Un tunnel vieux de 400 ans avec des gravures préhispaniques découvert à Mexico


Un tunnel qui a été construit avec des gravures préhispanique. Cependant, une hypothèse suggère une influence espagnole et romaine pour la construction du barrage et que des pierres de d’autres sites auraient été utilisées.
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Un tunnel vieux de 400 ans avec des gravures préhispaniques découvert à Mexico


Un tunnel vieux de 400 ans avec des gravures préhispaniques découvert à MexicoLe tunnel a été découvert à moins d’un kilomètre de l’Albarradón de Ecatepec construit au XVIIe siècle pour protéger Mexico des inondations.© Edith Camacho, INAH

Par Emeline Férard

A Mexico, des archéologues ont mis au jour un tunnel de près de neuf mètres de large comportant des gravures préhispaniques. Datant du XVIIe siècle, la structure se trouve à proximité d’une digue colossale appelée Albarradón de Ecatepec construite à l’époque pour protéger la région des inondations.

En menant des travaux en vue de l’ouverture d’une nouvelle ligne de bus, des archéologues ont fait une nouvelle découverte dans les sous-sols de Mexico. Ils ont mis au jour un vaste tunnel de pierre étendu sur 8,40 mètre de large. D’après l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (INAH), la structure remonterait au XVIIe siècle mais les fouilles y ont révélé des observations intrigantes.

Sur ses parois, les spécialistes ont en effet découvert onze gravures préhispaniques sous la forme de pétroglyphes et de reliefs en stuc. Parmi les représentations de la partie orientale, ils ont distingué un chimalli – un bouclier de guerrier -, la tête d’un rapace, une pointe de silex ainsi qu’un élément décrit par l’archéologue Alfonso Caso comme un « ornement en papier ».

Plusieurs pierres gravées sont apparues au niveau de l’arche du tunnel récemment mis au jour. – Edith Camacho, INAH

Au niveau de l’arche du tunnel, l’équipe a constaté la présence d’une structure appelée teocalli – un temple préhispanique – et de caractéristiques suggérant une évocation à Tlaloc, le dieu aztèque de l’eau, des pluies et de la fertilité qui tenait un rôle important dans la religion de ce peuple préhispanique. Dans la partie ouest, des représentations font encore l’objet d’un examen détaillé pour comprendre de quoi il s’agit.

Une vaste digue pour protéger Mexico

Comment ces gravures aztèques sont-elles arrivées là ? C’est la question que les spécialistes tentent d’élucider. Une piste a déjà commencé à se dessiner. La présence de ce tunnel n’est en effet pas totalement une surprise. Le passage a été découvert à proximité de ce que les archéologues appellent l’Albarradón de Ecatepec, ou anciennement Albarradón de San Cristóbal.

Reconnue monument historique depuis 2001, cette structure est une digue colossale qui visait à protéger la région de Mexico des inondations auxquelles elle est particulièrement vulnérable en raison de sa position. L’histoire de l’albarradón remonte au XVe siècle lorsque Moctezuma Ier, empereur aztèque, a ordonné la construction d’un premier barrage d’une dizaine de kilomètres à travers une partie de la ville.

Mais quelques années plus tard, selon l’INAH, cette première structure a été détruite, pour permettre le passage du conquistador Hernán Cortés. La cité qui avait commencé à s’étendre, s’est alors retrouvée de nouveau exposée au risque d’inondations périodiques et elle n’y a pas échappé. En 1604, Mexico a une nouvelle fois été inondée, déclenchant la construction d’une seconde digue, celle de San Cristóbal.

Le barrage qui s’étendait sur quatre kilomètres a été érigé en l’espace de huit mois et comportait plusieurs conduits d’échappement. Il a résisté pendant deux décennies avant d’être submergé par l’inondation catastrophique survenue en septembre 1629 – la tromba de San Mateo – qui a provoqué une montée des eaux de deux mètres et laissé Mexico inondée durant cinq ans.

Des pierres réutilisées ?

Les archéologues explorent les ruines de l’Albarradón de Ecatepec depuis 2004. Les fouilles ont permis de déterminer sa structure exacte et d’évaluer son étendue. L’INAH pense ainsi que le tunnel découvert constituait l’un des passages liés à la digue. Quant à l’existence des gravures aztèques, elle pourrait s’expliquer par la présence d’autochtones parmi les constructeurs.

Pour bâtir le barrage en peu de temps, il a en effet fallu faire appel à quelque 3.000 habitants des villages voisins. Or, les recherches ont montré que la construction ne montre aucune trace de méthodes préhispaniques mais plutôt une influence romaine et espagnole. Une hypothèse suggère ainsi que les pierres gravées faisaient sans doute partie d’autres monuments avant d’être réutilisées pour la digue.

Raúl García, coordinateur du projet sur l’Albarradón de Ecatepec, a précisé que ce n’est pas la première fois qu’ils observent des matériaux de réutilisation. En revanche, ils n’avaient jamais révélé des pierres gravées dans cette configuration. Le projet mené par l’INAH et le gouvernement de Mexico vise à restaurer mais aussi valoriser ces ruines du passé qui ont traversé les siècles.

Dans ce cadre, les archéologues ont expliqué que certaines parties de la digue avaient été restaurées voire reconstruites. A terme, ils projettent de créer des parcs publics pour que les habitants puissent observer les vestiges tout en les protégeant.

