Pour lutter contre l’effet de groupe, le chimpanzé est aussi nul que l’homme


Un comportement social observé chez le chimpanzé qui s’avère inutile, car il n’est pas une question de survie, ni de se nourrir est comparable chez l’être humain. Un singe fait quelque chose de différent alors son clan fini par imiter et cela devient une coutume comme l’être l’humain qui par exemple juste à voir les piercings, la mode en général etc ..
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Pour lutter contre l’effet de groupe, le chimpanzé est aussi nul que l’homme

 

Un chimpanzé dans un zoo japonais, le 16 février 2009 | Yoshikazu TSUNO / AFP

Un chimpanzé dans un zoo japonais, le 16 février 2009 | Yoshikazu TSUNO / AFP

Elise Costa

Lorsqu’un soigneur du refuge pour chimpanzés de Chimfunshi voit l’une des femelles s’insérer un brin d’herbe dans l’oreille, il n’en pense pas grand-chose. Jusqu’à ce qu’il observe un nombre croissant de chimpanzés se trimballant à leur tour avec un brin d’herbe dans l’oreille. Qu’est-il en train de se passer?

 

Quel est notre rapport aux animaux? Comment nous nous épaulons et parfois, nous détruisons? Cet été, Slate vous raconte des histoires extraordinaires d’animaux sauvages et domestiques à travers le monde pour nous aider à comprendre qui ils sont et qui nous sommes.

En 2007, un membre de l’équipe de Chimfunshi se promène dans le parc. Chimfunshi est un sanctuaire pour chimpanzés situé au nord de la Zambie, en Afrique australe. Dans les années 1980, Sheila et David Siddle ont décidé d’ouvrir ce centre de soins après avoir recueilli un bébé chimpanzé mal en point. Si ce couple de Britanniques a d’abord fait sourire, ils ont vite été adoubés par la primatologue superstar Jane Goodall, ce qui leur a valu une certaine reconnaissance internationale. Aujourd’hui, Chimfunshi réunit près de 140 chimpanzés. Ils vivent séparés en quatre groupes, quatre communautés qui ne se côtoient pas. En ce matin de 2007 donc, le membre de l’équipe –premier témoin de l’affaire– se trouve au milieu du groupe 4. C’est alors qu’il remarque Julie.

Julie est une femelle chimpanzé de 18 ans. Il la voit ramasser un brin d’herbe séché, semblable à de la paille. Elle ne joue pas avec. Elle ne le mâchonne pas. Elle regarde son brin d’herbe, puis se le met dans l’oreille. Elle le laisse là tandis qu’elle va se reposer. Elle le garde pour jouer. Elle l’a toujours quand elle part faire la toilette de son fils Jack. La tige ocre pendouille hors de l’orifice, le long de son visage. Le soigneur sourit. Après tout, pourquoi pas? Peut-être que ça l’amuse. De nombreux cas d’animaux farceurs ont bien été répertoriés au cours des dernières années (par exemple en 2006 par Mim Eichler Rivas, dans son livre Beautiful Jim Key), tout comme on sait que le rire est un état non réservé aux êtres humains (l’étude de Jaak Panksepp et Jeff Burgdorf a ainsi montré, en 2003, que les rats pouvaient aussi se poiler).

Mais la blague devient récurrente. À leur tour, différents soigneurs voient Julie ramasser un long brin d’herbe séchée, se le mettre dans l’oreille et vaquer à ses occupations. Ils se demandent ce qu’elle fiche. Son brin d’herbe ne sert à rien. Il n’a d’autre utilité que d’être là, dans son oreille. L’affaire dure un moment.

Contrairement à ce qu’on croyait, le chimpanzé peut imiter ses congénères

 

En 2010, le professeur néerlandais Edwin van Leeuwen décide d’aller voir de lui-même si ce qui se raconte est vrai. L’éthologue raconte par mail la première fois qu’il a posé le pied à Chimfunshi:

«Le sanctuaire est un endroit incroyable pour ces chimpanzés qui ont été victimes du comportement profondément cruel et stupide de certains hommes. Ils peuvent se remettre sur pied et devenir à nouveau eux-mêmes, trouvant une nouvelle famille chimpanzé, dans un parc naturel immense. Merveilleux! (…) Et là, il y a cette femelle qui se met très souvent ce brin d’herbe dans l’oreille, ce qui semble lui plaire – en tous cas elle ne semble pas stressée ni rien – puis qui retourne à sa vie de chimpanzé… ce qui est vraiment drôle à voir!»

