Incendies en Australie : probablement des milliards d’animaux sont morts


Rien n’arrête les incendies en Australie, il y a eu quelques pertes humaines, mais pour la faune et la flore, c’est un désastre épouvantable. On parle de 500 000 pertes animales. Si on ajoute les grenouilles, chauves-souris ainsi que les plus gros insectes, le nombre est phénoménal. Cela va prendre des décennies pour que la vie puisse reprendre son court, cependant avec les changements climatiques, le travail sera ardu surtout si nos comportements ne changent pas.
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Incendies en Australie : probablement des milliards d’animaux sont morts


Les incendies qui font rage en Australie depuis plusieurs semaines auraient déjà décimé quelque 480 millions d’animaux dans un seul État. Le nombre de victimes mammifères, reptiles, amphibiens, oiseaux, insectes pour tous le pays devrait se chiffrer à des milliards.

Depuis le début en septembre de ces incendies ravageurs, au moins 20 personnes sont décédées et une surface équivalente à deux fois la Belgique est déjà partie en fumée. Ces feux sont également très meurtriers pour la vie sauvage. Selon une récente étude, ils sont à l’origine de la disparition de près d’un demi-milliard d’animaux dans le seul État de Nouvelle-Galles du Sud et des décennies seront nécessaires pour que la vie sauvage se reconstitue.

Cette crise a mis l’accent sur le changement climatique responsable, selon les scientifiques, de cette saison des feux plus intense, longue et précoce que jamais. Le gouvernement australien a été pointé du doigt, accusé de ne pas apporter de réponses à cette crise et de ne pas prendre les mesures nécessaires sur le plan environnemental. Les images bouleversantes de koalas assoiffés buvant de l’eau dans des bouteilles tenues par des pompiers ou de kangourous totalement paniqués au milieu des flammes, font le tour du monde.

Les koalas sont particulièrement touchés parce qu'ils vivent dans les arbres, se nourrissent uniquement de certains types d'eucalyptus et ne peuvent pas s'échapper rapidement des flammes. © Saeed Khan, AFP Archives

Les koalas sont particulièrement touchés parce qu’ils vivent dans les arbres, se nourrissent uniquement de certains types d’eucalyptus et ne peuvent pas s’échapper rapidement des flammes. © Saeed Khan, AFP Archives

Une étude de l’université de Sydney estime que rien que dans l’État de Nouvelle-Galles du Sud, le plus touché par ces feux, 480 millions d’animaux ont été tués depuis septembre. Ces calculs de taux de mortalité sont très « prudents », ont souligné vendredi dans un communiqué les auteurs de cette étude, et le bilan pourrait être « considérablement plus élevé ».

Des milliards de décès d’animaux ?

Afin de parvenir à ce chiffre, les chercheurs ont recoupé les estimations concernant la densité de population de ces mammifères dans cet État avec la superficie de végétation ravagée par les feux. Ce nombre comprend les mammifères, les oiseaux et les reptiles mais pas les insectes, les chauves-souris et les grenouilles.

Le nombre d’animaux qui a ainsi disparu « est susceptible d’être beaucoup plus élevé que 480 millions », selon le communiqué. « La vie sauvage en Nouvelle-Galles du Sud est gravement menacée et subit la pression croissante de toute une série de menaces, notamment le défrichement et le changement climatique ».

Un kangourou aperçu dans la ville de Nowra, en Nouvelle-Galles du Sud, à proximité d'une zone d'incendie. © Saeed Khan, AFP Archives

Un kangourou aperçu dans la ville de Nowra, en Nouvelle-Galles du Sud, à proximité d’une zone d’incendie. © Saeed Khan, AFP Archives

Le professeur Andrew Beattie, de l’université Macquarie près de Sydney, a déclaré à l’AFP que le nombre de décès d’animaux à l’échelle nationale pourrait se chiffrer en milliards « si vous pensez aux mammifères, aux oiseaux, aux reptiles et aux amphibiens et que vous vous comptez les plus gros insectes comme les papillons. Nous pouvons être à peu près sûrs que dans de grandes parties ravagées par ces vastes feux, la plupart des animaux sauvages seront morts, a déclaré ce professeur du département de biologieLa flore et la faune auront disparu, ce qui inclut les animaux qui forment la chaîne alimentaire des plus grands, auxquels les gens ne pensent souvent pas », a-t-il expliqué.

Les populations de koalas ont été particulièrement touchées parce qu’ils vivent dans les arbres, se nourrissent uniquement de certains types d’eucalyptus et ne peuvent pas s’échapper rapidement des flammes.

Réaction politique lamentablement lente

Avant même ces feux de forêt, le nombre de koalas en Nouvelle-Galles du Sud et dans le Queensland avait chuté de 42 % entre 1990 et 2010, selon le comité scientifique fédéral des espèces menacées. La situation désespérée de ces marsupiaux a été soulevée devant le Parlement australien.

« Les feux ont brûlé si fort et si rapidement qu’il y a eu une mortalité importante des animaux dans les arbres, mais c’est la zone toujours en feu est tellement vaste maintenant que nous ne trouverons probablement jamais les corps », a lancé aux parlementaires Mark Graham, un écologiste du Conseil de la conservation de la nature.

Le jeune kangourou incinéré alors qu’il tentait d’échapper aux feux de brousse, l’un des quelque 500 000 animaux sauvages tués jusqu’à présent

De précédentes études ont montré que les incendies ne se propagent pas uniformément et que certaines zones demeurent indemnes même si à côté, d’autres sont totalement dévastées. 

« C’est dans ces zones restées intactes ou qui ont le moins souffert que la faune a tendance à se retrouver si elle parvient à les atteindre », a expliqué M. Beattie à l’AFP.

Faisant preuve d’un peu d’optimisme, il estime que s’il reste suffisamment de zones épargnées par les feux, les forêts devraient se régénérer avec le temps. Pour cela, il faut que les conditions s’améliorent rapidement.

Interrogé sur un éventuel espoir de repeuplement des animaux dans les zones les plus touchées, le professeur estime que cela dépend de facteurs tels que les précipitations, le climat et l’exploitation forestière. Selon lui, un retour à la normale pourrait prendre jusqu’à 40 ans.

La réaction, notamment du gouvernement fédéral, a été « lamentablement lente et leur attitude est encore lamentablement désinvolte, a estimé le professeur. Vous avez des responsable politiques fédéraux qui ont très peu de connaissances en matière d’environnement, et donc n’ont pas perçu les catastrophes à venir ».

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D’un « appel parfait » à « je suis l’Élu », l’année Trump en 25 citations




D’un « appel parfait » à « je suis l’Élu », l’année Trump en 25 citations

Le président Trump lève la main

Les propos tenus par le président Trump cette année ont soulevé la controverse à plus d’une reprise.

