Le Saviez-Vous ► Quand des penseurs américains expliquaient que le vote ne concernait pas les femmes


Dans les pays occidentaux, les femmes ont dû se battre pour avoir le droit de vote. Aux États-Unis, dans les années 1900, des hommes, et même des femmes ont écrit la raison qu’une femme ne devait pas voter. Elles étaient trop occupées pour voter et de toute manière, elles ne comprendraient pas grand chose à la politique. Et une auteure a même dit que la femme n’avait pas besoin de voter, car elles avaient tout le pouvoir qu’elle désirait si elles accomplissaient ses tâches. Le vote de son mari, ami … était de toute façon le sien. On peut bien en rire, que c’est du passé, mais en réalité, il y a encore des personnes qui pensent comme cela même à l’extérieur des États-Unis
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Quand des penseurs américains expliquaient que le vote ne concernait pas les femmes

Une bonne mère a déjà tant de choses à faire. | ArtsyBee via PIxabay

Une bonne mère a déjà tant de choses à faire. | ArtsyBee via PIxabay

Repéré par Robin Lemoine

Dans les années 1900, des plumes comme Clark, Rogers ou Abbott écrivaient que les femmes étaient trop ignorantes pour pouvoir prendre part à la vie politique.

Repéré sur The Atlantic

Le droit de vote des femmes est entré dans la loi américaine au moment de la ratification du XIXea mendement, en 1920. Au cours des années précédentes, bon nombre de penseurs expliquaient, avec des arguments tous plus fantastiques les uns que les autres, que le droit de vote des femmes et leurs devoirs inhérents en tant que mères ne pouvaient tout simplement pas coexister.

Elle étaient déjà bien occupées

Il n’y a qu’à lire les douces lignes de l’essayiste Charles Worcester Clark dans «Woman Suffrage, Pro and Con» [Le droit de vote des femmes, les pour et les contre] pour s’en faire une idée:

«L’homme moyen comprend la différence entre les fonctions du gouvernement national et celles des gouvernements des États, et sait quel rôle, le candidat pour lequel il vote, devra jouer s’il est élu. La femme moyenne ne sait rien de tout cela.»

Mais attention, ce n’est pas grave puisqu’il ajoute:

«Cette ignorance ne la discrédite par pour autant, car elle a déjà assez à faire. Mais elle existe.»

Alors voilà, c’est assez simple, mais efficace. Les femmes n’ont pas le temps pour réfléchir à tout ça, donc on ne voit pas pourquoi elles voteraient.

Elles avaient déjà assez de pouvoir

Continuons d’écouter les grandes plumes de l’époque. Une autrice cette fois-ci, Anna A. Rogers, dans un article nommé «Why Amercan Mothers Fail» [Pourquoi les mères américaines échouent]:

«Les femmes américaines ne cessent de pleurer sur la petitesse de leur vie. Mais si elles ne faisaient qu’accomplir avec passion et sagesse les tâches qui leur sont confiées, elles auraient entre leurs mains tout le pouvoir possible de l’humanité», écrit-t-elle, avant d’affirmer que «les femmes sont tracassées par le droit de vote. Elles ne voient pas que le vote de leur fils, de leur frère, et même de leur ami, est vraiment le leur».

En gros, pas besoin de leur donner le droit de vote puisque leurs hommes votent pour elles. Il leur suffirait d’influencer ces hommes pour exprimer leur voix.

Elles étaient trop conciliantes

Et bien évidemment, l’argument le plus connu: les femmes seraient trop sentimentales, elles éprouveraient trop de compassion pour participer aux débats publics. Le théologien et auteur Lyman Abbott écrivait ainsi dans «Why Women Do Not Wish the Suffrage» [Pourquoi les femmes ne souhaitent pas le droit de vote] que

«les femmes fuient la politique, exactement comme elles fuient la rencontre de volontés opposées sur un champ de bataille. La femme répugne à commander. Elle ne veut pas imposer sa volonté à la communauté. Et pourtant, c’est exactement ce que le suffrage peut et doit parfois impliquer».

