Le Saviez-Vous ► A quoi servent ces maudits moustiques piqueurs et vecteurs de maladies ?


Même si ce n’est que 6 % sur environs 3 500 espèces de moustiques et seulement les femelles qui piquent, on ne les aime pas du tout. L’éradication de ces bestioles n’est pas la solution, car par expérience, on sait ce que nous exterminons, il y a des graves conséquences. Ces mal-aimés sont importants dans la chaîne alimentaire et pour l’écosystème aquatique. De plus, l’ingéniosité du dard du moustique a donné naissance aux seringues que nous connaissons.
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A quoi servent ces maudits moustiques piqueurs et vecteurs de maladies ?

maudits moustiques

Par Fabrice Renault

Le moustique n’est-il que l’ennemi de l’homme ? Y a-t-il une seule bonne raison de ne pas voire disparaître tous les moustiques de la surface du globe ? Bon et bien, il est temps de tenter d’apporter une réponse sur la question ô combien existentielle du rôle caché de ces maudits moustiques sur la planète…

A quoi servent ces maudits moustiques piqueurs et vecteurs de maladies ?

Le moustique est sans doute l’ennemi de nos belles nuits d’été, synonyme de piqûres, de boutons et de démangeaisons. Mais il est loin de se contenter de cela. En effet, il est également le vecteur de divers maladies. Il décroche même la palme du règne animal pour ce qui concerne le nombre de morts causé chez l’être humain.

Il n’est donc sans doute pas illégitime de se poser la question de son utilité sur terre. Au-delà des dégâts qu’il inflige à l’homme, le moustique a-t-il une réelle utilité pour la nature ? Plus encore, celle-ci pourrait-elle surmonter sa disparition ?

Si piqûres, rougeurs et démangeaisons vous rendent fous, attendez de lire ce qui suit sur ces maudits moustiques. Le constat sanitaire qui leur est directement imputable est conséquent.

Paludisme : une hécatombe directement imputable au moustique

Le paludisme (ou malaria) que transporte le moustique aurait tué la moitié des personnes qui ont déjà vécu sur Terre ! Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le moustique infecté, Anopheles gambiae, serait responsable de 7 millions de morts par an. Transmis par les moustiques ­anophèles, le ­paludisme tue 1 000 enfants par jour…

maudits moustiques

Deux autres espèces, Aedes aegypti et Aedes albopictus, sont les principaux vecteurs des virus de la fièvre jaune, de la dengue, du chikungunya ainsi que de la fièvre Zika. Cette dernière a récemment été déclarée «urgence de santé publique de portée mondiale» par l’OMS. En effet, on estime de 3 à 4 millions de cas déclarés cette année dans les Amériques. Au final, on arrive à ce constat :

Une seule créature tue plus d’hommes que l’homme lui-même, c’est le moustique.

Mais alors, y a-t-il une seule raison de ne pas souhaiter la disparition totale des moustiques ? C’est vrai que de prime abord, on serait tenter de croire que les moustiques ne sont là que pour nous dévorer…

Bien sûr, comme vous vous en doutiez peut-être, leur omniprésence dans notre environnement est loin d’être inutile. On peut même distinguer plusieurs points positifs à leur existence. Et bien oui en fait, comme d’habitude : Dame Nature n’as rien laissé au hasard !

Quand les moustiques ne sont pas que de vilains suceurs de sang humain

Ils sont acteurs à part entière de la biocénose

maudits moustiques

Au sein de la chaîne alimentaire, les moustiques servent de nourriture à de nombreuses espèces, comme les poissons, oiseaux, reptiles, insectes. Au stade de larves, ils sont gobés par des invertébrés aquatiques, des batraciens et des poissons. Puis, adultes, ils constituent les mets de prédilection d’oiseaux, de chauve-souris, de grenouilles, d’araignées, de lézards ou de libellules.

Les moustiques nourrissent beaucoup de prédateurs et c’est donc sur eux que repose une partie de la chaîne alimentaire. Le moustique est ainsi l’aliment principal des oiseaux migrateurs, lors de leur passage dans la toundra.

Si ce plat de prédilection venait à manquer, Bruce Harrisson, entomologiste au Ministère de l’Environnement et des Ressources Naturelles en Caroline du Nord, estime que :sans les moustiques  le nombre d’oiseaux chuterait de plus de 50 % !

    Ils dépolluent les écosystèmes aquatiques

    Les scientifiques ont démontré que les larves de moustiques jouent un rôle de filtre dans les écosystèmes aquatiques. Elles s’y nourrissent de déchets et de micro-organismes. En effet, les larves se développent dans l’eau, pour se nourrir et grandir, elles filtrent cette eau. Se faisant, elles la débarrassent des bactéries qui s’y trouvent, contribuant ainsi à nettoyer et dépolluer notre environnement.

    Les moustiques participent donc au cycle de l’azote, en intervenant dans la première étape de décomposition de l’azote organique en azote minéral. Ils filtrent les eaux et évitant ainsi l’eutrophisation des milieux, qui est une forme singulière mais naturelle de pollution de certains écosystèmes aquatiques, qui se produit lorsque le milieu reçoit trop de matières nutritives et que celles-ci prolifèrent.