PHOTO : GETTY IMAGES / DREW ANGERER

Al-Baghdadi « mort comme un chien », le président turc exhorté à ne pas faire « l’idiot », Greta et son « problème de gestion de la colère » : le président américain a plus d’une fois marqué l’année avec des déclarations controversées qui tranchent souvent avec le style et le vocabulaire de ses prédécesseurs.

Sophie-Hélène Lebeuf

Notre résumé n’a pas la prétention d’être exhaustif, car le président qui tweete plus vite que son ombre n’a pas le clavier sans sa poche. Tour d’horizon des citations qui ont retenu notre attention en 2019.

Pas d’entente avec Kim Jong-un à Hanoï

28 février – Après leur tête-à-tête historique de l’an dernier, Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, réunis au Vietnam, mettent abruptement un terme à leur deuxième rencontre sans avoir pu s’entendre sur la dénucléarisation de la Corée du Nord. Le président américain attribue l’échec du sommet aux exigences nord-coréennes sur la levée des sanctions.

C’est tout un gars et tout un personnage, et je pense que notre relation est très forte. […] [Mais] parfois, il faut partir. Donald Trump

Dangereuses éoliennes

2 avril – S’adressant à des républicains, le président Trump critique les éoliennes, qui font chuter le prix des maisons et qui ont selon lui des répercussions sur la santé.

Et ils disent que le bruit cause le cancer. Donald Trump

Enquête Mueller : fin de la partie

18 avril – Fruit de deux ans d’enquête, le rapport du procureur spécial Robert Mueller démontre sans équivoque l’ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine de 2016. Les indices sont toutefois insuffisants pour conclure à une coordination entre la campagne Trump et Moscou. Par ailleurs, le procureur spécial n’exclut pas le fait que le président américain ait entravé la justice pendant l’enquête.

Sur Twitter, le président républicain se réjouit d’une exonération totale.

Pas de collusion, pas d’obstruction. Donald Trump

Quand Trump blague avec Poutine sur l’ingérence de Moscou

28 juin – Avant sa rencontre à huis clos avec son homologue russe, en marge du Sommet du G20 à Osaka, au Japon, Donald Trump se fait demander par une journaliste s’il lui demandera de ne pas s’ingérer dans l’élection américaine de 2020. Évidemment que je vais le faire, répond-il en échangeant un sourire avec son vis-à-vis.

Ne vous mêlez pas de l’élection. Donald Trump, s’adressant à Vladimir Poutine

Trump invite des élues démocrates à retourner dans leur pays

14 juillet – Sur Twitter, Donald Trump reproche à quatre jeunes démocrates progressistesoriginaires de pays dont les gouvernements sont une catastrophe complète et totale de dire au peuple des États-Unis, la plus grande et la plus puissante nation de la terre, comment notre gouvernement doit être dirigé. En fait, une seule des quatre femmes est née à l’étranger.

Pourquoi ne retournent-elles pas dans les endroits infestés par la criminalité et complètement dévastés d’où elles viennent pour les réparer [?] Donald Trump

Une faveur demandée

25 juillet – Au cours d’un entretien téléphonique dont l’existence ne sera révélée qu’en septembre dans la foulée de la plainte d’un lanceur d’alerte, le président Trump demande à son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, de déclencher deux enquêtes.

Une première porterait sur une théorie du complot – mise de l’avant par Moscou – selon laquelle c’est l’Ukraine et non la Russie qui a piraté les serveurs du Parti démocrate pendant la présidentielle américaine de 2016.

J’aimerais, par contre, que vous nous fassiez une faveur, parce que notre pays a traversé beaucoup de choses, et l’Ukraine en sait beaucoup à ce sujet. […] Le serveur, ils disent que l’Ukraine l’a en sa possession. Donald Trump

La deuxième ciblerait son adversaire potentiel lors de la présidentielle de 2020, l’ex-vice-président démocrate Joe Biden, et son fils Hunter qui a siégé au conseil d’administration d’une société gazière ukrainienne, dont le propriétaire a un temps fait l’objet d’une enquête.

On parle beaucoup du fils de Biden, du fait que [Joe] Biden a arrêté les poursuites, et beaucoup de gens veulent savoir de quoi il en retourne. Alors, si vous pouvez faire quelque chose avec le procureur général [des États-Unis, William Barr], ce serait génial. Donald Trump

Un district infesté de rats

27 juillet – Dans une salve sur Twitter, Donald Trump accuse le démocrate Elijah Cummings, un représentant afro-américain du Maryland, d’avoir brutalement critiqué la police frontalière en raison des conditions de détention des mineurs à la frontière sud, quand, en fait, son district de Baltimore est BIEN PIRE et plus dangereux.

Aucun être humain ne voudrait y vivre. […] Le district de Cumming [sic] est un bazar dégoûtant, infesté de rats et d’autres rongeurs. S’il passait plus de temps à Baltimore, il pourrait peut-être aider à nettoyer cet endroit sale et très dangereux. Donald Trump

Le Groenland n’est pas à vendre

20 août – Le président Trump n’apprécie pas que la première ministre danoise, Mette Frederiksen, ait balayé du revers de la main l’idée selon elle absurde que les États-Unis achètent le Groenland, territoire autonome du Danemark.

Le Danemark est un pays très spécial avec des gens incroyables, mais à la lumière des commentaires de la première ministre Mette Frederiksen, selon lesquels elle n’aurait aucun intérêt à discuter de l’achat du Groenland, je vais reporter notre réunion qui était prévue dans deux semaines à un autre moment… Donald Trump

L’Élu pour mener la guerre commerciale avec la Chine

21 août – Donald Trump, qui mène depuis 2018 une guerre commerciale contre la Chine à coups de tarifs douaniers et de menaces, conspue ses prédécesseurs qui, dit-il, ont fermé les yeux sur les pratiques commerciales déloyales de Pékin. Puis, celui que plusieurs évangélistes considèrent comme l’élu de Dieu, ajoute en regardant vers le ciel :

Cette guerre commerciale aurait dû avoir lieu il y a longtemps. Quelqu’un devait la faire. Je suis l’Élu. Donald Trump

Dure saison des ouragans pour l’Alabama, ou le Sharpiegate

1er septembre – Sur Twitter, Donald Trump met en garde les citoyens de cinq États, dont l’Alabama, contre l’ouragan Dorian.

En plus de la Floride, la Caroline du Sud, la Caroline du Nord, la Georgie et l’Alabama seront très probablement touchés (beaucoup) plus durement que prévu. Ça s’annonce pour être l’un des plus gros ouragans jamais enregistrés. Déjà de catégorie 5. SOYEZ PRUDENTS! QUE DIEU BÉNISSE TOUT LE MONDE! Donald Trump

Dans les minutes qui suivent, le bureau local du service météorologique gouvernemental corrige le tir : l’Alabama ne subira aucun impact de l’ouragan.