Alors bien sûr, on peut rire de ces textes présentant des idées qui nous semblent aujourd’hui désuètes. Pourtant, encore aujourd’hui, ce sont majoritairement des hommes –politiques et grands patrons– qui continuent de prendre les décisions concernant les droits des femmes. Espérons que l’histoire laissera de côté les hommes, quand une décision les concerne elles.

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Donald Trump a dépensé presque un million de dollars pour qu’on lui souhaite un bon anniversaire sur Facebook


Qu’est-ce que Donald Trump ne ferait pas pour attirer l’attention. Cela parait anodin, pourtant ceux qui signe la carte du président Trump, donne des informations susceptible de l’intéressé en vue des prochaines élections
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Donald Trump a dépensé presque un million de dollars pour qu’on lui souhaite un bon anniversaire sur Facebook


Le président Donald Trump durant un discours dans un jardin de la Maison Blanche à Washington, le 14 juin 2019. Jim Watson / AFP

Le président Donald Trump durant un discours dans un jardin de la Maison Blanche à Washington, le 14 juin 2019. Jim Watson / AFP

Repéré par Christophe-Cécil Garnier

Repéré sur Vice News

Une stratégie loin d’être anodine avec les futures élections en 2020.


Donald Trump a eu 73 ans hier.(14 juin) C’est peut-être un détail pour vous, mais pour la politique américaine, ça veut dire beaucoup. Entre le 1er mars et le 1er juin, les données data de Facebook montrent qu’il a dépensé 752.000 dollars dans des annonces liées à des anniversaires, plus que tout autre candidat aux élections de 2020 sur un seul autre sujet spécifique, raconte Vice News. Il y a eu environ 10.000 «ads», ces publicités qui arrivent sur le fil des utilisateurs du réseau social, pour que les Américains souhaitent l’anniversaire du 45e président des États-Unis.

Sur les cartes était parfois écrit : «VITE! L’anniversaire du président Trump est DEMAIN! Il va lire les noms de toutes les personnes qui ont signé sa carte quand on les lui présentera pour son anniversaire. Verra-t-il votre

L’opération a commencé en avril, à l’approche de l’anniversaire de Mélania Trump. La Première dame est née fin avril et sa page Facebook a publié environ 3.300 annonces pour qu’on lui fête son anniversaire. Les publications ont en grande majorité ciblé les femmes des États du Sud et du Midwest, selon l’Ad Library de Facebook.

En cliquant sur de telles cartes, les utilisateurs de Facebook ont offert de nombreuses informations de contact pour aider à la réélection de Donald Trump. En effet, cela permet d’établir des listes d’électeurs qui sont cruciales pour des collectes de fonds. Cela aurait permis, selon les spécialistes politiques, de prendre une avance considérable sur la collecte de données sur les électeurs face aux Démocrates.

«Signer une carte d’anniversaire n’est pas quelque chose qui ressemble à une position politique. C’est une autre façon d’attirer des gens qui ne se seraient autrement pas engagés», estime Marne Pike, le CEO de Veracity Media, une société de stratégie numérique.

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Enquête russe: «de nombreuses comparaisons» à faire avec le scandale du Watergate, selon un témoin


J’étais jeune lors du scandale du Watergate, mais je me souviens que ma grande soeur Mireille en parlait à la maison. L’ex chef des services juridiques de la Maison Blanche a été invité, car selon lui, l’enquête russe aurait de nombreuses similitudes au scandale du Watergate. Il aurait d’ailleurs été l’une des sources du rapport M. Mueller envers le président américain actuel. Comme d’habitude, Donald Trump fulmine contre ceux qui sont contre lui et ne ce gène pas à insulté ses opposants.
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Enquête russe: «de nombreuses comparaisons» à faire avec le scandale du Watergate, selon un témoin

Enquête russe: «de nombreuses comparaisons» à faire avec le scandale du Watergate, selon un témoinPhoto: AP Photo/Alex BrandonLe président Donald Trump

L’ancien avocat de la Maison Blanche sous Richard Nixon et participant repenti au scandale du Watergate John Dean témoigne lundi au Congrès américain lors d’une audition sur les soupçons d’entrave à la justice pesant sur Donald Trump, avec en fond la menace d’une procédure de destitution.

