Après 18 ans, ce sera bientôt la fin de l’avis de faire bouillir l’eau à Eabametoong


18 ans a bouillir l’eau pour qu’elle soit consommable dans un village des Premières Nations, il faut être drôlement patient. Mais cette patience à des limites..

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Après 18 ans, ce sera bientôt la fin de l’avis de faire bouillir l’eau à Eabametoong


Logo de la Première Nation Eabametoong.

La Première Nation d’Eabametoong, aussi connue sous le nom de Fort Hope, est une collectivité éloignée de près de 1600 résidents.

PHOTO : CBC


Le ministère des Services aux Autochtones du Canada a confirmé la mise en service cette semaine d’une usine de traitement de l’eau au village de la Première Nation d’Eabametoong, dans le Nord-Ouest de l’Ontario.

L’usine, pour laquelle le fédéral a versé plus de 12 millions de dollars, permettra de lever en août un avis concernant la qualité de l’eau potable en vigueur depuis environ 18 ans.

    Le processus officiel de mise en service, y compris tous les tests nécessaires, prend au moins deux semaines, explique un porte-parole du ministère.

    La Première Nation a déclaré plus tôt ce mois-ci l’état d’urgence en raison de niveaux élevés de trihalométhanes (THM) et d’acides haloacétiques (AHA) dans l’eau.

    Services aux Autochtones Canada (SAC) indique que la nouvelle usine réglera ce problème.

En 2016-2017, Services aux Autochtones Canada a fourni 139 000 $ pour l’achat et l’installation de trois appareils d’osmose inverse (OI) dans la collectivité, pour fournir de l’eau potable en attendant la construction de la nouvelle usine.

Les dirigeants d’Eabametoong ont aussi indiqué à la suite de la déclaration de l’état d’urgence que d’autres infrastructures, dont la principale station de pompage des eaux usées, avaient besoin d’être modernisées.

Impatience à Attawapiskat

À 400 km au nord-est d’Eabametoong, les résidents de la Première Nation d’Attawapiskat, qui réclament d’avoir eux aussi une nouvelle usine de traitement de l’eau, trouvent que le gouvernement n’agit pas assez rapidement.

Des fonctionnaires de SAC Services aux Autochtones Canada étaient dans la communauté mardi. Ils évaluent toutes les options pour trouver une nouvelle source d’eau potable.

Le ministère indique travailler avec la collectivité à l’élaboration d’un plan global de développement communautaire pour répondre aux besoins à long terme.

Selon un membre de la communauté, Danny Metatawabin, les fonctionnaires seront de retour mardi ou mercredi prochain, ce qui n’est pas assez rapide selon lui.

On dirait que le gouvernement n’est pas trop inquiet pour les membres des Premières Nations, a-t-il écrit.

Quelqu’un doit lancer un message au premier ministre [pour lui dire] que c’est totalement inacceptable. Des gestes concrets doivent être posés dès maintenant au lieu de dire des choses qui ne sont pas vraies. Danny Metatawabin, résident d’Attawapiskat

Sa conjointe Sylvia Koostachin-Metatawabin et l’ancienne chef Theresa Spence comptent poursuivre leur grève de la faim, entamée le 14 juillet, au moins jusqu’à la prochaine visite de représentants du ministère.

M. Metatawabin affirme que les deux femmes sont de plus en plus faibles et fatiguées. Nous le prendrons au jour le jour.

https://ici.radio-canada.ca/

Au Canada, des milliers d’autochtones n’ont toujours pas l’eau potable chez eux


Des milliards ont été dépensé et certaines réserves des Premières Nations n’ont toujours pas d’eau portable. Mais cela ne suffit pas, car il y a trop de bureaucratie pour faire des plans, être dans les normes etc … Si cela se passerait au coeur de la capital, Ottawa, je suis certaine que les problèmes seraient vite résolues
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Au Canada, des milliers d’autochtones n’ont toujours pas l’eau potable chez eux

 

Un robinet | « м Ħ ж » via Flickr CC License by

Un robinet | « м Ħ ж » via Flickr CC License by

Repéré par Camille Jourdan

Repéré sur Washington Post

Pourtant, le Premier ministre Justin Trudeau s’était engagé à résoudre ce problème qui mine les réserves des Premières Nations depuis des années.

Pour boire un verre d’eau, ou même pour prendre une douche, certaines communautés des Premières Nations canadiennes ne peuvent pas se contenter d’ouvrir le robinet. Dans de nombreuses réserves du pays, l’eau courante est contaminée par les algues bleues, ou encore par des bactéries ou du mercure, rappelle dans un récent article le Washington Post.

Gérés par le Gouvernement fédéral, de nombreux systèmes d’épuration font de ce fait l’objet d’avis de non-consommation de l’eau. Certains sont entrés en vigueur récemment, mais d’autres durent depuis des années:

«À Neskantaga, une réserve isolée du Nord de l’Ontario, les résidents font bouillir leur eau depuis 23 ans, décrit le Washington Post, après la panne d’une station de traitement construite en 1993.»

En novembre 2015, 105 avis préventifs «de longue durée»étaient en vigueur. Depuis, 71 ont été levés, mais 35 nouveaux ont dépassé le délai de 12 mois correspondant à cette définition. En résumé, 69 stations canadiennes fournissent de l’eau non potable depuis plus d’un an. «Et il y a toujours un risque qu’une nouvelle station rejoigne cette longue liste, ou qu’un avis de « courte durée » soit prolongé au-delà de 12 mois», prévient le quotidien américain.