    Ils sont de petits pollinisateurs

    maudits moustiques

    Contrairement à ce que l’on croit le moustique ne se nourrit pas vraiment de sang. Sur les 3 500 espèces répertoriées, seulement 6% piquent effectivement les humains. Et dans ces 6%, seules les femelles ont un régime hématophage, piquant voracement à travers la peau pour sucer le sang de leur victime. Et elles ne le font pas pour se nourrir, mais pour apporter des protéines à leurs œufs pour qu’ils parviennent à maturation.

    Lors d’un « repas sanguin » complet, une femelle moustique peut prélever jusqu’à 10 microlitres de sang. Parmi les différentes espèces recensées ont distingues :

  • les moustiques anthropophiles, attirés par l’homme

  • les mammophiles, attirées par les mammifères

  • les ornithophiles, attirées par les oiseaux

  • les batracophiles, qui s’attaquent aux batraciens

  • et enfin les herpétophiles, qui font des reptiles leurs proies

    En réalité, le moustique a besoin de sucre pour voler. Et c’est là qu’il est utile à son environnement. Il passe donc de fleur en fleur pour en récupérer le sucre. C’est ainsi qu’il va polliniser les plantes et permettre leur fécondation. Il est admis que les moustiques participent au même titre que d’autres insectes, à la pollinisation des végétaux.

    Les moustiques suscitent l’intérêt des chercheurs en médecine

    Lorsqu’il nous pique, le moustique nous injecte de la salive contenant un anti-coagulant. Celui-ci neutralise nos plaquettes et sert à endormir la plaie afin d’éviter qu’on l’écrase alors qu’il s’y trouve encore. Cela lui sert aussi à diluer le sang pour que celui-ci puisse remonter facilement dans sa trompe, sans coaguler.

    Mais ce produit provoque aussi une réaction immédiate des mastocytes, des cellules situées dans la couche inférieure de l’épiderme. Celles-ci sécrètent notamment de l’histamine, un neuromédiateur responsable de cette désagréable démangeaison ressentie.

    Or, ceci intéresse de près la médecine. Les anticoagulants sont notamment utiles face aux maladies cardiovasculaires, lorsqu’on cherche à éviter qu’un caillot ne se forme dans les artères par exemple. Beaucoup de problèmes liés au processus de coagulation restent non résolus.

    Ils sont à l’origine d’une innovation biomimétique

    maudits moustiques

    Saviez-vous que les aiguilles médicales actuellement utilisées sont directement inspirées de la trompe des moustiques ?

    En effet, les piqûres indolores des moustiques ont suscité l’intérêt de deux sociétés japonaises. Elles ont donc décidé de copier cette vertu pour élaborer des aiguilles médicales d’un nouveau type : des aiguilles qui, comme la trompe du moustique, sont de forme conique et non plus cylindrique.

    Après cinq années consacrées à la recherche, deux ingénieurs, Masayuki Okano et Tetsuya Oyauchi, ont découvert une nouvelle méthode défiant les spécialistes et les méthodes traditionnelles de production d’aiguilles. C’est ainsi qu’en 2005, les nouvelles aiguilles Nanopass 33, fabriquées en titane, sont mises sur le marché et se vendent à des millions d’exemplaires.

    Cette aiguille a un diamètre externe de 60 micromètres et un diamètre interne de 25 micromètres, comparable au diamètre de la trompe des moustiques de 30 à 40 micromètres. Grâce à cette miniaturisation, le désagrément associé aux seringues ne représente désormais pas plus qu’une piqûre de moustique, soit une douleur quasi inexistante.

    Éradiquer les moustiques : un impact écologique incertain

    Tous ces rôles sont-ils réellement capitaux pour la biodiversité ? D’autres insectes ne pourraient-ils pas remplacer le moustique s’il venait à disparaître ? Lorsqu’on leur demande, les chercheurs eux-mêmes ne sont pas sûrs des retombées écologiques d’une disparition totale des moustiques. Ils affirment toutefois qu’il y aurait bel et bien de sérieuses conséquences. Ainsi, Frédéric Simard, entomologiste et directeur de recherches à l’Institut de Recherche pour le Développement, explique :

Aucune de ces espèces n’est irremplaçable. Leur disparition pourrait être compensée par l’arrivée d’autres insectes, tels les chironomes (fiche Wiki), qui profiteraient de l’espace ainsi libéré, car la nature a horreur du vide (…) On ne connaît pas de prédateur qui dépende spécifiquement des moustiques.

Jusqu’ici, les spécialistes luttaient contre les moustiques essentiellement en utilisant des insecticides. Malheureusement, en plus de les tuer, à l’aide de pesticides, il faudrait aussi endommager leurs habitats, en vidant des étangs, lacs, ruisseaux. Ceci aurait inévitablement des répercussions sur d’autres espèces animales. Mais détruire leur habitat ne serait pas suffisant. Il faudrait aussi tuer les larves à l’aide de larvicide, ce qui multiplierait les conséquences probables.

De plus, des résistances sont apparues chez les insectes au cours des dernières années, poussant les chercheurs à trouver d’autres méthodes sélectives d’éradication plus complexes mais aussi plus efficaces, comme la « naissance contrôlée du moustique ».