Donald Trump s’obstine pendant des jours, exhibant même une carte du Centre national des ouragans (NHC) qui montre la trajectoire initialement prévue de Dorian : un trait remontant jusqu’en Alabama y a clairement été ajouté au feutre noir.

Donald Trump dans le bureau ovale présente une carte.

Le président américain Donald Trump a présenté une carte visiblement modifiée indiquant qu’une partie de l’Alabama se trouvait sur la trajectoire de l’ouragan Dorian.

PHOTO : REUTERS / JONATHAN ERNST

L’appel parfait avec le président ukrainien

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le président américain, Donald Trump, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

Peu après la publication de la reconstitution de leur appel téléphonique, Donald Trump et Volodymyr Zelensky se sont rencontrés pour la première fois en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

PHOTO : REUTERS / JONATHAN ERNST

Septembre – Les fuites entourant la plainte d’un lanceur d’alerte au sujet d’un appel entre Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, le 25 juillet, poussent les démocrates à lancer une enquête en destitution contre le président Trump le 24 septembre.

Depuis lors, le président Trump tire tous azimuts. Il dénonce une nouvelle chasse aux sorcières, la plainte vicieuse du lanceur d’alerte, les démocrates qui ne foutent rien et les médias corrompus, et ordonne à répétition : Lisez la transcription! S’il ne faut retenir qu’une phrase, répétée comme un mantra, c’est cependant celle-ci :

C’était un appel parfait. Donald Trump, le 22 septembre (et plusieurs fois par la suite)

La belle époque où on disposait autrement des espions

26 septembre – Dans un enregistrement capté en marge d’une réunion de l’ONU et obtenu par des médias américains, on entend le président dire à des membres de la diplomatie américaine qu’il veut connaître la source du lanceur d’alerte, comparant celui qui lui a fourni l’information à un espion.

Vous savez ce qu’on faisait autrefois quand on était intelligent? Hein? Les espions et la trahison, on avait l’habitude de gérer ça un peu différemment de maintenant. Donald Trump

Traiter avec la Turquie en faisant preuve d’une sagesse inégalée

7 octobre – Plusieurs alliés républicains du président le pressent de revenir sur sa décision impromptue de retirer les troupes américaines stationnées en Syrie le long des zones frontalières avec la Turquie.

Le retrait américain ouvre la voie à une offensive de la Turquie pour chasser les forces kurdes syriennes qui ont combattu le groupe armé État islamique (EI) aux côtés des Américains. Sur Twitter, le président Trump met en garde Ankara.

Comme je l’ai déjà dit avec force […] si la Turquie fait quelque chose que, dans ma grande et inégalée sagesse, je considère comme hors limites, je détruirai et anéantirai l’économie de la Turquie (je l’ai déjà fait!). Donald Trump

Les Kurdes, ces alliés égocentriques

9 octobreLe président répond aussi à ceux qui l’accusent d’avoir trahi ses alliés kurdes, qui combattent l’EI sur le terrain au péril de leur vie.

Les Kurdes se battent pour leur terre. […] Ils ne nous ont pas aidés pendant la Seconde Guerre mondiale, ils ne nous ont pas aidés avec la Normandie, par exemple. Donald Trump

La lettre très puissante à Erdogan

16 octobreAssurant ne pas avoir donné le feu vert à l’offensive turque dans le nord de la Syrie, le président Trump rend publique une lettre très puissante, datée du 9 octobre, adressée à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan.

L’histoire […] se souviendra de vous comme du diable si de bonnes choses ne se produisent pas, écrit-il.

Ne jouez pas au dur. Ne faites pas l’idiot. Je vous appellerai plus tard. Donald Trump

Trump attaque les anti-Trump

23 octobre – En pleine enquête sur sa destitution, Donald Trump se tourne vers Twitter pour décrier dans les termes les plus durs la poignée de républicains qui osent soulever des doutes sur sa conduite envers l’Ukraine.

Les républicains anti-Trump, bien qu’ils soient sous respirateur artificiel et peu nombreux, sont à certains égards pires et plus dangereux pour notre pays que les démocrates qui ne foutent rien. Méfiez-vous d’eux, ce sont des ordures! Donald Trump

Le mur, toujours prioritaire, même très loin de la frontière

23 octobre – Le président évoque la promesse phare de sa campagne de 2016 : la construction d’un mur à la frontière sud du pays.

Nous construisons un mur au Colorado. Nous construisons un beau mur. Un gros mur vraiment efficace, au-dessus duquel vous ne pouvez pas passer, sous lequel vous ne pouvez pas passer. Donald Trump

Le hic, c’est que le Colorado ne partage pas de frontière avec le Mexique. Clin d’œil à la carte de l’ouragan Dorian, un sénateur démocrate corrige la chose sur Twitter… d’un coup de Sharpie.

Al-Baghdadi, mort comme un chien

27 octobreL’allocution à la Maison-Blanche se veut solennelle, mais Donald Trump ne fait pas dans la dentelle pour annoncer la mort du chef du groupe armé État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, un homme malade et dépravé.

Il est mort après avoir fui dans un tunnel qui se terminait en impasse, en gémissant, en pleurant et en criant. […] Il est mort comme un chien. Il est mort comme un lâche. Donald Trump

Sauveteur de Hong Kong

22 novembre – Resté discret sur les manifestations prodémocratie qui secouent depuis six mois le territoire chinois semi-autonome de Hong Kong, le président explique sur Fox News que les États-Unis sont tout de même en pleines négociations pour conclure le plus important accord commercial de l’histoire avec Pékin.

Nous devons être solidaires de Hong Kong, mais je suis aussi solidaire du président [chinois] Xi, un ami et un gars incroyable, dit-il. Sans les négociations avec les États-Unis, la Chine aurait réprimé les manifestations en faisant des milliers de morts.

Sans moi, Hong Kong aurait été anéanti en 14 minutes. Donald Trump

Passe d’armes franco-américaine au sommet de l’OTAN

3 décembre – Au sommet de l’OTAN, à Londres, les tensions entre le président Trump et son homologue français, Emmanuel Macron, sur de nombreux sujets sont apparentes au cours d’une longue conférence de presse conjointe. Donald Trump se montre notamment insatisfait d’une réponse du président français sur le rapatriement de combattants de l’EI.

Voilà pourquoi il est un grand politicien, parce que c’est l’une des meilleures non-réponses que j’aie jamais entendues. Donald Trump

Trudeau, un hypocrite (sympathique)

4 décembreUne vidéo de CBC, captée le 3 décembre en marge du sommet de l’OTAN, à l’insu des protagonistes, montre des dirigeants, dont le premier ministre Justin Trudeau, qui semblent se moquer de Donald Trump. On pouvait voir les mâchoires de son équipe décrocher, lance le premier ministre canadien, évoquant vraisemblablement la conférence de presse de la veille entre le président américain et son homologue français.