Lors d’un spectaculaire témoignage devant le Congrès en 1973, John Dean, alors chef des services juridiques de la Maison Blanche, avait impliqué le président américain dans ce programme d’espionnage politique. Des accusations qui avaient contribué à pousser Richard Nixon à la démission un an plus tard.

John Dean témoignera à partir de 14h devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants, à l’invitation des démocrates qui multiplient les enquêtes parlementaires contre Donald Trump depuis la publication, en avril, du rapport d’enquête du procureur spécial Robert Mueller.

M. Mueller a conclu qu’il n’y avait pas eu d’entente entre l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou mais il ne l’a en revanche pas blanchi des soupçons d’entrave à la justice.

La présence de John Dean au Congrès soulignera un parallèle frappant avec l’affaire du Watergate: l’ex-chef des services juridiques de la Maison Blanche sous Donald Trump, Don McGahn, est l’une des sources clé ayant permis à M. Mueller de décrire une dizaine de pressions troublantes exercées sur son enquête par le 45e président américain.

«J’espère leur donner du contexte et leur montrer à quel point ce que l’on voit en ce moment, et ce qui est décrit dans le rapport Mueller, rappellent de façon frappante le Watergate», a déclaré John Dean, aujourd’hui âgé de 80 ans, sur CNN.

«Il y a de nombreuses comparaisons». L’ancien conseil a cité «le fait que Nixon était très impliqué très tôt» dans l’enquête, «comme Trump».

Le limogeage par Donald Trump de James Comey, alors chef du FBI, en mai 2017, «n’est pas sans rappeler certaines des initiatives de Nixon [qui] était intervenu et avait tenté d’influencer l’enquête du FBI comme Trump».

Martelant qu’il a été totalement innocenté par la publication du rapport Mueller, Donald Trump s’est indigné de l’invitation des démocrates à M. Dean, collaborateur habituel de la chaîne CNN, l’une de ses bêtes noires, en accusant de nouveau les démocrates de vouloir refaire l’enquête.

«Ils invitent même l’ordure de CNN, l’avocat John Dean», a-t-il tweeté dimanche.

Le scandale du Watergate en trois points:

  • Le scandale du Watergate a mis le président américain Richard Nixon dans l’eau chaude dans les années 1970, quand des systèmes d’écoute installés par l’administration dans la Maison-Blanche ont été découverts.

  • De nombreux témoins ont défilé devant le Sénat pour faire part de leurs expériences dans le cadre du Watergate, alors que le président faisait face à des accusations d’obstruction à la justice et d’abus de pouvoir.

  • Pour éviter la destitution, le président Nixon a démissionné en 1974.

https://journalmetro.com/

La banalisation du mensonge


On sait qu’en politique le mensonge est commun. Depuis l’élection de Donald Trump, on prend plus conscience de l’étendue de la désinformation. Les réseaux sociaux n’aident pas non plus, même, ils empirent le problème des mensonges de toutes sortes qui peut amener des violence envers un groupe ou a une personne innocente à cause des mensonges.
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La banalisation du mensonge

Aux États-Unis, les nombreuses fausses nouvelles qui ont circulé... (PHOTO EVAN VUCCI, ASSOCIATED PRESS)

Aux États-Unis, les nombreuses fausses nouvelles qui ont circulé pendant la campagne présidentielle en 2016 pourraient avoir joué un rôle dans l’élection de Donald Trump (photographié mercredi dernier à Washington).

PHOTO EVAN VUCCI, ASSOCIATED PRESS

VALÉRIE SIMARD
La Presse

La foule présente lors de la cérémonie d’investiture de Donald Trump était la plus grande de l’histoire. Et le soleil s’est pointé lorsque le président a commencé son discours. Les vaccins causent l’autisme. Il y a un minicheval à la crinière rose dans l’île Sainte-Hélène ! Il ne se passe pas une journée sans que nous soyons exposés à de fausses informations. En cette ère dite de « post-vérité », le mensonge est-il plus présent qu’avant ?