Quoi qu’il en soit, une éradication totale du fléau moustique relève de l’utopie. Frédéric Simard affirme :

Ils étaient là bien avant nous sur Terre, ils n’ont jamais cessé de s’adapter et ils ne sont pas menacés par l’érosion de la biodiversité. On peut tout au mieux tenter de contrôler les moustiques qui transmettent des maladies, afin qu’ils ne représentent plus un problème de santé publique.

L’impossible éradication

Souvenons-nous du cas de l’Amérique Latine, qui avait entrepris une bataille herculéenne dans les années 1950 et 1960 pour éradiquer Aedes aegypti.

L’Organisation Panaméricaine de la Santé avait mis en œuvre toutes les mesures les plus efficaces de l’époque à une échelle massive, y compris vaporiser du très toxique insecticide DDT, depuis interdit. Mais une fois les efforts relâchés, les moustiques étaient revenus sur le continent et avaient également rejoint l’Asie et l’Afrique.

En rayant les moustiques de la surface de la Terre, ne risque-t-on pas, par un effet domino, de provoquer l’extinction d’autres espèces animales ? Et s’il s’avère que l’une de celles-ci mange à son tour des insectes ravageurs de récoltes, déclenchant de facto une famine qui ferait beaucoup plus de morts ?

Reste la question éthique et morale

l’homme peut-il supprimer des espèces entières, aussi meurtrières soient-elles, alors que les humains eux-mêmes constituent un danger pour la nature dans son ensemble ?

Quoi qu’il en soit, l’ère d’un monde sans moustiques n’est pas pour demain. Toutefois, réussir à réduire et contrôler les espèces de moustiques qui transmettent des maladies, pourrait représenter l’une des plus grandes victoires de la santé publique de l’histoire.

Un article de Sophie Guittat

https://www.mieux-vivre-autrement.com/

Il faut cesser de lutter contre les pissenlits, disent des experts


Si j’avais une maison, je ne voudrais plus de pelouse, mais quelque chose de plus naturel. Une pelouse demande beaucoup de soin, de l’eau, et souvent les gens vont mettre des produits chimiques tels que les herbicides pour se débarrasser des pissenlits. C’est un combat à faire à chaque été. Est-ce que cela vaut vraiment la peine ? De plus, les pissenlits sont là pour rester, et s’avèrent utiles pour les insectes pollinisateurs, de plus les feuilles peuvent se servir en salade …
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Il faut cesser de lutter contre les pissenlits, disent des experts


Une abeille butine un pissenlit.

Une abeille butine un pissenlit. Photo: Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Charles D’Amboise

Souvent considéré comme un intrus, le pissenlit est essentiel aux écosystèmes de la ville ou de la campagne. Il faut cesser de le combattre et laisser la nature suivre son cours, affirment des experts en biologie et en apiculture.

Pour le biologiste Claude Villeneuve, les compagnies d’engrais et d’herbicides entretiennent depuis des lunes le mythe « que le pissenlit est une plante envahissante à éliminer ».

« Ça ne date pas d’hier. Si vous regardez les publicités pour l’aménagement paysager, on voit toujours que pour les hommes, la pelouse, c’est comme une bête à maîtriser. C’est jaune et c’est la plante parfaite pour les vendeurs de pesticides. Il n’y a jamais moyen de s’en débarrasser. C’est des ventes à répétition. »

Selon l’expert, le marketing entretient « le désir d’avoir une pelouse verte », alors qu’en fait, « avoir une pelouse verte est très nuisible pour l’environnement ».

Maintenir des pelouses vertes, ça demande énormément d’énergie. Ça demande du pétrole, des engrais qui sont des polluants, ça demande énormément d’eau. Claude Villeneuve, biologiste

M. Villeneuve ajoute que la guerre aux pissenlits est inutile parce que son éradication est pratiquement impossible, ajoute le biologiste.

« Pour des façons difficiles à comprendre, les gens se font une obsession de la lutte aux pissenlits. C’est une lutte perpétuelle à recommencer avec des résultats discutables. »

Et les abeilles!

Au printemps, la plante est aussi activement prisée par les insectes pollinisateurs.

« C’est vraiment une ressource florale attirante entre autres pour les abeilles », indique Valérie Fournier, professeure titulaire au Centre de recherche et innovation sur les végétaux de l’Université Laval.

« Au printemps, on a souvent un manque de fleurs alors que les abeilles refont leur colonie. Le pissenlit tombe à point pour les nourrir de manière bien nutritive », affirme-t-elle.

La chercheuse ajoute qu’avec l’engouement grandissant pour les ruches en milieu urbain, les pissenlits ont leur place dans les espaces verts.

« Quand on ajoute des ruches en milieu urbain, c’est qu’on ajoute des grandes quantités d’abeilles. Si on n’ajoute pas de fleurs, à un moment donné, on va saturer l’environnement. Avec le pissenlit, c’est facile, on n’a pas à le planter et c’est une source de nourriture abondante », poursuit-elle.

« On veut une diversité florale. Le pissenlit ne va pas devenir une plante dominante. Il faut laisser la nature faire un équilibre », dit-elle.