C’est drôle, dit Edwin van Leeuwen, car se fourrer un brin d’herbe dans l’oreille n’est pas un comportement typique du chimpanzé. Depuis le temps que les scientifiques étudient le Pan troglodytes, cela se saurait. Mais le propre des scientifiques est aussi d’être curieux. Cela ne sert à rien a priori mais cela soulève une question: pourquoi Julie fait-elle ça?

Avec l’aide de l’équipe zambienne, Van Leeuwen décide alors de filmer les chimpanzés des quatre groupes (à cette époque, ils sont 94 primates à être logés au parc). Tous les jours, pendant un an.

Et petit à petit, le phénomène s’étend. Dans le groupe 4, de plus en plus de chimpanzés adoptent le même comportement que Julie. Cela commence par son fils Jack (4 ans), puis ses amis Kathy (13 ans), Val (12 ans), Miracle (11 ans), et ainsi de suite. De manière étrange, la chose ne se propage pas aux autres groupes. Seule la bande de Julie procède à ce rituel caractéristique.

«C’est devenu, explique Edwin van Leeuwen, un signe distinctif du groupe. Très peu d’entre eux ne l’ont jamais fait, à peu près 80% des membres du groupe se sont mis un brin d’herbe dans l’oreille… ce qui veut dire qu’ils l’ont socialement appris.»

À la fin de la période d’observation, l’homme récupère près de sept cent cinquante heures de tournage. Il découvre ce que le brin d’herbe dans l’oreille n’est pas: il n’est pas un comportement social lié à l’évolution de l’espèce; il n’est pas motivé par un quelconque facteur écologique; il n’est pas un mécanisme de survie; il n’a aucun but biologique. En un mot, il ne sert à rien.

«C’est devenu une tradition!», dit-il.

Ce que le comportement des chimpanzés dit de nous

Le consensus veut pourtant, en psychologie cognitive, que les chimpanzés soient incapables de surimitation ou de copie aveugle.

Chez l’être humain, «les expérimentations montrent que les gens copient des actions irrationnelles “parce que c’est comme cela qu’on fait”. Ce processus est crucial pour la construction de la culture humaine et de l’identité du groupe. On ne le trouve pas chez les chimpanzés.» 

Dans la revue SociologieS(octobre 2011), on lit: «Alors que les enfants ont tendance à “surimiter” (overimitation) les gestes qu’un expérimentateur effectue devant eux, même s’ils sont clairement inutiles, les chimpanzés ne copient que les manipulations qui permettent effectivement d’obtenir une récompense (Whiten et al., 2005).»

L’étude de Van Leeuwen publiée en 2014 sur le brin d’herbe dans l’oreille («grass-in-the-ear behavior») montre l’inverse.

«Les chimpanzés ne s’imitent pas simplement quand cela est nécessaire –pour manger ou survivre. Ils le font parfois sans raison apparente, comme les êtres humains, peut-être pour être comme l’autre (bien qu’évidemment, nous ne connaissons pas leur motivation).» 

Autrement dit, les chimpanzés peuvent aussi choisir d’arborer un accessoire tendance et lancer une mode. À moins qu’il ne s’agisse d’une blague qui va trop loin.

Car plus étonnant: lorsque Julie –it-girl de la tendance du brin d’herbe dans l’esgourde– décède en mai 2013, l’équipe de Chimfunshi rapporte avoir observé que d’autres membres de son groupe perpétuaient la tradition. Un geste qui nous ressemble énormément.

«Ce sont nos similitudes et différences [avec les chimpanzés] qui peuvent nous aider à comprendre l’évolution des comportements socio-cognitifs: quand notre culture, notre coopération, notre sociabilité ont commencé, et pourquoi? Nous avons besoin de références non humaines pour répondre à ces questions.»

Méfiance: entre la capacité à agir pour la beauté de la chose et le besoin de rigueur scientifique, nous n’en sommes plus qu’à quelques chromosomes près.

http://www.slate.fr/

Quand les femelles manipulent les mâles


Le vervet est un singe qui vit en Afrique du Sud. Les mâles sont manipulés par une ou des femelles pour combattre. Quoi de plus incitatif qu’un dépouillement ?
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Quand les femelles manipulent les mâles

Photo : iStock

La manipulation n’est pas uniquement un comportement humain. Pour la première fois, des chercheurs ont montré qu’une autre espèce est capable d’utiliser des tactiques de manipulation comme la punition ou la récompense. Explication.

