Quel est ce "poisson fossile" pêché dans le Mississippi ?


Ce poisson a l’allure d’un alligator péché aux États-Unis, a traverser 100 millions d’années pour devenir à notre époque, une espèce menacée. Sa disparition serait une grande perte pour l’écosystème, c’est un prédateur contre une espèce invasive, les carpes asiatiques
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Quel est ce « poisson fossile » pêché dans le Mississippi ?

 

Garpique alligator

Un garpique alligator peut mesurer plusieurs mètres.

© BONY/SIPA

Par Anne-Sophie Tassart

Le garpique alligator est un immense poisson d’eau douce, dont la population est en déclin.

Deux pêcheurs ont sorti un véritable monstre marin des profondeurs : un garpique alligator (Atractosteus spatula) de plus de 80 kilos et mesurant 2 mètres, rapporte le New York Post. C’est au Mississippi, Etat situé au sud des Etats-Unis, que les deux hommes ont fait une telle prise.

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Selon The Nature Conservancy, une organisation de protection de l’environnement, cette espèce fait partie des plus grands poissons d’eau douce du monde entier. Souvent appelée « poisson fossile » ou encore « poisson primitif », elle serait apparue il y a 100 millions d’années. Si les dimensions du spécimen pêché sont impressionnantes, elles ne représentent pas les dimensions maximales que peuvent atteindre l’espèce. En effet, selon l’ONG, ce poisson de la famille des Lepisosteidae peut atteindre plus de 3 mètres de long et peser plus de 130 kilos ! Malgré leur nom, leur dimension impressionnante et surtout leurs dents acérées, les garpiques alligators ne constituent pas une menace pour l’espèce humaine.

La population du garpique alligator est en déclin

« Depuis le milieu du 20e siècle, les garpiques alligators font face à un déclin important de leur population pour plusieurs raisons », explique The Nature Conservancy.

Ces animaux souffrent de la détérioration de leur habitat. Notamment de la construction de barrages mais aussi de la surpêche. Or, leur disparition a une répercussion sur tout l’écosystème : en effet, les garpiques alligators seraient particulièrement friands des carpes asiatiques, des espèces invasives qui pullulent dans le bassin du Mississippi. Malgré la menace qui pèse sur cette espèce selon l’ONG, aucune mention d’elle n’est faite dans la base de données des espèces menacées de l’US Fish & Wildlife Service ni dans la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

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Comment la bouse d’hippopotame tue les poissons du Masai Mara


La bouse des hippopotames joue un grand rôle dans l’écosystème à l’est de l’Afrique. La quantité qu’ils défèquent lors de la saison de sécheresse tue un bon nombre de poissons par suffocation, ils nourrissent les animaux charognards. La saison des pluies viens porter les nutriments grâce à la bouse dans l’environnement de la rivière. Pas très ragoutant, mais bon !
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Comment la bouse d’hippopotame tue les poissons du Masai Mara

 

Hippopotamus amphibius de Tanzanie

Les bouses des hippopotames de la rivière Mara sont mortelles pour les poissons

WIKIMEDIA COMMONS – USER : NEVIT DILMEN – CC BY-SA 3.0

Par Guillet Emmanuel

Régulièrement à la saison sèche, les eaux de la rivière Mara gonflent et abandonnent des tombereaux de poissons mort à pourrir sur ses rives. Un mécanisme fondamental de l’écosystème de la rivière qui repose sur des prémices inattendues.

La rivière Mara est un cours d’eau africain. Elle coule paisiblement au Kenya dans la réserve nationale du Masai Mara et en Tanzanie au parc national du Serengeti. Dans ses eaux vivent de nombreux crocodiles et hippopotames. Ces derniers sont la cause d’un phénomène jusqu’à présent attribué aux pesticides utilisés par les agriculteurs…

Trop de bouses tue les poissons

Lors de la saisons sèche, de fortes pluies peuvent venir gonfler la rivière Mara. Au retrait des eaux, après de tels événements, il arrive fréquemment que la rivière abandonne quantité de poissons morts sur ses rives. Une équipe de scientifique américain, dans un article publié le 16 mai 2018 dans la revue Nature communications, livre le mécanisme à l’origine de ce phénomène.