Le cas du président américain est extrême. Selon le Washington Post Fact Checker, une équipe mise sur pied par le quotidien américain réputé pour « établir la vérité derrière la rhétorique », Donald Trump avait, en date du 29 avril dernier, prononcé plus de 10 000 déclarations fausses ou trompeuses pendant ses 827 jours au pouvoir

« Ce que Trump a fait – et ce qu’il continue de faire – est de dévaluer l’idée de vérité dans notre culture », a écrit le commentateur politique Chris Cillizza, dans une analyse publiée en avril dernier sur le site de CNN.

« Il faut faire attention à quel point on extrapole à partir du cas américain, qui est un cas très singulier à plusieurs égards, affirme Jocelyn Maclure, professeur titulaire de philosophie à l’Université Laval et président de la Commission de l’éthique en science et en technologie (CEST). Mais en même temps, on a connu le Brexit. Le camp du Non avait sous-estimé comment l’autre camp pourrait s’en sortir en prenant autant de libertés avec la rigueur et l’exactitude. »

C’est justement dans le contexte de l’élection de Donald Trump et du référendum sur le Brexit au Royaume-Uni que le dictionnaire britannique Oxford a déclaré « post-truth » (post-vérité) mot de l’année 2016, en référence à une période où les faits comptent moins que l’émotion.

Or, le mensonge en politique ne date pas d’hier, rappelle Jocelyn Maclure en nous ramenant à Machiavel.

« Je ne m’en prends pas au concept même de post-vérité, précise-t-il. Certains disent qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Il y a une radicalisation des problèmes qu’on a toujours connus. Il y a tout un marché pour des politiciens ou des formations politiques qui veulent instrumentaliser à la fois nos vulnérabilités et les nouvelles technologies de l’information, l’internet et les plateformes numériques, pour faire des gains politiques. »

Le fait que le mensonge a toujours existé ne le rend pas pour autant acceptable sur le plan des valeurs, ajoute-t-il.

 « La plupart des philosophes politiques et des philosophes en éthique ont jugé que le mensonge était mal, y compris en politique. Si on pense que c’est important que les prises de décision et l’adoption des lois soient fondées sur la rationalité et des faits avérés, il faut condamner de toutes nos forces le mensonge en politique et, surtout, il faut se donner des moyens institutionnels de le combattre. »

Le rôle des réseaux sociaux

Si le mensonge en politique n’est pas nouveau, les réseaux sociaux permettent d’en amplifier la diffusion. Il en va de même pour les fausses nouvelles, que le chroniqueur Jeff Yates, aujourd’hui à Radio-Canada, traque depuis maintenant quatre ans. Il n’est pas en mesure d’affirmer qu’elles ont proliféré, mais il constate que le ton qui y est employé est devenu plus agressif.

Selon sa définition, une fausse nouvelle est « une information soit carrément fausse, soit détournée, exagérée ou dénaturée à un point tel qu’elle n’est plus véridique, présentée comme une vraie nouvelle dans le but de tromper les gens ». 

« Anciennement, c’était difficile d’atteindre 100 000 personnes. Tu ne pouvais pas faire ça tout seul dans ton sous-sol. Maintenant, si tu sais comment les réseaux sociaux fonctionnent, tu peux rejoindre beaucoup de monde. »

Et faire des dommages. Au Sri Lanka, une fausse information diffusée sur Facebook a mené à une flambée de violence à l’endroit des musulmans. En Inde, au moins 25 hommes ont été lynchés à cause de fausses rumeurs d’enlèvements d’enfants sur WhatsApp. Aux États-Unis, les nombreuses fausses nouvelles qui ont circulé pendant la campagne présidentielle en 2016 pourraient avoir joué un rôle dans l’élection de Donald Trump. À moindre échelle, au Québec, peu après la mort de la fillette à Granby, alors qu’il était interdit de dévoiler le nom de la victime et des accusés, des internautes ont fait circuler la photo d’une femme qui porte le même prénom que la belle-mère de la fillette en affirmant qu’il s’agissait de l’accusée.