Pourtant, le Gouvernement Trudeau a déjà dépensé 2 milliards d’euros pour mettre fin à ce fléau digne du«tiers-monde», selon les mots du chef d’une des réserves concernées.

Une somme qui reste insuffisante, indiquait dans un rapport de 2017 un comité de surveillance.

Lourdeurs administratives et manque de personnel

Tout cet argent ne semble en effet pas suffire pour lever toutes les «lourdeurs administratives» qui empêchent de remettre en état de marche les stations défaillantes. Des études de faisabilité, des mesures, des plans, des remises aux normes… les démarches n’en finissent plus pour que les avis restrictifs prennent fin.

«Je sais qu’il y a une volonté politique de la part du Premier ministre, remarque Erwin Redsky, chef d’une réserve indigène de quelques 290 personnes, mais si la bureaucratie ne change pas, rien ne changera».

Et quand bien même elles viendraient à bout de la paperasse administrative, les réserves peinent ensuite à trouver du personnel qualifié pour travailler dans ces stations de traitement des eaux; les opérateurs sont mieux formés, et mieux payés dans les grandes villes. Le Gouvernement soutient en ce sens des programmes visant à inciter ces techniciens à rester dans les réserves.

Justin Trudeau a promis que les avis de «long terme» interdisant la consommation d’eau courante seraient levés d’ici mars 2021. Mais après des années à se méfier de l’eau du robinet, les autochtones vont-ils vraiment oser la boire?

 Dawn Martin-Hill, professeur d’anthropologie et résident de la réserve des Six Nations, assure qu’un «problème plus important mettra plus longtemps à être résolu»: la confiance des habitants en l’eau de leur robinet.

http://www.slate.fr/

Quand le tourisme dénature le monde


Rien ne vaut le tourisme pour connaitre l’environnement, les animaux sauvages, les cultures, mais avec un maximum de règle pour protéger la faune, la flore et les cultures des habitants. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Il y a des endroits que les animaux sont stressés, en voie de disparition et une pollution causées par le tourisme. Alors que nous avons tous un devoir d’être respectueux de la nature pour continuer à voir les merveilles de notre planète
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Quand le tourisme dénature le monde

 

Selon Alain A. Grenier, professeur en tourisme et... (Photo Pauline Askin, archives Reuters)

Selon Alain A. Grenier, professeur en tourisme et en développement durable à l’UQAM et ancien guide en Antarctique, la volonté des touristes d’être toujours plus près des animaux perturbe la faune locale, comme le manchot Adélie.

PHOTO PAULINE ASKIN, ARCHIVES REUTERS

La Presse

 

Aller à la rencontre des ours polaires. Grimper l’Everest. Visiter un village autochtone. La Terre est grande, mais beaucoup de voyageurs aspirent à vivre les mêmes expériences, ce qui provoque des bouleversements pas toujours heureux. Tourisme de masse et protection de l’environnement ne vont pas toujours de pair.

Des sentiers trop battus

Quand il était guide en Antarctique, dans les années 90, Alain A. Grenier, professeur en tourisme et en développement durable à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), se rappelle que «les gens n’étaient jamais satisfaits de la distance qui les séparait des animaux».

Être plus près. Avoir le meilleur point de vue. Voilà les revendications des voyageurs qui paient une fortune pour ce genre d’expédition.

Il lui revient également en tête des images où les touristes marchaient au milieu des manchots, expérience fort perturbante pour ces animaux.

«On joue sur le côté magique du divertissement. Les gens n’apprécient pas vraiment le privilège du spectacle, c’est plutôt un élément qu’ils cochent sur leur liste. On fait des pressions sur les animaux qui sont photogéniques. On veut voir les marqueurs tels qu’on nous les présente.»

Les safaris en Afrique. Les séances de nage avec des dauphins souvent prisonniers d’un bassin. Voilà d’autres exemples d’activités touristiques qui ne se font pas toujours dans le plus grand respect de la nature.

A-t-on perdu la maîtrise de la situation?

«Je ne peux pas vous dire qu’il faut interdire ça», tient à souligner le professeur.

Restreindre l’accès et mettre en place des infrastructures pour encadrer l’observation représentent en partie des pistes de solution.

Pour le directeur général d’Aventure Écotourisme Québec, Pierre Gaudreault, la présence d’un guide peut aussi contribuer à réduire les impacts sur l’environnement.

«Il y a de plus en plus de gens qui pratiquent le plein air, ajoute-t-il. La pratique libre n’est pas toujours encadrée et elle peut être plus dommageable [pour l’environnement].»

L’implication de la population locale est elle aussi un gage de développement durable, selon Robert Michaud, directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM).

«Qui travaille dans ces bateaux-là ? Si on veut que l’activité d’observation dans le parc marin soit une activité durable, il faut que les gens qui y travaillent soient des gens locaux, il faut qu’il y ait des retombées pour les gens, il faut que l’activité ait le moins d’impact possible sur la qualité de l’environnement, comment ils vont traiter leurs eaux usées. Quand on amène beaucoup de gens dans un secteur, on risque d’augmenter l’utilisation de l’eau et de créer des problèmes pour les gens qui vivent là à l’année.»

