Un suicide toutes les 40 secondes dans le monde


Dans le monde, il y a un suicide aux 40 secondes. C’est beaucoup trop. C’est semble-t-il surtout les hommes que les femmes qui choisissent le suicide comme solution surtout dans les pays à revenu élevé. Il est donc important que ces personnes en détresses puissent trouver de l’aide.

Nuage

Au Québec, il y a une ligne sans frais 24h/24.
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Liste des ressources régionales en prévention du suicide
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Un suicide toutes les 40 secondes dans le monde

Piotr Marcinski/shutterstock

Chaque année dans le monde, plus de 800 000 personnes mettent fin à leurs jours et le nombre des tentatives est encore beaucoup plus élevé. 

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, si « les mesures de prévention sont en progrès dans certains pays, il faudrait faire beaucoup plus. »

En 5 ans, le nombre de pays disposant de stratégies de prévention du suicide a progressé, passant à 38. Toutefois, ces résultats restent encore trop faibles.

« On compte toujours un décès par suicide toutes les 40 secondes », rappelle le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Chacun de ces décès est une tragédie pour la famille, les amis et les collègues. Or, on peut éviter les suicides. Nous appelons tous les pays à intégrer, de manière durable, les stratégies de prévention du suicide qui ont fait leurs preuves dans leurs programmes nationaux de santé et d’éducation. »

En quoi consistent ces stratégies ?

« L’intervention qui a dans l’immédiat le plus fort potentiel de réduction du nombre de suicides est la limitation de l’accès aux pesticides qui sont utilisés délibérément pour s’empoisonner », souligne l’OMS.

Des pays ont déjà montré l’exemple, comme le Sri Lanka, « où une série d’interdictions a entraîné une baisse de 70% du nombre de suicides et, d’après les estimations, a permis de sauver 93 000 personnes entre 1995 et 2015 ».

Les autres méthodes de suicide – comme la pendaison et les armes à feu notamment – doivent également faire l’objet de stratégies de prévention0

« Parmi les interventions clés, on trouve la limitation de l’accès aux moyens de suicide (armes à feu…), la mise en œuvre de programmes destinés aux jeunes pour leur permettre d’acquérir les capacités d’affronter les difficultés de la vie », poursuit l’organisation.

Des efforts d’autant plus nécessaires que « le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, après les traumatismes dus aux accidents de la route ».

Et en France ?

Près de 9 000 décès par suicide sont enregistrés chaque année en France métropolitaine, soit près de 24 décès par jour ou un toutes les heures. Ce fléau touche davantage les hommes que les femmes. Cette surmortalité des hommes par suicide touche tous les pays mais, dans une proportion plus forte, les pays à revenu élevé, dont la France.

A noter : Dans l’Hexagone, les modes de suicide les plus fréquents sont les pendaisons (57%), l’utilisation d’armes à feu (12%), les prises de médicaments et autres substances (11%) et les sauts d’un lieu élevé (7%).

  • Source : OMS, 9 septembre 2019 – Observatoire national du Suicide, France, février 2018

  • Ecrit par : Dominique Salomon – Edité par : Vincent Roche

https://destinationsante.com/

La série sur le suicide 13 Reasons Why inquiète Québec


Une série américaine, d’une jeune fille qui explique pourquoi elle se suicide. Bien que je ne l’ai pas vue personnellement, et d’après ce qu’il est dit ici, je crois que des adolescents vulnérables qui visionneraient cette série seraient vraiment à risque
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La série sur le suicide 13 Reasons Why inquiète Québec

 

La série 13 Reasons Why  traite du suicide d'une adolescente, Hannah...

La série 13 Reasons Why  traite du suicide d’une adolescente, Hannah Baker, qui laisse derrière elle des cassettes audio pour «expliquer» son geste.

 

MARTIN CROTEAU
La Presse

(Québec) Une série américaine qui porte sur le suicide d’une adolescente inquiète au plus haut point la ministre responsable de la Santé publique, Lucie Charlebois.

Diffusée sur Netflix, la série 13 Reasons Why, 13 raisons en français, met en scène une adolescente qui laisse derrière elle des cassettes audio pour expliquer son suicide.

Sa diffusion a causé de vives inquiétudes chez les spécialistes en prévention du suicide. Des craintes que partage la ministre responsable de la Santé publique, Lucie Charlebois.

« C’est vraiment préoccupant, a convenu la ministre, mercredi. C’est une série qui me touche beaucoup. Être parent, je serais très préoccupée, moi aussi. J’invite les parents à faire attention à ce que les adolescents regardent. »

La ministre se « désole » que la série focalise sur la « partie noire » du suicide, et qu’elle reste muette sur les nombreux recours qui sont à la disposition des personnes en détresse.

