Explosion de plaintes contre les pseudo-guérisseurs


Les pseudo-guérisseurs font des affaires d’or et a voir les amendes d’un pseudo-guérisseurs en particulier, rien ne semble décourager pour arnaquer de nouveau des victimes. Malheureusment, certains ont vu leur santé dépérir voir même en mourir.
Nuage

Explosion de plaintes contre les pseudo-guérisseurs

 

Les victimes et les autres dénonciateurs de pseudo-guérisseurs ont fait cette... (Infographie La Presse)

INFOGRAPHIE LA PRESSE

MARIE-CLAUDE MALBOEUF
La Presse

Les victimes et les autres dénonciateurs de pseudo-guérisseurs ont fait cette année un nombre record de plaintes au Collège des médecins du Québec.

Depuis avril dernier, le Collège a déjà été alerté 87 fois relativement à des imposteurs ou à des centres qui font des promesses farfelues ou mettent carrément le public en danger. Si la tendance se maintient, l’organisme enregistrera environ deux fois plus de plaintes en 2012-2013 qu’au cours des années précédentes (voir tableau au bas du texte).

«Il y a une recrudescence de cas, donc il y en a de plus en plus qui se font prendre», explique le Dr Charles Bernard, président du Collège. L’automne dernier, La Presse a publié une vaste enquête sur le sujet, ce qui a sûrement contribué à l’explosion du nombre de plaintes, ajoute-t-il.

> Gourous inc.: notre grande enquête

L’immense majorité des charlatans continuent toutefois de s’enrichir en toute impunité. Leurs victimes sont souvent trop accros ou ont trop honte pour les dénoncer. De son côté, le Collège dispose d’un seul enquêteur pour tout le Québec. Résultat: on compte 10 fois moins de poursuites que de plaintes.

«La preuve est difficile à recueillir», explique le Dr Bernard.

Malgré l’explosion du marché de la pseudo-guérison – et malgré le fait que des victimes sont mortes ou ont vu leur état s’aggraver -, Québec ne finance pas les poursuites contre les gourous. Le Collège utilise une partie des cotisations professionnelles des médecins.

Et la clémence des sanctions donne beau jeu aux récidivistes.

Récidiviste

Le 17 janvier, le Collège a ainsi obtenu une injonction contre Douglas Dawson – un cas lourd. Déjà semoncé en 1995, 2000, 2005 et 2009 (alors qu’il a écopé d’une amende quasi record de 32 000$), il ne cessait d’ouvrir de nouvelles «cliniques» à Saint-Laurent.

Il a ensuite commencé à recevoir ses clients dans les appartements de personnes âgées, qu’il «soignait» en échange. Lorsqu’un enquêteur du Collège l’y a visité incognito, Dawson s’est dit médecin, chirurgien et ingénieur. Il a ensuite fait mine de le soigner avec un éventail d’outils bizarres, dont une pompe reliée à une caméra et censée détecter les cancers.

Il a enfin affirmé qu’il fabriquait des crèmes dans un laboratoire et y réalisait des tests de fécondité.

La cour annoncera sa sanction le 20 avril.

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Les plaintes en chiffres

Nombre de plaintes pour exercice illégal de la médecine depuis cinq ans au Québec.

> 2008-2009 40

> 2009-2010 49

> 2010-2011 61

> 2011-2012 58

> 2012-2013 * 87

* Année incomplète, puisque les mois de février et de mars ne sont pas comptabilisés. Si la tendance se maintient, on atteindra environ 104 plaintes, soit exactement deux fois plus de plaintes que la moyenne des années précédentes.

Source: Collège des médecins du Québec

http://www.lapresse.ca