Au Québec toutefois, on est loin de la catastrophe, estime Pierre Gaudreault. Le flux de visiteurs ne serait pas assez important pour que l’on tire la sonnette d’alarme.

«Au contraire, plus on a de gens qui font du plein air, plus ça contribue à la préservation des milieux naturels», dit-il.

On cherche souvent à protéger les lieux populaires. Le directeur général d’Aventure Écotourisme Québec cite en exemple le Fjord du Saguenay. Que serait-il advenu de ce territoire si on ne l’avait pas protégé en faisant de lui un parc national? se demande-t-il.

Et il est encore possible ici d’observer la nature sans lui nuire, comme c’est le cas à l’île Bonaventure, le pays des fous de Bassan. En juillet dernier, on comptait quelque 110 000 oiseaux, selon les chiffres fournis par la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ). Les visiteurs et les mordus d’ornithologie qui débarquent ici sont servis puisqu’ils peuvent observer ces oiseaux – venus pour se reproduire et ensuite s’occuper de leurs petits – à environ un mètre de distance seulement. Une corde délimite toutefois le territoire des fous de Bassan, et les observateurs ne peuvent franchir cette frontière. Selon la SEPAQ, ces oiseaux seraient habitués à la présence de l’homme, et la «visite» des touristes ne perturberait nullement cette plus grosse colonie en Amérique, à condition, bien sûr, de respecter le périmètre de sécurité.

Ainsi, selon Pierre Gaudreault, au Québec, ce n’est pas le tourisme qui représente la plus grande menace pour la faune, la flore et les populations locales.

«Nos plus grands défis, ce sont la coupe forestière, les barrages et l’industrie minière», estime-t-il.

Mais ça, c’est un autre dossier…

Protection des animaux

Pratique contestée: Nager avec les dauphins

Dans les mers du Sud, il n’est pas rare que l’on offre aux touristes d’aller nager aux côtés des dauphins. Si l’activité se pratique encore abondamment, elle est critiquée depuis des années.

Le problème? La captivité pèse lourd sur la vie des dauphins, bien qu’ils semblent jouer et afficher un sourire perpétuel. Comme pour bien des animaux, cette activité est source de stress.

«Le stress causé par leur confinement crée souvent des comportements inhabituels et une faible résistance aux maladies», écrit l’organisme américain de défense des mammifères WDC.

Il précise qu’un dauphin en activité doit parcourir 1320 fois la longueur d’un bassin pour atteindre la distance d’un peu moins de 10 km franchie par ses semblables dans la nature chaque jour.

De nombreuses campagnes remettant en question la garde en captivité des mammifères marins ont été menées par divers groupes au cours des dernières années. L’an dernier, les parcs d’attractions SeaWorld ont annoncé la fin de tous leurs programmes d’élevage d’orques en captivité après la diffusion d’un documentaire critique des pratiques de l’entreprise.

Un exemple à suivre: Les excursions aux baleines

Peut-on participer à une excursion d’observation sur le Saint-Laurent et le Saguenay sans nuire aux baleines, rorquals et marsouins qui y nagent?

«C’est sûr qu’aller voir les baleines en bateau dans leur habitat naturel, dans les endroits où elles se concentrent, ça cause un certain dérangement. C’est inévitable», dit Robert Michaud, directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM).

Par contre, ce dérangement est contrebalancé par les bonnes pratiques adoptées au fil des années par les principaux acteurs de l’industrie, mais aussi par les effets de la sensibilisation du public.

«L’observation des baleines, si c’est bien fait et accompagné de programmes de sensibilisation et d’interprétation, ça a un potentiel d’éveil, de toucher des fibres sensibles incroyables. Au point de modifier la façon dont les gens perçoivent leur environnement et les inciter à adopter des comportements responsables», souligne Robert Michaud.

Entre le «potentiel de dérangement» et le «potentiel de sensibilisation», les conséquences sur les mammifères marins sont réduites, notamment grâce à des règlements mis en place au fil des années. Ceux-ci déterminent, par exemple, le nombre maximum de bateaux dans une zone donnée et la distance qu’ils doivent garder avec le mammifère.

Le directeur scientifique du GREMM note que l’évolution des bonnes pratiques dans l’industrie a été progressive et qu’elle suit l’évolution de la société.

«Au début des années 80, on ne pensait même pas que le bruit avait un impact sur les baleines. Maintenant, on a commencé à prendre les signatures acoustiques des bateaux de la flottille du parc marin pour éventuellement identifier des solutions plus pointues, par exemple modifier les bateaux ou moins utiliser ceux qui sont les plus bruyants», illustre Robert Michaud.

À la question peut-on monter sur un bateau pour aller observer les baleines sans se sentir coupable, Robert Michaud répond oui. Il prédit tout de même que l’observation des baleines se fera mieux dans 10 ans qu’aujourd’hui, tout comme elle se fait aujourd’hui d’une manière plus éthique qu’il y a 10 ans.

 «Il ne faut pas lâcher», dit-il.

En général, les «alpinistes en herbe» n'escaladent pas... (Photo Tashi Sherpa, archives Associated Press) - image 3.0

En général, les «alpinistes en herbe» n’escaladent pas l’Everest jusqu’à son sommet, mais se rendent jusqu’à l’un des deux camps de base, à 5154 ou 5364 m d’altitude.