« La dame a reçu des messages haineux et des menaces sur son Facebook, raconte Jeff Yates. Ce n’est pas quelque chose qui a eu un large impact sur la société, mais pour cette personne, ça a des conséquences. »

Selon Jeff Yates, beaucoup de la désinformation présente sur Facebook passe dorénavant par des groupes, souvent privés, depuis que la plateforme a modifié son algorithme pour leur donner priorité aux dépens des pages.

« Si on a un groupe conspirationniste, tous les gens dans le groupe ont tendance à être conspirationnistes. Ceux qui ne le sont pas vont avoir tendance à ne plus y aller parce que chaque fois qu’ils publient un commentaire, ils se font insulter. »

La science mise à mal

Ainsi, ces groupes sont un terreau fertile pour les théories conspirationnistes et les discours remettant en question les faits avancés par la science. Le neuroscientifique Daniel Levitin, professeur au département de psychologie de l’Université McGill et auteur du livre A Field Guide to Lies – Critical Thinking in the Information Age, déplore qu’une partie de la population ait perdu confiance en la science.

« C’est en partie la faute des scientifiques qui ne font pas vraiment un bon travail pour expliquer ce qu’ils font et comment ils le font et celle du système d’éducation, croit M. Levitin. Je ne pense pas que la personne moyenne possède les outils pour s’engager dans le genre de pensée critique qui est nécessaire. »

Il admet que la plupart des gens n’ont pas non plus le temps nécessaire à la vérification des faits. Il croit cependant qu’ils devraient être en mesure de reconnaître que tous n’ont pas la même crédibilité pour s’exprimer sur un sujet.

« Les gens entendent quelqu’un comme Robert F. Kennedy Jr dire que les vaccins sont dangereux. Ils ne savent peut-être pas grand-chose à son sujet, mais ils connaissent le nom de Kennedy. Ou, plus insidieusement, ils voient une publication sur Facebook et se disent : « Si j’y pense, il y a beaucoup d’enfants qui sont malades après la vaccination. Je ne fais pas confiance aux sociétés pharmaceutiques ni aux experts, alors peut-être que c’est vrai. » Mais il y a un fossé entre peut-être que c’est vrai et c’est vrai. »

Des remèdes contre la désinformation

• #30 secondes avant d’y croire

#30 secondes avant d’y croire est un projet mené par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et de l’Agence Science-Presse, auquel participent le journaliste Jeff Yates et plusieurs autres journalistes bénévoles. La formation a pour but de sensibiliser les adolescents aux fausses nouvelles et aux canulars qui circulent sur le web.

https://30secondes.org/

• PolitiFact

Ayant reçu un prix Pulitzer, PolitiFact est un site à but non lucratif tenu par le Poynter Institute, aux États-Unis. Les journalistes examinent, avec leur Truth-O-Meter, l’exactitude des déclarations faites par les élus américains.

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Près de 450 hectares de milieux humides détruits en un an


C’est à se demander à quoi sert un ministère de l’Environnement quand il autorise a détruire des milieux humides. Bien sûr, les changements climatiques y sont probablement pour quelque chose, mais le fait qu’on a détruit des marais, des cours d’eau, des marécage … nuie grandement à l’environnement et nous faisons face à des inondations qui auraient peut-être été moins destructeurs.
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Près de 450 hectares de milieux humides détruits en un an 

Le gouvernement québécois a autorisé l'an dernier la... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

Le gouvernement québécois a autorisé l’an dernier la destruction de 444 hectares de milieux humides. Québec a notamment permis le remblayage de deux marécages pour agrandir le stationnement d’Entreposage Leaseholds, à Montréal.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

MARTIN CROTEAU
La Presse

(Québec) Le gouvernement québécois a autorisé l’an dernier la destruction de 444 hectares de milieux humides, l’équivalent de 700 terrains de football. C’est la preuve selon certains que la loi protège mal ces milieux névralgiques en période d’inondations.