RADIO-CANADA AVEC AGENCE FRANCE-PRESSE

Un texte d’Alain Labelle

Chez le singe vervet (Chlorocebus aethiops pygerythrus), les femelles savent ce qu’elles veulent et comment l’obtenir. Le primatologue Jean Arseneau et ses collègues de l’Université de Zurich en Suisse ont montré qu’elles incitent les mâles à participer à des bagarres contre d’autres groupes rivaux en récompensant les courageux et en agressant les prudents.

Ce primate vit en Afrique et est reconnaissable notamment à sa face noire bordée de poils blancs. Son pelage est souvent de couleur vert-jaune sur le dos.

Le vervet vit en groupe, et les femelles prennent part aux batailles lorsque la nourriture est en jeu.

En observant pendant deux ans des groupes qui vivent dans une réserve en Afrique du Sud, les chercheurs ont constaté qu’après un conflit, les femelles utilisaient parfois la technique de « la carotte et le bâton » pour inciter les mâles à se jeter dans l’arène les fois suivantes.

Photo : iStock

Concrètement, elles épouillaient les mâles qui s’exposaient au combat. À l’inverse, elles criaient et menaçaient les mâles qui s’étaient tenus à l’écart. Parfois, elles allaient jusqu’à les agresser physiquement.

En outre, avant d’attaquer un mâle qui est une fois et demie plus gros qu’une femelle, elles se regroupaient (par groupes de deux femelles ou plus) pour éviter des représailles.

La stratégie semble payante, puisque les mâles câlinés continuaient à se battre vaillamment lors des batailles suivantes et les mâles semoncés rejoignaient les rangs des combattants.

Les femelles utilisaient ces tactiques de manipulation lorsque de la nourriture intéressante était en jeu, car elles en ont besoin pour élever leurs petits. Recruter des mâles augmentait leurs chances d’avoir accès à ces ressources. Jean Arseneau

Pour les mâles, le fait de s’exposer dans des batailles a une valeur sur le plan reproductif.

« Être récompensé peut renforcer les liens et signaler aux autres femelles du groupe que le mâle objet d’attentions est un partenaire social valable », explique Jean Arseneau.

Ces travaux ont été publiés dans les Proceedings of the Royal Society B.

En 2010, des chercheurs néerlandais avaient montré que c’est la peur de perdre un combat, et non un signe de comportement conscient et d’intelligence, qui motive la gestion de l’épouillage d’un primate par un autre primate.

http://ici.radio-canada.ca/

Meurtre chez les orangs-outangs


Les animaux aussi peuvent faire preuve de violence. Cet exemple ressemble beaucoup à un comportement humain. Une agression violente, un autre qui essaie de sauver la victime et une fin malheureuse qui finit par la mort. Pourquoi ? Jalousie ? Faire plaisir à sa compagne dans le but d’avoir ses faveurs ? Manque d’espace dont l’homme en est la cause en détruisant le territoire ? Ou un peu de tout à la fois ?
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Meurtre chez les orangs-outangs

 

Sidony, 35 ans, victime d’une agression coordonnée inhabituelle chez les orangs-outangs. © Anne Marzec

Par Rachel Mulot

Un « pongicide » a été observé pour la première fois chez des orangs-outangs réputés assez paisibles. Un couple a coordonné une attaque meurtrière contre une femelle âgée.

 

FÉROCITÉ. Le “drame” qui a surpris les scientifiques remonte au 13 juillet 2014 dans la réserve Mawas, située dans le Kalimantan central en Indonésie. Une jeune femelle, Kondor, 15 ans, s’est soudainement attaquée à Sidony, 35 ans, une orang-outang qui ne lui était pas apparentée. Le soupirant de la belliqueuse, Ekko, un mâle de moins de 25 ans avec lequel elle s’accouplait fréquemment depuis quelques semaines, s’est alors joint violemment à la bataille, assaillant avec férocité la plus âgée.

“Les deux agresseurs se sont relayés pour battre, griffer et mordre la plus âgée et l’empêcher de fuir pendant une trentaine de minutes”, raconte la primatologue Anna Marzec, de l’université de Zurich (Suisse). Sidony ne s’est pas défendue activement, se contentant de protéger son petit dernier, et cherchant sans succès à prendre la fuite.”