Le lendemain, le président Trump réplique.

C’est un visage à deux face. [Pause] Mais, honnêtement, Trudeau est un bon gars. Donald Trump

Un avion à remonter dans le temps

4 juillet – Célébrant en grande pompe la fête nationale des Américains, le président Trump vante l’armée continentale qui a combattu les Britanniques pendant la guerre ayant mené à l’indépendance des États-Unis, en 1776. Il lui prête des prouesses militaires qui devancent de plus d’un siècle le premier vol motorisé.

Notre armée a occupé l’espace aérien, elle a défoncé les remparts, elle a pris le contrôle des aéroports, elle a fait tout ce qu’elle avait à faire. Donald Trump

Y allant d’un deuxième anachronisme dans la même phrase, il évoque le fort McHenry, siège d’une bataille plutôt survenue lors de la guerre canado-américaine de 1812.

Make America Greta again

La version retouchée de la une du magazine Time consacrée à la personnalité de l'année où on voit le visage de Donald Trump sur le corps de Greta Thunberg.

L’équipe de campagne de Trump a publié sur Twitter une version modifiée de la photo de Greta Thunberg à la une du magazine Time, en remplaçant le visage de l’adolescente par celui de Donald Trump.

PHOTO : TWITTER/TRUMP WAR ROOM

12 décembre – Finaliste au titre de personnalité de l’année attribué par le magazine Time, le président voit l’honneur lui échapper au bénéfice de la jeune militante écologiste Greta Thunberg.

Tellement ridicule. Greta doit travailler sur son problème de gestion de la colère, puis aller voir un bon vieux film avec une amie! Les nerfs, Greta, les nerfs! Donald Trump, sur Twitter

Les sorcières de Salem mieux traitées que le président

17 décembre – La veille du vote sur les deux chefs d’accusation retenus contre lui, le président Trump écrit une longue lettre sur un ton vitriolique à la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, critiquant les démocrates-qui-ne-foutent-rien et atteints d’un syndrome de paranoïa anti-Trump (Trump derangement syndrome).

Le 45e président des États-Unis les accuse d’avoir violé la Constitution en menant une procédure de destitution partisane, qu’il compare aux procès injustes ayant découlé de la chasse aux sorcières qui a mené à l’exécution d’une vingtaine de personnes, essentiellement des femmes, dans le Massachusetts du XVIIe siècle.

Les accusés des procès des sorcières de Salem ont eu droit à des procédures plus équitables. Donald Trump

Le lendemain, formellement accusé d’abus de pouvoir et d’entrave au travail du Congrès, il devient le troisième président de l’histoire américaine à être formellement mis en accusation.

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Le Saviez-Vous ► Mots de l’année, maux de la planète


Les Anglais ont pour habitude de dévoiler les mots qui ont fait l’année. 2019 n’a pas échappé à cette tradition. Avec Greta Thumberg, beaucoup de mots en rapport des changements climatiques se sont rajouté au vocabulaire anglophone, mais aussi francophone. Il a resté un peu de place pour le non genré. Quand ce sera le tour au francophone, on peu penser que les mots seront peut-être similaire
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Mots de l’année, maux de la planète


PHOTO SAEED KHAN, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

L’« urgence climatique » est le terme de l’année, selon le dictionnaire britannique Oxford.

Comme le veut la tradition dans le monde anglo-saxon, les grands dictionnaires ont désigné ces derniers jours les « mots de l’année » qui ont caractérisé 2019. Petit survol du vocabulaire qui en dit long sur notre époque.

JUDITH LACHAPELLE
LA PRESSE

« Climate emergency »

Si Greta Thunberg s’est retrouvée « personnalité de l’année » du magazine Time, les mots qu’elle emploie pour décrire ses actions trouvent aussi un fort écho dans le discours public. Le dictionnaire britannique Oxford a désigné « l’urgence climatique » comme mot de l’année. L’augmentation spectaculaire de l’usage de cette expression dénote un « changement majeur dans le choix des mots » qui marque une volonté de revoir la façon de parler de ces enjeux. L’institution donne en exemple la décision du journal britannique The Guardian d’employer désormais les mots « urgence climatique » ou « crise climatique » pour décrire les « changements climatiques », une décision qui a ensuite été reprise par de nombreux autres médias cette année.

« Climate strike »

Dans le même esprit, le dictionnaire Collins a choisi « climate strike » (« grève pour le climat ») comme marqueur de 2019. Repérée pour la première fois en 2015, l’expression « grève pour le climat » a connu un essor mondial cette année dans la foulée du mouvement lancé en solo par Greta Thunberg en Suède, à l’automne 2018. Parmi les autres mots à saveur climatique retenus sur la liste des mots de l’année, Oxford avait aussi noté « climate denial » (déni climatique, porté par les climatosceptiques), « eco-anxiety » (l’anxiété générée par la crise climatique), « ecocide » (la destruction délibérée de l’environnement) et « flight shame » (la honte, la réticence à utiliser l’avion dans ses déplacements en raison de la pollution). Collins a noté de son côté la popularité montante de l’expression « rewilding », qu’on pourrait traduire par « renaturer », soit l’action de ramener un espace à l’état naturel, notamment en y réintroduisant des espèces animales disparues.

PHOTO THIERRY ZOCCOLAN, AGENCE FRANCE-PRESSE

L’« Upcycling » est « l’action de créer un nouvel objet à partir d’un matériau vieux, usagé, ou bon pour la poubelle. »

« Upcycling »

Mais tout n’est pas qu’urgence et revendications quand il s’agit de sauver la planète. Le dictionnaire britannique Cambridge note pour sa part que les recherches en ligne ont doublé en 2019 pour trouver la définition de « upcycling ». Qu’est-ce que le « upcycling » ? Ce n’est pas que du simple « recyclage ».

C’est « l’action de créer un nouvel objet à partir d’un matériau vieux, usagé, ou bon pour la poubelle », de sorte que le nouvel objet ait une plus grande valeur que l’original.

Mais c’est aussi, indique Cambridge, un geste environnementaliste « positif ».

« Arrêter la progression des changements climatiques, sans parler de les renverser, peut sembler parfois impossible. L’upcycling est une action concrète qu’un individu peut accomplir pour faire une différence », a déclaré cette semaine la porte-parole de Cambridge, Wendalyn Nichols.

« Existential »

Voilà une proposition pour le moins philosophique :

« Existential », choisi par Dictionary.com (le même éditeur que les dictionnaires thématiques Thesaurus), « englobe ce sentiment de s’accrocher à la survie — au sens littéral et figuratif — de notre planète, nos proches, notre mode de vie ».