PHOTO TASHI SHERPA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Protection de l’environnement

Pratique contestée: L’ascension de l’Everest

L’image est frappante: un ciel bleu, des sommets enneigés et… des centaines de bouteilles de plastique qui jonchent le sol. L’une des plus célèbres montagnes du monde est aujourd’hui victime de sa popularité.

La plupart des «alpinistes en herbe» n’escaladent pas l’Everest jusqu’à son sommet, mais se rendent jusqu’à l’un des deux camps de base, à 5154 ou 5364 m d’altitude.

«Il y a des gens qui se disent qu’ils doivent cocher l’Everest sur leur liste, déplore Richard Rémi, fondateur de l’agence de voyages d’aventure Karavaniers. Beaucoup de gens le font donc pour les mauvaises raisons. Est-ce que ça se traduit par des bonnes pratiques? Je pense que certains d’entre eux ne sont pas préoccupés par la culture et l’environnement.»

Résultat: le paysage de cette montagne mythique est assombri par un amoncellement de détritus laissés par les marcheurs de plus en plus nombreux.

«Où vont-ils, ces déchets ? demande celui qui agit également à titre de guide. Le Népal n’a pas assez d’incinérateurs pour disposer des bouteilles de plastique.»

Il tient toutefois à souligner que la situation n’est, selon lui, pas pire qu’il y a 15 ans, même s’il y a plus d’achalandage.

Un exemple à suivre: Le parc de la Rivière-des-Mille-Îles

Lieu de villégiature très fréquenté au début des années 1900, la rivière des Mille Îles a ensuite été abandonnée parce que trop polluée.

«C’était un égout à ciel ouvert», illustre le cofondateur du parc, Jean Lauzon.

Puis, au milieu des années 80, avec son collègue Michel Aubé, il a décidé d’agir. S’est alors amorcée une vaste opération de dépollution et de protection de l’environnement. L’endroit est ensuite devenu un lieu protégé.

 «Si on n’avait pas été là, le territoire aurait probablement été tout remblayé pour du développement, estime M. Lauzon. Dans les îles, il y aurait des maisons partout», poursuit celui qui décrit l’endroit comme un «joyau en milieu urbain».

Situées dans le nord-ouest du Panamá, face à... (PHOTO THINKSTOCK) - image 4.0

 

Situées dans le nord-ouest du Panamá, face à la mer des Caraïbes, les îles San Blas occupées majoritairement par le peuple kuna sont maintenant prises d’assaut par les croisiéristes.

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Protection de la culture

Pratique contestée: Croisières aux îles San Blas

Situées dans le nord-ouest du Panamá, face à la mer des Caraïbes, ces îles occupées majoritairement par le peuple kuna sont maintenant prises d’assaut par les croisiéristes.

C’est du moins ce que rapporte Richard Rémi, fondateur de l’agence de voyages d’aventure Karavaniers. Ce peuple est notamment reconnu pour ses molas, une forme d’artisanat permettant de concevoir des plastrons ou des tuniques. Les passagers des bateaux se les arrachent, provoquant une forte hausse de la demande.

«Il faut qu’ils tissent davantage et ils n’ont plus de temps pour le reste», se désole M. Rémi, qui ajoute du même souffle que l’économie de ce peuple dépend maintenant essentiellement des touristes. «Si, au moins, ça rapportait beaucoup d’argent.»

C’est que les excursionnistes qui débarquent demeurent peu de temps dans l’île, une journée tout au plus. Et la majorité mange et s’abreuve sur le bateau.

Un exemple à suivre: Le site de Wendake

À proximité de la Capitale-Nationale, la nation huronne-wendat a développé l’art d’accueillir les visiteurs sur son territoire. Les gens de la communauté ont ainsi notamment mis en place l’Hôtel-Musée Premières Nations et reconstruit une maison longue. Ils organisent également des visites guidées sur leur territoire, le tout dans le plus grand respect de la culture huronne, assure Sébastien Desnoyers-Picard, conseiller en marketing pour Tourisme autochtone.

S’il admet qu’il existe toujours un danger de «folklorisation» et de mise en scène exagérée, M. Desnoyers estime qu’il est important d’insister sur le fait qu’il s’agit d’un site de reconstitution. Les guides portent effectivement des costumes traditionnels, mais on se fait un point d’honneur de remettre les pendules à l’heure en expliquant que les membres de la communauté ne vivent plus de cette façon. Et ce, même si «les Français s’attendent à voir des plumes».

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Les enfants autochtones au coeur de l’enquête d’Ottawa


Une enquête sérieuse qui aurait dû se faire 20 ans plus tôt sur les disparitions des femmes autochtones, des enfants, des femmes ayant vécu des agressions sexuelles, des assassints et disparitions des femmes faisant partie des Premières Nations. Ces gens ont le droit à a sécurité et au respect
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Les enfants autochtones au coeur de l’enquête d’Ottawa

 

Le problème des abus sexuels à l'endroit d'enfants autochtones occupera une... (PHOTO ERICK LABBÉ, ARCHIVES LE SOLEIL)

PHOTO ERICK LABBÉ, ARCHIVES LE SOLEIL

KIRSTY KIRKUP
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le problème des abus sexuels à l’endroit d’enfants autochtones occupera une place centrale dans l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées puisque ces agressions surviennent à une fréquence alarmante, soulignent plusieurs intervenants.