Le coupable, on l’a dit, est l’hippopotame. Ces énormes animaux paissent la nuit non loin des berges de la rivière, engloutissant jusqu’à 40 kilogrammes de matières végétales par virée nocturne ! Ils retournent dans l’eau pendant le jour pour se maintenir au frais et se protéger du soleil. Les hippopotames pataugent en bande toute la journée et, au cours de leurs occupations quotidienne, défèquent et urinent abondamment dans le cours d’eau. Tous les jours ils relâchent ainsi, pour un tronçon de 100 kilomètre de rivière, 8500 kg de matière organique dans l’écosystème aquatique. La vase au fond d’un bassin d’hippopotame est donc profondément mêlée de bouse d’hippopotame constamment piétinée. À la saison sèche, le niveau de l’eau baisse et les animaux se concentrent dans des bassins de plus en plus peuplés et réduits. En conséquence, la décomposition des excréments recouvrant le fond constamment brassé par les animaux entraîne une hypoxie sévère des eaux de fond du bassin. Les bactéries décomposant les bouses consomment tout l’oxygène disponible dans un bouillon d’ammonium, de sulfure d’hydrogène, de méthane et de dioxyde de carbone, transformant ces eaux en piège mortel pour les poissons.

Un piège mortel qui régénère la rivière

Le piège se referme lorsque de fortes pluies très localisée viennent jouer le rôle de chasse d’eau pour ces bassins d’hippopotame. Le brusque débit provoqué par les pluies, entraîne les eaux de fond anoxiques vers l’aval. A l’aide de différentes expériences, les chercheurs ont confirmé que ce sont ces  » flux de rinçage «  qui réduisent considérablement les niveaux d’oxygène de la rivière, l’oxygène dissous dans les eaux en aval ne parvenant pas à compenser l’hypoxie des eaux de fond des bassins d’hippopotames. L’entraînement des ces eaux transporte également les sous-produits toxiques de l’activité microbienne – l’ammonium, le sulfure d’hydrogène et le méthane – dans les tronçons en aval. Ainsi, lors de ces événements, les poissons de la rivière Mara meurent par suffocation. En masse.

Mais ces événements impressionnants sont avant tout naturels. Ils font partie depuis des temps immémoriaux de l’écosystème de la rivière Mara. Et s’ils tuent une grande quantité de poissons, leurs carcasses abandonnées par le reflux des eaux nourrissent vautours, crocodiles, hyènes et autres charognards terrestres ou aquatiques. Les épisodes d’écoulement permettent de rincer les bassins d’hippopotames de la rivière Mara, restaurer leur valeur d’habitat pour le milieu aquatique, exporter la matière organique et les nutriments vers les eaux en aval et augmenter la productivité aquatique. En d’autres termes, la beauté de l’écosystème des grands parcs naturels de l’est africain repose aussi sur la bouse d’hippopotame et ses monceaux de poissons morts.

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Le Saviez-Vous ► Ce « super-poisson » peut rester plusieurs années sous terre et survivre !


Un poisson très particulier, le poisson pulmoné se comporte dans l’eau comme n’importe quel poisson, mais lors des sècheresses, il est capable de creuser un trou dans la boue et de survivre des mois voir des années.  Il sera comme dans une espèce d’enveloppe qui se dessèchera à la tombée des pluies. Pour se nourrir, il digèrera lentement les muscles de sa queue.
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Ce « super-poisson » peut rester plusieurs années sous terre et survivre !

 

par Yohan Demeure

Le « dipneuste » est un poisson bien particulier. Ce dernier est sûrement le poisson pouvant survivre aux conditions les plus sévères, à savoir le manque d’eau. En effet, grâce à l’évolution d’un de ces organes, le dipneuste est capable de capter de l’oxygène directement depuis l’air !