Des documents déposés à l’Assemblée nationale révèlent qu’entre le 1er avril 2018 et le 28 février dernier, le ministère de l’Environnement a délivré 520 certificats d’autorisation pour des travaux dans des plaines inondables, des rives ou des milieux humides.

Les autorisations touchent un éventail de chantiers. On a permis par exemple à un commerce de remblayer un marécage pour agrandir son stationnement. On a autorisé la construction de ponceaux temporaires pour le futur Réseau express métropolitain (REM). Et à Québec, le réaménagement de l’échangeur qui relie les autoroutes Henri-IV et Félix-Leclerc a nécessité la destruction d’un milieu humide.

Pris ensemble, tous ces travaux ont entraîné la disparition en moins d’un an de marais, cours d’eau et tourbières d’une superficie plus grande que celle de l’île des Soeurs.

L’année précédente, la superficie détruite avait été quatre fois plus importante.

Les milieux humides jouent un rôle névralgique. Non seulement ils abritent une faune riche, mais ils agissent aussi comme des éponges qui captent les eaux de crue des rivières. Leur disparition contribue à empirer les inondations.

Les chiffres publiés par Québec font bondir Guy Garand, qui milite depuis des années pour la protection de ces habitats à Laval.

« C’est une catastrophe, a dénoncé M. Garand, qui dirige le Conseil régional de l’environnement de Laval. Les changements climatiques sont là, mais à un moment donné, il va falloir cesser la destruction des milieux humides. »

Compensation

En 2017, le gouvernement Couillard a adopté une loi qui force les promoteurs à verser une compensation financière à l’État lorsqu’ils détruisent des milieux humides.

En vertu de ce nouveau régime, Québec a autorisé la destruction de 136 hectares l’an dernier. Les redevances se sont élevées à 22 millions de dollars. L’argent sera affecté à la conservation, la restauration et la création de milieux humides.

Sous l’ancienne loi, la destruction devait être compensée « en nature » : pour chaque hectare remblayé, un promoteur ou une ville devait protéger un terrain de plus grande taille. Quelque 65 projets ont été approuvés en vertu de ce régime, l’an dernier. Ils ont entraîné la conservation de 639 hectares de milieux humides.

Selon Guy Garand, Québec doit vite resserrer les règles

« C’est un régime qui permet de payer la compensation. C’est un permis de détruire que tu achètes, et on n’est pas pour ça. »

Révision en cours

François Legault a confirmé hier que son gouvernement comptait réviser la loi qui régit l’aménagement dans les zones sensibles.

« Je ne veux pas revivre à répétition, tous les printemps, la situation qu’on a vécue cette année », a expliqué le premier ministre.

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a dit vouloir freiner la construction dans les zones inondables et mieux protéger les milieux susceptibles de contenir les crues.

« Il faudra concevoir notre développement autrement à l’avenir, a convenu M. Charette. Il y a des habitudes, comme société, qu’on avait l’habitude de perpétuer. Et on voit clairement que la nature, dans certains endroits, reprend ses droits. Donc, ce sont des façons de faire qu’on devra revoir. »

Scepticisme

La députée du Parti libéral Marie Montpetit s’est montrée sceptique face aux intentions du gouvernement de la Coalition avenir Québec. Elle a rappelé qu’en campagne électorale, François Legault promettait d’assouplir le régime de protection des milieux humides, qu’il jugeait trop sévère. Le ministre Charette a d’ailleurs confirmé cette intention en commission parlementaire il y a quelques jours.

« On a deux discours en deux semaines, a ironisé Mme Montpetit. S’il souhaite renforcer les règles, on va l’accompagner là-dedans, ça va être une bonne nouvelle. »

Québec solidaire est aussi favorable à des règles plus strictes.

« On sera exposé davantage dans le temps à ce type d’inondations, a souligné la députée Émilise Lessard-Therrien. Il faut repenser le territoire, l’aménagement du territoire. Les milieux humides, on sait que c’est la zone tampon pour amortir les crues des eaux, pour filtrer aussi le ruissellement des eaux. »

– Avec la collaboration d’Hugo Pilon-Larose, La Presse

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Si un astéroïde se dirige vers la Terre, quelles sont les options?