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La destruction de la nature, une menace pour l’Homme autant que le réchauffement


Nous n’avons plus le choix, et il y a urgence ! Il faut accepter de changer notre consommation et notre mode de vie car la nature souffre ! Sans la nature, nous ne pouvons survivre.Il faut arrêter la déforestation, changer pour le mieux l’agriculture, le gaspillage etc ..
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La destruction de la nature, une menace pour l’Homme autant que le réchauffement

 

Si le mot «biodiversité» semble parfois bien abstrait,... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

Si le mot «biodiversité» semble parfois bien abstrait, il concerne toutes les espèces animales ou végétales vivant sur la planète, y compris celle qui se met elle-même en danger en détruisant la nature : l’Homme.

AMÉLIE BOTTOLLIER-DEPOIS
Agence France-Presse
Paris

Le message lancé lundi à l’ouverture d’une réunion mondiale sur la biodiversité est clair : la destruction de la nature menace l’Homme «au moins autant» que le changement climatique et mérite donc autant d’attention pour éviter des impacts dévastateurs.

Scientifiques et diplomates de plus de 130 pays sont réunis jusqu’à samedi pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans, un sombre inventaire d’une nature pourtant vitale pour l’humanité.

«Les preuves sont incontestables : notre destruction de la biodiversité et des services écosystémiques a atteint des niveaux qui menacent notre bien-être au moins autant que les changements climatiques induits par l’Homme», a déclaré Robert Watson, président de Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

Le groupe d’experts a travaillé pendant trois ans sur un rapport de 1800 pages qui devrait devenir la référence scientifique en matière de biodiversité, comme le sont ceux du GIEC pour le climat.

Si le mot «biodiversité» semble parfois bien abstrait, il concerne toutes les espèces animales ou végétales vivant sur la planète, y compris l’espèce qui se met elle-même en danger en détruisant la nature : l’Homme. Et l’Homme ne peut vivre sans cette nature qui lui rend des services inestimables, des insectes pollinisateurs aux forêts et océans absorbant le CO2, en passant par les médicaments ou l’eau potable.

Alors comme pour le climat, «ce mois d’avril 2019 peut marquer le début d’un « tournant parisien » similaire pour la biodiversité et les contributions de la nature aux populations», a estimé M. Watson, en référence à l’accord de Paris, en 2015.

Beaucoup espèrent que cette évaluation sera le prélude à l’adoption d’objectifs ambitieux lors de la réunion en 2020 en Chine des États membres de la Convention de l’ONU sur la diversité biologique (COP15).

Quasiment aucun des 20 objectifs précédemment définis pour 2020, qui visent une vie «en harmonie avec la nature» d’ici 2050, ne seront atteints, selon le projet de synthèse du rapport, projet qui sera discuté, amendé et adopté ligne par ligne par les délégués avant sa publication le 6 mai.

«Le patrimoine environnemental mondial […] est en train d’être altéré à un niveau sans précédent», met en garde ce texte.

Un quart des 100 000 espèces évaluées – portion minime des 8 millions estimées sur Terre – sont déjà menacées d’extinction, sous pression de l’agriculture, de la pêche, de la chasse, ou encore du changement climatique.

Mais «une accélération rapide imminente du taux d’extinction des espèces» se profile, selon le projet de rapport : entre 500 000 et un million devraient être menacées, dont «beaucoup dans les prochaines décennies».

«Modifier notre consommation»

Des projections en accord avec ce que décrivent depuis des années certains scientifiques : le début de la 6e«extinction de masse», la première depuis l’arrivée des hommes sur la planète.

Le texte fait clairement le lien entre les deux menaces majeures que sont le réchauffement et les atteintes à la nature, identifiant certaines causes similaires, en particulier les pratiques agricoles et la déforestation, responsables d’environ un quart des émissions de CO2 mais aussi de graves dommages directs aux écosystèmes.

Le tout sur une planète de plus en plus peuplée dont les habitants consomment de plus en plus.

«Il ne faut pas seulement modifier la production agricole, il faut aussi modifier notre consommation. Par exemple, un régime alimentaire bien équilibré est bon pour notre santé et aussi bon pour la planète», a expliqué Paul Leadley, un des auteurs du rapport.

«Si on mange un peu moins de viande rouge, ça réduit les gaz à effet de serre et […] ça laisse plus de place aux milieux naturels», a ajouté le chercheur.

Mais vu l’ampleur des réformes à mettre en place, qui impliquent une véritable transformation de nos modes de vie, les résistances risquent d’être encore plus fortes que pour la lutte contre le changement climatique.

«Il pourrait y avoir des difficultés avec certains pays. Nous ne savons pas comment le Brésil va réagir, avec le nouveau gouvernement (de Jair Bolsonaro). Nous ne savons pas ce que les États-Unis pensent de cette évaluation», note ainsi Günther Mitlacher, de WWF, qui décrit aussi une division Nord-Sud semblable à la géopolitique climatique.

Avec notamment des pays africains très demandeurs d’actions parce qu’«ils voient que leur population dépend des ressources naturelles», ajoute-t-il.