Il y a des poissons pouvant vivre dans de l’eau piégée par de l’acide sulfurique, de l’eau située à des profondeurs incroyables. Cependant, même les poissons les plus forts en termes d’adaptation ont besoin d’un élément essentiel : l’eau. En revanche, ce n’est pas le cas du dipneuste ou Ceratodontimorpha.

Également appelé « poisson pulmoné », le dipneuste peut dire merci à l’évolution, car sa vessie natatoire s’est adaptée en poumon, lui permettant de prendre de l’oxygène directement depuis l’air. Ainsi, ce poisson peut vivre complètement hors de l’eau durant des mois, voire des années !

Lorsque les eaux sont hautes, le dipneuste adopte l’attitude de n’importe quel autre poisson, à savoir chasser de plus petits poissons ainsi que des crustacés au fond des lacs et autres rivières. En revanche, lorsque la saison sèche arrive et que toute la population marine agonise au soleil, le dipneuste creuse tranquillement un trou en prenant de la boue par la bouche, et en la faisant ressortir par ses branchies. Une fois arrivé à une profondeur acceptable, le poisson s’installe en secrétant une bave qui recouvrira tout son corps à l’exception de sa bouche.

Crédits : Wikipédia

Bien confortable dans sa grotte de boue, le dipneuste n’aura toutefois pas beaucoup de nourriture à chasser dans ce terrier de fortune. C’est pour cette raison qu’il digérera lentement le muscle de sa propre queue pour survivre. Ses capacités de survie et d’adaptation en font une espèce qui est loin d’être en danger, et il est possible de le trouver en Amérique du Sud, en Afrique ou encore en Australie.

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De nouveaux virus datant de millions d’années ont été identifiés


Les chercheurs on trouver des nouveaux virus chez les reptiles, des vertébré et des amphibien et donne plus d’information sur les virus ARN qui sont daté depuis des millions années. Ils pourront peut-être prédire comment les humains sont affectés par ses virus. Heureusement ce ne sont pas tous ces virus qui sont dangereux pour l’humain, mais certains ont fait de gros dégâts comme le Sida, l’Ebola, et même la grippe qui sont tous des virus ARN
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De nouveaux virus datant de millions d’années ont été identifiés

 

Crédits : Pixabay / geraldsimon00

par Brice Louvet

Une équipe de chercheurs a fait la découverte de plus de 200 virus chez les poissons, grenouilles et autres reptiles, dont certains sont vecteurs de maladies telles que la grippe et les fièvres hémorragiques. Les chercheurs ont également retracé l’origine de ces virus à ARN qui ont donc été datés à il y a des centaines de millions d’années, lorsque la plupart des animaux modernes ont commencé à apparaître.

Mya Breitbart, virologiste à l’Université de South Florida à St Petersburg (États-Unis) et principale auteure de l’étude, met en lumière les virus à ARN et leur évolution au fil des ans. Cela peut également prédire comment ces virus peuvent infecter les humains à l’avenir. Jusqu’à présent, les chercheurs se penchaient sur les virus qui infectaient les humains, les mammifères et les oiseaux. C’est ici la première fois qu’ils se tournent également vers d’autres vertébrés tels que les amphibiens, les reptiles et les poissons, pour comprendre comment ces virus ont évolué au cours des millénaires.

Edward Holmes, virologiste évolutionniste de l’Université de Sydney en Australie – et co-auteur de l’étude – note que l’émergence des virus est en fait beaucoup plus abondante et répandue qu’on ne le pensait auparavant. Des études antérieures ont trouvé des virus à ARN chez les tritons et les salamandres. Mais les chercheurs se sont ici penchés sur près de 190 autres créatures, des poissons sans mâchoires comme des lamproies par exemple, qui ont peu évolué par rapport à leurs ancêtres évolutionnaires, aux reptiles tels que les tortues. En analysant l’ARN extrait des intestins, du foie, des poumons ou des branchies des animaux, l’équipe a ainsi découvert 214 virus à ARN qui n’avaient jamais été répertoriés auparavant.