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Mexique: vogue de la nourriture préhispanique à base d’insectes


Je ne sais pas pour une raison ou une autre, en cas de disette  par exemple j’opterais pour manger des insectes. Ce sont d’autres cultures qui mérite probablement qu’un jour ou l’autre nous y accordions un regard neuf
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Mexique: vogue de la nourriture préhispanique à base d’insectes

 

L'une des créations du chef Fortino Rojasest un... (PHOTO OMAR TORRES, AFP)

L’une des créations du chef Fortino Rojasest un plat d’oeufs de fourmi, «le caviar mexicain», servi accompagné de pétales de chrysanthèmes et d’une sauce à la mangue.

PHOTO OMAR TORRES, AFP

JENNIFER GONZALEZ COVARRUBIAS
Agence France-Presse
MEXICO

Vers, oeufs de moustique, sauterelles et même punaises, insectes qui faisaient partie du régime alimentaire commun à l’époque préhispanique, connaissent une vogue croissante dans des restaurants de toutes catégories à Mexico.

«On assiste à un boom des insectes. Les oeufs de fourmi, un mets délicat qui se vend 75 euros (106 $) le kilo, partent très rapidement».

Les punaises «créent encore un peu un choc quand on les sert vivantes, mais c’est ainsi qu’elles sont meilleures», explique Daniel Ovadia, chef du très select restaurant Paxia.

Un autre représentant de la nourriture préhispanique, pratiquement oubliée pendant toute la période de la conquête espagnole, est le restaurant Chon, pionnier dans ce domaine.

 

PHOTO OMAR TORRES, AFP

Le caviar mexicain

Dans cet établissement, situé dans le quartier populaire de La Merced, le chef Fortino Rojas élabore depuis près de quarante ans toutes sortes de plats excentriques. Il y a quelques années il mettait à son menu de la viande de lion, remplacée depuis son interdiction, par du crocodile.

Tandis qu’il prépare une tortilla aux oeufs de moustique, qui ont un goût un peu comparable à ceux des crevettes, mais en plus intense, il résume ainsi sa philosophie culinaire:

«tout ce qui se déplace sur ses pattes, vole ou rampe est bon pour la marmite».

Rojas encourage tout le monde à «goûter les plats faits avec ces aliments que nous donne la terre du Mexique, car ce sont des aliments très nutritifs, bons et légers».

«Il faut le faire avant que ces animaux soient privés de leur milieu naturel à cause des dégâts causés à l’environnement»

L’une de ses créations est un plat d’oeufs de fourmi, «le caviar mexicain», servi accompagné de pétales de chrysanthèmes et d’une sauce à la mangue.

Pedro Hernandez vend des insectes dans sa boutique du marché de San Juan, connu à Mexico pour l’extraordinaire variété de produits qu’on peut y trouver. En juin, il a inauguré un petit restaurant situé à côté de son échoppe où l’on vend des punaises, de gros vers d’agave – la plante mexicaine dont le suc fermenté donne la tequila –  et de croustillantes sauterelles qui se mangent grillées avec de l’ail et de l’huile d’olive, ou bien avec du citron et un peu de piment.

À «La cuisinette de San Juan», les clients peuvent «goûter, déjà préparé, tout ce qui attire leur curiosité et ensuite les acheter crus munis d’une recette», explique Hernandez.

«Ça a un goût de viande, c’est vraiment bon», observe, souriante, Nicole Olivarez, une étudiante en médecine qui fait l’expérience pour la première fois d’une soupe de maïs accompagnée de vers d’agave frits.

Le palais mexicain «s’est occidentalisé» et a oublié des produits qui «en plus d’être succulents, sont très nourrissants», commente son compagnon, Miguel Diaz, un enseignant.

Margarita Martin, une femme au foyer, approuve devant un étal de San Juan où elle achète un demi-kilo de vers d’agave vivants.

«Nous venons les acheter durant toute la saison des pluies, on ne veut pas les rater», dit Margarita qui livre sa recette: elle trempe les vers dans de l’huile bouillante et les sert simplement avec «une tortilla et une bonne sauce».

Une solution contre la faim dans le monde?

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a recommandé dans un récent rapport l’ingestion d’insectes comme l’un des moyens de lutte contre la faim qui touche quelque deux milliards de personnes dans le monde.

Dans le cas des enfants qui souffrent de malnutrition, les insectes peuvent tenir lieu de complément alimentaire «particulièrement important», selon la FAO.

Cent grammes de viande de boeuf sont constitués à 40% de protéines, alors que dans le même poids de sauterelles «ou de tout autre insecte», la proportion atteint le double, selon Gabriela Jiménez, chercheuse de l’Université nationale autonome du Mexique.

«Les insectes ont tous les acides aminés indispensables à l’homme. En outre, leur cycle de vie est rapide. Un insecte devient adulte au bout de deux mois et une femelle peut avoir quelque 800 oeufs», explique-t-elle.

Elle espère que les Mexicains, touchés par un des plus forts taux d’obésité au monde, vont augmenter leur consommation de ce type d’aliments.

«Ça ne fait pas grossir. Et on peut fabriquer de la farine à partir de n’importe quel insecte», dit-elle.

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