Australie : un opossum surprend par sa ressemblance avec Pikachu


Un pikachu vit en Australie. C’est un opossum doré, et comme le Pokémon Pikachu, il est tout jaune, mais il n’a pas de joue rouge, ni de noir sur la pointe des oreilles. Malheureusement, il est un peu trop voyant pour les prédateurs
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Australie : un opossum surprend par sa ressemblance avec Pikachu

 

Opossum d'Australie

Cette femelle opossum d’Australie a les poils totalement jaunes à cause d’une mutation.

© FACEBOOK / BORONIA VETERINARY CLINIC AND ANIMAL HOSPITAL

Par Anne-Sophie Tassa

Une clinique vétérinaire australienne a pris en charge un étrange animal : un opossum arborant une couleur jaune semblable à celle de Pikachu, le célèbre Pokémon.

Qu’est-ce qui a les oreilles pointues, qui est petit et jaune… mais qui ne lance pas d’éclair ? Il ne s’agit donc pas de Pikachu mais d’un opossum d’Australie (Trichosurus vulpecula), un peu particulier. Le 14 novembre 2018, la Clinique vétérinaire de Boronia et son hôpital pour animaux, situés en Australie, ont publié la photo d’un opossum doré, un petit animal entièrement jaune. « C’est Pikachu ! », a commenté un internaute tandis qu’une seconde s’est amusée à truquer la photo de l’opossum pour que celui-ci arbore les pommettes rouges et le bout des oreilles noirs du célèbre Pokémon (voir photographie ci-dessous). Afin d’éviter tout malentendu, la clinique a tenu à préciser les raisons de cette étonnante couleur de fourrure.

« La couleur dorée est causée par une mutation qui conduit à un faible taux de mélanine, un pigment qui donne leur couleur aux poils, explique-t-elle. Ces opossums sont très rares dans la nature car bien que leur couleur lumineuse les rende si spéciaux à nos yeux, ils se font remarquer davantage par les prédateurs ! ».

Pour préserver cette jeune opossum – car il s’agit là d’une femelle – celle-ci va être élevée en présence de soigneurs et sera ensuite placée dans un sanctuaire.

© Facebook / Susan Wolf

La population d’opossums d’Australie diminue

Ces animaux sont endémiques de l’Australie. Inscrits dans la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans la catégorie « Préoccupation mineure », leur population diminue néanmoins.

Il n’existe pas de menaces particulières qui pèsent sur cette espèce. Mais « la prédation des dingos, des chats, des renards ainsi que celle des pythons peut impacter les populations où l’espèce est rare », note l’UICN sur son site.

Les feux de forêts affectent également ces animaux notamment quand ils entraînent la destruction des grands arbres.

https://www.sciencesetavenir.fr

Ce ver préhistorique avec de longues pattes ressemble à un Pokémon


Un fossile découvert montre un ver qui vivaient dans des fonds marins, il y a des millions d’années
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Ce ver préhistorique avec de longues pattes ressemble à un Pokémon

 

DANIELLE DUFAULT

Le HuffPost  |  Par Gregory Rozieres

Si vous n’aimez pas les scolopendres et autres mille-pattes, vous n’allez pas apprécier Ovatiovermis cribratus. Cette nouvelle espèce, qui vivait dans les fonds marins il y a quelques 500 millions d’années, est une sorte de ver avec de longues pattes pleines de piquants, rapporte Popular Science.

De la famille des lobopodes, cette nouvelle espèce a été identifiée par une équipe de chercheurs dans une étude publiée ce mardi 31 janvier dans la revue BMC Evolutionary Biology. Les scientifiques ont identifié cette étrange bestiole grâce à deux fossiles découverts dans les montagnes canadiennes.

Pas plus grand qu’un pouce, toutes pattes dépliées, Ovatiovermis cribratus s’accrochait au sol sur ses membres postérieurs. Il pouvait ainsi se tenir droit, précise dans un communiqué le Musée royal d’Ontario, qui a récupéré le fossile. Objectif: avoir les « mains » libres pour récolter de la nourriture dans l’eau et la ramener à sa bouche.

