Pédophilie: un prêtre brise la loi du silence


Ce prêtre a-t-il vraiment été congédié par des plaintes contre lui ou bien, il a voulu mettre sur table un autre cas de pédophilie par un prêtre pour dénoncer un crime qui laisse les victimes dans une grande détresse. Avec tous les scandales d’agressions sexuelles envers des enfants, il serait normal que l’Église fasse un grand ménage de ces gens qui la représente
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Pédophilie: un prêtre brise la loi du silence

 

André Samson a commencé à travailler durant les... (Collaboration spéciale Rémi Laprise.com, fournie par André Samson)

André Samson a commencé à travailler durant les fins de semaine à l’oratoire Saint-Joseph, sur le Mont-Royal, à Montréal, à l’été 2012.

COLLABORATION SPÉCIALE RÉMI LAPRISE.COM, FOURNIE PAR ANDRÉ SAMSON

ISABELLE MATHIEU
Le Soleil

(Québec) Un prêtre originaire de Québec vient d’être expulsé de l’oratoire Saint-Joseph, où il servait depuis plus d’un an; les autorités n’ont, selon lui, pas aimé l’entendre dénoncer les crimes commis par un curé pédophile.

En plein procès contre les Rédemptoristes, l’expérience du prêtre André Samson «est à cent lieues» de ce que les victimes du Séminaire Saint-Alphonse ont enduré, précise-t-il.

«Mais je sais maintenant comment l’Église peut être prompte à écraser ceux et celles qui lui rappellent ses faiblesses», affirme-t-il, dans un entretien au Soleil.

André Samson, bientôt 60 ans, n’a rien du prêtre «classique». Après des études en droit et en théologie, il a décroché un doctorat en sciences de l’orientation et il enseigne aujourd’hui – avec beaucoup de bonheur, précise-t-il – la psychologie du counseling à l’Université d’Ottawa. Il a aussi oeuvré comme aumônier militaire durant la guerre du Golfe, auprès des fantassins du premier bataillon du Royal 22e Régiment.

Pour se rapprocher de ses racines québécoises – il a grandi à Saint-Jean-Chrysostome -, André Samson commence, à l’été 2012, à travailler durant les fins de semaine à l’oratoire Saint-Joseph, sur le Mont-Royal, à Montréal.

En juin dernier, un jeune homme de 18 ans lui raconte, dans le secret du confessionnal, avoir été agressé sexuellement par le curé de sa paroisse.

André Samson lui conseille de consulter un psychologue sans délai et l’encourage à dénoncer son agresseur, lorsqu’il s’en sentira capable.

«Je n’avais jamais vu quelqu’un qui vivait une détresse psychologique aussi intense, confie André Samson. Même pas chez les jeunes soldats que j’avais côtoyés durant la guerre, au Qatar!»

Exclu du réfectoire

Au réfectoire le lendemain midi, encore bouleversé par les confidences du jeune homme, André Samson discute avec ses collègues de la congrégation Sainte-Croix, gestionnaires de l’oratoire Saint-Joseph.

Le prêtre affirme avoir résumé de manière succincte les confidences du jeune homme, dont il ignore l’identité et le lieu de résidence.

«Je voulais partager la tristesse et la colère qui m’habitaient, mais aussi sensibiliser mes confrères prêtres aux terribles conséquences que ce type d’abus peut entraîner chez ses victimes», explique M. Samson.

Entendant ces propos, le supérieur de la communauté des pères Sainte-Croix, le père Claudel Petit-Homme, l’aurait alors sommé de se taire et lui aurait interdit d’aborder ce type de sujets à table.

André Samson ne comprend rien à cette réaction; la communauté Sainte-Croix venait, quelque mois plus tôt, de s’entendre avec les victimes d’agressions sexuelles sur un règlement hors cours de près de 20 millions $.

«Le sujet était abordé couramment durant la période où les médias faisaient état de la lenteur du processus de règlement», note-t-il.

Quelques heures plus tard, le supérieur annonce à André Samson qu’il est désormais exclu de la table de la communauté. Il n’a d’autre choix que d’aller manger avec les pèlerins.

Affirmant vivre avec difficulté cet ostracisme, André Samson a quand même continué son travail à l’Oratoire, une institution religieuse à laquelle il dit être très attaché.

Dimanche, le vice-recteur de l’Oratoire, Pierre Dufour, lui annonce qu’il est congédié.