La plupart de ces virus appartiennent à des familles de virus connues pour infecter les oiseaux et les mammifères. Par exemple, certains poissons hébergent des virus qui sont liés à Ebola, qui affecte les humains et autres primates.

« C’est surprenant », dit Holmes, mais cela ne signifie pas que ces virus constituent une menace pour la santé humaine.

En remontant l’arbre évolutif de ces nouveaux virus à ARN, et en les comparant à celui de leurs hôtes vertébrés, les deux histoires se sont également reflétées : les vertébrés ont migré de la mer vers la terre, tout comme leurs auto-stoppeurs microscopiques.

Les virus à ARN infectant les humains aujourd’hui ont donc probablement évolué à partir de virus qui ont infecté nos ancêtres vertébrés il y a 500 millions d’années, notent les chercheurs. Une information à prendre en compte pour le diagnostic précis et le traitement de ces virus. Rappelons que de nombreuses maladies humaines graves comme le SIDA, le virus Ebola, le SRAS et la grippe sont causées par des virus à ARN.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Nature.

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Chirurgie esthétique pour poisson porte-bonheur à Singapour ! Par Astrid Saint Auguste


Jusqu’ou peut aller l’imbécilité humaine ? La chirurgie esthétique pour des poissons qui sont en voie de disparition en état sauvage. Ce poisson asiatique est un porte-bonheur pour les riches qui définissent leur statut social. Quel égoïsme pour faire autant de cruauté animal
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Chirurgie esthétique pour poisson porte-bonheur à Singapour !

 

Poisson-dragon

Le scléropage est devenu un symbole de statut social pour les Asiatiques. Celui-ci a coûté 20 000 dollars à l’achat pour son propriétaire, l’ex-Président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono.

© ADEK BERRY / AFP

 

Non, ce n’est un phénomène de mode qui va bouleverser le monde de l’aquariophilie. Juste une bizarrerie un peu cruelle pointée par le quotidien américain The New York Times.

Le propriétaire d’une animalerie de Singapour “lifte” les yeux de ses poissons ou redessine leur mâchoire inférieure pour les rendre encore plus attractifs pour sa clientèle.

Pas n’importe lesquels de ses poissons. Les pauvres victimes, les poissons les plus coûteux de son commerce, sont des scléropages d’Asie appelés aussi Arowanas asiatiques (Scleropages formosus), des poissons d’eau douce en voie d’extinction à l’état sauvage.

 Dans la culture chinoise, leur aspect rappelle le mythique dragon. L’animal est devenu un porte-bonheur et un symbole de statut social pour les Chinois fortunés depuis les années 1970. En quelques décennies, ce qui était un plat du pauvre est devenu le comble du snobisme pour les riches Asiatiques qui les collectionnent dans de gigantesques aquariums.

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Le poisson-capitaine peut « voir » avec sa peau


Le poisson capitaine a une particularité de photoréception dermique,mais contrairement aux autres comme les pieuvres qui changent de couleur, ce poisson a un lien entre la vision cutanée et la vision des yeux qui de changer d’apparence.
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Le poisson-capitaine peut « voir » avec sa peau

 

Un poisson-capitaine.

Le phénomène de photoréception dermique permet au poisson-capitaine d’avoir une sensibilité aux changements de luminosité ou de longueur d’onde.  Photo : Seaa.rwsentosablog.com

La peau du poisson-capitaine perçoit la lumière différemment de ses yeux, ont déterminé des chercheurs américains.

Un texte d’Alain Labelle


Depuis plusieurs années déjà, les biologistes estiment que certains animaux qui changent rapidement de couleurs, comme le Lachnolaimus maximus, ne le font pas seulement grâce à leurs yeux.

Ils pensaient bien que la peau jouait un rôle, mais ne pouvait pas l’expliquer.

Les biologistes Lori Schweikert et Sönke Johnsen, de l’Université Duke, ont montré que la détection de la lumière a évolué séparément dans les deux types de tissus (dans l’œil et la peau) chez le poisson-capitaine (hogfish en anglais).