Au cours d’une enquête de La Presse canadienne qui s’est échelonnée sur plusieurs mois, plusieurs victimes et experts ont fait le lien entre les agressions sexuelles d’enfants autochtones et la vague de suicides qui secoue plusieurs communautés des Premières Nations au Canada.

Sharon Acoose avait à peine 3 ans et habitait Régina, en Saskatchewan, quand trois de ses oncles l’ont tour à tour violée.

Aujourd’hui âgée de 63 ans, elle a traversé une existence marquée par la consommation de drogues et d’alcool afin de noyer sa souffrance. Tombée dans la prostitution, elle a dû purger une peine d’emprisonnement. Ses agresseurs sont tous aujourd’hui décédés.

Les sévices sexuels et autres violences de ce type sont si fréquents dans les communautés autochtones qu’ils auront vraisemblablement une place prédominante au sein de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, dont les audiences doivent commencer au début de 2017.

Le processus attirera certainement l’attention internationale, croit la commissaire en chef Marion Buller.

Un total de 1181 femmes autochtones ont été assassinées ou sont portées disparues entre 1980 et 2012, selon la première évaluation faite par la Gendarmerie royale canadienne (GRC) sur cet enjeu, en 2014. Un an plus tard, 32 autres cas d’assassinats et 11 de disparitions s’ajoutaient aux chiffres officiels.

La GRC avait par le fait même tracé un lien clair entre la violence familiale et les taux d’homicide.

Les femmes autochtones sont particulièrement vulnérables justement parce qu’elles sont des femmes et parce qu’elles sont autochtones, souligne la présidente de la Chaire de recherche canadienne en santé et bien-être des autochtones de l’Université Brandon, au Manitoba, Yvonne Boyer.

Dans un rapport sur la traite de personnes touchant les femmes autochtones qu’elle a cosigné en 2014 pour le ministère de la Sécurité publique, Mme Boyer a relevé que plusieurs des personnes entraînées dans cette forme d’exploitation ont aussi souffert, dans leur jeunesse, d’agressions sexuelles.

«Il y a des enfants qui sont agressés, des adolescentes qui sont violées et qui poursuivent leurs vies, et (la problématique) devient un comportement normalisé» souligne-t-elle en entrevue, ajoutant que plusieurs autres personnes n’ont jamais pu être entendues puisqu’elles y ont laissé leur vie.

Wally Oppal, qui a présidé la Commission d’enquête sur la façon dont les autorités de la Colombie-Britannique ont mené l’enquête criminelle à l’égard du tueur en série Robert Pickton, est aussi d’avis qu’il y a un lien indéniable entre les abus sexuels d’enfants et les enlèvements et assassinats de femmes autochtones.

Robert Pickton a été reconnu coupable, en 2007, du meurtre de six femmes et condamné à la prison à perpétuité. Il était également accusé d’en avoir tué 20 autres femmes. Plusieurs d’entre elles étaient autochtones.

Dans son rapport, M. Oppal a conclu que les femmes autochtones étaient beaucoup plus susceptibles de subir des violences d’un niveau élevé, en plus d’être surreprésentées dans les statistiques sur les personnes disparues.

Si Sharon Acoose se demande pourquoi le gouvernement fédéral n’a pas commandé une enquête 20 ans plus tôt, elle s’estime chanceuse d’être toujours vivante pour prendre la parole. Sa vie a pris une tournure dont elle n’espérait plus, alors qu’elle enseigne aujourd’hui le travail social à l’Université des Premières Nations du Canada, à Saskatoon.

«Je suis si chanceuse de pouvoir raconter mon histoire aux gens. J’aurais dû être morte à l’âge de 20 ans.»

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Fuir et résister, l’histoire méconnue des pensionnats


La plupart des gens, enfin, je crois, conçois que l’arrivé des Européens en Amérique a été le début de la disparition des droits des Premières Nations. L’Église et le gouvernement ainsi bien installés ont voulu assimiler les amérindiens à la foi et culture des blancs en obligeant les enfants d’aller dans des pensionnats tenu par des religieux. Mais peu sait vraiment ce qui s’est vraiment passé dans ces pensionnats. C’est une réalité qui n’est pas si loin, ces enfants sont maintenant des adultes qui ont levé le voile sur une enfance cauchemardesque
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Fuir et résister, l’histoire méconnue des pensionnats

 

Derrière la triste histoire des pensionnats autochtones se cachent des actes de résistance. Des parents ont défié l’Église et le gouvernement en cachant leurs enfants pour les soustraire à l’éducation des Blancs.

Un texte de Josée Dupuis

ENQUÊTE

Marie-Jeanne Papatie a vu ses frères et soeurs aînés quitter la réserve du Lac-Simon pour le pensionnat de Saint-Marc-de-Figuery près d’Amos, en Abitibi.

L’été suivant, son père les entend parler d’abus survenus dans cette institution. Il est secoué. Il n’est pas question de laisser partir sa plus jeune. Il a un plan : cacher Marie-Jeanne.

Il lui aménage une petite pièce au sous-sol, où elle dort sur un matelas de fortune. Par la fenêtre, elle peut voir la rue et l’autobus qui vient chercher les enfants.

Durant les jours qui suivent le départ des écoliers, le père Edmond Brouillard – un oblat qui maîtrise l’algonquin – fait le tour de la réserve avec en main une liste de noms pour s’assurer que tous les enfants sont bien partis. Chaque fois, le père de Marie-Jeanne répond que sa fille s’est enfuie au lac.