« On a plein de ressources en prévention, on a plein de ressources pour aider les personnes qui auraient des idées suicidaires, a dit Mme Charlebois. Et ce qui m’interpelle, ce qui m’inquiète beaucoup, c’est que ça pourrait toucher certaines personnes qui sont plus vulnérables que d’autres. »

Les intervenants qui se spécialisent dans la prévention du suicide ont déjà observé un « effet 13 Reasons Why ». 

La dirigeante du programme de pédopsychiatrie à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas a indiqué à La Presse que l’état de plusieurs adolescents s’est « aggravé » après qu’ils eurent visionné la série.

http://www.lapresse.ca

Les lettres de suicide parlent trop tard


La journée s’achève, mais sachez que c’est la Journée mondiale de prévention du suicide, et le mouvement Movember oeuvre pour que les hommes mettent de côté leur ego de côté et puissent parler de leurs émotions, de leurs craintes, leurs difficultés, bref ce qui pourraient pousser à la dépression voir même le suicide
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Les lettres de suicide parlent trop tard

 

Adam Garone

PDG et cofondateur de la Fondation Movember

    Le 10 septembre est la Journée mondiale de prévention du suicide. Le suicide est un problème mondial de santé publique, et les hommes sont au moins trois fois plus susceptibles que les femmes de s’enlever la vie.

    Tous les ans, 510 000 hommes se suicident, soit un toutes les minutes. Pourtant, ce grave problème reste dans l’ombre, dissimulé par les préjugés. Movember s’est donné pour mission d’en faire une priorité mondiale et de prendre des mesures pour le résoudre.

    Il est impossible de parler de suicide sans parler de santé mentale, car environ 90% des personnes qui mettent fin à leurs jours vivent un trouble de santé mentale.

    Les problèmes de santé mentale touchent les hommes et les femmes de tous âges. Les femmes ont cependant plus tendance à aller chercher de l’aide pour les résoudre, alors que nous, les hommes, sommes très bons pour prétendre que tout va bien, même si notre situation est très pénible. Nous nous croyons invincibles et pensons que d’une certaine manière, tout va s’arranger le lendemain. C’est là un problème grave, car l’inaction peut entraîner sur des chemins bien sombres et inciter à commettre l’irréparable.

    Le suicide est un sujet compliqué et délicat à aborder, aussi faut-il l’envisager de multiples points de vue. Nous savons cependant qu’aider les hommes à rester en bonne santé mentale est un aspect important, et que de les inciter à parler des sujets «graves» contribuera à améliorer leur santé mentale et à réduire leur comportement suicidaire.

    Nous excellons pour parler de sport, de travail, du dernier gadget, du dernier film, mais nous, les hommes, devons aussi parvenir à parler davantage des événements marquants qui surviennent dans nos vies: la perte d’un emploi, la fin d’une relation, un revers important, ou devenir père pour la première fois.

    Nous vivons tous des moments comme ceux-là et pour certains, ils peuvent être déroutants, ou simplement plus éprouvants que ce que nous aurions pu imaginer. Une conversation peut alors aider à ne pas perdre pied.

    Je suis bien placé pour savoir qu’il n’est pas toujours facile de parler, nous avons été élevés dans un monde où les hommes doivent être maîtres d’eux-mêmes, toujours forts, jamais faibles, toujours gagnants. En tant qu’homme, je ne veux pas faire porter à d’autres le fardeau de mes problèmes. Il est plus facile de répondre «Oui, ça va» quand on me demande de mes nouvelles.

    Pour cette raison malheureusement, la famille et les amis découvrent souvent qu’un homme vivait des moments difficiles en lisant sa lettre de suicide. Il est trop tard et cela me bouleverse.

    Il est naïf de penser qu’une conversation sauvera toutes les vies, mais comme nous savons qu’il existe un lien étroit entre le suicide et la santé mentale, de parler aide réellement les hommes à rester en bonne santé mentale. Il est temps de briser notre silence et de reconnaître que pour surmonter les difficultés même les plus grandes, il faut s’ouvrir et parler.

    Mon message est simple: les gars, parlons donc, en particulier lorsque nous vivons des moments éprouvants.

Êtes-vous dans une situation de crise? Besoin d’aide? Si vous êtes au Canada, trouvez des références web et des lignes téléphoniques ouvertes 24h par jour dans votre province en cliquant sur ce lien.

Des 5 à 12 ans affectés par des pensées suicidaires


C’est quand même triste que de jeunes enfants pensent aux suicides et lancent des appels de détresse. Heureusement qu’avant l’adolescence, ces enfants ne passent pas nécessairement à l’acte, mais les risques peuvent s’aggraver en grandissant si personne ne les entends
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Des 5 à 12 ans affectés par des pensées suicidaires

 

La psychiatre de l'enfance et de l'adolescence Johanne... (Shutterstock, Rob Hainer)

La psychiatre de l’enfance et de l’adolescence Johanne Renaud conseille aux parents de demander de l’aide si l’enfant a un changement de comportement qui ne s’explique pas.