Les chercheurs pensent que cet invertébré est un lointain ancêtre des célèbres tardigrades, mais aussi des arthropodes, un type d’animaux invertébrés dont font partie les mille-pattes. Bizarrement, Ovatiovermis cribratus n’avait aucune carapace et était entièrement mou. Les chercheurs pensent que le ver préhistorique survivait en se camouflant, par exemple au milieu de colonies d’éponges. Mais cela reste une hypothèse et nous ne saurons jamais comment vivait vraiment l’Ovatiovermis cribratus.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Pokémon Go bouffe vos données… personnelles


La plupart des applications sur le web demandent d’avoir accès à certaines informations et qui seraient « confidentielles ». Le jeu Pokémon est différent dans le sens que la collecte est encore plus vaste grâce au GPS qui est l’espionnage rêvé pour des publicités ciblées
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Pokémon Go bouffe vos données… personnelles

 

Un pokémon se tient sur un trottoir du centre-ville de Toronto, prêt à être capturé. (Photo: Cole Burston/La Presse Canadienne)

Un pokémon se tient sur un trottoir du centre-ville de Toronto, prêt à être capturé. (Photo: Cole Burston/La Presse Canadienne)

Jean-Philippe Décarie-Mathieu est cofondateur de Crypto.Québec, un regroupement qui sensibilise la population aux enjeux relatifs à la vie privée sur le Web et à la sécurité informatique. Écoutez leur émission en baladodiffusion, enregistrée chaque semaine dans les locaux de L’actualité.

L’été 2016 passera à l’histoire comme l’été Pokémon! Pas seulement parce que le premier jeu en réalité augmentée destiné aux cellulaires s’est retrouvé en tête des applications gratuites sur l’App Store dès sa sortie, appli que des millions de personnes ont téléchargée depuis. Plutôt parce que sous ses airs ludiques, Pokémon Go ajoute sa pierre à l’édifice de la société de surveillance. Position par GPS, accès à l’historique des endroits visités, à la fréquence et aux habitudes de jeu… Chaque fois qu’un joueur chasse les Pokémon, il alimente son empreinte numérique unique, mise à jour en temps réel et archivée pour une période indéterminée, pour le meilleur et pour le pire.

L’entreprise qui a développé l’application, Niantic, accumule des quantités incroyables d’informations personnelles sur les utilisateurs dès l’enregistrement. Les conditions d’utilisation qui s’affichent précisent que la société californienne collecte votre adresse Google ou Facebook (si vous les utilisez comme identifiants), et par ricochet l’ensemble de vos informations publiques. Elle note votre adresse IP (l’équivalent sur Internet de votre adresse de maison), votre positionnement géographique par satellite lors de l’enregistrement, le nom et la version de votre système d’exploitation. Elle recense la page Web que vous visitiez juste avant de vous inscrire à Pokémon Go, les mots clés que vous avez utilisés pour y arriver, ainsi que l’ensemble de vos journaux, qui contiennent les informations techniques générées dès qu’un utilisateur fait quoi que ce soit.

Votre compte, en soi, est lui aussi une mine d’informations: vos nom et date de naissance, le nom du pays dans lequel vous êtes… et l’ensemble des messages que vous envoyez à d’autres utilisateurs de Pokémon Go. Les témoins (cookies) et les pixels-espions (Web beacons, des images minuscules qui permettent de suivre vos comportements d’un site à l’autre) permettent eux aussi une collecte impressionnante: statistiques sur la consommation et le trafic Web, tendances d’utilisation à long terme, temps passé sur les différences sections de l’application et du site Web de Niantic.