«On m’a dit que je ne correspondais pas à l’image de l’oratoire Saint-Joseph», résume l’abbé Samson.

Le prêtre concède que son col romain était souvent mal attaché et qu’il a refusé, pour des raisons médicales (il souffre d’une maladie cardiaque), de poser l’hostie sur la langue des communiants durant la saison de la grippe. Il lui est aussi arrivé de se tromper dans la formulation de la prière d’absolution des péchés.

Pour André Samson, il est clair que l’altercation au sujet des agressions sexuelles a mené à son évincement.

«Il y a toutes les raisons de croire que les autorités de l’Oratoire ont voulu se débarrasser de moi, estime-t-il. Je me rends bien compte maintenant comment l’Église peut être implacable et impitoyable, et ce, même envers ceux qui lui ont consacré leur vie.»

Plaintes de pèlerins

La porte-parole Danielle Decelles confirme que le prêtre André Samson n’est plus à l’emploi de l’oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal.

«Suite à des plaintes de la part de pèlerins, la direction a décidé de ne plus le garder dans son équipe pastorale», précise Mme Decelles, à une question du Soleil.

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LES CLERCS DE SAINT-VIATEUR : L’institut de l’horreur


Ici pas question de parler contre une religion mais plutot contre les personnes qui professent amour, paix, respect … et qui en fait sont les pires pédophiles et tortionnaires d’enfants. Comment de religieux ont abusé d’enfants, scandales par dessus scandales, d’autochtones, d’orphelins et voila les sourds et muets qui pensaient-ils leur pires vices seraient passé a jamais sous silence .. Comment se fait t’ils que ces prêtres ont pu continuer a célébré des offices religieux malgré tout le mal qu’ils ont fait .. Alors qu’ils savaient qu’au pire si un jour cela venait qu’a ce savoir .. ce serait la parole entre un enfant et un  »’saint homme  »’  Il est temps que l’Église se réveille et voit tout le mal qu’ils ont fait sous leur petit air d’ange déchu
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LES CLERCS DE SAINT-VIATEUR : L’institut de l’horreur

Plus de 70 hommes sourds et muets dénoncent l’innommable

 

PHOTO COURTOISIE VILLE DE MONTRÉAL

 

Pendant 40 ans, des enfants sourds et muets confiés aux Clercs de Saint-Viateur ont été transformés en en véritables esclaves sexuels et ont subi les pires atrocités, racontent aujourd’hui les adultes qu’ils sont devenus. Ils brisent un lourd silence et préparent l’un des plus importants recours collectifs impliquant des prêtres et de jeunes handicapés

« Ils ont profité du fait que nous étions sourds et muets. Ils avaient le pouvoir et nous, pour ne pas être punis, on acceptait  », résume tristement Daniel Cormier.

Comme plusieurs enfants sourds et muets qui ont fréquenté l’Institut Raymond-Deward entre les années 1940 et 1982, M. Cormier, aujourd’hui âgé de 60 ans, affirme avoir été maintes fois abusé sexuellement et violenté par des membres de la congrégation des Clercs de Saint-Viateur.

Ces victimes, qui n’ont jamais pu dénon­cer par la parole les actes d’une cruauté inouïe, de même que les agressions sexuelles répétées qu’ils ont subies, intentent maintenant un recours collectif et réclament réparation.

La requête d’une vingtaine de pages est un tissu d’horreurs indicibles. Violence, sodomie, fellations forcées et humiliations furent pendant des années le quotidien de ces enfants entre les murs de l’institut du boulevard Saint-Laurent.

« Ces religieux-là se sont permis les pires abus que l’on puisse imaginer contre des enfants, sachant qu’ils pouvaient dormir tranquilles à cause de leur handicap. On repousse encore les frontières de l’horreur », s’indigne Carlo Tarini, directeur de l’Association des enfants victimes de prêtres.

À ce jour, 28 religieux et 6 laïcs sont identifiés pour des gestes commis contre des enfants confinés au silence. La plupart des jeunes étaient pensionnaires, certains sept jours sur sept, sauf pour les vacances d’été.

Dans la requête, l’un d’eux, Serge D’Arcy, raconte comment le frère Philippe Paquette l’a forcé à lui faire une fellation en lui prenant fermement les cheveux. Lors d’un autre incident, ce même religieux a enfoui la tête de l’enfant dans la neige afin de l’étouffer.