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Les bourdons seraient en voie de disparition imminente au Canada


42 des 850 espèces d’abeilles sont des bourdons au Canada et de ces 42 % beaucoup sont en baisse et cela cause un gros problème de pollinisation. Des abeilles ont des préférences et les plantes convoitées par les bourdons sont négligés. Le changement climatique y est pour quelques choses, mais aussi la perte d’habitat, l’agriculture ….
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Les bourdons seraient en voie de disparition imminente au Canada

 

In this July 8, 2015 photo a bumblebee gathers nectar on a wildflower in Appleton, Maine. Maine scientists say the state needs to take a broad census of its bumblebees to ensure the security of its beloved blueberry and cranberry crops, and the state is enlisting its residents to make it possible. (AP Photo/Robert F. Bukaty)

Un bourdon butine. Photo: Associated Press / Robert F. Bukaty

Radio-Canada

Le bourdon américain serait en voie de « disparition imminente » au Canada et cela pourrait avoir des effets néfastes sur plusieurs écosystèmes, prévient une équipe de chercheurs de l’Université York à Toronto.

La classification de disparition imminente est considérée comme la plus élevée avant que soit déclarée l’extinction définitive.

Environ 42 des 850 espèces d’abeilles au Canada sont des bourdons – des pollinisateurs importants pour la culture, notamment les pommes, les tomates, les bleuets et les légumineuses, ainsi que les arbres, les arbustes et les fleurs sauvages.

Le professeur Laurence Packer de l’Université York souligne que bon nombre des 42 espèces de bourdons présentent des baisses substantielles de population.

« Ce déclin d’importants pollinisateurs va avoir des impacts en amont sur tout l’écosystème », a déclaré Packer.

À mesure que le nombre d’espèces de bourdons diminue, les plantes sont pollinisées d’une manière différente.

M. Packer explique que les abeilles ont des préférences particulières. Ainsi, lorsque certaines espèces sont perdues, les fleurs qu’elles préfèrent sont moins pollinisées.

Les conclusions des chercheurs de l’Université York sont détaillées dans une nouvelle étude publiée dans le Journal of Insect Conservation, le 17 avril dernier.

Les chercheurs ont constaté que la zone d’occurrence du bourdon américain avait diminué d’environ 70 % et que son abondance relative avait diminué de 89 % de 2007 à 2016, comparativement à la période comprise entre 1907 et 2006.

L’étude classe le risque d’extinction du bourdon américain à un niveau plus élevé que la dernière évaluation d’un comité consultatif fédéral, selon laquelle l’espèce faisait l’objet d’une préoccupation spéciale en matière d’extinction, plutôt que d’un risque imminent.

« Nous avons examiné les données historiques sur une période de 100 ans et les avons comparées aux 10 dernières années. Nous avons constaté une diminution de près de 89 % de l’abondance par rapport aux autres abeilles. C’est vraiment préoccupant », explique Victoria MacPhail, une collègue de M. Packer.

Elle cite comme explications possibles les changements climatiques et la perte d’habitats naturels causés par le développement de l’agriculture.

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Le contenu de votre assiette risque de changer avec le réchauffement climatique


En fin de semaine, en faisant l’épicerie, je n’ai pas voulu acheter un céleri à 4 $. Les aliments changent de goût et de prix et de valeur nutritive. Vouloir une alimentation équilibrée pourra être plus compliqué surtout si nous continuons à acheter des produits hors saisons venant d’ailleurs. Les changements climatiques vont continuer, nous devons changer de comportement, protéger ce que l’on peut de la faune et de la flore. Si ce n’est pas pour nous, faisons-le pour nos enfants et ceux qui suivront.
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Le contenu de votre assiette risque de changer avec le réchauffement climatique

 

Des fruits et légumes à l'épicerie

Des fruits et légumes à l’épicerie Photo: AFP / PAUL J. RICHARDS

Andrée Langlois

Les changements climatiques s’accélèrent. D’ailleurs, le Canada se réchauffe deux fois plus vite que la planète. Il y aura différentes répercussions un peu partout et jusque dans notre assiette.

L’agriculture contribue environ au quart de tous les gaz à effet de serre émis chaque année.

C’est donc dire que notre système alimentaire, la manière dont nous produisons et consommons la nourriture, a un impact important sur l’environnement.

« Quand on mange des fraises qui arrivent de Californie ou des épinards qui viennent du Chili, on ne mange pas juste l’aliment. On mange aussi les émissions de cet avion-là qui les a transportés dans notre assiette », affirme la biologiste et experte en climat Catherine Potvin.

Les décisions et les choix que nous faisons aujourd’hui pourraient donc avoir un impact sur la disponibilité des aliments de demain, selon Sylvia Wood, chercheuse au laboratoire d’économie écologique de l’Université du Québec en Outaouais.

De tous les temps, les cultivateurs ont eu à faire face à des intempéries. Ils peuvent composer avec une sécheresse ou une inondation qui se produit tous les cinq ans, mais c’est une autre histoire quand ces situations arrivent chaque année. Tout devient alors précaire. Et comment soutenir une agriculture dans un monde aussi imprévisible? C’est la question que se pose la chercheuse.