Shutterstock, Rob Hainer

Pierre Pelchat
Le Soleil

(Québec) Des enfants de six, sept ans ne se suicident pas, heureusement, mais certains d’entre eux ont des pensées suicidaires qui peuvent les prédisposer à passer à l’acte à l’adolescence.

«Chez les jeunes enfants [de 5 à 12 ans], ce sont des comportements suicidaires que l’on diagnostique. C’est à partir de 13 ans qu’il y a des décès. C’est rare, mais ça arrive. Il y a même eu un décès à 11 ans», a indiqué, mercredi, la Dre Johanne Renaud, lors d’un forum organisé à Québec par l’Association québécoise de prévention du suicide.

Lors de son exposé, la psychiatre de l’enfance et de l’adolescence à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas de Montréal a illustré ses propos par un cas fictif mais réaliste d’un enfant de sept ans qui se plaignait tout le temps d’être malade, d’avoir des maux de ventre, qui était déprimé, qui avait perdu l’appétit. Il avait tenu des propos suicidaires en classe devant son professeur en lui disant qu’il pourrait se tirer une balle dans la tête.

«Ce n’est pas une menace. C’est un signe de détresse, de souffrance. Ça veut souvent dire que ça va vraiment mal dans sa vie. Un enfant tout petit qui dit qu’il serait mieux de disparaître, qu’il est trop souffrant, qui est déprimé peut avoir des pensées suicidaires. Il ne peut pas dire qu’il fait une dépression. Il ne sait pas ce qu’est une dépression», a affirmé la Dre Renaud.

Chez les adolescents, on diagnostique des dépressions depuis quelques années. Être dépressif ne veut pas dire pour autant être suicidaire, a précisé la médecin. Sans vouloir dramatiser la situation, elle conseille aux parents de demander de l’aide si l’enfant a un changement de comportement qui ne s’explique pas.

Un phénomène «pas rare»

«Ce n’est pas rare la dépression chez les jeunes. Il y a 10, 15 ans, ça n’existait pas. On parle de phase à l’adolescence. Aujourd’hui, s’il y a des antécédents familiaux répétés, on commence à se dire que ce sont peut-être les premiers signes d’une dépression. Il ne faut pas passer à côté. Ça arrive très rapidement. C’est plus fréquent dans certaines familles», a-t-elle observé.

La vérification des antécédents familiaux est un passage obligé avant d’établir un diagnostic, selon la psychiatre.

«On oublie ça souvent. C’est plus facile de poser des questions pour savoir s’il y a des cas de maladies cardiaques dans la famille, de l’asthme, du diabète. C’est plus difficile pour savoir s’il y a eu des dépressions, des suicides dans la famille, de la consommation de substances. Ce sont encore des sujets tabous», a-t-elle déploré.

Malgré plusieurs interventions publiques sur la prévention du suicide au Québec, la Dre Renaud estime qu’il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine.

«Le suicide chez les 15-19 ans représente 20 % de tous les décès dans ce groupe d’âge. La première cause de décès demeure les accidents de la route. Il reste encore du travail d’information à faire auprès du grand public, des parents, même des médecins et des intervenants en première ligne», a-t-elle plaidé.

La psychiatre a fait part d’une amélioration chez les garçons au Québec depuis une dizaine d’années avec une diminution marquée du nombre de suicides.

«C’est possiblement grâce à nos interventions qu’il y a eu une baisse chez les garçons. Il y a maintenant un protocole qui a été mis en place pour s’occuper des jeunes», a-t-elle dit.

Chez les filles, on note une légère augmentation des suicides qui est toutefois moindre que dans les autres provinces canadiennes.

«Le danger pour les filles, ce sont les médias sociaux. Elles les utilisent tellement. Il y a beaucoup de tentatives de suicide en lien avec les médias sociaux. Des adolescentes prennent les petits mots qu’on peut y lire au premier degré», a expliqué la médecin spécialiste.

Par ailleurs, les statistiques qui montrent qu’il y a plus de suicides chez les garçons sont trompeuses sur l’ampleur des tentatives de mettre fin à ses jours.

«Il y en a plus, de suicides chez les garçons à cause de la létalité des moyens utilisés. Les filles, on les sauve à l’hôpital», a-t-elle dit.

La Dre Renaud enseigne en pédopsychiatrie à l’Université McGill. Elle est également responsable du Centre Standard Life en prévention de la dépression et du suicide chez les jeunes.

http://www.lapresse.ca/