En 2019, le mot s’est exprimé autant à travers la « crise existentielle » de la fourchette-jouet Forky dans le dernier épisode d’Histoire de jouets 4, que dans la gravité « existentielle » des enjeux de la planète, du réchauffement climatique à la violence par les armes à feu et l’état de la démocratie. « Existential », conclut Dictionary.com, « nous pousse à nous poser de grandes questions sur ce que nous sommes et sur notre façon de réagir face à nos défis ».

PHOTO KARSTEN MORAN, THE NEW YORK TIMES

Le mot « They » peut maintenant être utilisé au singulier comme « he » (il) ou « she » (elle) pour désigner des personnes qui ne s’identifient ni au genre masculin ni au genre féminin.

« They »

En rupture avec les propositions écolos de ses concurrents, le dictionnaire Merriam-Webster a choisi un simple pronom. Mais si « they » est habituellement utilisé à la troisième personne du pluriel (« ils » ou « elles »), il peut maintenant être utilisé au singulier comme « he » (il) ou « she » (elle) pour désigner des personnes qui ne s’identifient ni au genre masculin ni au genre féminin. Shana Poplack, détentrice de la Chaire de Recherche du Canada en linguistique à l’Université d’Ottawa, rappelle que l’American Dialect Society avait déjà désigné « they » comme mot de l’année en 2015. Sa nomination par un dictionnaire grand public cette année témoigne de « l’intérêt accru » de cet usage dans la population. Comment utiliser « they » au singulier ? L’accord du verbe reste le même qu’au pluriel. Par exemple, en disant : « Tonight, I’m going out with Joe. They are very happy », le « they » réfère à une seule personne, Joe.

« On utilise le contexte pour désambiguïser », dit Mme Poplack.

Un peu comme avec le « vous » en français, qui peut être employé pour s’adresser à une seule personne (vouvoiement) ou à un groupe de personnes. En français, si l’usage de pronoms neutres comme « iel » est très peu courant, les universités sont nombreuses à avoir adopté des politiques d’écriture inclusives et non genrées ces dernières années.

Chaos ou patriotisme, les sinogrammes de l’année

Il y a indéniablement quelque chose de politique dans la désignation du mot de l’année, et cette tendance est particulièrement marquée dans les caractères chinois

(sinogrammes).

IMAGE TIRÉE DE L’INTERNET

Sinogramme signifiant « chaos »

Ainsi, Taïwan a choisi comme sinogramme de l’année celui qui signifie « chaos » — et qui a devancé « mensonges », « inquiétude » et « anxiété ». Le cinéaste taïwanais Ang Lee, qui avait proposé ce sinogramme au vote, a déclaré le 6 décembre qu’il espérait qu’un jour « on puisse arriver à désigner le caractère “harmonie” » comme sinogramme de l’année.

Pendant ce temps, en Chine continentale, les caractères candidats au sinogramme de l’année ont été dévoilés cette semaine par les autorités. Les choix proposés sont résolument plus optimistes : entraide entre les citoyens, stabilité du pays, patriotisme, mais aussi les sinogrammes qui désignent les technologies 5G (développée notamment par le géant de la téléphonie Huawei) et blockchain (à l’origine de l’essor des cryptomonnaies). Le résultat sera connu le 20 décembre.

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Pourquoi les dirigeants étrangers ne vident pas leur sac devant Trump


M. et Mme tout le monde peuvent dire ce qu’il pensent de Donald Trump, mais il est malheureux de voir nos dirigeants raser le plancher pour ne pas blesser Trump qui lui ne ce gène pas pour insulter, voir humilier les autres. Ce n’est pas digne d’un dirigeant. L’horreur d’un 2e mandat qui plane n’aide en rien pour les pays qui malheureusement dépendent de l’humeur du pire président des États-Unis. Ce qui nuit au respect des autres face aux États-Unis
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Pourquoi les dirigeants étrangers ne vident pas leur sac devant Trump

Justin Trudeau, Boris Johnson, Emmanuel Macron, la princesse Anne et Jens Stoltenberg lors d'une réception à Buckingham Palace (Londres) à l'occasion des 70 ans de l'OTAN, le 3 décembre 2019. | Yui Mok / POOL / AFP

Justin Trudeau, Boris Johnson, Emmanuel Macron, la princesse Anne et Jens Stoltenberg lors d’une réception à Buckingham Palace (Londres) à l’occasion des 70 ans de l’OTAN, le 3 décembre 2019. | Yui Mok / POOL / AFP

Joshua Keating— Traduit par Bérengère Viennot

Une vidéo virale montre Trudeau, Macron et Johnson se moquer de Trump dans son dos pendant un cocktail au cours du sommet de l’OTAN. Mais aucun d’entre eux n’osera jamais rien lui dire en face.

À l’échelle des péchés de Donald Trump, la longueur de ses conférences de presse est plutôt vénielle. Mais dans une vidéo désormais virale montrant des dirigeants de grandes puissances mondiales en train de papoter entre eux, on entend le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, s’émerveiller que Trump soit «en retard parce qu’il fait une conférence de presse inopinée de quarante minutes» pendant le sommet de l’OTAN de début décembre, et ajouter «vous auriez vu la tête de son équipe», faisant apparemment allusion à l’annonce surprise du président américain que le prochain sommet du G7 aurait lieu à Camp David [lieu de villégiature officiel du président des États-Unis, ndlr].

Trump a réagi à cette vidéo en taxant Trudeau «d’hypocrite» et, vexé, en quittant le sommet plus tôt que prévu. Ce n’est pas la première fois que le président américain s’emporte à la suite de quelque remarque espiègle de la part de Trudeau lors d’un sommet mondial.

Cette fois, les commentaires du Premier ministre canadien ont été captés au cours d’une discussion informelle avec Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Boris Johnson, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et la princesse Anne (la présence de Johnson, ami et allié de Trump, et le fait qu’il semble rire avec les autres, pourraient bien être la plus grande source de contrariété pour Trump).

La raison pour laquelle cette vidéo a causé un tel barouf n’est pas ce qui s’y est réellement dit –Trump a entendu bien pire. Il est rare que la véritable opinion des alliés de l’Amérique au sujet de Trump parvienne à nos oreilles. Si compte tenu de son comportement au cours des trois dernières années, il n’est pas particulièrement étonnant qu’ils en aient ras-le-bol et soient déroutés par Trump, ils n’en font jamais état publiquement et laissent les journalistes tirer leurs propres conclusions à partir de leur langage corporel.