« J’ai pensé mourir », a-t-il confié.

Plusieurs autres témoignages révèlent que le frère Paquette forçait les enfants à le masturber.

La morale

Une autre victime explique avoir effro­yablement souffert après avoir subi une déchirure à l’anus, conséquence d’une sodomie forcée par le religieux Gérard Barette. Un autre religieux, Jean-Marc Pépin, est dénoncé pour abus sexuels. Ironiquement, souligne-t-on dans la requête, l’homme enseignait la morale aux enfants et se mettait en colère contre ceux qui faisaient allusion à la sexualité.

Les témoignages des victimes sont rendus possibles grâce à la collaboration d’interprètes qui traduisent le langage des sourds-muets. Un aspect qui, pourrait-on croire, ajoute à la complexité de la cause; mais ce n’est pas le cas, affirme Me Robert Kugler, l’avocat des victimes.

Aucun commentaire

« Moi je trouve formidable et courageux qu’ils communiquent ainsi. La loi ne permet à personne d’abuser sexuellement d’un enfant. Les faits sont flagrants et les victimes ont une mémoire assez précise des incidents. En ce sens, ce n’est pas complexe », assure-t-il.

La congrégation des Clercs de Saint-Viateur n’a toujours pas réagi à ce recours collectif, sauf pour demander que ne soient pas divulgués les noms des religieux visés, ce qui a été refusé par la juge Eva Petras. Joint par le Journal, le frère Benoît Tremblay, membre des Clercs de Saint-Viateur, ne souhaite faire aucun commentaire.

« Nous allons peut-être réagir plus tard, nous sommes à étudier la requête, ça vient de nous tomber dessus », a-t-il brièvement répondu.

Véritables esclaves sexuels et ont subi les pires atrocités, racontent aujourd’hui les adultes qu’ils sont devenus. Ils brisent un lourd silence et préparent l’un des plus importants recours collectifs impliquant des prêtres et de jeunes handicapés.

 

CONFIDENTIALITÉ ASSURÉE

 

Plus de 70 victimes se sont déjà manifestées, mais ils seraient plus d’une centaine à avoir subi ce triste sort. La juge a assuré que toute nouvelle victime concernée par ce recours collectif peut s’y inscrire sans craindre que son identité soit révélée. Ces personnes sont d’ailleurs invitées à le faire auprès de l’Association des victimes de prêtres ou du cabinet d’avocats Kugler Kandestin.

« Ils doivent savoir que cette démarche est confidentielle et gratuite », précise Me Kugler.

TÉMOIGNAGES POIGNANTS

PHOTO LE JOURNAL DE MONTRÉAL, ISABELLE MAHER

Ces hommes sourds et muets ont voulu dénoncer leurs agresseurs à visage découvert. En haut, de gauche à droite : André Caron, Mario Larouche, Mario Banville, Gilles Gravel, Daniel Cormier. En bas de gauche à droite : Guy Provost, Gilles Forcier, Lucien Adam, Jacques Vadeboncœur.

 

Pas un son. Ils sont pourtant une dizaine d’hommes à s’exprimer vigoureusement autour de la table. Seules les paroles de l’interprète Martin Léveillé, qui traduit le langage des sourds-muets, flottent dans la pièce. Les mots parfois crus racontent ces souvenirs bien enfouis, mais impossibles à oublier.

« Moi je suis incapable de passer devant l’Institut des sourds. Pas capable de voir un religieux sans voir le visage d’Eugène Turcotte », confie Guy Provost.

 Les bras couverts de tatouages, l’homme de 57 ans au regard bleu acier raconte comment, lorsqu’il n’avait que sept ans, le religieux l’a frappé si fort qu’il en a été projeté au sol.

« Je ne comprenais pas pourquoi autant de violence ? Il me tirait par les cheveux, m’a lancé un porte-crayon par la tête, il m’a même mis la tête dans le bol de toilette. »

L’interprète se tait, un ange passe. Ces hommes ont voulu témoigner à visage découvert malgré la difficulté et la gêne évidente que leur inspirent certains passages sombres de leur vie.

Gilles Forcier raconte avoir aussi été battu et abusé. Il décrit comment le frère Anthime Paiement confessait ses ouailles d’une étrange façon.