L’intervention d’un vieux mâle imposant de 35 ans, Guapo, a permis de faire cesser le passage à tabac. Trop tard… Sidony est morte de ses blessures une quinzaine de jours plus tard. L’autopsie a montré que la victime avait principalement succombé aux morsures infligées par le mâle — dont les canines sont plus imposantes que celles des femelles. “Sans l’aide d’Ekko, il est peu probable que Kondor ait pu tuer Sidony”, analyse la primatologue.

Le mâle, bras armé de la femelle

En onze ans d’observations dans cette réserve de 750 hectares de tourbières marécageuses où vivent une trentaine de Pongo pygmaeus wurmii, les éthologues avaient enregistré six attaques seulement, et jamais mortelles. Les altercations surviennent de temps à autre entre orangs-outangs : les femelles se disputent parfois des territoires ; les mâles se défient entre eux, et ces derniers imposent également des rapports forcés aux femelles. Mais les blessures infligées alors ne sont pas létales, souligne Anna Marzec. Des coalitions meurtrières n’avaient été observées jusqu’à présent que chez les chimpanzés, les colobes rouges, les capucins, les atèles arachnoïdes et les singes-araignées de Geoffroy. Et il s’agissait de bandes de même sexe s’en prenant à un individu de même sexe.

Cette agression mortelle coordonnée par un couple d’orang-outang était donc tout à fait inattendue, expliquent les chercheurs des universités de Zurich, Jakarta et New York dans la revue Behavioral Ecology and Sociobiology.

“Elle montre qu’une femelle sexuellement disponible peut recruter un mâle favori pour lui servir de bras armé, soulignent les spécialistes. Ekko est venu soutenir sa partenaire, espérant peut-être des faveurs en retour. De même que Guapo est venu à la rescousse de Sidony avec laquelle il s’était d’ailleurs accouplé peu de temps après l‘attaque.”

Un conflit lié à la crise du logement ?

Les motifs de l’agression sont peu clairs. Toutefois les scientifiques, qui ont observé les interactions des primates 25 000 heures au cours des dernières années, se rappellent que les deux femelles avaient un passif. Quelques années plus tôt, Sidony avait violemment chassé Kondor qui tentait de nouer un contact avec l’une de ses filles et peut-être de s’installer non loin. Les femelles orangs-outangs sont très attachées à leur territoire, un domaine vital où elles élèvent leurs petits jusqu’à ce qu’ils les quittent à l’adolescence. Tandis que les jeunes mâles se déplacent constamment, les femelles doivent de leur côté trouver un nouvel espace où s’établir.

“La réserve est de plus en plus peuplée, parce que l’habitat des orangs-outangs est détruit par l’homme. Cette surpopulation a pu jouer un rôle dans ce comportement inhabituel et ce premier «pongicide», conclut Anna Marzec.Nous allons voir si cela se reproduit.”

http://www.sciencesetavenir.fr/

Le Saviez-Vous ► Les singes — Pharmaciens


La pharmacologie n’est pas juste un art des êtres humains, des animaux savent se servir des plantes pour se soigner tel que les primates
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Les singes — Pharmaciens

Si les grands singes sont dotés de bien des aptitudes les rapprochant de nous, il s’avère que les primates peuvent même jouer aux pharmaciens… Ceux que nous appelons les grands singes – chimpanzés, bonobos, gorilles et orangs-outans – pourraient même nous en apprendre dans le domaine pharmaceutique grâce à la zoopharmacognosie.

Sabrina Krief, vétérinaire et Maître de conférence au Muséum national d’Histoire naturelle en France, explique que les chimpanzés consomment en effet différentes plantes pour leurs vertus thérapeutiques ou encore pour se guérir.

À travers leurs expéditions pour étudier le phénomène “d’automédication” chez les primates, ils ont notamment observé un singe souffrant de diarrhées qui se nourrissait d’écorces d’un arbre en particulier, l’Albizia Grandibracteata, et guéri au bout de quelques jours. Une fois en laboratoire, les chercheurs ont confirmé les bienfaits de l’écorce.