Sourire et serrer les dents

Si Trump a pu se sortir impunément de nombreuses situations où il maltraitait ses alliés, c’est tout simplement parce que leurs gouvernements ne peuvent pas se permettre de protester. Pensez à l’ancienne Première ministre britannique Theresa May essayant à maintes reprises de rester dans les petits papiers de Trump dans l’espoir d’un accord commercial post-Brexit favorable, malgré le fait qu’il ne cessait de la critiquer publiquement.

Ou au président Muhammadu Buhari cautionnant Trump après qu’il avait classé son pays, le Nigeria, dans la catégorie des «pays de merde». Si vous dirigez l’Iran ou la Corée du Nord, vous êtes libre de dire autant d’horreurs sur Trump que ça vous chante. Mais si vous dépendez de l’aide, du commerce ou du soutien militaire des États-Unis, il ne vous reste qu’à sourire et à serrer les dents.

C’est ce qui s’est produit dans le cadre des bourdes les plus récentes de Trump en politique étrangère. Les Kurdes syriens qui ont jeté des cailloux et de la nourriture pourrie sur les soldats américains quittant la région en octobre dernier représentent sûrement un symbole assez exact de la réaction du public kurde face à la décision de Trump de donner le feu vert à une violente offensive militaire turque dans le nord de la Syrie. Les chefs kurdes syriens, en revanche, se sont abstenus de critiquer la décision initiale de Trump et l’ont couvert de louanges après que les États-Unis ont aidé à sceller un accord de cessez-le-feu qui a cimenté le contrôle turc de la plus grande partie de ce qui avait été le territoire kurde:

«Nous REMERCIONS le président Trump pour ses efforts soutenus qui ont arrêté la violente attaque des Turcs et des groupes djihadistes contre notre peuple.»

Les dirigeants du petit cercle de moqueurs de l’OTAN ont davantage de marge de manœuvre que l’Ukraine ou les Kurdes.

Aussi peu fiable que soit Trump en tant qu’allié, il reste avantageux pour les Kurdes syriens de maintenir un quelconque niveau de soutien de la part des États-Unis. Et comme on pouvait s’y attendre, le retrait des troupes américaines de Syrie ne s’est pas avéré aussi complet que ce qui avait été annoncé au départ. Il aurait pu en être autrement si les dirigeants kurdes avaient accusé haut et fort Donald Trump de les avoir trahis.

Prenez sinon le cas du président ukrainien Volodymyr Zelensky qui, malgré des preuves abondantes et ostensibles, continue de soutenir qu’il n’a subi aucune pression pour enquêter sur le fils de Joe Biden en échange d’une aide militaire américaine. Pendant les auditions au Congrès dans le cadre de l’enquête de destitution du président, les Républicains ont utilisé le silence de Zelensky comme une preuve d’absence de pression, mais Zelensky n’est pas vraiment en position de dire autre chose.

Trump a fini par accepter d’accorder une aide militaire à l’Ukraine –après, découvre-t-on, qu’il a appris l’existence de la plainte du lanceur d’alerte au sujet de ses échanges avec Zelensky– mais qui peut affirmer qu’il ne changera pas à nouveau d’avis? Zelensky ne peut se permettre d’être vu par la Maison-Blanche comme complice de l’entreprise de destitution.

Les dirigeants du petit cercle de moqueurs de l’OTAN ont davantage de marge de manœuvre que l’Ukraine ou les Kurdes. Et après quelques tentatives de flatterie qui ont échoué à conquérir Trump, Macron est devenu un peu plus critique en public –toutefois, les pays de l’OTAN veulent continuer de faire ce qu’il peuvent pour garder Trump à l’intérieur de l’alliance. Quant au Royaume-Uni et au Canada, ils ont à cœur de maintenir toute la bonne volonté possible dans l’optique de pourparlers commerciaux. Si cette exaspération s’est exprimée en aparté lors d’un cocktail plutôt que dans le cadre d’une conférence de presse, il y a une raison.

Frustration

Cette dynamique s’explique en partie simplement parce qu’il s’agit du dirigeant d’une grande puissance mondiale. La Chine aussi est traitée avec déférence par des pays plus petits. En outre, les gouvernements étrangers sont bien conscients que Trump est capable de changer de politique en fonction de son humeur, et qu’il associe souvent ses intérêts personnels à ceux de son pays. Flatter Trump ne fonctionne pas toujours, mais ce qui est certain, c’est qu’il n’y a aucun avantage à provoquer son courroux.

Tout cela est fort frustrant pour les Démocrates qui essaient de construire une critique nourrie de la politique étrangère de Trump. La plupart des candidat·es à l’élection présidentielle lui reprochent de s’aliéner les alliés de l’Amérique, et c’est une critique qui se tient. Le problème, c’est que ces alliés savent pertinemment qu’il sera peut-être encore président après 2020 et qu’ils ne peuvent pas se permettre d’aider les Démocrates à démontrer cet argument.

Les candidat·es démocrates se sont déjà emparé·es de l’incident de l’OTAN pour montrer le danger qui existe à laisser Trump gérer la politique étrangère du pays. Comparée à la réaction du président américain, la déclaration de Trudeau était plutôt modérée, mais c’est probablement ce qu’ils auront de mieux à se mettre sous la dent.

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«Épuisés», des Américains se détournent des nouvelles


Je peux comprendre les Américains de vouloir se détacher des médias au sujet de la politique avec tout ce qui est véhiculé. La désinformation qui ne cesse de vouloir prendre le dessus, les décisions illogiques du président, la destitution et les insultes crues de Donald Trump envers ses adversaires finissent par jouer sur les nerfs de la population américaine. Si cette  »écoeurantite » aigue pourrait être assez fort pour enlever Donald Trump du pouvoir, cela serait sûrement un soulagement à grand déploiement.
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«Épuisés», des Américains se détournent des nouvelles

PHOTO T.J. KIRKPATRICK, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Alors que le débat sur la procédure de destitution lancée par les démocrates fait rage, certains analystes du pays s’inquiètent de voir qu’un nombre important de leurs compatriotes cherchent à se préserver des nouvelles en ignorant les médias.

L’actualité politique américaine, particulièrement riche en rebondissements depuis que Donald Trump est arrivé au pouvoir, suscite bien des passions au sud de la frontière, mais cet engouement est loin d’être unanimement partagé.

MARC THIBODEAU
LA PRESSE

Alors que le débat sur la procédure de destitution lancée par les démocrates fait rage, certains analystes du pays s’inquiètent de voir qu’un nombre important de leurs compatriotes cherchent à se préserver des nouvelles en ignorant les médias.

La chroniqueuse du Washington Post Margaret Sullivan a notamment sonné l’alarme à ce sujet la semaine dernière en prévenant que les Américains devaient « faire mieux ».

« C’est vrai, le flot de nouvelles est sans fin — épuisant même. C’est vrai aussi qu’il y a beaucoup de désinformation qui circule. Mais l’apathie — ou le fait de s’abandonner à un sentiment de confusion — est dangereuse », a relevé l’analyste.

