce qui est vrai est qu’on a fait cette demande non pas au Québec, mais en France et le maire de l’endroit n’a pas fait mention quelle religion avait fait cette demande, car certaines branches chrétiennes, les Juifs et les musulmans ne mangent pas de porc. Cette nouvelle a été plusieurs fois partagée dans d’autres pays en changeant les noms et l’endroit et accusant spécifiquement les musulmans. Les fausses nouvelles peuvent faire beaucoup de ravage dans les réseaux sociaux. Ce qui est d’autant plus grave, certaines personnes savent que l’histoire a été inventée ou copier en apportant des changements et ils la partagent quand même, soi-disant pour la morale, pour confirmer leurs opinions et renforcer leurs préjugés. Nous ne sommes pas à l’abri malheureusement, mais avec un peu de recherches, dénoncer les fausses nouvelles, cela permettrait, j’espère à diminuer l’impact des fausses nouvelles.
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Voici la véritable histoire de la fausse nouvelle la plus populaire du Québec


Lieux-dits 2.0Les fausses nouvelles, comme la chasse-galerie, sont en quelque sorte du folklore moderne.

Les fausses nouvelles, comme la chasse-galerie, sont en quelque sorte du folklore moderne. Photo: Radio-Canada / Philippe Tardif

Jeff Yates

Le maire de Dorval n’a pas tenu tête aux parents d’élèves musulmans qui lui demandaient de retirer le porc des cantines scolaires. Pourtant, des centaines de milliers de gens y croient encore. C’est une fausse nouvelle qui est passée au rang du folklore québécois, selon des chercheurs. Autopsie d’un monstre.

« Bonne initiative d’un Québécois… »

Ainsi débute la publication de quelque 350 mots qui cause depuis quelques années des maux de tête à Dorval. Celle-ci félicite le maire, puis présente des propos que son secrétaire aurait tenus aux parents musulmans qui lui avaient supposément demandé de bannir le porc :

« Les musulmans doivent comprendre qu’ils doivent s’adapter au Canada et au Québec, à leurs coutumes, à leurs traditions, leur style de vie, parce que c’est là où ils ont choisi d’immigrer », peut-on lire dans la publication.

Peu importe si cette histoire n’a jamais eu lieu et même si les maires québécois n’ont aucun contrôle sur les menus des écoles, elle circule et continue de circuler, bon an, mal an, depuis 2015. J’avais moi-même démenti cette fausse nouvelle à l’époque, tout comme plusieurs autres médias. Après enquête, nous avons appris d’où elle provenait et comment elle s’est mise à circuler.

L’histoire de cette fausse nouvelle débute le 9 janvier 2013 à Antibes Juan-les-Pins, une ville de près de 75 000 personnes près de Cannes, dans le sud de la France. Ce n’est pas le maire Jean Leonetti, mais son adjointe, Françoise Thomel, qui envoie une lettre aux parents des élèves inscrits au service de restauration scolaire en réaction aux demandes de certains parents de réduire, voire d’éliminer le porc des cantines. D’autres avaient, au contraire, demandé une augmentation des plats à base de porc.

Il s'agit d'une carte du Canada, ainsi que d'un texte attribué au maire de Dorval.Capture d’écran de la fausse nouvelle à propos du maire de Dorval. Cet exemplaire a été publié en septembre 2015 et a été partagé 124 000 fois. Photo : Capture d’écran – Facebook

Ces demandes sont refusées.

« Cette demande […] est fondée sur des convictions religieuses ou personnelles, ce qui est contraire au principe de la laïcité », explique Mme Thomel dans sa lettre(Nouvelle fenêtre).

Elle ne dévoile pas de quelle religion ou de quelle idéologie se réclament les demandeurs.

La lettre apparaît rapidement sur les réseaux sociaux en France, puis dans les médias locaux (Nouvelle fenêtre). Peu de temps après, des blogues d’extrême droite reprennent l’histoire. Un d’entre eux compose une lettre ouverte au maire d’Antibes (Nouvelle fenêtre), le remerciant d’avoir tenu tête aux « musulmans ».