Autre observation, les chimpanzés peuvent aussi marier différents “ingrédients” pour leurs bienfaits. Si les chercheurs se demandent encore comment ils se transmettent ce savoir, l’homme semble avoir quelques nouvelles leçons à tirer de son lointain cousin.

http://www.canald.com/

Pour détecter les mensonges, faisons confiance à notre subconscient


Les tricheurs, les menteurs envoient souvent des signaux que notre subconscient capte a l’insu de notre conscient. Probablement, que notre première impression serait plus fiable que l’on pense pour détecter les menteurs
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Pour détecter les mensonges, faisons confiance à notre subconscient

 

 

Détecter le mensonge n’est pas toujours une tâche aisée et nous le faisons mal lorsque nous y réfléchissons. En revanche, notre subconscient nous aide bien mieux à saisir la vérité. © Geralt, www.pixabay.com, DP

Détecter le mensonge n’est pas toujours une tâche aisée et nous le faisons mal lorsque nous y réfléchissons. En revanche, notre subconscient nous aide bien mieux à saisir la vérité. © Geralt, http://www.pixabay.com, DP

Les êtres humains sont plutôt mauvais pour repérer les menteurs. Sauf s’ils font confiance à leurs préjugés, issus de leur subconscient, qui permettent d’avoir une opinion rapide sur la fiabilité des personnes. Une position souvent plus pertinente que lorsqu’on écoute notre partie consciente.

Menteurs et tricheurs invétérés sont plutôt indésirables dans nos sociétés humaines. Pourtant, malgré des millénaires de pratiques du langage, l’évolution ne nous permet pas de déceler les individus malhonnêtes à la seule écoute de leur discours. De nombreuses études tombent sur des résultats concordants : on se trompe en moyenne une fois sur deux, avec un taux de réussite de 54 %. Autant jouer à pile ou face.

Pourtant, d’autres recherches en médecine forensique, en neurologie ou en primatologie suggèrent que les contrevérités se repèrent mieux dans des processus mentaux moins conscients. Pourquoi ? L’acte de mentir s’accompagne souvent de comportements particuliers, comme le regard fuyant face à son interlocuteur que nos sens percevraient et que notre cerveau intégrerait.

Leanne ten Brinke, psychologue à l’université de Californie, Berkeley, et ses collègues ont mis au point un protocole pour confirmer les travaux précédents, considérant que l’observation d’un humain en plein mensonge activerait des concepts cognitifs associés avec la déception. Leurs conclusions, publiées dans Psychological Science, sont concordantes avec leurs suppositions.

Usual Suspects : des préjugés détectent les menteurs

Dans un premier temps, des étudiants étaient invités à pénétrer seuls dans une pièce dans laquelle se trouvaient 100 dollars sur une étagère. Ils avaient deux options : voler l’argent ou ne pas y toucher. Par la suite, ils subissaient un interrogatoire filmé : tous devaient affirmer qu’ils étaient innocents. Dans le lot donc, des menteurs et des personnes sincères.

Si tous les menteurs avaient le nez de Pinocchio, la tâche nous serait simplifiée…
Si tous les menteurs avaient le nez de Pinocchio, la tâche nous serait simplifiée… © Kewl, Flickr, cc by 2.0

Ces vidéos étaient présentées à 72 autres étudiants, qui avaient pour mission de distinguer les innocents des coupables. Une mission seulement moyennement honorée, puisqu’ils n’ont démasqué que 43 % des voleurs et n’ont cru que 48 % des citoyens honnêtes. Des résultats cohérents donc.

Mais l’investigation ne s’arrête pas là. Les participants étaient soumis à un test d’associations implicites, qui prend en compte le temps nécessaire pour classer les gens dans des catégories, à partir des idées reçues de chacun, basées sur des indices sensoriels individuels. Et dans ces cas de figure, les menteurs étaient bien plus souvent associés à des mots comme « mensonger » ou « trompeur ». À l’inverse, les sujets intègres ont été plutôt rangés dans les catégories « honnête » ou « valide ».

Écouter son subconscient quand il parle

Pour les auteurs, cette seconde partie des données s’explique potentiellement par le ressenti du subconscient. Les tricheurs manifestent certains signaux que nous n’interprétons pas toujours consciemment mais que notre cerveau remarque malgré tout et intègre à sa réflexion. Ces à priori, bien que loin d’être systématiquement fiables, permettent de se faire une opinion rapidement sur les gens et ainsi savoir s’ils sont dignes de confiance ou non.

En se plaçant dans une optique évolutive, cette aptitude à juger vite (et mieux) nous permet de limiter les interactions avec des menteurs. Leur compagnie nous met mal à l’aise, ce qui nous pousse à les éviter. Nos premières impressions sont donc parfois les bonnes…

http://www.futura-sciences.com/