Marie-Jeanne se rappelle les mots de son père. «  Il ne faut pas que tu répondes quand on va t’appeler », lui disait-il lorsqu’il la cachait dans le sous-sol.

Une fois le père oblat reparti, Marie-Jeanne pouvait enfin sortir de sa cachette.

La petite fille de 5 ans passe ses journées toute seule, à marcher autour du lac. Le matin venu, avant l’arrivée du père Brouillard, elle retourne se cacher au sous-sol.

Marie-Jeanne a pu échapper au pensionnat indien. Mais par un triste retour des choses, le pensionnat l’a rattrapée. Un proche, victime d’agressions sexuelles à Saint-Marc-de-Figuery, l’a agressée à son tour. Il avait 19 ans. Elle, 8 ans.

« J’ai été épargnée du pensionnat. Mais j’ai quand même des séquelles. Ce qu’ils ont subi, ils l’ont ramené à la maison. Ils m’ont fait subir ce qu’ils ont subi. » – MARIE-JEANNE PAPATIE

La petite Marie-Jeanne libre et insouciante a cessé ce jour-là d’exister.

«  J’ai commencé à consommer à 11 ans. Je sniffais du gaz. Mon père me frappait parce qu’il ne voulait pas que je sniffe. On m’avait abusé la veille, et moi, je sniffais le matin  », raconte-t-elle, ajoutant n’avoir jamais dit à son père qu’elle était agressée.

Marie-Jeanne s’est mariée à l’âge de 14 ans. Elle ne consomme plus depuis plus de 20 ans.

Quand elle pense à son père et ce qu’il a fait pour la protéger du pensionnat, sa voix s’étrangle.

«  Mon père, aujourd’hui, je le remercie beaucoup. Je n’ai pas eu le temps de dire à mon père que je l’appréciais beaucoup.  »

Marie-Jeanne a pu vivre en algonquin avec ses parents et grands-parents jusqu’à l’âge de 7 ans. Puis, elle a fréquenté l’école primaire du village voisin.

Marie-Jeanne Papatie

Marie-Jeanne Papatie PHOTO(S) : RADIO-CANADA

6000 enfants morts dans les pensionnats

Quelque 150 000 enfants amérindiens, inuits et métis ont fréquenté les pensionnats indiens, la plupart contre leur gré, arrachés à leurs parents.

On estime que 6000 d’entre eux sont morts de malnutrition, de maladies, d’abus physiques, de suicide ou morts gelés après s’être enfuis.

De nombreux enfants ont été victimes d’agressions sexuelles de la part des religieux. Peu de parents autochtones ont tenu tête au gouvernement et à l’église en refusant d’envoyer leurs enfants au pensionnat. Mais il y en a eu.

Dans le volumineux rapport de la Commission de vérité et réconciliation, un bref chapitre est consacré à ce mouvement de résistance. Les cas sont peu nombreux et proviennent surtout de l’Ouest canadien. Aucun exemple québécois n’est mentionné.

Attiré par des bonbons

William Papatie, le mari de Marie-Jeanne, n’avait jamais parlé de son séjour au pensionnat, jusqu’au jour où il a pris la parole devant la Commission de vérité et réconciliation.

Il se rappelle l’été précédant son départ au pensionnat.

«  Les soeurs étaient venues nous rendre visite. Elles donnaient des suçons pour nous attirer. J’en voulais. “On va t’en donner au pensionnat”, lui répondaient les religieuses. C’est avec ça qu’elles nous ont attirés, avec des bonbons. »

Des soeurs et des enfants autochtones

Des soeurs et des enfants autochtones PHOTO(S) : OEUVRES OBLATES DE L’ONTARIO (DESCHATELETS / ARCHIVES)

William n’a que 5 ans lorsqu’il prend le chemin du pensionnat de Saint-Marc-de Figuery, où il sera victime d’abus répétés.

Un des religieux l’attire dans sa chambre avec des bonbons pour l’agresser.

«  Quand il est venu me voir, je ne savais pas ce qu’il voulait faire. Il m’a amené dans sa chambre. Il m’a donné des bonbons. C’est là qu’il a commencé à me toucher les parties du corps.  » – WILLIAM PAPATIE

William grandit avec la peur de parler. Le prêtre lui ordonne de se taire. Il fugue à deux reprises, mais la police l’arrête. C’est le père Edmond Brouillard qui vient le cueillir au poste.

Un été, il se confie à sa grand-mère, une femme très croyante, qui ne le croit pas tout de suite.

«  Mon père y a fini par me croire. Parce qu’à un moment donné, je saignais », raconte-t-il.

Pour Salomon Papatie, le choc est brutal. Il doit sauver son fils. À la fin de l’été, le père et le fils partent en canot pour rejoindre le camp familial à une centaine de kilomètres de la réserve. Personne ne viendrait chercher son garçon ici.

Entrez la légende de la vidéo ici

Mais l’Église catholique n’a pas dit son dernier mot. Le rabatteur en chef, le père Brouillard, est à ses trousses. Pas question de laisser un seul enfant se sauver : on craint l’effet d’entraînement.

Accompagné d’un aîné de la communauté, il réussit à le retrouver au fond des bois.