« Il passait sa main à travers la fenêtre du confessionnal et l’entrait dans mon pantalon pour toucher mon pénis pendant que je lui disais mes péchés. Je ne comprenais pas ce qui se passait », lance-t-il.

Mario Banville a appris, lui aussi, à éviter de se confesser au frère Paiement… Il se souvient du frère Paul Allard, qui allait le chercher dans le dortoir.

« J’étais tannant, alors il m’emmenait dans sa chambre pour me baisser les culottes et me frapper. Mais avant, il me regardait longtemps et se masturbait. Après, il me battait. J’étais petit, que vouliez-vous que je fasse ? », demande-t-il.

« Moi aussi, le frère Allard m’a fait ça », poursuit Jacques Vadeboncœur.

Il est la seule victime capable d’entendre.

« Avant de me donner la strappe, il m’a demandé de baisser mon pantalon. Il a dit : « Wow ! T’as donc ben des belles fesses, en me caressant lentement. C’tu un abus sexuel, ça ? », nous demande l’homme de 55 ans.

Dénoncer

« On était leurs esclaves », résume Daniel Cormier. Sous la douche, un frère m’aidait à me laver. Je ne voulais pas, mais il le faisait de force et me caressait. Souvent, il se masturbait devant moi sous sa robe », décrit M. Cormier, aujourd’hui âgé de 60 ans. « Aucun enseignement n’était possible. J’ai des lacu­nes en écriture et en lecture. J’ai de la haine pour eux », conclut-il.

Nerveux, Lucien Adam raconte avoir été roué de coups de pieds.

« J’étais à genoux, ils étaient deux, on m’a frappé sur le mur jusqu’à ce qu’un arrête l’autre. Jamais je n’oublierai. J’ai mangé des coups à la tête à en avoir des migraines. »

À 63 ans, M. Adam raconte péniblement avoir été « entaché » par les agressions sexuelles.

« J’ai été marqué. Je n’ai rien appris là-bas; aujourd’hui, je ne sais ni lire ni écrire. »

La direction de l’Institut Raymond-Dewar savait mais n’a rien fait, indique la requête.

Des enfants ont amèrement regretté d’avoir osé dénoncer les religieux à leurs parents.

« Mes parents ne me croyaient pas. Mon père a même confronté le frère Jean-Marc Pépin qui m’a abusé et il a tout nié. J’avais tellement peur, j’voulais pas me faire battre, alors je me suis tu », se souvient Mario Larouche.

« J’ai l’impression que ma vie a été gâchée, poursuit l’homme de 52 ans. Trois fois, j’ai voulu mourir. Mes relations sont difficiles. Avec mes enfants, je suis déchiré entre leur donner de l’affection et la peur d’abuser d’eux. Ce recours collectif compte beaucoup pour moi. »

CES PRÊTRES CONTINUENT À CÉLÉBRER LA MESSE

En mars 2010, le père Jean-Marc Pépin a présidé les obsèques de la mère de la patineuse Joanie Rochette. Le nom de ce prêtre figure parmi les religieux qui ont agressé sexuellement des enfants sourds et muets visés par le recours collectif contre les Clercs de Saint-Viateur.

Mario Larouche affir­me être l’une de ses victimes. Adulte, il s’est retrouvé, il y a quelques années, face à face avec Jean-Marc Pépin, qui venait de célébrer la messe. L’homme de 52 ans raconte en avoir été complètement bouleversé.

« J’ai dit à ma femme : “Je ne peux pas croire que ce gars-là continue de servir la messe alors qu’il m’a abusé. Il a même osé dire qu’il ne se souvenait pas de moi” », se désole M. Larouche.

Ces situations sont carrément odieuses et inacceptables, tranche Carlo Tarini, président de l’Association des enfants victimes de prêtres.

« Où est la sanction ? Empêcher les prêtres pédophiles de célébrer la messe est insuffisant; comment se fait-il qu’ils ne soient pas chassés de l’Église ? », demande-t-il.

Nous avons tenté de poser la question à Mgr Christian Lépine, le nouvel archevêque de Montréal, qui a décliné notre demande d’entrevue.

 « Tout ce que je peux vous dire, c’est que dès que des allégations sont déposées contre un prêtre, celui-ci perd automatiquement le droit d’exercer son ministère. À notre connaissance, aucun religieux visé par le recours collectif n’exerce dans le diocèse de Montréal », a précisé Lucie Martineau, responsable des communications à l’Archevêché de Montréal.

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