Voir avec sa peau

Selon eux, le phénomène de photoréception dermique ne permet pas aux animaux de percevoir tous les détails de leur environnement comme c’est le cas avec leurs yeux. Il permet quand même une sensibilité aux changements de luminosité ou de longueur d’onde, tels que les ombres mouvantes projetées par des prédateurs ou les fluctuations de la lumière associées aux différentes périodes de la journée.

Le poisson-capitaine vit dans les eaux peu profondes et dans les récifs coralliens de l’Atlantique Ouest, de la Nouvelle-Écosse, au Canada, au nord de l’Amérique du Sud.

Sa peau peut devenir beige lorsqu’il se trouve dans le fond sablonneux de l’océan pour se cacher des prédateurs ou tendre une embuscade à des proies. Il peut aussi arborer un motif brillant et contrasté pour attirer un partenaire ou menacer un adversaire.

La clé de ces transformations réside dans des cellules appelées chromatophores qui contiennent des pigments et qui, lorsqu’elles sont activées par la lumière, peuvent les étaler ou les regrouper pour modifier la couleur ou le motif de la peau.

Dans leurs travaux, les chercheurs ont prélevé des morceaux de peau et de rétine d’une femelle capturée en Floride et ont analysé l’ADN pour savoir quels gènes étaient activés dans chacun des tissus.

De précédentes études laissaient à penser que, chez d’autres animaux qui changent de couleurs comme les pieuvres, la même voie moléculaire permet de détecter la lumière dans les yeux et par la peau.

Ce n’est toutefois pas le cas chez le poisson-capitaine, puisque pratiquement aucun des gènes impliqués dans la détection de la lumière dans la rétine des yeux ne se trouve activé dans la peau.

Les résultats montrent en fait qu’une voie alternative permet à la peau de percevoir la lumière, entraînant une réaction moléculaire en chaîne.

Le lien entre la vision cutanée et la vision des yeux qui mène à un changement de l’apparence du poisson reste cependant inconnu.

La peau sensible à la lumière fournit peut-être de l’information sur certaines caractéristiques qui dépassent le champ de vision de l’animal ou qui se situent en dehors de la gamme de longueurs d’onde que l’œil peut capter.

Quoi qu’il en soit, ces résultats montrent que les poissons ont trouvé une façon de « voir avec leur peau et de changer de couleur rapidement », affirme M. Schweikert.

Le détail de ces travaux est publié dans le Journal of Comparative Physiology.

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L’humanité menace son propre bien-être en surexploitant la planète


On ne peut pas revenir en arrière, car nous sommes en plein changement climatique. Cependant, pour nos enfants et ceux qui suivront, nous devons agir pour empêcher que tout s’écroule à cause de notre inaction, en temps qu’individu, en temps qu’État.
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L’humanité menace son propre bien-être en surexploitant la planète

 

Le troupeau de caribous de la rivière George  au Labrador est maintenant estimé à moins de 9 000 bêtes. On en comptait 27 000 en 2012 et 800 000 au début des années 90.

Le troupeau de caribous de la rivière George au Labrador est maintenant estimé à moins de 9 000 bêtes. On en comptait 27 000 en 2012 et 800 000 au début des années 90.  Photo : Gracieuseté de Brandon Pardy

L’humanité menace son propre bien-être en surexploitant la planète et en provoquant un déclin de la faune et de la flore dans toutes les régions du monde, confronté à une extinction majeure d’espèces, la première depuis la disparition des dinosaures, selon une vaste enquête scientifique révélée vendredi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

« Nous sommes en train de saboter notre propre bien-être à venir! » a déclaré à l’AFP Robert Watson, président de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), à l’origine de cette enquête.

Si rien n’est fait pour enrayer la tendance, la ressource en poissons de la région Asie-Pacifique sera ainsi épuisée d’ici 30 ans et jusqu’à 90 % de ses coraux gravement détériorés d’ici 2050.