Si vous avez lu la fausse nouvelle à propos du maire de Dorval, vous avez déjà lu cette lettre ouverte au maire d’Antibes. Elles sont identiques. L’auteur de la fausse nouvelle a tout simplement modifié le texte pour que les références françaises concernent plutôt Dorval, le Québec ou le Canada.

Deux versions de cette fausse nouvelle, une publiée en septembre 2015, l’autre, en décembre 2017, soit bien après que l’histoire a été démentie, ont été partagées 124 000 et 178 000 fois respectivement sur Facebook. Comme beaucoup d’internautes font simplement un copier-coller du texte sur leur propre compte Facebook, il existe d’autres copies. La portée de cette fausse nouvelle est donc encore plus importante et impossible à mesurer.

À titre d’exemple, l’article le plus populaire de tous les grands médias québécois au cours des 12 derniers mois sur les réseaux sociaux, selon l’outil d’analyse BuzzSumo, a été partagé un peu plus de 61 000 fois sur Facebook.

« Cette info a été déformée, amplifiée et exploitée par des camps différents aux intérêts opposés », affirme Olivier Darcq, directeur de la communication à la Ville d’Antibes Juan-les-Pins.

Il explique que la nouvelle a été récupérée autant pour dépeindre le maire comme un héros de la laïcité que pour avertir les musulmans de ne pas visiter la ville.

Ironiquement, l’histoire qui soulève les passions un peu partout dans le monde ne semble pas trop préoccuper les habitants de sa ville d’origine. Selon M. Darcq, cette nouvelle n’anime plus les discussions à Antibes depuis longtemps.

« J’ai le sentiment que ce débat n’est absolument plus d’actualité dans notre commune. Donc, s’il y a plus beaucoup de partages, il est clair que l’information, qui est devenue une fake news, a été orientée par ceux qui ont intérêt à créer des tensions sur ces thématiques, alors que des principes de bon sens ont permis dans notre ville d’apaiser toutes problématiques à ce sujet », juge-t-il.

C’est en 2015 que la fausse version de cette histoire, mettant en vedette le maire de Dorval, commence à circuler. L’équipe du maire Edgar Rouleau a rapidement réalisé que quelque chose clochait sur les réseaux sociaux quand de nombreux internautes et des journalistes lui ont signalé la fausse nouvelle.

À l’époque, la ville de 19 000 âmes voulait réagir, mais elle ne détenait aucun compte sur les réseaux sociaux. Aucune arme, donc, pour se défendre contre ce tsunami de « j’aime » et de partages qui propulsait un mensonge à l’endroit du maire. La Ville a donc publié un communiqué sur son site web pour dénoncer la fausse nouvelle.

 C’était « le seul moyen qu’on avait », se rappelle le chargé de communications de la Ville de Dorval Sébastien Gauthier

Rien n’y faisait.

« C’est sûr que le maire, au début, s’est demandé, “est-ce qu’on peut faire arrêter ça?” Avec nos recherches et selon des experts qu’on a consultés, on s’est dit qu’essayer de mettre fin à ça et au commérage sur les réseaux sociaux… bonne chance, c’est mission impossible. On a lâché prise », admet M. Gauthier.

Près de quatre ans plus tard, cette fausse nouvelle a fait le tour du monde, a été traduite en plusieurs langues et continue toujours de circuler au Canada, tout comme ailleurs.

La « morale » de l’histoire avant les faits

Le maire de Dorval n’a pas banni le porc des cantines scolaires, malgré ce qui circule sur Facebook depuis quatre ans.Le maire de Dorval n’a pas banni le porc des cantines scolaires, malgré ce qui circule sur Facebook depuis quatre ans. Photo : Radio-Canada / Philippe Tardif

Il est impossible de précisément mesurer la portée de cette fausse nouvelle, mais elle a assurément rejoint des centaines de milliers, voire des millions de Québécois. La popularité de cette fausse nouvelle n’est pas anecdotique; quelque chose pousse des Québécois à la partager.

Afin de comprendre pourquoi, nous avons contacté plus d’une centaine de Québécois qui l’ont publiée sur leur compte Facebook. La plupart n’ont pas répondu, mais quelques-uns se sont prêtés au jeu.