Gros plan sur une fraise avec un champ de fraises en arrière plan

Une fraise du Québec Photo : Radio-Canada / Dany Croussette

Nous serons donc confrontés à un manque de disponibilité des aliments chaque année.

Un peu comme la crise du chou-fleur que nous avons connue il n’y a pas si longtemps. Par exemple, une année, les oranges pourraient développer une maladie. Trop chères, elles vont se raréfier, puis ne seront plus disponibles dans les supermarchés. Deux ans plus tard, elles seront de retour aux comptoirs des épiceries, mais cette fois, les fraises seront affectées. Alors, ce qui compose nos assiettes changera d’année en année, selon Sylvia Wood.

Des conséquences économiques

Ces problématiques influenceront énormément le prix des aliments

« Ceci aura des retombés monétaires pour les consommateurs », avance Alain Cuerrier, ethnobotaniste au Jardin botanique de Montréal.

De plus, il y aura assurément des variétés d’aliments qui vont disparaître de notre assiette.

Notamment des variétés de tomates ou encore de pommes qui ne peuvent résister à la chaleur ou au manque d’eau. Sans compter les changements dans la texture des aliments, comme des pommes molles, moins croquantes, par exemple. Des goûts aussi qui risquent de changer, comme le démontrent les travaux d’Alain Cuerrier sur le sirop d’érable.

« Nos travaux montrent des effets plus directs sur la qualité des aliments, par exemple le sirop d’érable du Québec et des États-Unis. On sait que le taux de sucre va diminuer et donc [on obtiendra] un rendement plus faible. »

Un seau est attaché à un érable entaillé.

Récolte de l’eau d’érable au printemps Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Perouma

D’autres recherches montrent une diminution du pouvoir antioxydant de certaines plantes indigènes. Il est donc possible qu’il y ait une diminution de la valeur nutritive de certains aliments, explique Alain Cuerrier.

« Donc, moins de bienfaits pour la santé des gens lié aux changements climatiques. On l’a vu, nous, sur des plantes indigènes. »

Des aliments de tous les jours pourraient aussi être transformés en produits de luxe, notamment le café, sensible aux précipitations. On devra trouver d’autres régions pour cultiver les plants de café, explique Sylvia Wood, et les rendements chuteront.

« Ça va devenir vraiment un aliment de luxe, quelque chose que l’on partage de temps en temps avec des amis, dit-elle. Peut-être que tu ne prendras pas trois tasses par jour. »

Cependant, selon Catherine Potvin, l’assiette des riches ne changera probablement pas. Il y aura toujours des gens dont le pouvoir économique élevé leur permettra de s’acheter des produits plus difficiles à cultiver.

Des impacts sur la faune et la flore sauvages

Mais ce qui est plus inquiétant encore, ce sont les pollinisateurs qui disparaissent ou qui changent leur cycle de vie. Ils ne sont plus synchronisés avec les plantes pour produire les fruits comme les bleuets sauvages par exemple. Et ce, en partie en raison de nos modes de production.

Une abeille sur une fleur

Une abeille lors de la pollinisation d’une fleur Photo : iStock

Il faut donc réfléchir et produire de façon plus efficace sur le plan environnemental comme sur le plan de la nutrition, affirme Colleen Thorpe de l’organisme Équiterre. Quand on sait que la production d’un kilo de boeuf est cinq fois plus polluante que la même quantité de poulet, il faut essayer de voir comment mieux intégrer ces aliments à nos régimes alimentaires afin de diminuer nos impacts sans nécessairement devenir végétarien, souligne Sylvia Wood

D’ailleurs, une nouvelle étude de Eat-Lancet recommande de consommer tout au plus 100 g de boeuf par semaine, soit l’équivalent d’un petit steak ou d’un hamburger.

Des gestes qui, comme l’achat local, peuvent changer les choses. Aujourd’hui, nous avons l’habitude d’avoir tout à notre disposition tout le temps, mais selon Colleen Thorpe d’Équiterre, il faut revenir à une consommation saisonnière, locale et qui a moins d’impacts.

Deux vaches cornues dans un pâturage.

Élevage de bétail Photo : iStock

De son côté, Alain Cuerrier est troublé de voir tous les changements qui se font rapidement dans le Grand Nord chez les communautés Inuits. Un pergélisol qui fond, les baies qui se dessèchent sur les plants et qui n’ont pas le même goût, la moelle des caribous qui n’a pas le même goût non plus, les phoques qui développent plus de maladies… tout cela est une sonnette d’alarme, selon lui.

Nos comportements ont des impacts importants et, jusqu’à présent, la nature est de notre côté, mais il y a urgence d’agir, pour Catherine Potvin de l’Université McGill.