Le positionnement géographique étant essentiel au bon fonctionnement de Pokémon Go, normal que Niantic utilise tous les outils à sa disposition, notamment la géolocalisation par satellite (le fameux GPS), pour déterminer très précisément le lieu qu’occupe le joueur tout au long du jeu. Rien n’indique que l’entreprise ait des intentions malveillantes. Les métadonnées qu’elle récolte sont probablement rendues anonymes, mais il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une entreprise privée, et donc qu’aucune surveillance externe n’est possible.

Dans ses conditions d’utilisation de Pokémon Go, Niantic se dégage de toute responsabilité en cas de partage des données, notamment avec son partenaire Pokémon Company. En cas de liquidation ou de rachat de Niantic, l’ensemble des données collectées (décrites comme des «actifs» dans la politique de vie privée) pourraient se retrouver dans les mains d’une entreprise qui aurait gros à gagner à acquérir un tel trésor numérique. Un utilisateur peut toujours demander un retrait de ses informations personnelles des serveurs, mais elles demeurent dans les copies de sauvegarde.

Au départ, l’application était encore plus gourmande. Pour jouer à Pokémon Go, vous deviez littéralement ouvrir votre compte Google à Niantic, qui se réservait le droit de modifier l’ensemble de vos données: l’application pouvait lire tous les courriels de votre compte Gmail, apporter des modifications à vos documents sur Google Drive, consulter votre historique de recherche, accéder à vos photos personnelles, etc. Et aucune fenêtre n’apparaissait, au moment de son installation, pour vous en prévenir.

Niantic — une ancienne filiale de Google — prétend que cet accès total au compte Google était un «accident». Et elle a rectifié le tir. L’ouverture d’un compte Pokémon Trainer ou un simple Google ID suffit maintenant pour l’authentification du joueur.

L’application mise au point par Niantic n’est pas la première à recueillir autant de renseignements. Mais ce qui dérange dans son cas, c’est l’ubiquité de la collecte de métadonnées tous azimuts, inhérente au bon fonctionnement de l’application.

Force est de constater que l’utilisation de Pokémon Go contribue à la société de surveillance, en plus de créer une couche supplémentaire d’espionnage orwellien. Le pistage d’informations devient non seulement socialement acceptable, mais attrayant, puisqu’il s’accompagne d’une récompense instantanée. L’ensemble des déplacements d’un joueur, son âge, ses habitudes Web valent leur pesant d’or dans l’univers de la publicité ciblée.

Pas étonnant que Pokémon Go soit gratuit. Le produit, ici, n’est pas le jeu. C’est le joueur. À cogiter.

http://www.lactualite.com/

Les policiers invitent les joueurs de Pokémon Go à la prudence


Je crois que Pokémon Go peut devenir très addictif. Cela se joue avec un téléphone intelligent et le joueur pourrait oublier dans quel environnement il évolue. Il semble d’ailleurs que de nombreux incidents se sont produits un peu partout dans le monde
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Les policiers invitent les joueurs de Pokémon Go à la prudence

 

Un mordu du jeu Pokemon Go s'amuse sur... (AP, Richard Vogel)

Un mordu du jeu Pokemon Go s’amuse sur son téléphone.

AP, RICHARD VOGEL

 

DIANA MEHTA, PETER CAMERON
La Presse Canadienne
TORONTO

Les autorités à travers le Canada préviennent les joueurs de Pokémon Go des risques associés à de telles applications de réalité augmentée, tandis que le jeu de l’heure cause bien des ennuis un peu partout dans le monde.

L’application mobile Pokémon Go exige des joueurs qu’ils cherchent de petites créatures virtuelles dans leur environnement réel. Ces Pokémons, popularisés dans un dessin animé à la fin des années 1990, peuvent être attrapés lorsqu’ils apparaissent à l’écran des téléphones intelligents dans différents lieux, à différents moments dans la journée.

Officiellement, le jeu n’a été lancé qu’aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande depuis la semaine dernière, mais il est rapidement devenu un phénomène mondial, faisant les manchettes à travers la planète. Un grand nombre de Canadiens ont d’ailleurs trouvé une façon de contourner les règles pour installer l’application.