Leurs réponses sont presque unanimes : les faits étalés dans l’histoire sont peu ou pas importants, selon eux. Ce qui leur importe, ce sont les valeurs exprimées, la « morale » de l’histoire. Même s’ils reconnaissent aujourd’hui que les événements décrits dans la publication Facebook ne se sont jamais produits, pour eux, l’histoire du maire de Dorval qui refuse de bannir le porc des cantines scolaires n’en demeure pas moins valide.

« Peut-être que l’information est fausse, mais les idéaux, eux, sont ce que la plupart des Québécois pensent, explique Sylvain. Pour être honnête, je n’ai pas beaucoup fait attention à [savoir si c’était vrai]! C’était plus les idées sur le point de vue que j’ai retenu et, pour moi, c’est là que cela prenait tout son sens. »

« Je ne savais pas que cette nouvelle était fausse… dommage. Je trouvais que celle-ci valait la peine d’être partagée, écrit, quant à elle, Marie-Claude. Je suis déçue, je croyais qu’il y avait quelqu’un qui avait des couilles! Mais c’est vrai, je suis d’accord avec les valeurs exprimées dans cette nouvelle. »

J’ai demandé à Jacques s’il se sentait mal d’avoir partagé une histoire inventée.

« Non, car même si ce n’est qu’une invention, ce n’est pas tout le monde qui prend le temps de vérifier si c’est vrai ou non. Le plus important sur les réseaux sociaux, c’est le message véhiculé. »

Lynda, elle, savait très bien que l’histoire était fausse — elle a même inclus un avertissement à cet effet à la fin de sa publication, partagée plus de 400 fois.

« Une histoire comme celle-là n’est qu’un prétexte pour ouvrir la discussion sur la laïcité de l’État et de faire entendre à tous nos opinions sur le sujet, explique-t-elle. Quand j’ai su que cela était faux, ça n’avait plus une grande importance pour moi, car ce texte, même faux, représentait ce que je crois qui devrait être fait dans une circonstance comme celle présentée, ou une quelconque circonstance hypothétique de ce genre. »

Presque tous en ont profité pour m’expliquer, sans que je le leur demande, leur vision de l’immigration et de la laïcité. Je sentais qu’ils cherchaient à se faire entendre, à partager leur message : l’immigration c’est bien, mais seulement quand les nouveaux arrivants s’intègrent. Partager cette publication leur permet d’exprimer leurs craintes que les musulmans, eux, ne s’intègrent pas, que ces derniers demandent que la société québécoise s’adapte à eux. Le maire de Dorval fictif dans l’histoire est, pour les personnes que j’ai interrogées, un exemple à suivre, un idéal.

Nous sommes donc devant une histoire fausse, relayée dans le but de véhiculer des craintes et de proposer une vision héroïque de ce que nous devons faire pour les combattre. Tout comme dans une épopée ou dans un mythe légendaire.

Sylvain, lui, me l’a dit sans broncher

. « Aujourd’hui, je le vois plus comme les contes que l’on raconte aux enfants. Je veux dire, l’histoire est peut-être inventée, mais les valeurs et la morale n’en restent que plus vraies. »

Ça, la communauté de chercheurs qui s’intéresse au folklore le sait depuis un bon moment.

Une sorte de folklore moderne

Des légendes urbaines émergent chaque fois qu’il y a des changements majeurs. Dans les nouvelles technologies, par exemple : « les micro-ondes détruisent les vitamines dans les aliments! »Une légende urbaine dans les nouvelles technologies : « les micro-ondes détruisent les vitamines dans les aliments! » Photo : Radio-Canada / Philippe Tardif

« Lorsqu’on a créé lnternet, certains croyaient que ça serait la fin des légendes urbaines parce que les gens pourraient immédiatement effectuer des recherches et déterminer qu’elles étaient fausses, ce qui stopperait le phénomène. Malheureusement, c’est loin d’être le cas », lance en riant Ian Brodie, professeur associé en folklore à l’Université du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse.

Parce que, oui, il considère que les fausses nouvelles sont tout simplement des légendes urbaines, la manifestation moderne d’un phénomène qui existe depuis la nuit des temps.