« Jusqu’à présent, si nous, les humains, on réduit nos émissions, la nature va nous aider et elle va nettoyer, mais si on continue à pousser sur la nature et à réchauffer, la nature ne pourra plus le prendre et elle va se mettre à émettre; et là, c’est le point de non-retour. »

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Un vaccin pour les abeilles face à «l’apocalypse des insectes»


On sait que l’agriculture intensive et les pesticides sont des causes de la diminution des pollinisateurs. En plus, les abeilles sont atteintes du syndrome de l’effondrement des colonies d’abeilles. Sur ce point, il semble qu’un vaccin soit possible., qu’on administre à la reine via le sucre et qu’elle transmet l’immunité a sa progéniture.
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Un vaccin pour les abeilles face à «l’apocalypse des insectes»

 

SAM KINGSLEY
Agence France-Presse
Helsinki

En Finlande, des scientifiques ont mis au point ce qu’ils croient être le premier vaccin au monde pour protéger les abeilles, avec l’espoir d’enrayer la chute des populations de cet insecte, qui pourrait provoquer une crise alimentaire mondiale.

Les abeilles contribuent en effet à la pollinisation de 90 % des principales cultures dans le monde.

Mais ces dernières années, ces précieux animaux ont été décimés par le « syndrome de l’effondrement des colonies d’abeilles », un mal mystérieux. On accuse aussi bien les acariens, les pesticides, les virus que les champignons, voire la combinaison de plusieurs de ces facteurs.

Selon l’ONU, plus de 40 % des pollinisateurs invertébrés, en particulier les abeilles et les papillons, sont menacés d’extinction.

Les scientifiques ont prévenu que ce déclin vertigineux pourrait entraîner une hausse des prix des denrées alimentaires et un risque de pénuries.

Percée médicale

Le vaccin, mis au point par une équipe de l’Université d’Helsinki, procure aux abeilles la résistance nécessaire pour combattre des maladies microbiennes graves, potentiellement mortelles pour les communautés pollinisatrices.

« Si nous pouvons sauver ne serait-ce qu’une petite partie de la population d’abeilles avec cette invention, je pense que nous avons fait notre bonne action et sauvé un peu le monde », a déclaré Dalial Freitak, chercheuse à la tête du projet.

« Même une augmentation de 2 à 3 % de la population d’abeilles serait énorme », a-t-elle déclaré à l’AFP. 

On croyait auparavant qu’il était impossible de vacciner les insectes, car ils n’ont pas d’anticorps, l’un des principaux mécanismes que les humains et les autres animaux utilisent pour combattre les maladies. 

Mais, en 2014, Mme Freitak, spécialiste des insectes et de l’immunologie, a remarqué que les papillons nourris de certaines bactéries passaient leur immunité à leur portée.

« Ils pouvaient transmettre quelque chose d’avalé. Je ne savais tout simplement pas quel était le mécanisme », dit-elle. « J’ai rencontré Heli Salmela, qui travaillait sur les abeilles mellifères et une protéine appelée vitellogénine. Je l’ai entendue parler et je me suis dit : OK, je pourrais parier que c’est ta protéine qui transmet mon signal d’une génération à l’autre ».

Le duo a créé un vaccin contre la loque américaine, la plus répandue et la plus destructrice des maladies bactériennes de l’abeille.

Le traitement est administré à la reine des abeilles par l’intermédiaire d’un morceau de sucre, manière selon laquelle de nombreux enfants reçoivent le vaccin contre la polio. 

La reine transmet ensuite l’immunité à sa progéniture.

En plus de travailler sur des vaccins contre d’autres maladies, l’équipe cherche à lever des fonds pour rendre le vaccin disponible sur le marché, avec un retour « très positif » jusqu’à présent, selon Mme Freitak.

Mais « il existe de nombreux obstacles réglementaires. Quatre à cinq ans pour atteindre le marché est une estimation optimiste », dit-elle.

Croissance des cultures affectée

Les scientifiques estiment que les maladies ne sont qu’une des nombreuses raisons de la perte des pollinisateurs. Les pesticides et l’agriculture intensive, qui réduit la diversité de l’alimentation des insectes, en font aussi partie.

Mais l’équipe de Mme Freitak croit que la protection des populations d’abeilles contre les maladies les rendra plus fortes, et partant mieux équipées pour résister aux autres menaces.

L’Union européenne et le Canada ont voté en faveur de l’interdiction des néonicotinoïdes, dont des études ont montré que la nuisibilité pour la reproduction des abeilles.

Selon une étude de l’ONU publiée en 2016, l’équivalent de 507 milliards d’euros d’aliments cultivés chaque année dépendent directement des pollinisateurs. Le volume d’aliments produits qui dépendent des pollinisateurs a augmenté de 300 % au cours des cinquante dernières années. 

Avec la diminution du nombre de pollinisateurs, certains agriculteurs se sont tournés vers la location d’abeilles ou la pollinisation à la main – comme dans le cas des arbres fruitiers dans certaines régions de Chine.

À Helsinki, le projet s’est appuyé sur un financement extérieur, mais l’équipe a maintenant accepté de poursuivre ses recherches à l’Université de Graz en Autriche, celle du célèbre zoologue Karl von Frisch. Ses découvertes sur la danse des abeilles lui avaient valu le prix Nobel de médecine en 1973.