William se rappelle la scène. Son père dit au religieux :

«  Mon fils ne retournera plus à l’école, sa place est ici maintenant [à cause de] ce qu’il a subi au pensionnat. Je le crois maintenant.  »

Le père Brouillard rebrousse donc chemin, sans le petit William.

«  J’étais soulagé. Mon père m’a serré dans ses bras. J’étais surpris que mon père ait été capable de poser un tel geste, défier les autorités religieuses. Je le remercie beaucoup. » – WILLIAM PAPATIE

Un pupitre sur une table en Abitibi

Un pupitre sur une table en Abitibi PHOTO(S) : RADIO-CANADA/LUC SIMARD

Le père Edmond Brouillard a été condamné en 1996 à cinq ans de prison pour attentat à la pudeur, attouchements, sodomie, agression sexuelle et de grossière indécence. Ses victimes sont six Autochtones originaires du Lac-Simon et du grand lac Victoria, en Abitibi.

William et Marie-Jeanne auront au moins eu la chance de lui échapper. Quant au frère qui a agressé William, il n’a jamais été inquiété, même si son nom revient à plusieurs reprises dans le récit de nombreux pensionnaires.

Le pensionnat de Saint-Marc-de-Figuery a fermé ses portes en 1973.

Le dernier pensionnat canadien a fermé ses portes en 1996 près de Regina, en Saskatchewan.

Des soeurs et une famille autochtone

Des soeurs et une famille autochtone PHOTO(S) : OEUVRES OBLATES DE L’ONTARIO (DESCHATELETS/ARCHIVES)

Quand il est temps de fuir

Ces histoires de résistance se sont aussi déroulées ailleurs au pays. En Alberta, une communauté entière, les Foothills Ojibways, a fui l’Église, et cela dès l’arrivée des Européens en Amérique.

On les appelait les « Runners », ceux qui courent. Cette communauté a toujours refusé que ses enfants fréquentent les pensionnats.

Ils avaient un mot d’ordre : fuir les religieux.

« Nous avons fui les robes noires pour protéger notre spiritualité, notre culture, nos cérémonies, notre façon de vivre », nous dit le chef de cette nation, Jimmy O’Chiese, lorsque nous l’avons rencontré à Edmonton.

Le chef des Foothills Ojibways, Jimmy O’Chiese

Le chef des Foothills Ojibways, Jimmy O’Chiese PHOTO(S) : RADIO-CANADA/JOSEÉ DUPUIS

« Ils voulaient que l’on se débarrasse de tout ce qui pouvait avoir une signification spirituelle. Pour nous, se départir de tous ces objets sacrés, c’était perdre qui nous étions », explique M. O’Chiese.

Ces Anichinabés se sont déplacés à de nombreuses reprises au fil des années. À pied, en canot d’écorce et à cheval. Ils sont partis du Michigan, sont montés vers le nord et ont parcouru l’Ouest canadien. Ils se sont finalement établis à Hinton, en Alberta, au pied des Rocheuses.

Cette communauté n’a jamais signé de traité avec les Blancs.

Jimmy O’Chiese enseigne maintenant l’histoire des Runners au Yellowhead Tribal College à Edmonton. Il est professeur émérite, environnementaliste, botaniste et spécialiste de médecine traditionnelle.

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Pensionnats autochtones : faut-il détruire les témoignages des victimes ?


Personnellement, je ne crois pas qu’on devrait détruire ses archives, car cela fait partie de l’Histoire du Canada aussi noire, soit-elle. Il est important cette assimilation des Premières Nations a été fait non pas en douceur, mais par la force, mais bien sûr respecter la confidentialité des victimes
Nuage

 

Pensionnats autochtones : faut-il détruire les témoignages des victimes ?

 

De jeunes Autochtones à l'étude dans un pensionnat,... (Photo fournie, Bibliothèque et Archives Canada)

De jeunes Autochtones à l’étude dans un pensionnat, à une date non précisée.

PHOTO FOURNIE, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA

COLIN PERKEL
La Presse Canadienne
Toronto

 

Les récits déchirants d’Autochtones victimes des pensionnats fédéraux devraient-ils être détruits après 15 ans, puisqu’on leur avait promis la confidentialité? Ou devraient-ils être considérés comme des documents essentiels de l’histoire canadienne, et précieusement archivés?

La Cour suprême du Canada a accepté, jeudi, d’entendre l’appel du gouvernement fédéral et de la Commission de vérité et réconciliation, qui contestent deux décisions rendues en Ontario.

Les tribunaux de premières instances avaient alors tranché que les comptes rendus des témoignages très personnels, souvent troublants, livrés par des Autochtones dans leur réclamation pour recevoir une indemnisation devaient être détruits après une période de 15 ans, à moins que les intéressés ne donnent spécifiquement leur autorisation.

Ottawa a fait appel de ces jugements parce que d’un point de vue juridique, le dépositaire de ces documents doit respecter les diverses lois régissant les renseignements personnels, la protection de la vie privée, l’accès à l’information et les archives.

À la suite du règlement, en 2006, d’une action collective, quelque 30 000 survivants de pensionnats fédéraux pour Autochtones ont réclamé une indemnisation pour les mauvais traitements subis durant leur enfance – sévices physiques, sexuels et psychologiques. Or, les responsables de ce programme d’indemnisations plaident qu’on avait promis aux requérants la confidentialité concernant leur témoignage, à moins qu’ils ne renoncent eux-mêmes à ce droit.