Si un astéroïde venait trop près de la terre, s’il est vu à temps, il pourrait avoir une évacuation dans une zone donnée, à la condition que l’astéroïde ne soit pas trop gros. Si par contre il est très gros, comment protéger la terre ? Faire comme le film Armageddon ? Il semble, que c’est une très mauvaise idée.
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Si un astéroïde se dirige vers la Terre, quelles sont les options?

 

HANDOUT . / REUTERS

C’est le scénario potentiellement catastrophique, et entièrement imaginaire, sur lequel des experts planchent cette semaine.

  • Ivan Couronne

Exercice: un télescope vient de détecter un astéroïde de 100 à 300 mètres de diamètre filant à 14 kilomètres par seconde, à 57 millions de km de la Terre. Les astronomes estiment à 1% le risque qu’il se fracasse sur la Terre le 29 avril 2027. Que faire?

C’est le scénario potentiellement catastrophique, et entièrement imaginaire, sur lequel près de 300 astronomes, scientifiques, ingénieurs et experts des situations d’urgence planchent cette semaine dans la banlieue de Washington, lors du quatrième exercice international du genre depuis 2013.

« Ce n’est pas Hollywood », a dit Jim Bridenstine, administrateur de la NASA, en ouvrant les travaux de la sixième Conférence internationale de défense planétaire, sur le campus de l’université du Maryland à College Park.

Les pays représentés: Italie, Allemagne, France, Russie, Israël, Chine…

L’idée que la Terre doive se défendre contre un astéroïde se heurtait autrefois à ce que les experts appellent le « facteur gloussement ». Mais, le 15 février 2013, un météore a contribué à mettre fin aux ricanements.

Ce jour-là, un astéroïde de 20 mètres est apparu de nulle part et a explosé en entrant dans l’atmosphère, 23 kilomètres au-dessus de la ville russe de Tcheliabinsk. Les habitants ont ressenti la chaleur de l’explosion à 60 km à la ronde. Les vitres de milliers de bâtiments ont explosé. Un millier de personnes ont été blessées par des éclats.

La météorite avait laissé sa trace après son passage dans le ciel de

ULLSTEIN BILD DTL. VIA GETTY IMAGESLa météorite avait laissé sa trace après son passage dans le ciel de Tcheliabinsk.

« L’aspect positif de Tcheliabinsk est qu’il a déclenché une prise de conscience du grand public et des décideurs publics », dit à l’AFP Detlef Koschny, co-directeur du bureau de défense planétaire de l’Agence spatiale européenne (ESA), représentée par une dizaine de personnes à la conférence.

Combien?

Seuls les astéroïdes dont l’orbite les rapprochera à moins de 50 millions de kilomètres de la Terre nous intéressent. Les astronomes en découvrent tous les jours: plus de 700 déjà cette année, avec un total catalogué de 20 001, a annoncé Lindley Johnson, du bureau de coordination de la défense planétaire à la NASA, créé en 2016.

Parmi les plus risqués, on trouve par exemple un rocher baptisé 2000SG344: 50 mètres environ de diamètre, avec une chance sur 2096 qu’il s’écrase sur Terre d’ici 100 ans, selon l’ESA.

La plupart sont plus petits, mais 942 font plus d’un kilomètre, estime l’astronome Alan Harris, qui a informé l’auditoire que quelques gros astéroïdes se cachaient encore probablement dans le ciel: « La plupart sont garés derrière le Soleil ».

Ce sont principalement des télescopes américains, dans l’Arizona et à Hawaï, qui les détectent.

L’ESA a installé un télescope en Espagne et en prévoit d’autres au Chili et en Sicile. De nombreux astronomes réclament un télescope dans l’espace puisque, depuis la Terre, on ne peut pas voir les objets se trouvant de l’autre côté du Soleil.

Dévier l’astéroïde

L’exercice de cette semaine vise à simuler comment le monde répondrait à la menace. Il faudrait d’abord pointer des télescopes vers l’objet pour calculer précisément sa vitesse et sa trajectoire, les observations initiales étant grossières.

