Une espèce de poisson-chat est capable de manger des souris


Le poisson-chat d’Australie porte mieux son nom que les autres, car lui aussi aiment les souris pas vraiment pour jouer, mais bien pour les manger
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Une espèce de poisson-chat est capable de manger des souris

 

Le Neoarius graeffei est capable de se nourrir de souris sauteuses (photo d'illustration) © Gerard Lacz / Rex Featu/REX/SIPA

Le Neoarius graeffei est capable de se nourrir de souris sauteuses (photo d’illustration) © Gerard Lacz / Rex Featu/REX/SIPA

Par Anne-Sophie Tassart

 

MENU. Si les poissons-chats sont appelés ainsi, c’est normalement à cause de leurs barbillons qui ressemblent étrangement aux moustaches d’un chat. Mais des chercheurs australiens viennent de démontrer que la similitude ne s’arrête pas là entre ces animaux.

Ces scientifiques ont pêché 18 poissons-chats de l’espèce Neoarius graeffei dans l’Ashburton River, un fleuve situé en Australie-Occidentale. Ils ont ensuite relevé différentes informations telles que leur taille, leur sexe mais également le contenu de leur estomac. Selon les résultats de ces analyses, publiés en août 2016 dans la revue Journal of Arid Environment, des traces de souris sauteuses de l’espèce Notomys alexis, ont été retrouvées dans 8 estomacs sur les 18 étudiés. Chez les poissons consommateurs de souris, les rongeurs représentaient environ 95 % du contenu total de l’estomac. Cette consommation importante de rongeurs constituerait donc une source non négligeable d’énergie dans un environnement rude. Les poissons-chats de l’espèce Neoarius graeffei seraient devenus des omnivores opportunistes c’est-à-dire qu’ils possèdent un régime très varié et basé sur la nourriture disponible. Ainsi, en période de saison sèche, ils ont une consommation accrue de mammifères terrestres. Selon les chercheurs, c’est la première fois que des cas de consommations de mammifères terrestres par des poissons d’eau douce australiens sont reportés.

Un comportement opportuniste

Comment ces poissons peuvent-ils attraper des souris sauteuses ? Pour cette question, les chercheurs n’ont toujours pas de réponse. Bien que l’on sache que les silures soient capables de s’échouer volontairement sur la berge pour chasser des pigeons, ce n’est pas l’hypothèse que privilégient les auteurs de l’étude. Selon eux, il est plus probable que ce soit les rongeurs qui entrent dans l’eau et que les poissons saisissent l’occasion pour les attraper. Les deux espèces étant nocturnes, la probabilité d’une rencontre est loin d’être nulle. De plus, les souris sauteuses ont pour habitude de creuser des terriers dans le sable des berges. Parfois, les abris s’effondrent ou sont inondés ce qui provoque la noyade des rongeurs qui se retrouvent presque directement dans l’estomac des poissons-chats.

Selon un rapport du CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation) et du Bureau de Météorologie australien, le nord de l’Australie va être particulièrement touché par le réchauffement climatique. Les récentes projections font état d’une augmentation importante des températures, de vagues de chaleur plus longues et d’une hausse inquiétante des précipitions. Selon les chercheurs, étudier cet écosystème est important pour prévoir les menaces qui pèseront plus tard sur la biodiversité de cette région.

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Un poisson-chat vraiment bizarre


Un poisson-chat pas comme les autres, enfin vue de l’extérieur, il est reconnaissable mais cette espèce de poisson-chat a une structure de sa tête est très particulière
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Un poisson-chat vraiment bizarre

 

La face du poisson Kryptoglanis shajii présentée ici semble tout droit sortie du film Alien, avec ses quatre rangées de dents pointues. © Lundberg et al., 2014. Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia

Par Marie-Céline Jacquier, Futura-Sciences

Découvert dans des rizières indiennes, un petit poisson-chat carnassier, minutieusement observé, semble défier les règles de la classification des animaux avec un squelette aux caractéristiques inattendues.

C’est en 2011 que l’espèce Kryptoglanis shajii a été décrite pour la première fois. Ce poisson-chat souterrain qui vit en eau douce ne voit que rarement la lumière du jour ; il apparaît parfois dans des puits ou des rizières de la région de Kerala en Inde. Dans un article paru dans Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philiadelphia, des chercheurs décrivent les détails de la structure osseuse de ce poisson plein de surprises !

En effet, observé de près, il soulève bien des questions. D’après John Lundberg, spécialiste des poissons-chats et principal auteur de l’article, « plus nous regardions le squelette, plus il devenait étrange ». Ses caractéristiques sont si inhabituelles que les chercheurs ont eu du mal à le classer dans la famille des poissons-chats.

Comme les silures, les poissons-chats appartiennent à la grande famille des siluriformes. De l’extérieur, K. shajii semble un poisson-chat normal. Il n’a pas de nageoire dorsale et la nageoire anale est allongée. Mais lorsque les chercheurs se penchent sur sa structure interne, cela se complique…

Les photographies de deux spécimens de K. shajii : le petit poisson mesurant moins de 10 cm n’a pas de nageoire dorsale mais une longue nageoire anale.

Les photographies de deux spécimens de K. shajii : le petit poisson mesurant moins de 10 cm n’a pas de nageoire dorsale mais une longue nageoire anale. © Lundberg et al., 2014. Proceedings of the Academy of Natural Sciences

Le squelette du poisson-chat révèle des surprises

Pour décrire la structure osseuse de K. shajii, les chercheurs l’ont examiné par radiographie numérique et par tomographie à rayons X à haute résolution. Ces analyses ont fourni des images détaillées en trois dimensions. Les trois spécimens utilisés dans cette étude ont été récupérés en mars 2006 au village de Nellayi, qui se trouve dans l’État du Kerala, dans la région des Ghats occidentaux (Inde).

Tout d’abord, certains éléments osseux étaient absents chez le poisson, ce qui est assez courant chez des poissons souterrains comme K. shajii. Mais certains os étaient modifiés, au point que Lundberg les décrit comme « complètement uniques parmi les poissons-chats et tous les poissons autant que je sache ».

C’était particulièrement vrai pour les os de la tête : la mâchoire inférieure fait saillie ; l’avant du squelette du poisson rappelle le museau d’un bouledogue… Mais contrairement au chien, le poisson-chat possède quatre rangées de dents coniques et bien aiguisées. La raison pour laquelle ce poisson-chat est si différent reste un mystère pour les scientifiques.

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