En Afrique, ce sont plus de la moitié des espèces d’oiseaux et de mammifères qui seront perdues d’ici 2100, avertit cette étude compilée pour l’IPBES dans quatre énormes rapports régionaux longs de 600 à 900 pages.

La biodiversité – l’indispensable variété des formes de vie sur la Terre – continue à décliner dans chaque région du monde, réduisant significativement la capacité de la nature à contribuer au bien-être de la population. Cette tendance alarmante menace des économies, des moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la qualité de vie des populations partout.

Extrait du rapport de l’IPBES

Durant trois ans, plus de 550 chercheurs ont travaillé bénévolement sur ces évaluations régionales, qui synthétisent les données d’environ 10 000 publications scientifiques, sur les Amériques, l’Afrique, l’Asie-Pacifique et l’Europe-Asie centrale. Le résultat final couvre la totalité de la Terre, hormis les eaux internationales des océans et l’Antarctique.

Une barrière de corail, sous l'eau.

Dans les Seychelles, dans l’océan Indien, des mesures ont été prises pour protéger les barrières de corail, victimes du réchauffement des océans. Photo : La Presse canadienne/AP/The Ocean Agency

Les rapports ont été passés au peigne fin par plus de 750 experts et décideurs de 115 des 129 pays membres de l’IPBES réunis toute la semaine à huis clos à Medellin, en Colombie. Ils en ont rédigé des synthèses d’une trentaine de pages chacune, négociées mot par mot, pour orienter les dirigeants en matière de protection de la biodiversité.

« Trop de gens pensent encore que l’environnement est un luxe. Mais ce n’est pas le cas! » a déploré M. Watson, en faisant le lien entre « biodiversité et changement climatique que nous devons considérer ensemble ».

En Europe et en Asie centrale, « la population de la région consomme plus de ressources naturelles renouvelables que ce qu’elle produit », a pour sa part précisé le professeur suisse Markus Fischer.

Avant cette VIe session, l’IPBES avait déjà averti que la Terre est confrontée à une « extinction massive » d’espèces, la première depuis la disparition des dinosaures il y a environ 65 millions d’années et la sixième en 500 millions d’années.

« Avec les effets croissants du changement climatique […] cette perte pourrait atteindre 40 % d’ici 2050 » dans les Amériques où elle s’élève déjà à 31 %, a-t-elle souligné vendredi pour cette région.

Au cours du siècle écoulé, deux espèces de vertébrés ont disparu chaque année en moyenne sur la Terre. Une autre est sur le point de disparaître avec la mort récente de Sudan, célèbre rhinocéros blanc du Kenyaet dernier mâle de son espèce, décimée par le braconnage et dont il ne reste que deux femelles.

« Si nous continuons ainsi, oui, la sixième extinction, la première causée par les humains, va se poursuivre », a averti M. Watson, ajoutant toutefois que « la bonne nouvelle, c’est […] qu’il n’est pas trop tard ».

Car les rapports de l’IPBES suggèrent aussi des pistes pour minimiser l’impact des activités humaines sur l’environnement : créer davantage d’aires protégées, restaurer les zones dégradées et développer l’agriculture durable.

« Nous devons prendre la biodiversité en compte dans notre façon de gérer l’agriculture, la pêche, la forêt, la terre », a expliqué le président de l’IPBES, conscient que la population mondiale va continuer à croître, donc ses besoins aussi.

Le monde gaspille environ 40 % de la nourriture qu’il produit […]. Si nous pouvions réduire le gaspillage de nourriture, nous n’aurions pas nécessairement à doubler sa production dans les 50 prochaines années. Robert Watson, président de l’IPBES

Lundi, l’IPBES lancera un cinquième rapport, le premier du genre sur l’état des sols de la planète, dégradés par la pollution, la déforestation, l’exploitation minière et des pratiques agricoles non durables.

Cette réunion au sommet se tient dans le pays le plus biodivers de la planète après le Brésil, huit fois plus grand. En l’inaugurant le 17 mars, le président colombien Juan Manuel Santos avait souligné que « ce qui arrive à l’un arrive à tous. »

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