C’est du folklore moderne.

« Les folkloristes parlent des légendes urbaines depuis beaucoup plus longtemps que nous parlons des fake news. Il y a beaucoup de points en commun entre ces phénomènes », renchérit Russel Frank, de l’Université de Pennsylvanie.

Ce dernier est bien placé pour parler : il détient un doctorat en folklore, mais enseigne le journalisme.

Certes, les réseaux sociaux ont changé la donne. Mais un bon nombre des fausses nouvelles que nous voyons aujourd’hui auraient jadis circulé dans ces conversations de salon, à l’arrêt d’autobus, autour de la table au souper. Elles le font depuis que les humains existent.

« C’est la même chose qui se traduit sur les réseaux sociaux. L’important, ce n’est pas tant la source ou la fiabilité de l’information, mais plutôt l’identité de la personne qui me la relaie, que je connais, avec qui j’entretiens une relation », illustre M. Brodie. C’est le royaume du « as-tu entendu que…? »

J’ai résumé aux chercheurs les conclusions de ma petite enquête auprès des gens qui ont partagé l’histoire du maire de Dorval. Rien de cela ne les a surpris. Le but des légendes urbaines n’est pas d’informer, mais de communiquer des craintes, d’avertir, pensent-ils.

Aussi peu fiables que ces histoires puissent être en ce qui concerne les faits, elles sont une mesure extrêmement fiable des anxiétés qui traversent une société. Russel Frank, professeur, Université du Cap-Breton

Selon M. Brodie, c’est pourquoi des légendes urbaines émergent lorsqu’il y a des changements sociaux majeurs : les nouvelles technologies (« les micro-ondes détruisent les vitamines dans les aliments! »), l’évolution des moeurs (« les homosexuels sont satanistes! »), les changements dans l’ordre social (« sans mères au foyer, les enfants deviendront dingues! »), et, oui, les vagues d’immigration.

M. Frank m’envoie un article publié par la chercheuse Florence E. Baer dans le journal universitaire American Folklore. L’auteure tente de déterminer la source de rumeurs qui circulent à l’endroit d’un groupe de réfugiés dans une petite ville en Californie.

Il s’en trouve plusieurs pour alimenter toutes sortes de rumeurs sur ces nouveaux arrivants : ils ont des pratiques alimentaires bizarres, ils ne réussiront jamais à s’intégrer. Un garçon affirme les avoir vus tuer et manger le chien d’une dame; même si l’enquête policière conclut que ces événements ne se sont pas produits, les esprits s’enflamment, l’histoire explose. Ou encore, de bouche à oreille, on se scandalise que l’ami de l’oncle d’untel a entendu du frère d’untel que ces réfugiés reçoivent plus d’argent du gouvernement que son père, qui est retraité.

Tout cela m’est extrêmement familier. Des histoires du genre, j’en ai vu des tonnes, relayées des dizaines de milliers de fois sur Facebook. J’ai même dû démentir deux fois l’idée que le gouvernement traite mieux les réfugiés que les aînés. C’est du déjà-vu.

Par contre, dans le cas de l’étude de Florence Baer, on ne parle pas de réfugiés syriens, mais de réfugiés vietnamiens. Parce que, voyez-vous, même si ces histoires ont l’air de provenir de statuts Facebook viraux, l’article de Mme Baer a été publié en 1982 (Nouvelle fenêtre). Ce sont les mêmes vieilles histoires qui ressurgissent. La désinformation au XXIe siècle n’a rien de très original.

Des histoires pour mettre en garde envers l’Autre

Au début des années 1900 aux États-Unis, illustre-t-il, on mettait en garde les jeunes femmes contre des établissements dangereux, qui représentaient la déchéance sexuelle. On parlait, bien sûr, des crèmeries.Au début des années 1900 aux États-Unis, illustre-t-il, on mettait en garde les jeunes femmes contre des établissements dangereux, qui représentaient la déchéance sexuelle. On parlait, bien sûr, des crèmeries. Photo : Radio-Canada / Philippe Tardif

Ian Brodie affirme que l’immigration alimente en bonne partie les légendes urbaines, et ce, depuis toujours. Au début des années 1900 aux États-Unis, illustre-t-il, on mettait en garde les jeunes femmes contre des établissements dangereux, qui représentaient la déchéance sexuelle. Fréquenter ces lieux en tant que femme, c’était s’exposer au risque d’être violée, voire kidnappée, puis envoyée à l’autre bout du monde comme esclave sexuelle.