Dru Menaker, directrice de PEN America, un groupe de défense de la liberté d’expression, lui a confié qu’elle était « terrorisée » de constater que l’idée de se détourner des nouvelles devenait une « réponse socialement acceptable » à l’heure actuelle.

La nature même de notre pays est en jeu et c’est précisément parce que les choses semblent nous submerger que nous avons l’obligation d’être attentifs à ce qui se passe. Dru Menaker, directrice de PEN America

Le New York Times a relevé dans la même veine la semaine dernière que de nombreux Américains étaient « épuisés » par l’actualité politique et avaient décidé de « baisser les bras » plutôt que de s’investir plus à fond afin de comprendre ce qui se passe.

Le quotidien citait notamment un résidant de l’État de New York, Travis Trudell, qui disait n’avoir que faire de la tenue d’audiences publiques relativement à la procédure de destitution ciblant le président Trump.

L’homme a précisé qu’il avait cessé de suivre les nouvelles nationales, les jugeant « toxiques », « mentalement épuisantes » et propices aux conflits.

Pas un sentiment nouveau

Ce sentiment de fatigue n’a rien d’original, puisqu’une étude du Pew Research Center montrait déjà l’année dernière que près de 70 % des Américains jugeaient éprouvante la quantité de nouvelles auxquelles ils sont exposés.

L’importance réelle du mouvement de désengagement médiatique est plus difficile à déterminer, prévient Benjamin Toff, professeur de journalisme et communications rattaché à l’Université du Minnesota.

Certains indices « circonstanciels » suggèrent que la part de la population qui se coupe des nouvelles augmente, mais de manière plutôt marginale, relève-t-il.

Des données du Reuters Institute for the Study of Journalism indiquent que la proportion d’Américains qui s’efforcent « parfois ou souvent » d’éviter les nouvelles est passée de 38 % à 41 % depuis 2017. Le taux variait de 11 % à 56 % dans la quarantaine de pays considérés.

Selon M. Toff, la proportion d’Américains qui ne consomment carrément aucune nouvelle — ou tentent de le faire — est par ailleurs de près de 8 %, alors que la moyenne dans les pays occidentaux est plutôt de l’ordre de 3 %.

Les personnes concernées disent notamment que les informations relayées par les médias les dépriment ou évoquent le fait qu’il est devenu trop difficile de départager le vrai du faux dans le contexte actuel, marqué par une multiplication des sources et un fort clivage.

Si vous ne faites pas confiance à des sources, vous avez l’impression que le fardeau vous revient d’aller en consulter d’autres pour comprendre ce qui se passe. Les journalistes adorent faire ça, mais de nombreux Américains n’ont pas le temps ni l’énergie. Evette Alexander, chercheuse de la Knight Foundation, qui finance des projets liés au journalisme

Mark Kingwell, professeur de philosophie à l’Université de Toronto, relève que le fractionnement du marché médiatique, l’émergence des médias sociaux et la multiplication des fausses nouvelles compliquent considérablement la donne pour les citoyens qui veulent s’informer correctement.

Les individus les plus polarisés politiquement vont s’enfermer dans une « bulle » en s’alimentant à quelques sources choisies en fonction de leurs convictions, mais d’autres risquent de devenir « fatigués » ou « cyniques » en cherchant à voir clair dans l’actualité, relève-t-il.

Jennifer Kavanagh, chercheuse rattachée à la Rand Corporation, relève que l’ère « post-vérité » actuelle est marquée par un profond manque de confiance envers les médias et les autorités.

« Alors que certaines personnes vont préférer s’accrocher à une source pour comprendre l’environnement, d’autres vont se dire qu’elles n’en croient aucune et vont se retirer », souligne-t-elle.

Ce désengagement médiatique, s’il s’accroît, peut devenir très problématique, puisque la démocratie a besoin de citoyens éclairés et engagés pour fonctionner, note M. Kingwell.

« L’autoritarisme n’aime rien de plus qu’un vacuum d’ignorance », prévenait Margaret Sullivan la semaine dernière.

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Hong Kong: la police menace d’utiliser des balles réelles


Quand une population perds sa liberté, il faut s’attendre à des manifestations. À Hong Kong, la violence est devenue à l’ordre du jour pour accéder un à la démocratie. Des étudiants s’efforcent de faire tomber l’économie et prennent tous les moyens possibles pour manifester. Plus le temps passe, plus les actions, la violence augmentent.
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Hong Kong: la police menace d’utiliser des balles réelles

Hong Kong: la police menace d’utiliser des balles réellesPhoto: Anthony Kwan/Getty ImagesManifestation à Hong Kong le 17 novembre 2019

La police de Hong Kong a prévenu dans la nuit de dimanche à lundi qu’elle envisageait l’utilisation de «balles réelles» face aux «armes létales» utilisées contre elle durant les affrontements autour d’un campus devenu ces dernières heures la principale base arrière de la contestation pro-démocratie.

Après qu’un policier a été blessé dimanche par une flèche tirée par un manifestant autour de ce campus cerné par des barricades en flammes, la police a lancé dans la nuit son avertissement sur l’utilisation de «balles réelles», le premier de ce type depuis le début des protestations.

Depuis juin, l’ex-colonie britannique de 7,5 millions d’habitants est secouée par la pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, nourrie par la mainmise grandissante de Pékin et le recul des libertés, une contestation qui a atteint cette semaine de nouveaux sommets de violence.

Les médias officiels ont plusieurs fois averti que l’armée chinoise, stationnée dans la région semi-autonome, pourrait intervenir pour mettre au pas la contestation.

Le président Xi Jinping a adressé cette semaine sa mise en garde la plus claire à ce jour, affirmant que la contestation menaçait le principe «Un pays, deux systèmes» qui a présidé à la rétrocession.

«Besoin d’une base»

Dimanche soir, des centaines d’activistes étaient retranchés dans l’Université polytechnique de Hong Kong (PolyU), à Kowloon, où ils ont allumé de grands feux pour empêcher la police de la reprendre et maintenir le blocage du Cross Harbour Tunnel, tunnel routier desservant l’île de Hong Kong fermé depuis mardi.

Dans la matinée, des partisans du gouvernement pro-Pékin s’étaient rassemblés pour déblayer les barricades bloquant l’entrée du tunnel, mais des manifestants sont intervenus pour les en empêcher, entraînant de premiers heurts avec la police.

Au crépuscule, la police tentant de reprendre le contrôle d’un pont piétonnier qui enjambe le tunnel a été accueillie par un déluge de cocktails Molotov qui ont causé des incendies, brûlant le pont et un véhicule blindé.