Par contre, les comptes rendus des milliers de témoignages recueillis par la Commission de vérité et réconciliation du Canada sont quant à eux archivés au Centre national pour la vérité et réconciliation, à l’Université du Manitoba.

En avril dernier, la Cour d’appel de l’Ontario, dans un jugement partagé (2-1), a confirmé une décision de première instance: les documents de réclamations doivent être détruits après 15 ans, à moins que l’auteur du témoignage autorise sa conservation, au Centre national pour la vérité et réconciliation. La Cour d’appel a estimé que les témoignages ne peuvent être considérés comme des documents fédéraux, que le principe de confidentialité doit primer, et que la décision appartient aux seuls survivants.

Au cours du siècle dernier, environ 150 000 enfants des Premières Nations et des communautés inuites et métis au pays ont été emmenés de force dans des pensionnats fédéraux, habituellement tenus par des congrégations religieuses, dans le but avoué de les assimiler. Plusieurs y ont subi des sévices terribles.

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Une nouvelle découverte archéologique grâce aux inondations


Les inondations ont quelques fois des bons côtés pour découvrir l’histoire du passé. Un site amérindien au Canada a ressurgi a une époque qui pourrait peut-être donner des réponses sur l’influence progressif des Européens en Amérique
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Une nouvelle découverte archéologique grâce aux inondations

 

L'archéologue Derrick Foster racle la terre à la découverte d'os de bisons au site de fouilles McKinnon Flats.

L’archéologue Derrick Foster racle la terre à la découverte d’os de bisons au site de fouilles McKinnon Flats.    PHOTO : TIPHANIE ROQUETTE/RADIO-CANADA

À quelques mètres d’un escarpement surplombant la rivière Bow, dans un trou d’un mètre de profondeur, des os de bison surgissent de la terre. McKinnon Flats, une zone de pêche à 60 km au sud-est de Calgary, est l’un des plus récents sites de fouilles archéologiques découverts en Alberta grâce aux inondations de juin 2013.

Un texte de Tiphanie Roquette

La découverte de cette pierre, au milieu à droite, a incité les archéologues à fouiller cet endroit.

La découverte de cette pierre, au milieu à droite, a incité les archéologues à fouiller cet endroit.   PHOTO : TIPHANIE ROQUETTE/RADIO-CANADA

L’érosion de l’escarpement par les flots de la rivière a révélé des signes d’une présence autochtone il y a plusieurs centaines d’années. Après avoir pelleté à 15 endroits différents pour sonder le terrain, les archéologues sont tombés sur une pierre. Cette roche, ordinaire pour l’oeil amateur, était en fait un outil utilisé par les Premières Nations pour tuer les bisons et pulvériser les os.

Après un mois de fouille, le site a dévoilé plusieurs couches d’os de bison, le signe d’une utilisation régulière de l’endroit. Les archéologues pensent que le lieu servait à tuer les bêtes et un peu plus loin, le long de l’escarpement, les animaux étaient dépecés.

Un des deux chantiers de fouilles à McKinnon Flats.

Un des deux chantiers de fouilles à McKinnon Flats.   PHOTO : TIPHANIE ROQUETTE/RADIO-CANADA

Mieux connaître l’histoire des Premières Nations

Sans artefact majeur découvert, les archéologues ont dû mal à estimer l’âge des restes, mais ils croient que le site était utilisé par les Premières Nations il y a au moins 500 ans. C’est une période assez peu connue dans l’histoire de l’Alberta, explique Dan Meyers, archéologue pour la société Lifeways embauchée par le gouvernement pour explorer le site.

Les Premières Nations vivaient encore beaucoup de la chasse à cette époque, mais l’influence des Européens commençait à se faire sentir, notamment par le commerce et l’introduction de nouveaux outils. Comment cela a-t-il influencé les pratiques des Premières Nations? Les archéologues espèrent que ce site de fouilles leur donnera des réponses.

Nous comblons un trou de notre histoire. Dan Meyer, archéologue 

Des fouilles menacées

Après les inondations de juin 2013 et la mise à jour des premiers fossiles, le gouvernement albertain a financé un programme de trois ans de préservation des découvertes archéologiques. Au total, 100 nouveaux sites de fouilles ont été découverts et de nouveaux artefacts ont été dévoilés dans 87 sites déjà connus.

Le site de fouilles se site à quelques mètres de l'escarpement de la rivière Bow.

Le site de fouilles se site à quelques mètres de l’escarpement de la rivière Bow.   PHOTO : TIPHANIE ROQUETTE/RADIO-CANADA

Si les inondations ont été le déclencheur d’une prolifération de découvertes archéologiques, elles en sont aussi une menace. La puissance de l’eau a érodé des centaines de berges, fragilisant le terrain.

Un peu plus en amont de la rivière Bow, à quelques kilomètres de McKinnon Flats, les archéologues avaient ainsi trouvé des signes de la base de tipis en 2014. L’endroit a depuis disparu, emporté par l’érosion de la berge.

Beaucoup d’objets ont déjà disparu, ce qui rend encore plus urgent notre travail. Wendy Unfreed, archéologue pour le ministère de la Culture de l’Alberta

Les artefacts trouvés seront documentés et envoyés au Musée royal de l’Alberta. Les découvertes les plus intéressantes seront exposées au public.

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