Dans la ville de Québec, deux agents de police auraient subi des blessures mineures lorsqu’une voiture qu’ils voulaient intercepter s’est mise à reculer, entrant en collision avec leur véhicule de patrouille dans un stationnement.

La sergente Nancy Roussel raconte que le chauffeur s’est dit désolé, admettant qu’il jouait à Pokémon Go. La sergente de Québec invite les joueurs à toujours être conscients de leur environnement, qu’ils soient en voiture, à vélo ou à pied.

Chaque fois que l’application Pokémon Go est lancée, un avertissement de son concepteur, Niantic, apparaît, invitant les joueurs à la prudence. Les utilisateurs doivent aussi s’engager à ne pas pénétrer sur un terrain privé sans autorisation. Niantic publie également un avis de non-responsabilité en cas de blessure, de dommage matériel ou même de décès qui pourraient survenir lors de l’utilisation de son application mobile.

Les autorités un peu partout au Canada ont publié des avertissements sur Twitter avec le mot-clic DontCatchAndDrive pour proscrire la chasse aux Pokémons au volant. Les services de police d’Edmonton et de Winnipeg, la Gendarmerie royale du Canada au Manitoba ainsi que CAA-Québec ont tous relayé de tels gazouillis. Les policiers de Vancouver ont même rédigé un guide de précautions à prendre dans la quête des créatures virtuelles.

«Dans votre chasse frénétique au Oddish, au Pikachu ou au Petilil, n’oubliez pas de garder un oeil sur le quai, et les pieds loin de la voie!», a écrit la Société de transport de Montréal sur Facebook, publiant une saisie d’écran où l’on aperçoit le Pokémon nommé Oddish à côté d’une voiture de métro.

Malgré toutes ces mises en garde, des joueurs saisis de la fièvre Pokémon Go se sont aventurés sur des terrains privés, des entrées de garage et des cimetières. Aux États-Unis, certains se sont même introduits dans une zone interdite de stationnement de police à la recherche des monstres animés.

En Utah, un adolescent âgé de 17 ans a reçu une contravention pour intrusion qui pourrait lui coûter jusqu’à 200 $ après qu’il eut recherché des Pokémons dans un silo à grain abandonné avec quelques amis.

Du côté de la Pennsylvanie, une femme a déclaré à une station de télévision locale que sa fille de 15 ans avait été heurtée par une automobile alors qu’elle jouait à Pokemon Go sur son téléphone intelligent. L’adolescente souffrirait de blessures à la clavicule et à un pied.

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Le retour de Pikachu


Pokémon semble renaitre des se ses cendres, bon, je n’ai jamais aimé ce type d’animation, mais mes gars oui !! Faut dire que tous les personnages qui on meublé l’enfance d’autrefois, reviennent acquérir un nouveau public, et Pikachu n’est pas donc pas en reste. De là à dire que c’est un moyen d’apprentissage … Je pense qu’il existe bien de meilleur manière pour éduquer des enfants
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Le retour de Pikachu

 

Pikachu la joufflue souris... (IMAGE TIRÉE DU SITE POKEMON.WIKIA.COM)

Pikachu la joufflue souris

IMAGE TIRÉE DU SITE POKEMON.WIKIA.COM

MARIE ALLARD
La Presse

On se croirait en 1999. Depuis janvier, Télétoon a remis en ondes le dessin animé des Pokémon. Dans les cours d’école du Québec, Pikachu la joufflue souris jaune est aussi connue que Mickey Mouse. Bien des enfants redoublent d’ardeur dans l’espoir d’avoir un beau bulletin, surtout s’il leur donne droit à des cartes Pokémon « EX », les plus convoitées. Regard sur une rare mode enfantine qui ne meurt pas… comme un Pokémon.

ATTRAPEZ-LES TOUS, ENCORE

Théo Cliche, 10 ans, a 500 cartes Pokémon.