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Le gazon n’est pas si vert, conclut une étude


Depuis que j’ai vu aux nouvelles, il y a quelques années, un couple faire son jardin en avant de la maison au lieu d’avoir un gazon, je doute de l’utilité d’avoir un beau gazon qui demande des soins comme la tonte et certains mettent des produits chimiques pour éviter d’avoir des mauvaises herbes. Point de vue écologique, cela affecte les insectes pollinisateurs et qu’il serait mieux dans bien des cas de remplacer une pelouse par une végétation basse qui est bon pour l’écosystème
Nuage

Le gazon n’est pas si vert, conclut une étude

 

JEAN-THOMAS LÉVEILLÉ
La Presse

Il est peut-être vert, mais il en fait bien peu pour l’environnement. Le gazon arrive bon dernier en matière de « performance écologique » des espaces verts, conclut une étude que La Presse a obtenue. La bonne nouvelle, c’est que le potentiel d’amélioration est immense. Et il pourrait se faire à coût nul.

Lutte contre les îlots de chaleur, amélioration de la qualité de l’air, enrichissement de la biodiversité, prévention des inondations : les espaces verts jouent plusieurs rôles écologiques.

Mais les surfaces gazonnées sont celles qui « offrent les moins bonnes performances », conclut une étude obtenue par La Presse et qui sera dévoilée à l’occasion du Sommet sur les infrastructures naturelles et les phytotechnologies, qui se tient aujourd’hui au Stade olympique de Montréal.

Le constat le plus frappant concerne les îlots de chaleur : les chercheurs ont relevé que la température au sol, par temps ensoleillé, pouvait être supérieure de 20 °C sur une surface gazonnée à celle sur les trois autres types de « végétation basse » étudiés.

Les « champs herbacés non entretenus », les « friches arbustives non entretenues » et les « haies arbustives entretenues » abritent également une plus grande quantité et un plus grand nombre d’espèces d’invertébrés que le gazon.

Pis encore : « la tonte du gazon a pour effet de faire disparaître la quasi-totalité des [rares] invertébrés », affirme l’étude, qui a noté un « faible rétablissement » quatre semaines après la tonte.

« Une grande partie des insectes éliminés par la tonte des gazons sont des pollinisateurs naturels. »– Jérôme Dupras, coauteur de l’étude et professeur au département des sciences naturelles de l’Université du Québec en Outaouais, en entrevue avec La Presse

Ces invertébrés entrent également dans la chaîne alimentaire de plusieurs petits animaux, comme les oiseaux et les chauves-souris ; leur présence ajoute donc « une couche de biodiversité », ajoute Jérôme Dupras, par ailleurs bassiste des Cowboys Fringants.

Il s’agit de l’une des premières études sur la question, affirme Jérôme Dupras, qui a trouvé « très peu de littérature scientifique sur la végétation basse ».

IMPACT « MAJEUR », COÛT « NUL »

Il y a 68 000 hectares de terrain ayant « le potentiel d’améliorer la quantité et la qualité des services écosystémiques » sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui regroupe 82 municipalités, sur lequel s’est penchée l’étude.

Elle exclut donc plusieurs surfaces minéralisées qui pourraient être reverdies, soulignent les auteurs, qui recommandent à la CMM d’inclure l’aménagement d’autres zones de végétation basse que des surfaces gazonnées dans sa planification d’infrastructures naturelles.

« On aurait un impact majeur sur les îlots de chaleur, le contrôle des eaux [et] la biodiversité. » – Jérôme Dupras

L’augmentation des espaces verts à haute performance écologique offrirait également « une résilience face aux changements globaux », estime le chercheur.

Il cite l’exemple des espèces invasives, dont la « colonisation de nouveaux milieux est favorisée par des écosystèmes fragiles ».

Déjà, diverses études ont évalué que les infrastructures naturelles fournissaient des services écosystémiques d’une valeur de 2 milliards de dollars par année sur le territoire de la CMM, rappellent les chercheurs, somme qui pourrait être décuplée si le potentiel était mieux exploité.

Améliorer l’aménagement des espaces verts « peut se faire à coût nul », s’enthousiasme Jérôme Dupras.

« Ça coûte cher en termes de main-d’oeuvre et d’équipements de faire des tontes de gazon », illustre-t-il.

FACILE POUR LES PARTICULIERS

L’étude ne recommande pas de renoncer à toutes nos pelouses verdoyantes.

« C’est culturel, dit Jérôme Dupras. On ne va pas évacuer complètement le gazon. »

D’autant que le gazon a tout de même certaines utilités, surtout récréatives.

Mais sans renoncer au gazon, il est possible d’améliorer la performance écologique des espaces verts, même pour les particuliers, explique le chercheur, qui suggère d’ajouter des « graminées », par exemple.

« En diversifiant les types de végétation, on vient diversifier les niches écologiques. Ça peut rester à caractère ornemental. Ça va aider les pollinisateurs, les oiseaux. »– Jérôme Dupras

Simplement « retarder les épisodes de tonte » du gazon peut aussi faire une différence, ajoute-t-il, tout comme mettre des fleurs sur son balcon quand on n’a pas de terrain.

Jérôme Dupras espère aussi que les municipalités aideront leurs citoyens à améliorer la performance de leurs espaces verts, en procédant à des dons d’arbustes ou en leur fournissant des « trousses à outils ».

« Quand on donne des outils simples aux gens, on voit qu’ils se les approprient. »

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