A Kowloon, des militants se cachant derrière des parapluies ont lancé jusque dans la nuit des cocktails Molotov vers la police, qui lançait des gaz lacrymogènes.

Auparavant des militants avaient repoussé la police qui tentait de pénétrer sur le campus en tirant des pierres avec une catapulte depuis le toit de PolyU.

Un journaliste de l’AFP a vu sur un toit faisant face à la police un détachement d’archers masqués armés d’arcs de compétition et flanqués de guetteurs utilisant des jumelles. Des archers masqués patrouillaient le campus, selon lui.

La police, dénonçant l’utilisation d’«armes létales», a diffusé des photos montrant une flèche plantée dans le mollet d’un de ses agents, qui a été hospitalisé.

«Me battre jusqu’au bout»

Les manifestants cherchent à garder le campus comme base pour lancer de nouvelles actions lundi

Nous avons besoin «d’une base pour entreposer notre matériel et nous reposer la nuit, avant la bataille du lendemain matin», a expliqué Kason, un étudiant.

«J’ai peur. Il n’y a pas de sortie, tout ce que je peux faire c’est me battre jusqu’au bout», a confié un autre militant.

Ils ont promis de poursuivre lundi les blocages pour «étrangler l’économie» d’un des principaux hubs financiers de la planète, désormais en récession.

Un tract posté sur un forum préconisait pour lundi «une action à l’aube»: «Levez-vous tôt, visez directement le régime, étranglez l’économie pour accroître la pression».

La contestation était montée d’un cran lundi dernier avec une nouvelle stratégie baptisée «Eclore partout» («Blossom Everywhere»), qui consiste à multiplier les actions – blocages, affrontements, vandalisme – pour éprouver au maximum les capacités de la police.

Conséquence: un blocage général des transports en commun, qui a considérablement compliqué la vie des employés allant au travail. Les autorités ont dû fermer des écoles et de nombreux centres commerciaux.

Le gouvernement a annoncé que les écoles demeureraient fermées lundi.

Le mouvement avait débuté en juin par le rejet d’un projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine. Le texte a été suspendu en septembre, mais la mobilisation avait entretemps considérablement élargi ses revendications pour demander le suffrage universel, plus de démocratie et une enquête sur les violences policières.

Soldats chinois dans la rue à Hong Kong

La détermination des manifestants s’est heurtée à l’intransigeance des autorités, faisant basculer la région dans une spirale de violence.

Deux personnes ont été tuées depuis le début du mois.

Samedi, des soldats de la garnison de l’Armée populaire de libération (APL) sont brièvement sortis de leur caserne à Hong Kong pour participer au nettoyage des rues. Une apparition rarissime – l’armée chinoise fait normalement profil bas à Hong Kong – et fortement symbolique: la dénonciation des ingérences chinoises dans les affaires hongkongaises est au coeur des revendications des manifestants.

Le gouvernement local a indiqué n’avoir «pas sollicité» l’aide des soldats chinois, qui ont «pris cette initiative eux-mêmes».

Après cette initiative, l’activiste pro-démocratie Joshua Wong a appelé dimanche le gouvernement allemand à cesser d’entraîner l’armée chinoise, dans un entretien au quotidien allemand Bild. Amnesty International, cité par Bild, a abondé dans son sens, estimant que « le gouvernement allemand devrait (…) cesser immédiatement toute coopération militaire » avec la Chine.

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Michael Bloomberg met 100 millions dans des publicités anti-Trump


100 millions de dollars pour des publicités anti-Trump, si seulement cela pourrait assurer la défaite de Donald Trump aux prochaines élections … Dommage qu’il faut autant d’argent qui pourrait servir à des choses beaucoup plus utiles pour les Américains …
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Michael Bloomberg met 100 millions dans des publicités anti-Trump

PHOTO REUTERS

Michael Bloomberg

(New York) L’ex-maire de New York Michael Bloomberg n’a pas encore décidé s’il serait candidat à la présidentielle, mais il a lancé une campagne de publicité en ligne anti-Trump, moyennant 100 millions de dollars.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le milliardaire, dont la fortune atteint 53 milliards de dollars selon Forbes, a confirmé dans un tweet vendredi le lancement de cette campagne, annoncée au New York Times par son conseiller Howard Wolfson.

«C’est un de ces moments où il faut tout le monde sur le pont. Nous allons lutter contre Trump directement», écrit-il.

Ces publicités en ligne, qui ne présentent pas Michael Bloomberg mais se concentrent sur la critique de Donald Trump, ciblent les États de l’Arizona, du Michigan, de Pennsylvanie et du Wisconsin – quatre États-clés – qui pourraient voter aussi bien démocrate que républicain en 2020, et donc indispensables pour remporter la présidentielle.

Sur l’une de ces publicités, on voit une image du compte Twitter du président américain barré du message «Un tweet ne devrait pas menacer la sécurité du pays».

L’ex-maire de 77 ans a fait plusieurs pas ces derniers jours vers une candidature à l’investiture démocrate, en s’enregistrant notamment comme candidat à la présidentielle dans les États de l’Alabama et de l’Arkansas.

Il a assuré mardi être «proche» de prendre une décision définitive. Ses conseillers ont indiqué qu’en cas de candidature, il ne ferait probablement pas campagne dans les quatre États à voter pour les primaires dès février, mais commencerait vraiment avec les 15 États-dont la Californie et le Texas, les plus peuplés-qui voteront le 3 mars pour le Super Tuesday.

Celui qui fut maire de New York de 2002 à 2013, fort d’une fortune personnelle évaluée à plus de 50 milliards de dollars, avait déjà dépensé 100 millions pour soutenir des candidats démocrates aux élections américaines de mi-mandat de novembre 2018.

Sa possible candidature, qui viendrait bousculer la course pour l’investiture démocrate qui compte déjà 18 candidats, a suscité des réactions très contrastées.

Certains estiment que sa fortune, ses qualités d’homme d’affaires «self-made man» et de porte-drapeau de la lutte contre le réchauffement climatique en font le meilleur challenger de Donald Trump. Et le seul capable de rivaliser avec les quelque 156 millions de dollars engrangés à fin septembre par la campagne du président sortant. 

Mais d’autres, surtout du côté des démocrates les plus à gauche comme Elizabeth Warren ou Bernie Sanders, le voient comme un milliardaire cherchant à protéger les intérêts des plus riches, qu’ils veulent taxer lourdement pour réduire les inégalités.

Un sondage Ipsos pour l’agence Reuters publié vendredi, incluant pour la première fois M. Bloomberg parmi les candidats, le créditait de 3% des intentions de vote, loin derrière l’ex-vice président Joe Biden et Bernie Sanders (19% chacun), Elizabeth Warren (13%) et le jeune maire de l’Indiana Pete Buttigieg (6%).

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