On parlait, bien sûr, des crèmeries. Pourquoi? Parce que les premiers commerces à vendre de la crème glacée dans ce pays étaient gérés par ces étrangers mystérieux et que certains croyaient dangereux, les Italiens.

« Les crèmeries étaient des endroits terrifiants parce que cette nouvelle population immigrante vendait une nouvelle sorte de nourriture qu’on ne connaissait pas. Ça faisait peur!

On disait : “jeunes femmes, si vous voulez protéger votre vertu, parents, si vous voulez protéger vos filles, évitez les crèmeries! » », raconte-t-il en ricanant.

Si on veut remonter encore plus loin, les Romains disaient que les chrétiens kidnappaient les enfants et buvaient leur sang, ajoute-t-il.

« Les légendes urbaines qui traduisent une anxiété envers l’Autre forment une immense partie du folklore. Il y a cette peur de la différence, de vivre dans un monde qui est changé par l’Autre », avance M. Frank.

C’est pourquoi les mêmes histoires reviennent, encore et encore.

Que faire pour freiner la propagation de légendes du genre si les faits ne font que rebondir sur leur carapace?

« Tout ce qu’on peut faire, c’est prendre un peu de recul et dire “l’histoire que tu me racontes, elle n’a rien de nouveau. Elle existe depuis des siècles. Je suis certain que tu y croies et qu’elle confirme tes opinions, et je ne pourrai probablement pas changer tes préjugés, mais, écoute… c’est la même histoire” », laisse tomber M. Brodie.

Heureusement, ces rumeurs tendent à disparaître au fil du temps, ajoute-t-il. Peu de gens inventent aujourd’hui des fausses nouvelles à propos de l’immigration vietnamienne ou italienne, par exemple.

La fausse nouvelle du maire de Dorval s’inscrit dans une longue tradition. On exprime nos craintes à l’aide d’histoires plus souvent fausses que vraies, dont les sources sont nébuleuses. Il y a toujours un héros, qui tient tête contre vents et marées contre un ennemi insidieux. L’important, ce n’est pas si c’est arrivé pour vrai, si les faits rapportés sont exacts. L’histoire elle-même sert à communiquer un avertissement, un point de vue, une piste de solution.

C’est probablement pourquoi cette fausse nouvelle ne séduit pas uniquement les Québécois. Il existe d’autres versions dans plusieurs pays, dont la Belgique ou l’Australie, qui visent des maires locaux. Par contre, celle mettant en vedette le maire de Dorval semble de loin la plus populaire. D’ailleurs, seulement pendant la rédaction de cet article, un site web israélien l’a relayée. Ensuite, une autre version de la fausse nouvelle a rebondi dans sa terre d’origine, la France (Nouvelle fenêtre)cette fois-ci mettant en vedette un autre maire français.

Le maire de Dorval reçoit quelques appels ou courriels chaque mois pour le féliciter d’avoir tenu tête aux parents musulmans, souligne Sébastien Gauthier. La plupart des messages sont en anglais et proviennent du reste du Canada ou des États-Unis.

Le billet du maire expliquant que l’histoire est fausse trône souvent au sommet des sections les plus populaires sur le site web de la Ville. Selon M. Gauthier, c’était la deuxième section la plus consultée en 2018.

La Ville, du haut de sa page Facebook lancée en 2016 et qui comporte moins de 2000 abonnés, voit mal ce qu’elle pourrait faire, mis à part signaler quelques publications ici et là.

« Oui, ça nous dérange, mais la bibitte des réseaux sociaux est tellement énorme qu’on se dit, “comment peut-on se battre contre ça?” Surtout quand on voit que ça fait maintenant quatre ans que la “nouvelle” a été démentie… Qu’est-ce qu’on fait? », lance-t-il.

Aussi bien tenter de se battre contre la chasse-galerie.

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