Le Saviez-Vous ► Expertise médico-légale au Québec


Parmi mes passions telles que l’archéologie, l’astronomie et autres, il y a aussi la science médico-légale. Ce billet avait été écrit en 2014 lors des 100 ans d’expertise médico-légale au Québec, plus précisément à Montréal. C’est d’ailleurs l’un des laboratoires les plus complets en Amérique du Nord. C’est un endroit qu’on peut résoudre le mystère d’un décès, d’un crime … Le seul hic, est l’odeur qui règne dans la salle d’autopsie
Nuage

 

Expertise médico-légale au Québec

 

 

Ce laboratoire a été fondé par le Dr Wilfrid Derome le 26 juin 1914, et a occupé jusqu’en 1969 des locaux dans le Vieux-Montréal, rue Saint-Vincent. Il constitue aujourd’hui une unité autonome au sein du ministère de la Sécurité publique, située au siège social de la Sûreté du Québec, rue Parthenais. Il est l’un des laboratoires les plus complets en son genre en Amérique du Nord.

Le Laboratoire possède trois salles d’autopsie qui sont attenantes à la morgue, qui peut contenir jusqu’à 135 corps. Entre 650 et 700 autopsies sont pratiquées ici tous les ans. Il reçoit la majorité des cas de morts violentes ou suspectes au Québec. Les causes de mortalité sont identifiées dans 95 % des cas.

Une autopsie dure en moyenne une heure. Dans des cas extrêmes, où il y a putréfaction et démembrement, elle peut s’étendre sur plusieurs jours. C’est une procédure invasive où tous les organes du torse et du crâne sont retirés et examinés. Les organes (dont le cerveau) sont mis dans un sac et placés dans le ventre. Si le corps était exposable avant l’autopsie, il le sera après celle-ci. La salle sert aussi à passer le corps et la dentition aux rayons X.

Même après plus de cinq ans comme médecin légiste, le Dr Yann Dazé peut encore sentir l’odeur de putréfaction qui règne au sous-sol, où sont situées les salles d’autopsie et la morgue.

« Ça ne sent pas la boulangerie », lance-t-il.

L’odeur est beaucoup plus proche de celle émanant des égouts. C’est d’ailleurs où vont les eaux après le lavage, si nécessaire, du corps.

Quelques échantillons d’organes prélevés durant l’autopsie sont envoyés pour être analysés. Ils sont coulés dans la paraffine afin d’en faire des tranches extrêmement minces. En haut à droite, on voit de fines tranches d’un morceau de coeur.

Le Laboratoire compte environ 150 employés, dont une soixantaine sont affectés à la division Biologie.

Grâce à l’analyse des taches de sang, on peut aider les enquêteurs à déterminer le déroulement d’un acte criminel. Les spécialistes du laboratoire s’occupent aussi de l’analyse des échantillons de sang prélevés sur la scène de crime. Chaque année, 1000 individus sont ajoutés à la Banque nationale de données génétiques par l’équipe québécoise.

Un photographe professionnel produit des photos et des vidéos de qualité pour aider aux enquêtes et au dépôt d’éléments de preuve en cour. Il fait aussi du traitement d’images et de l’infographie.

À l’aide de microscopes, il devient possible de déterminer si une personne a tenté d’imiter l’écriture d’une autre. Des ralentissements dans le trait vont trahir les individus malintentionnés. Toute cette analyse se fait à l’oeil par des spécialistes.

Avec des appareils sophistiqués, il est possible de déceler les différentes techniques encore utilisées par des faussaires. Dans ce cas-ci, pour un chèque altéré et pour un numéro de téléphone caché.

La fin de la guerre des motards a fait passer le nombre annuel d’enquêtes de la section Incendies et explosions de 100 à 40. L’essence est utilisée dans 90 % des incendies d’origine criminelle.

Dans le secteur de la balistique, on reçoit pour analyse entre 2000 et 2500 armes à feu par année. On y compare des douilles pour les associer à des armes à feu. Ce travail se fait à l’oeil. Un robot numérise les douilles, mais seul un humain peut confirmer une correspondance entre deux douilles. Le Laboratoire a 4000 armes à feu saisies aux fins de comparaison.

Avec les informations de Louis-André Bertrand et de Jacques Bissonnet. (Photos : Louis-André Bertrand)

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