 « Je trouve ça cool, explique le garçon. J’aime avoir une collection. »

Son monstre de poche préféré (Pokémon vient de pocket monster, en anglais)?

« Mewtwo, répond Théo. C’est le plus rare de tous. Je l’ai échangé contre trois cartes très fortes. »

Avis aux 30 ans et plus: Mewtwo est un Pokémon puissant aux allures de chat-kangourou blanc, mesurant deux mètres et ayant la particularité de voler…

Plus personne ne joue avec les Tamagotchi – des animaux de compagnie virtuels vendus dans de petites consoles – dans les cours d’école du Québec. Mais contre toute attente, Pikachu, le Pokémon en forme de grosse souris jaune, y est de nouveau une star.

Surtout depuis que Télétoon a remis en ondes avec succès, début janvier, le dessin animé qui relate les aventures de Sacha, un jeune dresseur de Pokémon qui ressemble à Ti-Brin dePasse-Partout (rebonjour les 30 ans et plus).

Pokémon « se classe dans notre top 15 des émissions les plus populaires de la chaîne », dit Stéfanie Larivée, relationniste de Télétoon.

«Les enfants veulent des cartes Pokémon avant de savoir lire, c’est fou comme ça.» Guillaume Garant-Rousseau, gérant de la boutique spécialisée Carta Magica, à Montréal

« Pokémon plait aux petits et aux grands enfants. Les gens finissent, en grande majorité, par quitter ce jeu en grandissant, mais l’intérêt se renouvelle constamment chez les plus jeunes », précise M. Garant-Rousseau.

UNE MÉNAGERIE CRÉÉE IL Y A BIENTÔT 20 ANS

C’est en 1996 que les Pokémon ont vu le jour au Japon – il a fallu attendre deux ans de plus pour qu’ils arrivent en Amérique du Nord.

Créés par Satoshi Tajiri, qui s’est inspiré des collections d’insectes qu’il faisait dans son enfance, les Pokémon sont des créatures fictives diverses « vivant dans la nature aux côtés des humains », précise Nintendo dans son Guide parental des Pokémon.

Le but du jeu consiste à capturer et collectionner les Pokémon, puis à les dresser pour affronter, lors de duels, les Pokémon d’autres joueurs. Particularité: les Pokémon peuvent « évoluer », comme des bébés qui deviennent des enfants, des adolescents, puis des adultes.

« Les Pokémon, ça a commencé par un jeu vidéo de Nintendo, puis ils en ont fait des mangas, des séries télévisées, des cartes à jouer et des films, dit Marc Steinberg, professeur associé en études cinématographiques à l’Université Concordia et auteur de Anime’s Media Mix: Franchising Toys and Characters in Japan, paru aux University of Minnesota Press en 2012. C’est un des premiers vrais succès transmédiatiques. »

CULTURE DU MIGNON

« C’est une activité et une pratique culturelle fondée sur le plaisir ludique et sur l’interaction sociale sous diverses formes (collection, échanges, compétition, collaboration, apprentissage, etc.), observe Martin Picard, spécialiste des jeux vidéo japonais et chargé de cours au Centre d’études de l’Asie de l’Est de l’Université de Montréal. Ça fait partie de la culture du mignon, ou « kawaii » en japonais. »

Même s’il s’agit officiellement de monstres, les Pokémon « ont tous l’air de gros nounours gentils qu’on a envie de serrer dans nos bras », décrit M. Garant-Rousseau.

Pas folle, Nintendo en a fait des peluches et de multiples autres produits dérivés.

« Il suffirait de donner une licence Pokémon à un producteur de choux de Bruxelles pour que les ventes du légume s’envolent », confiait un spécialiste au quotidien français Libération en 1999, lors de la première vague de Pokémania.

Après un creux au milieu des années 2000, la franchise « a été un rare exemple d’une mode qui est revenue », en raison d’une stratégie commerciale efficace et de la stabilité « des intérêts des enfants de sept ans », notait le quotidien américain New York Times en 2007.