Ensuite, le choix est binaire: dévier l’objet, ou évacuer.

S’il fait moins de 50 mètres, le consensus international est d’évacuer la région susceptible d’être frappée.

Selon Detlef Koschny, deux semaines avant l’impact, on peut prédire le pays touché. Quelques jours avant, la précision est de quelques centaines de kilomètres.

Pour les plus gros objets, l’idée n’est pas d’envoyer une bombe atomique comme dans le film « Armageddon » car cela pourrait créer des morceaux tout aussi dangereux. L’idée consisterait à lancer un appareil vers l’astéroïde pour le dévier… comme une autotamponneuse cosmique.

La NASA testera l’idée sur un vrai astéroïde de 150 mètres, en 2022, avec la mission DART.

Reste le problème politique, dit Romana Kofler, du bureau des affaires spatiales de l’ONU: « Quelle serait l’autorité décisionnaire? »

« Le consensus a été jusqu’à présent de ne pas répondre à cette question », a-t-elle expliqué.

En tout état de cause, le Conseil de sécurité de l’ONU serait saisi mais cela laisse entière la question de savoir si les pays riches financeraient une mission s’ils n’étaient pas eux-mêmes dans la ligne de mire de 2000SG344, ou d’un autre caillou céleste.

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Cette civi­li­sa­tion pré-Inca vivait en paix et sans enne­mis grâce à la bière


Avant les Incas, il y avait la civilisation Huari au Pérou. Ils produisaient une boisson fermentée à base de maïs, de riz ou de manioc. Cet alcool s’apparentait à la bière qu’ils partageaient entre eux et leurs rivaux.
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Cette civi­li­sa­tion pré-Inca vivait en paix et sans enne­mis grâce à la bière

 

Crédits : Natio­nal Geogra­phic

par  Laura Boudoux

 

La consom­ma­tion d’al­cool aurait contri­bué à main­te­nir des rela­tions poli­tiques stables dans les socié­tés anciennes, rapportent des cher­cheurs améri­cains dans une étude publiée le 18 avril 2019.

La civi­li­sa­tion Huari, qui précé­dait celle des Incas, aurait ainsi survécu 500 ans notam­ment grâce à un flux constant de bière, parta­gée entre eux mais aussi avec leurs rivaux, rapporte Natio­nal Geogra­phic. Instal­lée au sommet d’un plateau escarpé du Pérou, sans source d’eau natu­relle, cette civi­li­sa­tion était connue pour ses banquets somp­tueux et le bras­sage de la bière, entre 500 et 1050 ap. J.-C.

Ces festins, auxquels étaient conviés les chefs des commu­nau­tés locales, mais aussi leurs poten­tiels enne­mis voisins, leur ont permis de main­te­nir la paix et d’as­seoir leur influence. À Cerro Baúl, alors que l’em­pire Huari commençait à s’ef­fon­drer, la popu­la­tion aurait orga­nisé un dernier rassem­ble­ment, avant de mettre le feu à la bras­se­rie. Des archéo­logues sont parve­nus à exca­ver des vases en céra­mique, et affirment que les Huari pouvaient fabriquer entre 400 et 500 gallons de chicha à la fois. Cette bois­son fermen­tée qui s’ap­pa­rente à de la bière était produite à base de maïs, de riz ou de manioc.

« Nous savons qu’ils essayaient d’in­cor­po­rer les divers groupes qui venaient à Cerro Baúl, et l’un des moyens qu’ils utili­saient proba­ble­ment était ces grands festi­vals, centrés autour de la bière locale », explique l’au­teur prin­ci­pal de l’étude, Ryan Williams, du Field Museum de Chicago.

Grâce aux restes décou­verts sur le site archéo­lo­gique, les scien­ti­fiques ont même réussi à repro­duire de la chicha, en respec­tant les procé­dés ances­traux. Un proces­sus labo­rieux, qui a néces­sité un mois de travail.

Source : Natio­nal Geogra­phic

https://www.ulyces.co/