«Il y a une deuxième et une troisième génération d’enfants qui consomment les Pokémon avec une intensité vraiment frappante.» Marc Steinberg, professeur associé en études cinématographiques à l’Université Concordia

« J’ai des neveux de 6 et 8 ans au Japon et je sais que les Pokémon y sont encore super populaires », poursuit-il.

JEU DE CARTES COMPLEXE

Envie d’essayer le jeu de cartes? Le site français de Pokémon propose des tutoriels, dont la complexité laisse perplexe:  les enfants font-ils pour retenir qu’il existe huit types d’énergie, des cartes Dresseur, des cartes Récompense, des pouvoirs spéciaux, etc.?

« Les plus jeunes ne font que collectionner les cartes, les échanger avec leurs amis et s’inventer des histoires, précise M. Garant-Rousseau. Ce sont les plus vieux, de 12 à 25 ans environ, qui jouent vraiment au jeu. »

Bien des écoles refusent que les enfants y emportent leurs cartes Pokémon, sauf lors de journées pédagogiques.

« Les cartes, les jouets, etc. sont en général interdits, mais lors d’événements spéciaux, ces jeux sont permis », confirme Alain Perron, porte-parole de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

CARTES À 100 $ L’UNITÉ

Un classeur rempli de cartes Pokémon peut vite susciter la convoitise. Un simple paquet de dix cartes Pokémon coûte 5,50 $. Mais seule une carte sur 100 est dite « EX » – ce sont les plus recherchées, celles des Pokémon les plus puissants.

« La valeur d’une carte Pokémon varie de 25 cents à facilement 100 dollars, dit M. Garant-Rousseau. Le prix est dicté par la rareté et par l’utilité qu’ont ces cartes dans les événements importants. On entend toujours l’histoire de la maman qui a acheté une carte à 15 $, que l’enfant a échangée contre une carte qui ne vaut rien… Les Pokémon permettent aux jeunes d’apprendre à faire attention à leurs choses. »

Déjà en 1999, le magazine Time comparait les Pokémon à un « système de Ponzi pestilentiel ». Suivre le slogan de Pokémon – Attrapez-les tous! – était encore envisageable, avec 150 bestioles à collectionner. Aujourd’hui, on en compte plus de 700. Théo reçoit, quant à lui, des cartes Pokémon à son anniversaire et à Noël. « Et quand j’ai un bon bulletin », précise le dresseur en herbe.

LES POKÉMON QUI NE VEULENT PAS MOURIR

Tous les dimanches, des dresseurs de Pokémon s’affrontent lors de tournois se déroulant chez Carta Magica, sur la Plaza St-Hubert à Montréal. L’objectif ultime? Être invité aux Championnats du monde du jeu de cartes Pokémon, qui auront lieu du 21 au 23 août à Boston.

Défilé de mascottes Pikachu à Yokohama au Japon.... (PHOTO YOSHIKAZU TSUNO, ARCHIVES AFP) - image 8.0

Défilé de mascottes Pikachu à Yokohama au Japon.

PHOTO YOSHIKAZU TSUNO, ARCHIVES AFP

LE PLUS GRAND SUCCÈS D’UN PRODUIT CULTUREL JAPONAIS

Centre d’études de l’Asie de l’Est de l’Université de Montréal, Martin Picard est un spécialiste des jeux vidéo japonais. La Presse l’a joint pour décortiquer le succès de Pikachu et autres Charmander.

En quoi le phénomène Pokémon est-il un pionnier ou un précurseur?

Pokémon n’est pas le premier phénomène culturel japonais à être populaire dans le monde occidental, mais il a été sans contredit celui qui a fait l’entrée la plus fracassante sur les marchés mondiaux des produits culturels. C’est probablement aussi celui qui connaît le plus grand succès commercial, jusqu’à aujourd’hui.

De loin, Pokémon a poussé le plus en avant le concept de la franchise transmédiatique. Après le succès du premier jeu vidéo, la franchise Pokémon a été rapidement étalée sur d’autres médias, et les jeux vidéo subséquents ont été commercialisés en lien avec les séries télévisées, les films d’animation, les jeux de carte à collectionner et les autres produits dérivés de toutes sortes.

Qu’est-ce qui explique l’intérêt pour les Pokémon?

L’immense succès des Pokémon a été possible à cause de multiples facteurs et de leur symbiose. Il est lié à plusieurs décisions de design et de marketing, qui ont permis de mettre en place un intérêt et une attirance pour les différents produits Pokémon, facilement exportables. L’exemple le plus probant étant Pikachu.

La franchise a aussi fait écho à des aspects de l’enfance qui sont proprement universels, tel que le besoin d’être suivi et encouragé, mais aussi le besoin de compétition et d’apprentissage. Pokémon incite à l’activité, entre autres par l’acquisition constante de connaissances (de classification et de taxinomie des monstres), ce qui augmente la longévité du produit, tout en étant une source inépuisable de conversations entre enfants.

La diversité de médias et d’activités a enfin permis à Pokémon de s’intégrer dans bien des espaces et routines de la vie quotidienne des enfants.

Êtes-vous étonné de voir que les jeunes s’intéressent toujours aux Pokémon, en 2015?

Je ne suis pas vraiment surpris, à cause de la mise en marché périodique des jeux officiels, des films et des séries télévisées, qui permet à la fois de renouveler l’intérêt des fans déjà établis et d’aller chercher un nouveau public. Au Québec, le renouveau de l’intérêt pour les cartes Pokémon dans les cours d’école est très certainement dû au retour de la diffusion de la série télévisée d’animation sur Télétoon, alors qu’elle n’y était plus diffusée depuis plus de dix ans.

À voir les chiffres de vente de chaque nouveau jeu Pokémon, du moins au Japon, la franchise a encore des années de succès devant elle.

Y a-t-il de bons et de moins bons côtés à la popularité des Pokémon?

En reprenant les propos de l’ouvrage collectif La grande aventure de Pikachu: Grandeur et décadence du phénomène Pokémon, traduit en français en 2013, je dirais simplement que c’est un débat très polarisé. Comme arguments positifs, on pourrait affirmer que les jeux Pokémon ont un côté bénéfique sur le plan intellectuel (par l’acquisition de connaissances et d’informations, l’aspect stratégique, etc.). Il y aurait aussi des effets bénéfiques au niveau social (apprendre à négocier, à avoir confiance en soi et même à tolérer les autres).

On peut répliquer à cette vision optimiste en soulignant qu’une bonne partie des négociations est plutôt portée par le conflit et la compétition, et donc très souvent sous un certain rapport de forces.

La dimension commerciale de Pokémon a souvent été critiquée. Avec l’échange de cartes à collectionner, les enfants seraient exploités économiquement et manipulés par des corporations capitalistes. D’autres peuvent y voir une façon d’inculquer aux enfants quelques rudiments fondamentaux de l’économie de marché et du fonctionnement de la société de consommation.

Quel est le prochain produit culturel japonais qui fera craquer les enfants?

Yo-Kai Watch. L’entreprise Level 5 connaît présentement, au Japon, un succès similaire à Pokémon avec cette franchise, maintenant annoncée pour le marché international. La particularité de Yo-Kai Watch vient surtout du fait qu’à la sortie du premier jeu vidéo à l’été 2013, les ventes étaient très faibles, jusqu’à la diffusion de la série télévisée, au début de 2014. Ça a fait exploser les ventes du jeu, qui est rapidement devenu un nouveau phénomène culturel.

Précédents produits culturels japonais pour enfants qui ont percé le marché nord-américain:

Speed Racer

Goldorak

Candy

Astro, le petit robot

Transformers

Mario

Power Rangers

Tamagotchi

Hello Kitty

Source: Martin Picard

http://www.lapresse.ca/